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Le Prince Ely Mustapha : “je suis de la race des seigneurs, et alors ?” | Par Pr ELY Mustapha
Pr Ely Mustapha – Le descendant de Antar Ibnou Cheddad a dit: « La Mauritanie, un pays qui vit sur ses ancêtres ». Il est étonnant de vouloir être quelque chose en se référant à sa lignée.
La Mauritanie, un pays extrêmement pauvre, qui vit une misère sociale, économique et humaine de tous les jours et tout le monde se targue d’une noblesse qui sied mal à son environnement et à ses actes.
La question existentielle est : peut-on être si noble et vivre dans un pays si appauvri par sa « noblesse »? La noblesse est-elle dans la lignée ou dans les actes ?
Chaque mauritanien a son arbre généalogique pour faire de l’ombre à son prochain. Un pays désert où il y a tellement d’arbres qui ne produisent aucun fruit. Sinon celui d’une noblesse déplacée d’un pays déclassé dans le concert des nations.
Les mauritaniens ont excellé dans leurs références généalogiques pour prouver on ne sait plus quoi. Peut-être qu’à défaut de devenir, ils veulent être…ce qu’ils furent. Il est plus facile (sinon plus lâche) de vivre dans le passé que dans le présent. Surtout quand le présent exige des sacrifices.
Pourquoi se réfère-t-on à son arbre généalogique en Mauritanie ?
a- La fonction socio-psychologique de vouloir prouver qu’on est bien né.
En Mauritanie, personne ne s’aventurerait à se présenter comme un znagui, ou un elheimi ou même comme un forgeron. C’est une sous race, des “intouchables, des moins que rien. Des sous-hommes et des sous-femmes… Par contre se présenter comme” d’une lignée guerrière, zouaya, chérifienne et autres c’est plus acceptable. Quand on est fils ou fille de personne, on ne doit ni apparaître ni paraître.
Il faut dire que l’ancien régime avait exacerbé cette situation où on accusait une tribu de monopoliser le pouvoir et donc la tribu a pris une importance institutionnelle particulière. Elle était devenue le refuge et le bouclier que l’on utilisait pour se défendre.
La revalorisation de l’appartenance à la tribu a éclipsé celle de l’appartenance à la nation. Mais la tribu n’est pas en elle-même un danger ce qui l’est par contre c’est de croire que par sa lignée on est plus précieux que d’autres, qu’on a un “plus” par rapport à d’autres et pire encore, qu’on est dans les grâces Dieu. Et qu’en s’annonçant comme tel on est forcément sous la bénédiction divine. Ainsi par sa descendance guerrière on sera plus aptes à guerroyer que d’autres ou par sa descendance chérifienne on est de facto béni par l’éternel.
b- Charité bien ordonnée commence par soi-même : le descendant de guerrier.
Je sus à 25 ans que j’étais de la tribu guerrière des Oulad Nasser de la fraction des « Laa’natra». Donc que j’étais un descendant direct de sa seigneurie “Antarata el Abbsy”. L’inénarrable guerrier et poète, celui qui déroutait les armées par son sabre et les poètes par sa langue. (D’ailleurs ma ressemblance avec l’image de mon ancêtre, à cheval, qui accompagne cet article est frappante !)
Je le sus, hélas tardivement (cela aurait, peut-être, expliqué pourquoi je terrorisais mes petits amis d’enfance), que j’étais de sang royal et que je l’étais d’une noblesse à toute épreuve. Prouvée et signée. Donc, il n’y avait rien à dire, j’étais de la race des seigneurs. Seulement voilà, je n’avais ni cour ni de droit de cuissage sur qui ce soit.
Toutefois, je me demandais si, à force de l’éloignement de génération en génération depuis la lointaine Arabie et les croisements multiples de mes ancêtres traversant les mille et une contrées afro-berbères, en multipliant les épousailles et les alliances, si donc mon sang royal n’était pas tellement dilué que l’on n’y retrouverait à peine un globule rouge appartenant à mon illustre arrière, arrière, arrière (exponentiel) ancêtre.
