Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Après des années de chienlit à quand le décollage ?

altC’est bien le lieu de le dire, le changement tant souhaité par les mauritaniens tarde à se réaliser.Si le pays s’est débarrassé d’un dictateur qui régna pendant plus de deux décennies, l’après Taya se « négocie » toujours par ceux qui ont occupé le fauteuil de la maison brune.Ely Ould Mohamed Vall, son successeur est passé par là dans le cadre d’une transition démocratique qui ouvrit la voie à des élections libres et démocratiques. L’ancien directeur de la sûreté devenu à la faveur d’un putsch président de la République est arrivé en plein printemps de croissance de l’économie nationale favorisée par les premières exploitations du brut.

La Mauritanie éligible à l’IPPTE avec à la clé un effacement de ses dettes auprès des principales institutions financières est citée en modèle stratégique en matière de lutte contre la pauvreté. Le scandale des avenants jeta du froid dans les relations entre l’autorité de transition et le consortium pétrolier Woodside. L’odeur du pétrole ne se dégagera pas pour longtemps et l’espoir qui commençait à naître avec les champs de Chinguitty sera vite évanoui. Des augmentations « substantielles » de salaires ont été accordées aux fonctionnaires et agents de l’Etat par Ely Ould Mohamed Vall et un fonds prélevé des revenus du pétrole pour les futures générations fut créé dans un compte à la trésorerie générale. La transition démocratique fut marquée par une certaine stabilité financière sociale et politique jusqu’à la passation du pouvoir à un président sortit des urnes. L’économiste de carrière riche d’une longue expérience dans les institutions monétaires notamment au fonds arabe de développement s’embourba dans les méandres d’un pouvoir offert par ses parrains comme un cadeau empoisonné. Et c’est en s’abreuvant à cette coupe funeste que le sage de Lemden succomba aux plans de ses anciens soutiens. A cette période certes beaucoup d’erreurs d’inexpérience politique ont affecté le pouvoir de Sidioca un président qui se voulait rassurant et à qui on doit le retour de la Mauritanie dans le concert des nations, le déblocage des financements auprès des bailleurs de fonds suite à la table ronde sur la Mauritanie à Paris en 2007. Mais aussi le retour des premières vagues des réfugiés mauritaniens au Sénégal. L’ouverture politique a vu la participation d’une aile radicale de l’opposition au gouvernement. L’institution de l’opposition démocratique dirigée par le Challenger de Sidi Ould Cheikh Abdallahi le leader du RFD ouvrit le champ politique à un espace de débat démocratique. La presse indépendante bénéficia pour la première fois du droit de déplacement avec les délégations officielles à l’extérieur et d’accréditations dans les forums internationaux. Les débats à l’assemblée nationale ont transformé l’hémicycle en vitrine où les joutes oratoires libéraient le discours et la voix des parlementaires gagnait en maturité et en rigueur. Sidioca est délogé du palais dans les conditions que tout le monde connaît. Une crise politique frappa le pays avec des impacts aigus sur le quotidien des mauritaniens. Le nouveau pouvoir fit de son cheval de bataille la lutte contre la gabegie. Mais le malaise social est sur tous les fronts de revendications. A quand le décollage véritable ?

Cheikh Tidiane Dia- LE RÉNOVATEUR

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Biram Ould Dah Abeïd : Tout feu, tout flamme

