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Manifestations : Alioune Tine agressé par des hommes de Farba Senghor
Le secrétaire général de la Rencontre Africaine de défenses des droits de l’homme, Alioune Tine, a été blessé lors de manifestations qui se déroulent en ce moment à Dakar contre un projet de modification de la Constitution.
Le leader de la Raddho aurait été attaqué par les nervis de Farba Senghor, chargé de propagande du Pds. M Tine, membre du mouvement « Touche pas à ma Constitution » aurait été grièvement blessé par les assaillants. Selon les dernières informations parvenues à SenewebNews, il se trouve au bloc opératoire de l’hôpital Principal de Dakar.
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Avec qui, sur quoi et comment dialoguer ?
Parler de dialogue politique pousse inévitablement à se poser des questions essentielles et incontournables de savoir d’abord avec qui dialoguer, ensuite quel contenu donner à ce dialogue et enfin comment ce dialogue doit-il être conduit et vers quel but?Les réponses à ces questions permettront de situer les contours de cette problématique à l’ordre du jour dans le paysage politique national.Le dialogue entre les acteurs politiques notamment le camp du pouvoir et celui de l’opposition est revenu avec instance sur la sellette ces derniers jours en Mauritanie.
Mieux on s’achemine vers la mise en marche de ce processus autour duquel l’unanimité de la décision semble être trouvée. A priori, il s’agit de vouloir engager des pourparlers entre le bloc de la COD et le conglomérat des partis soutenant le président Aziz. Dans la pratique ce dialogue concerne plus des formations politiques qui se sont déclarées intéressées par un rapprochement avec le pouvoir avec ou sans les autres. Mais dans l’hypothèse où les autres grands de la COD trouvent un compromis satisfaisant poussant à aller dans les sens d’un modus vivendi avec le président se posera alors la question de trouver un cadre de concertation permanent entre les uns et les autres. Ce miracle post-électoral mauritanien serait–il donc le coup de grâce qui va consacrer l’apaisement de la situation politique dans le pays, la refondation de la démocratie et la promotion de la bonne gouvernance avec un accès de toutes les forces politiques dans la gestion de la Republika. ? Une hypothèse dont les chances de réalisation se trouvent limitées par certains points contenus dans la plate-forme proposée par la COD mais aussi par des préjugés qui entourent les rapports entre Aziz et une certaine opposition jugée hostile à la méthode de gouvernance « azizienne ». En effet, selon des indiscrétions ayant filtré du document élaboré par la Coordination de l’opposition démocratique (COD), les accords de Dakar reviennent au devant de cette plate-forme comme condition à toute discussion. Seul ce point risque de freiner la dynamique qui commence à naître. Les mêmes informations véhiculées évoquent entre autre dans le texte qui sera présenté comme base de discussion, les élections municipales et législatives, la loi électorale, le système républicain, la consolidation de l’unité nationale, la dépolitisation de l’administration, les changements anticonstitutionnels, la place et le rôle de l’armée ainsi que de l’indépendance de la justice. Autant de questions sur lesquelles les débats entre les différents acteurs pourraient faire avancer les positions. Dans le camp de la majorité, des grincements de dents se font sentir notamment dans certains milieux opposés à ce dialogue qui une fois abouti, ouvrirait la porte à l’entrée de l’opposition dans le gouvernement. Une éventualité dont on ne souhaite pas voir se réaliser dans les cercles de la majorité qui voudraient s’approprier seuls les faveurs de l’Etat. L’hypothèse la plus probable serait celle qui alignerait autour d’une table à la présidence tour à tour Messaoud Ould Boulkeir, Boidiel, Ould Waghf … les autres , et l’instigateur de ce dialogue taillé sur mesure, Ould Abdel Aziz. Une manière de donner une plus grande aura à son pouvoir et laisser les plus récalcitrants constituer ce qui restera de l’opposition démocratique amputée de l’un de ses membres influents. Tel serait l’objectif visé par l’homme fort du pays en complicité avec ses « nouveaux futurs alliés ».
Cheikh Tidiane Dia –LE RÉNOVATEUR.
Ce que pense Dr Lô Gourmo Abdoul du recensement actuel en Mauritanie” Chaque négro-africain est quasi-officiellement un étranger potentiel dans son pays.”
