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Pour lutter contre l’oubli
Un mot, juste un, pour éloigner le grand leader Messoud de l’oubli dans lequel les luttes politiques tentent de le confiner, à petit feu. Cet homme qui s’est voulu, et qui a été effectivement, le plus célèbre défenseur des droits des Haratines, pendant une longue période, semble avoir du mal à concilier « ses ambitions sociales» et les exigences politiques des jeunes loups de son parti, la célèbre APP.
Un parti, qui, à un moment donné, avait porté haut les revendications de justice sociale et de démocratie de tous les Mauritaniens et qui a largement contribué à réduire le fossé qui se dressait entre Elbidhanes et Lihratines, à un moment où d’autres courants tentaient d’en faire un fonds de commerce politique et matériel.
Cette APP-là, a commencé à battre de l’aile depuis que son leader, Messoud, a commencé à se laisser tenter par les appâts du tristement célèbre ‘dialogue exclusif et destructif’ inauguré par l’UPR, en 2010.
Depuis cette date, Messoud s’est confiné dans une espèce de jeu de chaud et de froid qui a ruiné sa crédibilité politique et la combativité de l’APP, mais qui lui assure, par ailleurs, des fonctions officielles et des revenus non négligeables.
Il en résulte que désormais tous les Mauritaniens savent, d’avance, que Messoud est à ‘gauche’ au début des grands rendez-vous électoraux, mais qu’il basculera, à droite à l’approche des urnes.
Il vient, juste, d’en donner la confirmation. Mais ça n’a pas surpris grand monde.
Ahmed Ould Mohamed
Calam(ités)
Huit ans après une grosse vague de contestations qui emporta d’aussi gros dictateurs que Ben Ali ou Hosni Moubarak, voilà qu’un vent nouveau vient de balayer, sans coup férir, deux autres gros potentats du monde arabe : Abdelaziz Bouteflika et Omar El Béchir, restés respectivement accrochés au pouvoir, pendant vingt et trente ans. Il n’aura fallu, aux Algériens, qu’à peine cinq semaines de révolte non-violente pour dégager un homme malade, incapable de gouverner mais maintenu par une poignée de généraux obstinés à continuer d’user et abuser, sous couvert d’un président que les dispositions, on ne peut plus claires ; de l’article 102 de leur Constitution nationale auraient dû déclarer inapte, dès 2013, à assumer ses responsabilités, suite à AVC. Les Soudanais ont, eux, résisté quatre mois, pour venir à bout d’un intraitable général qui leur avait voir de toutes les couleurs, en termes d’emprisonnements abusifs, mal-gouvernance, musèlement de la presse et violations, intempestives et régulières, des fondamentaux des droits de l’homme. Grâce à leur détermination et à leur unité, les peuples algériens et soudanais, toutes tendances et générations confondues, ont maintenu la pression, jusqu’au déboulonnement – partiel, certes, mais déjà réel – des systèmes dont la gestion calamiteuse les avait tant meurtris. Imperturbables, les manifestants ne veulent pas s’arrêter à mi-chemin, ils veulent complètement rompre avec toutes les composantes des pouvoirs déchus. Autant les Algériens n’ont pas cédé aux tentatives de supercherie de leurs généraux, autant les Soudanais ont exigé le balayage de tous les proches de leur ancien bourreau.
En Mauritanie où la situation ressemble beaucoup au contexte de ces pays, le peuple continue à subir, sans réagir, les agissements et les politiques de dictatures militaires qui se succèdent, depuis le premier coup d’Etat du 10 Juillet 1978 qui renversa l’initial gouvernement civil du pays. Depuis, les populations nationales souffrent le martyr, entre le marteau impitoyable de militaires carrés et l’enclume d’une classe politique enrégimentée, divisée entre un camp allié apprivoisé et un camp opposé diabolisé et mis en quarantaine. Pour maintenir le statu quo et saper toutes les velléités, hautement improbables, de soulèvement, les régimes militaires ont ravivé, à des degrés différents, la flamme des appartenances tribales et produit la psychose des tensions intercommunautaires, via l’activation et le recrutement de groupes mis aux ordres, sous la tutelle des renseignements qui les manipule, conjoncturellement, suivant les intérêts du moment. Toutes les déferlantes de contestations, depuis 2011, ont épargné la Mauritanie. Paradoxalement, puisque toutes les causes objectives qui ont conduit, ailleurs, à une révolution, sont toutes présentes en Mauritanie : dictature, mauvaise gestion, corruption, prestations bancales des secteurs sociaux, népotisme, violations des droits de l’homme, détournements des deniers publics, délabrement du secteur de la justice, torpillage des processus démocratiques, déplorables conditions de vie, chute de l’économie, chômage, notamment des jeunes, insécurité, injustice sociale… Malgré tout cela, le peuple mauritanien paraît incapable d’entreprendre la moindre action, pour essayer de faire bouger les lignes et faire naître l’espoir de desserrer l’étau compresseur d’un pouvoir militaire qui se régénère indéfiniment. L’identification des Mauritaniens en tribus, communautés, gens de l’Est et de la Vallée, Guebla, Nord et Sud, en ceci ou en cela, sert toujours l’agenda du pouvoir qui ne cherche, « justement », que continuer à davantage diviser pour continuer à mieux régner. La dernière « visitation » du candidat militaire à la présidentielle de 2019, dans tous les départements du pays, semble prouver, avec éloquence, que le soulèvement du « peuple » mauritanien n’est pas pour demain. Chacun est à sa propre soupe. Or, pour faire une révolution, il faut un peuple. La Mauritanie n’en a pas encore. Malheureusement.
