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Président élu de la Gambie : « J’ai confiance en l’Armée » (Interview)
«Nous avions toujours confiance en l’Armée. A l’annonce des résultats, le chef d’état major nous a joint en promettant de nous soutenir en tant que président élu », a déclaré le président élu de la Gambie Adama Barrao dans cette interview accordée à Alakhbar.
Monsieur le président élu de la Gambi, est-ce que vous maintenez votre invitation à Yahya Jammeh a assister à votre cérémonie d’investiture ?
Je voudrais bien voir le président Yahya Jammeh et le président Daouda Kairaba Diawra (premier président de la Gambie) assister à la cérémonie de mon investiture. Le président Jammeh pourra prendre la parole ce jour-là. Cela va honorer la Gambie et l’Afrique entière. Le pouvoir n’est pas éternel. Daouda Diawra a quitté. Dieu a décidé la fin de règne de Yahya Jammeh. Moi aussi je quitterai le pouvoir. Yahya Jammeh doit comprendre que l’alternance pacifique au pouvoir renforce notre démocratie.
Yahya Jammeh pourrait craindre des poursuites judiciaires?
Nous (la coalition de l’opposition) avons toujours appelé en faveur de la paix. Lors de la campagne électorale, nous avons lancé des messages de paix.
La Constitution nous accorde le droit de former un parti politique ou de militer dans l’opposition. Nous l’avons fait. Nous avons battu campagne. Nous nous sommes fait connaitre et nous avons expliqué notre programme aux Gambiens qui l’ont accepté et voté pour nous. Yayha Jammeh a reconnu sa défaite. Il a pris le Coran et dit que le pouvoir lui a été confié par Allah un vendredi et qu’il le lui a retiré un autre vendredi. Le président Jammeh est allé jusqu’à dire que le système électoral gambien est le meilleur au monde et qu’il ne peut pas y avoir de fraudes. Jammeh était clair dans ses déclarations qui, par ailleurs, allaient dans le sens de la paix. Après, il a commis l’erreur de vouloir violer la Constitution. L’erreur est humaine. Pour cette raison, nous lui avons tenu un discours d’apaisement.
Un membre de votre coalition a menacé Jammeh de poursuites judiciaires.
La coalition n’a jamais menacé de traduire Yahya Jammeh en justice. Il a occupé le fauteuil présidentiel pendant 22 ans. Il est Gambien. Il a travaillé pour ce pays. Si l’Afrique du Sud a pu surmonter apartheid et permis au parti ANC de mener ses activités normalement nous, aussi, pourrons travailler avec qui que ce soit.
Pourquoi vous n’acceptez pas que Jammeh conteste légalement le résultat de la présidentielle devant la Cour suprême ?
Un président de la République doit connaitre les règles et agir en fonction de la loi. Yahya Jammeh a violé la loi en décidant d’annuler les élections présidentielles. Il veut aujourd’hui, saisir la Cour suprême. Comment ? Il n’existe plus de cour suprême en Gambie, depuis un an. Beaucoup de dossiers concernant cette sont restés sans suite. Quand notre chef de parti était arrêté nous devions saisir la cour suprême sur certains points, mais en vain. La cour suprême n’existait plus. Le président Jammeh a chassé tous les juges de la Cour suprême. Ce n’est pas parce qu’il a besoin d’une Cour suprême qu’il faut en créer une.
Que compterez-vous faire si la Cour suprême annule le résultat de l’élection ?
Cela va rendre sa situation plus complexe. Il faut œuvrer dans l’intérêt général de la nation. Si le président Jammeh devra agir de la sorte c’est qu’il ne veille qu’à ses intérêts particuliers. Et je pense que son attitude le prouve.

Le Sénégal a mobilisé la Communauté internationale pour vous. Votre sécurité est assurée par des Sénégalais. Pourquoi vous êtes si lié au Sénégal ?
Le Sénégal est un pays voisin qui entretient de bonnes relations avec la Gambie. La stabilité dans un pays veut dire la paix dans l’autre.
