Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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KHB : “Ould Abdel Aziz ne pourra plus retourner aux affaires. La constitution ne le permet pas”

KHB : Dr. Kane Hamidou Baba, président du Mouvement Pour la Refondation (MPR), membre du FNDU : Ould Abdel Aziz ne pourra plus retourner aux affaires. La constitution ne le permet pas”.

Le Calame : Commençons par la célébration, le 28 novembre, des festivités de notre 58e anniversaire de notre pays. Quelle appréciation vous faites du dernier discours à la Nation, du président Mohamed Ould Abdel Aziz ? Est-ce un discours d’adieu ou d’au revoir ?

Hamidou Baba KANE : Le discours du Président Mohamed Abdel Aziz sonne à la fois comme un discours d’adieu en tant que Président de la République ; et d’au revoir comme homme politique. Il traduit à l’envi le dilemme, j’allais dire, cornélien, dans lequel il est placé : « Comment quitter, sans partir ? ».

Au pouvoir, il a surtout fait peur. Hors du pouvoir, il devra tenter de plaire. Comment plaire, quand on fait peur ? Telle est l’équation qu’il devra résoudre.

-Ce discours intervient au lendemain d’un réaménagement gouvernemental, après les dernières élections municipales, régionales et législatives et quelques nominations à la tête de certains corps d’armée et de sécurité. Pensez-vous qu’Ould Abdel Aziz prépare son départ, voire son éventuel retour aux affaires dans 5 ou 10 ans, comme il l’a laissé entendre sur RFI, il y a quelques jours ?

Je ne suis pas dans le secret du Président de la République pour connaitre ses plans et projets. Ce que je sais, c’est qu’un retour aux affaires ne se fera jamais plus aux sommets de l’Etat. La constitution ne le permet pas. Nous ne sommes pas la Russie, ni dans la lettre et l’esprit de notre loi fondamentale, ni dans nos prédispositions culturelles. L’échafaudage mis en place au lendemain de ces fameuses élections n’est pas solide. Il ne résistera pas à l’épreuve du départ. Si j’avais un conseil à lui donner, il ferait tout à fait autre chose ! Il ressemble à un artiste qui a raté sa scène, à l’entrée comme à la sortie ! Il devrait plutôt se soucier de mettre en place des institutions qui puissent survivre aux hommes. Mais, cela se fait dans la concertation, le vrai dialogue et le consensus. Tout le reste, ne peut conduire que vers des lendemains incertains !

-Après toutes ces manœuvres, peut-on penser que l’option du 3e mandat d’Ould Abdel Aziz est définitivement abandonnée ? La majorité dont il dispose à l’Assemblée Nationale ne serait-elle pas légitime pour lui offrir l’opportunité ?

– Ne soyons pas plus royaliste que le roi. Mohamed Abdel Aziz a fait son deuil d’un 3ème mandat. Dans le contexte arabe et africain, il faut le féliciter. Cela épargne à notre peuple bien des convulsions. Mais, aucune majorité parlementaire, fut-elle unanime, ne peut modifier cette disposition sur la question du mandat présidentiel renouvelable une seule fois. Il s’agit là d’une clause d’éternité que le peuple mauritanien s’est donnée. J’ai déjà eu l’occasion de dire que sur cette question, notre constitution est la plus verrouillée du continent.

En vérité, que d’arrière-pensées chez ceux qui versent des « larmes de crocodile » sur l’éventuel départ de Mohamed Abdel Aziz ! Il méditera sans doute sur la célèbre phrase de Napoléon : « Que Dieu me préserve de mes amis… ». Pour le reste, il se charge bien de ses ennemis considérés comme tels, alors même qu’il a l’une des oppositions, des plus pacifiques et des plus démocrates !

-Pensez-vous que pour réussir l’alternance démocratique en 2019, une candidature unique au sein de l’opposition démocratique soit la solution ? L’opposition a-t-elle oublié la déclaration du président de la République depuis Néma, dans laquelle il avait affirmé qu’il n’y aura pas d’alternance en faveur de l’opposition ?

– Nous n’avons oublié aucune des déclarations de Mohamed Abdel Aziz, souvent à l’emporte-pièces, faites ça et là, davantage pour sortir ses propres troupes de leur torpeur, que pour intimider l’opposition. Mais, ces déclarations, même prononcées sous le sceau de la sentence, ne constituent pas une boussole pour nous. Elles relèveraient du « GUIZAANI ». Plus sérieusement, seul le peuple, s’il est libre, décidera en faveur de qui l’alternance va s’opérer.

Quant à la candidature unique de l’opposition, elle n’a de sens que par rapport à un programme commun de l’opposition démocratique ! Nous devons nous concentrer d’abord sur la formulation de notre offre politique pour passer d’une force de dénonciation en une force de propositions. Et les sujets d’intérêt national qui divisent la société mauritanienne ne manquent pas. Le FNDU travaille à cela. Mais, dans quelle mesure le programme commun du FNDU pourrait-il servir de projet collectif à l’ensemble de l’opposition démocratique ? Il faut l’espérer.

