Reniflement des vieux renards politiques
Décidément l’odeur de la politique est très piquante. Elle sort les renards de leurs boisseaux.Ces derniers jours les relents du dialogue avec le pouvoir, mais aussi les perspectives des élections législatives et municipales, en passant par le recensement national, ont tiré tous les acteurs de la scène politique de leur terrier après de longs moments de retrait.Ça bouge partout.Et dans quel sens surtout se demande une opinion interloquée !Les polémiques ont repris de plus belle et les combats s’annoncent rudes dans l’arène politique.
Les descentes du vieux leader de APP sur le ring a mis en ébullition le paysage politique et ouvre la voie à tous les commentaires sur les mobiles qui motivent cette caravane politique « Messaoudienne » qu’on n’a pas vu depuis les présidentielles passées. Mais on ne peut pas reprocher à un homme politique d’aller à la rencontre de ses militants et sympathisants. C’est d’ailleurs l’occasion la plus souhaitée par les siens .Là où les observateurs campent les regards, c’est moins sur les sorties du président de l’assemblée nationale en fin de mandat que sur la couverture assez complète que les médias publics ont réservé à ce déplacement. Un privilège que les opposants n’avaient jamais eu dans le passé. Tant mieux si tout le monde sera traité avec les mêmes honneurs par la TVM. Les autres poids lourds politiques se préparent sans doute à emboîter le pas à Messaoud pour prêcher la bonne parole pourvu qu’ils soient entendus par le public auquel ils s’adresseront. Pourquoi attendre ce moment « M » pour se lancer dans une sorte de course contre la montre comme si quelque chose de décisif se prépare dans le pays ? Une chose est sure, les rivalités entre les hommes politiques sont déterminées essentiellement par le désir de se positionner sur l’échiquier pour le contrôle du leadership qui change de camp selon les situations. Les uns et les autres défendent leur image auprès des mauritaniens qui ne comprennent pas la volatilité de leurs leaders. L’enjeu le plus important ne semble pas porter en priorité sur les prochains scrutins qui, en toute vraisemblance n’intéressent pas beaucoup l’opposition qui doute de la transparence des urnes. Le jeu est focalisé sur les rapports entre le pouvoir et l’opposition et ce, à l’aune des accords ou des désaccords entre les barons de la COD. Deux probabilités se dessinent déjà. La première et la moins attendue est de voir tous les acteurs de l’opposition s’entendre sur une plate-forme commune comme base de dialogue avec le pouvoir. En cas de compromis, on s’acheminerait vers l’entrée de l’opposition dans un gouvernement élargi. Mais un tel scénario difficilement acceptable par la majorité n’est pas à l’ordre du jour dans l’agenda de Aziz. Au cas où la COD ne tombe pas d’accord et c’est cette deuxième probabilité qui pointe, , une fissure va se créer au sein de l’opposition. Ce qui consacrera un divorce désastreux pour l’avenir de l’opposition mauritanienne et pour la bonne santé de la démocratie…
Cheikh Tidiane Dia-Le Rénovateur