Je dois préciser que ces agents de sécurité sénégalais viennent d’une compagnie privée et non de l’Etat sénégalais. J’ai le droit d’assurer ma protection si l’Etat ne m’offre pas la sécurité. Des criminels peuvent m’agresser. Des gens qui ne m’aiment pas peuvent m’attaquer pendant que je suis sans défense.
Aujourd’hui, nous n’avons pas aperçu ces agents de sécurité sénégalais. Où sont-ils ?
Nous voulons éviter des problèmes diplomatiques entre le Sénégal et la Gambie. Nous nous en remettons à Dieu sachant que seul Dieu peut garantir la sécurité des personnes.
Le chef d’état major avait déclaré son soutien au président élu. Mais on ne l’a pas entendu depuis le rejet par Yahya Jammeh des résultats électoraux. Avez-vous le soutien de l’Armée ?
L’armée ne s’est pas manifestée de nouveau. Mais nous avons toujours confiance en elle. A l’annonce des résultats, le chef d’état major nous a joint en promettant de nous soutenir en tant que président élu. Je suis sûr que l’armée va bientôt se prononcer.
Vous êtes élu à l’issue d’un votre ethnique. Pensez-vous représenter l’ensemble du peuple gambien ?
Ce n’est pas une seule ethnie qui m’a élu. Beaucoup de Gambiens ont voté pour moi. Une seule ethnie ne peut pas élire un président de la République en Gambie. Et moi, j’appartiens à plusieurs communautés gambiennes: mon père est de la communauté Socé et ma mère de la communauté Peul. J’ai encore des oncles sarakhoulé et mais deux petites sœurs sont mariées à des Jola.
Que pensez des Mauritaniens qui forment la plus grande communauté de commerçants en Gambie ?
Les commerçants mauritaniens sont venus me féliciter après les élections. Avant même les ces élections, les Mauritaniens sont connus comme étant pacifiques. Vous pouvez vous rendre dans les tribunaux du pays, vous ne verrez pas de Mauritaniens devant la barre excepté quelques uns. Cela veut dire qu’ils respectent la loi et cela est à encourager.
alakhbar
La BAD approuve des prêts en financement de la construction d’un pont sur le fleuve Sénégal
ALAKHBAR (Nouakchott)- Le 9 décembre 2016, le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un prêt de 31,3 millions de d’Euros à la République Islamique de Mauritanie et un prêt de 9,4 millions d’Euros à la République du Sénégal, en financement de la construction d’un pont à Rosso, entre les deux rives du fleuve Sénégal, frontière naturelle entre ce pays et la Mauritanie.
L’absence d’un ouvrage de franchissement permanent entre les deux rives du fleuve Sénégal, constitue un handicap majeur à la mise en œuvre des politiques de développement économique et d’intégration régionale et continentale.
Le projet favorisera le développement économique de la région, et plus largement l’essor des activités de transport routier entre l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest.
Ouvrage de près de 1500m, le pont de Rosso remplacera les services des bacs qui relient actuellement les deux rives du fleuve Sénégal, des embarcations à la capacité limitée et avec lesquelles la traversée pouvait s’avérer périlleuse en période de crue.
L’absence de pont était source de retards, et représentait un coût conséquent pour les voyageurs et les transporteurs.
Outre la construction du pont, le passage de la frontière sera facilité par la construction et l’équipement de postes contrôle juxtaposés, permettant d’effectuer les formalités douanières des deux pays dans un seul et même lieu.
Au total, le temps de traversée dédié aux formalités, devrait être ramené à moins de dix minutes, contre près d’une heure auparavant.
Nouakchott – Dakar, le projet va accélérer le développement des activités de transport le long des corridors transafricains Tanger – Lagos et Alger – Dakar, et plus globalement entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne » a expliqué Ali Ismaël Mohamed, Economiste des Transports de la BAD, en charge du projet, qui estime, par ailleurs, que « le trafic de véhicules sur cet axe devrait plus que tripler d’ici 2025. »
L’ensemble de la région devrait connaître une forte croissance des activités commerciales, d’autant que la construction du pont sera complétée par l’aménagement de plus de 60km de pistes rurales, favorisant la desserte des zones agricoles.
