Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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«Editorial du Flambeau: DES SEMPITERNELS “POURQUOI”

 

altUn certain nombre d’événements, plus ou moins récents, ont eu un tel retentissement dans notre pays, qu’ils laissent bien des Mauritaniens perplexes.

Les réactions internes que ces événements ont entraîné et entraînent encore, la passion qu’ils déclenchent suscitent bien des questions, qu’on ne peut s’empêcher de poser. On ne peut également ne pas faire remarquer que s’il est légitime en effet de compatir aux souffrances du peuple Irakien, palestinien car à notre sens, la compassion est normale vis-à-vis de tous ceux qui souffrent.

On ne peut ne pas s’interroger sur le caractère discriminatoire et sélectif des actes posés.

–    Pourquoi, en effet, la classe politique arabo-berbère exprime-t-elle, aussi visiblement, aussi passionnément sa solidarité avec le peuple irakien, palestinien depuis toujours , pour rester muette devant le martyr du peuple noir victime de l’apartheid ?

– Pourquoi organise-t-on, ici et là, des quêtes en faveur des enfants irakiens, palestiniens et reste-t-on indifférent devant le malheur des enfants des camps de réfugiés Noirs Mauritaniens au Sénégal et au Mali à quelques pas de la frontière ?

– Pourquoi jamais marche ni manifestation ne furent envisagées pour se démarquer (à défaut de les dénoncer) des actes génocidaires du régime raciste entre 1986 et 1990 ?

L’acte d’humanité ou les questions de principes peuvent-ils revêtir un caractère sélectif?

– Pourquoi enfin les événements extérieurs ont-ils plus de retentissements chez nous, que nos propres problèmes internes ?

– Pourquoi, surtout, la question de l’unité nationale-question centrale et grave- ne mobilise-t-elle pas autant d’énergie ?

Qu’est-ce qui nous importe au fait ?

L’insistance de la Mauritanie sur la question palestinienne ? C’est là autant de questions qui montrent que nos grilles de valeurs, notre sensibilité, notre philosophie même de la vie en dépit de toutes les dénégations sont différentes.

Il faut oser le reconnaître, oser l’accepter et le prendre en compte dans tout schéma de mise en place d’un cadre de coexistence. Et, pour nous, toutes ces considérations viennent justifier à posteriori amplement l’option de l’autonomie.

La lute continue!

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Mauritanité ! Qu’en dit l’histoire ?La construction politique de la Mauritanie : 1946-1960 (suite)

altLa construction politique de la Mauritanie : 1946-1960

Imaginée en Décembre 1899 par l’administration coloniale, la construction du cadre historique et géographique de la Mauritanie s’est poursuivie jusqu’en 1944. Mais c’est en novembre 1946 que commence sa construction politique. A l’instar des ressortissants des autres colonies, les Mauritaniens sont appelés à voter pour élire leurs représentants : un Député à l’Assemblée Nationale Française, un Sénateur et un Conseiller au Grand Conseil de l ‘Union de l’Afrique de l’Ouest. Ces élections symbolisaient le début d’une individualisation politique et territoriale par rapport au Sénégal.

Nous avons choisi de mettre en lumière cette période (1946 – 1960) très importante de l’histoire de notre pays, paradoxalement peu connue, alors qu’elle met en scène un nombre impressionnant d’acteurs dont certains, encore en vie ou disparus aujourd’hui, ont accepté d’être pour nous il y a un peu plus de vingt cinq ans de grands témoins. Des témoignages corroborés et complétés par des sources consignées dans les Archives nationales de Mauritanie et du Sénégal. C’est donc une période sensible, très sensible, voire trop sensible qui a vu naître les premières formes d’organisations politiques, les premiers enjeux de lutte pour la conquête, le contrôle du pouvoir et finalement notre présent.

L’élection de novembre 1946 : premier test pour la Mauritanie, premières frictions.

