Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Retour au bercail des FLAM:Un parti politique en gestation

altAprès 29 ans d’exil, les forces de libération africaine de Mauritanie (FLAM) ont décidé de rentrer au bercail, avec dans leur carton un parti politique. La révélation a été faite par Mamadou Wane, responsable de la jeunesse et des droits de l’homme au sein du mouvement, au cours d’un point de presse organisé, le samedi dernier, à l’hôtel IKRAMA. Dans une déclaration lue devant la presse, du président du PLEJ, des secrétaires généraux de Tawassoul, APP et un important public, les FLAM justifient leur décision par l’évolution de la situation politique et sociale en Mauritanie, notamment sur le dossier du passif humanitaire. Créées en mars 1983, les FLAM avaient publié « les manifeste du négro mauritanien opprimé » en 1986, dans lequel le mouvement dénonçait l’édification par ould Taya d’un système racial. La réponse fut sans commune mesure. Les principaux responsables furent embastillés à Oualata où certains comme Tène Youssouf Gueye, Bâ Abdoul Khoudous, Djigo Tapsir, Bâ Alassane laisseront leur vie. Quelques années après, comme pour donner raison aux FLAM, le régime de Ould Taya déporte des milliers de négro mauritaniens au Sénégal et au Mali avant d’exécuter des centaines pour ne pas dire un milliers de soldats négro-mauritaniens dans les différentes casernes. Il s’en suit une diabolisation du mouvement accusé par le système de Ould Taya de vouloir « tuer les maures». Suite à cette répression féroce, de nombreux cadres et étudiants se réfugient à l’étranger. Il faudra attendre l’accession du pouvoir de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, en 2007, pour voir s’amorcer le règlement de ce douloureux passif. L’ancien président démocratiquement élu rencontre, pour la première fois, Samba Thiam, le président des FLAM, aux USA, annonce le retour organisé des déportés, ce qui constituait un pas en avant dans la reconnaissance du tort fait à la négro mauritanienne. Le silence est rompu sur ce qui constitue un tabou, mis à part le retour volontaire proposé par Ould Taya. En prenant le pouvoir en 2008, Mohamed Ould Abdel Aziz s’engouffre dans la brèche, reconnaît les atrocités faites à la communauté négro mauritanienne, octroie quelques subsides aux ayants droits et rescapés. C’est semble-t-il l’une des raisons qui a décidé les FLAM à revoir leur sa position. Mais, comme le dit Wane, toutes les conditions, le mouvement est conscient que beaucoup reste à faire pour pacifier les tensions liées à la cohabitation des différentes composantes raciales du pays, à l’instauration d’un état de droit.
La question que nombre d’observateurs c’est est-ce que les FLAM ont changé d’orientation politique. En attendant l’arrivée de la direction du mouvement,
Wane nous apprend que les fondamentaux demeurent. Il s’agit de la lutte pour une Mauritanie égalitaire, débarrassée du racisme d’état et de l’esclavage.
Vaste et ambitieux programme sur lequel travaillent beaucoup de partis politiques. D’ailleurs, M Wane a saisi l’occasion de sa conférence de presse pour remercier l’ensemble des formations politiques qui se sont battus de l’intérieur pour défendre la cause des FLAM. Mais, pour marquer sa différence, le mouvement entend créer sa propre formation politiqu. Un gros challenge pour certains qui expriment déjà leur crainte de voir naître un parti politique de plus. C’est la raison pour laquelle certains suggèrent au mouvement plutôt que de créer leur propre parti, ’intégrer l’une des formations politiques de la place.

BILADI

Partagez