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Réunion de la Communauté Halpulaaren proche du pouvoir chez Kane Yahya : «Réconcilier les clans et se positionner pour la présidentielle»
La maison de Kane Yahya, a abrité, jeudi 21 mars, dans l’après-midi, une importante réunion de la communauté Pulaar de la majorité présidentielle. Notables, hauts cadres de l’administration, des généraux à la retraite de l’armée et quelques jeunes ont accouru de tous les quartiers de la capitale.
Cette rencontre avait pour but de sceller la réconciliation entre les différentes tendances politiques de la vallée, d’une part, de créer un cadre de concertation et suivi sur les problèmes spécifiques de cette partie du territoire national, mais aussi d’arrêter un choix commun pour la présidentielle prochaine, d’autre part. En effet, comme partout ailleurs, les clans politiques ont étalé toutes leurs divergences politiques, lors de la dernière réimplantation de l’UPR puis au cours des investitures des candidats pour les municipales, législatives et régionales de septembre dernier, au point que certains responsables politiques de la communauté se regardent en chiens de faïences, s’invectivent même, reléguant ainsi en arrière plan, les intérêts de leurs compatriotes. La tâche était ardue, le défi énorme et il a fallu que certains hommes comme Bâ Bocar Soulé, Kane Abdoul Wahab et N’Gaidé Alassane s’activent, avec le soutien décisif de Mme Bâ coumba chargée de mission à la présidence, des généraux à la retraite, Dia Adama , N’Diaga Dieng et de Félix Négri, pour en arriver à la réunion de ce jeudi, 21 mars. Une date à marquer, d’une pierre blanche, pour certains dans les démarches unitaires de la communauté Foutanke. Ils ont réussi, en quelques semaines, à réconcilier ceux qui ne se parlaient même pas, dans les 7 régions du pays où vivent les Peulh, en particulier dans la vallée, avant de contacter et de sensibiliser, autour de la problématique unitaire, les notables, les cadres, imams et certains acteurs de la société civile. Tous ont accueilli favorablement le projet d’où leur présence importante au lieu de la rencontre pour écouter le compte rendu des démarches effectuées et d’envisager, dans la sérénité, la prochaine présidentielle. Parce que reconnaissent les différents intervenants, sans l’unité et le resserrement des rangs, point de réussite des actions et démarches à entreprendre. Sans l’unité observe un cadre, nous ne pèserons rien dans l’arène politique.
L’unité, l’unité, l’unité
Expliquant l’objet de cette rencontre, M. Bâ Bocar Soulé a fortement insisté sur l’urgence de dépasser les querelles entre les acteurs politiques pour s’unir autour de l’essentiel, ” sans unité dans nos rangs, point de succès dans nos combats quotidiens pour la communauté et pour le pays”, dira-t-il. Et de préciser: nous ne nous réunissons pas ici parce que nous sommes hostiles aux autres composantes du pays, mais, parce que nous avons d’abord à surmonter nos clivages internes, à extirper le mal qui mine nos rangs et à débattre de nos problèmes spécifiques et enfin, à tendre la main aux autres compatriotes. Il s’est réjoui de la grande mobilisation de la communauté, ce qui, à ses yeux témoigne de l’adhésion à l’idée mise en branle par les jeunes parlementaires de la vallée.
En effet, sollicités par la direction de leur parti, pour apporter un soutien aux candidats de l’UPR, contraints au 2e tour, au niveau d’El Mina et au 3e tour à Arafat, les parlementaires dont N’Gaidé Abderrahmane et Niang Mamadou Younouss sont descendus dans ces quartiers populeux. Le parti leur avait assigné la mission de sensibiliser l’importante communauté négro-africaine vivant dans ces départements pour voter pour les candidats UPR. C’est dans ce cadre qu’ils ont décidé, après avoir écouté les populations exposer les problèmes qu’ils vivent dans leur quotidien, de transmettre ces doléances aux plus hautes autorités de la République et d’œuvrer à leur satisfaction. Cette réunion de jeudi est donc l’aboutissement de cette démarche.