En 1945, l’annonce des prochaines élections avait suscité des hostilités entre Maures et Noirs. Les documents d’archives (Sous – série 2 G 45 : 134, Archives Nationales du Sénégal) indiquent cette unanimité chez les Maures que « le représentant de la Mauritanie ne saurait être un Noir »; et qu’ils commençaient à manifester une volonté de renouer avec le monde Arabe, évoquant un « éveil de la race Maure …… et le désir d’être rattachés de fait au Maroc ».

Les Noirs de la vallée du Fleuve Sénégal et du Hodh, qui se sentaient très attachés à leurs frères de sang du Sénégal et du Soudan (actuel Mali), estimaient que « seule une candidature européenne pourrait partager les voix en Mauritanie ».

Deux candidats briguaient le suffrage des mauritaniens à l’occasion de cette élection.

D’un côté, Horma Ould BABANA, interprète, engagé en politique en 1944 en adhérant au Bloc Africain de Lamine GUEYE et L.S. SENGHOR. Ce parti, affilié à la Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO) n’avait pas obtenu de grands succès auprès des populations de la vallée lors d’élections précédentes. A l’occasion de la campagne électorale d’août 1946, Lamine GUEYE et SENGHOR parcoururent le long de la vallée, et partout ils présentèrent Horma comme un chérif, un descendant du Prophète à qui devrait revenir de fait la députation d’un territoire dont les habitants sont des musulmans. Il avait déjà le soutien des tribus du Tagant et une masse importante des Noirs de la Vallée, victimes des brimades des chefs de cantons locaux.

De l’autre Yvon RAZAC administrateur français, candidat de l’administration coloniale.

A l’issue de l’élection de novembre 1946, Horma Ould BABANA est élu député de la Mauritanie par 6 076 voix contre 3 525 pour Yvon RAZAC.

En 1948, se créa une véritable fronde contre Horma, rassemblant les courants conservateurs Maures et Noirs ainsi que les tribus les plus engagées aux côtés de l’administration coloniale. Ses électeurs Maures se montraient «…impatients et, ne supportant plus l’influence noire, étaient (désormais) prêts à embrasser toute doctrine extrémiste quelle que soit l’étiquette pour couvrir leurs aspirations nationales » (source : 2 G 47 : 20, Archives Nationales du Sénégal, rapport politique du premier trimestre 1947, page 7). Tandis que les chefs traditionnels et une partie de l’intelligentsia Noirs de la Vallée se sentant trahis par l’administration coloniale et noyés dans un ensemble Maure, vont tenter de s’organiser en vue de défendre l’intérêt de leur communauté à travers un groupement politique.

L’apparition des premières formations politiques

– L’Union Générale des Originaires de la Vallée du Fleuve (U.G.O.VA.F) créée fin 1946 à Dakar. Elle connut trois phases :

En 1946, l’U.G.O.VA.F (U.G.O.F dans certaines sources) n’était qu’une simple association d’élèves et anciens élèves Haal Poular en et Soninko des deux rives, sortants pour la plupart de l’école Normale William Ponty, pour « créer un climat familial ». Présidée par Abdoulaye WATT, l’association comptait parmi ses membres : Thierno Saydou Nourou TALL, Samba GANDEGA, Aly Bocar KANE, Mamoudou Samba Boli BA, Moustapha TOURE, Ismail SY, Demba Labbo DIOUM, Aly Ciré BA, Boubou SALL…

En 1947, l’U.G.O.VA.F évolue pour défendre les intérêts de la communauté noire en territoire de Mauritanie et devient une association politique affiliée à la SFIO avec un seul objectif : Veiller aux intérêts des « fluviaux ». Le renouvellement de ses instances en 1948, verra apparaitre deux tendances qui occasionneront le départ des « futurs Mauritaniens » vers l’Entente Mauritanienne.

En 1951, Hamath BA, médecin en poste à Boghé sollicite et obtient le soutien de l’U.G.O.VA.F pour sa candidature aux législatives de 1951.

– L’Union Progressiste Mauritanienne (U.P.M). Créée en 1948 à Rosso, elle regroupait des chefs traditionnels, des fonctionnaires locaux et des administrateurs civils Français en service dans les Territoires du Sénégal et de Mauritanie. L’UPM se proposait de « réaliser l’union de tous les habitants de la Mauritanie, sans distinction de race ou de parti pour qu’ils deviennent éléments actifs de l’Union Française… ».

