Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Recensement et double nationalité Par Ousmane Ba des FLAM-Europe de l´Ouest

altMême si les Mauritaniens naturalisés en France ou ailleurs sont responsables de leurs décisions de naturalisation après plusieurs années d’exil politique, je voudrais quand même faire une analyse entre cette conséquence et le recensement en cours au pays.

 

Lorsque le recensement dit « fiable » a été lancé au mois de Mai dernier en Mauritanie, on a observé au paravent la fermeture, pour des raisons douteuses, des consulats mauritaniens à  Dakar et  à Paris qui enregistrent de fortes concentrations de communautés noires mauritaniennes.

 Le recensement sera fait à l’ambassade ; mais pour se faire recenser, on doit présenter, en plus des papiers d’Etat civil mauritaniens,  le titre de séjour français pour le cas de l’enrôlement en France. En exigeant le titre de séjour français les autorités mauritaniennes ont voulu écarter délibérément des milliers de Noirs mauritaniens exilés en France à cause de la répression et la terreur qui  les avaient frappés, à l’époque du régime  assassin de Moawiya Ould Sidi Ahmed Taya en Mauritanie. Il y’a une autre tracasserie administrative que les Mauritaniens ayant obtenu la nationalité française subissent à l’ambassade de Mauritanie à Paris quand ils s’y rendent pour demander un visa d’entrée : Au-delà des frais de visas  qu’il faut payer, on leur exige aussi une pièce d’Etat civil prouvant qu’ils sont ou qu’ils étaient mauritaniens.

Pourquoi exiger un acte de naissance en plus du passeport pour établir un visa à quelqu’un ? Les autorités plénipotentiaires mauritaniennes ne chercheraient-elles pas à établir une liste rouge des Mauritaniens ayant une autre nationalité dans le but de les priver définitivement de la nationalité mauritanienne en les empêchant de se faire recenser ? Les mauritaniens naturalisés français et refugiés politiques ne disposant pas de la carte d’identité mauritanienne  ne peuvent pas se faire recenser.  

Ce recensement  est fait malheureusement dans le but de diviser  les Mauritaniens les uns contre les autres. Le critère de recensement n’est pas le même selon qu’on vit en exil (un exil qu’on n’a pas choisi) ou qu’on est né à l’étranger. Ce critère devrait être simple et unique pour tous les Mauritaniens.

Quand Mohamed Ould Abdel Aziz traitait les manifestants mauritaniens à Paris contre le recensement de Français et quand il répondait que les Mauritaniens ne demandent pas de visas pour se rendre en Mauritanie suite à une question de Kassataya sur les tracasseries de visas pour les Mauritaniens qui veulent se rendre en Mauritanie, ce n’était pas fortuit.... Et pourtant il connait parfaitement l’existence de la double nationalité à travers la Mauritanie et tous ses pays limitrophes. Il y’a des millions d’Algériens qui font chaque année  des allers et retours entre la France et l’Algérie sans aucune tracasserie administrative et participent à toutes les élections algériennes en France. Pourquoi ? Parce que les autorités algériennes aiment et protègent leurs concitoyens quels qu’ils soient partout dans le monde.  Elles savent que la double nationalité est une opportunité sociale et économique pour l’Algérie et non une tare.  On voit la même chose à travers les immigrés maliens, sénégalais, marocains, tunisiens, togolaise, etc. Ce qui n’est pas le cas des autorités mauritaniennes vis-à-vis des Noirs mauritaniens qu’ils massacrent ou vouent à la servilité sociale. Si le gouvernement actuel est  réellement démocratique, il aurait dû faire une rupture totale des pratiques des  régimes militaires qui l’ont précédé en favorisant l’ouverture et le dialogue avec les exilés mauritaniens au lieu de les stigmatiser.

De mon point de vue la nationalité est un fait naturel, inné et inaliénable. Car, on appartient naturellement à un pays (le village, la région) comme on appartient à une famille (avec les parents, les frères et sœurs, la tribu…). Le décret présidentiel qui consisterait à dire que tel citoyen ou telle citoyenne pourrait ou pas conserver sa nationalité mauritanienne est un non sens pour moi.

Les Mauritaniens de la diaspora doivent rester mobilisés et vigilants face au système de gouvernement raciste mauritanien qui cherche vaille que vaille à déposséder des Noirs mauritaniens de tout acquis naturel soit-il ou de toute possibilité d’améliorer leurs conditions de vie

Si du point de vue philosophique on définit l’Etat comme un instrument de domination  économique et sociale, on voit bien que l’Etat mauritanien joue ce rôle à merveille contre les Noirs mauritaniens.

 

 

Ousmane BA

Le Pecq France  

30/11/11 

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