Mais c’était confortable d’être de la race des seigneurs et de se dire qu’après tout c’est le nom qui compte. Et je devrais d’ailleurs réclamer à cors et à cris qu’il y a une erreur dans mon état civil et que mon vrai nom était « Mustapha Ibnou Cheddad », ou « Ould Cheddad » pour rester un peu Mauritanien; car à vrai dire si nous nous rattachions tous aux abbassides ou aux omeyyades, nous devrions émigrer (“rebrousser chemin” serait mieux) au Moyen orient.
Et nous devons faire vite pour au moins profiter du pétrole qui nous reste là-bas puisque le pétrole du pays dans lequel nous nous sommes installés est de mauvaise qualité ou plutôt la qualité de ceux qui en profitent est mauvaise.
Mais voilà, je sus aussi que ce n’est pas mon aïeul qui viendra m’apporter mon pain quotidien et qu’un nom quel qu’il soit ne nourrit pas son homme. A quoi servirait-il de déclamer que l’on est fils de seigneur si l’on n’agit pas comme les seigneurs.
A quoi sert-il de dire que l’on est descendant d’une noblesse quelconque si nos actes n’expriment ni la noblesse du geste, ni moins encore la noblesse du cœur.
Les mauritaniens devraient adopter un emblème national similaire à celui des français. : Le coq. Le coq est, dit-on, le seul animal qui chante avec les pattes dans la boue.
Se rattacher à une tribu Quraychites quelconque si ce n’est du grand Hijjaz ou tout au moins du lointain Cham ne sert à rien, car même si cela était prouvé, cela ne donnerait à aucun Mauritanien le droit d’un visa pour aller en pèlerinage…chez ses ancêtres.
Mais qu’est-ce que cela rapporte à notre pays, cette continuelle volonté de vouloir être descendant d’un “grand quelqu’un” ?
c- Des exemples publics récents : les chérifs dans les médias.
Deux cas de déclaration de lignée publiquement déclarée se retrouvent dans des interviews « historiques ». Celle officielle accordée par l’épouse d’un ancien Président de la République à un journal et celle déclamée dans un article par un ancien directeur général de la SNIM.
A une question posée par un journal qui l’interviewait la première dame répondît ainsi :
« Vous conviendrez avec moi qu’il n’est point aisé de se présenter soi-même, mais je tâcherai quand même de le faire. Je suis Khattou Bint El boukhary, descendante d’une lignée Chérif ».
D’autre part, un ancien directeur général de la SNIM, parlant de lui-même à l’occasion d’une réponse au chef de l’Etat écrivit: « (…) C’est cependant toujours le même homme, fier de son origine Quraïchite par son aïeul éponyme paternel Abderrahmane Rakkaz et son aïeul Menny (pseudonyme de Fatimetou), fille de l’Imam El Hadramy, de l’épopée de Boubakar Ben Amer et ses compagnons et de l’histoire de la confédération tribale Idoïch ( …) ».
On comprend alors comment la SNIM fut gérée.
Mais les exemples peuvent être multipliés car chaque mauritanien s’attache à son origine et peut souvent remonter très loin dans son arbre généalogique.
Connaître ses racines est une bonne chose. Car on ne peut, dit-on, connaître où l’on va si l’on ne sait pas d’où l’on vient.
Cependant, le Mauritanien s’en sert pour entrainer une présomption de bonne foi à son égard. On est de telle lignée ou de telle autre donc forcément on est dans une situation meilleure que les autres. Si ce n’était pas le cas, pourquoi s’évertue-t-on alors à déclamer sa lignée patriarcale ou matriarcale ?
La question est d’autant plus grave qu’elle peut même être constitutive d’une hérésie car Dieu n’a-t-il pas dît que le plus proche de Dieu est le plus croyant d’entre-vous.
إن أكرمكم عند اللهِ أتقاكم)
Et cette croyance en Dieu, signifie que l’on souscrit à toutes les prescriptions de notre sainte religion.
Prescriptions qui mettent l’homme dans un perpétuel jugement par rapport à ses actes et non par rapport à sa lignée ou à sa descendance… Que vous soyez descendant direct de tous les rois d’orient ou d’occident ou de tous les saints de la terre, vous ne pouvez vous prévaloir de cette lignée pour justifier vos actes ni devant Dieu ni devant les hommes.