A sa naissance, il était présidé par Bouna Mokhtar, la vice-présidence était assurée par Sidi El Moktar N’DIAYE. Parmi ses membres les plus influents de l’époque, on peut citer : Mohamed Ould Daddah, Mokhtar Ould Daddah, Amadou Diadié Samba Diom BA, Thiécoura DEMBELE, Ahmed Saloum Ould HAIBALE, Abdallahi Ould Cheikh SIDIYA.

Patronnée par le Général de Gaulle et Abdallahi Ould Cheikh SIDIYA, l’U.P.M représentait une alliance de «grandes familles Maures et Noirs» avec une prédominance du Trarza et l’appui d’Émirs comme celui du Tagant Abderrahmane Ould Bakar Ould Soueid AHMED.

– L’Entente Mauritanienne, créée en 1950 par Horma Ould Babana à Rosso et une équipe de jeunes qualifiés de « socialistes » dont N’Diawar SARR, Di Ould Zein, Dieri SIDIBE, Harouna SALZMAN, Dey Ould Sidi BABA, rejoints par Samba GANDEGA et Mamoudou Samba Boli BA qui viennent de quitter l’U.G.O.VA.F. L’Entente ambitionnait de « faire évoluer le pays d’une structure archaïque et féodale vers un statut démocratique, avec l’aide de la France ». Le parti va s’affilier d’abord à la S.F.I.O, puis à l’Union Démocratique des Socialistes Républicains (U.D.S.R).

L’élection de Juin 1951 : un paysage politique redessiné

La perspective de l’élection de 1951 pour le renouvellement du siège de député représentant le Territoire de Mauritanie à l’Assemblée Nationale Française, fait naître un regain d’activités au sein des partis en présence.

Si l’Entente et l’U.G.O.VA.F n’eurent aucun mal à désigner respectivement Horma Ould Babana et Hamath BA comme candidats, du côté U.P.M, le choix du candidat ne fut pas simple : l’administration coloniale interfèrera et préfèrera Sidi El Moktar N’DIAYE.

En prélude à cette élection, l’UGOVAF tenta d’exploiter le sentiment d’insécurité, régnant au Gorgol et au Brakna surtout, créé par celui qui est présenté comme un brigand : Ould MSEIK ou MSEIKINE, de son vrai nom Mohamed Ould MSEIKINE qui s’attaquait principalement aux Haal pulaar en du Brakna. Cette politisation se fera par l’entremise des représentants locaux (Boghé) du Rassemblement Démocratique Africain (RDA) : Oumar BA et Mamadou Sada WANE. L’administration mettra fin aux jours de Ould MSEIKINE en 1952. Était-il brigand, manipulé ou révolté contre les injustices que subissaient les Haratines ?

A l’issue du scrutin de Juin 1951, l’U.P.M sort vainqueur avec 39 646 voix contre 23 323 voix pour l’Entente Mauritanienne et son candidat, Sidi El Moktar N’DIAYE, est donc élu Député. Mais cette victoire est contestée par les autres partis qui voient dans cette élection une mascarade orchestrée par l’administration coloniale visant à favoriser celui des candidats qui représenterait le mieux ses intérêts. En effet, depuis la découverte des mines de fer à Zouerate et de cuivre à Akjoujt, la France a beaucoup investi à partir de 1946 pour exploiter ces richesses. Cet engagement du capitalisme français s’accompagne désormais d’une ingérence dans les affaires politiques de la Mauritanie.

