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Communiqué de la Coordination de la Jeunesse du 25 Février
La Coordination de la Jeunesse du 25 Février a organisé depuis presque 6 semaines de multiples manifestations revendicatives dans et aux alentours de « la Place des Blocs » principalement. Une Plateforme revendicative a été également élaborée. Mais les résultats de notre action restent jusqu’à présent mitigés.
A l’effet de l’évaluation de l’ensemble de ses actions et des perspectives, la Coordination s’est réunie ce mercredi 6 avril 2011. A l’issue de cette évaluation, la Coordination regrette les comportements de certains de ses membres qui, contrairement aux principes fondateurs de ladite Coordination, agissent ouvertement suivant les suggestions, pour le compte et au profit de certains partis politiques. Avec de tels agissements, lesdits membres s’excluent d’eux-mêmes de la Coordination de la Jeunesse du 25 Février.
C’est ainsi que les décisions suivantes ont été prises pour rectifier ces dérapages :
-La nécessité de renouer de nouveau, quel qu’en soit le prix, avec le caractère indépendant et pacifique qui a constitué dés le départ la pierre angulaire de la Coordination ;
-La nécessité de son élargissement à des initiatives et des groupes indépendants ayant fait preuve de leur dynamisme et leur sérieux tout au long de la période écoulée ;
-La réouverture de la charte revendicative à toute nouvelle doléance socio-économique portée par les nouvelles adhésions à la Coordination ;
-L’ouverture aux médias dans l’objectif de défendre et expliciter nos revendications à l’opinion nationale loin de toute rivalité politique.
Par ailleurs, la Coordination déplore le manque de mobilisation des élus en faveur de ses activités et de ses revendications malgré les appels incessants lancés à leur égard. Leur compassion, toutefois, dans les moments de répression ne nous a jamais fait défaut.
Aussi, la Coordination réitère son attachement à son droit constitutionnel à manifester pacifiquement et suivant son propre calendrier jusqu’à satisfaction de ses revendications. Elle se réserve également le droit de poursuivre en justice toutes les personnes membres des forces de l’ordre ou travaillant pour leur compte et qui seraient ou se rendront coupables d’actes répressifs ou incitatifs à la violence.
La Coordination invite la jeunesse mauritanienne à une manifestation pacifique ce mardi 12 avril à 10 heures à « la Place des Blocs » et rappelle à tous sa campagne de sensibilisation pour la journée du 25 avril 2011 au niveau de toutes les Moughataa de Nouakchott et les villes de l’intérieur.
La Coordination de la Jeunesse du 25 Février
Mercredi 6 avril 2011
Anniversaire des déportations: déclaration de la communauté des réfugiés mauritaniens au Sénégal
Situation du groupe des déportés Mauritaniens, volontaires au rapatriement.
Nous déportés mauritaniens encore au Sénégal, sommes très inquiets des perspectives de notre retour en Mauritanie, et déplorons fortement l’attitude de la représentation régionale du HCR à Dakar, à différentes étapes du processus de rapatriement. D’abord le temps trop court accordé pour le recensement correct et global des réfugiés, dès l’entame de la première phase, qui a laissé beaucoup de personnes en rade, c’est-à-dire non immatriculées.
Concernant la phase de rapatriement proprement dite, 5200 personnes qui avaient opté et qui optent toujours pour le retour, après avoir rempli tous les formulaires de rapatriement, attendent encore depuis mai 2008. Ce lot rassemble en plus des réfugiés de la vallée, ceux de Dakar, Thiès, Mbour, et dont certains étaient fonctionnaires. Depuis, nous n’avons cessé d’interpeller le HCR pour diligenter notre cas, en vain !
Le bureau de Dakar, à travers les multiples rencontres qu’il a eues avec nous, ne nous a jamais fourni des informations précises, usant souvent de faux fuyants , dissimulant son jeu on ne peu plus ambigu avec la Mauritanie, qui, elle fait tout pour décourager les candidats au retour, faisant fi des accords tripartites .
