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La CVE/VR soutient les paysans de Darel Barka
CVE/VR– La CVE/VR suit avec inquiétude le développement de l’affaire dite de Darel Barka, dans la Moughataa de Boghé, où l’Etat s’entête à vouloir exproprier les propriétaires légitimes des terres de Karawlat Woullou N’diaye, attribués, sous forme de bail, à la multinationale AAAID en 2015.
La CVE/VR ne peut que saluer la résistance pacifique, mais ô combien héroïque, des paysans face à la brutalité de l’Etat qui, au lieu de les protéger, cherche à en faire des citoyens de seconde zone en les dépouillant de leurs terres qui représentent leur unique moyen de subsistance.
Au-delà du cas de Darel Barka, c’est la politique systématique de spoliation des terres de la vallée, entreprise avec la réforme domaniale de 1983 dont l’application se limite curieusement à la seule région du fleuve, qui doit cesser.
Il est aberrant de voir aujourd’hui des villages entiers, à l’exemple de Donaye, privés de leurs espaces vitaux à cause de cette voracité de l’Etat et qui n’ont d’autre choix que d’aller enterrer leurs morts de l’autre côté du fleuve, en territoire sénégalais. La CVE/VR :
– Condamne de la manière la plus ferme la répression policière contre les paysans de Darel Barka et tient l’Etat pour seul responsable des conséquences de cette politique injuste qui porte atteinte à la quiétude et à la paix sociale dans la région ;
– Exprime toute sa solidarité avec les paysans de Darel Barka et encourage ceux de toutes les autres localités victimes de tentatives d’expropriation à se mobiliser et à résister pacifiquement mais fermement à cette spoliation programmée ;
– Appelle à une réforme foncière nationale plus juste ne ciblant pas la seule vallée du fleuve et qui tienne compte du droit coutumier.
Enfin, la CVE/VR rappelle que le bon sens veut que toute entreprise de développement s’appuie d’abord sur l’adhésion des populations censées en bénéficier.
Nouakchott, le 24 août 2020
La Cellule de Communication
Le pacte de l’ex président Aziz avec le diable djihadiste – Mondafrique
Mondafrique-L’ex Président Aziz, indiquent plusieurs médias mauritaniens bien informés, aurait tenté, la veille de sa convocation par la police financière et son placement en garde à vue, de fuir la Mauritanie vers le Nord Mali avec l’aide des réseaux djihadistes liés à Aqmi.
Ce qui n’est pas une surprise quand on examine les accords secrets, encore que connus des services secrets occidentaux, entre l’ex chef d’Etat et les terroristes.
Avec une duplicité incroyable, l’ex président mauritanien Aziz s’est toujours affiché, durant dix ans, comme l’allié fidèle des Américains et des Européens contre le péril terroriste dans la région du Sahel.
La communauté internationale a voulu croire à cette fable, alors qu’elle disposait de sérieux éléments de preuve sur la complicité du Président mauritanien avec les terroristes. En effet, un texte d’Oussama Ben Laden, déclassifié par l’administration américaine, montrait qu’Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) avait signé, en 2010, un accord de non agression avec le pouvoir mauritanien.
D’après cet écrit dont la très sérieuse agence Reuters avait obtenu un double, les amis de Ben Laden s’engageaient à ne pas commettre d’attentats sur le sol mauritanien. En échange et toujours d’après ce document, le gouvernement mauritanien devait cesser de mener des attaques contre les positions d’AQMI.
La tentative récente de l’ex Président de quitter son pays en s’appuyant sur les réseaux djihadistes confirme ces informations. Le chef d’état mauritanien avait bel et bien conclu un pacte avec le diable djihadiste?
Solidarités tribales
On comprend mieux comment, avec de telles complicités, la Mauritanie a été en gros épargnée par les attentats ces dernières années. Cet accord explique aussi pourquoi le président mauritanien avait refusé, durant l’opération Serval menée en 2013 par la France au Nord Mali, d’apporter la moindre aide militaire au sol à son allié français.
