Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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La mémoire de l’à-venir…par Abdallahi Bah Nagi Kebd

altAutant il ressentait l’irresistible envie de faire le vide autour, autant le désir de compagnie l’étranglait souvent. Autant il savourait jalousement la liberté , autant la solitude lui était lourde à porter par moments. Il a appris, ces derniers mois , à apprivoiser ces va et vient de son humeur aussi changeante que le climat du troisième millénaire. Il est difficile de s’avouer versatile, instable et un brin caractériel. Mais au bout de si nombreux tête-à-tête avec lui-même , il a aidé son discernement à dompter cet amour propre , cette self démagogie.

Il est vrai, se disait-il souvent , qu’on vit assez mal de perdre ses illusions , un peu mieux si on s’en délestait consciemment et volontairement. Surtout si en perdant ces chimères bienfaitrices, on découvre les certitudes essentielles. Celles qui pointent toujours vers le nord, la Qibla disent les musulmans…

Ce soir là, il avait décidé de flâner dans les rues du centre ville. Le Nouakchott de ces années 80 est une petite bourgade agréable, proprette, aux formes géométriques si régulières, aux avenues si bien rangées. Une ville svelte , presque au régime , à la fière allure , au port altier , celui des mauritaniens qui sont l’un des rares peuples (peut-etre les seuls?) à avoir inscrit ”L’Honneur” au fronton de la République , en dévise nationale.

Les habitants sont encore peu nombreux, très affables et même charmants. Fraichement debarqués de leur univers rural , certes fruste mais convivial . La propreté et la civilité des gens doivent certainement etre imputées à une volonté de vertue collective mais aussi banalement au sous peuplement : les petites sociétés sont plus enclines à s’auto-réguler.

Une ville en damier , des logements sagement alignés , ordonnés autour et vers le centre ville , des pavés , des arrets de bus , des goudrons aussi épais que des steaks argentins , des kiosques à journaux en bordure , des arbres plantés là comme pour décorer , des taxis flambants neufs (la peinture au moins) … Tout est si bien agencé qu’on dirait un manège , un jeu (Lewzar , ces jeux pour jeunes filles qui representent le foyer ).

Le climat en ce ”sweet november” est un bel automne, une autre espèce du mythique été indien : pas de pluie , un froid savoureux aux températures modérées , une humidité bienfaitrice agissant comme une douce crème hydratante, une fraicheur aux odeurs de terre et d’océan , des rues si longues , presque effilées , telles ces belles silhouettes en mela7fa (le voile local , sorte de sari indien avec des pans plus longs)qui en égayent le déroulement monotone.

Nouakchott sur atlantique est un joyau : un endroit béni où la mer a rencontré les rugueux sols argileux ornés de majestueuses dunes aux couleurs arc-en-ciel. Un lieu où une orgie des éléments a enfanté un site magnifique. Le désert sur océan. Une alliance du sec et de l’humide, se frottant malicieusement, s’enlaçant parfois, se jetant l’un vers l’autre mais se tenant toujours à distance. Ce n’est pas pour rien que les cotes nationales sont réputées etre ”les plus poissonneuses du monde”. Explication scientifique : c’est la rencontre des courants marins ( chaud venant du sud et froid venant du nord ) qui crée ainsi un climat modéré propice à la reproduction des invertebrés . Les poissons y viennent donc joyeusement , massivement , en amoureux opportunistes et inspirés. Les oiseaux aussi convergent de toute l’Europe pour se poser quelques mois(de vacances?) chez nous. Ils se montrent et festoient sur le Banc d’Arguin . Ils s’y cachent pour s’épanouir . Ils y sont au rendez-vous mondial du bien etre .

Nous sommes sur les cotes du ”meeting point cosmique”. L’endroit le plus naturellement dense en romantisme sur terre . Il se savait privilégié d’y être, d’en être.

Lors de sa promenade, il ne croisait que des passants courtois et des femmes qui à sa vue pressaient le pas. Une prudence et une coquetterie aussi. Ses rêveries le ramènent souvent à la condition humaine et ses tourments et turpitudes, ses mystères et ténèbres, ses bonheurs et élévation …

Il a pratiqué l’amitié. Quel délice. Il s’est conçu amoureux. Quelle aubaine. Ces expériences ont rempli son existence. Puis le vide a tout vidé alentour.

Pourtant la souffrance, la peine et le chagrin ainsi rencontrés n’effacent pas les plaisirs accumulés hier.

