Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Les criteres de la jeunesses

Les criteres de la jeunesses« La jeunesse n’est pas une période de la vie. Elle est un état de l’esprit, un effort de la volonté, une qualité de l’imagination, une intensité émotive, une victoire du courage sur la timidité, du goût de l’aventure sur l’amour du confort ». Samuel Ullman


Introduction

La jeunesse a depuis longtemps été considérée comme un vecteur du changement social, soit, du côté des tenants de l’ordre, pour s’inquiéter de ses éventuels débordements, soit, du côté des progressistes ou des révolutionnaires, pour se réjouir de sa capacité contestataire. Certains événements (ceux de Mai 68 furent les plus spectaculaires) semblèrent confirmer cette thèse, et avec elle les espoirs et les craintes des uns et des autres. Toutefois, à mesure que cette idée finissait par être reconnue par tous, les comportements des jeunes paraissaient plutôt évoluer vers le repli sur soi, une certaine apathie, voire un recentrage sur les valeurs traditionnelles du travail et de la famille. Bref, l’idéologie qui entoure le discours sur la jeunesse semble entrer constamment en décalage avec les comportements des jeunes eux-mêmes : ce que le discours dominant attend d’eux correspond rarement aux pratiques sociales effectives de cette classe d’âge.

Ce décalage est banal, on peut le constater pour tout groupe social, toujours enjeu d’idéologies ; il est peut-être pourtant plus marqué pour les jeunes : en effet, la définition de cette catégorie est sans doute plus incertaine que celle des classes sociales par exemple, qui semble relativement bien établie, parce que fondée sur la place dans les rapports de production, ou celle des sexes qui s’appuie sur une indiscutable distinction biologique. Mais « être jeune », qu’est-ce que cela signifie au fond ? Quels sont les critères qui définissent sans ambiguïté cet état ? Où se situe la frontière entre la jeunesse et l’âge adulte ? Ces questions mériteraient réponses pour mieux comprendre la situation de la jeunesse….La jeunesse n’est pas seulement fondée sur des critères naturels et physiques mais elle est aussi fondée sur des critères culturels, sociologiques ou psychologiques. C’est durant cette période que l’individu mûrit, acquiert une certaine maturité. La jeunesse est un état d’esprit qui n’existe pas dans toutes les sociétés, elle n’est pas non plus présente à toutes les époques. Les jeunes ont des privilèges : ils ont une grande liberté par rapport aux adultes. Ils se caractérisent par leur dynamisme et ont des activités culturelles, sportives… Ils bougent beaucoup, se croient libres, pensent que tout est permis et aiment découvrir de nouvelles choses.

La définition sociologique de la jeunesse a principalement consisté à étudier les transformations sociales dont cette « catégorie » est l’objet. Cette voie d’élucidation n’est pas univoque mais ouvre sur différents points de vue d’analyse réunis cependant par une démarche commune qui consiste à substituer au concept de jeunesse des notions qui désignent des enjeux sociaux particuliers. La jeunesse est tour à tour désignée comme une « post-adolescence », un « passage à l’âge adulte », une « phase de cycle de vie », un lieu privilégié de « relations entre générations ». À travers l’histoire, les représentations sociales de la jeunesse ont pris des formes variées et contradictoires : une forme critique, les jeunes étant définis avant tout par défaut, par excès, ou encore par opposition au monde des adultes ; une forme positive, qui exalte et glorifie leurs capacités d’innovation et d’enthousiasme. Les perceptions sociales de la jeunesse sont donc ambivalentes, mettant l’accent tantôt sur sa capacité d’innovation, tantôt sur le danger potentiel qu’elle représente pour la cohésion du corps social. Selon les périodes historiques, l’une ou l’autre de ces formes de représentations a dominé, selon que le corps social avait intérêt à insister sur son unité ou au contraire sur sa volonté de changement. Les représentations de sens commun de la jeunesse constituent donc des évaluations subjectives de son intégration dans la société.

De multiples portes d’entrées, une identité plurielle, une forme élaborée de conformisme

Dès lors la difficulté est de comprendre comment la famille, l’école, le travail, la vie affective, la vie associative, les loisirs, etc. concourent à la formation de l’identité. Le terme de « jeune » justifie ici, malgré son approximation, son utilité : il n’est guère possible sans lui de désigner l’unité de ce qui n’est vu que par fragments dans chacun de ces lieux : l’enfant dans sa famille, l’élève à l’école, l’adhérent dans une association, l’apprenti ou le débutant au travail… qui donnent chacun une image d’une personne qui est pourtant toujours la même. L’identité est plurielle, elle renvoie à des appartenances multiples dans des univers hétérogènes. De même le terme pourtant polysémique de « socialisation » est commode pour désigner le processus d’ensemble qui se joue à travers ces différents lieux. Le parcours du jeune ne consiste pas à aller d’un de ces lieux de formation de l’individu à un autre mais de les traverser simultanément. On l’envisage trop souvent comme une succession stricte : la famille, puis l’école, puis le travail. On ne passe en réalité pas de l’un à l’autre, il y a recoupement. Ainsi peut-on remarquer, avec François Dubet, que l’investissement scolaire est un mélange de poursuite d’une utilité scolaire, de désir d’intégration dans une culture commune et de quête d’épanouissement personnel. L’école est un lieu de socialisation par sa fonction d’ouverture intellectuelle. Il s’agit en effet pour elle de donner accès à une expérience qui n’est pas l’expérience familière du jeune et par conséquent de lui faire sentir l’existence de réalités avec lesquelles il n’est pas en contact dans la vie quotidienne mais aussi de lui apprendre à découvrir d’autres points de vue ou à les dépasser par le savoir objectif. Mais elle l’est également dans le sens où elle est un endroit d’intenses relations entre jeunes. Certains auteurs comme Pascale Garnier ou Jean-Pierre Augustin convergent ainsi sur l’idée que l’allongement de la scolarité contribue à faire du groupe de pairs une référence de plus en plus importante dans la construction de l’identité.


La construction de soi dans le rapport à l’autre

La construction de l’identité n’est pas que construction de soi, elle est aussi construction du rapport aux autres. Dans un contexte où la crainte de voir les jeunes, encouragés par les messages consuméristes, ne penser qu’à leurs intérêts personnels et immédiats, il est d’autant plus nécessaire d’accorder du prix à la construction de l’altérité. La découverte de la richesse du lien social passe par toutes les expériences de l’étude, du travail, du loisir et de l’action. La famille, l’école, le travail, l’engagement civique et associatif contribuent tous à apprendre à l’individu à changer de point de vue. Indépendamment de leurs autres fonctions, ce sont des opérateurs par lesquels nous apprenons à déplacer notre regard, à intégrer le point de vue de tous dans nos points de vue particuliers. Il s’agit de donner à l’individu la volonté et la possibilité de participer à un projet collectif, ce qui suppose de savoir se considérer soi-même du point de vue de tous, en apprenant à « se regarder comme un parmi d’autres » selon la formule de Marcel Gauchet, pour qui les mutations de « l’apprentissage de l’abstraction de soi qui crée le sens du public, de l’objectivité, de l’universalité, apprentissage qui vous permet de vous placer du point de vue du collectif, abstraction faite de vos implications immédiates » constituent le véritable enjeu. Ainsi considérés, construction de soi et apprentissage de la vie en collectivité ne sont pas sans lien, bien évidemment, avec les évolutions et le développement des pratiques sociales des jeunes, avec leurs comportements sexuels.

