La fin tragique de l’intrépide combattant
Son nom était associé à la cause pour laquelle il se dévoua lui et son groupe.Il était devenu la bête noire du pouvoir politique et des cercles conservateurs.Le mythe Biram s’est effondré quand de manière effrontée il s’est livré à cet acte disons-le hérétique qui le poussa au fond de l’abime.Dans un pays musulman il y a des valeurs communes qui ne doivent pas être touchées.Il y a des barrières qu’on ne doit pas franchir.On ne doit pas s’attaquer au référentiel d’une confession.
En Mauritanie, le rite Malékite est largement partagé par les musulmans et quiconque s’en prend coure à sa perte surtout par cette manière avec laquelle le leader de l’IRA s’est est pris à des œuvres aussi respectées que celles qu’il incinéra comme de vils objets. L’homme a fait plus qu’un faux pas, il a pêché dans les eaux troubles d’un militantisme qui l’ont noyée et remis en cause des années de résistance et de succès au nom d’une lutte farouche contre les tenants d’un système esclavagiste et paternaliste qui se sentait mis au pied du mur.
Le pauvre Biram est allé loin en déviant de la ligne qu’il devait suivre pour troubler le sommeil de ceux qui l’assimilaient à un diable. Le voilà élevé par cet acte abject au rang d’un profanateur que les mains du Satan ont poussé vers le précipice. Non il ne fallait pas agir de la sorte car personne dans ce pays y compris ceux qui croient au combat contre l’injustice ne sauront reconnaitre le bien-fondé de cette action exagérée, vaniteuse.
Comment ceux qui entouraient cet homme ont –ils osé laisser les choses se passer de cette manière. On ne badine pas avec la religion. Le bon sens étant la chose la mieux partagée, il fallait que les conseillers de Birame fassent preuve de lucidité pour le dissuader de ne commettre cette faute grossière. Le terrain dans lequel l’IRA a glissé était étranger à la cause qu’il défendait.
Tant que les activistes de ce mouvement gardaient les pieds là où il fallait les poser, le soutien qu’ils auront sera proportionnel à la dimension de la cause. L’homme dont la tête était mise à prix par ceux qui cherchaient à liquider est entre le marteau de la justice et l’enclume de ses adversaires politiques.
Son acte sans appel ne lui donnera pas de circonstances atténuantes devant des juges ragaillardis par ce pêché et auquel ne manquera pas l’argumentaire pour envoyer Birame à l’échafaud. Triste image d’un homme au sommet de sa gloire qui tomba si bas dans les marécages d’un militantisme qui le largua loin sans lui donner le temps de se ressaisir. Il se rendra tardivement comme dans un cauchemar qu’il est entré dans une zone interdite.
L’homme qui faisait trembler tout un système, a craqué sous le poids de la surestimation de sa personne. La cause est là toujours. Mais l’homme qui s’était porté comme son porte-étendard n’a plus la bonne réputation pour n’incarner. Pour autant que ce drame ait enfoncé le combattant intrépide cela ne signifie pas la fin d’une guerre contre toutes les formes d’oppression. D’autres forces doivent venir reprendre le combat sans complaisance mais dans le respect des valeurs de l’éthique.
Cheikh Tidiane Dia-le rénovateur.