Il n’y a pas encore beaucoup de voitures et en posseder une est un signe extérieur de richesse . et devient , un excellent argument de drague surtout . Lui marchait pour le plaisir. D’autres par necessité. Certains par atavisme nomade. d’autres encore par desoeuvrement , errant sans but , ni destination.

Marcher est un acte essentiel , existentiel , absolu , impératif , catégorique … Il peut porter à toutes les significations. Il partage la
racine d’un lieu central du quotidien , le ”marché”.
Il se rappela que lors de l’une de ces promenades-flaneries en solitaire ,
il fit une rencontre décisive… ( à suivre ).

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Bordeaux: projection -débat, le cercle des Noyés

altLe cercle des Noyés.Film documentaire français de Pierre-Yves Vandeweerd. Samedi 30 juin à 15h00.

 Médiathèque M270.

 

11, avenue Pierre Curie 33270   Floirac.  Bordeaux.

 

Tel 05.57.80.90.60 .

 

Film suivi d’une rencontre en présence  d’Ibrahima Abou SALL et Abdoulaye Hachim KEBE rescapés de la prison de WALATA.

Ce film revient sur l’une des pages les plus sombres de l’histoire de la Mauritanie, celle de l’internement, entre 1986 et 1991, des membres du FLAM (Forces de libération africaines de Mauritanie), un groupe qui luttait pour que les Noirs soient considérés comme des Mauritaniens à part entière, dans l’ancien fort français d’Oualata, aux fins fonds du désert, près de la frontière avec le Mali.

La présence de tous est vivement souhaitée. La lutte continue!

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Flamnet-rétro: Quand Murtudo répondait à Ely Ould Mohamed Vall sur Flamnet

murtudoA l’occasion de la célébration de la Shoa, c’est –à dire la mémoire des Juifs exterminés à la deuxième guerre mondiale. Le colonel Ely, ancien président du CMJD qui a conduit la transition qui a abouti aux élections de 2007, avait signé les accords de Cotonou qui interdisaient la prise de pouvoir par les armes. A l’UNESCO où il a été officiellement invité, il a lu une déclaration et un poème. A l’UNESCO, le colonel déclara entre autres : « A l’heure où les plaies du proche orient sont toujours ouvertes et mes frères palestiniens blessés dans leur chair et dans leur âme par une violence et une iniquité désespérantes, ma présence ici n’est pas une évidence comme responsable politique, comme arabe, comme africain, comme musulman ; comme arabe, comme musulman, je m’exprime devant vous. La mémoire de mon peuple n’est pas souillée par l’abjection de la Shoa ; elle ne résonne pas non plus des voix de ceux qui sont disparus dans les camps.

 Comme arabe, je pourrais dire que la Shoa m’est étrangère, que celle-ci est une affaire d’européens, ce qu’elle a consacré, c’est la mort de l’humanisme occidental ; j’aurai tort ; j’aurais tort devant les vivants, j’aurais tort devant les morts.

Tort devant les morts d’abord, ce serait nier mon humanisme, même que dire : « Oui cette abjection a eu lieu ; non elle ne me concerne pas ; » Ceux qui sont morts dans les camps de concentration étaient mes frères, mes sœurs en humanité. Mon frère, l’enfant de Treblinka, ma sœur la fille d’Auscwitch.

Tort devant les vivants ensuite ; si je ne crois pas à la résurgence du nazisme, je crois que la barbarie est là, présente en germe dans l’évolution du monde vers des sociétés atomisées, technicisées, biologiques, qui fabriquent la solitude des masses, et l’individu sans défense. Je crois que seule la transmission, inlassable de la mémoire de ce qui s’est passé peut nous garder de nouveaux désastres car, ce qui s’est passé est une rupture à l’échelle universelle : des hommes, dans un système d’état organisé, ont planifié sereinement, délibérément, calmement, de gazer d’autres hommes, de gazer des femmes, de gazer des enfants, de gazer des bébés, des vieillards. Qu’avaient-ils fait ces vieillards pour se voir nier leur humanité ? Rien, ils étaient, c’est tout !

Il n’ya pas de pourquoi, il n’ya qu’un comment.

