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Communiqué commun A.H.M.E. / OCVIDH
Subitement, plusieurs cas d’esclavage administratifs et politiques furent dévoilés. Le mérite de cette accélération revient aux ONG anti-esclavagistes du Front Interne ( FI) notamment IRA-Mauritanie et FLERE.
L’image de la Mauritanie a toujours été et reste entachée par l’esclavage. Mais les trois derniers cas d’esclavage ci-dessous ont une spécificité.
1) L’affaire Mint Bekkar Vall de la BCM ( Banque Centrale de Mauritanie) est le premier cas d’esclavage administratif dénoncé à la police et à la justice et révélé au monde. L’Etat pris au dépourvu, camoufle d’abord, ensuite se reprend en arrêtant et en emprisonnant Mme Bekkar Vall et enfin, revient comme d’habitude à une négation des pratiques esclavagistes : le négationnisme de l’esclavage continue.
2) L’affaire Youma Mint Nani
Dans ce cas, il y a eu non seulement l’esclavage administratif mais aussi politique. En effet, un couple dont l’époux Ahmed Ould Cheikh Ould Mohamed Ahmed, médecin au service de l’Etat, est pris en flagrant délit d’esclavage. Ce couple va bénéficier d’une solidarité tribale et raciale du député Khatri Ould Ely de la majorité qui gouverne le pays. Cette solidarité est un acte politique réfléchi. Il ne peut être fait sans l’accord du MPR (Parti de la majorité) et surtout du président de ce parti, à savoir Ould Abdel Aziz.
3) L’affaire Koueïla et sa grand-mère Fatma El Ghaliya Mint Lahreïtani
Cette affaire d’esclavage a été portée à la connaissance du commissaire de police de la Brigade des Mineurs par des militants de l’IRA-Mauritanie. Il s’agit de l’asservissement de deux mineures du fait de deux femmes maures : Koueïla et sa grand-mère Fatma El Ghaliya Mint Lahreïtani.
Assistées de Maître Fatimata M’Baye, les deux fillettes victimes de l’esclavage et leur mère avaient été entendues. Il avait été de même de Koueïla et sa grand-mère, Fatma El Ghaliya Mint Lahreïtani. Lesquelles esclavagistes ont reconnu les faits qui leur sont reprochés.
Biram Ould Dah demande au Commissaire de police Madame Mekfoula mint Cheikh Elhadrami d’engager les procédures légales. La réponse de celle-ci fut sans ambiguïté : « Nous avons reçu de très haut l’ordre de ne plus engager les procédures relatives aux pratiques de l’esclavage qu’on nous soumet.
Aucun procès-verbal n’est autorisé d’être établi depuis le problème de Mounoumnine Mint Bacar( responsable de la banque centrale de Mauritanie, dénoncée par IRA le 13 décembre 2010 pour pratiques d’esclavage sur deux mineures, elle fut libérée et le président et autres militants de IRA furent agressés par la police, tabassée, torturés, emprisonnés et condamnés). On nous dit qu’il s’est avéré que de tels cas d’esclavage existent en grand nombre si bien qu’en poursuivant tous les auteurs c’est tout le monde qui risque de se retrouver en prison. Après tout, l’esclavage est un problème qui oppose Haratines (populations serviles) et Bidhane(minorité arabo-berbère dominante en Mauritanie) et risque de les diviser davantage. »
Source :
http://www.haratine.com/communique380.htm
Ces deux femmes sont des proches du Chef de l’Etat ( Mohamed Ould Abdel Aziz ).
« A noter que les deux esclavagistes sont les proches du Président Mohamed Ould Abdel Aziz et les cousines du Colonel Mohamed Ould Lahraïtani, l’actuel Chef d’Etat- major de l’armée de l’air. »
Source :
http://www.haratine.com/communique380.htmLe refus du commissaire des Mineurs repose sur des instructions claires du Chef de l’Etat. Il s’agit bien d’une affaire politique qui implique l’Etat au plus haut point.
A.H.M.E/OCVIDH, membres du Front Extérieur ( FE ), dénonçons les violations des textes juridiques interdisant les pratiques esclavagistes par l’Etat et ses serviteurs. Dans l’affaire Koueïla et sa grand-mère Fatma El Ghaliya Mint Lahreïtani, l’Etat est partie prenante dans l’asservissement des deux soeurs Oueïchita et Loueïla puisque les proches du chef de l’Etat et du colonel Mohamed Ould Lahraïtani, Chef d’Etat-major de l’armée de l’air sont impliqués.
