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L’ancien capitaine Breika M’Bareck Varaji, ancien chef militaire et politique : ‘’Pour que les conditions soient réunies pour organiser des scrutins inclusifs, crédibles et transparents, la mise en place d’une C.E.N.I consensuelle est indispensable’’

Le Calame : La scène politique s’agit au fur et à mesure que les élections locales de 2018 et la présidentielle de 2019 s’approchent. Comment appréhendez-vous ces échéances qui doivent consacrer une alternance en 2019 ?
Breika M’Bareck : Je suis bien sûr préoccupé quand je vois des ministres, des Secrétaires généraux, des députés, l’administration aux premières loges pour préparer les adhésions de l’UPR ce qui montre à l’évidence la grande inquiétude face aux prochaines échéances. Et qui envoie un signal fort et nouveau dans le changement de stratégie pour le pouvoir afin de rester le maître du jeu. Cette offensive pour remporter les élections 2018 en employant tous les moyens ne permettra pas d’élire des députés, des maires, des conseillers régionaux à la hauteur du défi du moment. En ce qui concerne l’alternance 2019, il s’agit d’un défi majeur pour notre pays et je souhaite que le Président Mohamed O. Abdel Aziz organise de façon exemplaire cette échéance capitale. Connaissant l’Homme, l’Officier et le Patriote, j’a n’ai aucune inquiétude à ce que cela se passe très bien.
Le 3e mandat pour le président Mohamed Ould Abel Aziz a longtemps été une fixation pour aussi bien ses soutiens que pour l’opposition surtout. Pensez-vous que le président Aziz a désormais toutes supputations avec sa sortie récente dans Jeune Afrique dans laquelle il a réaffirmé qu’il ne modifiait pas la constitution pour briguer un 3éme mandat, comme le souhaitent certains de ses soutiens ?
S’agissant du 3ème mandat, je me contenterais de la déclaration solennelle du Président Mohamed O Abdel Aziz au Palais des Congrès lors de la clôture du dernier dialogue. Toutefois, la région sahélienne est de celle dont on ne parle qu’au gré des crises qui la traversent régulièrement, crises alimentaires, politiques, violences ethniques ou tribales, opposition entre nomades et sédentaires, criminalité de droit commun, mais aussi conflit armée. C’est pourquoi le Président Mohamed O Abdel Aziz doit tenir compte de tout cet environnement. A mon avis il reste au Président la possibilité de se concerter avec les acteurs politiques notamment ceux qui sont restés aux côtés de la Mauritanie au moment où elle en avait besoin.
Notre pays s’est préservé des convulsions provoquées par le printemps arabe. Pendant l’absence du Président Mohamed O. Abdel Aziz, ils se sont mobilisés pour rassurer les populations. Le Président Messaoud O. Boulkheir est monté en 1ère ligne afin de faire passer un message pour consolider l’unité nationale et renforcer la cohésion sociale et maintenir la paix civile.
Pensez-vous que les conditions pour des scrutins inclusifs, crédibles et transparents sont aujourd’hui réunies ou peuvent être réunies d’ici les échéances à venir pour que l’opposition qui le réclame puisse ne pas les boycotter? Quel message adressez-vous aux acteurs politiques du pays pour éviter des lendemains d’élections contestées?
Pour que les conditions soient réunies pour organiser des scrutins inclusifs, crédibles et transparents, la mise en place de la C.E.N.I est indispensable.
Cette C.E.N.I doit être consensuelle, le dernier dialogue a prévu que la majorité et l’opposition proposent chacune 11 membres soit au total 22 pour enfin de compte n’en choisir que 11. Pour rassurer les uns et les autres et faire preuve de bonne volonté, l’opposition dialoguiste doit proposer 5 et la majorité 6 soit 11 membres définitivement choisis.
Le message que je peux adresser à tous les acteurs politiques est d’éviter de boycotter les élections 2018 (municipales, régionales et législatives). Le dernier boycott a donné au pays l’une des plus mauvaises assemblées nationales de son histoire.
Le Mouvement El Hor a célébré son 40e anniversaire, le 5 mars. Quelle appréciation vous faites de ce Mouvement à la naissance duquel vous avez participé ?