A l’époque, on avait expliqué ce lâchage par les solidarités tribales entre les maures mauritaniens et les communautés arabes ou touaregs maliens. Il était difficile, plaidait-on, pour le pauvre Aziz de se battre contre ses frères et cousins. De plus, beaucoup d’Imams en Mauritanie, souvent d’obédience salafiste et financés par l’Arabie Saoudite, avaient pris violemment partie dans les mosquées contre l’intervention française.
Aveuglés par leur vision d’une Mauritanie, « rempart contre le terrorisme », beaucoup dans les entourages gouvernementaux et dans les médias voulaient croire encore à l’agilité tactique du président Aziz, capable d’une main d’abriter une antenne de la DGSE française et de l’autre de caresser dans le sens du poil de la barbe les religieux les plus rétrogrades.
Duplicités mauritaniennes
Il ne s’agissait pas seulement d’un pacte de non agression, comme certains pays au Sahel ont été tentés d’en passer. Ainsi ll’ex président burkinabé Blaise Campaoré avait pu trouver des arrangements avec certains touaregs extrémistes. Il s’agissait pour ce chef d’Etat roué de préserver une la paix sociale sur un territoire bordé par la Libye et le Nord Mali, tout en agissant comme intermédiaire utile pour ses amis occidentaux frappés par des enlèvements d’otages.
En 2010, le président Aziz allait beaucoup plus loin. Chaque année, prévoit ce pacte du diable, Nouakchott devait verser une somme allant de 10 à 20 millions d’Euros aux petits soldats d’AQMI pour éviter les enlèvements de touriste, une sorte d’assurance vie contre les prises d’otage. Le djihadiste n’a plus besoin de mouiller la chemise pour enlever des étrangers puis négocier la rançon. D’emblée, ce valeureux guerrier est récompensé.
Mais surtout le gouvernement mauritanien s’engage, dans ce même document, à libérer des prisonniers membres du mouvement. Ce qu’il fera en Mai 2013, lorsqu’un des principaux leaders de l’insurrection au Nord Mali et porte parole d’Ansar Dine (allié d’Aqmi), Sanda Ould Boumama, se réfugie en Mauritanie. Après quelques mois de détention, il est libéré en 2015 sans avoir jamais été présenté à la Justice. Quant au chef d’Aqmi en Mauritanie et cousin du président Aziz, El Khadim Ould Semane, il est arrèté en 2008, condamné à mort en 2010 et….toujours en vie.
Dénégations sans surprise
Cité par l’agence Reuter, Haçen Ould Naji, qui était le conseiller juridique du président mauritanien, a démenti l’existence d’un quelconque lien de la Mauritanie avec un tel accord. Il devait préciser que « son pays était contre le versement de rançons ou de financements indirects des terroristes ». Effectivement, il n’a pas tort. Il s’agit bel et bien d’une aide directe et non d’un paiement indirect.
Au Mali, le groupe jihadiste Ansar Dine, protégé donc par le pouvoir mauritanien, annonçait, le 29 Février 2016, la création d’un nouveau media communication pour faire connaitre ses prochaines attaques contre l’ONU et l’armée française. C’est sans doute faute de pouvoir se servir d’un étrange agence de presse mauritanienne, l’ANI, protégée par un militaire proche d’Aziz, et qui ne s’est jamais privé ces dernières années de publier les communiqués de l’ensemble des groupes djihadistes de la région.Cette « agence » au role trouble s’est toujours fait connaître par la proximité constamment entretenue avec les preneurs d’otages de tous poils.
Au grand dam notamment des Algériens, lors de la prise d’otages d’In Amenas en janvier 2013. Et sans que la fameuse « communuaté internationale », la France en tète, ne s’en émeuve?
Par Nicolas Beau
Pourquoi des dictateurs nous gouvernent-ils ? Essai de compréhension de notre structure mentale. Par Pr ELY Mustapha
Pr ELY Mustapha – A voir les dictateurs défiler au sommet de nos Etats, à voir toutes ces personnes qui ont personnalisé le pouvoir nous gouverner, à voir tous ceux qui autour d’eux applaudissent cette personnalisation, nous nous sommes posés des questions:
– Y’aurait-il quelque chose de caché en nous qui, inconsciemment, nous détermine à accepter le pouvoir personnifié et à l’exercer quand nous accédons au pouvoir.
