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Libération des déténus de la coordination des jeunes du 25 février
La police mauritanienne a libéré l’aube du 27 avril les détenus arrêtés le 25 avril à l’issue d’une manifestation organisée par la Coordination de la jeunesse du 25 février. La «Coordination» avait indiqué le 26 avril que la police avait relâché plusieurs manifestants interpellés tout en refusant de libérer un groupe comprenant : Cheikh Ould Jiddou, Mohamed Zeine Ould Cheikh Saadbouh, Tah Ould Hbib, Naji Ould Abdellahi, Mohamed Abdellahi Ould Mohamed Tfeil et Haidara Ould Mohamed Lehbib. Ce sont ces derniers qui ont donc été finalement libérés après deux sit-in organisés par leurs sympathisants. Le premier a été tenu au milieu de la matinée du 26 avril devant les locaux de la direction régionale de la police à Nouakchott et le second à « la place de mai » non loin du commissariat de Tevragh Zeina 1, la soirée de la même journée et auquel des parlementaires de l’opposition et des activistes ont participé.
A l’intérieur du pays, à Zouerate précisément, la police a également libéré les employés non permanents de la SNIM interpellés le 26 avril lors d’une violente manifestation qui s’est produite dans cette cité minière de la Mauritanie. Comme on le voit, les autorités alternent la carotte au bâton.
TAHALIL-HEBDO
Côte d`Ivoire: Ouattara prévoit sa cérémonie d`investiture le 21 mai
Le président ivoirien Alassane Ouattara prévoit de tenir sa cérémonie d`investiture “normalement le 21 mai” et envisage de créer “d`ici deux semaines” une commission Vérité et Réconciliation à la sud-africaine, a-t-il déclaré au quotidien français La Croix. “Je vais créer d`ici deux semaines une commission Vérité et Réconciliation à l`image de ce qui a été fait en Afrique du Sud”, a-t-il dit dans un entretien au quotidien, à paraître jeudi. “La semaine prochaine, je reçois l`ancien secrétaire général de l`ONU, Kofi Annan, et Desmond Tutu (prix Nobel de la paix sud-africain) pour en discuter ensemble. J`ai déjà choisi son président, il a accepté. Mais il est trop tôt pour dire son nom. Ce sera un laïc accompagné par deux religieux: un chrétien et un musulman”, a-t-il ajouté.
Concernant la cérémonie d`investiture présidentielle prévue “normalement le 21 mai”, il a indiqué que “plusieurs chefs d`État sont invités, dont le pape Benoît XVI”. “Outre la commission Vérité et Réconciliation, axe fort de ma présidence, la deuxième sera la nomination d`un gouvernement d`union nationale, avant fin mai”, a poursuivi le président ivoirien, au pouvoir depuis le chute de son rival Laurent Gbagbo, le 11 avril.
“Y figureront des ministres issus du FPI (le parti de Laurent Gbagbo), à la condition qu`ils me reconnaissent comme président, ce qui n`est pas encore le cas”, a-t-il précisé. “Nous n`avons pas vécu à proprement parler une guerre civile, même si selon mes informations, la crise a fait près de 3.000 morts. Depuis le 2 avril, nous avons ramassé 900 cadavres dans les rues. Une guerre civile aurait coûté des centaines de milliers de vies”, a-t-il par ailleurs estimé.
AFP
Briser les tabous
La Mauritanie est un pays fragile. Elle traîne avec elle son lot de ses contradictions aggravées par des dissensions politiques et communautaires mal réglées.Les différents pouvoirs qui sont passés n’ont pas eu le courage de recoudre cette fêlure profonde.D’autres l’ont au contraire creusé davantage. Il est temps de crever l’abcès.Accepter de voir la réalité en face et régler toutes les questions qui font obstacle, tous les sujets qui fâchent.En réalité rien ne doit être tabou si on veut vider les complexes. Lever les préjugés. Cela passe par une volonté de bâtir ensemble une nation débarrassée des archaïsmes tribaux et des replis identitaires. Un peuple ne pourrait vivre en paix que lorsque ses hommes politiques, ses représentants spirituels, ses intellectuels acceptent d’échanger, de réfléchir et de chercher des solutions adaptées à un modus vivendi. Nous avons besoin tous d’une Mauritanie où chacun vit pleinement son identité tout en respectant celle des autres. Nous avons plus que jamais besoin de nous découvrir en brisant le mur qui nous sépare. La base de cette volonté est d’abord politique, sociale ensuite et enfin individuelle. Mais c’est dans l’application d’une justice pour tous dans tous les domaines que cette Mauritanie plurielle deviendra une réalité. Les expériences du passé doivent servir de leçon pour ne pas replonger ce pays dans le spectre de la confrontation. Le temps de la recherche des solutions s’impose chaque jour pour qu’ensemble on ne rate pas une énième occasion de nous débarrasser du discours complaisant du genre « tout va, pas de problèmes ». Le mal est dans le refus de se parler …
Amadou Diaara-LE RÉNOVATEUR.