El Kory Sneiba
le calame
Mauritanie : nouveau Code Général des Impôts (CGI)
L’assemblée nationale de Mauritanie a examiné et adopté un projet de loi portant Code Général des Impôts (CGI), au cours d’une séance plénière qui s’est déroulée mercredi après midi.
Ce projet loi vise « à mettre fin à la multiplicité et l’éparpillement des textes dans ce domaine, en regroupant tout l’arsenal juridique régissant la fiscalité et les taxes dans un seul document reformulé dans un style moderne adapté à l’époque pour une meilleure compréhension », selon le ministre mauritanien de l’économie et des finances Moctar ould Diaye.
Le nouveau Code Général des Impôts en Mauritanie est divisé en 4 livres « 1-les réformes introduites en matière d’impôts directs.2- Les mesures proposées dans le champ de l’impôt direct.3- Les améliorations suggérées pour simplifier et moderniser les règles de l’enregistrement et du timbre. 4-Les mécanismes pour moderniser la procédure fiscale à travers différentes étapes ».
Le nouveau Code Général des Impôts de Mauritanie apporte « des réformes qui spécifient les règles de compétence territoriale pour mieux déterminer les impôts, en particulier la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) sur les importations de biens non corporels et applique dorénavant la TVA aux abonnements audiovisuels et aux services comme les agences de voyage, la vente de biens usagers et aux activités sous-traitantes de main d’œuvre ».
L’ancien Code des Impôts de la Mauritanie datait de 1982.
le calame
Décret portant convocation du collège électoral pour l’élection du Président de la République
La Présidence de la République a rendu public, mardi soir, le décret N. 2019/185 portant convocation du collège électoral pour l’élection du Président de la République dont voici le texte intégral :
“LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
-Vu la constitution du 20 juillet 1991, révisée en 2006, 2012 et 2017 ;
-Vu l’ordonnance N. 87.289 du 20 octobre 1987, abrogeant et remplaçant l’ordonnance N. 86.134 du 13 Août 1986, instituant les commune, modifiée ;
-Vu l’ordonnance N. 91.027 du 07 octobre 1991, portant loi organique relative à l’élection du Président de la République, modifiée ;
-Vu la loi N. 2008.026 du 6 mai 2008, abrogeant et remplaçant l’ordonnance N.2006.034 du 20 octobre 2006, instituant la haute autorité de la presse et de l’audiovisuel, modifiée ;
-Vu la loi organique N. 2012.027 du 12 avril 2012, modifiée, portant institution de la commission électorale nationale indépendante(CENI) ;
-Vu la loi organique N.2009.022 du 2 avril 2009, fixant les dispositions spéciales relatives au vote des b mauritaniens établis à l’étranger, modifiée ;
-Vu la loi organique N.2012.028 du 12 avril 2012, modifiant certaines dispositions de l’ordonnance N.91.027 du 7 octobre 1991, modifiée ; relative à l’élection du Président de la République ;
-Vu le décret N.2012.278 du 17 décembre 2012, fixant les modalités de la campagne électorale et des opérations de vote pour les élections présidentielles ;
-Vu le décret N.2012.275 du 6 décembre 2012, fixant les modalités de la campagne électorale et les modalités de vote pour les élections municipales ;
-Vu le décret N.2009.123 du 14 avril 2009 portant application de la loi organique N.2009.022 du 2 avril 2009, fixant les dispositions spéciales relatives au vote des mauritaniens établis à l’étranger ;
-Vu la délibération N.030 du 10 avril 2019, de la de la commission électorale nationale indépendante(CENI).
DECRETE
Article premier : le collège électoral est convoqué le samedi 22 juin 2019 et, en cas de second tour, le samedi 6 juillet 2019, en vue d’élire le Président de la République.
Les membres des forces armées et de sécurité, inscrits sur la liste électorale, votent le vendredi 21 juin 2019 et, en cas de second tour, le vendredi 5 juillet 2019.