A tous ceux qui prennent de prétexte du scandale de déni de justice contemporain, et notamment de déni de justice en Palestine, pour nier ou justifier l’innommable, je dis solennellement attention. J’ai dit solennellement l’endormissement de la pensée, c’est l’affadissement de ce lieu de solidarité qui fait de tout homme mon frère ; cet endormissement, cet affadissement sont des dangers mortels pour la civilisation des hommes… »

Ce discours emphatique lyrique et humaniste que le colonel Ely a prononcé à l’UNESCO pour déplorer l’humanité des juifs gazés qui sont ses frères, les frères de tous les hommes à qui on a nié leur humanité, il le déplore, mais aussi rappelle qu’on doit aussi reconnaître celle de ses vrais frères palestiniens et oublie délibérément celle de ses autres « frères mauritaniens »que leur régime a liquidé d’une façon barbare et humiliante.

J’ai eu l’impression que tout ce qui a été décrit sur les juifs s’applique non seulement sur les palestiniens mais aussi sur les noirs mauritaniens. Il plaide brillamment le dossier des uns et escamote celui des autres. C’est d’autant plus grave que, il a été pendant vingt ans le Directeur de la Sûreté et le gourou du despote O/Taya qui a aussi ordonné à traquer, à attaquer, à embastiller, à liquider férocement les Noirs mauritaniens considérés par eux comme des « juifs mauritaniens étrangers venus du Sénégal » qui ont confisqué « la terre arabe » de Mauritanie.

 L’histoire a été falsifiée et le mensonge intronisé. La politique de l’état sioniste appliquée sur nos frères palestiniens que nous soutenons, est la même que l’état raciste, esclavagiste mauritanien de Taya-Ely-Aziz ont appliqué sur les Mélanodermes mauritaniens, en renforçant, magnifiant leur arabité, en niant l’humanité de leurs frères Noirs qui ont aussi leur Treblinka et leur Auscwitch :

1966– Le Mouvement des 19 a été réprimé. L’état a planifié, médité, exécuté froidement des Noirs. Ce fut leur premier Shoa sous le régime civil de Moktar Ould Daddah.

Tous les autres Shoa se déroulèrent sous des régimes d’exception militaires :

1979- La Publication de l’Etat arabo-berbère et la Répression des négro-africains de Mauritanie, arrestation et répression.

 1986– La Publication du Manifeste des FLAM, arrestation, répression, liquidation des patriotes à Walata ;

1987- Tentative de coup d’état des officiers Noirs. Arrestation, répression, liquidation.

1989/1991– Arrestations massives des Noirs, licenciement des travailleurs civils et militaires, dénégrification de l’armée, de l’administration et des forces de sécurité, déportations, viols, pogroms et confiscation des biens d’autrui.

 Ces Treblinka et Auscwitch mauritaniens qui ont pour Nom : Walata, Jreïda, Inal, Nouakchott, Nouadhibou, Sorimalé et ailleurs ont été tus par le colonel Ely et qui a été l’un de ses auteurs de ces crimes. Connaît il combien de rescapés survivent péniblement ? Sûrement, non !

Ely, en tant que chef d’une junte militaire, a dirigé une transition unanimement accepté qui a abouti aux élections présidentielles de 2007, mais, il n’a jamais pipé le moindre mot sur nos propres douleurs, ni s’efforcer de les apaiser, comme si ces frères palestiniens avaient plus de valeurs que ses frères Noirs mauritaniens. Quelle félonie !

 Depuis le putsch du général Aziz, le colonel Ely se réfugie dans un silence inextricable alors qu’il prétend être un responsable qui se soucie de l’édification d’un Etat de droit et de démocratie, contrairement à son cousin qui construit l’autocratie sur les ruines de la démocratie. Il le précise de cette façon dans son discours de l’UNESCO : « c’est pourquoi, j’apporte sans réserve mon soutien à l’initiative Aladin qui vise à transmettre la mémoire de la Shoa dans un esprit de respect mutuel et de dialogue parce que responsable politique engagé fermement en faveur de l’Etat de droit et de la démocratie.

Je ne veux pas de société et d’individus infantilisés, ou manipulés mais des sociétés et des individus pleinement responsables et libres de leurs choix d’hommes et de femmes libres.  Le mensonge est une gangrène qui finit par faire pourrir tout un corps social. L’extrémisme quelque soit leur bord et les Oripeaux dont il se drape, est un poison létal. Il ne s’agit pas de hiérarchie l’horreur et la souffrance. Il s’agit de faire en sorte que partout l’ignorance recule, que partout l’humanité avance. » 

Le colonel Ely sait bien mieux que quiconque, que l’Etat mauritanien est construit sur le mensonge, de déni de justice, et qu’il a injecté du poison létal dans notre structure social pour anéantir consciemment une humanité, y entretenir une autre. C’est un état défroqué, hypocrite qui ruse avec les principes islamiques. Nous sommes constipés de ses mensonges meurtriers et notre premier devoir est de les dévoiler, de mettre à nu sa nuisance, d’alerter Maures et Nègres sur les risques et les dangers qu’ils engendrent pour la partition de notre pays.

