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Le dernier dédain du Maure
J’ai mis du temps à me résoudre que l’ancien président Maawiya Ould Taya a écrit un livre. Au début, j’ai cru à une affabulation de plus de certains de nos médias qui auraient été piégés par je ne sais quelle «intelligence». Pour plusieurs raisons, je n’ai pas cru au livre de Ould Taya.
Un livre de Ould Taya, à ce moment précis de l’Histoire du pays, signifierait une volonté de retour sur la scène. A son âge et vue son expérience malheureuse du pouvoir, mais aussi ses conditions actuelles, je le vois mal croire à une chance qu’il peut saisir. Sauf si l’on en vient à penser que les tentatives de «blanchir» son régime, que ces tentatives entreprises par les plus symboliques de ses proches préparaient en fait ce retour.
De Doha, la Mauritanie peut paraître un pays au bord de l’éclatement. La lecture des sites d’information laisse fatalement l’impression que le pouvoir est dans la rue, que la révolte est en marche, que le pays est bloqué.
Rappelons-nous qu’au lendemain de son renversement, des proches avaient convaincu Ould Taya qu’il suffisait pour lui de s’adresser directement aux populations et à l’Armée pour qu’il y ait un soulèvement demandant son retour au pouvoir. Il avait alors fait sa fameuse sortie sur la chaîne saoudienne Al Arabiya où il avait effectivement appelé à la désobéissance et promis de faire de profondes réformes dont la première sera celle qui se rapportera au système d’assurance maladie avec l’accélération de la mise en place de la CNAM (sic). Provoquant la risée de ses protagonistes et le désarroi de ses soutiens.
Qui peut l’avoir convaincu d’écrire sur la situation du monde arabe au lendemain de ce qu’on appelle pompeusement «les printemps arabes» ? Qui ? Quoi qu’il en soit le livre a pour titre «le salut des Arabes» (Nejaat el ‘Arab). Il a été conçu sous forme de débats entre cinq jeunes arabes de conditions et d’origines différentes et un leader ayant une expérience politique.
J’avoue n’avoir lu que quelques paragraphes de l’introduction avant de le parcourir au hasard. Très mal écrit, il reste difficile à lire. Difficile à comprendre aussi. Le concept est en lui-même désuet. Aucune problématique. Aucun questionnement et donc aucune réponse aux crises de l’heure. Une voix off qui parle du mode de vie des esquimaux et des réflexes grégaires des pingouins vivant dans le pôle nord, alors que les images qui défilent sont celles de la sécheresse au Sahel.
Encore la question de savoir pourquoi un homme qui a régné sans partage 21 ans durant et qui a quitté le pouvoir contraint, laissant un pays dont toutes les chances de s’en sortir étaient compromises, une société émiettée, une médiocrité dominante, un Etat en décomposition, un système de valeurs en faillite, un système éducatif en métastase avancé, pourquoi cet homme ne tourne pas la page ? Pourquoi se met-il encore aux devants ? Et pourquoi surtout, en décidant de se remettre sur scène, ne commence-t-il pas par expliquer à ses concitoyens, victimes ou non de sa gestion, tous ses actes, tous ses choix ? Est-ce là la dernière expression du dédain qu’il a toujours affiché pour le peuple mauritanien ? Peut-être… Il a toujours eu sa façon particulière de communiquer.
Mohamed Fall Ould Oumère-la tribune.
Anniversaire des Flam: Hommage aux femmes militantes et combattantes mauritaniennes dans la lutte de libération nationale (programme de la journée)
Dans le cadre des festivités marquant les vingt neuf ans de la création des FLAM, (Forces de Libération Africaines de Mauritanie), la section Europe de l’Ouest a le plaisir de vous inviter à la journée-hommage qu’elle organise le 10 mars 2012 à partir de 14 heures sous le thème :
«Hommage aux femmes militantes et combattantes mauritaniennes dans la lutte de libération nationale ».
Le programme de la journée:
– 13h45 à 14h00 Accueil et installation des invités
– 14h00 à 14h40 Mot de bienvenue.
– 14h45 à 15h15 Présentation des Flam : la longue marche par Ibrahima Abou Sall.
15h15 à 15h45 Pot de convivialité.
15h50 à 17h00 Conférence « Le rôle de la femme mauritanienne dans le Combat de libération nationale » animée par Habsa Banor Sall suivi du Témoignage d’Yvette ADAM.
17h00 à 18h10 Conférence « Pèlerinage d’Inal symboles et perspectives : le ressenti des femmes » animée par Mariam Kane suivi de débats.
18h30 Clôture de la journée.