Ce qui n’a pas empêché l’UPM de connaitre une crise dès 1953, lors du choix du candidat au Grand Conseil de l’AOF. A la demande des Noirs de ce parti d’être représentés par Moktar TOURE, l’UPM imposera Souleymane Ould Cheikh SIDIYA. Celui-ci battra N’Diawar SARR de l’Entente par 22 voix contre 2 (Circulaire 338/INT – AP du 19 Avril 1952 et Série B55, Archives Nationales de Mauritanie). La base de ce parti reproche à ses dirigeants de faire preuve d’inertie. Sa jeunesse, sensible à la fermentation politique au Maghreb et en Afrique Noire va claquer la porte avec son chef de file Mohamed Ould JIDDOU et forme l’Association de la Jeunesse Mauritanienne (A.J.M) à Rosso avec Yacoub Ould BOUMEDIENE et Mohamed Ould JIDDOU. L’AJM restera un creuset d’idées et un foyer de formation politique de jeunes Maures hostiles à toute éventuelle intégration de la Mauritanie à l’Afrique de l’Ouest. Elle évoluera lentement mais progressivement vers un mouvement pan arabiste, voire pro marocain.

L’élection de 1956 : Nouvelle recomposition, affirmation plus claire des clivages

altPour ce deuxième renouvellement du poste de la représentation du Territoire de Mauritanie, trois candidats s’affronteront : Sidi EL Moktar N’DIAYE pour l’UPM, Horma Ould BABANA pour l’Entente et Mohamed Ould JIDDOU de l’A.J.M.

 

Sidi El Moktar NDIAYE remporte l’élection de janvier 1956 avec 106 000 voix contre 7 731 voix pour le candidat de l’Entente et 584 à celui de l’AJM.

Après cette défaite, l’Entente Mauritanienne implose :

– d’un côté Horma Ould BABANA rejoint le Maroc la même année et s’aligne sur les positions du parti Al Istiqlal de Allal El Fassi qui avait des visées territoriales sur la Mauritanie. Ces revendications, formulées en 1956, vont se préciser en 1957 et devenir officielles en 1958. Horma Ould BABANA va épouser ces revendications qui prendront un caractère armé (Armée de Libération Nationale) avec à leur actif le siège de la ville d’Atar et plusieurs attaques  en Territoire mauritanien jusqu’à la veille du Congrès d’Aleg.

– de l’autre côté, certains Noirs de l’Entente forment, à Kaédi, le Bloc Démocratique du Gorgol (BDG) en 1956 et lorgnent de plus en plus les Fédéralistes comme SENGHOR qui propose une indépendance du Sénégal dans un cadre fédéral avec le Soudan (actuel Mali).

L’AJM de son côté ne s’en relèvera pas. Naitra de ses cendres la NAHDA, crée en août 1958 à Kaédi par Bouyagui Ould ABIDINE et Mohamed TAGHI avec un programme politique « révolutionnaire », inspiré des luttes du Machrek et du Maghreb. Seulement ce parti, composé exclusivement de Maures, était tellement pan arabiste qu’il finira par épouser l’idée du Grand Maroc, mettant en cause l’existence de la Mauritanie dans ses frontières de 1944.

La tension était tellement perceptible qu’un administrateur français a cru bon d’attirer l’attention d’un groupe de Maures en 1956 en ces termes « Si vous ne faites pas instruire vos enfants, les Noirs continueront à occuper toutes les bonnes places et l’on continuera à voir le médecin noir commander à l’infirmier maure » (Francis de CHASSEY : La Mauritanie 1900 – 1975).

Le Congrès d’Aleg : Mythe et réalités

Avec l’entrée en vigueur de la loi-cadre, chaque Territoire  peut élire sa propre Assemblée Territoriale et un Conseil de Gouvernement. En Mauritanie ses élections auront lieu en 1957.

Pour l’élection du Conseil de Gouvernement, l’UPM présente la candidature de Mokhtar Ould DADDAh. il est élu en mai 1957 Vice-président du Conseil de Gouvernement. Son élection symbolise la continuité des bonnes relations entre la France et sa tribu, celle de Cheikh Sidiya Baba (Oulad Biéri). Son mariage avec une française renforce cette idée. Dès lors, la France ne pouvait  craindre de lui une attitude contestatrice.

Mokhtar Ould Daddah forme alors un Conseil de Gouvernement (premier gouvernement de Mauritanie)  composé de huit membres : Cinq Maures, deux Français et un  Noir : Amadou Diadié Samba Diom BA au portefeuille technique de Ministre des Travaux publics.