S’agissant de l’affaire Youma Mint Nani, Khatri Ould Ely, député de Nema a eu des comportements indignes d’un élu de la République. L’intéressé a mobilisé les esclaves de sa tribu pour affronter les militants abolitionnistes de l’IRA- Mauritanie. Le but est l’intimidation, la fin de la dénonciation de l’esclavage. Elle comporte aussi les risques d’un affrontement entre les Haratine : ceux qui luttent contre l’esclavage et ceux qui acceptent la domination maure.
Nous condamnons avec fermeté cette attitude irresponsable d’un élu et demandons à l’assemblée nationale de prendre des mesures qui s’imposent pour qu’en son sein, des cas similaires ne puissent se reproduire entravant l’application d’une loi votée à l’unanimité et promulguée depuis 2007.
Demandons à l’Assemblée Nationale ( AN ) de prendre des sanctions exemplaires contre Khattri Ould Ely pour entraves à l’application d’une loi votée par cette même assemblée. Le pouvoir législatif, dont la fonction essentielle est l’élaboration de la loi, doit rester garant de son exécution. Le contraire serait la complaisance et la trahison.
Exigeons l’indépendance de la justice et l’application stricte des lois protégeant les victimes d’esclavage et de racisme dans notre pays.
A travers ces trois cas avérés d’esclavage ci-dessus du fait de très hautes personnalités de notre pays, nous prenons à témoin l’opinion nationale et internationale sur les pratiques généralisées des fléaux que sont l’esclavage et le racisme.
Notre combat s’accentuera afin que ces opprimés recouvrent leur liberté dans la dignité.
Les agissements de l’Etat et ses serviteurs s’inscrivent dans la défense d’un système esclavagiste et raciste dont les grandes victimes sont les Haratine (exploitation et exclusion) et les Négro-mauritaniens ( la marginalisation politique, économique, culturelle…etc).
Nous condamnons l’utilisation des masses haratine contre leurs frères haratine dont le seul tort est de lutter contre un système qui opprime, exploite et exclut la communauté noire en général et les Haratine en particulier.
Exigeons d’une part, l’abolition définitive de l’esclavage et du racisme, et d’autre part, de l’Etat, une clarification de sa position par rapport à la loi 2007 incriminant l’esclavage. Celle-ci demeure-t-elle en vigueur ou est-elle, dans les faits, enterrée ? Le refus par la Brigade des Mineurs d’enregistrer un plainte est une preuve irréfutable. L’hypocrisie du pouvoir est de ne pas l’avouer.
Dans le climat international actuel, dominé par l’expansion de la révolution dans le monde arabe, la focalisation sur l’esclavage et le racisme permet de diviser le mauritaniens en deux camps : les bénéficiaires du système et les exclus de celui-ci.
L’objectif recherché est l’affaiblissement de la lutte en vue d’un changement du pouvoir.
Nous dénonçons cette politique machiavélique faite à dessein.
Paris, le 16 mars 2011
Par Mohamed Yahya ould Ciré, président de A.H.M.E.
Diagana Mamadou Youssouf , président de l’OCVIDH
Aïoun : Les lycéens manifestent pour demander une amélioration des conditions de vie
Des centaines de lycéens ont organisé, ce mercredi, une marche dans la ville d’Aïoun, dans l’est de la Mauritanie, pour exiger du gouvernement qu’il mette en œuvre une action rapide visant à ramener les prix des denrées de première nécessité à un seuil tolérable.Ils ont également demandé l’amélioration des conditions de vie des populations ainsi qu’un meilleur accès à l’eau potable. Les élèves ont scandé des slogans demandant la réparation des châteaux d’eau, en panne depuis quelque temps et des photocopieuses à mettre à la disponibilité des élèves dans les établissements. Certains manifestants n’ont cessé de répéter que les conditions d’études sont mauvaises à cause du manque de moyens. La manifestation a sillonné les principales artères de la capitale du Hodh Gharbi, partant du lycée de la ville et des écoles primaires, pour finir devant les locaux de la wilaya où ils ont remis au wali leurs principales doléances. A noter, cependant que les forces de l’ordre se sont contentées de surveiller de loin cette manifestation qui n’est pas la première dans cette ville de l’Est.
Sahara medias.
