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Dialogue national: déclaration de Touche pas ma nationalité
Le mouvement « Touche pas ma nationalité » a suivi avec beaucoup d’attention le déroulement des travaux du dialogue national entre une partie de l’opposition et les partis de la majorité présidentielle. Malgré les nombreuses insuffisances apparues dès le départ sur le contenu des points abordés qui contournaient manifestement les questions aussi majeures que l’unité nationale, le phénomène de l’esclavage, la cohabitation sociale et la réhabilitation des langues nationales dans le système éducatif, les débats ont fait croire à un semblant de recherche d’un consensus entre l’opposition participante et la majorité.
A la fin, nos appréhensions se sont justifiées par rapport à une volonté inébranlable d’un pouvoir qui utilise l’arme de la manipulation pour influencer les résultats. Le document final présenté à l’opinion montre une fois de plus que les problèmes majeurs du pays, au premier rang desquels celui de l’unité nationale, continuent d’être superbement ignorés. La primauté de l’identité arabe du pays est plus que jamais de rigueur de la part d’un pouvoir contrôlé par des lobbies hostiles à la pluralité culturelle de la Mauritanie comme l’illustre le traitement fait des langues nationales reléguées à de vulgaires faire-valoir. Les résultats de ce forum dit « dialogue national » consacrent le refus de la diversité culturelle de la Mauritanie et, partant; la négation systématique de ses identités non arabes. Toutes choses en parfaite concordance avec la persistance dans l’exclusion et la confiscation de la nationalité d’une bonne partie des citoyens noirs à travers un enrôlement discriminatoire et provocateur.
Nous appelons le pouvoir politique et les forces démocratiques à engager un débat plus franc tenant compte des intérêts de tous les mauritaniens dans leur aspiration à une justice pour tous et au respect des différences.
Nous considérons que les résultats de ce dialogue n’engagent que ses initiateurs et nous continuerons à nous insurger contre le système de marginalisation en vigueur.
Ce dialogue démontre en définitive que c’est la main du président Aziz qui a eu le dernier mot dans une sorte de parodie utilisée au nom d’une solution de sortie de crise.
Nouakchott le 22octobre 2011
Dialogue politique national: Grosse déception de la COD
Les leaders politiques, responsables des formations ayant boycotté le dialogue tenu entre le 17 septembre et le 19 octobre 2011 ont unanimement considéré au cours d’une conférence de presse organisée samedi que les résultats du dialogue entre la majorité présidentielle et quatre partis de l’opposition ( APP , El Wiam, Hamam et Sawab ) sont décevants et ont juste permis de renforcer l’autocratie de Mohamed Ould Abdel Aziz et légitimer ses anciens putschs. Selon Ahmed Ould Daddah, chef de file de l’opposition démocratique et président du RFD : « La personnalisation des affaires publiques leur fait perdre toute signification et toute importance. Je rappelle à Ould Abdel Aziz que je lui avais dit que l’institution de l’opposition doit disposer des moyens d’entreprendre ses responsabilités ou être supprimée ». Evoquant les résultats du dialogue, Ahmed Ould Daddah a déclaré que de son point de vue, ce qui a été dit sur l’esclavage n’a aucun sens ni aucune importance, rappelant que depuis la Constitution de 1961 jusqu’à aujourd’hui, tous les régimes qui se sont succédé reconnaissent que ces pratiques sont antinomiques aux valeurs humaines internationales, et que malgré cela, ces pratiques persistent quand même. Selon le chef de file de l’opposition, le problème aujourd’hui est d’éradiquer complètement ce phénomène. Pour cela, il faut une application stricte et obligatoire de la loi assortie de programmes économiques, culturels et sociaux qui donneront à cette frange qui souffre depuis longtemps de privation et de marginalisation, une sorte de discrimination positive dans l’emploi, la formation, la santé et l’éducation et qui lui permette de réduire le fossé entre elle et les autres composantes de la société. Nulles autres solutions ne peuvent définitivement venir à bout du phénomène de l’esclavage. Selon Ould Daddah, l’esclavage est une pratique abjecte non seulement pour ceux qui la subissent mais aussi pour le pays et l’ensemble des Mauritaniens, car le pays ne peut se libérer et se développer que lorsque tous les citoyens sont libres et égaux en droits et en devoirs, ajoute AOD.
Le président de Tawassoul, Mohamed Jemil Mansour, répondant aux questions de certains journalistes a déclaré qu’eux comme opposition nationale pensaient que le dialogue devait aboutir à des choses importantes dans les affaires essentielles liées à la réforme politique, surtout celle permettant l’enracinement d’un système démocratique et la rupture avec la dictature. Ce qui de l’avis d’Ould Mansour n’a pas eu lieu donc le dialogue était sans importance. Pour le président de Tawassoul, l’évocation de la garde présidentielle dans leur communiqué relève de leur souci de doter le pays d’une armée républicaine unique dépendant de la seule nation pour éviter les expériences vécues par des peuples à cause de la garde présidentielle comme ça a été le cas des pays comme la Tunisie, le Yémen, la Syrie ou la Libye.
