Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Category Archives: Agora

Quelle honte pour ceux qui s´en prennent aux FLAM par Abdoulaye Ba

ba abdoulayeJe suis sidéré de constater que certains s´emploient à prendre pour cible les FLAM. Une organisation d’envergure qui est au service des opprimés et des sans voix soit aujourd’hui au centre des injures et des propos les plus calomnieux et sans fondement de certains esprits étriqués et revanchards. Pourquoi certains s’emprennent aux flamistes  avec leurs invectives pour vilipender des gens honnêtes et conscients de leur engagement. C’est vraiment un état d’âme mesquin rétrograde de s’attaquer injustement à l´organisation du président SAMBA THIAM pour le simple fait qu’un citoyen lamda a tenu des propos «déplacés» à l’encontre de quelques politico-politiciens.

 

Peut on me dire , qui a mieux travaillé plus que les FLAM pour faire avancer tous les dossiers de la braise sur la Mauritanie? Qui a plus dénoncé que les FLAM la situation des noirs en Mauritanie? Qui a plus porté le flambeau de lutte contre les inégalités sociales, les injustices, les exactions commises sur les noirs de Mauritanie? Soyons sérieux car certains ont pris le train du combat en cours chemin et ils marchent aujourd’hui sur des sentiers bâtis et les FLAM ne sont contre personne. Nous avons certes des divergences de points de vue, sur la méthode de lutte et le terrain du combat. Nous trouvons tout cela normal. Mais quant à dire que les FLAM ont perdu le combat ou croire que leur combat est insensé cela relève encore d’un manque terrible de visibilité . J’ose en tout cas dire sans ambages que les FLAM demeure l’organisation politique revendicative la plus structurée et la plus parfaite et la plus constante dans son combat. Elle mérite encore et pour toujours du respect de tous les mauritaniens épris de justice .

 

La lutte continue.

 

Abdoulaye Ba

Montreal- Québec

FLAM-Amérique du Nord.

www.flamonline.com

www.flamnet.info

 

Partagez

L’internet, l’allié magique de la démocratie par Abal Abass Al Fûti.

altL’ouragan démocratique qui balaie depuis quelques semaines le Maghreb prouve si besoin en était que chaque peuple reste en dernier ressort , maitre de sa destinée et l’artisan de sa propre histoire. Le peuple tunisien a vaillamment démontré que la liberté n’est jamais offerte sur un plateau d’argent. C’est heureux que les égyptiens s’en inspirent… Le beau combat pour la liberté doit mobiliser tous les progressistes afin que la terre soit débarrassée de ces dictateurs d’un autre âge et que triomphe partout la souveraineté des peuples . “Autant mourir debout, plutôt que de vivre à genoux” disait un certain Arafat. La peur, le fatalisme et le renoncement sont les trois maux dont nous devons apprendre à nous départir pour bâtir enfin des sociétés libres, démocratiques et développées.

Aujourd’hui , les temps ont changé. On est entré de plein pied dans la modernité à échelle planétaire. La plupart des analystes s’accordent à dire que le processus démocratique enclenché et voulu par les peuples jusqu’ici résignés, est quasi irréversible.

L’internet a définitivement changé la donne. Cet outil magnifique, révolutionnaire à plus d’un titre, fera l’histoire du vingt et unième siècle. Les masses populaires sont mieux informées , mieux éduquées à la chose politique, plus organisées grâce surtout aux puissants et épatants réseaux sociaux (facebook, twitter entre autres) , et donc plus difficiles à berner. Le temps des seuls médias  gouvernementaux qui s’érigeaient comme moyens de propagande et d’abrutissement populaire est révolu.

On peut ainsi affirmer que l’avènement et le développement spectaculaire des nouvelles technologies de l’information et de la communication et leur appropriation par les populations y compris les masses rurales créent les conditions irrésistibles à l’enfantement d’un monde plus juste où l’inacceptable ne sera plus toléré.

Abal Abass Al Fûti.