Communiqué du conseil des présidents de la COD
Le Conseil des Présidents de la COD s’est réuni le lundi 14 Mars 2011. Après avoir pris connaissance du déroulement des événements qui ont eu lieu vendredi 11 Mars à la Place des Blocs, et au cours desquels les forces de police ont sauvagement réprimé la manifestation pacifique que des groupes de jeunes organisent depuis quelque temps dans le même endroit, le Conseil :
1 – condamne avec fermeté l’utilisation de la violence contre les jeunes qui manifestaient pacifiquement pour réclamer des droits légitimes ;
2 – rappelle au gouvernement que le droit de manifestation pacifique est garanti par la Constitution et que le rôle républicain des forces de police et de sécurité est de protéger les manifestants et de veiller à la sécurité publique, non de réprimer ou de torturer les citoyens, ni de provoquer les troubles et l’agitation ;
3 – exige du pouvoir d’examiner rapidement les revendications légitimes de la jeunesse au lieu de persister dans la politique de fuite en avant et d’aggravation de la crise.
Nouakchott, le 14 Mars 2011
Le conseil
Coordination de l’Opposition Démocratique
Peine capitale pour un membre d’Aqmi jugé à Nouakchott
Mohamed Abdallahi Ould Ahmednah, un combattant d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a été condamné le 15 mars à la peine capitale par la cour criminelle de Nouakchott pour le meurtre d’un humanitaire Américain assassiné le 23 juin 2009 au Ksar (quartier de Nouakchott). En plus du meurtre de l’américain Ould Ahmednah est jugé aussi pour sa participation aux attaques de Ghallawiya et de Tourine qui ont couté la vie à 15 militaires mauritaniens (décembre 2007 et septembre 2008). Des peines de prison ont été prononcées contre deux autres prévenus : Sidi Mohamed Ould Bezeïd et Mohamed Mahmoud Ould Ghaddé respectivement condamnés à 12 et trois ans de prison après avoir été reconnus coupables de complicité dans le meurtre de l’Américain Christopher Leggett, qui dirigeait une école d’anglais en Mauritanie.
Aqmi a revendiqué son assassinat le 26 juin 2009 et l’avait présenté comme «évangéliste».
Le meurtre avait été ordonné par l’Algérien Yahya Abou El Hemam émir de « Seriyat El Vourghane» et l’exécution confiée à des adolescents embrigadés et fanatisés par Aqmi .
La cour criminelle a également condamné le 14 mars, à 4 ans de prison Khalil Ould N’tahah poursuivi pour appartenance à Aqmi. Le concerné est en détention depuis avril 2007.
La présente session de la cour criminelle va se pencher sur les dossiers de plusieurs autres détenus jugés ppour des affaires de terrorisme notamment le soudanais Assaad Abdel Kader ainsi que Mohamed Ould Abdou accusé d’avoir participé à l’attaque de Tourine et d’avoir envisagé une “operation” déjouée début 2009 contre le centre culturel français de Nouakchott.
Il est à rappeler que la cour criminelle avait condamné à mort le 20 octobre 2010 trois détenus dans des affaires de terrorisme.
Il s’agissait de Khadim Ould Semane, Maarouv Ould Heiba et Sidi Ould Sidna, jugés pour le meurtre d’un officier de police en avril 2008.
Sidi Ould Sidna, Maarouv Ould Heiba en plus de Mohamed Ould Chabarnou avaient déjà été condamnés à mort lors d’un procès tenu en mai 2010 pour le meurtre de 4 touristes français à Aleg (décembre 2007).
Aqmi a intensifié ses actions ces dernières années contre la Mauritanie. L’organisation visée par des raids de l’armée mauritanienne au nord-Mali (juillet et septembre 2010) est passée en aout 2010 et février 2011 à l’usage des véhicules piégés contre des cibles mauritaniennes.
Une arme jusqu’ici réservée à l’Algérie. Aqmi aura ainsi tout expérimenté contre la Mauritanie: Attaques contre les casernes, les patrouilles, les chancelleries, braquages, meurtres, enlèvements, et kamikazes.
TAHALIL-HEBDO
Quelle portée donner aux manifestations actuelles en Mauritanie ?
En Tunisie s’est déclenché un mouvement qui a eu des retentissements en Afrique, au Moyen Orient et dans le monde entier.Ce soulèvement est surtout l’œuvre d’une jeunesse dépitée.Il marque une rupture, celle entre une génération vieillissante engourdie dans une pensée et des pratiques passéistes et une autre qui, grâce à de petites fenêtres, Internet, télévision, Ipad, Iphone, Black Berry, etc., s’ouvre à la planète entière.Les nouvelles technologies ont bouleversé les rapports sociaux à travers le monde.