Le mouvement « El Hor » (organisation pour l’émancipation des Haratines) a à son actif l’ordonnance 81 – 234 promulguée par le gouvernement de Mohamed Khouna O. Haidalla. C’est l’occasion pour moi de rendre un vibrant hommage à l’action de tous les membres fondateurs d’El Hor, à la coordination régionale du Nord, la conscience Haratine, SOS esclaves, à l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), le flambeau de la liberté au manifeste pour les droits économiques et sociaux des haratines. Un hommage particulier pour le combat des grands leaders membres fondateurs d’El Hor, président des partis politiques Action pour le changement (AC) puis l’Alliance populaire progressiste (APP) qui n’a jamais dévié de la ligne directrice pour le combat d’El Hor depuis sa création, le Président Messaoud O. Boulkheir. Un vibrant hommage également : Feu Mohamed Saïd O. Hamody, ambassadeur, ancien président de la C.N.D.H qui eu le courage d’être à la tête du manifeste pour les droits économiques et sociaux des haratines. Aujourd’hui, compte tenu de mon humble expérience, l’heure n’est les plus aux commémorations, car l’émancipation a fait un grand pas ainsi que la sensibilisation de tous les mauritaniens.
Le combat devient politique, démocratique, économique et social, car il faut combattre ce qui reste de l’esclavage, les séquelles de l’esclavage et les pratique esclavagistes.
Etant donné qu’il existe des partis politiques, il faut soutenir le parti politique qui le plus à même de terminer de combat. Car les haratines sont inexistants économiquement, peu représentés dans les sphères de l’Etat, faibles sur le plan éducationnel, avec une grande faiblesse de la couverture sanitaire. Personnellement, je pense qu’une alliance avec le parti de Messaoud O. Boulkheir pourrait être l’ébauche de solutions à tous ces problèmes
Je propose au gouvernement de désigner un responsable plénipotentiaire pour permettre à la Mauritanie de rompre définitivement avec cette tare.
L’opposition et de nombreux civils estiment que les militaires qui régentent le pays depuis 1978 doivent quitter l’arène politique pour se consacrer à leur mission principale, à savoir, la protection des frontières du pays. Qu’en pense l’ancien officier que vous êtes?
-Avant de répondre à votre question concernant les militaires qui régentent le pays depuis 1978 dites-vous, je signale que dans tout appareil d’Etat, l’Armée est bien l’institution dont l’analyse et la compréhension relèvent par excellence de l’analyse géopolitique ; c’est-à-dire de la démarche qui permet de mieux comprendre les rivalités des pouvoirs sur des territoires. C’est en effet principalement, par leurs armées que les Etats se disputent des contrées ou exercent leur domination à l’extérieur de leurs frontières. Quant à la Nation, c’est une idée fondamentalement géopolitique puisqu’il n’y a pas nation sans territoire et, pour ce qui est des rivalités de pouvoir, il n’est pas de nation qui au cours de son histoire n’a pas eu à subir ou à combattre quelques pouvoirs étrangers. Aussi, pour toute nation, l’armée a-t-elle une grande importance autant matérielle que symbolique, et ce d’autant plus que le contexte géopolitique est dangereux.
Dans la seconde moitié du XIX ème siècle dans de nombreux Etats d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine , l’armée a pris le pouvoir, c’est pourquoi, il est toujours nécessaire de mettre les acteurs politiques devant leurs responsabilités et recréer dans le cadre d’un dialogue sans a priori ni exclusive, et sans plaidoyer corporatiste une véritable proximité des militaires avec les citoyens qui mesurent difficilement les enjeux d’un domaine qui leur est tout sauf familier, mais il faut également que notre personnel politique consente à monter plu d’intérêt et de respect pour l’institution des forces armées et de sécurité qui n’est pas qu’un héritage vaguement désuet de l’histoire, dont on ferait bien d’ailleurs de se rappeler les leçons.
Pour répondre à votre question, sachez que les forces armées et de sécurité mauritaniennes forment un bloc d’hommes de troupe, de sous-officiers et d’officiers de grande valeur et ils ont eu à le prouver sur tous les théâtres d’opération. Ils doivent être respectés et admirés pour les sacrifices consentis chaque jour pour l’intérêt de la Patrie. Ils font partie de la solution politique en Mauritanie. La classe politique et le corps social doivent créer un climat serein pour la stabilité, le renforcement de la démocratie, la cohésion sociale dont les forces armées et de sécurité sont garantes.
La défense est l’affaire de tous. Elle n’est pas un sujet politicien, mais le véritable fondement de la politique de la Nation. Nous vivons dans une société qui est entrain, sous l’inversion démographique en cours, de donner la priorité à l’impératif de sécurité face à la délinquance et à la menace terroriste.
La disparition du militaire de paysage sociétal s’inscrit dans le primat de l’intérêt individuel sur l’intérêt collectif. Une société sans armée est une nation sans politique.