Partagez

Vers l’universalisme Mauritanien par Synaps Diallo

synpas diallo FLAMAu lendemain du cinquantenaire de notre pays, nous sommes toujours confrontés au problème d’identité. Laquelle choisir sans frustrer une partie de la population ? Comme on le sait, les langues sont liées à l’identité des individus, nous ne pouvons en choisir une et exclure d’autres. Nous ne pouvons aussi prétendre pouvoir parler toutes les langues nationales à la fois. Il nous faut devant ce dilemme faire le choix d’une langue, pour que tous les citoyens puissent communiquer et se définir une identité commune autour de la connaissance et de la quête de sens. Naturellement, les arabisants diront tout de suite que c’est l’arabe qu’il faut choisir, ignorant les milliers de leurs concitoyens qui ne le parlent pas. Prétextant que c’est la langue de la majorité et que le français est la langue du colon. C’est un argument très simpliste et la réalité est beaucoup plus complexe que cela tant au niveau historique que contemporain. La langue française contrairement à ce que beaucoup pensent, n’est pas choisie par les afro-mauritaniens pour plaire le colon, mais plutôt comme une langue neutre non assimilationniste, commune à tous pour éviter toute velléité de domination entre concitoyens parlant des langues différentes. 

 Je rappelle que les afro-mauritaniens ont tous combattus le colon, donc ce n’est pas pour une raison aussi banale qu’ils vont adopter sa langue. Résumer le français comme langue coloniale, reviendrait à redéfinir les frontières mauritaniennes selon les mêmes termes, car elle aussi léguée par le colon. D’autre part, les afro-mauritaniens ne peuvent pas se contenter de cet argument anti-assimilationniste puisqu’ alors il ne permet pas de trouver une solution. Une idée même juste devient absurde si on s’en contente. Il nous faut une langue commune, une identité commune, pour construire un peuple. Et ne surtout pas tomber dans ces idéaux sans issus de diversité linguistiques qui au fond ne marchent pas et n’ont jamais marché. D’autant plus qu’elles amplifient le communautarisme irrationnel, mère de tous nos maux. On ne pourrait trouver dans le monde une langue qui ne s’est pas mélangée avec d’autres aux grés de l’histoire. Un exemple frappant est le fait que dans le monde arabe personne ne s’exprime de la même manière, car l’arabe classique s’est mélangé avec celles parlées par les différentes populations autochtones. Comme ce fut le cas d’ailleurs entre l’arabe et l’araménien ou le français et le grec. Mais aussi grâce à l’amour que portent les peulhs pour la religion musulmane, plus de cinquante pour cent du poular est issus de l’arabe. Le pourcentage serait naturellement plus grand si l’histoire s’était déroulée autrement en Mauritanie, notamment leur amitié et métissage légendaire avec les peuples parlant arabe. Ce scénario est valable aussi pour les communautés Wolofs, Soninkés, Mauresques bien qu’à des proportions relativement différentes.

 Vivre dans le même espace et préserver l’intégrité de plusieurs langues est contre nature car cela s’oppose à l’évolution normale permettant de construire une nation paisible. Je persiste donc à penser que nos positions actuelles sur la question des langues est sans issus, elles ne pourront qu’engendrer des conflits et hélas indéfiniment, la preuve d’ailleurs est que depuis 50 ans cela dure et toujours aucune évolution, nous sommes toujours au point de départ. Le plus inquiétant est le fait que les défenseurs de tous bords d’une langue ou d’une autre ne le parlent pas vraiment. Combien de Peulhs aujourd’hui mènent une lutte acharnée pour le poular mais n’ont jamais lu un livre, ou écrit un article dans cette langue? Résumer le rôle d’une langue uniquement à son caractère maternel s’appelle du communautarisme pur et simple. Ce qui doit être défendu c’est plutôt la capacité pour une langue à fédérer le plus de monde possible autour de la littérature et le savoir de manière générale.