– Qu’est-ce qui fait que des personnes affichant des valeurs démocratiques, se transforment en dictateurs aussitôt arrivées au pouvoir ?
– Y a-t-il en nous un « déterminisme » qui fait que nous sommes des dictateurs potentiels aussitôt un pouvoir quelconque reçu ?
Du planton au coursier, du secrétariat au standard, du chef de service au directeur, du secrétaire général au ministre, du ministre au Président de la République, chaque fois qu’un individu parmi nous se voit affecter un pouvoir il a tendance à le personnifier.
Du « secrétariat c’est moi », à « l’Etat c’est moi », c’est une même et unique personnification du pouvoir à diverses échelles de l’autorité.
Nous avons donc un comportement mental à l’égard du pouvoir qui fait que nous devenons dictateur quand nous l’exerçons et suppôt du pouvoir quand nous le servons.
La constance à travers les régimes qui nous ont gouvernés depuis des décennies, montre bien qu’il s’agit d’un comportement structurel, il est donc certain qu’il est l’œuvre d’une structure mentale établie.
Une structure mentale qui face aux situations de pouvoir, nous dicte d’être dictateur quand nous le possédons et suppôts quand nous le servons.
Si l’on considère qu’une structure mentale ne s’acquiert pas en un jour mais qu’elle est le produit d’un ensemble de facteurs qui, sur plusieurs années, forgent les prédispositions de l’individu à acquérir cette structure mentale, il s’agit donc d’un processus qui est déclenché aux différentes étapes du développement mental de l’individu et qui a construit ce mental.
La question est : Quel est ce processus qui a construit cette structure mentale qui dicte notre comportement à l’égard du pouvoir : être dictateur, au pouvoir ou être suppôt du pouvoir.
Si l’on essaie de déterminer, la constante sur laquelle est construite cette structure mentale force est de remarquer qu’elle tourne autour de « l’être unique ». Notre mental a tendance accepter de façon inconsciente la prédominance de l’être unique ; l’unicité du pouvoir et sa domination est une « évidence » mentale sur laquelle s’est bâti le développement de notre structure mentale dans nos sociétés.
De la foi à la filiation, en passant par la gouvernance, la constante « être unique » a dominé notre vision du monde de l’autorité. Elle a modelé notre conception de l’obéissance (I) et il se doit de trouver une voie de déstructuration de la structure mentale sans laquelle la gouvernance des dictateurs trouvera toujours à s’instaurer (II)
La religion, la famille, le gouvernant tous ont contribué à forger cette notion de « l’être unique ». « Etre unique » hors duquel, et sans lequel, il n’y a point de salut. Un être unique refuge et référence justifiant tous nos actes.
I- L’impact de la structure mentale : la soumission à “l’Etre unique”
1. La religion : Dieu, Etre unique divin
De sa naissance à sa disparition l’individu est attaché à sa foi. Il doit tout à Dieu. Sans Dieu, il n’existe pas. Dieu est unique. Face à Dieu pas de contestation. Face à Dieu on accepte tout. Dieu donne, Dieu reprend.
Dieu est unique. La conviction en l’unicité de Dieu est l’un des piliers fondamentaux de la foi. La parole de Dieu est sacrée. On ne fausse pas la parole de Dieu. On ne contredit pas sa parole. Et on fait ce qu’il dit et on rejette ce qu’il interdit.
Dans la foi il n’y a pas de démocratie, Il n’y a pas de libre arbitre. Il y a la parole sainte on y croit et on lui obéît. Toute forme de réfutation, de déformation de la parole de Dieu est une hérésie.
Soumis très tôt dans son éducation religieuse à la notion de l’être unique, en l’obéissance stricte à sa parole, l’individu intègre tout au long de son existence, cette nécessite de l’être unique et le devoir sans faille de lui obéir.
Cette conviction religieuse devant rester confinée dans les rapports spirituels entre le croyant et son Dieu, se voit inconsciemment transposée dans sa conception de la gouvernance ici-bas.