Il nous faut aussi tirer les leçons de l’expérience des dernières élections. Mathématiquement, si le report des voix avait été conséquent, l’opposition sortirait largement gagnante du Conseil régional de Nouakchott. On entrevoit là, les limites d’une candidature unique. Je crois plus à un effort tendant vers une candidature unifiée, rationalisée, autour d’un programme commun, en ayant à l’esprit que dans une élection à deux tours, au premier tour on choisit, au 2ème tour on élimine !

Programme commun et candidature unique n’ont de sens que si les règles du jeu sont équitables avec une CENI consensuelle, un fichier électoral audité, un système d’observation technique fiable, un conseil constitutionnel crédible ; en bref, si les élections présidentielles sont libres et transparentes. Dans le cas contraire, la paix et la stabilité du pays seront menacées.

-Revenons aux dernières élections municipales, régionales et législatives. Nombre d’observateurs n’ont pas compris pourquoi le MPR n’a remporté, ni mairie, ni conseil régional, ni un poste de député. Que s’est-il passé ? Un mauvais casting, une mauvaise campagne, une fraude massive côté CENI…. ? Pourtant lors de la campagne, vous nous aviez parlé de la montée d’une lame de fond ?

-Vous avez raison de ne pas comprendre. Les résultats de ces élections ne reflètent pas la valeur du MPR, ni en termes de potentiel, ni d’effectivité ! Mais, ils ont une explication : Il y a d’abord le jeu de certains segments du pouvoir qui ont tenu à nous rendre gorge de notre indépendance dans nos prises de positions et le choix de nos candidatures ! Nous avons été ciblés bien avant les élections, en raison même de cette lame de fond que vous évoquiez tout à l’heure. On ne pardonne pas au MPR sa politique de main tendue en direction de toutes nos communautés.

L’adhésion du Manifeste Haratine au MPR a provoqué l’ire de ces segments du pouvoir, qui se sont lancés dans de vaines tentatives de débauchage. Je pourrais vous citer des noms, des dates et des lieux… mais le message a été reçu 5 sur 5 ! La CENI, parlons-en ! Elle a été l’instrument du pouvoir. Nous l’avons saisie collectivement avec le Forum et individuellement en tant que Parti sur des cas de fraudes, de falsification avérées, mais la réaction a surtout versé dans le dilatoire et la distraction.

Il ne fait guère de doutes, à nos yeux, que le principal allié de la fraude fut les manipulations informatiques dont la CENI fut coupable et/ou victime. Nous détenons les résultats officiels qui nous ont été transmis par la CENI pour les législatives à Nouakchott. La lecture de ces résultats, que nous pouvons mettre à la disposition, pour qui le souhaite, indique clairement que le nombre de voix obtenues par notre parti (3036), nous donnait largement plus qu’un siège. Nous avions officiellement saisi la CENI sur ce cas précis, mais la réponse fut orale, reconnaissant une simple erreur de leur service informatique !

En ce qui concerne les réclamations à l’intérieur, la CENI s’est montrée prompte à y envoyer des missions d’enquête lorsque ces réclamations venaient de l’UPR, mais jamais quand ça venait de l’Opposition, du MPR en particulier. Le cas de Tekane illustre bien cette dérive. Là encore, nous détenons les deux PV établis par la Commission de dépouillement communal. Celui de minuit et demi nous envoyait au second tour et celui de 7h du matin nous rétrogradait à la 3ème place. Et que dire de ce Président de la Commission communale de Lekseiba I au Gorgol ayant déguerpi les lieux, refusant de remettre à nos représentants de bureaux de votes leurs PV ? Ce contexte d’hostilité explique largement nos résultats. Une certaine dispersion de nos efforts et le manque de moyens ont fait le reste !

– Certains négro-africains se demandent pourquoi les leaders de cette communauté qui puisent essentiellement dans un seul vivier électoral ne parviennent pas à s’entendre autour de l’essentiel et d’unir leurs forces pour peser. Certains leaders politiques ont été élus uniquement grâce au poids de leur tribu?

-Une telle affirmation n’est pas inexacte, mais un peu courte. Sur la centaine de partis politiques existant dans notre pays, on en compte une dizaine à leadership négro-africain. En principe, les alliances politiques doivent se faire sur des bases politiques. Ce qui est cependant vrai c’est que nous avons deux communautés (négro-africaine et Haratine) qui sont exclues, et opprimées en tant que telles.

Cette exclusion, qui crève les yeux des plus naïfs, a aujourd’hui un caractère structurel. Il n’est que de constater le décalage entre notre représentation nationale et le pays réel ! Ne parlons pas des autres institutions de l’Etat. Nous ne tombons pas cependant dans la facilité qui consiste à stigmatiser ou à indexer la communauté arabe, même si tant d’injustices ont été commises en son nom par ses propres fils ! D’ailleurs, tout système fondé sur l’exclusion finit par exclure ceux-là mêmes qui s’adonnaient à l’exclusion. Il faut sortir de cette impasse ! Quant au vivier que représenterait l’électorat négro-africain, il est permis de se demander s’il ne s’agit pas d’un mythe.