 La langue étend le canal, il faudrait bien qu’elle mène à un contenu enrichi continuellement par un grand nombre de ses locuteurs. Cependant m’en tenir à ce discours c’est faire un raccourci simpliste ignorant le contexte historique de notre pays. Il y a bien eu divorce entre les fils de la Mauritanie, une réconciliation s’impose bien évidemment avant tout. Et la meilleurs façon d’y parvenir c’est de venir avec des propositions fédératrices, ouvrir le dialogue, tenter de convaincre de la pertinence de nos projets, expliquer, rassurer, se faire comprendre plutôt que d’imposer une langue de la manière la plus arrogante et égoïste qui soit. Comme c’est le cas aujourd’hui où certains esprits limités veulent imposer l’arabe non par pour intégrer ou rassembler, mais plutôt de jeter de l’huile sur le feu à des fins très sinistres. Les extrémistes et chauvins ont récupéré cette question pour en faire un crédo justifiant leurs thèses contres historiques et scientifiques.

Ignorant que la défense de la langue arabe à vue aussi le jour au fin fond du Fouta contre ce que les Almamis appelaient à l’époque la langue des mécréants. A un moment où à un autre tous les fils du bled ont soutenu l’arabe, cependant non pas en tant que verbe uniquement, mais plutôt comme canal menant à la culture musulmane. Rien ne justifiait l’abandon des langues maternelles, car très tôt il était apparu pour ces populations de faire la différence nette entre la religion et l’arabité, ce qui n’est pas le cas dans le monde arabe ou la frontière est beaucoup plus floue. Ce qu’il faut alors c’est un compromis, un consensus. Et oui, pour construire une nation, il faut faire un pas vers l’autre, on aura tous à y gagner au finish. Ce n’est pas accepter la domination, mais c’est au contraire faire preuve de sagesse pour en sortir encore plus grand. Donc partant d’un dénominateur commun qu’est l’islam, ce patrimoine dont on est tous si fier et qui a émaillé tous nos mœurs, nos idéaux, notre philosophie ; nous pouvons choisir collectivement le vecteur commun le plus adapté : c’est naturellement l’arabe classique.

Cependant cette fois on y introduirait du vocabulaire Peulh, Wolof, Soninké, Hassanya (ce qui se fait déjà), mais aussi des termes techniques et scientifiques venant d’autres langues internationales. Cette entreprise verra la création de l’Académie Mauritanienne qui édifiera un dictionnaire national et se chargera de définir le pourcentage de chaque langue. Je vote déjà pour l’introduction des mots maro, diwline, mbourou (rire), des mots témoins d’une langue commune qu’on a ratée et qui se serait naturellement imposé si l’histoire s’était passée autrement dans notre pays. On ne peut changer l’Histoire, mais on peut construire l’Avenir. Cet essai vient bien entendu à l’heure d’un débat lancé sur l’éducation nationale. Cela passe par la définition de valeurs communes, d’une identité commune que nous aurons choisie et construite ensemble.

 Le Mauritanien du 21ème siècle je le veux à la fois universel, ingénieux, humaniste, impliqué dans toutes les grandes œuvres entreprises dans le monde. Il faudra donc introduire et mettre l’accent sur les droits de l’homme, l’histoire de la pensée humaine, la technologie, les sciences fondamentales, la philosophie. Le but sera de former des mauritaniens qui pensent par eux même et qui créent pour eux même, plutôt que toujours vouloir ressembler ou suivre les autres dans un perpétuel complexe, ou de toujours demander de l’aide même pour des problèmes résolus depuis des siècles par d’autres nations. Cependant pour une meilleure éducation, il faut un environnement propice. Cela implique même des questions sur la réforme de la famille mauritanienne. Le chantier est immense, cependant réalisable. « Les problèmes du monde ne peuvent pas être résolus par les sceptiques ou les cyniques dont l’horizon est limité par les réalités évidentes. Nous avons besoin d’hommes capables d’imaginer ce qui n’a jamais existé (…) Le changement est la loi de la vie. Et ceux qui ne regardent que dans le passé ou le présent sont certains de rater le futur (…) L’esprit humain est notre ressource fondamentale » John Fitzgerald Kennedy.