Pire, le 05 Janvier 2011, le gouvernement mauritanien par un communiqué de son ministre de l’intérieur, arbitrairement et arrogamment, déclarait la fin des opérations de rapatriement. Un des motifs inavoués du gouvernement mauritanien dans sa volonté d’arrêter le rapatriement : politique à caractère raciste, cherchant à ne pas accroître le poids démographique des négro-africains.
Au vu de ce qui précède nous rappelons que les refugies volontaires au retour
ü Souhaitent ’être rapatriés dans la dignité, dans le respect des accords tripartites
ü Dénoncent la complicité du HCR et du Gouvernement du Sénégal par rapport au respect des accords.
ü Demandent à la communauté internationale de faire pression sur la Mauritanie pour respecter ses engagements antérieurs
ü Refusent toute solution de naturalisation. Ils sont mauritaniens et entendent le rester, et demeurent déterminés à déployer tous les efforts nécessaires pour leur droit légitime au rapatriement, dans la dignité, et sous l’égide la communauté internationale.
Et enfin nous demandons à tous les déportés mauritaniens de se mobiliser pour faire échec à ces manœuvres tendant à leur soustraire de leurs droits.
Fait à Dakar, le 08 Avril 2011
Communauté des réfugiés mauritaniens au Sénégal
La crise ivoirienne vécue et vue par les mauritaniens
Le président ivoirien déchu Laurent Gbagbo qui vit ses derniers moments dans le palais présidentiel transformé en bunker a, dans la désolation et la solitude, pensé à la Mauritanie comme endroit d’asile.Il aurait fait cette demande au président Mohamed Ould Abdel Aziz.Pourquoi a-t-il jeté son dévolu sur Nouakchott s’interrogent beaucoup de mauritaniens ?La réponse risque de venir trop tard car à mesure que les minutes passent les chances de Gbagbo de sortir de ce bunker pour se réfugier en Mauritanie s’amenuisent. Les rumeurs sur cet hypothétique exil défraient la chronique et alimentent toutes sortes de commentaires. La présence d’un nombre important de mauritaniens en Côte-d’ivoire est sans doute la principale source de l’interprétation sur les causes de la requête de Gbagbo.
Sur cette question les mauritaniens ont des avis partagés. La majorité de ceux qui abordent ce sujet ne cachent pas leur désaffection à l’encontre de Laurent gbagbo dont l’entêtement à rester au pouvoir est mal accueilli par les mauritaniens. Ils estiment même que c’est la folie meurtrière de cet homme qui a causé le malheur de leurs compatriotes qui ont perdu leurs biens et terrorisé par le climat de violence qui prévaut dans ce pays. Sans pour autant marquer un parti- pris dans cette guerre de légitimité qui oppose les deux camps, les mauritaniens à l’instar des autres peuples épris de paix souhaitent que cessent au plus vite les violences et prient que la vie reprenne son cours normal dans les plus brefs délais . Dans les milieux intellectuels, les positions sont plus tranchées. Gbagbo est un mauvais perdant qui s’accroche opiniâtrement au pouvoir. A défaut d’y rester, il pratique la politique de la terre brûlée. Il a ouvert les portes de la guerre civile pour mettre la Côte d’ivoire à feu et à sang. Il a dressé les religions les unes contres les autres pour attiser la haine. Mais le jugement des intellectuels mauritaniens qui se prononcent sur cette question sont sans appel au regard de la légalité contre laquelle s’élève le président déchu. Loin de croire à la démocratie il s’affabule de son manteau de panafricaniste pour détourner les consciences. Gbagbo est ainsi rangé dans les mêmes tiroirs que les roitelets africains. Il n’est pas le bienvenu en Mauritanie et mérite plutôt d’être traduit devant une juridiction pénale internationale pour répondre de ses crimes. La rumeur de son exil en Mauritanie fait grincer les dents dans certains milieux intellectuels et des associations de défense des droits de l’homme. La Mauritanie est fragile pour accueillir un homme aussi encombrant. L’exemple de Habré au Sénégal doit inspirer la Mauritanie sur le danger de garder des criminels. Le président Aziz doit bien mesurer les conséquences de cette décision qui en toute vraisemblance est irréalisable. Mais les mauritaniens prennent au sérieux cette éventualité . Ils se disent : « Que diable fait –il dans cette galère ! »
Cheikh Tidiane Dia –LE RÉNOVATEUR
Communiqué de presse: conférence de presse des réfugiés mauritaniens au Sénégal
La Communauté des Réfugiés Mauritaniens au Sénégal organise une conférence de presse le samedi 09 Avril 2011 au siégé de la Raddho à partir de 10h 30.