Lieu: Foyer de Grenelle 17, rue de l’Avre 75015 Paris. Metro lignes : 6, 8 et 10 Station : Motte piquet grenelle.
La présence de tous nos compatriotes, amis, militants et sympathisants est vivement souhaitée.
La lutte continue.
Le Secrétariat à la communication. Flam-Europe de l’Ouest.
Majorité- opposition, un débat cacophonique !
Le débat télévisé entre la majorité et l’opposition a accouché d’une cacophonie.Il pouvait difficilement en être autrement.Le contexte politico-social actuel ne facilite pas des discussions sereines en mesure d’aider à analyser avec lucidité les problèmes les plus urgents du pays pour envisager des solutions à la hauteur des attentes.Il faut dire que le choix des hommes a quelque peu fait défaut à la qualité de ce face à face apparemment pris comme un cadre de règlement de vieux comptes remontant des « désaccords de Dakar ».
Peut –être que les intentions de la TVM étaient de proposer un régal plus appétissant à ses téléspectateurs tout en évitant au maximum des dérapages. Mais il vaut mieux remettre soit à plus tard cette émission, soit fixer clairement et professionnellement ses contours pour produire des résultats meilleurs. Dans un débat, les contradictions sont nécessaires et mêmes enrichissantes. Sans antagonisme, les interventions évoluent dans un sens unique rendant sans intérêt le contenu des discussions. Mais quand la contradiction pollue le climat télévisuel, elle sème le doute et installe la zizanie. Tel fut le cas lors du débat du jeudi opposant les acteurs politiques de la majorité et de l’opposition par parlementaires interposés. Si les invités avaient su dépasser les préjugés et posé le débat en termes non pas de responsabilités historiques de la situation du pays – car chacun a sa part de responsabilité – mais de volonté de rectifier les erreurs par les actes et les idées, le débat gagnerait en pertinence. Au contraire, il s’est embourbé dans des joutes agressives et superficielles. Quand des personnalités politiques de ce rang se mettent autour d’un plateau d’une télévision, on doit s’attendre à plus que de simples accusations. Le nombre d’invités ne permettait pas une bonne prise de parole surtout que l’objectif était d’ouvrir une passerelle sur le petit écran pour habituer le public à voir de duels entre des opinions divergentes. Le cadre de l’émission était devenu plutôt un espace –forum qui a débordé sur les normes techniques et noyé le journalise dans une avalanche d’expressions assourdissantes. Le débat s’est éclipsé avant même de prendre forme, laissant penaud les téléspectateurs et libre cours à des rancœurs qui n’arrivaient pas à se vider dans un vase serré et trop petit pour contenir les nerfs excités. Cette première tentative a péché par un manque de distances politique de la part des invités qui se sont laissé aller loin dans les querelles au détriment d’une recherche de contributions constructive au débat. Les approches doivent évoluer si on veut décomplexer les rapports entre une certaine opposition allergique aux louanges des thuriféraires de la majorité et une certaine majorité détestant le radicalisme de ses adversaires. Chaque camp étant investi d’une mission à laquelle il ne doit pas d’un cran faillir. Tant que c’est comme ça, on ne pourrait pas s’attendre à des scènes attrayantes que la TV souhaite livrer à ses téléspectateurs. A défaut de trouver mieux, il faut instaurer un débat citoyen à la TV avec la société civile et des intellectuels indépendants.
Cheikh Tidiane Dia- le rénovateur
Nouakchott cède aux conditions de Aqmi : Chassé- croisé entre deux prisonniers
Le gendarme mauritanien Ely Ould Moktar enlevé le 20 décembre dernier à Adel Bagrou et le salafiste Abderrahmane Ould Meydda Al Azawadi, condamné par la justice mauritanienne dans le rapt des espagnols en 2009 sur la route Nouakchott-Nouadhibou se seraient croisés dans le désert aux frontières mauritano-malienne hier samedi 23 mars 2012. Ce chassée-croisé est intervenu à l’issue d’une négociation entre les autorités mauritaniennes et Aqmi pour obtenir réciproquement la libération de l’otage mauritanien d’un côté, et de l’autre l’extraction du prisonnier salafiste du pénitencier de Dar Naim.