 Sherbrooke, le 29 janvier 2011

Synaps Diallo

FLAM-Canada-section Amérique du Nord

 www.flamonline.com

 www.flamnet.net

 

 

 

Partagez

La tragédie de la communauté africaine de Mauritanie : Omission ou occultation ? Par Hamdou Rabby SY

hamdou rabby syDans l’histoire de la cohabitation entre les peuples, il y a eu des politiques d’exclusion, d’extermination et de domination à partir de la mise en œuvre idéologique de pratiques empiriques de destruction d’ensembles humains dont le seul tort est de ne pas répondre à la construction d’un mythe national. Il en est ainsi de la communauté africaine de Mauritanie composée de plusieurs peuples dont la cible privilégiée fut les peulhs. Une idéologie nationale, tribale, raciste et chauvine a pris le dessus sur toute autre considération, notamment celle de la construction d’une communauté nationale fraternelle et égalitaire.

Dans un pays dont la superficie est de 1085000km2, n’est-ce pas aberrant d’engager une entreprise de dépeuplement au nom de considérations purement idéologiques ? Dans une Afrique qui, à l’époque, avait besoin de fédérer ses efforts, ses intelligences et ses ressources pour inaugurer l’ère des indépendances, une politique de dénégation de la construction dans son espace continental s’est engagée au point de méconnaître sa spécificité et de compromettre toute perspective de développement et d’ouverture à un horizon politique fondé sur la reconnaissance de l’humanité des êtres humains avant toute autre considération. Il est paradoxal de constater que tous les pays du monde ont consacré une vision communautaire de l’appartenance à une nation ou à un pays, à l’exception de notre Mauritanie qui a forcé son arabité idéologique et politique.

Il est clair que la Mauritanie a pris fait et cause pour une construction d’une République dont le principe fondateur est l’exclusion de l’une de ses composantes les plus importantes. La Mauritanie a fait le choix idéologique d’un appauvrissement systématique en procédant à l’exclusion de tout ce qui peut relever de l’expression de sa diversité. C’est ainsi que toutes expressions culturelles, artistiques, musicologiques, littéraires ne reflètent que l’existence d’une seule composante, les maures. Tous les symboles de l’Etat mauritanien sont maures. La Mauritanie officielle et réelle est une République maure dans toutes ses manifestations. La configuration sociopolitique de la Mauritanie fonctionne sur la base de la vigueur du principe du particularisme, en l’occurrence tribal. L’idéologie qui en découle dans son énonciation négative est le racisme et son effectuation constituante est le tribalisme. Le seul cadre de légitimité sociale et anthropologique est l’appartenance à une tribu. Cette dernière est le véritable creuset du pouvoir et l’instance d’approbation et de validation des décisions politiques.
La gouvernance mauritanienne, de Mokhtar Ould Daddah à Ould Abdel Aziz est tribale. La Mauritanie est suffisamment ancrée dans la bonne gouvernance tribale et clanique qu’elle n’a pas besoin de s’inscrire dans la dynamique de la démocratie rationnelle. Les dirigeants mauritaniens et leurs élites intellectuelles ont trouvé un équilibre entre la sociabilité tribale et la gouvernance moderne. L’important étant d’être en mesure de manipuler la communauté internationale, africaine et arabe dans le sens de faire fonctionner l’Etat mauritanien en se redistribuant les ressources financières de l’Etat. Pays où le détournement des ressources publiques fait partie des valeurs idéologiques et culturelles, la Mauritanie n’a jamais considéré que l’utilisation personnelle, clanique et tribale des ressources publiques, est un détournement ou un délit. Dans les mœurs politiques d’une certaine Mauritanie, ne pas détourner, et refuser la corruption, c’est ne pas respecter l’identité nationale du pays.