Cet amalgame participant à forger la structure mentale va influencer sa perception de la gouvernance et de l’exercice du pouvoir dans l’Etat. Le gouvernant est inconsciemment assimilé à un « être unique » (Voir sur cette question, des développements plus complets dans notre article : de l’obéissance au gouvernant en Islam)
2. Le messager de Dieu : Etre unique humain.
Le messager de Dieu (PSL) est infaillible. Sa parole prend son essence dans la parole divine. Il faut l’écouter et obéir. Accepter ce qu’il accepte, rejeter ce qu’il interdit ; Sa parole est la seconde source de la foi, après la parole divine.
On ne conteste pas la parole du prophète(PSL), on la rapporte et on s’y soumet. On n’élève pas sa voix au-dessus de celles des prophètes.
Le croyant doit accepter la parole du prophète(PSL), être unique, dernier des prophètes de Dieu. Contester cela est contraire à la foi.
Cette vision prophétique s’est aussi imprimée à la structure mentale du croyant.
3. Le gouvernant : Etre unique imposé
Sur l’obéissance au gouvernant, la parole de Dieu est sans équivoque. Il faut lui obéir après Dieu et son prophète.
« Ô croyants ! Obéissez à Dieu, obéissez au Prophète et à ceux d’entre vous qui détiennent le pouvoir. En cas de litige entre vous, référez-vous-en à Dieu et au Prophète, si votre croyance en Dieu et au Jugement dernier est sincère. C’est là la démarche la plus sage et la meilleure voie à choisir.” (Sourate Ennisaa verset 4.59)
Le gouvernant prend alors, dans la perception dictée par la structure mentale, le statut « d’être unique » qui revêt alors les attributs de l’autorité.
Cette assimilation reste inconsciente dans l’esprit et latente dans le comportement de l’Individu. Elle se manifeste aussitôt qu’il approche le pouvoir. Il s’assimile alors à « l’être unique », quand il détient le pouvoir ou à son serviteur « indéfectible » quand il y est soumis.
La courtisanerie de nos dictateurs, valorisant aux yeux du détenteur du pouvoir cette notion « d’être unique », entraine la personnification du pouvoir et les dérives despotiques que l’on sait (« pouvoir à vie » « partis uniques », mandats constitutionnels escamotables etc..). Le califat mental transmis au-delà des siècles.
4. Les parents : Etres uniques hérités
L’obéissance sans faille aux père et mère est consacrée dans la religion de façon systématique. On leur doit révérence continuelle. « Le paradis est sous le talon de la mère ».
La beauté d’une telle construction religieuse de l’obéissance à l’égard des parents est sans conteste. Mais ce sont les moyens qu’utilisent les parents, pour obtenir cette obéissance de leurs enfants, qui est répréhensible.
Dans notre société l’obéissance s’obtient par le fouet. Les bastonnades et les claques sont les moyens les plus usités pour faire respecter la parole de Dieu.
La structure mentale se forme dès le jeune âge autour de l’obéissance par la contrainte, par la peur et par la souffrance. Jamais par le dialogue avec les parents, les concessions réciproques qui fondent le libre-arbitre formateur de la volonté, les discussions et la conviction partagées.
La structure mentale intègre dès l’enfance l’obéissance aveugle aux « Dieux » de la maison (le père et la mère). Elle continuera à développer autour de cette constante de l’Etre unique dont les parents ne sont que le reflet à l’échelle de la famille.
II- Déstructurer la structure : la séparation « mentale » entre l’Etat et le « clergé ».
Si les développements précédents nous ont appris quelque chose, c’est que la religion n’est pas un espace de démocratie. La structure mentale qu’elle a participé à forger participe inconsciemment à établir une obéissance dogmatique (fondement même de la croyance religieuse) qui est aux antipodes de l’obéissance rationnelle et librement consentie, nécessaire à la démocratie et donc, par la même, à la contestation des gouvernants et leur politique.
Ceci nous amène donc à deux constats : que la structure mentale transposée dans la gestion de l’Etat moderne est un terreau favorable au pouvoir personnifié et à la dictature et qu’elle se doit, pour instaurer une démocratie, de subir une déconnexion du temporel (rapports entre les hommes ici-bas) pour se limiter au spirituel (rapports entre l’homme et Dieu pour l’au-delà.)