C’est un sacerdoce que nous portons n’en déplaise les détracteurs de tous les acabits. Ces mensonges, le colonel s’est mis au garde- à- vous devant eux sous le régime de Taya qui les a aggravés et élevés au rang de crimes qui ont conduit à nos Shoa précités. L’extrémisme qu’il harponne a été la sève de leur système inhumain qui liquida contrairement au Maroc, la berbérité (hassaniyanité), encensa l’arabité au détriment de la Haalwolsoonikité (Haalpulaar, Wolof, Sooninké).

 Leur extrémisme et terrorisme d’état ont consolidé l’esclavage et pulvérisé le dialogue, la tolérance. Ces idéaux indispensables comme l’air et l’oxygène ont été voués aux gémonies.

 

Au moment où le colonel Ely niait la présence des réfugiés mauritaniens au Sénégal, l’Ambassadeur des USA à Nouakchott leur rendait visite au département de Podor et a déclaré « qu’il a vu, entendu et compris ».

A ce sujet, je lui ai adressé une lettre ouverte en France et une autre à Genève en Suisse et aussi avec les FLAM aux USA et d’autres organisations mauritaniennes nous avions manifesté contre lui devant le siège des Nations Unies à New York.

Votre discours de l’UNESCO n’a pas abordé la négation de l’humanité des Haratines, jusqu’ici considérés comme esclaves en dépit des luttes ardues qu’ils ont menées et mènent sous la direction de Messaoud O/Boulkheïr, Bodjel O/Houmeid, Boubacar O/ Messaoud, Baba O/ Jiddou, Birane O/ Dah et tant d’autres. Je félicite le parti Conscience et Résistance qui, comme FLAM, DEKAALEM, APP, FUAH, IRA, SOS Esclaves, etc. soutiennent ardemment nos frères Haratines et tous ceux et toutes celles qui sont victimes des injustices ; seul le président Sidi a eu le courage de s’attaquer à ce problème par la loi criminalisant l’esclavage, piétinée par les maîtres d’esclaves.

 Le colonel et le général semblent ignorer cette question infâme qui nous humilie à l’orée du 21ème siècle.

Tous ces faits et tant d’autres nous font croire que la déclaration du colonel Ely à l’UNESCO n’est rien d’autres qu’une mystification et une dinguerie de plus ! Si le colonel est convaincu des vertus démocratiques, pourquoi ne le prouve-t-il pas sur le terrain politique ?

Taya, Ely et Aziz sont tous de la même farine, sauf que ce dernier pour appâter les électeurs, a demandé d’être pardonné, a promis de réparer l’injustice, mais nous savons que c’est un bluff ; seuls des partis sébiles aux chefs opportunistes et aplatis sont attirés par cette propagande mensongère. C’est une récupération de nos acquis que nous devons récupérer. Ainsi donc, l’un des horrifiques hommes, hors-la-loi, impénitent, qui nous plongea dans un désespoir himalayen, qui prétend abhorrer les injustices effroyables a été impavide devant celles que leur régime inepte et cruel avait provoquées.

Les monstruosités qui frappèrent le peuple Juif inspirèrent le colonel Ely à rédiger ce poème qu’il déclama après la lecture de son discours à l’UNESCO.

Vous qui vivez en toute quiétude

Bien au chaud dans vos maisons.

Vous qui trouvez le soir en rentrant.

La table mise et des visages amis

Considérez que si c’est un homme

Que celui qui peine dans la boue

Qui ne connaît pas de repos

Qui se bat pour un guignon de pain,

Qui meurt pour un oui ou pour un non

Considérez que, si c’est une femme,

Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux

Et jusqu’à la force du souvenir

Les yeux vides et le sein froid

Comme une grenouille en hivers ;

N’oubliez pas que cela fut.

Non, ne l’oubliez pas :

Gravez ces mots dans votre cœur.

Pensez-y chez vous, dans la rue,

En vous couchant, en vous levant,

Répétez-les à vos enfants.

Je vous remercie.