Pour les deux pays, ces régions sont les principales productrices de riz et les performances de leur secteur agricole constituent un important enjeu de sécurité alimentaire.
Au Sénégal la BAD a récemment investi dans plusieurs projets de désenclavement de zones à fort potentiel agricole et de soutien aux producteurs. L’un des volets du présent projet consiste d’ailleurs en l’aménagement de périmètres maraichers et de plateformes de transformation de produits agricoles pour des coopératives féminines. Des marchés/gares routières seront aussi construits de chaque côté du pont.
L’amélioration des conditions de vie des populations sera enfin possible, grâce à une série d’aménagements connexes, telles que la réhabilitation de 7 écoles et de 3 postes de santé, la mise en place d’un réseau d’alimentation en eau potable dans les 2 villes jumelles de Rosso, la mise en place de réseaux d’assainissement côté mauritanien et enfin la construction et l’équipement d’un complexe social pour les jeunes en réinsertion, les femmes et les handicapés.
« Au-delà de son importante contribution à la dynamique d’intégration régionale, le projet répond à l’objectif fondamental que s’est fixée la BAD : la promotion d’une croissance inclusive et durable » a souligné Amadou Oumarou, Directeur du département transport, développement urbain et TIC à la BAD.
D’un montant total de 87,6 millions d’Euros, le projet est cofinancé par les gouvernements mauritaniens et sénégalais, ainsi que par la Banque européenne d’Investissement et l’Union européenne.
alakhar
Gambie : la Cedeao bute sur la volonté de Yahya Jammeh de rester au pouvoir
La délégation de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a tenté mardi en vain de convaincre Yahya Jammeh d’abandonner le pouvoir après sa défaite à la présidentielle du 1er décembre. Le jour-même, le président gambien a saisi la Cour suprême pour contester les résultats du scrutin.
« Nous ne sommes pas venus pour un accord, nous venons aider les Gambiens à organiser la transition. Ce n’est pas quelque chose qui peut aboutir en un seul jour, il faut y travailler », a déclaré la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf, qui préside la délégation de chefs d’État de la Cedeao, chargée de convaincre Yahya Jammeh de quitter le pouvoir.
Cette dernière a été reçue pendant plus d’une heure dans l’après-midi par Yahya Jammeh et a ensuite rencontré Adama Barrow, déclaré vainqueur du scrutin du 1er décembre par la Commission électorale indépendante (CEI), avec près de 19 000 voix d’avance sur le président sortant. « Il y a un blocage entre le gouvernement et nous », a dit le nouveau président élu, contestant à Yahya Jammeh le droit de demander l’annulation du scrutin par la Cour suprême en nommant en fin de mandat des juges manquants susceptibles d’être sous son influence.
De source diplomatique à Banjul, le président ghanéen John Dramani Mahama, qui lui-même a reconnu sa défaire électorale la semaine dernière, avait quitté la Gambie en soirée, tandis que les autres dirigeants – Ellen Johnson Sirleaf et ses homologues nigérian, Muhammadu Buhari et sierra-léonais, Ernest Bai Koroma – devait en partir plus tard mardi soir. Mais ceux-ci ont refusé toute déclaration, y compris aux diplomates.
La mission de la Cedeao rendra compte des discussions lors d’un sommet de l’organisation régionale, samedi à Abuja, a cependant fait savoir la cheffe de la délégation.
La police ferme les locaux de la commission électorale
Malgré d’intenses pressions internationales et conformément à ce qu’il avait annoncé dimanche, le parti de Yahya Jammeh a officiellement saisi mardi la Cour suprême pour demander l’annulation des résultats de l’élection présidentielle. Selon des documents dont l’AFP a obtenu copie, le parti au pouvoir invoque des irrégularités dans la comptabilisation par l’IEC et des « intimidations » envers ses électeurs dans une région.