Désormais, avec la confiance de la France, Mokhtar Ould DADDAH est « programmé » pour prendre en mains la destinée de la future Mauritanie. Maitre à bord du navire Mauritanie, il place alors l’unité nationale au premier plan de ses préoccupations, forme une équipe gouvernementale ouverte aux anciens de l’Entente, appelle les Mauritaniens « à faire ensemble la patrie» et convoque un congrès de regroupement des forces politiques : c’est le très célèbre congrès se tiendra  du 2 au 5 mai 1958 à Aleg dont les deux premiers jours seront marqués par d’après discussions sur l’orientation politique et la conception du type d’État en Mauritanie. Le Congrès d’Aleg verra la participation de tous les  poids lourds de la période 1946/1958 et confirmera le poids politique de certains autres éléments du Sud comme Youssouf KOITA, Dah Ould TEISS, Gaye Silli SOUMARE, Petit BA, Hamath NGAIDE,  et Yaya KANE.

A l’issue de ce congrès, les participants optent pour la participation à la Communauté Française avec option pour l’indépendance, créent un nouveau parti, unitaire : le Parti du Regroupement Mauritanien (P.R.M, qui deviendra Parti du Peuple Mauritanien) et désignent un comité paritaire, composé de 4 Noirs et 4 Maures, chargé de réfléchir sur la cohabitation. Ce comité était dirigé par Gaye Silli SOUMARE et Mohamed Ould CHEIKH. Mais ses conclusions resteront lettres mortes. Deux tendances se dégagent alors parmi les congressistes Noirs. L’une, autour du Dr Moussa Sao, Abdoul Aziz BA, Racine TOURE, Bocar Alpha BA, prône la Fédération. L’autre choisit de jouer la carte de la Mauritanie unitaire, « trait d’union entre l’Afrique méditerranéenne et l’Afrique noire ».

Le 28 Septembre 1958, les Mauritaniens adhèrent par référendum à la Communauté et se dotent d’une Constitution le 22 Mars 1959 puis d’un deuxième Gouvernement de 10 membres, élargi à d’anciens militants de l’entente Mauritanienne. La représentativité des Noirs semble être fixée à un sur cinq. Ils sont deux : Amadou Diadié et Mamoudou Samba Boli BA qui occupe le portefeuille de l’urbanisme et de l’habitat.

Les revendications des noirs du Sud vont passer de la représentativité proportionnelle à la mise en cause de la cohabitation. Cette règle va se confirmer dans le 29 Septembre 1961 avec la nomination du troisième Gouvernement : Sur onze membres, seuls deux sont noirs, il s’agit de Bocar Alpha BA qui fait son entrée à la santé et Mamoudou Samba Boli BA aux finances.

L’évolution politique du pays va continuer à susciter des contestations qui ont conduit à la création des deux nouveaux partis, à assise régionale. D’un côté, l’Union Nationale Mauritanienne (U.N.M) créée en Juillet 1959  visait à « préserver les liens historiques avec la Fédération du Mali (Sénégal et Mali). Ses principaux animateurs étaient des mécontents du congrès d’Aleg : Ould KHATTRI , Abdoul Aziz BA, Tène Youssouf GUEYE et Yaya KANE. De l’autre, l’Union Socialiste des Musulmans Mauritaniens (U.S.M.M) créée à Atar en 1960. Mal connue, l’USMM exprimerait avant tout un particularisme régional de l’Adrar.  Ce regain de régionalisme marque le climat politique de notre pays à la vieille de son accession à la souveraineté internationale. Plus tard, en 1963, avec l’Union Générale des Originaires de la Mauritanie du Sud (UGOMS) puis en 1966 avec le Manifeste des 19, des cadres de la Vallée réclamaient toujours une plus grande place pour les Noirs.

Le 28 novembre 1960, notre pays accède à l’indépendance nationale avec d’importantes réserves de cuivre et de fer surtout. Le minerai de fer de Fort – Gouraud (Zouerate) était estimé à 100 millions de tonnes d’un minerai titrant de 63 à 67% de fer, exploité par la société Française des Mines de Fer de Mauritanie (MIFERMA) dont l’État Français était actionnaire principal depuis juin 1952. Quant au cuivre d’Akjoujt, il est exploité par la société Française des Mines de Cuivre d’Akjoujt (MICUMA) depuis 1953.