La démocratie requiert une éducation du libre arbitre et de la pluralité des choix de destin, que la structure mentale, articulée autour de la constante « Etre unique », ne peut appréhender.
La logique étant différente, les fins le seront aussi. La séparation de l’Etat et de l’Eglise au début du XXème siècle en Europe est une déstructuration institutionnelle du pouvoir pour en isoler le facteur religieux et n’en retenir que le laïc.
Mais cette séparation institutionnelle n’est en fait que la conséquence institutionnelle de ce que fut la déstructuration mentale commencée bien auparavant avec les révolutions en Europe.
Le guillotinage du roi Louis VI, en 1789, consacrait la désacralisation du gouvernant et sa descente (sur une pique) dans l’arène populaire.
La structure mentale qui intègre la démocratie, n’est pas celle qui s’attache à l’être unique mais aux êtres pluriels qui constituent le peuple. Etres pluriels dont la structure mentale est bâtie autour de l’Etre-citoyen. Citoyen libre de son devenir et du choix de ses gouvernants.
La structure mentale propice à la démocratie ne s’est donc pas bâtie en un jour. Elle s’est d’abord construite sur une déconstruction de l’unicité du temporel (destin terrestre des hommes) et du spirituel (salut divin des hommes) pour aboutir, ensuite, à une structure mentale intégrant une vision de la gouvernance où les gouvernants interchangeables sont les serviteurs d’hommes libres.
Dans nos pays, la déstructuration de la structure mentale, à constante « Etre unique », ne s’est pas encore faite. La démocratie parachutée se heurte à une structure mentale qui en constitue un frein immuable.
Cette structure mentale c’est celle des seigneurs et des serfs d’avant les révolutions en Europe, il est donc difficile qu’elle puisse participer à instaurer ce qui relève d’une autre mentalité de liberté qui s’est forgée historiquement par les luttes contre le gouvernant « Etre unique ».
Dans nos pays, la structure mentale est, par le dogmatisme et la vénération de « l’Etre unique- gouvernant », qu’elle véhicule, sert de terreau à tous les mouvements religieux qui convoitent le pouvoir.
N’est-ce pas pour ces mouvements une occasion unique de se servir de cette structure mentale que nous avons forgée nous-même dans l’esprit de nos enfants pour atteindre leurs fins ?
En conclusion.
Seule la séparation effective entre l’Etat et le « clergé », par analogie à cette structure organisée occidentale, pourrait aider sur le long terme à déstructurer la structure mentale de « l’Etre unique » gouvernant dans nos sociétés.
Il convient de séparer le spirituel du temporel. Faire de la religion, et l’éducation qu’elle dispense, une affaire personnelle entre l’Etre humain et l’Etre divin.
De développer un enseignement laïc dans lequel les générations puiseront cette libre volonté et ce libre-arbitre sans lequel, il n’y a ni démocratie, ni développement de l’Etre humain.
Car ce qui explique, en définitive, la pérennité de nos dictatures, c’est que l’on a confisqué, sous l’effet d’une structure mentale établie, le destin de l’Etre humain par la soumission, souvent aveugle, à « l’être unique ».
Pr ELY Mustapha
CRIDEM
La défense d’Aziz déplore les conditions de sa garde à vue
Le collectif des avocats de la défense de l’ancien chef de l’Etat mauritanien Mohamed ould Abdel Aziz, a vivement déploré les conditions de sa garde à vue et l’interprétation erronée par le procureur, de l’article 32 de loi régissant la profession d’avocat, qui les autorise à assister leur client au stade d’enquête préliminaire, jeudi soir, au cours d’une rencontre avec la presse.
L’ex-président mauritanien, Mohamed ould Abdel Aziz, rappelle-t-on, est en garde à vue depuis lundi (18 heures locales et TU), dans le cadre d’une enquête déclenchée à la suite d’un rapport d’une Commission d’Enquête Parlementaire (CEP), dénonçant « la corruption » dans l’attribution d’une centaine de marchés publics touchant à plusieurs domaines (énergie, infrastructures, pêche, foncier….).