Chapelet de doléances
Prenant la parole à son tour, le général à la retraite Dia Adama a explicité les objectifs attendus de la rencontre. Après avoir rappelé, à l’attention de ceux qui seraient amenés à en douter, que les Peulh sont des mauritaniens au même titre que les autres composantes du pays, qu’ils ne se réunissent pas contre les autres, mais pour débattre de leurs problèmes spécifiques. Nous ne sommes pas extrémistes, nous sommes des centristes et réclamons simplement des droits. Lesquels problèmes touchent l’état civil, des rapatriés rentrés au pays sans état civil, sans lequel on ne peut ni candidater, ni voter, manque de moyens pour mettre en valeur la terre et le cheptel. Il faut mettre en rapport les investisseurs et les propriétaires, suggère-t-il ; le chômage des jeunes, l’absence d’hommes d’affaires et donc d’investissements pour améliorer la production agricole et tendre vers l’autosuffisance alimentaire, car un homme qui a faim n’est pas digne; la question des langues nationales, pour le vivre ensemble, la représentativité au sein de l’administration… Sans égalité, point de justice.
”Le discours de Ghazwani nous rassure”
Évoquant la prochaine présidentielle, le général à la retraite n’a pas manqué d’attirer l’attention des participants sur le choix responsable qu’il faut opérer. Dans ce cadre, il fait observer que parmi les personnalités qui ont officialisé leur candidature, seul le général Ghazwani est sensible aux préoccupations de la communauté ci-haut mentionnés. Dans son discours, il a reconnu, poursuit le général Dia, les efforts faits, les insuffisances enregistrés avant de s’engager à régler les problèmes d’injustices dont sont victimes certaines communautés. Dès lors, estime-t-il, il faut aller vers celui-là pour lui proposer un partenariat. Son discours nous rassure parce que nous sommes des citoyens modérés de ce pays.
Pour ce faire, l’ensemble des doléances de la communauté qui se sent très marginalisée dans l’administration et presque tous les autres secteurs de l’état, feront l’objet d’un document qui sera soumis au candidat par une commission qui sera désignée. La commission de 3 personnes, à la base de l’initiative sera étoffée pour peaufiner le document avant de le présenter au candidat Ghazwani.
D’autres orateurs ont pris la parole pour abonder dans le même sens, instant surtout sur la concrétisation de cet engagement. « Si cette démarche n’aboutit pas, la communauté aura enregistré le plus cuisant échec dans son cheminement et dans ses rapports avec les autres communautés », a prévenu une intervenante.
Signalons que dans son mot de bienvenue à l’assistance, le doyen d’âge Kane Yahya, comme l’Imam Ball Mohamed, l’Imam Sow Abou avaient insisté sur l’urgence pour les membres de la communauté de réussir leur pari; ils ont félicité les initiateurs de la rencontre et souhaité son plein succès. M. Dieng Boubou Farba, a fait remarquer qu’il est inédit que la communauté se réunisse à la veille d’une échéance électorale pour se positionner derrière un candidat ; c’est un pas à saluer et à encourager ; il a suggéré de s’ouvrir aux autres qui vivent les mêmes problèmes que la communauté. De son côté, Sow Moussa Demba dit Thiombé, quelque peu sceptique, s’est demandé si les intérêts égoïstes laisseront enfin la communauté réussir le pari de l’unité. Il a invité les uns et les autres à faire preuve de maturité et de pragmatisme.
Notons qu’en plus de ces personnalités, on a noté la présence de Dia Amadou Mamadou, Bâ Mamadou Alassane, Yall Zakaria, Diallo Abou Moussa, Sow Adama, Kane Abdoul Wahab, Kane Moustapha, Wane Ismaila, N’Gaidé Lamine Kayou, Bâ Coumba, Le Pr. Kane Boubacar, Dia Moctar Malal, Djinda Ball, les généraux à la retraite, N’Diaga Dieng, Félix Négri, l’ancien ministre Bâ Ousmane, l’ancien maire Thiombé Sow, Bâ Amadou Abou, Kane Hadya,l’ancien ambassadeur N’Gam Adama, Kadiata Diallo…
LE CALAME
Mali: plus de cent morts dans un massacre dans le village peul d’Ogossagou
Au Mali, c’est un véritable massacre qui a eu lieu, au matin de ce samedi 23 mars, dans un village peul du centre du pays. Des hommes armés habillés en chasseurs traditionnels ont fait irruption dans le village d’Ogossagou. Selon des sources concordantes, plus de 100 personnes ont été tuées.
