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Transport Mauritanie/Sénégal: La crise persiste
Le problème de transport qui existe entre la Mauritanie et le Sénégal depuis presque plus de deux ans et qui a été marqué par le blocage du trafic routier il y a un mois, continue à se poser avec acuité. La rencontre des deux ministres mauritanien et sénégalais du 14 au 15 mars 2011 à Nouakchott, n’a pas servi à grand-chose sinon a été à l’origine du courroux des syndicats sénégalais de transport. Ces derniers se disent «frustrés » par le projet de convention proposé lors du conclave pour la gestion du trafic routier inter-Etats.
Toutefois, ils ont souhaité leur implication dans les discussions parce qu’étant les principaux acteurs. Pour en savoir plus sur la situation, notre reporter s’est rendu du 10 au 11 juin à Rosso. Reportage. …
La situation est des plus indésirables. Le trafic routier entre la Mauritanie et le Sénégal connaît une période de rupture à cause des problèmes intervenus suite aux agissements des syndicats sénégalais de transport.
Ces derniers qui n’ont pas pris part aux discussions ayant abouti à la proposition d’un projet de convention autorisant la libre circulation des véhicules de transport de marchandises et de voyageurs pour une période de trois mois renouvelable ont réagi vigoureusement. Cette réaction a consisté à refuser tout accès et/ou passage des bus mauritaniens de transport de voyageurs.
Les syndicats sénégalais ont prétexté qu’il y a «un manque à gagner» pour la partie sénégalaise dans ce sens.
La partie mauritanienne n’a pas apprécié ce comportement et, en application de la réciprocité, a demandé le blocage des camions sénégalais.
Cette réaction a engendré la rupture des charges entre les deux parties. Depuis lors, c’est le quiproquo dans le secteur de transport inter-Etats aux conséquences néfastes pour les populations et surtout pour les commerçants obligés de décharger leurs marchandises pour le transiter par la canal du bac à leurs frais (voir photo).
Les chauffeurs éprouvés indexent les autorités et sollicitent l’intervention des Chefs d’Etat
Les réactions fusent de partout à Rosso Sénégal et Mauritanie où nous avons pu rencontrer quelques chauffeurs abattus par les tracasseries liées aux déchargement/chargement mais aussi par la durée du séjour à la frontière sans arriver à destination. Masse Ba, transporteur mauritanien déverse sa bile sur les autorités et les responsables mauritaniens.
«Au début c’était un problème de convention qui certes avait des erreurs dans son contenu que les deux parties auraient ignoré. On a signé une convention qui stipulait que « tout camion sénégalais pouvait quitter Dakar et aller jusqu’à Nouadhibou et vice-versa » note-t-il.
L’intrus c’est le bus de transport de voyageurs. «Les syndicats sénégalais n’entendaient pas une convention qui introduit un véhicule de transport de voyageurs. C’est pourquoi quand ce dernier est venu, ils l’ont bloqué » expliquait-il. Le ministre sénégalais en charge du transport a séjourné à Nouakchott du 14 au 15 mars dernier mais sa rencontre avec son homologue n’a pas pu décanter la situation comme il se devait. Un délai de trois mois avait été retenu pour espérer trouver une solution définitive au problème mais le 16 Mai dernier il a ressurgi avec le blocage du bus mauritanien.
«Cela a amené la réplique des Mauritaniens et engendré la situation que nous vivons. Les conséquences sont multiples avec les dégâts qu’elles occasionnent sur les marchandises » constate notre interlocuteur pour qui, «la solution, c’est soit le Sénégalais et leurs syndicats se concertent pour accepter les bus mauritaniens ou la Mauritanie accepte de ne pas faire partir ses bus.
En tous les cas, il doit y avoir concertation pour une solution à l’amiable » poursuit M. Ba qui sollicite la renégociation du projet.
«Je demande donc aux deux parties de se revoir et d’envisager une solution définitive à cet épineux problème qui, si on ne le règle pas, risque d’engendrer d’autres problèmes aux conséquences néfastes » avertit-il.
Selon lui, «Les Présidents Wade et Aziz doivent intervenir pour régler le problème car, ce n’est pas normal qu’un secteur comme celui-ci bloque la bonne marche des affaires et du trafic entre les deux pays frères dont les relations remontent à plusieurs années».
Pour sa part, Djibril Diop chauffeurs sénégalais pense que «faire cinq jours de séjour à la frontière pour décharger et recharger les marchandises est trop.
Ce que nous voulons, c’est de voir ce problème se régler au grand bonheur de tout le monde.