Preuve de l’autorité que détient toujours Yahya Jammeh, la police a fermé les locaux de la Commission électorale indépendante (IEC) avant l’arrivée de la délégation, a indiqué Alieu Momar Njie, qui préside la Commission.
Le chef d’état-major, le général Ousman Badjie, est quant à lui arrivé aux discussions en portant sur son uniforme un badge du chef de l’État sortant, affirmant qu’il soutenait « le commandant en chef, le président Yahya Jammeh » alors même que la semaine dernière Adama Barrow avait affirmé avoir reçu en tant que président élu l’assurance de son appui.
Craintes de l’opposition
L’opposition craint qu’un recours devant la Cour suprême ne soit un moyen pour Yahya Jammeh de se maintenir en place au-delà de la fin de son mandat, prévue en janvier. De plus, la Cour suprême n’étant plus au complet, il faudrait en désigner de nouveaux juges ce qui entraînerait inévitablement des délais supplémentaires, selon l’opposition qui, de toute façon, dénie ce pouvoir au président sortant en le qualifiant d’anticonstitutionnel.
Le président de la Commission de la Cedeao, Marcel Alain de Souza, avait prévenu mardi au micro de RFI, qu’en cas d’échec de la « diplomatie préventive », l’organisation régionale « envisagera des décisions plus draconiennes », sans écarter l’option militaire.
jeune afrique
Lettre ouverte à Monsieur le Ministre de la Fonction publique et du Travail | Par Samba Thiam
Etant donné que l’Administration a fermé toute voie de recours à l’administré que je suis , il ne s’offre à moi d’autre choix que la voie de presse pour prendre l’opinion à témoin …
…
A Monsieur le Ministre de la Fonction publique et du Travail
Objet : requête pour être remis dans tous mes droits
Monsieur le Ministre ,
A nouveau, je viens réclamer le règlement de ma situation administrative. Mon nom est Samba Thiam , Inspecteur adjoint de l’Enseignement Fondamental , matricule 40825 Z, indice 830 .
Monsieur le ministre, les prisonniers politiques de 1986, dont je fais partie , ont vu leur situation administrative régularisée , soit par amnistie suite à l’ordonnance d’amnistie ( No 91-025 ) ci-jointe ; soit par voie de Tadamoun . Ils sont alors indemnisés et bénéficient ensuite de leur pension de retraite pour ceux atteints par la limite d’âge , ou réintégrés dans leur corps d’origine pour les plus jeunes .
La 2eme base sur laquelle s’effectuent ces régularisations c’est l’inscription à Tadamoun , au titre de réfugié. J’ai satisfait aux deux procédures ; la seconde, par lettre collective ( no 2314) –jointe- , transmise à la fonction publique le 23/12/2015 . J’y figurais en tête de liste , mais le directeur général de la fonction publique gomma mon nom ,et régularisa tous les autres éléments restant en mi-janvier 2016. Lorsque je demande des explications , il me répond que je dois prouver pour la haute Administration que j’étais refugié, – exigence qui n’a été appliquée à personne d’ autre jusqu’ici- ; je lui fournis quand même deux cartes de réfugié . Malgré tout cela, Je demeure le seul dont le dossier reste pendant , sans explications crédibles, alors que la quasi-totalité de mes codétenus politiques ont vu leur situation administrative résolue (liste –jointe ), bien que nous fussions rigoureusement dans la même situation , et que j’aie rempli toutes les conditions nécessaires. La dernière vague l’a été en janvier 2016 ( voir noms cochés).
Voilà deux ans que je mène les démarches nécessaires auprès du directeur général toutes les semaines , en vain . De rendez-vous en rendez vous, de report en report , de prétexte en prétexte , la direction de la fonction publique diffère, délibérément, par mauvaise volonté manifeste, le règlement de mon cas .
Monsieur le Ministre , je voudrais connaitre les raisons profondes du blocage de mon dossier, que rien ne justifie . Ou dois-je comprendre que c’est à cause de mon opinion ou de mes positions politiques que je suis pénalisé , sur ordre supérieur ? J’aimerais savoir… C’est une question de droit et je n’ai pas l’intention de renoncer à mes droits légitimes …
Dans l’espoir qu’il sera, cette fois, réservé à ma lettre toute l’attention qu’elle mérite, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre , à l’expression de mes sentiments déférents .