En tout cas, c’est un vivier dans lequel les partis de la Majorité ont surtout puisé. Outre le fait, que cet électorat a été impacté par les conséquences directes d’un enrôlement discriminatoire, le contexte de pauvreté dans lequel il a été durablement installé, fait que les demandes sociales sont plus importantes que la demande démocratique. Enfin, sociologiquement parlant, et sans préjuger, en bien ou en mal, de ce que cela représente, le mode d’organisation tribale est plus apte à exercer une influence sur le vote. Il ne vous échappe pas, que dès l’entame du processus démocratique dans notre pays, le découpage électoral, comme la répartition des bureaux de votes faisaient une large place à la variable tribale.

– Le MPR se défend d’être un parti d’obédience négro-africaine, son ambition est de refonder le pays sur d’autres bases. Quelle évaluation vous faites de ce projet?

-Le MPR est un Parti à leadership négro-africain, mais pas d’obédience négro-africaine. Dirait-on des partis dirigés par les arabes qu’ils sont d’obédience arabe ? Certains, mais pas tous. Dans la phase historique de développement de notre pays, et du fameux « diviser pour régner » orchestré par les pouvoirs successifs, on a dressé les communautés les unes contre les autres. Cela a conduit à un certain recroquevillement communautaire. Le recul des idéologies à grande portée a accentué ce phénomène. Cela dit, lorsqu’une communauté est victime en tant que communauté, ce qui est bien le cas en Mauritanie, nous perdrions notre âme à ne pas prendre sa défense.

Mais, nous comptons au sein du MPR les ressortissants de toutes nos communautés. Nous sommes unis autour d’une vision, d’un programme et ce ne sont pas les contingences électorales qui vont nous détourner de cette ambition de refonder la Mauritanie. J’observe d’ailleurs que la Refondation a de plus en plus d’adeptes. Notre projet vise à mettre en place un Nouveau Pacte de confiance entre l’Etat et les communautés (questions nationales et sociales) ; et entre l’Etat et le citoyen (Question de la démocratie). Nous aurons l’occasion de revenir sur les détails.

– Les observateurs avaient noté avec intérêt l’alliance électorale que vous avez scellée avec une partie du Manifeste des Haratine, mais à l’arrivée, elle ne semble pas avoir prospéré. Elle n’a rien apporté au MPR ? Certains ne comprennent pas pourquoi le MPR a préféré Ould Handeya à Ould Beibacar (colonel) dont le nom avait été cité, pour la liste régionale de Nouakchott. Pouvez-vous nous en dire un mot ?

– Permettez-moi d’abord de remercier et de féliciter l’un et l’autre qui ont renouvelé leur attachement et fidélité au Parti, malgré les péripéties électorales, démontrant par là-même qu’ils n’étaient point guidés que par des considérations purement électoralistes. Ensuite, je voudrais souhaiter un prompt rétablissement à Oumar O/ Beibacar qui est alité depuis quelques mois.

Ce que nous avons scellé avec ce que vous appelez une partie du Manifeste Haratine dépasse le cadre d’une simple alliance électorale. Il est donc inexact de dire « qu’elle n’a pas prospéré », ni de formuler un jugement hâtif. Seul l’avenir nous le dira. Je vous expliquais tantôt l’hostilité de certains segments du pouvoir et les manipulations de la CENI, y compris à Nouakchott et dont d’autres formations ont également été victimes. Nous aurions donc mis Oumar O/ Beibacar, il aurait certainement connu le même sort.

Cela dit, nul n’ignore les qualités émérites de Oumar O/ Beibacar pour lequel nous avons la plus haute estime. Mais, il s’était retiré à l’intérieur du pays durant la pré-campagne pour des raisons de santé. Les positions d’éligibilité étant limitées avec la proportionnelle, nous avons eu à opérer des choix difficiles. Je ne le remercierais jamais assez pour sa compréhension.

– Pour les veuves et les rescapés des années 89 -90, le 28 novembre est devenue synonyme de deuil parce que c’est dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990, 28 officiers, sous-officiers et soldats négro- africains avaient été pendus par leurs frères d’armes maures dans la garnison d’Inal. Depuis lors, ils continuent à réclamer justice pour faire leur deuil. Que pensez-vous de ce combat et la loi d’amnistie qui protège les auteurs de ces exactions?