Paris, le 27/3/2009

ELY Ould Mohamed Vall

Ce poème du colonel Ely a inspiré Le DR Mourtoudo Diop à écrire ce poème appelé :

 

LES MEPRISES

 

Vous qui vivez dans le dénuement, hébétés,

Transpirant dans vos maisons pleines d’anxiété,

Ni table, ni de quoi boire et manger à satiété,

Considérez que, si c’est un homme privé de son humanité

Qui trime dans la boue, sans repos dans l’adversité

Qui rue sur un oui de la bassesse et de servilité,

Et qui meurt pour un non qui défend l’égalité.

Oh ! Femmes debout, armée de ta cordialité,

Vient militer avec ton savoir et ta sagacité

Défier les masochistes qui croient à ton infériorité

Sans perdre ton nom, tes yeux aux éclats de fidélité

Avec l’homme pour le triomphe de la liberté.

Cet idéal qui te régénère porteur de vitalité,

Efface l’oubli, t’aide à résister à la fatalité,

Remplit tes yeux de lynx qui surveillent la sécurité

Et tes seins, boulets plaisants, sans aspérité.

Non ! Nous n’oublierons pas notre passé amputé,

Bien qu’il soit frappé du sceau de la nullité.

Nous y penserons dans la rue, bien qu’irrités,

En nous couchant, en nous levant, en non butés,

Nous le répéterons à nos enfants avec une forte tonalité

Que les vagues de l’aliénation ont ballotée,

Non pas comme une grenouille en hivers raté,

 Ou réussi, mais comme un lion, sur sa proie, arc-bouté

De prendre la relève avec courage et pugnacité.

Il a assisté à la cérémonie des Juifs électrocutés

Ou gazés, alors qu’il oublie celle de ses frères persécutés

Traqués, humiliés, spoliés et déportés,

Que Taya employa longtemps pour sa génialité,

Et comme gourou exécutait dans l’ombre, des atrocités.

Ils nous traitèrent comme des ânes bâtés,

Comme des sous-êtres, noyés dans la gentilité.

Oh ! Mes frères qu’avez-vous faits pour être persécutés ?

Oh ! Mes sœurs qu’avez-vous faites pour être dépiautées 

Et que des Donquichottes s’acharnèrent sur vous avec bestialité ?

Non ! Je n’oublie pas. Il faut que cesse l’impunité !

Et qu’on se rappelle, ne serait-ce qu’une nuitée,

De notre Shoa pour rallumer notre humanité,

Repoussoir indéniable de l’animalité,

Notre Shoa que les méchants ne veulent ébruiter,

Pour nous aliéner, nos langues sont rejetées,

Nos cultures sous estimées et barbarement ligotées.

Encore des flibustiers vendent le noir, comme du pâté,

Le maintiennent comme esclave, sans le regretter.

Ils ventent leur pureté et supériorité

Au nom de l’arabité et de sacrée islamité,

Qu’ils ont éclaboussé par leur vanité.

Mais, l’arabité et la foi, je ne cesserai de respecter

Y compris tout homme qui ne cherche à m’étiqueter,

A me confondre, ou me fondre dans la mauvaiseté,

Ni considérer mes us et coutumes comme impureté,

A flétrir ou à ramollir mon honneur et ma fierté.

Pourquoi suis-je relégué dans la marginalité,

Alors qu’on ne cesse de prêcher l’entente et l’unité ?

L’hypocrisie ne rime nullement avec religiosité,

Et l’injustice est un poison de la fraternité.

La concorde disparait là où s’efface l’égalité,

Dieu m’a créé, m’a doté d’une sagesse et dignité

Qui les reconnaît, je respecte son humanité,

Qui les piétine, sentira ma férocité.

Je chanterai le « Gumbalaa » pour sauver mon identité

Et celle de l’autre pour enrichir notre Mauritanité.

Résolvons notre cohabitation avec équité.

Pour affermir notre entente et fraternité

En acceptant gaiement nos singularités

Loin de nous nuire, elles embellissent l’humanité.

Comme l’œil, où le noir et le blanc, forment l’unité,

Qui permet d’admirer la beauté de la diversité

Et ensemble de magnifier notre Divinité,

Allah, l’UN, Maître absolu de toute créativité,

Pour qui, la noblesse et la supériorité

Ne se mesurent qu’à l’aune de la piété.

Il hait les hypocrites, chantres de la perversité,

Aime les fidèles qui agissent avec justice et humilité,

Pour obtenir la grâce du jour de l’Eternité,

L’islam, religion immuable, n’est que VERITE

Qu’on ne doit pas utiliser pour légitimer l’inégalité,

Imposture, fourberie, mensonges et insanité,

Elle est LUMIERE qui dissipe les nuages de l’obscurité,

La Guidée qui attire vers la béatitude et la pureté.

