Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Abdoul Birane Wane le missionnaire

altA la tête du collectif Touche pas à ma nationalité, il exige l’arrêt du recensement en cours. Il le juge discriminatoire à l’égard des populations noires. Pas de femme, pas d’en­fants. Abdoul Birane Wane est un ascète. Si, à 35 ans, il est toujours célibataire, c’est par choix, dit-il.Dans le combat politique qu’il mène depuis son adolescence, il ne veut subir aucune pression.Or il le sait : la famille, en Afrique plus qu’ailleurs, est le meilleur moyen d dans le privé plutôt que d’intégrer la fonction publique. Dans la rue, il n’en impose pas. Tout juste le remarque-t-on pour sa démarche boiteuse. Et jusqu’à il y a peu, Abdoul Birane Wane était un inconnu pour la plupart des Mauritaniens. À part dans le milieu politique. Ancien cadre du parti d’ibrahima e calmer les trublions.Le porte-monnaie aussi. C’est pourquoi l’enseignant a préféré exercerMoctar Sarr, l’Alliance pour la justice et la démocratie/Mouvement pour la rénovation (ADJ/MR), dont il a été exclu en 2008 pour ses divergences avec le bureau, il s’était taillé une répu­tation de combativité. En revanche, son mouvement, l’initiative mauritanienne pour l’égalité et la justice (Imej), passait relativement inaperçu.

Depuis que, avec d’autres organisations citoyennes, il a lancé le collectif Touche pas à ma nationalité (TPAMN) et qu’il se bat pour faire suspendre le processus d’enrôlement (lancé par l’État en mai pour, officiellement, mettre en place un nouveau système d’identification des citoyens), ses propos incendiaires à rencontre d’un régime qu’il accuse de racisme et ses appels à manifester ont fait mouche. Abdoul Birane Wane n’est pas loin d’être considéré par l’entourage du président Abdelaziz comme le plus grand empêcheur de tourner en rond du moment et par une partie de la commu­nauté négro-mauritanienne comme un nouveau porte-parole.

Son engagement actuel n’a, selon lui, rien de politique. C’est une question d’égalité et de droits.

COMBAT. Né à Aleg en 1976, Abdoul Birane Wane a fait très tôt de la poli­tique. À 15 ans, alors qu’il est scolarisé à Rosso – principal point de passage entre le Sénégal et la Mauritanie -, il intègre l’Uniondes forces démocra­tiques (UFD) d’Ahmed Ould Daddah, aujourd’hui le chef de l’opposition. Plus tard, il rejoint les partis défendant la cause négro-mauritanienne : d’abord l’Alliance pour une Mauritanie nouvelle, puis l’ADJ/MR. Une suite logique, selon lui. « Ma génération a grandi avec les événements de 1986 à 1991 et la ségréga­tion. J’étais ado lors de la répression contre les Noirs, (“est impossible à accepter. » Depuis, il lutte pour en finir avec « ce système discriminatoire » que, selon lui, « l’élection de Mohamed Ould Abdelaziz, en 2009, n’a fait que renforcer ».

Dès le mois de juillet dernier, il a organisé des sit-in dans la capi­tale pour s’opposer à l’enrôlement qui, selon lui, vise à exclure une partie des Négro-Mauritaniens de leur droit à la nationalité pour «gonfler» la part de la popula­tion arabo-berbère. La contesta­tion enfle, jusqu’à ce que le pays s’enflamme, fin septembre. Des affrontements avec les forces de l’ordre dans le sud du pays et dans la capitale font plusieurs blessés et un mort. Des manifestants sont arrêtés.

RUMEURS. Lui court toujours. Le 28 novembre, il a encore organisé une marche à Nouakchott, répri­mée par les forces de l’ordre. Il maintient donc la pression et est désormais dans l’œil du cyclone. Le pouvoir, qui le considère comme un dangereux boutefeu, l’a à l’œil. Des mineurs le disent séné- galaisou téléguidé par le Mossad, S l’agence de renseignements israé­lienne. Dans l’entourage du chef de l’État, on le soupçonne d’être un cheval de Troie des Forces de libération africaines de Mauritanie (Flam), un mouvement négro-mauritanien inter­dit. Lui s’en détend : « Je n’en fais pas partie. Mais je leur rends hommage. »

« J’étais ado lors de la répression contre les Noirs. C’est impossible à accepter. »