A suivre, la cohabitation en collaboration avec Abderrahmane NGAIDE dit Bassel.

 

Boubacar DIAGANA & Ciré BA

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De la boîte au lettres à l’hôtel d’Aziz : Ils sont mauritaniens Président

altLes citoyens mauritaniens établis à Paris ont exprimé depuis le début de l’opération de l’enrôlement à vocation administrative leur désarroi. A la rue Montévidéo ( consulat de la Mauritanie), la coordination des forces démocratiques adressait ses doléances et leur déclaration hebdomadaire  à une boîte aux lettres, à défaut, d’être entendu et écouté par l’ambassadeur.  L’ ancien cacique du régime du cynique Taya préfère toutes les semaines,  regarder la télé, que de descendre de sa résidence et recevoir ses compatriotes. C’est un comportement encouragé entre mauritaniens.  De l’extérieur, on a une belle  et exemplaire diplomatie mauritanienne. Et pourtant,  depuis quelques mois, un immense “cortège noir” arpente, les grandes rues de Paris, en scandant des slogans qui devraient humilier à Nouakchott. On sert aux  curieux passants ces phrases-là :” Touche pas à ma nationalité”, “Je suis noir, je suis mauritanien” ” Stop le recensement raciste et discriminatoire” ” Non à l’esclavage”.    Et même ” Aziz Dégage”. Les résidents de ces quartiers sont surement consternés par la situation lamentable de notre pays. Ils entendent toutes les semaines les mêmes voix assoiffées de justice et d’égalité criées leur ras-le-bol. Mais, c’est Nouakchott qui fait la sourde oreille et qui s’entête comme son ambassadeur.

 L’ambassadeur dédaigne de voir ses compatriotes, sinon par une volonté de monter des dissensions dans les rangs de la coordination. Il ignore   qu’elle est plus que  jamais déterminée afin que Nouakchott suspende cette mascarade administrative aux risques énormes pour l’unité et la stabilité de la Mauritanie.

La visite du Président de la République ce jeudi à Paris pour une réunion ad hoc sur la Lybie, “les négro-mauritaniens de Paris” ont saisi  l’occasion pour lui justifier la fausseté de ses propos tenus lors du fameuse comédie  télévisée le mois dernier, à savoir que ceux qui manifestaient à Paris ne sont pas des mauritaniens. Aujourd’hui, les slogans de ses négros mauritaniens  ont eu des échos dans son hôtel. De sa fenêtre, il aura aperçu plus qu’un citoyen noir mais une victime de l’État mauritanien. Il aurait dû prendre un déjeuner avec eux avant d’aller statuer avec Nicolas Sarkozy sur le cas Khadaffi. Devant l’hôtel parisien, il y a des mauritaniens Monsieur le Président.

Silèye BA

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Le général nous impose la violence, que répondons nous ?

altNous avons écrit par le passé, nous avons manifetsé, nous avons demandé des audiences à tous les niveaux, certains de nos compatriotes ont utilisés, d’autres moyens, ruse, ralliements de circontances ou contre nature en vendant quelque fois leur personnalité , rien n’ y est fait. Notre pacifisme n’a pas été compris, au pire,il est interpreté comme une faiblesse et on a profité de cette attitude pour mieux diviser,pour mieux distraire et enfin pour mieux durcir la machine à broyer du Noir qualifiant cette race de maudite, étrangére à la Mauritanie, dangereuse à l’avenir et tous les autres qualificatifs inimaginables dans le seul but de réduire l’autre “NOIR” à néant, le privant de ces droits fondamentaux, ces terres sa citoyenneté, sa personnalité, sa dignité, son honneur , le réduisant au pire à l’esclavage ,chargé des corvées, des chameaux, des ooasis, du jardinage, du curage etc…
Le général nous a t-il pas imposé la guerre par ces pratiques ou non ?
L’homme n’est -il pas d’abord son histoire, sa culture, ses terres ancéstrales, son environnement, sa citoyenneté , sa dignité d’homme libre ….. ?
Faut-il continuer indéfuniment à écrire à se lamenter, à demander des états généraux de bavardage ou l’on tournerait en rond pour ne rien faire à la finale qu’endormir et gagner du temps pour démolir l’autre “Noir”?
Notre existence aurait-il un sens? notre combat aura t-il des résultats sans que nous sachions ce que nous voulions? ou nous allons ? pour quel but sans opportuinisme ni compromission ?
Franchement regardons nous de suite dans une glace, et determinons nous enfin pour arracher notre liberté niéee et bafouée par le pouvoir du général Abdel Aziz.
Que repondons nous à la violence imposée par le général ?
Hier, toutes les régions ont eu à leur direction de sureté , l’un des sbires, le verrouilage systématique continue, l’étau se resserre, l’eveil doit être à son apogée dans les régions, un soulevement populaire devait s’en suivre afin de créer un debut de reponse à la déclaration de guerre du général putschiste de la MAURITANIE qui continue de nier la diversité de notre pays, restant sourd et muet aux appels incessants de tous.