Que les Mauritaniens comprennent que les puissantes nations d’aujourd’hui se sont bâties justement en reconnaissant que tout développement se doit d’être bâti sur l’humain et autour de l’humain, détaché de tout préjugé quant à ses origines ou à sa descendance. Et que le plus valeureux de leurs ancêtres n’est pas un prétexte pour justifier une mauvaise guerre et que le plus chérif de leurs ancêtres n’est pas un prétexte pour prouver sa bonne foi. Car qu’adviendrait-il alors des lois, de la nation et de l’Etat ?
Sinon une concentration d’humains qui chantent les louanges de leur lignée ancestrale dans une misère qu’ils tirent directement de la lignée de leurs actes.
A force de clamer que nous sommes de la race des seigneurs, ne sommes-nous pas devenus (par nos actes d’appauvrissement de notre pays, d’avilissement de notre prochain par sa couleur et sa race, par nos actes qui détruisent toute une nation qui saigne dans son présent et son avenir), plutôt de la race des saigneurs ?
كن ابن من شئت واكتسب أدباً
يُغْنِيكَ مَحْمُودُهُ عَنِ النَّسَبِ
فليس يغني الحسيب نسبته
بلا لسانٍ له ولا أدب
إن الفتى من يقول ها أنا ذا
ليسَ الفَتَى مَنْ يقولُ كان أبي
Pr(ince) ELY Mustapha (Ould Antar Ibnou Cheddad).
cridem
Thechnologie: Facebook, instagram, WhatsApp affectés
Selon les médias les plus grands sites Web du monde sont frappés par une série de pannes liées à un important problème d’internet dans le monde.
Facebook, Instagram, WhatsApp et bien d’autres souffrent de problèmes qui empêchent les gens de se connecter à Internet via des sites Web et des applications.
La cause du problème n’est pas claire, ce qui ne frappe que des utilisateurs spécifiques pour certaines raisons. Il n’est également pas confirmé comment ou si les problèmes sont liés.
Facebook, Messenger, Instagram et WhatsApp travaillent pour résoudre le problème.
Présidentielles 2019 en Mauritanie : échec de l’opposition à présenter un candidat unique
Comme attendu, le vœu ne s’est pas réalisé. L’opposition mauritanienne s’est rendue à l’évidence dans son incapacité à se choisir un candidat unique pour les prochaines élections présidentielles, selon les sources du site d’informations Sahara Media.
Cette annonce a été faite mardi, 12 mars lors d’une ultime réunion entre les responsables du pôle de l’opposition en indiquant qu’ils n’ont pas pu atteindre le consensus, préférant faire cavalier seul.
L’opposition réunissant plusieurs partis politiques n’a pas pu finalement dégager un candidat unique pour les prochaines élections présidentielles, et non plus à mettre en œuvre une feuille de route et un programme communs.
Cet échec de consensus confirme que les clivages existants entre les formations et les personnalités politiques de l’opposition restent et resteront toujours un grand handicap pour des réformes à mener pour la reconstruction du pays.
Une équation délicate à résoudre face aux intérêts égocentriques de chacun et aux divisions qui règnent au sein de l’opposition.
Maintenant la question qui se pose, est qui seront ces multiples candidats de l’opposition à vouloir briguer la magistrature suprême.
Dans un scrutin où dés le 1er tour, les opposants risquent avec la multiplicité des candidatures, de donner davantage de chances au candidat du pouvoir de remporter les élections, autrement dit le dauphin de ould Abdel Aziz
A rappeler que l’opposition mauritanienne avait signé auparavant un accord consacrant une alliance électorale pour se choisir un candidat unique et autour de la nécessité que celui-ci leur présente un programme électoral préalablement élaboré par la commission mise sur pied par l’opposition à cette fin.
senalioune
Mauritanie : Naissance de l’Union des Patronats du G5 Sahel
ALAKHBAR (Nouakchott) – La capitale mauritanienne, Nouakchott, a abrité lundi l’Assemblée générale constituante de l’Union des Patronats du G5 Sahel (UPAS).