Au cours de leur rencontre avec la presse, Mohameden ould Ichidou et ses collègues, ont également critiqué le rapport des députés transmis à la justice, « un travail bancal, conduit dans des
conditions non contradictoires, mené totalement à charge » estimant que les élus ont outrepassé leurs prérogatives, en empiétant sur le travail de contrôle des inspections spécialisées de l’Etat.
Les avocats exigent une contre expertise et déplorent «une violation flagrante de la présomption d’innocence de l’ancien président de la République » victime d’un règlement de comptes politiques, sans rapport avec le principe de la reddition des comptes.
Ils ont enfin expliqué les raisons pour laquelle l’ex chef de l’Etat refuse de parler aux enquêteurs, estimant « qu’il est protégé par la constitution, qui n’autorise de poursuites contre le président de la République qu’en cas de crime de haute trahison, suivant les dispositions de l’article 96 de la constitution de la République Islamique de Mauritanie ».
le calame
Mali: les militaires mutins appellent à une transition civile et à des élections
RFI Afrique– Au Mali, tôt ce mercredi 19 août au matin, les militaires mutins ont appelé à une transition politique civile conduisant à des élections et annoncé la création d’un Comité national pour le salut du peuple. Les militaires au pouvoir ont affirmé par ailleurs que tous les accords internationaux seront respectés.
RFI était en édition spéciale ce mercredi 19 août pour revenir sur le coup de force des militaires du Comité national pour le salut du peuple. Pour réagir à cet événement, RFI a invité Ibrahim Maïga, chercheur à l’Institut d’Études de Sécurité de Bamako, Jean-Pierre Lacroix, secrétaire adjoint de l’ONU aux opérations de paix ainsi que Marc-André Boisvert, chercheur indépendant et spécialiste des armés maliennes.
Bérets bleus, marron ou verts, vissés sur la tête… Ils sont cinq officiers supérieurs de l’armée malienne, assis devant la caméra. D’autres sont debout dans la salle. Ils sont quasiment tous des officiers supérieurs.
« Nous, forces patriotiques regroupées au sein du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), avons décidé de prendre nos responsabilités devant le peuple et devant l’Histoire », a déclaré sur la télévision publique ORTM le porte-parole des militaires, le colonel-major Ismaël Wagué, chef d’état-major adjoint de l’armée de l’air.
Ecoutez la déclaration du porte-parole du CNSP qui annonce un couvre-feu et de prochaines élections
Les militaires, qui ont pris le pouvoir au Mali et poussé à la démission le président Ibrahim Boubacar Keïta, déclarent vouloir mettre en place une « transition politique civile » devant conduire à des élections générales dans un « délai raisonnable ». La continuité des services publics sera assurée.
Qui sont les mutins ?
En plus du colonel-major Ismaël Wagué, chef d’état-major adjoint de l’armée de l’air, il y a un autre officier supérieur parmi eux : on reconnaît également le colonel Malick Diaw, chef de la 3e division militaire de Kati. C’est un des cerveaux du putsch. Il connaît parfaitement le camp militaire d’où sont parties les opérations.
Il y a également d’autres officiers, comme Sadio Camara, par exemple. C’est un colonel de l’armée qui revient à peine de Russie, où il était en formation. Il a joué un rôle clé. Et dans le noyau des putschistes, il y a également d’autres officiers supérieurs de la gendarmerie, de la police et de l’armée de l’air. C’est donc un coup d’État d’officiers supérieurs nous décrit notre correspondant à Bamako, Serge Daniel.
Pour le chercheur indépendant Marc-André Boisvert, interrogé sur RFI, ces militaires sont d’ailleurs beaucoup expérimentés que ceux ayant fait le putsch de 2012 : « Si on compare à 2012, ce sont des officiers qui ont un bon curriculum vitae et qui ont de l’expérience.
Cela se voit déjà juste à la façon dont ils ont formulé leur intervention. Ils savent actionner les leviers pour tenter de rassurer la communauté internationale et tenter de rétablir un dialogue.