Nouakchott, le 12 Avril 2009

 

Mourtoudo Diop

http://www.flamnet.info/

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Culture: Njaparta Sow sort Doktan ko tawaa

altNotre compatriote et artiste Njaparta Sow vient de sortir son nouvel album « Doktan Ko tawa » ( Recours aux sources ) ou «Mauritania»  qui est le fruit d’une large collaboration internationale, de plusieurs musiciens talentueux de Mauritanie, du Sénégal, du Mali et de Belgique. Plusieurs belles personnalités ont apporté à ce disque une riche dimension instrumentale qui ne décevra pas les amateurs de musique ouest-africaine : Guéladjo Ba à la guitare, Ousmane Touré à la basse, Ahmed  Fofana au Kamengoni,  Ousmane Gangué et Saidou Sow au chant, Jéli Mamadou Dramé à la Kora…
Mauritania prend également sa richesse dans les sonorités typiques d’instruments traditionnels ouest africains comme le Hoddou, le Tidinit, la flûte peule ou les calebasses… C’est un album très diversifié à l’image de la mosaïque culturelle de la Mauritanie représentée par ses différentes ethnies : Maures, Peuls, wolofs et Soninkés. Par le brassage de ses sonorités et de ses répertoires comme ceux des Lawbés ( bûcherons ) avec le titre Guilly, soubalbés ( pêcheurs ) avec la chanson Malissadjo  ou foulbés ( pasteurs ) avec Fouta, Mauritania nous offre un éventail de styles et de rythmes très différents. L’ambiance de l’album  rappelle le monde de l’enfance, ses rêves et sa spontanéité chaleureuse
.

Pour plus d´information il faut aller au site:

 

 

http://www.gong-records.com/Discographie.aspx

 

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Médias privés en Mauritanie pourront-ils mieux faire ?

altA ce jour, les spectateurs et les auditeurs n’ont guère apprécié le fonctionnement des médias publics en Mauritanie : TVM et Radios. Preuve pour laquelle, la majorité des mauritaniens ne suit que les chaînes étrangères. Normal, puisque les Radios mauritaniennes et les télévisions (Chaine Une et deux) n’ont jamais été à l’hauteur, à l’instar d’autres stations sous régionales. Pas de débats contradictoires, pas d’enquête, manque de reportage, bref une situation qui ne permet même pas à un journaliste de s’exprimer, de s’épanouir et de travailler pleinement en tant que journaliste. A la Radio les présentateurs des journaux Français notamment, ne réalisent jamais des reportages, et n’invitent presque pas des personnalités autour des débats. Et qu’est-ce que le journalisme si les éléments les plus élémentaires en matière de communication, ne sont pas appliqués ?

Aujourd’hui les journalistes des médias publics passent largement leur temps à consulter les informations aux prés de l’AFP (agence France presse), pour enrichir leurs journaux parlés, au bien reprendre les mêmes nouvelles qui se trouvent dans l’AMI (agence mauritanienne d’information). Partant, un journaliste formé à ce moule, peut-il progresser ?

Donc c’est due un journaliste qui est habitué à ces genres d’informations peut-il progresser ? Je ne pense pas. Cette situation ne se rencontre pas dans la presse indépendante où très souvent, les journalistes sont mieux formés et prennent plus de temps et de soin dans leurs tâches. Le produit est ici hautement apprécié puisqu’il découle généralement d’un travail de recherches et d’enquête. C’est dire que les médias publics doivent faire mieux, pour permettre au citoyen mauritanien de suivre convenablement ce qui se passe chez eux.

Devant la situation d’aujourd’hui, que peuvent nous offrir les Radios et Les télévisions privées ?

S’ils veulent exister longtemps de manière professionnelle, les responsables de ces chaines ont intérêt à trouver d’abord des journalistes et ensuite les former à l’étranger pour qu’en fin les citoyens mauritaniens se sentent plus préoccupés par ce qui se passe chez eux qu’ailleurs. Les nouvelles nationales développées doivent surtout tenir compte de la diversité culturelle, sans cela c’est l’échec total qui en suivra.

En attendant, les citoyens s’interrogent sur l’efficacité de ces chaines privées qu’ils attendent de pied ferme, par rapport aux médias publics, les radios et les télévisions de Mauritanie ?

Abou Mamadou Sow.– l´Authentique

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