altLe verdict de l’affaire d’esclavage qui est tombé mercredi dernier est-il équitable ?Pour Biram Ould Dah Abeïd président de l’IRA, comme d’ailleurs ses autres compagnons militants des droits humains, la justice n’a pas été rendue.Ce leader l’a fait savoir au cours d’une conférence de presse organisée hier dans les locaux du Fonadh. «Le procès (qui a eu lieu en fin de semaine) n’est rien d’autre qu’un simulacre, tonne le leader de l’IRA. La responsabilité incombe à l’Etat qui aujourd’hui cherche à jeter, par des moyens pernicieux, le discrédit sur le combat de l’IRA». Biram s’en est pris vertement aux médias. «Ces médias ont couvert toutes les manifestations des proches des présumés coupables, mais n’ont jamais couverts celles organisées par les militants anti-esclavagistes, cela démontre leur impartialité. La table ronde organisée par la TVM qui a invité que les laudateurs du pouvoir est une preuve supplémentaire, que les médias officiels font du parti pris», dit-il. Birane a également dénoncé la complicité des députés qui ont décidé de faire la part belle aux partisans de l’asservissement. Il s’agit du peloton des députés amenés par Ould Maham qui doit son fauteuil de député «à l’argent volé, du temps d’Ould Taya, par Ould Abdel Aziz». Ould Maham et ses amis parlementaires sont coupables pour avoir enlever la possibilité aux militants des droits humains d’ester en justice dans les cas d’esclavages qui concernent les adultes. Biram a dénoncé la complicité de la commissaire aux droits humains Bâ Mariam Koïta qui doit son poste au fait qu’elle ait nié les graves violations de droits humains en Mauritanie. Toutefois, Biram a souligné que l’IRA ne va pas baisser les bras devant les méthodes pernicieuses utilisées par l’Etat. Ces méthodes au contraire, vont nous pousser «à raffermir notre lutte», souligne-t-il. Non seulement IRA va persévérer dans sa lutte, mais elle va également dégager les moyens lui permettant d’ester en justice dans les cas où des adultes sont soumis à l’asservissement. Prenant la parole à son tour le président du bureau de l’IRA en Europe est revenu sur le but de l’organisation. «Notre combat n’est pas dirigé contre une ethnie. Il est dirigé contre un pouvoir réfractaire à tout changement et au progrès», a résumé Abidine Ould Merzoug. L’intéressé a salué l’émergence d’une génération de Mauritaniens soucieux de la stabilité du pays.

Cas d’esclavage au Brakna : L’IRA porte plainte

Biram Ould Dah Abeïd, président de l’Ira est à pied d’œuvre. Il a porte plainte, ce dimanche 17 avril, en faveur d’Ould Abd Saïd et son frère réduits à l’esclavage dans le Brakna. L’adolescent s’était enfui de Boutilimitt avant d’aller à Lemdem pour s’ouvrir de son cas à Cheikh Brahim, président du bureau de l’IRA au Brakna.

Apparemment, les mises en garde de son maître contre un dénommé Biram Ould Dah Abeïd présenté comme un épouvantail – destinées à le maintenir dans les chaînes de l’asservissement – n’ont servi à rien Esclave de naissance, Ould Abd Saïd est coupé très tôt de ses parents. Sa mère a quitté la maison du maître, quant elle a rencontré un monsieur qui était prêt à l’épouser et partant à racheter sa liberté. Resté seul avec son petit frère sous le toit du maître-esclavagiste, il travaillait matin, midi et soir malgré son jeune âge, et n’avait droit à aucun salaire. Son maître quant à lui est tranquille. Cela malgré l’existence d’une loi criminalisant l’esclavage. Les représentants de l’Etat qui doivent veiller à l’application de loi ne lui pose pas de souci. Toutefois Biram lui pose problème. En effet, à force de lutter contre les pratiques esclavagistes et de porter plainte contre celles-ci, Biram a fini par se faire dans les coins les plus reculés du pays et empêcher les esclavagistes de dormir sur leurs deux oreilles. Comment juguler le danger qu’il représente ? Comment continuer à maintenir Ould Abd Saïd dans l’esclavage? En grillant le président de l’IRA. Le maître esclavagiste met, alors, Ould Abd Saïd, en garde contre un dénommé Biram, dépeint sous des traits méchants, capable d’enlever des enfants pour les amener vivre dans un milieu nuisible. Mais l’appel de la liberté était si fort que l’adolescent décidera de s’enfuir. Il ira se réfugier chez sa tante. Cela ne pouvait pas tomber mieux. Esclave affranchie, la dame a déjà entendu parler de l’IRA, elle savait que l’organisation avait au bureau au Brakna. Cheikh Brahim représentant de l’IRA est bientôt informé. Le petit groupe se met en branle en direction de Nouakchott, où il est attendu par un Biram bien décidé de porter son combat contre l’esclavage au sublime.