En 2012, jusqu’à la dernière minute, on ne savait pas à qui l’on avait affaire. Et les putschistes à ce moment-là étaient nettement moins expérimentés en communication. Pendant près d’une semaine, on ne savait pas trop on allait. »
Les engagements internationaux respectés
Dans cette déclaration, Ismaël Wagué assure également que tous les accords internationaux seront bien respectés. Il précise enfin que des forces telles que la Minusma (force de l’ONU) ou encore Barkhane, le G5 Sahel et la force Takuba « demeurent des partenaires pour la restauration de la stabilité ». « Tous les accords passés », notamment le processus d’Alger signé en 2015, seront respectés.
Dans l’édition spéciale de RFI, Ibrahim Maïga souligne l’importance de pouvoir faire cette transition rapidement pour éviter tout risque d’instabilité : « C’est un temps qui peut être mis à profit par les groupes extrémistes violents et terroristes pour non seulement propagés l’insécurité à l’intérieur du pays.
Mais au-delà de la question des groupes armés qui essayeront de profiter de ce vide institutionnel, la question se pose aussi sur les ex-groupes rebelles. Et même si le comité national pour le salut du peuple tend la main à ses groupes dans le cadre de la poursuite de la mise en œuvre de l’accord de paix, on peut encore s’interroger sur la réaction de ces anciens groupes rebelles. »
De son côté, Jean-Pierre Lacroix, secrétaire adjoint de l’ONU aux opérations de paix, reste sceptique face au coup de force malgré le discours des militaires de ce matin : « On ne peut pas se satisfaire de la manière dont les institutions démocratiques et constitutionnelles ont été interrompues par la force.
Les pays de la région l’ont exprimé d’une manière très claire. Je note que la Cédéao a annoncé un certain nombre de mesures, mais aussi une délégation de haut-niveau qui devrait se rendre prochainement à Bamako. Et nous soutiendrons ces initiatives. »
Il rejoint M. Maïga sur les risques engendrés par cette prise de pouvoir : « Mais il y a un risque : un vide constitutionnel qui risque d’aggraver les problèmes auxquels le Mali fait face. Il est essentiel qu’un retour à un fonctionnement normal des institutions du Mali se fasse le plus rapidement possible. Nous soutiendrons tous les efforts en cours. »
Le discours du CNSP dresse aussi un tableau sombre de la situation du pays, dénonçant pêle-mêle le « clientélisme politique », la « gestion familiale des affaires de l’État », la « gabegie, le vol et l’arbitraire ». Cette mutinerie est le résultat d’une grogne sensible depuis plusieurs mois dans l’armée.
Les arrestations de hauts responsables militaires et civils
Pas un mot, en revanche, sur l’avenir du président IBK, ni sur les responsables politiques arrêtés mardi. Dans les couloirs, ils annoncent qu’ils vont mettre à la disposition de la justice un certain nombre de personnes soupçonnées d’avoir détourné de l’argent dans le cadre de la moralisation, raconte notre correspondant à Bamako, Serge Daniel.
Mais le problème, c’est que pour le moment, il n’y a pas eu d’annonce sur ces arrestations. Un putschiste interrogé par RFI dans la nuit de mardi à mercredi, explique : « Nous prenons la garantie que rien n’arrivera. On ne touchera pas un seul cheveu des personnes interpellées et arrêtées ».
En dehors du président et du Premier ministre, les membres du CNSP ont notamment arrêté le chef d’état-major des armées et quasiment tout l’état-major, c’est-à-dire, les hauts gradés de l’armée, des chefs d’état-major des différents corps. Il y a également, le ministre de la Défense, qui est entre leurs mains et celui de la Sécurité, qui est un général.
Parmi eux, il y a également des civils dont nous sommes sans nouvelles ou qui sont arrêtés : le président de l’Assemblée nationale, qui a d’ailleurs été dissoute, et puis des ministres, comme celui des Finances ou le ministre de la Justice dont nous sommes sans nouvelles.
►À écouter aussi:Invité Afrique – Marc-André Boisvert : le moral de l’armée malienne est en crise
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