A chaque pouvoir ses peines
L’instabilité politique du pouvoir mauritanien a été depuis le premier changement intervenu dans le pays, l’œuvre de l’institution militaire.Il est vrai que les mouvements clandestins ont au fil des situations, ébranlé les régimes en place sans pour autant faire tomber les systèmes venus par la force et qui en usent pour se maintenir.Chaque pouvoir, en un certain moment de son parcours, fut secoué par des mouvements de contestations qui ont émaillé la vie politique.Le règne de feu Moktar Ould Daddah fut marqué par des agitations politiques, syndicales et scolaires et par des heurts à caractère ethnique. L’unité nationale fut sérieusement mise à rude épreuve durant les événements de 1966. Des groupuscules actifs et structurés ont joué un rôle important dans certaines prises de décisions engageant le destin national du pays. Le premier pouvoir tentait à chaque fois de trouver des formes de collaboration avec les activistes politiques de tous bords. Le plus souvent la carte de l’apaisement aboutit à l’attribution de rentes politiques destinées à calmer les frondeurs. C’est à ce prix que des troubles- fêtes ont été nommés à des postes de responsabilité qui permettaient de rabattre le caquet à ces agitateurs- chasseurs de postes. L’histoire de l’opportunisme politique en Mauritanie a commencé durant ces périodes pour se poursuivre à nos jours. C’était l’ascenseur politique utilisé par ceux qui voulaient accéder aux privilèges. La prison était pour les opposants un moyen de se forger une personnalité qui se négociait à prendre fort. Cette méthode a été presque utilisée par les différents pouvoirs politiques du pays. C’est le cas avec le règne de Haidalla il est vrai intransigeant à l’égard de certains groupes nationalistes notamment hostiles à l’unité nationale. En revanche Khouna Ould Haidalla s’est rapproché des activistes modérés du militantisme clandestin et des frères musulmans. Le règne de cet homme ne fut pas du tout repos car il était la cible de mouvements panarabistes qui voulaient l’écarter par tous les moyens. Les prisons se remplissaient à la moindre tempête politique. Ould Haidalla a composé avec les opposants dont les idées correspondaient à la vision qu’il voulait donner à l’unité nationale et à la bonne cohabitation entre ses fils. C’est avec lui que fut créé l’institut des langues nationales, que des pratiques comme l’esclavage furent abolies, que la Charia islamique fut appliquée et que la lutte contre la corruption et contre la promotion par la tribu ont été menées. Mais son système a été plutôt catapulté par un autre colonel dont le règne enfanta les plus graves tragédies que la Mauritanie ait connues. Apolitique et taciturne, Ould Taya se distinguera en quelques années par une adaptation politique qui lui permit de dompter les forces contestatrices par la carotte mais surtout par le bâton. Les opposants à son régime en savent quelque chose. C’est un euphémisme que de dire que cet homme fut un tyran. Mais il n’en pas moins vrai de reconnaître en lui des traits de caractère d’un stratège qui a su asseoir un pouvoir qui s’est doté d’une machine politique lui ayant permis d’instaurer une démocratie de façade. Sa chute allait permettre de donner un nouveau décollage à la Mauritanie. Un départ qui a connu des ratés avec le putsch contre la démocratie et les nouvelles vagues de contestations qui se forment depuis plusieurs semaines contre le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz. A suivre …
Cheikh Tidiane Dia – LE RÉNOVATEUR
Communiqué de presse de Conscience citoyenne
Les mercredi 20 et jeudi 21 avril 2011, des événements graves, opposant les étudiants négro-mauritaniens aux étudiants arabo-berbères et consécutifs à ce qui aurait dû être une banale histoire de fraude dans l’élection du bureau représentatif des étudiants, sont venus rappeler notre pays à sa triste réalité : les fondements de l’unité nationale sont profondément viciés et la Mauritanie vit sous la menace d’une implosion qui peut survenir à tout moment. Il est en effet désolant et terriblement inquiétant de voir ceux-là mêmes qui sont censés prendre bientôt les rênes du pays, l’élite que sont les étudiants, en être réduits à des affrontements ethnico-raciaux. Mais cela n’est hélas que la conséquence logique et inéluctable de la politique d’exclusion raciale que les différents régimes qui se sont succédé à la tête du pays n’ont eu de cesse de poursuivre en privilégiant une composante nationale, les arabo-berbères en l’occurrence, au détriment de toutes les autres.
La question de l’esclavage est restée entière malgré les textes de loi visant à éradiquer cette pratique. La campagne d’épuration ethnique qui a visé la communauté négro-mauritanienne à la fin des années 1980 n’a toujours pas été soldée à ce jour malgré le retour de quelques dizaines de milliers de réfugiés et les réparations financières octroyées à quelques veuves et ayant droits des militaires négro-africains massacrés dans les camps-mouroirs de Taya.
En fait, la déchirure est beaucoup plus profonde. Il faut que tous les Mauritaniens, sans exclusive, s’asseyent autour d’une table et crèvent définitivement l’abcès qui ronge ce pays et mine ses fondements : la question de la cohabitation et donc de la place qui doit revenir à chacun dans une Mauritanie décomplexée et assumant pleinement son identité multiple. La fermeture temporaire de l’Université et l’intimidation des étudiants par l’arrestation de quelques-uns d’entre eux, libérés finalement grâce à la mobilisation de leurs collègues et des organisations de la société civile, ne constituent qu’une fuite en avant dans la politique de l’autruche poursuivie par nos dirigeants dans l’occultation de la question nationale. Aussi Conscience citoyenne appelle-t-elle à une réponse plus sérieuse à cette énième alerte sur les menaces qui pèsent sur l’existence même de notre pays par l’engagement des autorités dans la résolution des vrais problèmes de la Mauritanie.
Pour Conscience citoyenne, le porte-parole
Alassane Dia