Quant à ses anciens compagnons de l’ADJ/MR, ils s’en méfient. Selon l’un d’eux, il « n’est qu’un arriviste, qui compte se servir du mouvement contre l’enrôlement pour se faire un nom ». Le principal inté­ressé rétorque que les partis traditionnels ont trahi la cause négro-mauritanienne et qu’lbrahima Sarr, comme d’autres, est bon pour la retraite. S’il ne le dit pas ainsi, Abdoul Birane Wane se sent investi d’une mission. « Ma satisfaction, c’est que nos parents nous disent que nous sommes en train de réussir ce qu’ils n’ont pas pu faire. Il faudra bien qu’un jour les Mauritaniens soient égaux entre eux. »

Rémi Carayol, envoyé spécial Jeune Afrique Numéro 2656 du 4 au 10 decembre 2011

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Mouvement TPMN : L’occupation de la rue continuera…

La Coordination du Mouvement TPMN a organisé- hie matin, au siège du FONADH- une conférence de presse au cours de laquelle le coordinateur de ce mouvement, Wane Abdoul Birane et ses compagnons de lutte notamment Dia Alassane ont pris la parole pour tirer le bilan de leur marche pacifique, qui a été violemment dispersée par la police anti-émeute, mais surtout dire qu’ils sont déterminés à poursuivre le combat pour faire tomber le régime, qui est en train de vaciller depuis un certain temps sous le poids…
Plantant le décor de cette sortie médiatique, Dia Alassane, le porte-parole du TPMN, a dit d’emblée que nous sommes-là pour vous faire le bilan de notre dernière marche pacifique, qui a été violemment réprimée par une police formée pour «mâter» les noirs. C’est le lieu de dire que le jeune manifestant Abou Fall a été amputé de deux doigts lors de cette marche. Ensuite, il a évoqué la situation de deux femmes d’origines étrangères, mais mariées à des Mauritaniens depuis belle lurette, qui ont été rejetées pour cause de nationalité douteuse au bureau d’enrôlement de la Moughataâ d’El Mina. Pour sa part, Wane Abdoul Birane a dit de vives voix que le Mouvement TPMN «Touche pas à ma nationalité» va continuer son combat en occupant les rues jusqu’au jour où le régime «raciste», «discriminatoire» et «corrompu» tombera sous le poids des revendications des Mauritaniens. Sur la même lancée, il a ajouté que la violence de la police formée pour «mater» les noirs n’entamera pas du tout leur détermination de continuer à occuper les rues des différentes villes du pays. Il en veut pour preuve la présence effective du jeune Bathily a été «torturé» à Kaédi et qui est toujours dans la rue pour dénoncer l’enrôlement «raciste» et «discriminatoire». Revenant derechef sur la répression de leur marche pacifique par les éléments de la police anti-émeute, Birane a informé que le jeune Abou Fall, qui est présentement couché dans son lit de malade à l’hôpital national, a été amputé de deux doigts tout en déclarant que c’est la police qui endosse la responsabilité de cette blessure.
«Les femmes sont des Mauritaniennes par des liens…»

Evoquant le cas des deux femmes qu’il a appelé Mme Bâ, mariée depuis 1975 à un Mauritanien. Cette femme est de nationalité mauritanienne par les liens du mariage. Cela est valable pour Mme Diop, qui est mariée en 1994 à l’un de nos compatriotes mauritaniens. Et de s’interroger : «Nous ne comprenons pourquoi ce sont toujours les noirs qui sont rejetés ? Pourtant il y a d’autres personnes qui ont acquis la nationalité mauritanienne par les liens du mariage!»

Camara Mamady –Le Rénovateur

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Youssouf Silla, sénateur de Mbout: “Je suis des FLAM…”

altALAKHBAR (Nouakchott) – «Nous étions partis à Inal réclamer justice pour les 500 personnes tuées sans procès, entre 1987 et 1991, à qui on n’a pas donné l’opportunité de se défendre », a déclaré Youssouf Silla, sénateur de Mbout, qui assistait à une conférence de presse d’IRA-Mauritanie, ce matin à Nouakchott. «Cependant, certains nous accusent d’aller là-bas pour déterrer les morts et de cultiver la division entre les mauritaniens. Le problème ne s’agit pas de noirs et de blancs. Nous étions une seule nation, une seule famille avant le débarquement des militaires en 78. Ce n’est non plus un problème de racisme. Le racisme, en revanche, c’est de faire fi à la justice. Il ne faut pas encore en mêler le Sénégal et le Mali même si nous avions eu avant des contentieux », a précisé le sénateur. Il expliqué que «nous demandons simplement la composition d’une commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur les événements de 1987 à 1991. Des mauritaniens ont tué d’autres mauritaniens. Nous demandons, donc, que les auteurs soient indexés et sanctionnés. La sanction existe dans la charia et c’est tout ce que nous réclamons»

Et sur la «tentative d’assassiner Birame Ould Abdeid», président de IRA-Mauritanien, le sénateur a dit que «ceux qui veulent tuer Birame doivent savoir que nous sommes tous des Birame. Je suis d’ailleurs des FLAM tant qu’ils défend le droit. Je pense qu’il est plus facile de constituer une commission d’enquête que d’éliminer Birame ».