C’est pourquoi, il est étonnant de constater que Ould Abdel Aziz s’indigne devant le phénomène de la corruption, lui, qui est cité parmi les plus riches officiers de la Mauritanie avec Ely Ould Mohamed Vall. Seulement, il faut le redire, pour les Africains mauritaniens, ce n’est pas l’enrichissement de Ould Abdel Aziz ou de tel autre dignitaire civil ou militaire qui les intéresse. Mais, c’est la logique de l’occultation de la tragédie vécue par la communauté africaine, c’est-à-dire le génocide contre cette même communauté perpétrée sous le régime de Ould Taya et Ely Ould Mohamed Vall, sans que Ould Abdel Aziz ne nous précise qu’elle fut sa position à l’époque des faits, même s’il n’est pas encore cité sur la liste des tortionnaires, il fut aide camp de Ould Taya et commandant du BASEP. Il nous semble important de l’interpeller au lieu de nous laisser divertir par une prose déjà entendue parce que répétée par tous les anciens présidents depuis le coup de force de 1978 jusqu’à l’avènement de Ould Abdel Aziz.

A entendre l’actuel président, le problème de la Mauritanie serait un problème de mentalités et de gestion des ressources de l’Etat, comme si Aziz avait vécu depuis 1980 jusqu’à sa prise de pouvoir par la force, dans un monastère pour acquérir la vertu qui manquerait aux militaires et aux cadres de la Mauritanie. Notre général président serait ainsi, un homme vertueux, qui ne s’est jamais compromis, qui a toujours vécu en homme honnête se contentant de son salaire. C’est très curieux pour un officier mauritanien de son rang avec toutes les années de loyaux services rendus auprès du dictateur sanguinaire et raciste Ould Taya !

Il y aurait ainsi un mauritanien exceptionnel, ayant évolué dans le système en étant indemne par rapport aux dérives, aux vices et aux manquements, quelle force de caractère ! Il y a comme une sorte d’homme providentiel qui serait armé de vertus et d’une forte détermination pour s’attaquer au fléau le plus grave de la Mauritanie de ces deux dernières décennies. Il n’existe, selon notre président providentiel, que deux problèmes majeurs qui nécessitent la mobilisation de tous les Mauritaniens de tout bord dans le sens d’un sursaut national. Ce sursaut interpelle tous les Mauritaniens préoccupés par la survie économique et idéologique de la Mauritanie.

Il est clair que la Mauritanie de Ould Abdel Aziz est la Mauritanie idéologique inventée par Ould Daddah, et renforcée par Ould Taya, c’est-à-dire, la nation dont le credo politique est l’exclusion de sa composante africaine. Le seul danger auquel la Mauritanie aurait été confrontée dans son histoire, c’est la réalité de sa diversité qu’elle n’a pas eu à assumer dans sa construction politique, de façon délibérée et programmée. Il en résulte que le président Ould Abdel Aziz ne fait pas de la réalité du génocide et de l’impunité, le problème humain et politique fondamental de notre pays. C’est une affaire qui semble réglée, du moins occultée.

A l’heure où l’exigence de justice est fortement réaffirmée à travers la plainte contre Ould Taya, Ould Abdel Aziz s’engage dans des discours de diversion sur la corruption , les mentalités : des abstractions creuses qui ne peuvent constituer un programme politique.

Les Mauritaniens savent très bien sur quoi, faut-il s’engager pour que la Mauritanie retrouve une certaine confiance et s’inscrive dans la conquête de la vraie démocratie, celle qui ouvre la voie à une société juste, libre et égalitaire. Comment ne pas s’étonner de l’incapacité à regarder la réalité en face, celle de la domination, de l’oppression et de la marginalisation ? Ould Abdel Aziz continue les manœuvres habituelles de ralliement à sa majorité qui, de toutes façons, ne vont pas permettre à la Mauritanie de faire le saut dans le concert des nations émergeantes du monde, qui ont accepté de faire des sacrifices pour ne pas hypothéquer l’avenir de leurs peuples.

