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Le vrai visage du régime de Mohammed Ould Abdel AZIZ par Boubacar Tidiane Diagana

«Les criminels, reconnaissables à leur marque, seront saisis par les houppes et les pieds.» Sourate Arrahmane, verset 41. [Les gardiens de l’Enfer les prendront par les cheveux et les pieds et le jetteront dans le Feu]
Ça y est, le vrai visage du régime de Mohammed Ould Abdel AZIZ, son vrai visage, paraît au grand jour. Dès que le peuple exprime autre chose que ce qu’il veut, que ce qu’il souhaite, il agite le bâton. Curieux comportement que de la part de celui qui interrompit le processus démocratique pour instaurer … la démocratie (rien que cela) et promettre une nouvelle Mauritanie. Le peuple y a naïvement cru, qui l’a élu dès le premier tour, avec un plébiscite dans la Vallée.
Les forces de l’ordre, mal formées et conditionnées depuis le régime de TAYA à casser du Noir, trouvent dans la répression de manifestations pacifiques une occasion rêvée de dégainer leur haine. Cette haine d’une jeunesse qui se bat pour un avenir meilleur, la haine d’une certaine élite avide de liberté et de démocratie, toutes valeurs contraires à celles des locataires des casernes d’où jaillissent des hordes de brutes parmi les plus brutes pour briser manifestations et manifestants. Assurées désormais d’impunité, la police et l’armée, dont certains des représentants sont impliqués, et formellement identifiés comme bourreaux, dans des évènements qui ont marqué les pages sombres de l’histoire de notre pays, se gargarisent dans des salons cossus de Nouakchott, quand ils n’arpentent pas les allées du pouvoir et de la représentation nationale.
Hier, contre les militants antiesclavagistes du mouvement IRA, aujourd’hui contre les jeunes mobilisés pour dénoncer cette opération d’enrôlement aux conditions et finalités plus que nébuleuses, la soldatesque azizienne joue le grand méchant répressif. Mais hélas, à ce jeu là, elle perdra. La jeunesse, le peuple, resteront mobilisés. Les moyens modernes aidant, plus rien de leurs actions ou des réactions que celles-ci susciteraient, ne restera frappé du seau de la censure habituelle.
Que l’on ne s’y méprenne, les militaires, trop habitués aux dorures des palais, sont plus que déterminés : force doit rester à l’armée, pas à la loi. Le peuple, convaincu du contraire est tout aussi déterminé et n’entend plus laisser se poursuivre cette valse de coup d’Etat permanents. Les actes posés par AZIZ constituent une véritable déclaration de guerre. C’est comme telle que le peuple doit les recevoir et se tenir prêt à livrer cette guerre qu’il n’a jamais cessé de lui déclarer.
Face aux méthodes utilisées et la barbarie qui les caractérise, les forces contestataires et révolutionnaires ont pour devoir de rester mobilisées et œuvrer sinon à une unité, du moins à l’assemblage des énergies comme les cellules d’un même corps. Unies et déterminées, elles emporteront l’adhésion des partis politiques, peu enclins à croiser le fer avec le pouvoir, pris pour certains dans le piège d’une majorité présidentielle et caressant secrètement le rêve de partager un gâteau que ne veut leur tendre le régime. Cet élan devrait sonner le glas du régime de Mohammed Ould Abdel AZIZ aux formes dictatoriales primaires.
le 23 septembre 2011
Boubacar DIAGANA
FLAMNET- AGORA: Halte aux dérives racistes en Mauritanie
Depuis plusieurs semaines, la Mauritanie a entamé une opération de recensement, qui devait se cantonner simplement dans une logique administrative.Force est de constater qu’en réalité, il s’agit à travers ce recensement de continuer la marginalisation des Négro-Mauritaniens entamée depuis le régime de feu Moctar Ould Daddah, avec les évènements de 1966, poursuivie et exaltée par le régime raciste de Taya qui a décidé en 1986 d’emprisonner tous les cadres noirs du pays et de leur faire subir les pires brimades et dont le sommet a été atteint avec la crise sénégalo-mauritanienne provoquée en 1989 qui a permis d’assassiner et de déporter des milliers de négro-mauritaniens. Le Président Ould Aziz qui est venu au pouvoir par un coup d’Etat, sport favori des militaires en Mauritanie, n’a fait que poursuivre l’œuvre de ses prédécesseurs en accélérant le processus de « dénégrification » de la Mauritanie.