Samba Camara –LE RÉNOVATEUR

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Yimre : Dental

altMbiy mi ko tuma nde noppi kattii ngal golal

 Nde gite maɗi beeli sooynaade ngal majal

 Nde teppe cumi caasi njiilaw e ngal ceenal

Nde juuɗe ɗaati ɗaasɗi wayrude ngal demal

Dental ngal ko Bural

Mbiy mi ko nde lekki oli yani laatii janal

Nde huɗo sumi yoori yahdi e kenal

Nde maayo e beeli e boyli e caalli ceeri e dihal

Dental ngal ko jaalal

Mbiy mi ko nde jawdi majji pulon kooɗa nehal

Nde liɗɗi ndogi subalɓe ngaan’di e banal

Nde sagataaɓe peri gure kattii diɗɗal

Dental ko balal

Mbiy mi ko dental doole miskineeɓe sooñaaɓe

Hannde ñubiniiɓe jebbiliiɓe

E balle bajjo tan sabbiiɓe yowitiiɓe

Mbiy mi ko dental rewɓe e worɓe

Sukaaɓe e mawɓe, ɓaleeɓe kam e raneeɓe

Baasal e humambinnaagu saliiɓe riiwtooɓe

Fenaande e fuunti haɓatooɓe firtooɓe

Goonga e potal leƴƴi leydi lelnooɓe renooɓe

Mbiy-mi ko dental e koddigal

Muñal e peewal

ñiiɓata ko maa ɓalal potal

Hurloo ngaal gon’digal.

Ibra Miifo Soh mo Jowol e FLAM

Sehilbaabi 1984.

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Libérer la parole est-ce la catharsis pour les esclaves ?

altLes autorités semblent décidées à trouver une nouvelle approche plus psychologique- pédagogique à la question de l’esclavage.Dans le discours, cette volonté vient d’être inaugurée avec le débat télévisé organisé la semaine dernière sur le thème et auquel ont été invités deux militants des droits de l’homme dont le leader de la cause anti-esclavagiste Boubacar Ould Messaoud.Au-delà des simulations et des arrangements autour d’un plateau animé dans la plus grande improvisation, le but visé était de briser le tabou en donnant la parole à un ancien esclave qui n’avait pas besoin de chercher ses mots pour aborder une question pour laquelle il s’est battu au point de devenir l’un des interlocuteurs incontournables. Dans le temps consacré à ce débat, BOM a eu droit à une prise de parole plus longue comparée aux autres invités qui étaient là pour la plupart pour animer la galerie Si BOM n’a pas mâché ses mots il ne les a pas pour autant malaxé suffisamment pour qu’enfin ce sujet soit digest et consommable par tous. Par manque de temps ou par souci de dépassionner le débat le président de SOS- esclave pouvait aller plus loin mais il a sans doute préféré se montrer aussi lucide et quelque peu « fréquentable » sur un sujet comme pour montrer à ceux qui pensaient qu’il était intraitable que les militants des droits de l’homme ne font pas peur. Ils sont à la quête de la vérité et de la justice. Lui et sa collègue Aminetou classée elle aussi, par une certaine opinion, comme une anti-conformiste à cause de son franc –parler, ont prouvé qu’ils sont dans les limites du convenable et du « militantiquement » correct. La présence de Birama Ould dah Ould Abeid aurait –elle été prématurée ou scandaleuse pour les commanditaires de cette émission qui laissée à la libre conscience du directeur des programmes ne serait jamais passée à la TVM. Il fallait tâter le terrain pour prendre le pool des anti-esclavagistes afin de savoir si on pouvait bien recommencer avec d’autres. Visiblement l’Etat estime que ce débat est bien possible même avec l’aile dure du militantisme. La voie est donc tracée. Demain à qui sera le tour ? Mais entre l’esclavage et le passif humanitaire les frontières sont ténues. Les mauritaniens notamment les familles des victimes et les rescapés ont aussi besoin de libérer les cœurs en s’exprimant sur les crimes de sang ayant été perpétrés dans les années d’exception en Mauritanie. L’organisation de ce plateau sur l’esclavage prouve que c’est en refusant de nommer une chose, qu’on cherche à nier la vérité et qu’on entretient le tabou. Est-ce par hasard qu’au lendemain de ce débat télévisé le Président Aziz a ordonné de renforcer l’arsenal juridique pour que la loi réprimant et criminalisant cette pratique soit appliquée.