Propos recueillis par DL
le calame
Mauritanie:les FPC célèbrent 35 ans de résistance des Noirs
Les FPC (ex-FLAM) soufflent 35 bougies cette semaine dans la tristesse et sur fond de régime autoritaire de Ould Aziz. Le plus vieux mouvement de libération africaine de Mauritanie créé le 14 mars 83 à Nouakchott est devenu en 2014 un parti politique hors système dirigé par Samba Thiam. Une longue marche vers la liberté qui symbolise la résistance patriotique des Flamistes contre un état raciste souligne le porte-parole Kaaw Bilbassi Touré à l’occasion de cet anniversaire. Le nouveau parti bien que non reconnu par les autorités de Nouakchott contribue ainsi largement à porter l’espoir d’une Mauritanie libre sur les fonts baptismaux de l’histoire.
Du mouvement de libération les FLAM au parti politique les FPC que de chemins parcourus ! Des chemins parsemés d’embûches depuis la naissance difficile le 14 mars 1983 à Nouakchott jusqu’à la rédaction du Manifeste du Négro-mauritanien opprimé en 86 et qui a valu à ses dirigeants la prison et la mort de quatre d’entre eux certainement les plus valeureux. Les rescapés du mouroir de Oualata l’actuel président Samba Thiam et le président de l’AJD-MR Ibrahima Sarr pour ne citer que les deux hommes qui occupent aujourd’hui une place importante sur la scène nationale. Au coeur de leur combat l’Etat raciste que perpétue le régime de Ould Aziz dont les principales victimes les noirs ( négro-africains et Hratins) exclus de la société mauritanienne. 35 ans d’oppression ce n’est pas rien. Pour le plus jeune prisonnier politique de Ould Taya et porte-parole des FPC les combattants de la liberté n’ont jamais dévié leurs objectifs malgré les agressions de toutes sortes. Kaaw Toure ne croit pas que tous les discours que véhicule son parti sur le racisme, l’esclavage, le passif humanitaire, l’identité mauritanienne et l’impunité sont en déphasage avec la réalité du pays. Ce sont les premiers à s’insurger contre le dictateur Ould Taya et contre le système discriminatoire. En célébrant ces 35 ans d’oppression des Noirs les FPC entendent poursuivre une vision pour une Mauritanie libre. Dans cette perspective le parti devra rassembler tous les autres partis négro mauritaniens ou non soucieux de l’unité nationale et du règlement de la question nationale dans le cadre d’une unité d’action. Kaaw Touré est conscient que c’est une oeuvre de longue haleine. Le changement c’est à partir maintenant.
Yaya Cherif Kane- Journaliste à Rouen-France
(Kassataya)
La guerre contre la langue française
Med Yahya Abdel Wedoud – Les arabophones exagèrent, ils outrepassent toutes les limites.
Leur combat contre la langue française, et partant contre les francophones, qui, à leurs yeux, est une lutte contre les colonisateurs, prend les proportions d’une guerre ouverte et officielle contre leurs frères francophones. Il faut dire qu’en instituant l’arabe comme « SEULE » langue officielle du pays (j’insiste sur ce qualificatif de seule), le législateur mauritanien, renvoie le français des tribunes officielles, pour le confiner au statut de langue « morganatique », de la plèbe des « franchouillards », rabaissés au niveau de citoyens « indignes ».
Auparavant, le français était d’usage, tout comme l’arabe. Par exemple, quand un intervenant parle arabe, la réponse lui est faite en cette langue par le conférencier.
S’il le fait en français, la réponse lui est faite en cette langue. Cet usage a disparu, depuis qu’un ministre francophone, en l’occurrence, Kane Ousmane, invité de l’émission « Le gouvernement sur la balance » (al houkouma vi el mizane), Mohamed Taghiyoullah El Ed-hem n’a pas laissé le ministre de l’économie et des finances s’exprimer en français, lui qui est francophone et ne parle pas arabe.
Depuis lors, TOUT se fait en arabe et les francophones sont relégués au second plan. Avec cette affiche, il ne manque plus qu’à les bannir. Le comble, c’est que l’Islam est invoqué pour légitimer et justifier cette infamie.
Med Yahya Abdel Wedoud
Cridem
La langue française doit être renforcée par une disposition constitutionnelles:
En Mauritanie,dès que quelqu’un demande que l’on octroie au français,la place qui lui sied en tant que langue de savoir et langue-relais dans notre sous-région sahélienne, d’aucuns voient en cela, un complexe à l’endroit de l’ancienne puissance coloniale,et en même temps une mentalité de déraciné.
Mais,que les gens soient sérieux!Comment peut-on faire une vingtaine d’années,voire plus, à apprendre dans une langue,et ne pas souhaiter que celle-ci ait une bonne et solide assise?Ce serait trop réducteur et limité d’appréhender les chose avec un tel état d’esprit réprobateur,ceux qui ne revendiquent que leur droit,par la reconnaissance de la langue dans laquelle ,ils furent formés.D’autant qu’en Mauritanie,depuis l’indépendance jusqu’à nos jours ,le français est introduit largement dans le système d’enseignement à coté de l’arabe.