Nouvelle Vision Africaine, par la voix de son Président, ne saurait restée insensible face à cette discrimination subie par nos frères et sœurs de Mauritanie, dont le seul crime est d’être nés noirs, de ne pas être des arabes et d’avoir pendant plusieurs années combattu l’injustice et le racisme dans un pays qui aurait dû être une charnière entre le monde arabe et le monde négro-africain. Si l’arrêté du 10 avril 1904 pris durant la colonisation française rattache arbitrairement tous les territoires situés sur la rive droite du fleuve Sénégal aux protectorats des pays maures, cela a permis paradoxalement l’émergence d’une identité mauritanienne, socle d’une nation multiethnique.
Force est de constater après plusieurs décennies que l’esprit rétrograde de domination de « l’arabe » sur le noir persiste encore. La Mauritanie est l’un des rares pays de l’Afrique de l’Ouest où l’esclavage est encore une institution très ancrée dans les mentalités. Au moment où les peuples sont entrain de s’unir pour bâtir ensemble les Etats Unis d’Afrique, combat permanent de Vision Africaine, ce pays en entrain de ramer à contrecourant de l’histoire.
Presque tous les membres de l’instance chargée des opérations de recensement, à savoir l’Agence Nationale du Registre des Populations et des Titres Sécurisés, sont des « arabes » ; Les forces de sécurité sont membres de l’Agence et le recensement n’est finalement qu’un moyen pour permettre d’appuyer la thèse de la majorité « arabe » en Mauritanie.
Nouvelle Vision Africaine condamne avec la dernière énergie cette violation grave des droits des populations négro-africaines que l’on veut rendre apatrides et exige, l’arrêt immédiat du pseudo-recensement et invite le président mauritanien à faire preuve de bon sens afin que son pays ne tombe pas dans une crise dont il sera difficile de se relever.
Nous dénonçons par la même occasion le silence des autres pays de la sous-région face au drame que vivent nos frères et sœurs noirs de la Mauritanie.
L’Union africaine n’a pas hésité lors de son dernier sommet à dénoncer la politique de l’OTAN en Libye. La Charte africaine des Droits de l’Homme et des peuples est entrain de subir des assauts soutenus en Mauritanie en déniant aux noirs le droit à la nationalité et il serait temps d’abandonner cette diplomatie du silence.
Les Mauritaniens et toute personne épris de paix, de justice, quelque soit la couleur de leur peau doivent aujourd’hui dénoncer les dérives du régime d’Aziz pour la stabilité de la sous-région. Le combat de la Mauritanie est aujourd’hui ailleurs. C’est celui de la lutte contre le sous-développement et la conjugaison de toutes les forces vives pour lutter contre le terrorisme qui se développe.
Nous apportons notre soutien à tous les mauritaniens qui dénoncent ces déviations à travers les médias ou par des manifestations, comme nous l’avons fait avec d’autres frères africains. C’est ce qui a amené Nouvelle Vision Africaine à participer à la marche pacifique organisée le 15 août 2011 à Washington.
Nouvelle Vision Africaine exige l’arrêt immédiat des opérations de recensement et la dissolution de l’Agence nationale du registre des populations et des titres sécurisés pour que tous les mauritaniens puissent participer à l’œuvre de construction nationale.
Bocar Moussa Ba, Président Nouvelle Vision Africaine.
Vous avez dit déserteurs ?
Dans le jargon de l’armée le déserteur est un soldat qui a quitté son poste sans se référer à sa hiérarchie. Le plus souvent en cachette dans l’intention d’abandonner pour une raison ou une autre l’uniforme.En temps de guerre, la désertion est l’acte le plus perfide commis par un militaire sous le drapeau. Qu’en est-il des militaires noirs victimes des pires tragédies subies entre 1987 et 1991 ? Cette notion de « déserteur » s’applique-t-elle réellement à ces anciens serviteurs du pays contre lesquels toutes sortes de faux complots ont été orchestrés pour justifier leur liquidation physique.