Évolution et développement des pratiques sociales des jeunes

Le développement des pratiques sociales juvéniles qui s’opèrent désormais bien au-delà des lieux de socialisation classiques (famille, école, travail) constitue une des facettes les plus significatives des transformations de cette phase de la vie. Les pratiques sociales des jeunes se distinguent en effet de façon assez marquée de celles des générations précédentes par l’importance du volume de leurs relations quotidiennes, par la plus grande ouverture de celles-ci à des activités externes (sorties entre amis, participation à des activités culturelles, sportives), enfin par la nature informelle de ces relations où les liens d’amitié prédominent, où le choix des autres est possible. La transformation structurelle de la jeunesse au cours des vingt-cinq dernières années a contribué à amplifier l’importance de cette sociabilité entre pairs et à modifier le rôle de celle-ci dans la formation de l’identité. La sociabilité juvénile fournit un terreau fécond pour la réalisation d’apprentissages sociaux, comme l’a montré Claire Bidart les jeunes apprennent à travers ces relations à négocier leur place, à gérer des contradictions, à exploiter des ressources, à concilier des compétences et des contraintes, à orienter leurs parcours. Ces apprentissages participent à la construction de l’autonomie, ils contribuent, pour reprendre les termes d’Hugues Lagrange, à la « mise en continuité de l’héritage et des identifications nouvelles ». Cette intégration du moi, qui demande – particulièrement dans les périodes de changement rapide comme celle que nous vivons – une maturation plus longue comme une diversité d’expériences, passe par la construction de ces mondes à soi. « Les cultures juvéniles ne sont pas simplement des contestations du monde adulte, ce sont des niches générationnelles nécessaires dans la phase ouverte par des sociétés dans lesquelles les changements macro-sociaux anticipent sur l’évolution de l’économie psychique ». Les activités sportives et de loisirs, les activités musicales et culturelles sont communément répandues parmi les jeunes, même si leur formidable développement concerne également d’autres catégories d’âge. Souvent promues par le mouvement associatif, encadrées par des professionnels et des bénévoles, mais de plus en plus concurrencées par le secteur privé lucratif, ces activités donnent à ceux qui y participent l’occasion de se confronter à d’autres formes de socialisation et d’expériences qui concourent le plus souvent de façon positive à la construction d’un rapport à l’autre et parfois d’une conscience collective plus affirmés. Alors que la consommation joue un rôle croissant dans le mode d’affirmation sociale des jeunes allant parfois jusqu’à l’ostentation, le développement de leur participation à la vie associative rappelle utilement que la recherche d’une capacité d’action, individuelle et collective, fait aussi partie des découvertes fondatrices des temps de la jeunesse Les pratiques sportives comme les pratiques culturelles constituent un univers où les personnalités, les goûts, les aspirations peuvent s’exprimer, l’un des champs privilégiés de ce que l’on pourrait appeler le « bricolage identitaire ». Ces pratiques se caractérisent par une grande diversité. Les enquêtes sur les pratiques culturelles des jeunes régulièrement réalisées par le ministère de la Culture sont ainsi conduites à subdiviser la jeunesse en quatre catégories entre 8 et 19 ans pour tenter de donner du sens aux observations. Elles distinguent ainsi les 8-10 ans tournés vers les activités physiques et ludiques ; les 11-13 ans qui opèrent une première rupture avec la pratique encadrée par l’école et la famille, rupture organisée notamment autour de la consommation de musique ; les 14-16 ans, qui s’émancipent des prescriptions des adultes ; enfin, les 17-19 ans, dont les pratiques culturelles commencent à se rapprocher de celles des adultes. Au-delà de ces observations, ces enquêtes montrent un décalage entre la forte consommation culturelle juvénile qui accréditerait l’idée d’une plus grande autonomie des jeunes et la réalité de leur dépendance familiale prolongée, qui renvoie à leur manque de ressources propres et à leur maintien dans le logement parental. Ce décalage ne produit pas seulement des conflits familiaux, qui tournent autour de l’usage domestique des biens de consommation et poussent à un équipement toujours accru des ménages en téléphones, matériel hi-fi, informatique, télévisions, vidéos, etc., il rend aussi particulièrement complexe la compréhension des parcours individuels, faits de rythmes non synchronisés.

Les jeunes, « plaque sensible » du changement

Enfin, il faut compléter ce paysage en rappelant que les pratiques sociales des jeunes passent aussi par l’inactivité, par des rencontres informelles qui amènent à un usage intense de la rue, des espaces publics. Ces nouvelles pratiques « urbaines » peuvent déboucher dans certains cas sur des formes de « socialisation délinquante ».

Pour ne pas conclure

Dans une société démocratique pluraliste qui entérine la liberté d’expression et la divergence des options politiques, les individus sont appelés à arbitrer par eux-mêmes le désaccord des principes auxquels on peut se référer pour organiser la vie collective. Mais à ce repérage des systèmes de valeurs divergents, qui suppose une formation intellectuelle et civique, s’ajoute la nécessité de faire la part des contraintes et des injonctions d’une société dans laquelle l’économie et le marché développent également leurs messages. Dans un tel contexte, il n’est pas très pertinent de se demander si les jeunes partagent les mêmes normes que les adultes, comme si l’on croyait que les adultes vivent selon un seul système de normes. Il est plus exact de se demander comment jeunes et adultes, ensemble, parviennent à se repérer dans un système de pluralité et de contradiction des normes.

Ce système ne produit pas seulement une difficulté de repérage pour les jeunes, il conduit en outre à créer une forme nouvelle d’inégalité. En effet, la réaction à la dispersion des références de conduite ne s’opère pas de la même manière selon le milieu social : le « capital culturel » ainsi que la marge de manœuvre dans les négociations familiales creusent des écarts entre les milieux qui se sentent à l’aise dans le « bricolage » des normes et ceux qui ont du mal à s’y retrouver.

Les réflexions sur la « transmission des valeurs » qui traduisent une conception parfois naïve de la transmission, comme si une société transmettait son héritage devant notaire, devrait affronter plus directement l’évidence de ce double discours devant lequel les adultes mettent les jeunes et devrait s’inquiéter du caractère anxiogène de l’affrontement, le plus souvent opaque, des normes implicites et des normes explicites de nos comportements. Simultanément, cela suppose que nous soyons capables de nous demander comment nous pouvons donner de la visibilité au conflit des normes : quels sont les lieux où les conflits peuvent se manifester pour s’apaiser ? (nous y reviendrons…..).

Quelques précisions

Samuel Ullman (né le 13 avril 1840 à Hechingen en Allemagne – mort le 21 mars 1924 à Birmingham dans l’Alabama) est un poète et homme d’affaires américain.

Pascale GARNIER est docteure en sociologie, professeure en sciences de l’éducation à l’université Paris 13, co-directrice du laboratoire EXPERICE.