Le problème de transport de voyageurs ne nous concerne pas. Nous sommes des transporteurs de marchandises. Nous demandons au Président Wade et surtout aux syndicats sénégalais de réfléchir et d’aller dans le sens d’un règlement à l’amiable du problème. La situation est dure à supporter. Les deux présidents n’ont qu’à se concerter comme ils le font dans d’autres situations».
Les syndicats persistent et signent
Mbaye Sall, Secrétaire Général du Syndicat des transporteurs de Rosso Sénégal demeure catégorique. «Nous ne refusons pas laisser passer les bus mais nous protégeons notre commune et son fonctionnement.
Elle est modeste et ne détient pas assez de moyens pour fonctionner. Laisser le bus de transport de voyageurs signifie pour nous tuer le fonctionnement de notre commune voire de celle de Rosso Mauritanie.
Parce que les petits porteurs de bagages, les transitaires, les pirogues, les clandos et les transporteurs de voyageurs de Rosso Mauritanie vers d’autres localités du Sénégal n’auront pas d’activités et ils vivent avec ça.
Le garage de Rosso sera tué. Même chose du côté mauritanien. Donc le bus n’arrange personne des deux côtés » soutient-il. Les conséquences? «Nous mesurons les conséquences mais les marchandises appartiennent aux hommes d’affaires mauritaniens.
C’est à eux de trouver la solution en concertation avec leurs transporteurs de voyageurs. Pour nous, accepter les bus tuerait la commune de Rosso » a-t-il indiqué.
A la question de savoir si les Sénégalais ne peuvent pas faire le transport de voyageurs avec des bus, notre interlocuteur est clair : «Votre question est très importante. Notre gouvernement interdit d’acheter des véhicules venant à l’état vétuste.
Alors que nous n’avons pas assez de moyens pour acheter des bus neufs qui peuvent faire le transport de pays à pays ». Alors, si la grenouille n’a pas de queue, à qui la faute?
L’avantage aux Mauritaniens …
A en croire Mbaye Sall, le problème rencontré par des Sénégalais pour acquérir des véhicules de transport, n’est pas le même qu’en Mauritanie. «Ce n’est pas le cas en Mauritanie.
Le gouvernement mauritanien a laissé les mauritaniens acheter les véhicules de leur choix et leur a facilité tout. Donc nous ne pouvons pas nous mesurer dans ce sens aux Mauritaniens ». Mbaye Sall, voit comme solution, «l’arrêt du trafic des bus et la continuité de celui des camions de transport de marchandises comme d’habitude ».
M. Sall a indiqué qu’ils n’ont pas de problèmes avec les camions mauritaniens qui transportent parfois du riz ou d’autres marchandises de Walo à Dakar. La seule chose que les syndicalistes ne digèrent pas et ne sont pas prêts de capituler «c’est les bus de transport de voyageurs».
Un problème en soulève un autre
Mbaye Sall, a soulevé un autre problème. Celui de voir les camions sénégalais retenus à Nouakchott pendant des jours par la faute des commerçants qui, une fois à Nouakchott, disparaissent dans la badiya (campagne) pour ne ressortir qu’après un long séjour.
« Nous ne pouvons pas avoir la liberté en Mauritanie » s’insurge-t-il. Et de poursuivre : «Je suis parfois sollicité pour aller régler des problèmes de camions à Nouakchott avec tout ce que cela comporte comme frais aux syndicats» s’indigne-t-il.
Les populations touchées aussi …
Les conséquences touchent également les Sénégalais vivant en Mauritanie, notamment ceux qui retournent définitivement ou les commerçants qui, la plupart du temps, confient leurs bagages ou leurs marchandises aux camionneurs. « Nous souffrons aussi de cette rupture de charge.
La situation a duré et il faut que les autorités interviennent pour la régler à l’amiable ou en tout cas trouver une solution définitive à la situation » se lamente Saliou Diop, un passager rencontré à Rosso et visiblement éprouvé par la fatigue du voyage avec ses nombreux bagages.
Cependant, pour Mbaye Sall, «ils n’ont qu’à prendre leur mal en patience. Nous ne pouvons pas aller aussi à l’encontre de nos intérêts » a-t-il soutenu, le visage ferme.
Quant à la solution définitive, Mbaye Sall pense et c’est sa conviction que « les autorités en charge de cette question doivent nous impliquer dans les discussions. Nous sommes les acteurs principaux et nous ne devons pas être exclus des pourparlers.