Les deux négociateurs seraient tombés d’accord sans trop d’encombre. C’est dans ces conditions que le feuilleton carcéral d’Ely Ould Moktar viendrait se refermer. C’est à la veille de l’expiration de l’ultimatum fixé par Aqmi que tout semble se nouer et les événements se précipiter. L’attitude des autorités mauritaniennes avaient peu inspiré confiance une opinion publique et politique qui commençait à désespérer de la volonté du pouvoir de céder aux conditions fixées par l’organisation terroriste. La famille du prisonnier avait multiplié les appels pour demander la libération de son fils. De même que les partis politiques et les organisations des droits de l’homme qui avaient exprimé leurs préoccupations et alerté le pouvoir des conséquences qui découleraient d’une issue fatale sur cette capture. Il semble que le Président de la république aurait à la dernière minute levé la réserve en dépêchant sur le front des pourparlers le colonel Mohamed Ould Znagui, chargé d’entrer en contact avec Aqmi. Officiellement on attend encore un communiqué du gouvernement sure cet échange de prisonniers pour en savoir davantage sur ce dénouement heureux de cette capture. Pour le moment on s’en tient aux seules sources distillées par la presse électronique locale. Selon l’ANI, la mère d’Ely Ould Moctar Fatimettou Mint Brahim a affirmé que « l’épouse de son fils a été informée par la gendarmerie de sa libération et qu’il doit arriver, dans quelques heures à Nouakchott ». Par ailleurs, une source sécuritaire a affirmé que le gendarme mauritanien serait libéré, en même temps que l’otage italien Rosita Aouro. Les contours du processus ayant conduit à la libération des deux otages ne sont pas encore défini. La semaine dernière, une envoyée spéciale du gouvernement italien, Margueritta Bonivar avait été reçue, à Nouakchott par le président mauritanien Ould Abdel Aziz. Toujours de une source sécuritaire, on affirme que le détenu salafiste Abderrahmane Ould Medou de nationalité malienne avait été amené, dans la nuit du jeudi à vendredi vers une direction inconnue. « Son départ serait liée à la libération du gendarme otage d’AQMI », affirme la même source. AQMI avait exigé la libération de deux de ses membres détenus en Mauritanie contre celle du gendarme. Le 11 février, l’organisation avait menacé d’exécuter, dans les vingt jours qui suivent, le gendarme mauritanien enlevé si les autorités mauritaniennes n’accèdent pas à ses exigences.
Des ouf de soulagement
Partout, même encore gagnés par le suspens d’un dénouement non encore prouvé sur le terrain de la réalité, tant que le gendarme n’est pas arrivé en lieu sûr ou rentré dans son pays, les mauritaniens sont satisfaits de cette issue qui pourrait permettre à l’otage de s’en sortir. Le pouvoir mauritanien aura également bien agi en préférant la discrétion dans une libération négociée au moindre coût où son absence aurait été perçue comme un déni à la cause citoyenne, alors que le régime s’est déjà considérablement investi dans des tentatives de libération d’otages européens. Toutefois, cette présumée relaxe, n’augure pas la fin du tunnel et montre si besoin est qu’Aqmi pourra désormais faire de la tactique des enlèvements une nouvelle stratégie pour obtenir la libération un après l’autre de ses détenus aux mains du régime mauritanien. Notons enfin que si l’otage mauritanien a été croisé contre un détenu salafiste, ce ne serait pas le cas de l’humanitaire italienne Rossella Urru, relaxée simultanément, contre la libération de laquelle Rome aurait versé 30 millions d’euros. Vrai ou faux ?
Cheikh Tidiane Dia –Le rénovateur
Etat civil: Les Archives manipulées pour exclure les déportés (ONG)
ALAKHBAR (Nouakchott) – Des ONG réunis dans le Front du FLERE ont accusé dimanche les autorités d’avoir «manipulé» les archives pour priver les déportés mauritaniens de leurs documents de nationalité et de propriété foncière. Les ONG, qui présentaient dans une conférence de presse à Nouakchott les résultats d’une tourné dans les sites des rapatriés, ont vivement dénoncé «des vastes irrégularités» dans l’Etat civil. « Dans des familles rapatriées, on découvre que seuls les parents, ou un d’eux, sont recensés. Sans papiers, Les enfants Ils sont, pour les autorités, des étrangères, confrontant ainsi énormes problèmes scolaires», a estimé Mohamed Ouerzeg Ould Razga, porte parole du FLERE.
« Plus grave, quelques rapatriés qui ont échappé avec des documents de nationalité et de propriété foncière, sont surpris que leurs document n’ont plus aucune trace dans les archives, à cause de la manipulation » ont affirmé ces ONG.
Les ONG ont accusé « des généraux, des colonels et des ministres » mauritaniens de confisquer « les terrains arables et mêmes les maisons » des rapatriés. Lorsque ceux-ci se plaignent, on procède à des manouvres dilatoires infinies, ont déploré les ONG.