Jean-Pierre Augustin, est un géographe français, professeur émérite à l’université Bordeaux-Montaigne, membre de l’UMR PASSAGES (anciennement ADESS) et ancien directeur de recherche à la Maison des sciences de l’homme d’Aquitaine (MSHA).

Marcel Gauchet est un philosophe et historien français né en 1946 à Poilley (Manche). Directeur d’études émérite à l’École des hautes études en sciences sociales (Centre de recherches politiques Raymond Aron),

Claire Bidart- Sociologue- Directrice de Recherche (DR2) au CNRS

Hugues Lagrange, né en 1951 à Bourg-sur-Gironde, est un sociologue français, Directeur de recherche au CNRS

Sociologie de la jeunesse – 6e éd. Broché – 8 novembre 2017 de Olivier Galland (Auteur).

Les étapes de la pensée sociologique Poche – 23 octobre 1976 de Raymond Aron

Sociologie de la vieillesse et du vieillissement Poche – 6 mai 2015 de Vincent Caradec

Dr. Sao Ousmane

Président du CCDMD

Source: Dr. Sao Ousmane

 

boolumbal

 
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Mauritanie : 25 morts sur les routes en 2 jours

Les victimes sur les routes mauritaniennes ont atteint 25 en une journée seulement, après l’accident intervenu samedi sur la route de l’espoir, non loin de Boutilimitt, et qui a coûté la vie à 8 personnes, en plus de 9 blessés dont certains grièvement.

Des sources de l’hôpital Hamed de Boutilimitt a confirmé à Sahara Media avoir accueilli 8 morts et des blessés dont certains grièvement, victimes d’un accident qui a eu lieu à 17 kilomètres à l’ouest de cette ville.

Un mini bus est entré en collision avec un taxi brousse transportant 7 personnes.

Selon les sources médicales ce bilan pourrait s’alourdir eu égard à la gravité des blessures de certains passagers.

Cet accident est le second intervenu samedi sur la route de l’espoir, non loin de la ville de Boutilimitt, le premier ayant fait une victime et quatre blessés.

Cette recrudescence des accidents sur les routes mauritaniennes a entraîné une grande colère sur les réseaux sociaux, les populations demandant aux autorités d’œuvrer à réduire les accidents sur les routes du pays en améliorant la situation des routes et en appliquant rigoureusement les lois organisant la circulation routière.

Les principaux axes routiers du pays sont particulièrement délabrés en l’absence d’entretien et de réhabilitation.

Ils sont jalonnés de crevasses et de nids de poules et couverts parfois de languettes de sable.

Selon certains rapports les routes mauritaniennes seraient parmi les plus dangereuses de la sous région.

Les autorités mauritaniennes estiment elles que cette recrudescence des accidents est du au non respect du code de la route par les chauffeurs ce que certains expliquent par le phénomène de la corruption dans le milieu chargé de la délivrance des permis de condui

saharamedias

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L’islam et la question de l’esclavage/Par Moussa Ould Ebnou

L’islam et la question de l’esclavage/Par Moussa Ould Ebnou

« Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude. L’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes » (Article 4, Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948).

L’esclavage constitue l’une des plus anciennes tares de la société humaine. Ce phénomène universel a pris des formes différentes au cours de l’histoire et sévit encore de nos jours. «L’esclavage a été aboli depuis longtemps. Pourtant il existe encore aujourd’hui, au 21e siècle dans le monde entier.

Chaque jour, des dizaines de millions de personnes vivent dans le désespoir et la servitude. Ces esclaves modernes constituent une main-d’œuvre sans voix, sans défense et corvéable à merci. » (Comité contre l’Esclavage Moderne)

Allah a révélé l’Islam pour sauver le genre humain des ténèbres de l’ignorance et de l’injustice. Dès lors, on est en droit de se demander pourquoi cette religion n’a pas été plus radicale dans les solutions préconisées pour résoudre la question de l’esclavage.

À son avènement, l’Islam a eu à faire face aux réalités de la société humaine d’alors. L’esclavage constituait l’une des plus amères de ces réalités. Il n’était pas pratiqué par les Arabes seuls, mais par les Perses, les Grecques, les Romains et par tous les peuples de la Terre.

La nouvelle religion pouvait, soit s’occuper à éradiquer totalement cette pratique, au prix d’efforts colossaux qui ne pouvaient qu’engendrer une guerre des classes destructrice et conduire à délaisser la résolution d’autres maux sociaux, soit opter pour une solution progressive, qui ménage les croyances en vigueur et instaure de nouveaux rapports de fraternité islamique entre les maîtres et les esclaves.

L’Islam a choisi d’adopter cette dernière démarche. Il parvint ainsi à faire des maisons des maîtres de véritables écoles pour les esclaves introduits dans la société islamique à la suite des conflits.

Plusieurs parmi ces esclaves sont parvenus à se hisser au sommet de la pyramide sociale, grâce à cette éducation dispensée par les maîtres. Ce qui prouve, s’il en était besoin, la justesse de la démarche de l’Islam.

Il faut se rappeler que l’esclavage était pratiqué à l’époque de la Jahiliya, la société antéislamique, que l’Islam avait pour mission de moraliser. Le Prophète (PSL) a résumé sa mission en disant : « J’ai été missionné pour parachever les bonnes mœurs. »إنما بعثت لأتمم مكارم الأخلاق .

Et Allah Le Très Haut a dit : la bonne action et la mauvaise ne sont pas pareilles. Repousse (le mal) par ce qui est meilleur ; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux.

* وَلا تَسْتَوِي الْحَسَنَةُ وَلاالسَّيِّئَةُ ادْفَعْ بِالَّتِي هِيَ أَحْسَنُ فَإِذَا الَّذِي بَيْنَكَ وَبَيْنَهُ عَدَاوَةٌ كَأَنَّهُ وَلِيٌّ حَمِيمٌ *سورة فصلت.

L’esclavage était l’une des nombreuses tares que cultivait cette société et contre lesquelles l’Islam s’était érigé, non pas de manière brutale et maladroite, mais de façon raisonnée et efficace : Allah n’a-t-Il pas dit : par la sagesse et la bonne exhortation, appelle (les gens) au sentier de ton Seigneur.

Et discute avec eux de la meilleure façon. Car c’est ton Seigneur qui connaît le mieux celui qui s’égare de Son sentier et c’est Lui qui connaît le mieux ceux qui sont bien guidés.

*ادْعُ إِلَى سَبِيلِ رَبِّكَ بِالْحِكْمَةِ وَالْمَوْعِظَةِ الْحَسَنَةِ وَجَادِلْهُمْ بِالَّتِي هِيَ أَحْسَنُ إِنَّ رَبَّكَ هُوَ أَعْلَمُ بِمَنْ ضَلَّ عَنْ سَبِيلِهِ وَهُوَ أَعْلَمُ بِالْمُهْتَدِينَ*سورة النحل.

Pour éradiquer l’esclavage, l’Islam a choisi d’éduquer les maîtres en les incitants à libérer les esclaves, pour que le problème trouve une solution progressive et non coercitive qui préserve les équilibres sociaux et économiques et évite un chaos social inutile.