Sinon, si les autorités compétentes décident d’une convention qui ne nous arrange pas, nous ferons blocus ». Et d’ajouter : «Nous protégeons les intérêts des transporteurs et de nos communes respectives ». La question est donc claire, les syndicalistes sénégalais persistent et signent : «on ne peut pas faire quelque chose qui nous concernent sans nous».
Alors la seule solution, selon beaucoup d’observateurs, c’est de renégocier la convention en impliquant les acteurs.
Toutefois, Mbaye a indiqué que les transporteurs mauritaniens n’ont qu’à s’organiser en fédération et ériger les garages pour mieux tenir et organiser le secteur. Sinon « ce sera de l’anarchie et nous ne vivons pas et ne travaillons pas dans l’anarchie au Sénégal».
Envoyé spécial Ibou Badiane- TAHALIL-HEBDO
Les ouvriers non permanents (journaliers) de la SNIM entrent en grève et marchent vers les bureaux de la wilaya
Selon le correspondant de l’ANI à Nouadhibou, une marche de protestation, renfermant quelques 3000 ouvriers non permanents (journaliers) travaillant pour la SNIM, s’est ébranlée ce mardi matin, du «Point central» et se dirige vers les bureaux de la Wilaya.
Objectif de la manifestation: exiger de meilleures conditions de travail notamment, l’augmentation des salaires, la couverture socio-sanitaire, le payement des arriérés d’indemnités et la signature de contrats de travail avec les employeurs.
Il est à noter que les ouvriers journaliers de la SNIM avaient au cours d’une réunion tenue samedi dernier dans les locaux de la coordination régionale de la Confédération générale des travailleurs de Mauritanie (CGTM) à Nouadhibou, marqué leur forte désapprobation des pressions exercées par certaines parties visant à décourager leur mouvement de revendication.
Dans une déclaration exclusive au correspondant de l’ANI à Nouadhibou, M. Mneye Ould Sid’Ahmed, porte-parole des grévistes a affirmé que «le mouvement de grève se poursuivra jusqu’à satisfaction des doléances légitimes».
De même que l’ANI a appris de sources dignes de foi que l’inspection régionale du Travail s’est réunie, jusque tard dans la nuit d’hier avec les quelques 25 prestataires de la SNIM pour leur demander de satisfaire aux revendications des journaliers lesquels demandent une augmentation 14.500UM. Ce à quoi, les prestataires répondront par la négative avouant ne pas être en mesure de donner quoi que ce soit.
Il importe de signaler que la grève des journaliers de la SNIM, qui n’est encore qu’à ses débuts, risque d’affecter de façon significative les activités de la société et de ses nombreuses filiales.
ANI
Reniflement des vieux renards politiques
Décidément l’odeur de la politique est très piquante. Elle sort les renards de leurs boisseaux.Ces derniers jours les relents du dialogue avec le pouvoir, mais aussi les perspectives des élections législatives et municipales, en passant par le recensement national, ont tiré tous les acteurs de la scène politique de leur terrier après de longs moments de retrait.Ça bouge partout.Et dans quel sens surtout se demande une opinion interloquée !Les polémiques ont repris de plus belle et les combats s’annoncent rudes dans l’arène politique.
Zones d’ombre du recensement administratif : Kadiata Malick Diallo embarrasse Ould Boilil
L’opération du recensement lancée officiellement depuis le 5 mai dernier par le président de la république, continue de soulever des vagues aussi bien dans les médias, les discussions entre citoyens lambda que dans les débats houleux à l’assemblée nationale.Dimanche dernier, le ministre de l’intérieur et de la décentralisation a été interpellé devant cet auguste hémicycle pour répondre sur les non-dits de ce recensement administratif, résumés dans une question orale soulevée par la députée Ufp Kadiata Malick Diallo à propos de cette opération.
Après un rappel succinct du coup d’envoi officiel de l’opération dite « enrôlement des citoyens », le 5 mai dernier par le Président de la République, autrement dit le recensement administratif annoncé depuis plus d’un an environ, .la députée Ufp a interpellé le ministre le l’intérieur et de la décentralisation Mohamed Ould Boilil en soulignant que cette opération, présentée par le gouvernement comme un phénomène qui doit révolutionner le état civil « a l’air de se dérouler dans la semi-clandestinité à cause du manque d’explication, de sensibilisation et d’implication de l’ensemble des acteurs, indiquant que «tout le monde se pose la question : « qu’est ce qui est entrain de se faire là ? ».
Dans son développement illustré et appuyé, la députée Kadiata Malick Diallo n y est pas allée du dot de la cuillère pour démontrer l’ampleur des erreurs qui peuvent résulter d’une opération aussi importante organisée à la va-vite et sans moyens de sensibilisation à la hauteur du recensement.