Cheick Harouna Sankaré est le maire d’une commune du centre du Mali. Comme d’autres, bouleversé, il décrit la scène. Tôt ce samedi matin, des hommes armés débarquent dans le village d’Ogossagou, non loin de la ville de Bankass, « massacrant plusieurs dizaines de civils peuls ».
Un autre élu donne des détails. Le chef de village, Amadou Belko Bari est « tué devant sa mère » qui sera, à son tour, « exécutée ».
Un chef religieux local, Bara Sékou, a également « été tué ».
Dans la furie, les assaillants n’épargnent personne… ni les femmes, ni les enfants, ni les jeunes, ni les vieillards, tous de la communauté peule.
Et comme s’ils s’étaient bien préparés, alors qu’un groupe tuait sans discernement, un autre groupe d’assaillants habillés en chasseurs traditionnels mettait le feu aux cases.
Dans le village d’Ogossagou, il y a également un endroit où étaient cantonnés les jeunes peuls armés, ex-jihadistes ou pas, qui souhaitaient intégrer le Processus désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR). Certains, parmi eux, ont perdu également la vie.
Selon des sources concordantes, le dernier bilan fait état de plus de 100 morts.
RFI
“Tu me précèdes et je te suis ou je te suis et tu me précèdes” ?
C’est le choix qu’un chasseur laisse à un autre à l’approche de la tanière du lion selon une histoire que les Haalpuaalen se racontent. Tout porte à croire que ce choix en apparence, non choix en réalité, s’applique au champ politique qui est un autre terrain de chasse.
Qu’à la veille d’une élection, chaque camp appelle à voter pour son champion est normal. Que celui-ci soit paré de plus de vertus que ses concurrents est banal. De là à accuser les réticents de tous les péchés est plus inédit. C’est pourtant ce qui se passe depuis plusieurs semaines à propos de la candidature de Birame. L’homme possède incontestablement des qualités. Qu’il en soit le seul détenteur au point que nul ne soit autorisé à marquer la moindre réserve à l’égard de ce qu’il fut ou de ce qu’il est , de ce qu’il dit ou de ce qu’il fait est nuisible au débat démocratique. Que l’on prenne le risque d’attiser (volontairement ou non) des crispations voire des tensions ethniques en tenant des membres d’une communauté pour ethnicistes, particularistes est particulièrement risqué. Ainsi conçue, la candidature de Birame enferme le citoyen électeur dans un carcan étranger au registre démocratique. Il ne s’agit plus du choix entre être pour ou être contre. Ne pas adhérer c’est trahir.Il existe dans certains cursus ce qu’on appelle des “options obligatoires”. Un oxymore. Cela y ressemble. Certains voudraient réinventer le vote obligatoire, sorte de fusil à un coup. Et il ne s’agit pas seulement de l’acte même de voter mais du choix du candidat. Il n’est pas sûr que ce soit lui rendre service que de présenter ce dernier en “sauveur suprême”.
Tijane Ball – Facebook.
Réponse à Oumar Ould Beibacar : On ne s’improvise pas historien !
J’ai un grand respect pour Oumar Ould Beibacar, mais son article – si l’on peut l’appeler ainsi, est truffé d’inexactitudes et d’anachronismes historiques. Je ne reviendrai pas sur tous les points.
Le lecteur intéressé pourra lire avec fruit la petite mais utile bibliographie que j’ai fournie à la fin de cette réponse. Son article a certes le mérite de chercher à établir des ponts entre les différentes communautés nationales mauritaniennes, ce qui est à son honneur.
Toutefois, il n’en reste pas moins qu’il pèche par sa légèreté et les nombreuses affirmations hasardeuses qu’il contient. L’auteur pouvait bel et bien évoquer les liens symbiotiques et historiques entre les différentes populations sans chercher à enlever les rôles historiques aux uns pour les attribuer aux autres.