Partant de son principe de liberté individuelle, l’Islam exhorte les musulmans à la libération de leurs esclaves. D’un côté il mentionne le mérite et la rétribution liés à la libération des esclaves, d’un autre côté il considère cette action comme une pénitence qui efface les péchés commis. Par ces deux voies, l’Islam œuvre à libérer un maximum d’esclaves, et beaucoup ont effectivement recouvré leur liberté par l’une ou l’autre de ces voies.

Après l’avènement de l’Islam, l’esclavage a surtout concerné les combattants infidèles vaincus qui n’ont pas accepté d’embrasser la foi. À l’issue de la guerre contre ceux-là, l’esclavage imposé à leurs femmes et à leurs enfants constituait une forme d’éducation qui visait leur intégration à la société islamique et assurait leur cohabitation avec les musulmans dans des conditions bien définies qui garantissaient leurs droits et leur permettaient de s’intégrer dans la société et d’acquérir les préceptes de la religion.

Les conditions de leur affranchissement, définies avec une grande précision, leur assuraient une libération rapide. Cela ressort de la manière avec laquelle le Prophète (PSL) et ceux de sa maison traitaient leurs esclaves, qu’ils veillaient à éduquer et à affranchir.

L’Islam propose des solutions souples et adaptées à tous les problèmes sociaux. Ces solutions sont conçues pour écarter des groupes humains les dangers consécutifs aux bouleversements et aux changements brutaux.

C’est ainsi qu’il a fait face aux problèmes et aux difficultés qu’il a hérités de la société jahiliya, celle de l’ignorance et de la mécréance. Il a dénoncé toutes les tares de la société humaine et tracé la voie pour parvenir à ses nobles objectifs, sans pour autant faire table rase des valeurs de cette société.

Le calame

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L’état de nos structures sanitaires : baromètre de la santé de la République

L’état de nos structures sanitaires : baromètre de la santé de la RépubliqueCette page que je m’apprête à publier n’est ni un pamphlet, ni un cri de cœur. Elle sonne comme un rappel des tristes réalités vécues par les populations, au quotidien, dans l’indifférence de ceux qui sont censés les servir et qui corsent plutôt leur précarité déjà bien réelle.

En écrivant ces lignes, je ne suis mû par aucun ressentiment ; au contraire, je ne suis guidé que par ma seule lucidité, phare de ma retenue alors que tout m’invitait à disjoncter, à perdre les pédales devant les affres de ces journées catastrophiques et révélatrices que j’ai vécues et qui me contraignent à prendre la plume, argument dérisoire mais seul médium entre mes mains pour sonner l’alerte, pour prévenir et pour inviter à davantage de labeur dans un domaine vital comme la santé.

Voilà l’histoire que je vais vous narrer, voilà mes impressions sur ce pays qui édifie des immeubles, des autoroutes à grande dimension alors que la santé de sa population est bradée, précarisée par une chaîne d’attitudes, en amont et en aval, frisant l’irresponsabilité.

Nous sommes à Mbagne, une capitale de département comme d’autres. Revenant de la mosquée, après ma première prière matinale, je fus intrigué par un attroupement de matineux dans notre concession, juste vers l’aile où réside ma mère. Une fois à l’intérieur du bâtiment, je la découvre, couchée sur le lit et dans un état de santé lamentable.

Quelques appels téléphoniques m’instruisent sur l’absence du médecin et de l’infirmière d’état en séminaire à Nouakchott. Je dus me rabattre sur Monsieur Diallo, mon cousin germain gérant la pharmacie locale qui vint illico presto répondre à mon appel de détresse.

Son observation de la malade révèle des problèmes de tension artérielle et il nous conseilla, avec son humilité coutumière, de diriger la patiente vers l’hôpital de Kaédi. Premier couac de ma journée agitée : la seule ambulance disponible basée au centre de santé de Mbagne est immobilisée, en panne depuis trois mois, dans une indifférence générale.

Nous nous rabattons sur un véhicule personnel vite aménagé et nous prîmes la direction de l’hôpital de la capitale du Gorgol. Sur les lieux, nous fûmes assistés par mon ami Diop Lamine Zakaria de Mbagne, qui officie dans la structure sanitaire ès qualité de surveillant général.

Avec une célérité incroyable, il joignit tous les professionnels du service et, très vite, ma mère fut prise correctement en charge. Le scanner déchiffré indiqua l’urgence d’un traitement de spécialiste disponible seulement à Nouakchott. L’attente dans ce qui tenait lieu de salle d’urgence fut éprouvante.

Le décor de la pièce emballait : quatre lits pourvus de matelas crasseux et sans draps et des climatiseurs à l’arrêt depuis des lustres donnant l’illusion d’un luxe inexistant.

Parti négocier une ambulance, je découvre, ahuri, que ma mère devrait la partager avec un autre patient en cours d’évacuation. Le véhicule n’est pourtant équipé que d’un seul lit.

Devant mon inquiétude à deux doigts de se muer en révolte, on me conseilla, en bon mauritanien musulman, de m’en remettre à Dieu et on m’assura que nous bénéficierons tout le long de notre trajet d’une climatisation conséquente.

Une fois la facture de 40.000 UM anciennes réglée et le véhicule pourvu en carburant, nous nous ébranlâmes vers la capitale, le tacot peu chargé : outre ma fille et moi, l’autre patient, un haratine octogénaire, voyageait en compagnie de sa fille et deux autres de ses enfants.

Tout compte fait, cinq accompagnants, deux malades et un infirmier de route voyageaient dans le confort extrême dans une cabine où l’étroitesse rivalisait avec la promiscuité.

Cerise sur le succulent gâteau : le conducteur de l’ambulance nous imposa une fillette, recommandée par un membre du personnel de l’hôpital, qui partait en vacances à Nouakchott. Dans l’atmosphère surchauffée, je demandai au conducteur de faire fonctionner la climatisation et il me révéla que celle-ci ne lochait plus les corps des malades depuis belle lurette.

En bon mauritanien, il me conseilla de m’en remettre au traditionnel éventail pour affronter une température taquinant les 36’. La mort dans l’âme, je dus accepter ce voyage pénible, éprouvant pour les nerfs, avec deux malades couchés à même le sol.

Après quelques kilomètres, à Bababé, le véhicule tomba en panne et une trentaine de minutes furent nécessaires pour le remettre d’aplomb, pour le guérir de ses problèmes d’injecteur nous obligeant, pour le reste du trajet, à rouler à une vitesse de soixante kilomètres à l’heure.

Comprenant l’impasse, je faussai la route à mes compagnons d’infortune en dénichant une voiture climatisée. En vérité, cette solution m’ouvrit une nouvelle difficulté car nous devrions poursuivre notre route sans l’infirmier accompagnant.

Comme si le sort se complaisait à nous titiller, la perfusion irrigant le corps de la patiente céda à quelques encablures de Boutilimit occasionnant une bénigne hémorragie. Notre premier moyen de transport venait à peine de franchir le carrefour de Boghé et ne pouvait nous être d’aucun secours.

Il nous fallait donc joindre la localité de Boutilimit où des infirmiers règlent très vite le problème de la perfusion. Avant de quitter la structure sanitaire du bled de Moctar ould Daddah, j’apprends qu’elle dispose de sept ambulances opérationnelles.