Dans son intervention, le président de la Rencontre Démocratique, Mahfoud Ould Bettah a déclaré que l’interdiction des candidatures indépendantes est une enfreinte flagrante des dispositions de la Constitution, car elle constitue une restriction des droits des citoyens d’être élus en dehors des programmes de la classe politique dont ils ne sont pas convaincus. Tout comme estime Ould Bettah, l’augmentation du nombre de députés n’a aucune justification dans un pays d’à peine trois millions d’habitants. Cela permet juste d’augmenter les charges du Trésor public. Enfin, pour Moustapha Ould Bedredine, vice président de l’UFP : « Les dialogueurs ont augmenté l’autorité de Mohamed Ould Abdel Aziz. Et parler de la condamnation de coups d’état par quelqu’un qui en a fait deux et qui continue à détenir la force militaire qui lui a permis de les faire et est prêt à faire un troisième est pour le moins qu’on puisse dire pas innocent ». Selon Ould Bedredine, le groupe qui est parti négocier afin de limiter l’autorité de Mohamed Ould Abdel Aziz et renforcer celle des autres institutions, n’a finalement fait qu’augmenter les pouvoirs du Président. Alors qu’on attendait à ce que le dialogue rétablisse l’équilibre entre les pouvoirs et redonne un sens à leur séparation poursuit Ould Bedredine, nous avons été surpris que les dialogueurs lui ont légalisé ses anciens putschs, institutionnalisé ses milices dont le BASEP et renforcé ses pouvoirs.
LE CALAME
Faiblesses avérées de la diplomatie mauritanienne
On a perdu. La Mauritanie n’a pas été élue, vendredi 21 octobre 2011, à New York au Conseil de sécurité des Nations Unies comme membre non-permanent, au terme d’un vote à bulletin secret auquel ont participé tous les pays membres de l’organisation. Le Maroc a été élu, au premier tour et à une écrasante majorité. Le Togo est passé au 3e tour avec plus de 2/3 des voix requises (131). La Mauritanie n’a recueillie que 61 voix. Cet échec est celui de Hamadi Ould Hamadi, ministre des affaires étrangères, du délégué permanent de la Mauritanie à l’ONU, Abderrahim Ould Hadrami qui devrait être admis à faire valoir ses droits à la retraite depuis février 2011 et qui est resté à son poste contre toute-logique, du Commissaire aux Droits de l’Homme Ould Khattra, du représentant de la Mauritanie à Genève Ould Zahav et de toute la diplomatie mauritanienne.
Tous ces gens-là n’ont pas été en mesure de faire un travail de lobbying sérieux auprès des Etats membres de l’ONU, encore moins de convaincre la communauté internationale de la pertinence de la candidature de notre pays. Et cet échec est une non-reconnaissance par l’ONU des efforts engagés par la Mauritanie en matière de promotion de la démocratie, des droits de l’homme et de la bonne gouvernance.
Mauritanie24
Mort de Lamine Mangane: Touche pas à ma nationalité se mobilise pour que justice soit rendue
Le collectif touche pas à ma nationalité a tenu une conférence de presse ce samedi 22 octobre au siège du FONADH, et a promis de maintenir la pression dans les rues tant que justice ne serait pas rendue à Lamine Mangane. Il a aussi posé les bases de nouvelles revendications, qui tendent vers une égalité citoyenne en Mauritanie. «Je ne pardonne pas le meurtre de mon fils. J’ai porté plainte contre le commandant de brigade qui a donné l’ordre de lui tirer dessus». L’auteur de ces propos, Balla Mangane, père de Lamine Mangane tué par balles à Maghama, le mardi 27 septembre, alors qu’il manifestait contre un recensement jugé discriminatoire, n’est pas seul. A ses côtés, le mouvement Touche pas à ma nationalité (TPAMN), «lui apporte son soutien», annonce Wane Aboul Birane coordinateur du mouvement, au cours d’une conférence tenue dans les locaux du Fonadh ce samedi 22 octobre.
«Nous allons apporter notre soutien à la famille de Lamine pour que justice soit rendue», a dit le coordinateur du mouvemente. Comment Touche pas à ma nationalité va s’y prendre pour que justice soit rendue? «En faisant pression sur les autorités», rétorque le coordinateur. Ainsi le mouvement entend tenir une marche chaque semaines, à compter de ce jeudi 29 octobre, jusqu’à ce que justice soit rendue. Le dossier a été confié à maître Fatimata M’Baye, avocate et présidente de l’Association mauritanienne des Droits de l’Homme. Aux dernières nouvelles, le gendarme «responsable de l’assassinat du jeune Mangane, circule en toute liberté ; il a été muté à Amrouj», précise monsieur Wane.