Rien que le fait de situer la fondation du Tekrour au milieu du 19e siècle témoigne du caractère hasardeux de l’argumentaire. Je dois aussi souligner que l’attribution de la chute de l’empire de Ghana (Wagadu) aux Almoravides a été magistralement remise en cause à la suite des travaux des Professeurs Abdoulaye Bathily et d’Oumar Kane, mais également à la suite de la belle thèse de feu Le Docteur Abdourahmane Bâ, prématurément arraché à l’affection à la communauté universitaire.
L’arrivée des Almoravides dans cette localité a trouvé que l’empire en question végétait déjà à la suite des guerres fratricides et des péjorations des conditions climatiques. Les causes principales de la chute de cet empire ne sont pas imputables aux Almoravides, mais aux guerres intestines et aux péjorations des conditions climatiques.
J’avais eu des démêlés avec feu Le Professeur Pierre Bonte à ce sujet lors d’un colloque ici à Paris V parce qu’il continuait à divulguer cette thèse dans les universités françaises. Quand il a voulu minimiser l’apport de l’école historique de Dakar à la remise en question de cette thèse controversée, je lui ai dit droit dans les yeux qu’il était un ethnologue et non un historien et qu’en conséquence il devait arrêter de raconter du n’importe quoi. J’ajoutais que s’il avait le droit de s’en tenir à son “terrain maure”, il n’avait pas à venir déverser sur les autres des informations qu’il tirait sous les tentes où il prenait du thé avec ses informateurs et qu’un scientifique devrait avoir comme souci impérieux de vérifier et de confronter les sources.
S’agissant de la question de l’Islamisation de l’empire de Ghana, là également, Oumar Ould Beibacar prend, sans citer une seule source, le contre-pied de ce que les meilleurs spécialistes de la question et de la région ont écrit de façon circonstaciée et documentée. La thèse selon laquelle le Wagadu-Ghana avait été islamisé par les Almoravides a pendant longtemps prévalu dans les travaux alors qu’elle était fondée sur des sources controversées produites par des géographes dont la plupart n’avaient jamais mis pied dans la région en question, mais se contentaient de faire leurs travaux de synthèse à partir des sources de seconde main, sources très décriées en Histoire.
Parmi ces auteurs, il y avait Ibn Khaldoun qui avait vécu au 14e siècle, c’est-à-dire plusieurs siècles après la disparition de Wagadu-Ghana. C’est ainsi que des historiens de l’école historique de Dakar, après la confrontation des sources écrites et orales, mais aussi après une analyse rigoureuse du contexte de production des sources en question, se sont inscrits en faux contre cette thèse. Selon tous les spécialistes cités plus haut et dont les travaux sont dans la bibliographie que j’ai fournie à la fin de cette rapide réflexion, l’Islamisation de cet empire est antérieure à l’arrivée des Almoravides.
Cheikh Moussa Kamara et Oumar Kane parlent même de l’arrivée des 11 familles soninkées (parmi lesquelles : Sakho (Sako), Tuure (Touré), Barro, Diako, Doucké, Talla, etc) islamisées en provenance de l’empire de Ghana dans la région du Fouta Toro. Ces familles ont largement contribué à la diffusion de l’Islam dans cette région. Elles étaient composées des marabouts-jula. Oumar Kane, poussant l’analyse plus loin, affirmait même que les mots njuulu et julde viennent du mot Jula (soninké).
Il ajoute que le takande dow et takande less (taxande en soninké) pour parler des différentes parties du Coran, Kanmu (ciel), sallifana (la prière du dhohr) viennent du soninké, grâce à la place importante que les Julas (marabouts marchands soninkés) ont occupée dans la diffusion de l’Islam dans la région du Fouta Toro, entre autres. Ce n’est surement pas un hasard le fait que tous ces termes religieux soient empruntés à la langue soninké.
Cette petite mise au point rapide n’est pas du tout de nature à mettre la bonne foi de mon aîné Ould Beibacar en question, ni à installer une concurrence entre les communautés nationales mauritaniennes, mais à montrer qu’en Histoire on ne doit rien écrire sans confronter et critiquer rigoureusement les sources. Or beaucoup de faits banalement avancés dans ce papier et sur lesquels je ne reviendrai pas, faute de temps, font trembler tout historien qui se respecte, parce qu’ils ne tirent leur légitimité d’aucune source fiable.