– J’observe d’abord que les manifestations du 28 novembre ont pris cette année un tour particulier, d’une ampleur exceptionnelle, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de notre pays. Tandis que les officiels paradaient à Néma, d’autres battaient le macadam à Nouakchott, dans quelques villes de l’intérieur du pays et dans la diaspora. Nombreux sont ceux qui, dans la solitude de leur intimité, ont vécu ce 28 novembre dans le recueillement et le deuil. Notre fête de l’indépendance restera pour encore très longtemps diversement célébrée, souillée qu’elle est par cette tragique nuit, qui n’est pas sans rappeler celle « des longs couteaux » sous le régime Nazi !

Les exemples ne manquent pas pour montrer que d’Europe, jusqu’en Amérique Latine avec « les folles de Lima qui réclamaient, à cor et à cri, leurs maris victimes d’exécutions extra-judiciaires», en revenant sur notre continent, pour savoir que nous continuerons à traîner le passif humanitaire comme un boulet à nos pieds, aussi longtemps qu’on fera semblant de l’oublier. Il va sans dire que la loi d’amnistie, fondée sur aucun jugement, est illégale dans sa forme et inopérante à terme. Sa révision, dans le cadre d’une justice transitionnelle, ouvrirait les voies d’une vraie réconciliation nationale. Le pardon ne se décrète pas. Il se construit.

– Les forces de l’ordre ont bloqué, le 28 novembre, la marche vers le siège de Nations-Unies, des veuves, orphelins, rescapés et autres membres de la société civile. Au cours de cette marche, ils ont accusé le pouvoir actuel de les avoir trompés, à travers, un protocole d’accord signé en catimini et la prière de Kaédi, le 25 mars 2009, date considérée par le pouvoir comme journée nationale de réconciliation. Qu’en pensez-vous ? Pensez-vous qu’il y a une volonté de la part du pouvoir d’Ould Abdel Aziz à trouver une solution à ce qu’on appelle le passif humanitaire ?

– Cette marche a été bloquée, comme celle de l’année dernière à Kaédi qui fut sévèrement réprimée. D’autres marches suivront. Il en sera d’autant plus ainsi que les devoirs de vérité, de mémoire et de justice ne seront pas rendus aux victimes et à leurs ayants droit. On a géré de manière clandestine ce qu’on a appelé d’un voile pudique le passif humanitaire, alors qu’il s’agit d’un problème national. Quant au Président Mohamed Abdel Aziz, il a déjà donné «le meilleur de lui-même». Ce n’est point au crépuscule d’un mandat que l’on règle un problème dont a pris soin d’annoncer officiellement qu’il est définitivement clôturé.

– Cette plaie continue à affecter l’unité nationale dont tout le monde se dit le chantre depuis quelques années. Et récemment, l’opposition a tenu à dénoncer publiquement ce qu’elle a appelé l’exclusion ou la marginalisation de la composante noire du pays des institutions de ce pays. Comment avez-vous trouvé cette attitude du pouvoir et de la réaction de l’opposition, puisqu’il s’agit, semble-t-il d’une première ? Qu’est-ce qui explique, à votre avis cette espèce de “méfiance” entre les communautés noires et Beidanes? Quelle conception le MPR se fait de l’unité nationale ou de ce que d’autres appellent la cohabitation entre les différentes communautés en Mauritanie ?

– Force est de constater, qu’aujourd’hui sur l’ensemble des institutions à mandats, aucune n’est dirigée par un négro-africain ! Cette communauté est exclue de la haute hiérarchie militaire, et ne garde que des positions symboliques dans la haute administration et la diplomatie. On pourrait en dire autant de l’économie. Le constat est là, massif, imparable. Les faits sont têtus !

Mohamed Abdel Aziz n’a fait que couronner la longue « descente aux enfers » de la composante noire de la Mauritanie. Il n’a pas compris que la Mauritanie dont il a héritée ou annexée avait un double problème à résoudre : les aspects conjoncturels de l’unité nationale (problèmes des déportés, passif humanitaire, questions foncières) ; et la dimension structurelle de l’unité nationale. Sur le premier, il est passé à côté du sujet, non sans avoir posé quelques actes symboliques (prière de Kaédi à l’absent), mais sans cadre de cohérence ; d’où cette impression de fugacité, presque de futilité !

Sur le second problème, il a fait dans le cosmétique, tandis que seules de vraies mesures de rattrapage auraient pu atténuer les effets. D’une certaine manière, malgré son élan réformiste quant aux institutions, il a conservé les fondements du système, de l’injustice et, finalement de la marginalisation de la composante noire du pays (négro-africains et Haratines confondus).

Quant à la réaction de l’Opposition face à la marginalisation de la composante noire du pays, on serait tenté de dire : mieux vaut tard que jamais ! Il faut simplement espérer, que cela ne soit pas un discours de circonstance, mais l’expression d’une prise de conscience réelle pour que le VIVRE ENSEMBLE soit une réalité.

Enfin, la « méfiance » que vous évoquez entre les communautés noires et Beidanes, n’a aucun fondement historique. Il y avait moins de guerres entre Beidanes et négro-africains, qu’au sein des beydanes et négro-africains eux-mêmes. Un brassage multiséculaire, en revisitant les royaumes qui ont essaimé notre espace, les alliances durant la guerre de Char Babah, puis les régimes des Satigui, mais surtout des Almamyats et des Emirats, a produit le peuple que nous avons. Insulter l’histoire, c’est insulter l’avenir !