Cheikh Tidiane Dia- LE RÉNOVATEUR

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Conférence d’IRA: Un autre cas d’esclavage présenté

altLe Mouvement Abolitionniste (IRA) était face à la presse dimanche 17 avril 2011 au siège du Fonadh. Au menu , l’affaire des trois femmes accusés de pratiques esclavagistes acquittées par le parquet et un nouveau cas de présumé esclave présenté à la presse et aux militants anti-esclavagistes. Comme d’habitude, Biram Ould Dah Ould Abeid, n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour dénoncer les pratiques esclavagistes qui sévissent depuis belle lurette au pays des Mourabitoune. Biram est d’abord revenu sur les péripéties qui ont engendré l’arrestation de Métou Mint Abdallahi Ould Abdel Noun, Fatimetou Mint Cheikh Seyidi et Salka Mint Hamadi accusées de pratiques esclavagistes. Ces trois filles ont été présentées au parquet, puis mises sous mandats de dépôts en prison. Mais elles on été acquittées. Ensuite, Biram et compagnie ont présenté à la presse un cas présumé d’esclavage. Il s’agit d’un garçon de 13 ans répondant au nom de Ould Abd Said qui a quitté il y a quatre jours, le domicile de ses maîtres de son propre gré pour rejoindre sa tante dans une localité au Brakna et lui raconter sa mésaventure. Tous les deux sont allés par la suite voir Cheikh Brahim, président du bureau de l’IRA au Brakna pour exposer leur problème. Ce dernier les a conduit à Nouakchott pour présenter « le petit esclave » à Biram et tous les militants de l’IRA.

D’ailleurs, lors de la conférence de presse, Biram et compagnie ont dit que «ce cas sera encore un grand combat contre le régime négationniste mis en place par le Président Aziz ».  C’est après la conférence de presse que ce cas sera présenté au commissariat des mineurs en conflit avec la loi pour engager une procédure judiciaire contre les présumés esclavagistes qui ont séquestré le petit Ould Abd Said.
Biram et compagnie ont en outre dénoncé le comportement des médias officiels qui font la part belle aux esclavagistes en couvrant leurs conférences de presse et en donnant la parole à leurs laudateurs. Coup sur coup, ils ont cité le député Maham qu’ils ont qualifié de «député à la solde de Aziz », mais aussi Bamarième Koita, président de la commission nationale des droits de l’homme. Selon les militants anti-esclavagistes, le député Maham a été l’instigateur de la suppression d’une partie du premier projet de loi accordant la possibilité des défenseurs des droits de l’homme d’ester en justice en faveur des victimes de pratiques esclavagistes.
Les militants anti-esclavagistes ont également dénoncé ce qu’ils considèrent comme une campagne de dénigrement menée par les autorités pour discréditer la personne de Biram Ould Dah Abeid. A en croire Biram, il y a des personnes qui se présentent à son nom pour dissuader les esclavagistes de rester auprès de leurs maîtres.
Pour sa part, Abdou Ould Merzoug représentant de l’IRA en Europe a dit que les militants doivent savoir qu’ils sont soutenus dans le vieux continent. Il a indiqué qu’il y a une génération consciente du danger que peut engendrer l’injustice et l’inégalité devant la loi. Il a en outre précisé que leur combat n’est pas dressé contre une ethnie mais contre un pouvoir réfractaire à tout changement véritable, contre le progrès et l’émancipation d’une couche sociale bien déterminée.

 
Compte rendu Ibou Badiane- TAHALIL-HEBDO

 

                             Déclaration d’IRA-MAURITANIE

 

Née de sa volonté de combattre sans merci toutes les formes de pratiques d’esclavage antiques ou modernes érigées en système social par les tenants de l’idéologie de la race et la préséance de naissance, IRA- Mauritanie est restée fidèle à ses engagements d’user des moyens pacifiques et légaux pour la libération des esclaves ; et ce en dépit des pesanteurs et des anachronismes consacrés dans la version locale du rite malékite-école multiséculaire d’interprétation des textes islamiques et qui légitime l’esclavage et les inégalités dans leurs formes les plus dures et criantes. Celle-ci reste malheureusement un outil idéal d’instrumentalisation de la sainte religion pour avoir conduit à décréter une jurisprudence de l’horreur citée à tous vents par les défenseurs fossilisés de l’obscurantisme végétatif.