Thème : situation des déportés : rapatriement escamoté.
La presse nationale et internationale est vivement conviée.
La lutte continue!
Contact : 77 521 32 84
Editorial: La vie est un choix
Depuis quelques mois, des affaires d’esclavage ou d’«exploitation de mineures», selon la version officielle, défraient la chronique, avec, à la clé, descentes chez des familles accusées, par certaines ONGs, de pratiques esclavagistes, plaintes à la police, coups et blessures, grève de la faim, procès et condamnations. Au delà de la mauvaise publicité à notre pays, désormais banalement cité parmi les Etats où l’esclavage a encore cours, au 21ème siècle, ces affaires posent un véritable problème qui nécessite une solution urgente. Il ne suffit pas, en effet, de promulguer une loi criminalisant les pratiques esclavagistes, encore faut-il l’appliquer. N’indexons pas Birame et ses amis: ils mènent un combat juste et ne veulent plus, à raison, qu’une communauté, quelle qu’elle soit, soit exploitée par une autre. Indexons, plutôt, la société, sa hiérarchisation, ses inégalités, le socle sur lequel elle est bâtie, mais ne stigmatisons pas la seule communauté maure ; toutes les autres, au même titre, sont coupables d’esclavage et d’exploitation de mineur(e)s.
Accusons les pouvoirs publics de ne pas appliquer la loi et de ne pas prendre les mesures, courageuses, pour réunir les conditions d’une véritable intégration économique de toutes les couches défavorisées. Mettons les doigts sur les plaies dont souffrent les descendants d’esclaves et qui ont pour noms: carence en terres cultivables, par entretien quasiment institutionnalisé d’une féodalité anachronique; impossibilité d’accéder à l’école sinon ségrégation des résultats scolaires; enclavement, pauvreté, inaccessibilité des soins de santé.
Pourtant et aussi impensable que cela puisse paraître, le combat que mènent ces nouveaux anti-esclavagistes produit des effets secondaires qui risquent de pénaliser, d’abord, ceux pour lesquels il est mené. Des familles entières, qui vivaient aux crochets d’un (ou d’une) des leurs, employé(e) souvent mineur(e), se retrouvent prises au dépourvu. Certes, laisser employer, à plein-temps, ses enfants, pour quelques milliers d’ouguiyas par mois, relève de l’esclavage moderne mais ces laissés-pour-compte ont-ils le choix? En cette période difficile, un ou deux salaires, même de misère, ne sont pas jamais de trop pour joindre les deux bouts.
Dans quelles mesures et limites – il en faut – ne pourrait-on pas laisser, à ces mineur(e)s exploité(e)s, une certaine liberté de décision? En tenant compte de leur avis et de leurs besoins exprimés? En conditionnant, par exemple, l’emploi, à mi-temps, chez des particuliers, à un taux horaire convenable et au suivi régulier, l’autre mi-temps, d’une formation scolaire ou qualifiante? Dans une situation où des centaines de milliers de personnes vivent en situation de pauvreté ou d’extrême pauvreté, où la liberté de choix s’amenuise, au fur et à mesure qu’on descend dans l’échelle sociale, il s’agit moins d’interdire que d’ouvrir de nouvelles perspectives. Restreindre, certes, la liberté d’exploiter, n’importe comment, ceux qui n’en ont, pratiquement, aucune mais dans le but, concret et immédiat, de permettre, à ceux-ci, de conquérir plus de liberté, plus de capacité de choix. Ne dit-on pas que la liberté commence là où s’arrête celle des autres? Certains doivent, désormais et impérativement, le comprendre. Quant aux autres, ils doivent bien entendre que la vie est un choix.
Ahmed Ould Cheikh-LE CALAME