Il est vrai cependant que la cohabitation au sein du même Etat post-colonial, entre communautés historiquement autonomes, pose de nouveaux défis, que les hommes ordinaires que nous sommes devront bien tenter de résoudre. Sous peine, d’une sanction collective de l’histoire. Le MPR entend prendre sa part de responsabilité, en faisant de l’intégration nationale une ardente obligation.

– Que pensez-vous de la guerre que le pouvoir livre au parti Islamiste Tawassoul, menacé même de dissolution. Dans son discours à la nation, la veille du 28 novembre, le président Aziz a même parlé de lutte contre les marchands de religion?

– Dans son mode de fonctionnement, TAWASSOUL est le parti le plus démocratique du pays. Voici un parti qui organise ses congrès, qui change et investit démocratiquement ses dirigeants. Ce serait une grave méprise que de dissoudre un tel parti. On a vu ce qui est advenu en Algérie durant les années 90 avec la dissolution du FIS, qui n’avait rien d’extrémiste au départ.

Quant aux «marchands de religion», ils se recrutent dans les cercles du pouvoir, ballotés entre populisme et obscurantisme. Ce sont bien ces cercles qui ont monté et amplifié l’affaire M’khaytir, narguant toujours la décision de la justice de le libérer!

– Le député Biram Dah Abeid croupit en prison depuis le mois d’août dernier. Les militants de son mouvement qui manifestent pour réclamer sa libération sont violemment réprimés. Récemment, une image de Biram portant des menottes a circulé dans les réseaux sociaux. Que pensez-vous de ce combat contre IRA et son leader ?

– Quoiqu’on pense de Biram Dah Abeid, de son Mouvement et de son combat, il est le miroir d’une certaine réalité sociale. Comme notre société n’est pas naturellement portée à se regarder en face, plutôt que de jeter un coup d’œil sur sa partie hideuse, on cherche à briser le miroir.

Cette image désastreuse d’un Député de la nation, mais descendant d’esclave, malade et menotté, qui a fait le tour du monde, aura plus d’effet sur la conscience universelle que toutes les justifications et/ou dénégations sur le phénomène de l’esclavage en Mauritanie.

Dans d’autres circonstances, alors que j’étais à la Majorité présidentielle, j’en avais- publiquement- appelé à sa libération. Je le réitère aujourd’hui.

Propos recueillis par DL

le calame

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Mali : AQMI dément la mort du chef djihadiste, Amadou Kouffa

ALAKHBAR (Nouakchott) – Le chef de l’Organisation Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), Abdelmalek Droukdel, a nié la mort d’Amadou Koufa, chef du groupe djihadiste Front de libération de Macina, actif dans le centre du Mali, dans un long communiqué parvenu à Alakhbar.

Selon Droukdel, l’annoce de la mort de Koufa par l’état major des Armées françaises et ensuite par la ministre française des armées Florence Parly devant leur Assemblée nationale était une “tentative d’attirer l’attention de la rue française sur les réalisations du gouvernement français et plus précisément dans le Sahel et au Sahara“.

En annonçant la mort de Koufa, la France espérait créer “un lueur d’espoir pour un peuple épuisé par une fiscalité qui continue à grimper et une armée qui s’enlise dans le désert brûlant sans objectif, excepté enrichir une élite corrompue”, estime le chef d’AQMI.

La Ministère français des Armées qu’Amadou Koufa a été « probablement » tué dans la région de Mopti, au centre du Mali, dans un raid de la force français « Barkhane », dans la nuit du jeudi 22 au vendredi 23 novembre. Depuis lors, le chef djihadiste n’a pas fait d’apparition.

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Aziz et la présidentielle de 2019 : Se hâter lentement