 
Le salut tant suscité par l’avènement de l’indépendance qui avait laissé espérer d’assister à la refonte de tous les schèmes et archétypes de pensées fut illusoire. Car l’indépendance va paradoxalement consacrer officiellement l’institutionnalisation de l’hégémonie de la race et ses corollaires que constituent l’exclusion, la marginalisation et le racisme d’Etat. Alors, l’urgence de voir émerger un modèle social fondé sur les droits civiques et les principes énumérés dans les déclarations et conventions internationales auxquelles la Mauritanie adhère, fut envoyée aux calendes grecques. Aujourd’hui, un demi-siècle après, maîtres et anciens maîtres d’esclaves obstruent la voie de la punition par la loi et l’égalité devant la justice, tout en faisant main basse sur tous les organes de l’Etat, ou, presque : gouvernement, administration, armée, justice, appareil sécuritaire, finance, théologie, etc. Cela se poursuit contre vents et marées, malgré toutes les dénonciations et condamnations exprimées par les victimes, jouissant pourtant du soutien des hommes libres parmi les beydhanes-groupe arabo-berbère minoritaire mais dominant. En effet, ils sont, désormais, nombreux les descendants de familles seigneuriales convaincus de l’impérieuse nécessité du devoir national de mobilisation pour faire barrage aux mécanismes erratiques et cancéreux tributaires des mentalités rétrogrades des conservateurs et leurs nombreux autres valets perchés sur tous les cymes de la hiérarchie de l’Etat.
L’adhésion massive de larges couches nationales, toutes communautés confondues, aux idéaux et au combat mené par le mouvement abolitionniste n’allait être obtenue en un si peu de temps, n’eût été notre conviction de la nécessité des défis à relever et des sacrifices à consentir. Ainsi militants, sympathisants et leaders d’IRA ont-ils, ensemble, payé un lourd tribut, ce à leur risque et péril. L’histoire retiendra, à cet effet, la date mémorable du 13 Décembre 2010, laquelle marque un tournant particulier dans le combat en faveur de la libération des esclaves. Non seulement elle a abouti à la détention et l’inculpation de l’esclavagiste, mais également son jugement et sa condamnation même si le ministère public, pour se conformer à la ligne officielle de dénis, n’a retenu que le chef d’inculpation : exploitation de mineures.
Cette avancée a eu lieu parce que le président d’IRA et ses codétenus sont parvenus à transformer leur dit procès, en procès de l’esclavage en Mauritanie.

Cet événement a accéléré le rythme des opérations d’abolition excédant le régime qui s’est résigné à se réfugier derrière les allégations fallacieuses et les tentatives de dissimilation des crimes. Tel est le cas dans toutes les affaires portées devant les autorités par les soins d’IRA depuis le procès et la condamnation de Mouloumnine Mint Bacar Vall – fonctionnaire à la banque centrale de Mauritanie- qu’IRA a dénoncé pour esclavage sur deux fillettes mineures, Nana et Salma (des esclaves par ascendance), qu’elles asservissait et traitait comme sa propriété.
Toutefois, l’efficience des nouveaux instruments et stratégies de combats initiés par IRA ont eu raison de l’opiniâtreté du pouvoir. En effet, les sit-in et mot d’ordre de grève de faim lancé par le président du mouvement abolitionniste M. Biram DAH ABEID et ses deux alliés : Boubacar Messaoud et Aminetou mint El Moctar, respectivement présidents, de Sos-Esclaves et AFCF, avaient été décisifs. La conséquence est l’inculpation des trois femmes dénoncées simultanément pour pratiques esclavagistes par les militants et sympathisants d’IRA. Il est a noter qu’autant l’intervention énergique d’IRA a été a l’origine du premier procès pour exploitation de mineures dans l’histoire des tribunaux mauritaniens, autant l’essaimage de ses sympathisants, la mobilisation de ses militants et l’abnégation de ses dirigeants, ont été a l’origine de la première inculpation et du premier procès qui a lieu pour crimes d’esclavage, sur cette terre qui a tant souffert de ces forfaits, même si celui-ci a fini, par ailleurs par un nom lieu injustifiable des trois maîtres d’esclaves. 
Les témoignages de solidarité et de soutien exprimés lors de ces épreuves par l’opinion nationale et internationale sont une preuve d’esseulement et de rejet de la sphère esclavagiste en déliquescence. Les forces vives de la nation semblent avoir fait leur choix, qui est, de se mettre aux côtés des militants des droits de l’homme et désapprouver la consécration de l’idéologie du silence, étant conscients qu’il est inadmissible, par ce temps, que l’humain continue à subir les assauts de l’agression pour rester à l’état de moyens afin de servir des intérêts matériaux et moraux dégradants. Bref, une dynamique favorable s’est enclenchée contribuant, du reste, en un temps record, à briser les barrières psychologiques qui se dressaient comme remparts devant la reconnaissance de l’existence dans un pays où foisonnent de tels dénis de droits. 
Cette nouvelle donne ne semble pas du goût des autorités en place. Elle explique le malaise et la panique qui les hantent tout comme les raisons de leurs actes désespérés suscités en connivence avec les survivances du système oligarchique. Le pouvoir, les maîtres d’esclaves et leurs soutiens se sont engagés ces derniers jours dans une sale campagne de chasse à la sorcière qui visent spécialement les employés domestiques hratin – communauté des esclaves et esclaves affranchis- quel que soit leur sexe. Cette escalade tente de faire diversion sur la vraie problématique laquelle reste, envers et contre tout, celle de l’esclavage. Par ces agissements ignominieux et ces propagandes populistes et cyniques, l’intention du système qui s’entête à refuser la reconnaissance de l’esclavage, l’exclusion, la marginalisation et le racisme d’Etat qu’endurent les Hratin et les autres communautés noires astreintes au même salaire de misère, étant de jeter l’anathème sur les défenseurs des droits humains. Or cet appareil terroriste brandit par le régime sitôt qu’IRA s’en est pris aux présumés esclavagistes, est de nature à nous renforcer dans notre détermination et engagement dans le combat.
Face à cette situation d’extrême gravité du fait de :