Samba Thiam
Pièces jointes :
– Ordonnance d’amnistie
– liste des détenus politiques ayant vu leur situation résolue
– lettre de confirmation du MEN
-Liste des réfugiés (indemnisés) transmise par Tadamoun , (amputée de mon nom par le directeur de la Fp ).
Ampliations :
– Archives : 1 Date : Nouakchott 5 /12/2016
………………….
Quelle lecture pour quelle conclusion ?
Reprenons le cours des choses plus en détails…
En 2014 , après de multiples démarches une fiche budgétaire no 129/DGFP , du 01/09/2014) , m’est attribuée , mais soudainement arrêtée et retirée de la circulation. Lorsque je demande des explications on me répond : ‘’ sur ordre supérieur ‘’, sans plus ! Peu après le directeur général de la fonction publique est relevé de ses fonctions , sans explication .
En 2015 et 2016 , tenace , je reprends mes démarches auprès du nouveau DG qui a pris service ; il m’impose de longues et pénibles procédures auxquelles aucun de mes codétenus politiques n’avait été soumis . Je m’y plie et les remplies convenablement. A chaque fois que j’avais rempli une condition il en posait de nouvelles que je finis , malgré tout , par remplir toutes, mais en vain . Persuadé qu’il y avait là manifestement une volonté de blocage de sa part , je décidai alors de saisir le Ministre de la fonction publique ; après de multiples lettres et quatre demandes d’audience restées lettre morte, le ministre finit par consentir de m’accorder une audience ; son secrétaire particulier (–no tel 4524 2377,) m’appelle le mardi 06 décembre vers 22h pour me signifier le rendez-vous, fixé pour le jeudi 8 décembre 2016 à 15h .
Je m’y rends et attends longuement. Bizarrement , à 16h 45 un policier me prie de m’éloigner de l’entrée du bureau ; c’était pour permettre au ministre de s’échapper… Seydina Aly passa , tout près de moi , le regard bas, pour éviter de croiser le mien …
De retour à mon domicile , il m’a suffit, après réflexion, de mettre les choses bout à bout pour que , d’un coup, tout s’éclaire ! un DG visiblement à court d’arguments qui tergiverse, cafouille 15 mois durant, puis un ministre qui vous donne rendez–vous mais file à l’anglaise, le tout relié au limogeage de l’ancien DG indiquait, clairement, d’où venaient les peurs , d’où émanait ‘’ l’ordre supérieur ‘’ …
J’avais compris…
Parce que je reste opposé à son régime ethnocratique et à sa politique ethniciste et clanique , le Président , en représailles , faisait obstacle à la régularisation de ma situation administrative par la fonction publique ! Au mépris de la loi il s’asseyait sur mes droits légitimes …
J’avais chargé – à tort- le Directeur général qui n’était en définitive que le maillon faible de la chaîne , et qui jouait quand même sa tête !
Immixtion et empiètement jusque dans les attributions des chefs de service dans l’application de la loi, tournée en dérision .
Grandeur et petitesse du genre humain disait l’autre …
Lorsque l’on sait, en plus de l’amnistie de 1992, que c’est le gouvernement du Président Aziz , lui-même, qui a pris en conseil des ministres la décision de régler tous les problèmes afférents au passif humanitaire- toujours non apuré depuis 2009-, la question de sa crédibilité même se pose !
Pour ces dizaines de milliers de refugiés, pour ces milliers de fonctionnaires noires arbitrairement radiés de la fonction publique , chaque étape pour recouvrer leurs droits constitue un parcours du combattant . De l’indemnisation minable ( 1 million d’ouguiyas après 27 ans de radiation ) à la réintégration , jusqu’à la reconstitution de carrière , chaque étape a été et demeure, dans une administration méthodiquement blanchie, humiliations et souffrances en série …Si de 2009 à nos jours le dossier n’est toujours pas apuré , c’est bien évidement parce qu’il n’y a pas eu de volonté politique réelle, pour le résoudre correctement .