altLa course à la prochaine présidentielle est bel et bien lancée. Plus que quelques petits mois nous séparent d’un scrutin à quasiment unique enjeu : l’alternance démocratique. Tous les acteurs politiques ont, désormais, les yeux rivés sur cette échéance capitale. Bien plus capitale que la dernière présidentielle, celle du 21 Juin 2014, résumée à une simple reconduction du tenant du titre.
Cette fois, l’actuel Président ne se représentera pas et concentre donc ses efforts sur sa succession.
Diverses manœuvres, tant dans l’arène politique qu’au niveau des armées et des forces de sécurité, lui ont permis de placer ses fidèles, à la tête de l’Assemblée nationale, à l’état-major des armées et au sein du gouvernement, avec l’entrée remarquée, dans la nouvelle équipe d’Ould Béchir, du général Ghazwani, annoncé, depuis bien longtemps, comme le dauphin du régime. Annoncé mais toujours pas attitré : les spéculations et l’approche de la fin du mandat présidentiel ne semblent pas bousculer Ould Abdel Aziz qui ne se hâte que lentement à rendre public le choix de son dauphin. Une manière prudente de ne pas perturber, peut-être, les quelques mois qui lui restent à la tête du pays. Une fois désigné, le dauphin ne risquerait-il pas de lui ravir la vedette et l’éclipser, donc, prématurément ? L’homme fort de Nouakchott connaît la versatilité des Mauritaniens et prend les précautions. Ne sont-ils pas capables de vous oublier en moins de deux temps trois mouvements ? Ils n’ont, en tête, que courte mémoire et opportunisme. Rappelez-vous les renversements d’Ould Haidalla, Ould Taya et Sidioca : que de marches de soutiens, au jour même de leur chute !!!
Le tombeur de Sidi ould Cheikh Abdallahi a bien médité ces évènements qu’il a vécus de près. Lui qui se targue d’avoir « sorti la Mauritanie de l’ornière » et qui n’entend pas « laisser ses successeurs détruire ce qu’il a mis dix ans à construire », semble déterminé à gouverner jusqu’au bout de son mandat, en ménageant, bien entendu, sa sortie. Aussi lui faut-il trouver un homme capable de maintenir les acquis et de les préserver, contre vents et marées. L’homme que sous-estimaient certains leaders, non seulement, de l’opposition mais, aussi, de la majorité, quand il s’empara du pouvoir, en Août 2008, ne cesse de démontrer qu’il n’est pas un simple bidasse. S’il ne cesse de les surprendre, c’est même, selon certains observateurs, un fin stratège. D’aucuns le considèrent comme un fonceur, un vrai bulldozer qui déroute ses adversaires et n’hésite pas à courir des risques. Il n’a effectivement pas manqué l’audace, en déclarant, au cours d’une conférence de presse, qu’« il n’était pas né pour perdre ». Excepté, quand même, le pied-au-nez des sénateurs qui osèrent rejeter, à la surprise générale, ses amendements constitutionnels de 2017. Une exception qui confirme la règle ?
Après avoir désigné un nouveau gouvernement avec Ghazwani à la Défense, Ould Abdel Aziz était attendu le 28 Novembre. On pensait qu’il y lèverait un coin du voile. Mais, voilà, pas un seul mot sur la prochaine présidentielle : quel candidat ? Quelle CENI ? Mystère et bouche cousue. Le président d’APP, Messaoud ould Boulkheir, a publiquement souhaité la refonte de l’actuelle CENI qui a montré ses limites, lors des dernières élections municipales, régionales et législatives de Septembre dernier, mais nul, côté du pouvoir, n’en a pipé mot.
Aujourd’hui, Ould Abdel Aziz fait comme si rien ne se passait dans le pays. Il voyage, le plus tranquillement du monde, à l’intérieur et à l’étranger ; reçoit, en pleine affaire du journaliste saoudien assassiné en Turquie, le tonitruant prince héritier MBS avec qui il décroche de juteux contrats ; bref : gouverne sans se faire bousculer. Le congrès de l’UPR, attendu sous peu à Nouakchott, sera-t-il l’occasion de publier le nom du dauphin ? Ghazwani garde-t-il encore toutes les chances de succéder à son alter ego ? Wait and see ! Perplexes aujourd’hui, bon nombre de Mauritaniens continuent à se demander si leur Président va effectivement quitter le Palais, comme le prévoit la Constitution, à la fin de son mandat, en 2019.
De son côté, l’opposition démocratique laisse, elle aussi, l’opinion perplexe. Même si certains de ses leaders, dont le président du FNDU, laissent entendre que « les choses sont en train de bouger » et que « l’option d’un candidat unique reste de mise », rien ne paraît lisible. Un tel choix ne serait-il pas le meilleur moyen de provoquer l’implosion du FNDU et/ou G8 ?
DL

le calame

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L’ Editorial du Calame : Vox populi