Si à priori;certains citoyens se prédéfinissent, francophones et arabes de naissance et de culture,c’est leur droit,toutefois,d’autres aussi peuvent à posteriori, légitiment se définir comme francophones, en raison de leurs connaissances reçues depuis toujours,par le biais du français.
Alors, on doit pas leur en vouloir de revendiquer une place plus importante pour la langue de leur formation.Il y va du sens de l’équité,de la justice,et de l’égalité des chances pour les citoyens dans les différents secteurs économique,social,privé ,public…du pays.
Pour casser l’élan du petit militantisme manifesté par les francophones en faveur du français ;certains réfracteurs à leurs droits dûment justifiés,usent de la ruse en répliquant pour dire que le français est une langue étrangère,il serait mieux de revendiquer une place plus importante pour les langues nationales.
Des arguments,dignes d’intolérance et de refus de voir la réalité en face.
C’est vrai que nos langues nationales mériteraient de peser encore plus,mais elles ne constituent pas le levier par lequel,nous avons reçu nos connaissances,nos diplômes… Ce n’est pas avec nos langues nationales,que nous travaillerons dans les banques,dans les universités,dans les tribunaux,dans les laboratoires,dans l’administration.En tout cas,ce n’est pas dans un avenir proche.pas avec notre génération,et les quelques générations qui nous suivent….
Certes nos langues nationales peuvent servir de tremplin à l’alphabétisation des masses,mais elles n’ont pas atteint le niveau du français pour être des langues de travail.
C’est à quoi,demander que le français ait le statut de langue de travail dans la constitution mauritanienne,ne serait pas trop demander.
Absolument!La langue français doit être renforcée par une disposition constitutionnelle,au nom de l’égalité des chances…Sinon sans cette garantie de la loi fondamentale,le français n’est assis sur aucun fil.
Si demain,un pouvoir venait interdire son usage dans l’administration,personne n’aurait un argument de taille pour s’y opposer et exiger son retour.
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Source : Khalil Youssoufi Tandia (Page FB)
A propos des langues nationales (opinion)
Je me souviens de discussions organisées, au milieu des années 70, par des Arabo-berbères et des Négro-africains, autour de la question des langues nationales et au terme desquelles, une tendance majoritaire avait préconisé la transcription des langues Africaines en caractères Arabes.
Les arguments avancés par les tenants de cette proposition étaient qu’elle serait une pierre de plus, qui renforcerait l’édifice de l’unité nationale et qui contribuerait à désamorcer les velléités chauvinistes de certains groupes.
Les arguments qui s’y opposaient, insistaient sur le fait qu’une telle option, si elle était retenue, couperait tout simplement les Négro-africains de Mauritanie du reste de leurs communautés culturelles et linguistiques, dans toute l’Afrique, qui parlent ces langues et qui les ont déjà transcrites en caractères latins.
Résultats : « laissons aux générations futures les soins et la responsabilité de trouver les solutions les plus adéquates à cette question vitale. En attendant, travaillons ensemble, pour la reconnaissance, le respect et la promotion de toutes nos langues nationales ».
Ceux qui avaient pris part à ces discussions, étaient conscients que le fait d’esquiver ce grand problème, en le remettant à plus tard, ne rendait pas service aux futures générations, ni à la cohésion nationale.
La preuve ! Qu’en est-il aujourd’hui ? L’édifice de l’unité nationale et de la cohabitation est resté au niveau des fondations et les obstacles nés de la non-solution du problème des langues, les injustices et les déséquilibres, sociaux et économiques,qu’il a générés, condamnent nos différentes communautés, aujourd’hui , à un face à face négatif et dangereux.
Le français, « langue-pompier », continue à servir à la fois à faciliter la communication intercommunautaire, aussi bien au travail que dans la rue, et à subir les contrecoups des uns et des autres.
Que peut-on faire aujourd’hui, pour se comprendre et mieux vivre ensemble ? Il n’y a pas de solution miracle, pour résoudre un problème de cette envergure.
Seuls le courage, l’autocritique et la volonté sincère de vivre ensemble, peuvent déboucher sur des solutions acceptables pour tous, c’est-à-dire qui prennent en compte les identités ethniques et culturelles de chaque communauté, et qui permettent à chacun de s’épanouir dans sa propre langue maternelle.
La grande concession mutuelle, sera qu’une de ces langues, devra être « élue » par tous, pour assurer un enseignement harmonieux, véhiculer les messages de l’Etat et permettre de communiquer avec la Communauté Internationale.
Ahmed Ould Mohamed
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