Que faut-il retenir de tout cela ?
Nourri à la psychologie du soldat-dressé pour donner ou recevoir des ordres- le Président reste allergique à toute opinion contraire , réfractaire à la culture du débat . D’où cette tendance , chez lui , à vouloir réduire , plier, soumettre l’adversaire politique par tous les moyens, y compris par la pitance … L’Administration est personnalisée, instrumentalisée aux fins de régler les comptes aux adversaires . En effet, nous savons que les opposants politiques au général ne sont ni recrutés , encore moins promus dans son Administration ; et comme si cela ne suffisait pas on s’asseyait en plus sur leurs droits légitimes….
Au caractère ethnocratique , communautariste très marqué du régime, vient maintenant se greffer la personnalisation de l’Administration , instrumentalisée à des fins de règlement de comptes politiques. Ce sont là des Indicateurs de l’incurie et de la déliquescence du régime mauritanien et de sa gouvernance ; La loi c’est le Boss, le Boss la loi !
Voilà pourquoi nos partenaires Européens et Américains se doivent enfin de comprendre qu’avec de telles pratiques , une telle psychologie réti ve au Droit et à la Loi – socles de tout Etat de Droit -,en plus de la restriction croissante des libertés , le Président demeure très mal indiqué pour œuvrer à l’érection d’un Etat de droit …
Toutes ces professions de foi sur la lutte contre l’esclavage, sur le respect des droits de l’homme et des libertés, sur l’unité nationale ne sont que mensonges, hypocrisie ! Accords et conventions il s’en moquait . Les appels à l’inclusion n’ont pas de répondant , car sa politique ,discriminatoire , sur l’Unité nationale n’a pas varié . Les gouvernements mauritaniens de – teinte militaire- sont rompus à l’art de ruser et de berner les Occidentaux.…
Il est temps que nos partenaires internationaux comprennent , enfin , qu’ils ont en face un régime militaire déguisé pour adopter une approche plus adaptée …
Samba Thiam
Inspecteur de l’Enseignement
(Président des FPC)
Nouakchott le 12 décembre 2016
Mauritanie-Sénégal : une guerre froide nécessaire et des intérêts communs permanents à protéger
Permettez-moi de partager avec vous la réflexion du Pr.Hamahoullah Ould Salem (photo ci-dessus), historien et universitaire, panarabiste engagé, défenseur invétéré de la langue arabe et anti-français notoire.
Dans un article publié sur le site «Aqlam», il développe sa vision sur la nature des relations qui doivent lier la Mauritanie au Sénégal, mais aussi à la France, et les enjeux militaro-politiques qui sous-tendent à ses yeux la construction du Port naval de NDiago, inauguré il y a quelques jours par le président Mohamed Ould Abdel Aziz.
S’il n’est pas possible selon lui de changer la géographie des lieux ni l’histoire pluricentenaire qui lie la Mauritanie et le Sénégal, les Mauritaniens devraient à ses yeux supporter un voisin aussi dérangeant que le Sénégal à travers un partenariat souple pour affronter les défis géopolitiques complexes sur nos frontières Sud, qui vont du Fleuve Sénégal jusqu’au Fleuve Niger et qui s’ouvre sur un espace qui s’étend jusqu’aux rives du Tchad, du Soudan et de l’Ethiopie, avec des intérêts certains pour la Mauritanie.
Seuls ceux qui ignorent la géographie et l’histoire, mais aussi les intérêts communs entre le Sénégal et la Mauritanie, parmi les citoyens des deux pays peuvent, selon lui, croire à une guerre possible entre les deux Etats. Et le Pr.Hamahoullah Ould Salem de souligner que les relations avec le voisin sénégalais doivent rester dans les limites du partage d’intérêts et de bon voisinage. Ces relations ne doivent jamais, selon lui, être bâties sur une confiance qui n’existe plus. Ces relations doivent toujours rester des relations normales mais dans un climat de «guerre froide» permanent, une «réelle guerre froide qui se poursuit d’ailleurs, dira-t-il, depuis les indépendances, sans que jamais elle ne s’enflamme ni se refroidisse, et sans qu’elle ne puisse connaître une fin».