En effet, Ould Abdel Aziz est en train d’enfoncer notre pays au lieu d’avoir le courage de renoncer à une politique irrationnelle de manipulation de l’opinion internationale parce que les Mauritaniens ne croient pas à ce discours sur la mobilisation contre la corruption et les détournements de l’argent public. L’assainissement doit commencer par le respect des conditions pour sortir de la politique de l’arbitraire, de l’injustice et du clientélisme. Or, Ould Abdel Aziz ne fait qu’amplifier des pratiques séculaires, en ce sens, il doit être le premier à opérer le changement de mentalité. Il ne semble pas se démarquer dans son comportement et dans sa façon de présenter les choses ; rien de nouveau sous le ciel et sur le sable mouvant de la Mauritanie.

Les effets d’annonce n’ont jamais constitué une politique rigoureuse et de mise en application de la bonne gouvernance. Quand on gouverne par la force aveugle et injustifiée et sans mérite, on ne peut en attendre aucun changement, encore moins une politique de la vertu. Reconnaître l’existant et œuvrer dans ce sens est un grand pas. Le peuple mauritanien à l’instar de tous les peuples du continent africain et du monde arabe a trop souffert de l’irresponsabilité politique et de la démagogie.
On attend autre chose que la lutte contre le détournement et la corruption qui constitue le seul discours de la politique de la médiocrité qui a conduit les dirigeants mauritaniens au génocide contre une des composantes du pays. La rhétorique a des figures de style qui peuvent mieux inspirer. La panne se fait sentir dans la prose elle-même. Les Mauritaniens ont besoin d’une autre politique pour vivre une autre vie que celle de la répétition, de la monotonie, du mensonge, de la manipulation, de la facilité pour certains et de la souffrance pour d’autres. Il faut interrompre ce scénario du vide et de la mascarade.

Il y a un moment, l’audace politique en temps difficile, exige une politique du risque, celle qui consiste à rompre avec les sentiers battus, le déjà entendu et les sempiternelles récriminations. Les Mauritaniens ont envie de vivre autre chose que des parades quotidiennes qui ne font qu’enfoncer le pays dans le gouffre de la pauvreté, de la misère, de l’obscurantisme et de la médiocrité intellectuelle. Le monde avance et la Mauritanie recule chaque jour et au rythme des gouvernants.

Le discours de Ould Abdel Aziz s’adresse aux bailleurs de fonds pour remplir les caisses du budget, du trésor, de la dette extérieure dans le but de remplir les comptes et les poches des particuliers au pouvoir. Les mauritaniens opprimés, exclus et salariés sans responsabilité de chef de projet, de service ou courtisans, n’en profiteront pas. De même que les Mauritaniens des couches populaires resteront toujours des laissés pour compte. La politique du mensonge, du particularisme et de la frime conduira davantage notre pays vers l’impasse.

Une politique du sur place, une idéologie de la malveillance et une pratique constante de la manipulation constituent le fonds de commerce artisanal de la gouvernance actuelle. Pour qui sonne le glas ! A peine installé Ould Abdel Aziz a rejoint le sérail, il n’en adviendra rien de bon. Le monde avance, la Mauritanie recule et s’installe dans un endormissement qui promet un réveil très agité et excité ! Il y a de quoi prêter l’oreille aux supputations d’un changement comme à l’accoutumée. Ould Abdel Aziz n’a pas osé clôturer le chapitre de la politique du statu quo, de l’incompétence et de la farce. Les Mauritaniens doivent se faire au devoir de la lucidité et de la patience et renoncer au fatalisme et à la résignation. Peuple de poètes et de guerriers, réveillez-vous, la nuit est trop longue !

SY Hamdou Rabby
conseiller de l’AVOMM

Source: avomm.com

Partagez

Mise au point des réfugiés mauritaniens au Sénégal et Mali:” Nous désavouons les attaques contre les FLAM”

altDans un article récent paru sur le site Cridem et signé par un certain Poullori Galo, il est fait mention de l’engagement de femmes et d’hommes de convictions qui auraient apporté énormément au combat pour les droits et l’égalité en Mauritanie « sans phares ou trompettes » contrairement aux flam qui s’arrogeraient injustement ce combat collectif. Il est cité dans le texte de Poullori Galo, entre autres, en bon exemple, dans le cadre de ce combat, celui des associations de défense des droits des réfugiés.