Curieuse gestion d’un patrimoine censé servir équitablement tous les citoyens ! La seule localité de Boutilimit était mieux pourvue que toute la région du Gorgol avec ses départements. Notre Mauritanie souffre de cette endémie maintenant encore quelques nationaux et certaines régions ciblées dans l’extrême indigence.

Ainsi, deux catégories de citoyens sont créées : alors que la première tire profit des fruits de notre pseudo-croissance, la seconde, laissée volontairement en rade, meurt à petit feu.

A dix huit heures, nous entrâmes dans l’Hôpital national de Nouakchott. Encore une dizaine de minutes pour décrocher un lit afin d’extirper la patiente de l’ambulance. Nous dûmes attendre encore trente minutes pour voir arriver le médecin de garde.

Le scanner de Kaédi n’ayant pas été interprété par le médecin, il demanda aux infirmiers de convoyer la malade vers la grande salle d’attente et sur le lieu nous apprenons que le neurologue, passé l’après-midi, ne reviendrait que le lendemain.

Vu l’état de la patiente, nous prîmes la décision de la diriger vers l’hôpital KISI du docteur Tandian, une structure sanitaire en train de rendre d’inestimables services aux malades grâce à son personnel compétent et dévoué. Nous fûmes pris en charge immédiatement et depuis, le sort de ma respectée mère s’est drastiquement amélioré.

Cette expérience montre, à plus d’un titre, que le secteur de la santé est valétudinaire en Mauritanie. Une fin de vie guette au quotidien les citoyens malades. Par le truchement de politiques continues puant le racisme et l’irresponsabilité, la santé publique est en train de donner une véritable image du pays, un gâchis dans cette zone ouest-africaine au regard de sa population peu nombreuse et des immenses ressources que Dame nature a déposées entre ses mains.

La Mauritanie aurait pu être un eldorado mais une discrimination favorisant les régions du Nord a creusé le fossé entre ses composantes se regardant en chiens de faïence.

Passer en revue les autres secteurs d’activité permet de tirer le même enseignement : notre pays se désagrège du fait de la démence de ses élites qui n’ont foi qu’en l’argent, qu’aux combines servant de dilatoire pour détourner les mauritaniens de leurs problèmes réels.

En prenant cet exemple, nous visons à attirer l’attention de nos compatriotes sur le mal corrosif qui mine le corps de notre pays en retard dans tous les domaines. Le mal est encore plus perceptible dans les régions à forte dominance négro-africaine où les politiques menées cultivent l’ostracisme, le repli identitaire et son corollaire l’obsession pour la libération.

altaltalt

 

Signé Cherif Ba de M’Bagne dans le Sud de la Mauritanie

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Coup d’Etat du 3 Août 2005 : Chronique d’un voyage inachevé /Par Ely Ould Abdellah

alt“Toujours lui ! Lui partout ! Ou brûlante ou glacée,

Son image sans cesse ébranle ma pensée.”

Victor Hugo

Le 3 Août 2005, il y a de cela treize ans, le président Maaouya Ould Taya quittait le pouvoir après 21 ans de règne sans partage. Poussé vers la sortie par ceux-là qui furent ses plus proches collaborateurs,  qui bénéficiaient de toutes ses faveurs, Maaouya réalisait, à sa grande surprise, la précarité des soutiens en cette Mauritanie où, pour les Beydanes en particuler, le retournement de vestes est un sport favori.

Ce 3 Août là, le régime s’était effondré comme un château de cartes. Même le parti au pouvoir, ses laudateurs zélés, ses maîtres de la courbette et de l’hypocrisie ont adopté un profil très bas. Pas un traitre mot ! On dirait même que personne parmi tout ce beau monde n’a survécu au putsch. Dans leur immense majorité, les dignitaires du régime et ses flagorneurs ont vite tourné le dos au président Taya comme ils l’avaient fait pour tous ses devanciers et, comme sûrement, ils feront pour ceux qui viendront après.  Seul le ministre Boydiel Houmeid, qui avait clamé haut et fort sa fidélité au président Maaouya et avait décliné une offre de collaboration avec les putschistes d’alors avait émergé du lot.

Mais aujourd’hui, tout cela relève du passé. On ne saurait en dire plus que ce qui a été dit. Les tenants et les aboutissants du coup d’Etat de ce 3 Août sont connus, son déroulement aussi. Comment et où le président Maaouya a-t-il été informé du putsch ? Qu’est-ce qui s’est passé quand l’information est tombée ? Voilà, entre autres, des questions  sur lesquelles revient ce témoignage suivant, dont l’auteur a eu, le 3 Août 2005, le redoutable privilège de se trouver dans l’avion présidentiel.

C’était, il y a 13 ans, le putsch qui a renversé le président Maaouya Ould Taya.

Reporter attitré de l’Agence Mauritanienne d’Information, je me trouvais dans l’avion présidentiel qui nous ramenait de Ryadh où le chef de l’Etat présentait ses condoléances à l’Arabie Saoudite qui venait de perdre le roi Fahd Ibn Abdel Aziz.

On ne se doutait de rien en prenant, tôt dans la matinée le Boeing 737 d’Air Mauritanie qui devait nous ramener à Nouakchott, le même jour dans l’après midi. On ne se doutait de rien, même si moi, qui à force d’écouter certains analystes, je pressentais que quelque chose ne tournait pas rond, côté sécuritaire et qu’un autre  coup d’Etat, plus méchant que la tentative du  8 juin 2003, était à redouter.                                         Déjà, en juin 2005, deux mois plutôt, j’avais redouté que le BASEP ne renversât le président Taya à son retour d’une visite au Yémen, En ce moment là, resté pour une mission supplémentaire dans la capitale yéménite, après le départ du président et de sa suite pour Nouakchott,  j’avais tenu à suivre le retour du président à la télé pour m’assurer que rien de mal ne s’était  passé.  Vous savez, c’est comme ça, vous ne pouvez vous empêcher d’être inquiet quand, à longueur de journée, quelqu’un n’arrête pas de vous dire qu’un putsch est imminent et qu’il y a des risques de carnage. J’avais  effectivement peur, très peur : la mésaventure des Cavaliers du Changement était encore si proche : à tout bout de champ, je voyais le feu, la fumée,  les combats de rue, les chars, les roquettes et les hommes. Je n’arrêtais donc pas de téléphoner pour m’informer. Ce qui ne me rassurait pas, c’est que des contacts à Nouakchott m’avaient alors informé que de draconiennes mesures de sécurité – qui étaient, pour moi,  suspectes– avaient été prises lors de l’accueil de la délégation présidentielle à son retour de Sanaa. Des Blindés avaient été mobilisés, m’a-t-on rapporté, des soldats postés sur les toits de bâtiments au quartier “Carrefour”, des agents de renseignement avaient été partout déployés… Bref, toute une batterie de mesures avait été prise pour faire croire au président Taya  qu’il y avait un sérieux danger  mais aussi pour lui montrer que le Bataillon de la Sécurité présidentielle veillait au grain et que, par conséquent, il n’y avait pas de soucis.        