A l’heure des indemnisations des victimes de toutes les périodes, ils sont des centaines d’anciens soldats à être omis de la liste publiée par les commissions chargées de superviser les opérations d’indemnisation. Chacun de ces hommes ayant séjourné dans l’anti -chambre de la mort a un récit cauchemardesque à raconter pour évoquer son calvaire durant la chasse aux sorcières. Point n’est besoin de dire que tout homme aspire à vivre ; et fuir le supplice est un instinct de survie. Quand elle sent que sa vie est en danger, il est légitime que la personne cherche un moyen de s’échapper. Les commissions de supervision de ce dossier savent dans quelles conditions atroces se trouvaient les militaires durant les massacres survenus pendant la période d’exception. L’instigateur de ces mesures de réparation Mohamed Ould Abdel Aziz le sait lui-même car les faits se sont produits quand il était dans l’armée. Il est dommage que ce dossier aussi grave ayant fait l’objet de longues années d’attente et dont le règlement est loin de faire l’unanimité soit entaché d’irrégularités aussi intolérables. Et de surcroit mette hors de la liste des soldats qui portent encore sur leurs corps des traces de tortures. Voilà qui sème le doute sur les agissements de certains membres de cette commission accusés de se livrer au clientélisme. En considérant que ces omis soit des déserteurs, on se demande si rester dans l’armée pendant que des ordres d’arrêter et d’exécuter des militaires issus d’une communauté valait –il la peine de porter la tenue. Aucun noir en uniforme n’était à l’abri de cette battue lancée contre le genre humain. Pour toute réparation, ces soldats ne méritent-il d’autre qualificatif de déserteur. Déserter pour échapper à la mort est un acte hautement héroïque surtout qu’il ne s’agit pas d’une fuite pendant une guerre contre un ennemi mais une chasse menée par une armée contre ses frères d’armes. Il faudrait respecter tout ce monde qui a vécu dés épreuves terribles dans des camps de concentrations dans les bases militaires du pays. Les faits qui font aujourd’hui l’objet d’une indemnisation des victimes sont si abominables qu’il n’est point besoin de mettre des étiquettes simplistes et réductrices pour disqualifier des individus ayant souffert dans leur chair et leur conscience de l’injustice et de la barbarie absurde. Tous les arguments avancés ne tiennent pas devant les crimes odieux commis sous le régime de Taya. On pouvait s’attendre à tout sauf à ces motifs évoqués par la commission d’indemnisation pour priver des victimes d’accéder au moins à des compensations matérielles. C’est la moindre des choses. Le reste frise le cynisme.
Cheikh Tidiane Dia- LE RÉNOVATEUR
Hommage: Tène Youssouf Guèye par Soulé Elhadj Abdoul Ngaïdé
En septembre 1988 mourrait Tène Youssouf Guèye à la sinistre prison de Oualata. je relisais un papier que j’avais écrit et voulais le re-partager avec vous. La barbarie continue de jeter son dévolu sur les négro-mauritaniens et si on ne bouge pas, on n’y rémédiera pas.
Je n’ai pas la prétention de parler de l’homme car je suis jeune et je ne l’ai pas « connu».
J’ai par contre été de la même promotion que l’un de ses fils et j’ai beaucoup côtoyé ses enfants.
Je l’ai vu de nombreuses fois et, je crois, avoir retenu de lui principalement deux souvenirs, encore flous dans mon esprit.
Le premier c’est lorsqu’un jour je suis parti rendre visite à l’un de ses fils (je devais avoir14 ans et ils habitaient à cette époque à l’Ilot K derrière l’Hôpital National); c’était au crépuscule et il était assis au salon et, sur ses genoux, un de ses enfants en bas âge(ou un de ses petits-enfants, je ne m’en souviens plus très bien). D’une main, il essayait paternellement de contenir les ardeurs de l’enfant turbulent, de l’autre, il entamait un morceau de gâteau qu’il devait partager entre sa progéniture dispersée aux quatre coins de la maison. Il me rappelait mon père, votre père; ces pères de familles austères qui étaient doux comme des agneaux, une fois entourés de leurs enfants. J’ai été frappé par la tendresse qui se dégageait de son petit corps noble (il n’était pas très grand).
Le second souvenir remonte au jour de son procès en septembre 86 (je n’avais pas vingt ans et je revenais d’un voyage du Sénégal). A l’appel de son nom, il s’avançât, fatigué certes mais humble dans son attitude ; Machinalement, mais tout aussi poétiquement, il répondait aux seules questions qui leur ont étés posés lors du procès : êtes-vous raciste? Faites-vous partie des FLAM? Avez-vous écrit le manifeste du nègro-mauritanien opprimé?) ; Ici, c’est par la dignité de l’homme que j’ai été frappé.
Aujourd’hui encore, quand je rends visite à sa famille à la SOCOGIM PS, que je dépasse Mariata(sa première épouse) en train de teindre ses habits au “goobu kayhaydi”, que j’empiète, dans la cour le « taara » sur lequel se prélassent ses belles-filles, avec tout autour les cris joyeux de ses petits-enfants, ; que je pénètre dans le salon pour palabrer un moment avec Tène Daouda ou Alassane, que je m’enfouisse dans la chambre de Birome et de Djiby pour écouter un morceau de Funk et qu’enfin, en repartant de chez lui, je “taquine” Haby et Youmma, je me demande pourquoi avoir privé Tène Youssouf Guèye de tout ce splendide bonheur qu’il a passé tant d’années à bâtir à la seule force de son travail et de son intelligence.