Le Pr.Hamahoullah de reconnaître que le Sénégal dispose d’une véritable élite qui participe à la prise de décision et apporte son aide par ses recherches et par ses réflexions, mais aussi d’une respectable opinion publique active dont les positions pèsent dans l’orientation de ses politiques générales. Selon lui, le Sénégal ne connaît pas de crise identitaire, étant parvenu par un large consensus tacite à régler définitivement la question culturelle et la question identitaire. Le Sénégal, dira-t-il en substance, ne cache pas ses positions vis-à-vis de son voisin du nord, la Mauritanie Il la critique très souvent, lui impose ses exigences parfois et lui a toujours arrachés des intérêts dans les projets communs liés à la gestion du Fleuve. Ainsi, selon le Pr.Hamahoullah, le Sénégal engrange au détriment de la Mauritanie un développement agricole et hydroélectrique équilibré, et la supplante dans le domaine de l’enseignement, de l’éducation et des infrastructures essentielles de base.
La situation générale a toujours été ainsi favorable au Sénégal, fait-il remarquer, et cela continue encore aujourd’hui, même partiellement. La situation se serait compliquée lorsque le pouvoir sénégalais tomba dans une erreur fatale et historique, en faisant assassiner des Mauritaniens et spolier en toute impunité leurs biens.
Et il ne s’en excusa point. Il incombait au régime mauritanien d’alors, souligne le Pr.Hamahoullah, de n’accepter aucun arrangement avec le Sénégal sans des excuses solennelles et publiques et sans compensation intégrale. Au lieu de cela, le régime mauritanien a accepté un accord à minima sous la pression de la France et tout fut effacé au détour d’une réunion de routine entre les délégations des deux pays sous la bénédiction de la direction de la sûreté extérieure et de l’anti-espionnage français. Le sang des Mauritaniens et leurs biens furent ainsi classé dans la rubrique pertes et profits, leur dignité et leur honneur avec, sous le règne de Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya malgré ses positions radicales au début de la crise.
Le Pr.Hamahoullah trouve que le Sénégal s’en sortit finalement sans perte économique ni diplomatique, à cause justement de la médiocre diplomatie mauritanienne, de la concentration excessive des pouvoirs entre les mains du président et de l’ignominie de certains régimes arabes ainsi que l’hypocrisie de certains Mauritaniens beïdanes. Mais le Sénégal, selon lui, perdit définitivement la confiance des Mauritaniens, tant au niveau étatique que populaire. Beaucoup de Mauritaniens eurent cependant la mémoire courte, regrette le Pr.Hamahoullah, faisant remarquer que plusieurs d’entre eux sont retournés à leurs habituelles transhumances et commerces au Sénégal dont les terres regorgeaient encore de leur sang et d’où fusaient encore leurs cris de détresse. Le tout en l’absence du moindre sursaut de leur gouvernement dans leur protection.
Ce qu’il faut aujourd’hui, selon Hamahoullah Ould Salem, c’est briser le cercle infernal qui impose depuis des siècles aux habitants du Sud de la Mauritanie de transhumer au Sénégal et au Mali, de dépendre pour leur survie des mils qui sont importés de ces pays. Il prône surtout l’élimination totale du Français dans l’administration et dans l’enseignement en Mauritanie, trouvant anormal que le pays signe un accord qui lui impose une concordance de diplôme au sein de la CEDEA dont elle s’était pourtant retirée depuis des décennies. Pour le Pr.Hamahoullah, une telle décision constitue une atteinte à la souveraineté du pays et consolide son ancrage dans le giron sénégalais et français.