Article 2 : Les déclarations de candidature à l’élection du Président de la République sont adressées au conseil constitutionnel à compter de la publication du présent décret et doivent lui parvenir au plus tard le mercredi 8 mai 2019 à minuit.
Le conseil constitutionnel statue sur la régularité de la candidature et en donne récépissé.
Le conseil constitutionnel établit la liste provisoire des candidats à l’élection présidentielle et la rend publique, le jeudi 9 mai 2019.
Le droit de réclamation contre l’établissement de la liste provisoire des candidats est ouvert à toute personne candidate.
Les réclamations doivent parvenir au conseil constitutionnel le vendredi 10 et le samedi 11 mai 2019. Il statue sur les réclamations dans les 48 heures qui suivent sa saisine.
Le conseil constitutionnel transfert la liste définitive des candidats au gouvernement qui en assure la publication, au plus tard le mercredi 22 mai 2019.
Article 3 : la campagne électorale sera ouverte le vendredi 7 juin 2019 à zéro heure et close le 20 juin 2019 à minuit.
Article 4: le scrutin sera ouvert à 7 heures et clos à 19 heures.
Article 5 : les opérations électorales relatives à l’élection présidentielle seront exécutées par la commission électorale nationale indépendante(CENI).
Article 6: le conseil constitutionnel proclame les résultats définitifs du scrutin.
Article 7 : le présent décret sera publié suivant la procédure d’urgence et au journal officiel de la République Islamique de Mauritanie ».
AMI
Muritanie Min Njejitta/Justice & Responsabilité : Communiqué
Muritanie Min Njejitta – Muritanie Min Njejitta, une organisation engagée dans la lutte contre l’injustice et l’impunité en Mauritanie, a organisé sa réunion générale à New York le samedi 13 avril 2019.
Pour montrer la solidarité dans la lutte contre les violations des droits de l’homme, le programme a débuté par un moment de prière à la mémoire des innocentes victimes du nettoyage ethnique contre les Peuhl au Mali. C’est aussi l’occasion de dénoncer les crimes de déportations Ensuite Madame Aissata Niang, la Présidente a souhaité la bienvenue à l’audience, particulièrement à ceux venus de Cincinnati, Columbus, Philadelphie, Baltimore, Jacksonville.
Le public a spécialement remercié notre aîné Abdoulaye M. Sylla pour son long voyage de Floride à New York City. L’objectif de la réunion était de mener une réflexion sur les stratégies visant à renforcer la capacité de l’organisation. Au cours de ce processus, les participants ont examiné et mis à jour la mission, les objectifs et les activités de l’organisation.
L’organisation a adopté au cours de cette réunion de nombreuses décisions importantes, la principale étant la création d’un prix au nom de Mère Houleye Sall pour son courage et sa vision.
Le texte de la justification du prix se lit comme suit, “en guise de reconnaissance de sa contribution exceptionnelle à la lutte pour la justice et la responsabilité, à la motivation des défenseurs et à l’inspiration des générations montantes, Muritanie Min Njejitta a décidé d’honorer Mère Houleye Sall en créant un prix en son nom: “Mother Houleye Award of Justice & Accountability.” Malgré les multiples défis (la brutalité policière et la pression politique), elle a mené la lutte contre l’injustice et l’impunité en Mauritanie avec courage et détermination.
Grâce à sa sagesse, à son intégrité morale et à son leadership charismatique, l’Association des Veuves Mauritaniennes est devenue l’une des organisations de défense des droits de l’homme les plus efficaces en Mauritanie.
De plus, la réunion a été une occasion exceptionnelle pour les membres de renforcer leurs relations et de renouveler leur engagement envers l’organisation. C’était aussi une opportunité pour l’organisation de s’entendre et de raffermir ses rangs.
Pour rappel, Muritanie Min Njejitta est la voix collective des veuves et des orphelins qui demandent justice pour les assassinats extrajudiciaires de leurs proches par le gouvernement Mauritanien qui incontestablement constituent un génocide. Ils sont résolus à lutter contre l’impunité en tenant pour responsables les auteurs et complices de ces crimes odieux qui doivent répondre de leurs actes.
En outre, l’organisation est déterminée à faire tout son possible pour honorer la mémoire des victimes en tant que mécanisme de prévention. Elle poursuit sa mission par le biais d’actions légales et le plaidoyer.
Enfin, à l’occasion du trentième anniversaire des déportations des Mauritaniens au Sénégal et au Mali en Avril 1989, l’organisation a exprimé sa solidarité avec les victimes. Et l’organisation dénonce vigoureusement l’indifférence du gouvernement face à une tragédie qu’il a délibérément créé. Elle lance un vibrant appel à tous ceux qui sont épris de justice et qui œuvrent en faveur des droits de l’homme et de l’avènement d’un état de droit, à se joindre à elle.
New York City 13 Avril 2019