Une combat pour l’égalité citoyenne
Le mouvement est revenu sur ses nouvelles orientations. Il a promis de lutter pour en finir avec la spoliation des terres de la vallée. Il a également promis de se mobiliser pour l’officialisation de langues nationales, le partage du pouvoir, des richesses et pour l’égalité des chances. «Le combat pour le partage des richesses, contre la spoliation des terres de la vallée, l’officialisation des langues et le recensement constituent est en fait un tout», a laissé entendre le docteur Alassane Dia, porte-parole de TPAMN. «Le recensement n’est que la dernière goutte qui a fait déborder le vase», dit-il avant d’ajouter: «les nouvelles orientations du mouvement signifient un combat dirigé contre un système raciste dont l’État est le garant, et non contre une ethnie particulière».
Samba Camara
Noor Info
Communiqué de la COD par rapport au dialogue entre le pouvoir et certains partis
Les résultats du «dialogue» mené par le régime et sa majorité avec certains partis d’opposition dans le but de tromper le peuple mauritanien et ses partenaires au développement ont été rendus publics mercredi dernier. Ces résultats contenus dans un document publié par les médias ne comportent aucunement les réformes de nature à rompre avec les régimes autocratiques et instaurer un système démocratique véritable, ni les mesure qui permettraient de désamorcer la crise politique en Mauritanie. En ce qui concerne la Commission Electorale Nationale Indépendante que le document dote de pouvoirs absolus sur les élections, les « dialogueurs » n’ont pas réussi à lui assurer indépendance et crédibilité.
En effet, ils l’ont doublée d’une Direction Générale des Elections rattachée au Ministère de l’Intérieur et chargée des questions de procédure, ce qui dénote de la volonté du régime de disposer d’un bras docile pour piloter les élections.
S’agissant de la criminalisation des coups d’Etat militaires initialement prévue par le Code pénal, elle a perdu toute sa valeur devant l’apologie de ses putschs successifs dont Mohamed Ould Abdel Aziz s’est pourfendu dans son discours de clôture du “dialogue”. En outre, le document n’a pas abordé le problème du BASEP que Mohamed Ould Abdel Aziz continue toujours à commander, en violation des lois militaires et du prestige de l’armée mauritanienne.
Il ne comporte pas non plus de garanties fiables de la neutralité de l’institution militaire et son impartialité dans le jeu la politique, sachant que la crise que vit pays trouve son origine dans la consécration du régime militaire et l’immixtion flagrante de certains des chefs de l’armée dans l’action politique.
Pour ce qui est de la HAPA, le document de ce «dialogue» nous apprend qu’elle sera systématiquement politisée et que l’opposition y sera représentée «proportionnellement à … sa représentation à l’Assemblée nationale » ; ce qui lui fera perdre l’indépendance et la neutralité qui en faisaient la raison d’être et que la loi l’instituant avait consacrées.
Malgré leur importance, l’introduction dans la Constitution de la criminalisation de l’esclavage et d’autres questions nationales ne suffit pas pour camoufler l’incapacité du régime ou son refus d’appliquer les lois sanctionnant le crime odieux de l’esclavage et d’autres pratiques qui menacent l’unité nationale et la cohésion sociale.
Les autres amendements constitutionnels n’apportent rien de nouveau, n’ont pas eu d’incidence sur les pouvoirs concentrés dans la main du Président de la République et n’ont pas donné de prérogatives nouvelles au Parlement, ni au Premier ministre. La justice, elle, n’a eu droit qu’à un seul paragraphe qui ne change rien à la situation.
Les partis et formations de la COD signataires, tout en confirmant à l’opinion publique nationale qu’ils se préparaient à être les premiers à saluer les résultats de ce «dialogue» s’ils avaient comporté de quoi mettre fin à la crise et sortir le pays de l’impasse politique et des risques de dérapages qui lui sont liés, tiennent à exprimer leurs regrets pour les résultats insignifiants qui ont émané de ce dialogue, et que le Président Mohamed Ould Abdel Aziz n’a même pas daigné gratifier ses partenaires et ses applaudisseurs de bonne foi d’un engagement de les respecter.
Les partis et formations de la COD réaffirment de nouveau que le pays a besoin d’un vrai dialogue sérieux et responsable, susceptible de déboucher sur des mesures concrètes et significatives pour sortir la Mauritanie du cercle vicieux des coups d’Etat militaires et des régimes autocratiques.
Nouakchott, 22 octobre 2011
Les Partis et Formations de la COD
UNAD
UFP
Tawassoul
RDU
RFD
Harak
Hatem
Plej
Avant-garde
CDN