altLa photo  a fait le tour du Web et n’a pas manqué de susciter railleries et sarcasmes de la part des internautes. Trois présidents, serrés, comme des sardines, sur un seul canapé, face à un ministre des Affaires étrangères, pratiquement allongé, lui,  sur un autre à lui tout seul. Trois chefs d’Etat – Mauritanie, Tchad et Niger – recevaient en audience Jean-Yves Le Drian, lors du sommet des donateurs du G5, tenu il y a quelques jours à Nouakchott. On savait la France très à cheval sur les formes, lorsqu’il s’agit de son pré carré africain, mais, là, c’en est trop. Qu’autant de chefs d’Etat en exercice s’abaissent à tant de servilité, à l’égard de l’ancienne puissance coloniale, parce qu’elle a promis un peu d’argent pour financer quelques activités du G5, dépasse l’entendement. D’autant plus que la France n’a plus rien à promettre, parce qu’elle n’a plus rien. La secouant jusque dans ses fondements, le phénomène des gilets jaunes est la preuve formelle de sa faillite programmée. Elle n’a plus d’autre choix, pour espérer survivre, que de pressurer les pauvres citoyens, via impôts et taxes des plus élevés au monde. Et à bander les muscles, chaque fois qu’un petit roitelet africain, parmi ceux qu’elle maintient en exercice contre l’avis de son peuple, essaie de sortir la tête de l’eau. Le FCFA qui permet, à l’ex-puissance, d’encore maintenir le système financier des pays africains dans son giron est, sans doute, le système le plus inique au monde. Et tout chef d’Etat qui le conteste risque de finir comme Sankara ou Kadhafi. L’Etat français ne badine pas avec ses intérêts. Et les chefs d’Etat du G5 sont « priés » de le comprendre. Quand Le Drian les convoque, ils n’ont qu’à s’exécuter. Sinon, la France risque de les laisser tous seuls, face à l’ogre terroriste qui leur a déjà fait tant de mal. Hommes et matériel, ils ont pourtant de quoi  combattre les quelques centaines de barbus agités (tout au plus) mais la désorganisation, l’absence de coordination, la manque de motivation, la corruption qui gangrène les armées, entre autres, empêchent ces pays d’être autonomes. Et la France joue sur cette fibre, en leur suggérant que, sans elle, la sécurité ne peut être assurée au Sahel. Dociles comme des agneaux, nos présidents ne se font pas prier, pour se décharger sur une armée étrangère, certes plus puissante que les leurs mais pas plus aguerrie, ni plus à l’aise sur le terrain. « Celui qui se cache derrière les jours est nu », dit un dicton bien de chez nous. Il arrivera bien un moment, proche sans doute, où ces Etats ne pourront plus se cacher derrière le paravent français et devront assurer eux-mêmes leur propre sécurité. Ce jour où l’Etat français se trouvera obligé de lire plus attentivement l’article 23 de la Charte officielle des Gilets jaunes, si majoritairement soutenus par les électeurs de l’Hexagone : « Cesser le pillage et les ingérences  politiques et militaires. Rendre l’argent des dictateurs et les biens mal acquis aux peuples africains. Rapatrier immédiatement tous les soldats français. Mettre fin au système du FCFA qui maintient l’Afrique dans la pauvreté. Tisser des rapports d’égal à égal avec les Etats africains ». La voix du peuple n’est-elle pas celle de Dieu ?

Ahmed Ould Cheikh

le calame

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Zouayas,Abid ,Zenagua,Iguawin ,Arbi n’existent que dans nos mentalités..

Manifestations violentes et actes de vandalismes à TeyarettSois  le fils de qui que ce soit  mais acquières bonne éducation.  Te libérera de toute dépendance du lignage (descendance).L’ homme  accompli est celui qui dit : « Me voilà, Je suis  »Et non pas celui qui dit : « (pourtant) Mon père était ».(El Hajaj ben Youssef)**

Les termes « M’3almine  »(artisans) , «  Zouaya »  ( lettrés), «  Abid »  (esclaves), «  Zenaga », (tributaires) , « Igawin » (griots), «  Arbi »  ( guerriers)  et leurs équivalents dans les autres langues nationales, portaient leur signification du temps que les Mauritaniens vivaient un système tribal stratifié en dominants et dominés. L’entrée du colonialisme au pays  (1900) et surtout la proclamation de l’indépendance nationale de celui-ci (1960), ont déstructuré  cette organisation. A  « l’autorité de l’épée (Arbi,guerriers) et de la plume ( Zouaya,lettrés) » s’est substitué  un pouvoir central  élu , garantissant l’égalité  des  citoyens devant la loi, ouvrant enseignement devant tous  et  assurant la sauvegarde de l’intégrité territoriale.  Par conséquent, ces termes sont vidés de leur sens initial. Ils  n’ont plus leur raison  d’être  dans le  langage courant car ils deviennent de nos jours, source de discorde, mépris et ségrégation entre citoyens.

Certains  ont bien compris cela  et   pour  contribuer  à l’éradication définitive de l’esclavage chez nous, ils s’interdisent désormais   le mot « Abid » (esclave). Reste à le faire pour les  autres termes.