…Le coup d’Etat                         

Mais en dépit de toutes ces appréhensions que j’étais peut-être le seul à avoir, je ne me doutais de rien, dans l’avion présidentiel, le 3 Août 2005, jour de notre départ de la capitale saoudienne. Plutôt, je savais que Maaouya avait un tel ascendant sur tous les officiers, que peu d’entre eux osaient se le mettre sur le dos, que tous le respectaient bien et le craignaient tout aussi bien. Ce jour là, on ne pensait donc qu’au retour à Nouakchott après ce bref séjour dans la fournaise de Ryadh.

A notre départ de la cité saoudienne,  il devait encore se faire tard dans la nuit à Nouakchott. Au moment de notre décollage, il devait être 3 heures du matin à Nouakchott. En ce moment là, les putschistes avaient déjà “monté” leur plan et planchaient sur  la manière de porter leur forfait à la connaissance de l’opinion nationale et internationale.  Mais, à travers l’annonce du coup d’Etat, les putschistes tenaient aussi et surtout  à informer le président Maaouya  pour  éviter de le voir rentrer à Nouakchott, ce qui pourrait occasionner pour eux une gêne pour beaucoup compréhensible. On n’est pas censé facilement trahir son chef et, si d’aventure, on le faisait, il serait préférable de ne pas avoir à souffrir son regard. C’est vrai, le palais a ses petits secrets, les hommes qui y sont, ont leurs petites misères qui ne se savent pas dehors mais qui ont de lourds effets sur la résilience de l’individu et, surtout, sur sa capacité de soutenir le regard inquisiteur du protecteur abusé. Mais ça, c’est toute une autre histoire !

Revenons donc maintenant à notre départ de Ryadh. Il était tôt, très tôt lorsque la petite délégation présidentielle mauritanienne s’était rassemblée dans le hall du palace où étaient logées les délégations étrangères venues présenter les condoléances au Royaume d’Ibn Séoud.                                                                                                    A la réception, à cette heure de la journée, un calme plat régnait. Seul, un chef d’Etat, Jalal Talbani d’Irak, faisait d’innombrables va-et-vient que je ne m’expliquais pas. Il circulait sans sécurité rapprochée visible, entre la réception, le restau, les ascenseurs et je ne sais où. Les membres de la délégation mauritanienne, enveloppés d’une indescriptible indolence, sûrement due à un réveil si matinal, étaient là au grand complet. On n’attendait plus que la sortie du président pour aller en cortège et sous bonne escorte à l’aéroport. Il y avait les deux conseillers à la présidence de la République, qui étaient du voyage, Mohamed Salem Elouma et Mohamed Abdallahi Ould Siyam, le Colonel El Hadi Sedigh, chef d’état-major particulier du président,  le directeur de cabinet Tomy, le directeur Général du protocole d’Etat, mon frère et ami  Feu Hamoud Ould Hadi, l’aide de camp, Feu le colonel Mokhtar Mohamed Mahmoud, des membres de la sécurité,  les quelques journalistes dont je faisais partie et  le maître d’hôtel Mohamed Cheikh qui s’occupait apparemment de toutes questions domestiques et de tout ce qui se rapporte à la vie privée de la famille Taya au palais : appro,  médicaments, éducation et encadrement de la progéniture présidentielle etc…

Ce 3 Août là, il  ramenait aux enfants de gigantesques ballons volants de couleur rouge vif dont l’un  a échappé à celui qui le tenait par un lacet et était resté suspendu comme une nacelle  au toit très élevé de l’entrée du palace où nous nous trouvions. Même si je ne suis pas superstitieux pour un sou, j’avoue que j’ai toujours pensé à la couleur de ces grosses bulles et au hasard de la coïncidence de leur acquisition avec le putsch. Habituellement, je n’accorde aucune importance à ce qui se dit de ce côté-là mais j’avoue que c’est à cause ou grâce à mes relations avec des amis de l’Est mauritanien que, face à cette mauvaise fortune du 3 Août,  j’ai, inconsciemment, pensé à cette couleur et, depuis,  elle m’est restée à l’esprit et je n’arrête pas d’y penser.

Pourquoi cherche-t-on les fréquences de Radio Mauritanie ?

  A l’aéroport de Ryadh, le cérémonial, plutôt sobre, du départ du président, s’est déroulé  assez rapidement. C’est tout juste, si, encore au sol, le Directeur Général du protocole mauritanien a eu le temps de recommander aux gens de Niamey de placer une passerelle à l’arrière de l’appareil pour les cameramen et photographes afin qu’ils puissent descendre avant le chef de l’Etat. En faisant cette recommandation, il ne se doutait pas que  cela devait se faire sans préjudice à la principale passerelle à l’avant de l’appareil qui est celle par laquelle descend habituellement le président de la République.

Durant le vol, rien,  ou presque, ne sortait de l’ordinaire ! Il faut dire qu’il se faisait encore très tôt dans la matinée, que les quelques passagers de l’avion parlaient très peu et avaient suffisamment d’espace pour soulever les accoudoirs et s’étendre sur les sièges pour un petit somme. Moi, je prenais l’habitude d’occuper les sièges N° 16, juste à l’arrière de l’aile gauche de l’avion pour mieux avoir une vue du sol et de l’extérieur de l’appareil. Mon collègue de Radio Mauritanie, Ahmed Ould Yacoub, m’y tenait généralement compagnie et on y prenait habituellement tout notre temps pour confectionner nos papiers et, parfois,  pour parler de tout et de rien, question de s’occuper durant des vols parfois très, très longs comme celui de 3 Août 2005.

Cette fois, alors qu’on était à peu près au dessus du Darfour soudanais, aux environs de 9 heures, le directeur de cabinet Tomy se présenta devant nous  et, de façon inhabituelle, demanda à mon collègue Ahmed Yacoub de lui donner les fréquences de Radio Mauritanie. Mon ami le fit rapidement et Tomy disparut dans l’avant de l’appareil. On s’était tout de suite posé la question «pourquoi cherche-ton les fréquences de la Radio à cette heure-ci ? Quoiqu’ayant les appréhensions signalées plus haut, j’avoue qu’à ce moment là, je n’avais bêtement pas pensé à un putsch. On s’était demandé, Yacoub et moi, si, à la présidence de la République, ils ne voulaient pas réécouter une émission ou vérifier si un reportage avait été bien ou mal fait. J’avais taquiné Yacoub en lui disant : «peut-être veulent-ils te réécouter, comme si tu n’es pas si ancien pour pouvoir confectionner des reportages si anodins pour le vieux reporter que tu es !»  On s’est posé de petites questions là-dessus, juste pour nous marrer mais on a vite oublié en s’enfermant dans notre certitude qu’il n’y a rien de particulier et que la recherche des fréquences relève de la simple routine.

Dans le cockpit  et même dans la cabine, rien, absolument rien, ne laissait douter de quoi que ce soit. Le calme habituel des avions présidentiels régnait. Peut-être même un peu plus que d’habitude du fait de l’horaire du vol et de la propension de tous à retrouver un peu de sommeil. 