Elle a mis à contribution dans son argumentaire, les nombreuses erreurs constatées dans des recensements antérieurs, où, pourtant toutes les dispositions avaient été prises pour assurer leur total succès, aboutissant à la non inscription de 20 à 25% des mauritaniens.
Il s’agit malgré tout de démembrements précédés d’une campagne de sensibilisation large et diversifiée avec un déploiement des équipes d’enquêteurs sur toute l’étendue du territoire national, ainsi que de l’organisation d’un recensement porte à porte systématique, mais qui n’ont pu s’épargner de telles considérables imperfections.
S’il en tel pour les recensements antérieurs, quel sera alors le degré des erreurs dans l’actuel enrôlement des citoyens qui souffre cruellement d’une absence de sensibilisation aussi soulevée par la députée Ufp que reconnue par le ministre de l’intérieur, lequel a promis de combler dans les prochains jours le retard accusé en la matière.
La députée a posé également le problème de la centralisation extrême rendant l’opération impossible, déplorant le fait que la commission départementale soit installée au seul chef lieu de la Moughataa, vers lequel il faut malheureusement déplacer tout le monde (personnes âgées, handicapées, enfants…. « Vous imaginez ce que cela demande (transport, hébergement, perte de temps et autres a –t-elle demandé au ministre de l’intérieur.
Elle a cité à ce stade l’exemple du village de Warganguet situé à 620km de la Moughataa de Oualata dont il relève. « Il faut un voyage de sept (7) jours à dos de chameau pour aller du village au chef lieu de la Moughataa » souligne-t-elle, s’adressant en ces termes au ministre « vous pensez que les populations de ce village vont voir l’intérêt de cette opération qu’on n’a même pas pris le soin de leur expliquer pour faire tant de sacrifices pour aller se faire recenser », évoquant un cas concret qui vient d’ailleurs de se passer à Kiffa où « un chef traditionnel qui est déjà assez âgé est venu se faire recenser et lorsqu’on lui a dit d’aller d’abord chercher sa mère qui est vivante pour la faire enregistrer avant lui, il a répondu que sa mère vu son état ne sera jamais déplacée de son village pour un recensement ! Que faire alors» a-t-elle ajouté.
La député a poursuit dans sa lancée la mise à nu de l’opération, répertoriant les lacunes constatés dans les autres aspects de ce recensement administratif dont les cas des mauritaniens résidents à l’extérieur, qui ne semblent pas être concernés par ce démembrement, l’absence de procédures préalablement établies, les dispositions humiliantes et dégradantes pour les citoyens et comportement provocateur de la commission de recensement…
Evoquant la réticence des communautés mauritaniennes vis-à-vis de cette opération, elle a souligné que les négro-africains ont le sentiment que ce recensement est destiné à les exclure, que le pouvoir ne fait rien pour les rassurer sans compter l’attitude pire des commissions à leur égard qui justifie leurs craintes. Pour les arabes, à cause des obstacles et difficultés et du fait du manque de sensibilisation pour montrer l’importance de l’opération, ils ne seront certainement pas nombreux à venir au lieu de recensement estime-t-elle, soulignant le faible effectif pris par jour et par centre (en moyenne 40 personnes par jour et par centre).
« A Nouakchott par exemple et à ce rythme, les 9 Moughataa recenseront par jour 360 personnes en moyenne et donc 10800 personnes par mois. La population de Nouakchott étant proche de 1.000.000 d’habitants, il faudra alors 92 mois c’est-à-dire 7 ans et demi pour terminer le recensement et cela en y incluant même les week-ends. Si on exclut les week-ends il faudra 11ans pour finir. C’est donc une opération sans fin » ajoute la députée.
Soulevant d’autres difficultés de l’opération, elle souligné qu’en cas d’erreurs il n’y a pas de correction ou du moins pas maintenant. « Voila un enfant né en 2009 et dont les parents se sont mariés en 2008 et ont établi un certificat de mariage le 1er décembre 2008 et le nouvel acte de naissance de l’enfant établi le 10 mai 2011 dit qu’il est né en 2007. Le père de l’enfant a tout fait pour corriger, on lui a dit que seul un tel doit corriger et ce dernier contacté a fait savoir qu’il n’y a pas de corrections ».
La députée Kadiata Malick Diallo conclut sa question orale en abordant les aspects financiers de l’opération et le coût exorbitant qu’elle représente pour l’Etat aussi bien en termes d’argent que de temps perdu dans une opération vouée à l’échec.