«En Mauritanie, il ne manque pas de lois en conformité au droit international. Mais nous sommes loin à leur application. Je vous donne un exemple sur la loi interdisant l’importation de véhicules de plus de 8 ans. Le président de la République l’a suspendu par dire « arrêtez-moi cette loi, elle n’a pas de valeur», a conclu le sénateur.

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La Coordination des mauritaniens de Belgique (Touche pas à ma nationalité)a déposé une lettre au Siège de la commission des Nations Unies pour les Droits de Homme à l’attention du Secrétaire général de l´ONU

altExcellence,

Par la présente, nous ressortissants mauritaniens, vivant en Belgique, voudrions attirer votre attention sur une préoccupation par devoir de mémoire, exigence de justice qui recoupe le devoir d’humanité qui fonde la philosophie de l’institution dont vous êtes aujourd’hui le premier fonctionnaire.
Cette préoccupation concerne le droit des familles et des proches des victimes des années de terreur et de répression qui ont marqué une politique raciste appliquée avec cruauté innommable contre les populations africaines noires mauritaniennes.
Non seulement cette politique n’a pas épargné des innocents, mais a pris une tournure cynique au point de marquer l’anniversaire de l’indépendance nationale de la Mauritanie en exécutant 28 soldats noirs en 1991.
Cet événement, par-delà sa cruauté et son inhumanité, illustre parfaitement une logique génocidaire qui n’a jamais fait l’objet d’aucune enquête de quelque nature qu’elle soit, ni au niveau national, sous-régional, encore moins international.
Monsieur le Secrétaire général, le sens de notre démarche est de porter à votre niveau et au niveau de votre organisation la nécessité d’interpeller le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz sur la responsabilité de l’Etat et l’importance pour les familles et les proches des victimes de pouvoir se recueillir devant les tombes des disparus. Afin de pouvoir faire le deuil, les proches des morts attendent la restitution des corps.
C’est dans cette perspective que s’inscrit notre initiative qui consiste à faire appel aux représentants de l’éthique et du droit international afin que les droits humains les plus fondamentaux soient respectés, en l’occurrence, le droit à la sépulture pour le respect universel des morts.
La tragédie mauritanienne a fait des milliers de victimes, jusqu’à présent aucune instance n’a été saisie de cette situation tragique, afin que la dimension humaine soit prise en compte. Il nous semble important en tant que membres d’une composante victime du racisme, de l’oppression et de l’injustice de nous adresser à la communauté internationale et à son premier représentant dans le but de signifier au président mauritanien le devoir d’humanité et du respect des droits de l’Homme.
En Mauritanie, un régime d’exception a régné de 1986 à 1992 en appliquant une politique de massacres, d’assassinats, d’exécutions extrajudiciaires et de déportations massives dans l’indifférence généralisée des autres nations du monde. Cette politique, à travers des variétés nouvelles, continue sa logique d’exclusion et de marginalisation de la composante africaine noire mauritanienne.
L’actuel gouvernement, pour aller dans le sens de la continuité, a mis en place récemment, une opération de recensement à caractère raciste afin de priver les populations noires de leur nationalité mauritanienne.
Il y a eu des manifestations aussi bien au sein du pays qu’au niveau de la diaspora mauritanienne vivant en Europe, au Canada, aux Etats-Unis dans le but de dénoncer cette opération jamais vue dans l’histoire. Compter pour exclure, tel fut le credo de cette décision contraire aux droits les plus élémentaires qui constituent le droit international.
En attendant que la cause des victimes de la politique injuste menée en Mauritanie, depuis des décennies, soit entendue, nous voudrions vous soumettre notre préoccupation actuelle, celle de la restitution des corps des victimes de la répression et particulièrement les corps des 28 soldats lâchement assassinés pour marquer par le sang l’anniversaire de l’indépendance de la Mauritanie en cette année terrible de 1991.
Un paradoxe marqué par sa cruauté, son ignominie et sa barbarie qui mérite d’être élucidé pour les femmes, les enfants et les parents des 28 soldats sauvagement tués par leurs camarades, soldats comme eux ayant reçu les ordres de leur chef pour exécuter cette funeste et macabre action.
Nous voudrions que l’actuel président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz soit interpellé par votre institution dont la mission première est la sauvegarde de la dignité humaine par le respect des droits humains, de leur vie et la garantie de leur sécurité.
Monsieur le Secrétaire général, nous vous prions, de recevoir nos salutations distinguées.