En résumé, l’Histoire n’est pas une légende, un conte, une discussion des salons, un témoignage familial, une hagiographie, etc. L’histoire se fait à partir d’une démarche, mais aussi d’une confrontation et d’une critique rigoureuses des sources écrites et orales, entre autres. Tous les points avancés dans ma réponse peuvent être confirmés par la bibliographie qui suit.
Bibliographie
BA A., Le Tekrour des origines à la conquête par le Mali (VI-XIIIè siècles) CRIAA-Département d’histoire, Université de Nouakchott, IFAN-UCAD, Dakar, 2002, 176p.
BATHILY A., Imperialism and expansion in Senegal in the 19th century with particular reference to the economic, social and politic developments of the kingdom of Gajaaga (Galam), Birmingham, Center of west african studies, Ph.D. thesis, Paulo PARIAS. et John FAGE (dir.), 1975, 515p.
BATHILY A., « A discussion of the tradition of Wagadu with some reference to ancient Ghana, including of review of oral accounts, Arabic sources and archeological evidence », BIFAN, Série B, t.37, n°1, 1975, pp.1-94.
BATHILY A., Guerriers tributaires et marchands : le Gajaaga (Galam) le pays de l’or : le développement et la régression d’une formation économique et sociale sénégalaise (VIIIème-XIXème siècles), Thèse de doctorat d’Etat en Histoire, Université de Dakar, Catherine COQUERY-VIDROVITCH (dir.), 1985, 3 tomes : 358 p., 371 p. et 328p.
BATHILY A., Les portes de l’or. Le royaume de Galam (Sénégal) de l’ère musulmane au temps des négriers (VIIIème-XVIIIème), Paris, L’Harmattan, 1989, 379p.
BA O., Les Peuls du Foûta Tôro à travers leur tradition nationale orale et écrite, Thèse d’histoire de l’Université de Paris I, Yves PERSON (dir.), 1972, 1724p. BA O.,« Glossaire des mots mandé passés en poulâr du Foûta Tôro », BIFAN., T.XXXV., Série B, n°2, 1973, pp.433-443.
BA O.,« Glossaire des mots étrangers passés en Poulâr du Foûta Tôro », BIFAN., T.XXXV, Série B, n° 3, 1973. pp.667-711.
BA O., Le Foûta Tôro au carrefour des cultures, Paris, Harmattan, 1977, 424p. KAMARA S.M., Florilège au jardin de l’histoire des noirs. Zuhûr Al-Basātīn. L’aristocratie Peule et la Révolution des clercs musulmans (vallée du Sénégal) (Dir. J. SCHMITZ), Paris, Editions du CNRS, 1998, 460 p.
KANE A., « Histoire et origine des familles du Fouta Toro », Annuaire et Mémoires du Comité des Etudes historiques et scientifiques de l’AOF, Volume 1, 1916, pp.325-343.
KANE O., Le Fuuta Tooro des Satigui aux Almami (1512-1807), Thèse d’Etat en Histoire, Dakar, Jean DEVISSE (dir.), 1986, 1124p.
KANE O., « Les unités territoriales du Fouta Tooro », BIFAN, Série B, XXXV, 1973, pp.614-631.
KANE O., « La place des Almoravides dans l’islamisation des Noirs du Tekrour : l’état de la question », Actes de Colloque International sur le mouvement Almoravide », Cahiers des sources de l’histoire de la Mauritanie, n° 2, 1996, pp.133-142
KANE O., La première hégémonie peule. Le Fuuta Tooro de Koli Teηella à Alamaami Abdul, Paris, Karthala-Presses Universitaires de Dakar, 2004, 670p.
cridem
Adieux du candidat Ghazwani au gouvernement : Première gaffe?