Ce n’est que, bien plus tard, avec un copieux recul,  que nous sûmes que le commandant de bord, un certain Dahmoudi, qui écoutait RFI, a eu vent de quelque chose, un  putsch, dit-on, ou une tentative de putsch ou quelque chose comme ça, et qu’il en a informé Tomy qui, lui aussi, a informé le président Taya. Les fréquences de Radio Mauritanie allaient donc peut-être permettre d’en savoir plus sur le sérieux de cette information et, le cas échéant, sur l’identité des conjurés et leurs atouts pour réussir une conspiration. Mais ça, c’est avec le recul que nous le sûmes … Pour le moment, nous sommes dans l’avion qui continue son avancée inexorable vers Niamey. A ce niveau, seuls étaient informés du putsch, le pilote et le copilote ainsi que le président et son directeur de cabinet et,  tout  naturellement,  tous gardaient l’information pour eux.

Vers midi ou un plus tard, nous entamons notre descente sur Niamey où nous attendaient le président nigérien Mamadou Tandja, des ministres et hauts dignitaires nigériens, le consul général de Mauritanie  et des représentants de la communauté mauritanienne installée au Niger. Il y a avait aussi une haie d’honneur et une petite unité de musique militaire.

Sortie de l’avion et, en même temps, du… pouvoir

L’avion se pose sans bruit à Niamey et s’immobilise devant le tapis rouge et la haie d’honneur. Mais, là encore, un malheur ne vient jamais seul : à Niamey, ils avaient compris à partir de la requête du directeur du protocole qu’il fallait se limiter à placer une seule passerelle à l’arrière du Boeing ! Imaginez le désastre ! A l’intérieur de l’avion,  on se rendit compte de cette bourde lorsque la porte avant de l’appareil était restée verrouillée, plusieurs minutes après l’immobilisation de l’avion.

Quelle méprise !  Ils sont vraiment passés à côté de la recommandation faite par le directeur général du protocole d’Etat ! Un minimum de bon sens interdit quand même de comprendre que celui-ci demande  de faire sortir le président par l’arrière de l’appareil ! Mais, bon, c’est fait, c’est le Destin ! Celui-ci a des signes qui sont là mais qu’il n’est pas donné à tout le monde de déchiffrer valablement.

Ici, on est en face d’un chef d’Etat, qui demeurera chef d’Etat jusqu’au moment de sa descente d’avion et celle-ci se fera par… une porte dérobée, que personne n’a demandée et que nul n’a programmée de la sorte !

Est-ce que tout ça a un sens profond ? Est-ce que les grosses bulles rouges et l’absence de passerelle au bon endroit sont de petits faits anodins sans grande signification ou alors s’agit-il de  présages significatifs mais que seuls pourraient déchiffrer ceux qui ont l’habitude de voir au-delà des faits ?

Je ne prétends pas pouvoir donner de réponses à ces questions. Je me contente seulement de les poser, laissant à chacun le soin de trouver la réponse  qui lui semble convenir.

L’annonce du putsch n’avait pas altéré le calme du président Taya

Mais revenons un peu maintenant à l’avion et à l’arrivée du président Maaouya Ould Taya à Niamey : l’absence de passerelle à l’avant a occasionné un léger désagrément  pour tout le monde. Dans l’avion, on s’est gêné un coup, on s’est  demandé, un instant,  ce qu’il y avait à faire face à ce désagrément. Mais, au fond, rien de grave ! Devant une situation pareille, on n’a pas le choix : on se gratte la tête un bout de temps, on sourit comme pour faire contre mauvaise fortune bon cœur et… on fait avec. Et, comme Maaouya est généralement expéditif, il se résout le plus simplement du monde à se diriger vers la seule issue offerte, quitte  l’appareil et, en même temps, le pouvoir qu’il a dirigé d’une main de maître depuis la journée historique du mercredi 12 décembre 1984, soit depuis 21 années, à ce moment là.

A la descente du président, le cérémonial d’accueil était réduit à sa plus simple expression. Pas de prise d’armes, pas d’hymnes nationaux. Juste un passage sommaire devant la haie d’honneur et une rapide poignée de mains aux personnalités nigériennes de haut rang venues à l’accueil. De passage au salon d’honneur, les deux présidents s’enferment dans une aile isolée tandis que  les autres membres des délégations occupent les salons meublant le pavillon présidentiel.

Assis à côté de ministres nigériens, je me fais surprendre par l’un d’entre eux qui m’interroge sur ce qui s’est passé à Nouakchott. Naturellement, je le déçois parce que je ne suis au courant de rien et je m’aperçois facilement que ma réponse, très évasive, ne le satisfait pas. Me regardant avec beaucoup de commisération, mon ministériel interlocuteur se leva sans coup férir et sera rapidement suivi de ses collègues qui, ne voulant pas risquer de m’annoncer le putsch, ont sûrement choisi de s’éloigner de moi. Resté seul avec un ou deux membres de la délégation mauritanienne, on vit une autre personne, le maître d’hôtel Mohamed Cheikh, venir nous demander les fréquences de radio Mauritanie et, en plus, cette fois, un poste de radio. Là, nous comprimes, pour sûr,  que quelque chose a dû se passer. Là-dessus, je me lève pour rejoindre le directeur du protocole qui échangeait, non loin, avec le Colonel El Hadi Sedigh. A Hamoud, mon ami, qui connaît très bien ma spontanéité, je demande : «que se passe-t-il ? Pourquoi des gens de la grande maison sont-ils venus à plus d’une reprise nous demander les fréquences de Radio Mauritanie ? » Il me répond avec son excès de calme habituel en ces termes : «Non… rien de particulier ;  aujourd’hui, tu sais, c’est la fête nationale du Niger et les autorités des deux pays tiennent à un échange d’émissions radiotélévisées, juste ça, pas de soucis !». Sachant que d’habitude, il essaie de me rouler, je lui fais une tape dans le dos et lui dis : «Hamoud, toi tu n’arrêtes pas de te moquer de moi ? » Il me répond avec sa sérénité à toute épreuve : «Non, il y a un bruit de bottes à Nouakchott depuis les premières heures de la matinée et la situation demeure un peu confuse ». Là-dessus, et me basant sur certaines informations que j’entends depuis longtemps chez un ami versé dans ces histoires là, mais auxquelles  je n’ai jamais prêté un grand crédit, je lui réponds de façon péremptoire : «Non, ce n’est pas un simple bruit de bottes, c’est un coup d’Etat réussi en bonne et due forme et ses auteurs ne sont autres que les colonels Ely Mohamed Vall et Mohamed Abdel Aziz». Le colonel El Hadi écarquilla les yeux mais resta de marbre devant cette affirmation qui, à ce niveau,  ne pouvait être étayée d’aucune preuve. Il est vrai que même si cet ami n’a jamais cessé de me parler de ce coup d’Etat, moi, je ne prenais ce qu’il me disait que pour de fantaisistes bobards. Mais, cette fois, je n’ai pu m’empêcher de penser à cette histoire qu’il ne cessait de ressasser depuis des années. Déjà, trois jours plutôt, lorsqu’on quittait Nouakchott le dimanche 31 juillet dans l’après midi, ce même ami là qui était le dernier à me serrer la main au salon d’honneur, me dit : «je te confie à Allah et L’implore pour qu’Il vous protège. Je te recommande tel et tel versets du Saint Coran». C’est dire combien mon ami là n’arrêtait pas de me parler de ce «coup» qu’il voyait venir et auquel moi je ne croyais pas du tout.