 
– la ligne d’impunité des crimes de pratiques esclavagistes qui les rapports Hratin-Arabo-berbères dans les centres urbains et à l’intèrieur du pays; ceci est bel et bien prouvé par les actions d’IRA à l’intérieur de Nouakchott depuis quelques mois;
– de la gestion des affaires du pays par ce pouvoir en faillite politique, sociale et morale, lequel ne s’offusque nullement de mettre en jeu la stabilité et la sécurité nationales de la République et la plonger droit vers le chaos, IRA- Mauritanie :

1-       Condamne l’implication du pouvoir dans les procès du Mercredi 13 Avril des trois dossiers laquelle justifie le non-lieu accordé au trois présumés esclavagistes donc l’acquittement fait suite aux très fortes pressions tribales et raciales ;
2- Dénonce le lancement ces derniers jours par le système dans sa double version traditionnelle et moderne du mot d’ordre de licenciement collectif et raciste des domestiques hratin dont les ondes de choc ont touché aussi bien les centres urbains que les collectivités rurales ;
3- Rappelle la faillite de telles mesures qui visent la diabolisation et jeter, en outre, le discrédit sur les actions des défenseurs des droits de l’homme au regard des esclaves et anciens esclaves ;
4- Condamne le défilement du régime de l’ensemble de ses devoirs matériaux et moraux en s’activant à soumettre les populations victimes- les hratin qui représentent plus de la moitié de la population totale de la Mauritanie- à toutes les pressions psychologiques pour briser chez les esclaves toute volonté et rêve de libération;
5- Engage Mohamed Ould Abdel Aziz et son gouvernement à utiliser le budget alloué à lutte contre l’esclavage- se réduisant incessamment comme peau de chagrin- dans la prise en charge, l’insertion et la réinsertion des esclaves et anciens esclaves ;
6- Rend le pouvoir seul responsables de ces conspirations et agissements ainsi que toutes les conséquences qui peuvent en découler ;
7- S’engage à poursuivre son combat jusqu’à l’éradication totale de l’esclavage et toutes les formes discriminations jusqu’au recouvrement par les esclaves et anciens esclaves de la plénitude de leurs droits et jusqu’à ce que les communautés Négro- mauritanienne recouvre leur citoyenneté ;
8- Appelle tous les hommes libres à soutenir les efforts de combat menés contre les forces du mal retranchées derrière la citadelle du régime. Cette démarche étant le seul moyen de préserver le pays des risques de dérives aux conséquences sociales et sécuritaires dévastatrices ;
9- Lance un appel solennel au corps diplomatique, aux organisations et organismes internationaux pour intervenir et secourir les esclaves abandonnés à leur propre sort et d’agir dans le sens d’amener le pouvoir politique et les groupes dominants a reconsidérer leurs positions vis-à-vis de la cohabitation entre différentes communautés, hratin, bérbères, bambara, arabes, peulh soninké et wolof.

2-     
Nouakchott, le 17 Avril 2011

 

 

 

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