 Monsieur Poullori Galo, vous pourrez vous rendre à l’évidence, qu’il n y a jamais eu, en tout cas en ma connaissance, et en tant que membre de la coordination des associations et collectifs des réfugiés mauritanien au Sénégal et au Mali, un seul texte rendu public émanant de nos différentes structures ou d’une quelconque organisation de réfugiés mauritaniens désavouant les Flam où les critiquant.

 Nous aurions bien apprécié vos louanges, si,votre texte faisant mention du noble combat que nous menons ne visait pas à dénigrer les Flam et ses représentants. Sachez que nos associations de réfugiés sont ouvertes à toutes les tendances politiques et à tous les courants idéologiques, pourvu simplement que soit respecté notre objectif visant à la défense des intérêts matériels et moraux des réfugiés mauritaniens et que soient respectés les droits de l’homme.

 A cet égard, vous comprendrez, alors, que nous nous passerons allégrement de vos appréciations fussent-elles élogieuses. Par ailleurs, ce n’est pas dans notre culture de parler sous-couvert de pseudonymes, nous avons le courage de nos idées et ne craignons pas les critiques aussi acerbes qu’elles soient et d’où qu’elles proviennent. Elles peuvent constituer des contributions qui nous aident à avancer.

 Il y a une certaine indécence à se cacher quand on se permet d’attaquer les autres sournoisement. La noblesse voudrait que lorsqu’on livre un combat, on le fasse loyalement et face-à-face. Pourtant dans votre texte, vous n’hésitez pas à livrer les noms de combattants que vous jugez valeureux et à en indiquer d’autres aussi valeureux, à vos yeux, par les initiales de leurs noms.

 Et vous, qui êtes-vous ? Fantômas ? Nous pensons qu’il faut arrêter d’amuser la galerie. Nous avons des choses tellement urgentes parce que cruciales à régler que de telles diversions ne se justifient pas. Dans l’urgence, ce qui nous intéresse c’est de savoir :

 Est-ce que les autorités de notre pays la Mauritanie sont-elles prêtes sincèrement à réhabiliter les déportés et tous les déportés, les réfugiés et tous les réfugiés dans leurs droits et tous leurs droits ? Est-ce que les autorités de notre pays sont-elle réellement disposées à faire la lumière sur les violations massives et graves des droits de l’homme commises sur une de ses composantes nationales lors des événements dits de 89 et à situer toutes les responsabilités à cet égard ?

 Est-ce que les autorités de notre pays sont-elles prêtes à créer les conditions idoines pour une cohabitation juste, équitable et durable entres toutes les composantes nationales de notre pays ?

 Est-ce que les autorités de notre pays sont-elles réellement décidées à mettre en place des institutions saines respectueuses des règles et des principes qui fondent la démocratie et qui puissent rendre possibles une égale protection de la loi pour tous ses citoyens, sans discrimination sociale, culturelle, économique, politique et de genre ?

 Est-ce que les autorités de notre pays sont-elles enfin décidées à lutter sans faiblesse et sans dissimulation contre l’esclavage ?

 Voilà ce qui nous importe et non des débats oiseux qui nous éloigne de l’essentiel.

 Que ces questions soient réglées et que le combat se fasse dans ce sens ! c’est ce qui nous importe ; qu’elles le soient avec le concours de telle ou telle association de réfugiés ou de rapatriés mauritaniens, ou avec le concours de tel ou tel parti ou mouvement politique ou organisation de défense de droits de l’homme, ou ,enfin, avec le concours de tel groupe ou tel autre groupe de la Diaspora mauritanienne, franchement est- ce que c’est cela le plus important, Monsieur Poullori Galo ?

 Dakar, le 24 janvier 2011

Moustapha Touré-  de la Coordination des Associations et Collectifs des Réfugiés Mauritaniens au Sénégal et au Mali

Partagez