« Dans l’opération actuelle, beaucoup de moyens ont été dégagés et elle a déjà coûté dit-on 13.000.000.000 UM pour un résultat qui va être un fiasco. Comment appeler ça si ce n’est pas la gabegie » dit-elle, soulignant la destruction de l’ancien état civil et le risque pour le nouveau de ne pas voir le jour.
« Vous-mêmes vous ne croyez certainement pas à cette opération mais vous faites semblant. Je crois Monsieur le Ministre que vous n’avez pas le droit de vous jouer comme ça de la Mauritanie, parce que ce qui est en train de se faire est un crime contre l’Etat mauritanien et les responsables un jour devront rendre des comptes » lance-t-elle à l’adresse du ministre, lui signifiant qu’il faut mieux signer l’échec et repartir d’un bon pied en révisant tout l’arsenal juridique de l’Etat civil en particulier la loi 2011-003 portant code de l’Etat civil et ses décrets et arrêtés d’application.
Cela présente selon la député les avantages de se débarrasser de l’actuel logiciel et de désigner des fonctionnaires compétents et neutres à la tête du département en charge de l’Etat civil ainsi qu’arrêter des procédures claires, transparentes et applicables tant au niveau des structures que de la méthodologie. « Le recensement est un service de proximité et on peut le faire sans déployer des équipes mobiles vers les domiciles des citoyens » finit-elle.
Synthèse de MOML –Le Rénovateur
Editorial du Calame: A chacun son souci
Après les éructations consécutives à la poussée de la jeunesse du 25 février, qui ont, apparemment, fait long feu – pour des raisons sur lesquelles il faudra revenir – la scène politique frémit à nouveau. C’est, d’abord, le président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, qui jette un énorme pavé dans la mare, en affirmant qu’Ould Abdel Aziz est sincère, dans sa volonté de dialogue. Contrairement à ce que pense la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD) à laquelle il appartient. Quelques jours après, il revient, de nouveau, à la charge, en déclarant qu’il est prêt à dialoguer avec le pouvoir, même si ses amis ne s’y résolvent pas. Stupeur et consternation, à la COD, dont certains éléments avaient, déjà, remarqué, depuis quelque temps, que le pourfendeur du coup d’Etat du 6 août 2008, celui qui tenait la dragée, si haute, à Ould Abdel Aziz, commençait à «flancher» dangereusement. Ce à quoi le vieux leader haratine réplique qu’il s’est opposé, quand il le fallait, et qu’à présent, il opte pour l’apaisement. Que récoltera cette main tendue? Un dialogue franc, sincère et honnête, sur les problèmes de l’heure, notamment les prochaines élections qui pointent à l’horizon? Ou, encore une fois, les désillusions d’une énième manœuvre d’Ould Abdel Aziz pour diviser l’opposition, renforcer sa position, en attendant le passage de l’orage du mécontentement populaire grandissant? Comme ce qui s’est passé avec Ould Daddah, pour qui le général avait les yeux de Chimène, après le coup d’Etat de 2008, et à qui il fit une cour, assidue, avant de le lâcher, avec fracas. Certes, rien n’indique qu’il fera la même chose avec Messaoud. Opposant échaudé devrait, pourtant, craindre l’eau froide. A moins que Messaoud ne veille faire payer, à Ould Daddah, son soutien à Ould Abdel Aziz, aux premières heures de la «rectification».
Autre pierre jetée dans le marigot: la déclaration d’Ould Daddah selon laquelle son parti ne serait pas concerné par les élections municipales et législatives prévues pour la fin de l’année en cours. Le chef de file de l’opposition a multiplié, ces derniers temps, les sorties, au vitriol, contre le pouvoir en place; qui ne fait pas grand-chose, en retour, pour maintenir le contact avec ceux de l’autre camp, gérant le pays de manière unilatérale. Même pour des élections aussi importantes que celles qu’il compte organiser, il n’a posé, jusqu’à présent, aucun geste, à l’endroit de partis pourtant concernés, au premier chef. Le code électoral n’a toujours pas été débattu, pas plus que la mise en place d’une CENI et autres dispositions liées à l’organisation matérielle du scrutin. Le pouvoir gagnerait, cependant, à associer tous les acteurs, ne serait-ce que pour éviter des contestations. Cela pourrait, surtout, permettre, à Ould Abdel Aziz, de tester, en amont, sa vraie popularité et de se rendre compte si la «vague» qui l’a porté au pouvoir croit, toujours, aux lendemains qu’il lui a promis. Mais est-ce là son principal souci?
AHMED OULD CHEIKH- LE CALAME