 
La communauté mauritanienne de Belgique
Bruxelles, le 28Novembre 2011

 

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Pèlerinage des martyrs d’Innal. : « C’est une victoire pour le rétablissement des droits humains »

altDeux orphelines qui pleurent sur les bras de leur maman, l’une n’a pas connu son père, elle est née en 1991 quelques mois après les massacres d’Innal, qui ont eu lieu entre octobre et novembre 1990. L’autre sœur aussi n’a aucuns souvenirs de son père. Ce dernier l’a quitté alors qu’elle n’avait que 16 mois. Ces orphelines, comme une douzaine d’autres qui ont fait le voyage, ont bravé la faim, le froid et les nombreuses tracasseries pour se recueillir pour la première fois sur le lieu ou leurs pères ont été tués. l’IRA, qui avait annoncé ce voyage de recueillement depuis environ une année, est allé au bout de son initiative.

Innal, n’a pas encore fini de faire pleurer de pauvres innocents, 21 ans après les événements tragiques de 1990. Lundi, 28novembre 2011, plus de 250 personnes se sont recueillis sur les lieux du massacre pour commémorer la mémoire des 28 militaires négro-mauritaniens pendus dans la journée du 28 novembre 1990. Partis de Nouakchott, le dimanche 27 novembre à 8h 30 h du matin, ils sont arrivés à Innal le lundi 28 novembre à 13h, après avoir passé la moitié de la nuit à la belle étoile. Déterminés à accomplir leur rêve, ils ont résisté aux nombreuses tracasseries des forces de l’ordre, ainsi qu’au vent frais du désert. Ils sont arrivés à Innal avec le sentiment d’avoir accompli leur rêve. Un moment solennel plein d’émotion qui a fait pleurer veuves, orphelins et militants de droits de l’homme.
Maimouna Alpha Sy, présidente du collectif des veuves explique « c’est un moment plein d’émotion et de tristesse. On n’oubliera jamais ce qui s’est passé ici. Innal restera un lieu de pèlerinage pour nous. On ne pardonnera jamais les tortionnaires qui se pavanent librement dans les rues de Nouakchott». Même son de cloche pour la présidente de l’Association des Femmes Mauritaniennes du Fleuve (AFMAF), Maréme Kane qui réclame aussi la justice » C’est un moment inoubliable et plein d’émotion. Nous demandons justice, afin que les tortionnaires soient traduits devant la loi. Nous demandons au Président de la République de respecter sa parole car il avait promis de juger les coupables »clame-t-elle.
En face d’elle, un jeune garçon, âgé de 22 ans regarde hébété les lieux. Il tourne la tête à gauche, puis à droite avant de sangloter. A sa main, une liste de 162 personnes, présumées responsables par les Ong de droits de l’homme mauritaniens des meurtres de plus de 500 militaires négro-mauritaniens. Il, c’est Yaya Sy, fils d’Ousmane Seydiou Sy, capitaine de la garde, disparu à Innal en 1990. Il nous explique que son père servait à Atar.

Ce qui reste des lieux des massacres

Assis par terre ou sur des nattes, veuves et orphelins s’empressaient de connaître les lieux des massacres et des tortures. « Nous avons identifié les lieux où ont été pendus les 28 militaires et l’endroit où, ils ont été enterrés. Malheureusement les autorités ont tous rasé. N’oublions pas que les tueries ne se sont pas arrêtées à la journée du 28 novembre. 250 prisonniers ont été incarcérés ici entre octobre et novembre 1990, seul 96 d’entre eux, ont survécu. Notre premier acte fondamental est d’amener la justice nationale et internationale à Innal afin que les coupables puissent revenir sur les lieux du crime et raconter comment ils ont supprimé leurs frères d’armes. Nous allons délimiter prochainement les lieux du supplice, où repose les militaires tués » tonne Biran Ould Abeid.
Après la récitation du coran, veuves, orphelins et militants de droits de l’homme ont marché main dans la main pour aller vers les lieux de la pendaison. Un lieu tenu secret, qui va être mis à nu, d’ici quelques minutes par le leader de l’IRA. Au fur à mesure que le groupe s’avancait, on entendait quelques sanglots de femmes. Evoquant le nom d’Allah, le groupe se dirige vers le terrain de football, situé à quelques mètres de l’école. Après quelques pas sur le terrain de football, Biran s’arrête subitement et déclare « c’est ici, sur ces lieux que le 28 novembre 1990, 28 militaires négro-mauritaniens furent pendus. Ils ont rasé le camp et transformé les lieux en un terrain de football, pour banaliser les crimes. » Des mots qui mettent en transe veuves et orphelins. Fouillant et grattant le sol, les orphelins pleuraient un père qu’ils n’ont jamais connus, les veuves sanglotaient un mari qui est parti sans leur dire au revoir. Tandis que parents, amis proches et militants de droits de l’homme, priaient pour le repos de leurs âmes. Sous leurs pieds, reposent les corps des militaires tués entre octobre et novembre 1990, selon les témoignages.

