Humeur : FPC-FLAM
Adrar-Info – « Comment convaincre ce coq que je ne suis plus un grain de mil? » . Le cas de ce fou, convaincu de sa transformation en un grain de mil et qui sort de chez son « Hajjab » (guérisseur), qui l’a dissuadé qu’il est redevenu un individu normal, mais doutant que le coq du coin en soit aussi convaincu, pourrait s’appliquer au statut actuel des FPC, dont la bonne foi peine à passer.
Pourtant, cette formation, qui consacre la mue des FLAM en un parti politique « civile », n’a pas lésiné sur les arguments pour tenter de convaincre les plus sceptiques que » les erreurs de jeunesse » et « les analyses politiques hâtives » des années 80, ont été reconnues et corrigées.
Ces autocritiques et mea-culpa ont-ils été suffisamment portés à la connaissance de l’opinion nationale et de la classe politique ? L’argumentaire des FPC est pourtant bien ficelé (Plate forme pour une Mauritanie réconciliée-Mars 2007)
1-« L’introduction du concept «Système Beydan » dans notre discours politique a suscité beaucoup de polémique. Cela nous a valu des invectives de tous ordres, la foudre de nos adversaires, et suscité l’indignation chez d’autres.
En vérité, par «Système Beydan» nous entendions un certain nombre de mécanismes dont l’action conjuguée vise à l’exclusion du Noir mauritanien de toute la vie publique en consacrant l’hégémonie politique, économique et culturelle des Arabo-berbères.»
2-»Notre quête de l’identité doit être perçue comme procédant du droit à la différence qui fonde l’efficacité et la pérennité d’une solidarité La voie que nous croyons la meilleure pour parvenir à cet Etat de droit reste, après l’échec de 40 ans d’expérience de l’Etat Jacobin : l’autonomie. »
3-« Nous pensons que face à un régime raciste et répressif, et en l’absence de toute perspective d’alternance à la tête de l’Etat, de compétitions électorales transparentes, libres et démocratiques, une organisation sérieuse, comme la nôtre, ne doit pas écarter systématiquement le recours à la lutte armée »
C’est aussi le cas de la question, très délicate, de l’identité de la Mauritanie : »
« En vérité, la Mauritanie, pour être viable, devra garder un juste équilibre entre son caractère arabe et son caractère négro-africain. Elle devra être un trait d´union entre le monde noir et le monde arabe. Bien gérée, cette diversité pourrait constituer une richesse inestimable pour tous. »
Et même l’idée de partition de la Mauritanie a été revue à la baisse et ramenée à une autonomie, non plus d’une seule région (celle de la vallée), mais de toutes les Wilaya, moyennant un nouveau découpage administratif concerté.
En dépit de ces concessions, importantes, par rapport au programme « enflammé » et maximaliste des FLAM de 1986, et malgré l’appel au dialogue et à la reconnaissance juridique, les FPC continuent à crier dans le désert, sans aucun écho lisible et raisonnable.
Est-ce normale, dans un pays où, officiellement, tout le monde souhaite la paix sociale et la concorde nationale ?
Ne doit-on pas, au contraire, prendre les FPC au mot et avoir le courage et la responsabilité de participer au débat auquel elles appellent pour tenter de trouver dans leur programme des éléments nouveaux, susceptibles de rapprocher les positions de cette formation et le reste de l’opposition démocratique ?
La lutte, pour le débat, continue !
Ould Ehlou