” Je suis allé personnellement me faire recenser. Malheureusement, tout ce qui a été dit s’agissant des extravagances et des dangers de cette opération se vérifie au-delà de ce que je craignais. Les députés, spécialement ceux de l’UFP, Bedreddine et Kardiata Diallo, se sont largement fait l’échos du désarroi des gens et des risques majeurs que coure le pays à vouloir persister dans la gestion unilatérale de ce processus vital pour les citoyens et pour la pérennité de toute vie politique et sociale normale. Le pouvoir est resté sourd. Une « administration » singulière, ad hoc, parallèle à l’administration formelle et taillée sur mesure pour les besoins d’une cause occulte, a été mise sur pied et officie à Nouakchott. Elle agit avec des structures incompétentes à le faire, et avec une composition clairement orientée, dans la confusion la plus complète, et l’absence la plus totale de procédures communes.
En conséquence, on assiste à un déchaînement, sans précédent, de pratiques discriminatoires et vexatoires à l’égard des plus humbles des citoyens et des communautés négro-africaines suspectées de fraude à la nationalité et d’usurpation d’identité. Chaque négro-africain est quasi-officiellement un étranger potentiel dans son pays. Les membres de ces « comités », comme on les prénomme, se donnent, désormais, le pouvoir arrogant de remettre en cause des documents officiels délivrés par l’Etat mauritanien (cartes d’identité infalsifiables initiales, actes de naissance, etc.).
Gare au Boghéen qui dit ne pas connaître M. Bâ Silèye ! « Quels versets de Coran connaissez-vous ? » ; « Etes-vous polygame, puisque les Halpular’ sont tous polygames ! ». «Etes-vous Peulh ou Toucouleur, puisque ce n’est pas la même chose »…etc…etc… A la moindre hésitation, vous êtes mis de côté pour plus amples vérifications ou renvoyés avec mépris. On enregistre qui on veut suivant des critères clandestins. Et, pour la première fois, ouvertement, on semble clairement vouloir dresser un fichier ethnique du pays !
Que pourrait-il en sortir ? Rien qui vaille sinon la confusion la plus totale et une toxicité de l’ensemble du processus avec, à la clé, des risques énormes de dérapage incontrôlable de notre débat national ! Il est impératif d’arrêter cette dérive et de remettre à zéro le compteur pendant qu’il est encore temps…”
Propos recueillis par EVEIL HEBDO
Silence coupable des Négro-mauritaniens… et des intellectuels arabes
Il se passe comme un désir d’occultation, au sein de la communauté négro-mauritanienne, où beaucoup se sentent, pourtant, «visés» par l’enrôlement des populations, lancé depuis plus d’un mois. Le moindre citoyen lambda de cette communauté redoute, à tort ou, plus souvent, à raison, le face-à-face avec une des commissions d’enrôlement. Pendant que ces pauvres populations sont taraudées par l’inquiétude et la peur d’un lendemain incertain, hauts cadres de la communauté, voire de certaines organisations de défense des droits de l’Homme, se sont murés dans un silence que d’aucuns n’hésitent plus à qualifier de coupable, depuis le démarrage de l’opération. On se contente d’en parler dans les salons et les transports collectifs. Quasiment aucun n’a osé en dénoncer, publiquement, les procédures et les questions à la tête du client.
Hormis les parlementaires, dont il faut saluer, ici, la pertinence des interventions et critiques du projet, mijoté dans une «opacité douteuse», et exécuté dans un «black-out total», les autres personnalités censées défendre l’unité et la diversité de la Mauritanie semblent avoir retrouvé leurs réflexes des années 89-91. Mais, tout de même, il convient de magnifier, en sus de la réaction des parlementaires, la position de l’IRA. L’organisation de Biram Ould Dah a dénoncé, vigoureusement, l’entreprise d’exclusion de certains mauritaniens, visée par l’opération d’enrôlement. Où sont passés ceux qui prétendent que la Mauritanie nouvelle est sur la bonne voie, qu’elle va liquider, définitivement, le passif humanitaire et consolider l’unité nationale?
Comme le proclament certains négro-mauritaniens et haratines, la question, fondamentale, à régler d’urgence, est celle de la cohabitation des différentes composantes du pays, non des indemnisations des victimes des évènements de 89-91 et des diverses tentatives de coup d’Etat. Ce qu’il faut, c’est avoir le courage et la témérité de dénoncer les tares de cette Mauritanie nouvelle qui avait suscité, à sa naissance, un immense espoir, en promettant le rétablissement d’un Etat de Droit, avec une justice indépendante, l’éradication de la gabegie et la répartition équitable des ressources du pays. Que de chimères!