Le soir à la maison, avant de me coucher, je relis encore son “Rella où les voies de l’honneur” qui me donne à chaque fois l’envie nostalgique et impérieuse de me marier à l’ancienne.
“À l’Orée du Sahel” me fait redécouvrir un Gorgol et un Guidimakha que je ne connaissais pas.
Ses “Sahéliennes” me percent toujours le flanc (comme si je dansais avec une négresse envoûtante).
Cet « exilé de Goumel » est parti, mort de Béribéri (j’ai toujours pensé que c’était une maladie d’oiseaux, pas d’Homme, et de Quel homme) ; Parti parce que sa plume avait quelque chose de révoltant, un je-ne-sais-quoi de conscientisant, un brin de rébellion à l’ordre raciste établi.
J’ai toujours trouvé dommage que les mauritaniens ne le lisent pas assez; ils peuvent pourtant trouver dans son œuvre des réponses à leurs questions. Le lire est le plus grand hommage que l’on puisse lui rendre.
Il aurait eu 71 ans aujourd’hui et il aurait pu, paisiblement prendre le chemin du paradis avec Oumar Bâ.
N’gaidé Soulé
Comité de base Elhadj Abdoul Ngaïdé des FLAM-Europe de l´Ouest.
Mr le président, les opprimés ont des droits inaliénables !
On ne peut pas prétendre rechercher la paix, promouvoir les libertés, rétablir la justice en orchestrant des actes de violence à l’encontre de paisibles manifestants qui veulent faire entendre leurs voix par une marche pacifique. Est-ce un crime que de râler le slogan du type « ça suffit de vivre assez dans le mépris et l’indifférence »? Dans une démocratie, l’un des principes les plus normaux c’est d’exprimer son point de vue si différent soit-il tant que cela est fait dans le respect des lois. Aujourd’hui partout dans le monde les foules battent les pavés pour dire non à l’arbitraire,non à l’injustice ou à toute autre mesure jugée inacceptable pour ceux qui ne s’y retrouvent pas. Tout homme quelque soit sa couleur et sa condition sociale a le droit de réclamer justice. Et bien, c’est ce que de plus en plus les jeunes de l’IRA, de « Touche pas ma nationalité », et d’autres parias se contentent de faire. Quoi de plus juste que de réclamer de vivre dans la dignité même dans la pauvreté absolue. Un être dominé, soumis, exploité, a perdu les valeurs d’un humain. C’est le cas de l’esclave réduit à un objet futile taillable et corvéable à merci. C’est le cas aussi pour un citoyen à qui on dénie la nationalité, on marginalise, on déporte. Ce sort est hélas le lot d’une frange importante de la population mauritanienne noire ou de condition servile.
La Mauritanie a du mal à se construire autour des valeurs constitutionnelles faites de respect et d’égalité et de justice entre ses citoyens. Cette situation ne saurait continuer éternellement, tant les choses ont trop duré. Nous avons du mal à croire qu’un état invente chaque jour des instruments d’exclusion à l’égard de certains de ses populations. Au lieu de chercher des moyens pour sortir de la misère, de l’arriération et accéder à la modernité et à la bonne gouvernance économique , sociale et politique, tout l’appareil politico- officiel ainsi que l’arsenal répressif se met en branle pour dresser les uns contre les autres, inventer des subterfuges en vue d’étouffer les forces créatrices . Ce qui s’est passé hier pour les manifestants du mouvement « Touche pas ma nationalité » est l’illustration d’une détermination de l’autorité de renouer avec les vieilles méthodes héritées des régimes d’exception. C’est honteux de voir des forces de sécurité s’acharner contre des jeunes ayant pour toute arme des banderoles pour faire entendre leurs voix. C’est scandaleux de justifier le moindre ton discordant par l’atteinte à l’ordre public. Comment réguler l’ordre public quand c’est l’Etat lui-même qui créé des situations de révolte. Quand c’est une administration monocolore qui décide du délivre la nationalité à qui elle veut et nie celle qui en ont droit. Quoi de plus terrifiant que de voir des juges remettre en liberté des esclavagistes. Ou encore des victimes transformées en délinquants par la raison du plus fort. La Mauritanie est assise sur un volcan de haute intensité. Par l’inconscience de ses dirigeants, de l’irresponsabilité de ses extrémistes, l’irréparable est à redouter.
Cheikh Tidiane Dia- Le Rénovateur





