Mauritanie, l’ecole echafaud de la nation.
L’année scolaire qui s’acheve est une occasion de jetter un regard critique sur notre systeme educatif; qui, apres un demi siecle n’arrive toujours pas a jouer le role qui aurait du etre le sien. Le rudiment d’ecole herite de la periode coloniale a ete detourne de sa mission a coup de reformes plus saugrenues les unes que les autres. En effet, de l’independance a nos jours, notre pays a connu au moins cinq reformes educatives avec les resultats catastrophiques que l’on connait.
La Mauritanie est l’un des rares, sinon l’unique pays au monde ou l’ecole a produit exactement l’effet contraire.
Sensee raffermir la cohesion sociale, elle est le lieu d’exacerbation de toutes les differences. Supposee inculquer les vertues de la dure labeur, on y cultive le nepotisme le plus primaire. Au lieu de l’ideal republicain, on y initie aux ideologies les plus abjectes.
Sensée raffermir la cohésion sociale, elle est le lieu d’exacerbation de toutes les différences. Supposée inculquer les vertus de la dure labeur, on y cultive le népotisme le plus primaire. Au lieu de l’idéal républicain , on y initie aux idéologies les plus abjectes.
Si les differentes reformes n’ont pas permis a l’ecole de remplir pleinement sa mission, on est en droit de se demander si le probleme
Pour apprehender la problematique de systeme educatif mauritanien, on ne doit pas faire fi de sa dimension politique et ideologique. Elle doit être la pierre angulaire de toute reforme. En effet, le produit final que l’école met sur le marche découle d’une intention émise par l’autorité politique a travers sa profession de foi . Laquelle intention est transformée en plan par l’exécutif puis en programmes par le département de l’éducation et enfin en objectifs par les enseignants. Il y a donc tout un cheminement qui met en jeux plusieurs protagonistes et aucune révision ne peut prospérer sans s’attaquer à la source du problème. Il s’agit dans un premier temps de se poser toute une série de questions liées les unes aux autres. Quel type de citoyen veut- on forger ? Quel pays veut on bâtir ? Et enfin dans quel environnement évoluons-nous ? Or , en Mauritanie après un demi siècle, notre société n’a connu aucune mutation: elle reproduit de génération en génération les mêmes particularismes et réplique les mêmes contradictions.
a une fois ,été bien pose. En effet, le mal de l’école mauritanienne ne se pose pas seulement en terme de moyens, motivation des enseignants ou de contenu des programmes… Des pays a niveau de développement comparable au notre ont réalisé des prouesses en matière d’éducation; jusqu’aux années 80, le système éducatif malien était parmi les plus performant de la sous-région.
Pour l’UNESCO: ” l’ecole doit etre un moyen de permettre aux enfants comme aux adultes de devenir des participants actifs dans la transformation des societes dans lesquels ils vivent“.
En réalité, chez nous, plus que partout ailleurs l’école est seulement un moyen de promotion sociale avec cette particularité en Mauritanie, d’être en plus un terreau du chauvinisme arabe.
Reformer notre système éducatif est une urgence ; mais pour ne pas retomber dans les mêmes travers, un diagnostic sans complaisance s’impose. De prime abord il faudra faire un état des lieux .Dans un second temps définir une politique éducative efficiente, sans arrière-pensées hégémonistes, mue seulement par la volonte de
relever les défis qui nous interpellent. C’est à dire penser une école capable de combler le déficit citoyen , produire des compétence aptes a nous sortir du sous-développement et prêtes a competir dans le contexte de la mondialisation.
Les différentes reformes déjà opérées sont caractérisées par la place de plus en plus prépondérante accordée a la langue arabe. Et vu le résultat obtenu, ne serait il pas temps de remettre en cause cette prééminence? Il est toute a fait légitime qu’une communauté défende l’enseignement de sa langue mais il faut faire preuve de pragmatisme. Dans ce monde globalisé ; l’arabe en depit de son passé glorieux n’est plus une langue de savoir. Elle est tout au plus un identifiant culturel ou religieux. A ce titre elle doit être traitée au même titre que les autres langues nationales: le bamana,le soninko,le pulaar et le wolof. C’est a dire instrument d’acquisition de savoir-être.
Pretexter une reforme educative pour consacrer une culture sur les autres ne fera que nous ramener a la case de départ.
Aujourd’hui ,la chute de Saddam, la révolution libyenne et la révolte syrienne ont sonne le glas du panarabisme, il serait judicieux pour nos décideurs de cesser de s’accrocher a des chimeres.La pertinence leur recommande de recentrer leur énergie pour rendre à la Mauritanie sa véritable identité : un pays africain ou cohabitent des Négro-Africains et des Arabo-Berbères à l’instar du Mali ,du Niger ,du Tchad…
Abou H. Sy
Tampa,FL