Curieusement et excepté l’UFP qui a publié un long communiqué, objet de l’intervention de l’honorable député Kadiata Malick Diallo, les autres partis politiques ont fait profil pas. On peut entendre l’embarras de certains d’entre eux mais, ce qu’on ne peut ni comprendre ni tolérer, c’est le silence des intellectuels maures, si prompts à marcher pour les Irakiens, les Libyens ou les Palestiniens. On est loin du défunt MDI qui avait osé dénoncer, en 1989, dans un océan de silence, les massacres et les déportations des Négro-mauritaniens. Les amis de Jemal Ould Yessaa, Abdallahi Ould Kebd, Béchir Ould Moulaye El Hassan, des étudiants maures, avaient, à l’époque, accepté d’aller en prison, pour défendre leurs concitoyens négro-mauritaniens. Ils avaient posé un jalon, historique, dans la construction d’une Mauritanie égalitaire et fraternelle. Qui se proclame, aujourd’hui, solidaire de ces valeureux patriotes?
Dalay Lam-LE CALAME
L´Édito du Calame: quand la Chine pêchera
Depuis plus de trois semaines, on ne parle que d’elle. La presse en a fait ses choux gras. Le Calame lui consacre, cette semaine, une enquête fouillée. L’Assemblée en a débattu, de long en large, évoquant ses effets pervers et ses désastreuses conséquences. Avant de l’approuver, grâce à une majorité qui n’en finit pas d’avaler des couleuvres. Elle, c’est la convention de pêche que la Mauritanie vient de signer avec une société chinoise. Poly-HonDone Pelagic Fishery Co., c’est son nom, à qui l’Etat octroiera 60.000 mètres carrés, à Nouadhibou, pour ses installations, bénéficiera d’un quart de siècle de passe-droits mirobolants et d’énormes avantages, avec des garanties juridiques appuyées: exonération de l’Impôt Minimum Forfaitaire (IMF); déduction annuelle de 20% des investissements, pendant cinq ans, sur le bénéfice imposable; réduction de 50% de la Taxe de Prestation de Service (TPS), sur le coût des opérations bancaires contractées auprès des institutions nationales; exemption totale de patente ou tout autre impôt pouvant s’y substituer. En plus de la possibilité de pêcher, piller devrais-je dire, presque tout ce qui bouge dans nos eaux territoriales.
Du coup, Poly-HonDone constituera, grâce à ce sésame, une petite enclave chinoise de non-droit en Mauritanie. Tout ça pourquoi ? Parce que sa compagnie-mère vend des armes dont notre armée a besoin. Quitte à épuiser nos ressources halieutiques? A tuer tout un pan de notre économie? A envoyer des milliers de gens au chômage? A condamner, à terme, des sociétés nationales, des bateaux, des usines de transformation et de stockage, à mettre la clé sous la porte? Parce que notre armée, dont la seule vocation, depuis 32 ans, est de se maintenir au pouvoir, veut des armes, le pays peut être bradé. Le poisson, le fer, l’or, le cuivre, tout le budget de l’Etat, s’il le faut. Pourvu que nos soldats obtiennent ce qu’ils désirent. Et en dehors de tout contrôle, s’il vous plaît. L’inspection d’Etat, la Cour des comptes et la Police économique sont réservées aux civils. Nos chefs militaires sont soit étrangers – donc non soumis à la législation mauritanienne – soit tous honnêtes et n’ont pas besoin d’être contrôlés. Ne dit-on pas, à juste titre, que la Mauritanie est le seul Etat au monde où l’armée a son pays et en fait ce qu’elle veut?
Autre exemple de l’intrusion de l’armée dans le secteur de la pêche: la délégation qui négocie le nouvel accord avec l’Union européenne est dirigée par un lieutenant-colonel, retraité et parachuté conseiller du ministre des Pêches, et comprend un colonel en exercice, dont la fonction équivaut à un chargé de mission, au même département. Une entorse au règlement militaire et au statut de la Fonction publique. Le premier round des négociations, qui vient de se dérouler à Nouakchott, n’a été qu’une formalité. Notre négociateur en chef a demandé qu’on passe, directement, aux annexes, comme si les termes de l’ancien accord étaient reconduits tels quels, sans considération d’une quelconque évaluation. Seule «nouveauté»: certains bateaux européens seront, désormais, obligés de débarquer à Nouadhibou. Leurs produits ne seront, pourtant, ni traités ni stockés, dans cette ville, et leur vente ne passera pas par la SMCP. Ils paieront, juste, les frais d’accostage au port, en attendant que leur cargaison soit transbordée vers le navire qui l’amènera en Europe ou au Japon.
Les militaires et le poisson, la nouvelle idylle de l’été. Suivant l’exemple chinois. Mais nos képis étoilés doivent juste garder en tête que, quand la Chine pêchera, la ressource, à coup sûr, périra…
AOC-LE CALAME