Aujourd’hui  en effet,  un fils d’ancien  « Abid » n’est  pas Abid lui-meme, parce que son statut a changé  sous la république.  Si des cas d’esclavage existent encore  en cachette, ils sont désormais, catalogués dans ce qui est communément appelé   : «  séquelles  du passé ».   De même, un fils d’ancien « M’3alem », n’est pas lui-même  M’3alem ,quand bien  même,  rien n’empêche  quiconque d’ exercer  le métier de ses alleux mais dans ce cas  aussi, cela s’inscrit    dans le cadre  des «  séquelles  du passé ».    Ce raisonnement est valable pour  les descendants des anciens « Zouaya »,qui n’ont  plus le monopole du savoir et  dont la majorité ne dirige plus les mahadras et n’enseigne plus le Coran ; La minorité parmi eux qui continue  cette activité  n’est qu’une aberration des  «  séquelles  du passé». Idem pour  les descendants des anciens  « Zenaga » qui ne versent plus de  dime (horma) aux autorités tribales  et ne partagent plus l’effort de leur labeur avec un propriétaire terrien ou de bétail sauf cas rares , exceptionnels et ignorés . Une autre facette  des : «  séquelles  du passé». ; Pareil pour  les descendants  d’anciens « Iguawin » dont la majorité occupe aujourd’hui  des postes  de responsabilité dans   toutes les institutions en  parallèle avec une  infime minorité qui continue de jouer à l’Ardine ou Tidinit. Cette dernière entre   elle aussi dans la  catégorie :  «  séquelles  du passé»; Tout comme ,les fils d’anciens  « Arbi  »ne sont pas eux-mêmes Arbi, parce qu’ils ne sont  plus (seuls ) détenteurs d’armes, ni qualifiés à jouer aux défenseurs  du  territoire national   encore moins  autorisé à  monter des razzia  pour soumettre des    groupes sociaux ou peuples comme cela était  en vogue par le passé.

Ces termes, comme vu, sont dépassés.  Malgré tout, certains  s’accrochent, à leur usage, (rien que)   pour des motifs de provocation  : – moqueurs, quand  ils sont lancés contre   les descendants des anciens  Zouaya ( « Ould  Zouaya , Ould Salihine » ,allusion à T’Marbi6t ou passivité)  ou contre  les descendants  des anciens Arbi ( «Eski  4ak  Arbi  », allusion à flagornerie  et   vagabondage) .

–   Méprisants : quand ils  concernent  les descendants des anciens  M3alemin, Zenaga, Igawin , Abid (allusion à leur ancien statut ,les classant au bas de l’échelle de considération  sociale).

L’exemple  le plus édifiant  en ce sens  se constate  dans   la campagne  en cours, menée  par  les Imams, Intellectuels, pouvoirs publics, islamistes, défenseurs des droits humains, politiques, simples citoyens  etc.  contre Ould M’Khaitr, l’auteur de l’article jugé blasphématoire à l’endroit du Prophète (PSL  ). Au lieu en effet ,  d’identifier  ce jeune  citoyen Mauritanien (quelque soit par ailleurs  son délit)   par son « statut  républicain » à savoir : INGENIEUR  ou CADRE  à la Samma, tous se délectent avec complaisance  , sans gène aucune, ni respect humain,  à l’appeler (dans les manifs de  rue, dans les écrits de presse, devant les instances juridiques etc…)  par le péjoratif «  M3alem »  en hassaniya  et  « forgeron » en français  . Et s’il était issu  d’autre groupe social ?…verra-t-on tant d’acharnement ?…Passons !

Nos mentalités semblent  figées. Elles se refusent à accompagner les mutations et changements du temps. Nos gouvernants successifs,  intellectuels, Oulémas  et communicateurs, sensés être ouverts  à  l’évolution du monde qui nous entoure, restent  impuissants face à cet état  de fait. Pire ! Ils l’entretiennent. …

En attendant que ces mots et termes devenus caducs,  disparaissent définitivement de notre langage, essayons de  les  utiliser tout au moins (BA6 ), positivement :  Sachons que nous sommes tous « M’3almine (artisans)» parce que nous sommes techniciens, minéralogistes, mécaniciens, informaticiens, plombiers … ; Tous ,sommes  «  Zouaya(lettrés)  »parce que nous  sommes enseignants, chercheurs, journalistes, professeurs … ; Tous, sommes « Igawin (griots) » parce que  tous, nos  Oulémas en tête, islamistes, ministres et notre million de poètes  se bousculent  lors des festivals et soirées musicales pour applaudir et accompagner  les rythmes des Bendié,  Vaghou  ,Medh  … ;  Tous, sommes des « Arbi (guerriers) » parce que nous sommes gendarmes, militaires, douaniers , gardes cotes, policiers … ; Tous, sommes  « Zenaga ( tributaires)  » parce que nous payons tous des impôts au trésor public ; Tous, sommes  « Abid ( esclaves) » parce que nous sommes 80% de citoyens pauvres  trimant au quotidien  pour servir  et enrichir ,un petit groupe ( 20 % ) de nantis.

Ceci étant, on dit chez nous : « Illi Vatt, Matlé 3lih  Itilvatt », (Ce qui (s’) est  passé  ne doit plus détourner  regard).   Les  Mauritaniennes et Mauritaniens  gagneraient à polariser leur intelligence et regards sur leur avenir et  devenir communs, pour bien servir leur pays d’une part et mieux plaire à Allah,d’autre part.

Ely Salem KHAYAR    (publié le 1er mars 2014 )

كن ابن من شئت واكتسب أدباً**
يغنيك محموده عن النسب
إن الفتى من قال ها أنذا
ليس الفتى من قال كان أبـي

..الحجاج بن يوسف

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