De nombreux pouvoirs ne l’ont pas encore intégré. Aujourd’hui, grâce aux nouveaux moyens de communication, les citoyens sont en train de récupérer une part de leur pouvoir qui leur avait été arrachée. Ils ne sont plus dépendants des informations officielles. Ils peuvent se renseigner, communiquer, s’instruire, sans trop de contraintes et ceci indépendamment des Etats, des médias officiels, et s’organiser. De nombreux libyens ont appris l’anglais hors de l’école publique, grâce aux nouvelles technologies. Ce qui leur permet d’accéder à des informations critiques à travers la BBC, CNN, etc. etc. A partir du moment où des populations peuvent s’informer de manière indépendante, entrer en contact entre elles, échanger, elles peuvent développer des contrepouvoirs. Ainsi quelque soit la férocité des moyens utilisés pour contrôler les populations, le pouvoir se trouve fragilisé. Le cas de la Tunisie en est un parfait exemple. Les manifestions qui s’ouvrent en Mauritanie s’inscrivent dans le cadre d’une contagion protestataire qui frappe le Maghreb et le monde arabe. Selon L’Humanité.fr du 19 Février 2011, « des manifestations contre le manque d’eau et la hausse des prix dans la ville mauritanienne de Vassala (sud-est), frontalière avec le Mali, ont été sévèrement réprimées par les forces de l’ordre, a affirmé aujourd’hui un parti d’opposition. » Des manifestations se sont déroulées à Nouakchott, capitale de la Mauritanie, vendredi 25/02/2011, à l’appel (en ligne) de jeunes, pour demander des réformes sociales, politiques et économiques, et la fin du régime militaire en Mauritanie. D’après France actu.net du 27 février 2011, « environ 2000 manifestants ont défilé vers la Place Blockat, où certains avaient l’intention de camper “jusqu’à ce que leurs revendications aboutissent”. Parmi ces revendications, un blocage de l’augmentation des prix et des solutions au problème du chômage. D’autres protestaient contre la discrimination ou demandaient la fin du régime militaire. » A la différence de la Tunisie et de l’Egypte, on peut remarquer que les manifestants, en Mauritanie, ont des objectifs diversifiés. En Egypte et en Tunisie, l’objectif essentiel des contestataires était de se débarrasser de leur Président et de leur vielle classe politique dirigeante. Ainsi, c’est la clarté de l’objectif et sa portée unificatrice qui ont donné aux mouvements tunisien et égyptien leur puissance. L’autre point concerne l’enracinement de la fronde en Mauritanie. Existe-il une volonté réelle de changement dans ce pays ou s’agit-il simplement de protestations qui s’inscrivent dans une mouvance et sans réel ancrage ? A partir de ces remarques, nous pouvons dire que pour que les manifestants, en Mauritanie, aient une force et une efficacité, il faudrait que des objectifs clairs, unificateurs des masses, se dégagent. Il serait aussi utile que des valeurs communes de justice auxquelles seraient sensibles la majorité des populations, au-delà des appartenances particulières, sous-tendent les soulèvements. Il est aussi nécessaire, qu’à travers les revendications, se dégage un projet d’une société réellement démocratique et égalitaire. Les exigences doivent se structurer autour d’idéaux qui permettent à chacun de s’y reconnaître. Le départ du chef de l’Etat, le Président Mohamed Ould Adel Aziz ne peut être une fin en soi. Enfin, il faudrait de la persévérance et du courage pour changer le destin de la Mauritanie. Nous craignons que les manifestations actuelles ne se résument à une imitation sans devenir. Les acteurs de la fronde doivent absolument veiller à leur autonomie par rapport aux partis et mouvement politiques. En Tunisie et en Egypte, aucun parti ou mouvement n’a pu récupérer les séditieux. C’est ce qui leur permit d’être forts et de chasser leurs dirigeants véreux. Le chemin sera peut-être long, car en Mauritanie, les ingrédients nécessaires à l’édification d’une société démocratique ne sont pas encore réunis. Les mentalités sont encore majoritairement inégalitaires. On peut espérer que la nouvelle génération va accélérer le processus de mutation de la société….(«Et surtout mon corps aussi…bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l’attitude stérile du spectateur, car la vie….n’est pas un spectacle, car une mer de douleurs n’est pas un proscenium, car un homme qui crie n’est pas un ours qui danse… » Aimé Césaire. ).
Oumar Diagne- Ecrivain