Adama Niang
Narbonne
 

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Mauritanie : Vaste mascarade policière, la face visible de l’exclusion

altLe Général Mohamed Ould Hady a rendu la copie « blanche » de son mouvement au cours duquel il a placé le dispositif régional de la sûreté. Un placement qui met à nu les pratiques malsaines du clientélisme et du favoritisme tribal versions revue et améliorée de la préférence nationale . Tout le monde y compris le président Aziz aura remarqué que le principe de l’équité, du respect de la diversité démontre une fois de plus la volonté officielle d’exclusion et du mépris des autres. Sur 15 directions, une seule est confiée à un certain Fodié Draman. Et dire que la Mauritanie traite ses citoyens à part égale frise l’hypocrisie. D’ailleurs à chaque fois ce mensonge dévoile au grand jour le racisme d’Etat érigé depuis des années en mode de gestion du pouvoir. Aujourd’hui l’administration publique a été nettoyée des cadres compétents de la communauté noire toute entière du pays. L’armée et la police n’en parlons pas ! Ce ne sont pas ces indemnisations de misère accordées en guise de « réparation » qui vont distraire l’opinion sur la réalité des faits. Ceux qui encore tentent de supporter, la mort dans l’âme, les vexations et humiliations de toutes sortes quitteront leur boulot à la moindre opportunité, vers des horizons plus dignes. Et cette vaste croisade contre les cadres noirs n’indigne outre mesure les citoyens épris de justice dont rarement on entend les plus courageux s’élever contre cette discrimination officielle. Pire, les esprits chauvins se contentent de trouver des arguments piteux pour justifier cet état de fait flagrant qui consacre l’hégémonie politico- tribal favorisé par un Etat irrespectueux des droits des autres. Les observateurs auront constaté que plus on évolue vers des institutions démocratiques, plus les pratiques discriminatoires s’intensifient. Quand au temps de Sidioca, une poignée d’administrateurs chevronnés noirs avaient été rappelés dans le commandement territorial, des lobbies extrémistes ont crié au sandale de voir un ministre de l’intérieur noir compétent rétablir les règles minimales de transparence. La suite est connue. En effet, tous ceux qui avaient été promus la veille seront démis plus tard de leurs fonctions à la passation suivante de témoin. Qu’est-ce qui justifie cette volonté mille fois renouvelée de s’acharner contre une composante aussi importante du pays à qui on a fait subir toutes mauvaises épreuves sans arriver à la bouter définitivement vers la porte de sortie du pays. L’exil et les déportations n’ont fait que renforcer la détermination de ce peuple à continuer de revendiquer ses droits de manière pourtant pacifique. Mais toute chose a des limites. Les combats menés par les haratines de l’Ira , des jeunes Touche pas ma nationalité sont autant d’exemples qui doivent alerter l’Etat à prendre ses responsabilités car cela n’arriva pas qu’aux autres. A bon entendeur salut ! Roufat

 Cheikh Tidiane Dia-LE RÉNOVATEUR QUOTIDIEN

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