L’UPAUS vise à mettre sur pied un mécanisme institutionnel pour les échanges commerciaux entre les patronats et à supprimer les barrières qui ralentissent l’activité commerciale entre les pays du G5.
L’UPAUS œuvre aussi pour faire du secteur privé une locomotive de la renaissance économique et sociale dans les pays du G5 Sahel et accompagner les efforts conjoints dans le domaine du renforcement de la sécurité et du développement des pays membres.
Le président de l’Union Nationale du Patronat Mauritanien (UNPM), Mohamed Zein El Abidine Ould Cheikh Ahmed, a souligné que la diversité des ressources économiques des pays du groupe G5 doit être exploitée pour concrétiser la complémentarité et l’intégration économique par le biais d’un cadre institutionnel.
Les “100” jours du gouvernement Béchir : Sclérose et Flou total
Plus de cent jours que le nouveau premier Ministre, Mohamed Salem Ould Béchir, a pris fonction à la tête d’un nouveau gouvernement, à la suite des élections générales de septembre.
L’homme peine encore à enfiler son nouveau costume et se résigne à du surplace. Ses appels à violer la Constitution pour un troisième mandat ont précipité sa dépréciation. Malgré son passage devant les députés et le discours copié-collé de ses prédécesseurs, l’action du chef du gouvernement est bien plus léthargique qu’on pouvait le soupçonner.
Sans doute parce que le nouveau locataire traine avec lui un énorme déficit professionnel et un manque de légitimité politique. En fait, l’homme n’a fait que prendre le train en marche –après avoir failli faire dérailler celui de la Snim. Mais ce n’est, sans doute pas, sa faute, cette fois.
En effet, l’homme ne s’attendait pas à une telle promotion malgré les innombrables services rendus à son employeur. S’il pouvait se confondre, dans les précédents gouvernements, avec tous les ministres qui le composaient, Ould Abdelaziz ne lui a pas rendu l’ascenseur en l’exposant ainsi à l’appréciation de l’opinion. La mine timide, Ould Béchir est tout sauf une foudre de guerre.
Il est bien loin du chef d’orchestre et du politique dont rêvait certainement Aziz en l’imposant à ce poste, au moment où l’optique du 3ème mandat était portée en étendard. D’ailleurs l’on se demande toujours comment le président Aziz, en fin de mandat, pouvait-il espérer insuffler, à un moment aussi crucial pour lui, une quelconque note d’espoir en nommant Béchir aux commandes du gouvernement ; lui qui a échoué à redresser la Snim et bien avant elle la Somelec (2009-2013)? Assurément, les raisons de cette « confiance» étaient ailleurs.
Un baptême avorté
Après son coup d’essai insipide à l’Assemblée nationale, le premier Ministre entrant, arrivé en sa qualité de simple militant UPR dont il n’appartenait pas au directoire, s’est englué dans une vaine tentative de se faire de la place. Malgré ses coups de boutoirs pour haranguer les gens du Chargh et ses appels au troisième mandat, en faveur de son mentor, Mohamed Ould Abdelaziz, Mohamed Salem Ould Béchir a visiblement raté le coche politique.
Depuis l’homme semble mieux accepter sa position de figurant en revoyant à la baisse son ambition. Il faut dire que cette tentative de « susciter » le 3ème mandat n’a jamais été bien vue y compris dans le cercle du pouvoir. Depuis, le premier Ministre qui a remplacé sur l’échafaud, Yahya Ould Hademine, traîne cette tentative comme un boulet aux pieds. A 57 ans, plusieurs fois ministre (2013 et 2016), Ould Béchir découvre ses limites politiques.
Ajoutons-y son « expérience » managériale des entreprises publiques et la sclérose qui sévit depuis plus de 100 jours à la tête du gouvernement pour mesurer l’ampleur de la déception de l’opinion publique déjà mal servie par une gestion désastreuse accentuant la promiscuité des populations. Ould Abdelaziz constate, mais un peu tard, qu’il avait misé sur un cheval perdant.
J.D
Mauriweb