Lieutenant Sy Mouhamadou, rescapé « Je n’ai pas de haine pour ceux qui m’ont torturé, mais je suis assoiffé de justice »
Les lieux des tortures et de la pendaison ont été rasés, mais les souvenirs sont restés encore vivaces. 21 ans, après les événements tragiques, le lieutenant Sy Mouahamadou, l’un des rescapés du camp, venu de la France, raconte « je remercie Dieu de m’avoir donné longue vie. Je n’avais jamais imaginé que je remettrai les pieds à Innal. C’est une victoire pour le rétablissement des droits humains. Il ya 21 ans des choses atroces, horribles se sont produits ici. Il ne s’est pas passé, un jour, une minute ou une seconde sans entendre des pleurs. Ces tortionnaires ont fait du tort à tout le monde. Ils ont causé du tort à leurs enfants et aux enfants des victimes. Mais ils sont responsables de leurs actes et leurs enfants ne sont pas comptables des actes de leur père. 154 militaires négro-mauritaniens ont laissé leurs vies à Innal. Je me réjouis de voir 21ans après les événements, qu’il ya des maures, des noirs et des harratines qui n’ont pas oublié ce qui s’est passé ici. Je prie pour que cette action puisse contribuer à la solidarité nationale. Il ne peut pas y avoir de cohésion tant que ce problème n’est pas réglé. Je n’ai pas de haine pour ceux qui m’ont torturé, mais je suis assoiffé de justice. « déclare l’auteur de « l’enfer d’inal » qui vit désormais en France. « Comme vous voyez, ils ont tout rasé » Il nous montre le tas de gravats de la main « il n’ya plus rien, le camp se trouvait ici. »En face des ruines, une caserne flambant neuf a été construite depuis quelques années pour effacer les souvenirs douloureux du « camp d’extermination d’Innal ». « Acculés par les questions des journalistes, il raconte les circonstances de la mort du soldat Tambédou. Il n’a pas oublié aussi le nom de son étrangleur. Je ne veux pas revenir sur le film des événements, déclare-t-il le cœur meurtri»
Après les déclarations et témoignages, une prière des morts a été organisée à quelques mètres des lieux, où seraient enterrés les militaires afin que leurs âmes puissent reposer en paix. La prière était dirigée par l’imam de Mbalal. Une stèle a été ensuite construite sur le « Golgotha « à la mémoire des victimes. « Pour le respect des 154 militaires tués à Innal, ce lieu devait être un lieu de pèlerinage et non un terrain de football pour les jeunes de la localité » tonne un orphelin.

Youssouf Sylla, sénateur de Mbout« On ne pas construire une nation sur l’injustice »
Il a fait le déplacement jusqu’à Innal pour soutenir Birame et les familles des victimes.il c’est le sénateur de Mbout Youssouf Sylla « je suis venu à Innal pour soutenir les familles des victimes et de montrer mon soutien aux Ong des droits de l’homme et un encouragement à l’IRA . J’étais pris par l’émotion quand j’ai vu les veuves en larmes. Si le Président de la République avait vu ces moments, il allait avoir un sentiment de solidarité avec les familles des victimes. Si nous voulons une Mauritanie unifiée, il faut que l’Etat accepte le respect des droits, l’égalité des chances et du respect du droit de l’autre. Nous demandons l’ouverture d’une enquête transparente et respectueuse des droits de chacun pour démasquer les coupables et les juger, afin de permettre une réconciliation définitive. On ne pas construire une nation sur l’injustice. Nous ne voulons pas d’extrémisme, mais nous sommes pour le respect du citoyen et un partage des richesses entre toutes les composantes du pays et nous souhaitons que toutes les composantes puissent être recrutées au niveau de l’armée, de la gendarmerie, de la police…. Nous voulons une Mauritanie pour tous dans l’unité et le respect.


Dialtabé, envoyé spécial à INNAL-QDN

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