Pratique esclavagiste ou exploitation de mineur?
La représentation locale à Guérou de l’organisation des droits humains SOS ESCLAVES vient de dénoncer à travers son point focal le cas d’un enfant de 10 ans nommé Hamoud Ould Mahmoud né à Bassiknou ayant pour père Mahmoud Ould El Avia et pour mère Aicha Vall Mint Chebane des environs de Timbedra. L’enfant est à Guérou en compagnie de Menata Mint Hmedane épouse de Zéine Ould Zekeria, commandant du poste de douane de la moughataa. Cette femme serait de la famille de ses maîtres. Selon sa déclaration, il aurait été donné par sa mère à Mint Chebane pour faire la vaisselle et assurer la cuisine quotidienne. Après deux mois, le petit Hamoud a décidé de fuir à cause des mauvais traitements (tabassage et réprimandes) que la femme lui fait subir régulièrement. Son bras gauche porte une grosse blessure qui, selon lui, est consécutive à un coup de cuillère que la femme lui aurait asséné. Les représentants de SOS ESCLAVES ont saisi les autorités de cette affaire. Une procédure a été engagée, le procureur de la république et le commissaire de la police de Kiffa entreprennent depuis samedi l’audition de tous les protagonistes : La femme accusée d’exploitation, les parents de l’enfant venus de Bassiknou et les défenseurs des droits humains. Pour mettre hors jeu la pratique esclavagiste, les autorités prétendent que l’enfant en question n’appartient pas au même ensemble tribal que sa prétendue maîtresse. Un argument fallacieux si l’on sait que dans les manifestations très complexes du phénomène de l’esclavage, la forme d’acquisition des esclaves est multiforme (achat, vente, don). Les esclaves changent alors régulièrement de mains et de tribus. Dans ce cas précis, le fait que la mère du petit Hamoud appartienne au même ensemble que celui de la mère de Menata Mint Hemdane, sa probable maîtresse est révélateur. D’après certaines indiscrétions, les autorités privilégient la thèse d’exploitation de mineur plutôt que celle de pratique esclavagiste. Comme quoi en Mauritanie en présence de telle situation, la consigne semble être de préférer le mauvais au pire. L’organisation SOS ESCLAVES a déjà commencé les modalités d’une plainte contre la famille de Zeine Ould Zekeria d’une part, et celle de l’enfant, d’autre part qui doivent les uns et les autres répondre devant les juridictions compétentes de leurs agissements qui ont porté préjudice à la vie d’un innocent enfant d’à peine dix ans.
Source: Le calame