Après un long entretien en tête à tête entre les présidents et sûrement plusieurs appels téléphoniques, les deux chefs d’Etat traversent, en toute sérénité, le grand pavillon d’honneur en direction des limousines qui les attendent.

Cap sur Nouakchott après l’escale de Niamey

Les membres de la délégation  s’engouffrèrent dans les véhicules officiels qui devaient nous déposer dans une maison d’hôtes située juste à côté du palais présidentiel.

En dépit de tous les bobards que j’ai entendus à propos de la conduite du président et de l’attitude avec laquelle il a accusé le coup, il faut dire que, durant toute la journée  qu’on a passée dans la capitale nigérienne, Maaouya Ould Taya était resté d’un imperturbable calme et que rien, de visible du moins,  n’a altéré sa démarche ni sa bonhomie habituelles. A l’aéroport, comme à la villa des hôtes où je l’ai observé de près, la nouvelle du coup d’Etat ne m’a semblé ni ébranler le président ni altérer son calme.

Le président devait occuper la majeure partie de la villa des hôtes et les autres membres de la délégation le reste des lieux où, franchement, on se sentait à l’étroit.

Ayant remarqué cela, le protocole demanda aux gens des médias et à l’équipage de se rendre dans un hôtel de la place. Là, on prit congé de la délégation et on se rendit rapidement à l’hôtel. Il faut dire qu’on en avait besoin pour prendre davantage de nouvelles et nous informer auprès de nos sources. Lorsqu’on prit possession de nos chambres d’hôtel, on fit un tour pour trouver des cartes à puces afin de téléphoner, le Roaming  ne fonctionnant   pas à Niamey. Déception complète : pas de cartes à puce à vendre et donc pas de téléphone ! On revient  à l’hôtel où un steward d’Air Mauritanie vint nous dire à l’emporte-pièce: « dépêchez-vous si vous ne voulez pas rester à Niamey, Air Mauritanie a dit que Maaouya n’est plus président et qu’elle réclame le retour de son avion dans l’immédiat. Alors, venez rapidement !»  Je lui répondis spontanément au nom de l’ensemble du groupe : «Ecoutez, comme vous, nous avons appris le putsch, par conséquent, nous savons que Maaouya Taya a perdu sa qualité de chef de l’Etat, néanmoins – et c’est un minimum –  il demeure chef de cette délégation et dis-toi bien qu’il est hors de question pour nous de partir avant qu’il  nous le dise. Mais ne t’en fais pas pour nous, nous pouvons rentrer par train, par voiture ou par les vols réguliers. Donc, partez, ne nous attendez pas » !

Après une bonne heure à l’hôtel, nous reçûmes un émissaire du président Maaouya, venu nous transmettre ses salutations et nous dire de rentrer au pays. Cet émissaire nous a précisé  que le président et seulement certains membres de la délégation allaient  rester. Là-dessus, on  s’était  demandé s’il était faisable d’aller lui faire nos adieux mais, après concertations, et pour ne pas nous montrer indélicats en ces moments fatidiques,  nous décidions d’y renoncer et de nous préparer pour aller directement à l’aéroport.

Sur place, à l’aéroport, nous avons eu la surprise de ne pas trouver d’avion ! On passa un bon quart d’heure avant que les militaires nigériens, qui avaient mis l’avion en lieu sûr,  ne le ramènent   tracté par un petit engin de remorquage.

On embarqua rapidement. La première classe était vide. Quelqu’un d’assez haut placé invita le Conseiller Elouma à y prendre place à ses côtés mais celui-ci déclina poliment cette offre et lorsque son interlocuteur insista, il trouva l’une de ces répliques qui lui sont connues : «…non, non, tout simplement parce qu’en arrivant, je n’y étais pas ». 

Nous regagnâmes Nouakchott en début de soirée. Il n’y avait pas couvre-feu ni de mesures de sécurité particulières. La parenthèse semblait s’être refermée sans coup férir sur ce long  intervalle de 21 ans où la Mauritanie a fait un bonhomme de chemin, diversement apprécié. Sans daigner émettre un quelconque jugement de valeur sur cet intervalle, je me limiterai à déplorer la faillite qui a gangréné les valeurs morales et sapé les fondements de la société mauritanienne, son code d’honneur et les normes comportementales qui la régissaient depuis la nuit des temps. 

A Nouakchott, que nous avons retrouvé,  cette faillite était largement perceptible. Les langues s’étaient déliées. Le régime n’a plus eu de fidèles. Tout le monde ou presque lui tire dessus. Même ceux qui rivalisaient d’ardeur dans l’expression de leur soutien au président Maaouya et faisaient la courbette à ses proches, s’en sont souvent donné à cœur joie. Y a-t-il plus décevant ? Imaginez le choc que pareils retournements de vestes  peuvent produire chez tout dirigeant  qui se croyait adulé par tout un peuple!

Resté à Niamey pour 3 ou 4 jours, le président Maaouya a, malgré son incommunicabilité habituelle, fini par se confier sommairement à une chaîne de télévision, mais à ce qui a été dit, c’était une mauvaise sortie. Le président devait se rendre par la suite à Banjul pour un bref séjour au terme duquel il devait prendre le chemin de Doha où il s’est installé durablement et où, m’a-t-on dit, il répugne même à  voir les Mauritaniens. Et pour cause ! Pour lui, nous, Mauritaniens, nous l’avons trahi, notre peuple l’a désavoué au moment où il s’y attendait le moins.

Il a eu d’abord du mal à admettre que ses proches soient, eux-mêmes, ses tombeurs, que ses amis d’hier deviennent, aujourd’hui,   ses pires ennemis. Incroyable, tout ça, non ? 

En fait, ici, le peuple excelle dans l’art de flouer les dirigeants  en leur faisant croire qu’ils sont irremplaçables, que le peuple vit par eux et pour eux et  que, sans eux, tout va  s’écrouler. En  prêtant une oreille attentive aux flagorneurs et aux hypocrites de tous bords,  les dirigeants se font toujours avoir mais ne s’en rendent compte qu’au moment  où c’est perdu et où il devient tard pour eux de rectifier le tir.

Cette duplicité atavique, Maaouya en a fait les frais en 2005. Il ne sera, hélas, sûrement pas le dernier. Les mêmes chants des sirènes auxquels il  a cédé, continueront inexorablement d’envoûter tous ses successeurs qui passeront tous par la même porte.

Et ça a l’air de ne jamais finir, comme ce voyage du président Maaouya qui se poursuit encore 13 ans après…Sauf si 2019 apportera du nouveau. Si, à cette date, le pays arrive à connaître une vraie alternance, tout ira certainement pour le mieux et, en ce moment là, Maaouya pourra, pourquoi pas, songer au retour au pays.   Mais le problème est que beaucoup de bruit court à propos de cette alternance qui ne cesse d’être de plus en plus hypothétique. Au point  que  certains ministres en sont arrivés à dire qu’il n’y aura même pas de… 2019 en Mauritanie. Même le calendrier n’en sort pas indemne !

le calame

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