Le candidat Ghazwani a fait ses adieux au gouvernement, lors de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, jeudi dernier. Le candidat favori à la prochaine présidentielle a avoué qu’il soutenait les initiatives réclamant le troisième mandat pour son alter ego, Mohamed ould Abdel Aziz qui, à en croire le désormais ex-ministre de la Défense, n’en voulait pas. Et d’ajouter qu’il avait été placé devant ses responsabilités pour continuer le travail entamé, voici quelque dix ans. Comme il le sait, mieux que quiconque, la question du troisième mandat a failli mettre la Mauritanie, sans dessus dessous, et tous les observateurs s’accordent à dire qu’il aura fallu l’intervention de l’armée pour pousser Ould Abdel Aziz à mettre fin à la prolifération des initiatives en faveur du troisième mandat. On ne savait pas si Ghazwani avait soutenu l’une ou l’autre position et le cas échéant, laquelle. Pourquoi donc s’être déclaré, maintenant ?
Rien ne semblait en effet l’obliger à lancer ce que les observateurs politiques considèrent comme sa première « bourde » ou « gaffe » de débutant. Alors que tout le monde avait salué sa discrétion, lors de la levée des dites initiatives, le voilà à se compromettre dans une sortie, sinon intempestive, du moins vraiment pas urgente. Des rumeurs avaient certes laissé entendre qu’il avait été sollicité, par les députés pétitionnaires, pour influer sur leurs homologues de l’Est et l’actuel chef d’état-major actuel, mais de là à conclure qu’il les soutenait, il y a un grand pas que les observateurs jugeaient infranchissable. On ne pouvait penser que le probable candidat soutenait une « violation de la Constitution » ni le soupçonner d’être un candidat par défaut, en ce qu’il bénéficiait, selon l’opinion quasi-unanime, du soutien de l’armée et de plusieurs chancelleries occidentales installées à Nouakchott, surtout préoccupées par des questions de sécurité au Sahel.
L’idée serait-elle de tenter de dissiper une certaine impression de flou, au sein la majorité, après une déclaration de candidature trop peu appuyée sur celle-ci ? Le 1er Mars, son discours novateur, pour ne pas dire de rupture et d’espoir de changement, semait en effet le trouble dans l’opinion. Un malaise entretenu, dès le lendemain, par toute une série de fausses notes : le 2 Mars, tenue, la peur au ventre, d’un congrès, sans enjeu ni résultat probant, du principal parti de la majorité (UPR), qui aurait dû l’investir, en tant que candidat… mais qui s’en abstint, en l’absence d’Ould Abdel Aziz ; mise en place, dans la foulée, d’une commission de préparation d’un congrès-bis chargé d’élire ses nouvelles instances… après la présidentielle ; déclaration malencontreuse d’Ould Adbel Aziz sur la candidature de son ami Ghazwani ; polémique autour d’une photo du Président décrochée de la salle où le candidat Ghazwani conférait, avec les membres de la commission de suivi du parti ; désamour désormais perceptible, entre Ould Abdel Aziz et ladite commission…
Qui trop embrasse…
On sent comme une espèce de cafouillage, au sommet de l’Etat, et la sortie du gouvernement du candidat l’entretient plus qu’elle ne le contrarie. Les rumeurs, sur l’imminence de l’annonce de la candidature de l’ex-PM, Moulaye ould Mohamed Laghdaf, accentuées par sa rencontre avec Ould Abdel Aziz, à son retour de voyage et le rappel, au gouvernement, d’un autre ancien PM, Ould Hademine, ne sont pas de nature à dissiper les suspicions au sein d’une majorité apparemment scindée en deux camps.
Pour nombre d’observateurs, Ghazwani aurait dû se taire sur la cuisine interne, au sommet de l’Etat et/ou de la Grande Muette. Sa stratégie de ne déplaire à aucun cercle de la majorité, en particulier celui de son compagnon de quarante ans, ne risque-t-elle pas lui constituer une faiblesse que ses concurrents ne manqueraient pas d’exploiter ? Comme sa trop forte « proximité », pour ne pas dire « complicité », voire dépendance, vis-à-vis de son alter ego qu’il ambitionne de remplacer à la tête du pays ? Rassembler, embrasser, c’est fort compréhensible mais trop, c’est au final, toujours mal étreindre…
DL
Le calame