Tout cela, souligne-t-t-il, se déroule sous l’actuel régime qui fait pourtant l’apologie de la résistance, en accointance avec quelques collabos foncièrement ennemis à tout ce qui est arabe ou maure, persifle-t-il. Des gens qui selon lui, rêvent d’un avenir radieux en s’appuyant sur l’aide étrangère et dans une provocation effrontée des exclus de la société mauritanienne et devant un gouvernement qui se débat. Pour le Pr. Ould Salem, assurer l’indépendance alimentaire, culturelle et administrative de la Mauritanie est la démarche la plus raisonnable. Elle est selon lui plus importante que la possession de la bombe atomique.
Le Pr.Hamahoullah estime que le retrait stratégique vers l’Afrique du Nord pour compenser les échecs au Sud comme solution est tout simplement inacceptable et suicidaire.
L’universitaire en vient ainsi au Port naval de NDiago, que le président Mohamed Ould Abdel Aziz a inauguré il y a quelques jours. Selon lui, la construction de cette importante infrastructure militaire à vol d’oiseaux du Sénégal est un choix stratégique et souverain, pour la défense des frontières fluviales et maritimes du Sud. Il ne remet nullement en question, selon lui, le principe de bon voisinage avec le Sénégal, principe basé sur la paix et l’échange réciproque.
Le Pr.Hamahoullah trouve cependant nécessaire le maintien de cette «guerre froide» comme base des relations avec le voisin sénégalais, un voisin qui serait passé à ses yeux maître en la matière. Il évoque ses pions installés en Mauritanie qu’il manipule selon les circonstances, ses anciennes prétentions territoriales sur la rive gauche qu’il brandit à l’occasion, étant entendus que la donne démographique selon le Pr.Hamahoullah peut pousser à cette «guerre froide» qui pourrait devenir à la longue une constance incontournable.
Et le Professeur de souligner qu’un affrontement militaire avec un pays où l’accroissement démographique est plus rapide peut pousser à la recherche d’un espace plus spacieux qui ne peut être trouvé que dans une Afrique du Nord arabe dérangeante, malgré le fait que la Mauritanie trouve mieux son bien-être géographique et politique dans son domaine fluvial. Une donne à méditer, conseille-t-il.
Selon le Pr.Hamahoullah Ould Salem, le financement du Port naval de NDiago ne peut en aucun cas être sur fonds propres, soulignant que la Mauritanie qui a été incapable de débourser 199 millions de dollars pour l’assainissement vital de la ville de Nouakchott, ne peut pas avoir dans ses fonds propres la bagatelle de 350 millions de dollars pour construire une telle infrastructure. Il pense que la Chine n’est pas étrangère à cette réalisation et que le Port de NDiago pourrait en définitive se transformer en une base militaire avancée de la Chine sur l’Océan Atlantique. Et cela, les Mauritaniens devraient s’en réconforter, selon le Pr.Hamahoullah, car dans ce monde des puissants, il ne resterait comme véritable allié de confiance à la Mauritanie que la République Populaire de Chine. La Russie fédérale aurait déjà un allié régional de taille, l’Algérie. Quant aux relations avec les Etats-Unis, la Mauritanie devait les renforcer, mais pas au détriment de la Chine, selon le Pr. Ould Salem.
S’agissant des relations avec la France, il trouve qu’elles doivent régresser considérablement pour être ramenées à des relations normales comme celles que nous avons avec d’autres pays européens dont certains seraient d’ailleurs plus importants et plus significatifs, comme l’Espagne, l’Allemagne et même la Norvège.
Enfin, le Pr.Hamahoullah trouve que la manière avec laquelle l’armée mauritanienne poursuit son armement est anormale et que nos plus grands malheurs viennent des régimes qui nous dirigent, des régimes qui méprisent leur élite et leurs citoyens, qui ne disposent pas d’assez de souffle ni en tant de paix ni en tant de crise, ni de position claire basée sur une identité nationale et une histoire commune, mais des gouvernements qui prennent tous ses facteurs comme cheval de Troie pour des objectifs temporaires et passagers.
Cheikh Aïdara
Source : http://aidara.mondoblog.org



