Mali: Amadou Toumani Touré a démissionné et la transition peut s’ouvrir
Ce dimanche soir 8 avril à Bamako, le président Amadou Toumani Touré a officiellement démissionné. Dans la maison d’un de ses proches, dans la capitale malienne, il a présenté sa lettre à la médiation burkinabè de la Cédéao. Avec cette démission d’Amadou Toumani Touré s’ouvre une nouvelle phase politique pour le Mali. Le récit des dernières heures de la présidence ATT et les prochaines étapes avec nos correspondants et envoyés spéciaux. Le président malien Amadou Toumani Touré, renversé par un putsch le 22 mars, a officiellement démissionné ce dimanche 8 avril, ouvrant la voie au départ de la junte installée au pouvoir depuis sa chute.
C’est Alassane Ouattara qui le premier décroche son téléphone pour joindre le président Amadou Toumani Touré. «Trouvons rapidement une solution» aurait déclaré l’Ivoirien à celui qui, théoriquement, était toujours son homologue. ATT a alors une chose en tête : la menace de le juger proférée par la junte. Selon son entourage, il a voulu un moment s’expliquer devant le peuple via les médias publics. C’est «non», répond la junte. Deux visages désormais très appréciés des Maliens entrent alors en scène : Djibril Bassolé ministre des Affaires étrangères du Burkina, et représentant du médiateur Blaise Compaoré, et Adama Bictogo, ministre ivoirien de l’Intégration africaine, représentant du président en exercice de la Cédéao. Ils vont parler à la junte pour calmer le jeu. Le message passe. Mais ATT lui persiste dans sa volonté de s’expliquer avant de jeter l’éponge.
Blaise Compaoré appelle alors par téléphone le président Touré qui finit par accepter d’alléger la procédure de son départ. Amadou Toumani Touré prend alors contact avec celui qui doit assurer son intérim, Dioncounda Traoré, président de l’Assemblée nationale pour lui annoncer qu’il démissionne.
Quelques heures plus tard, ATT quitte son refuge et donne rendez-vous aux représentants de la médiation pour une brève cérémonie au cours de laquelle il annonce sa démission.
La démission d’Amadou Toumani Touré enclenche concrètement la période de transition politique. ATT l’a dit : son départ permet d’appliquer l’article 36 de la Constitution. La cour constitutionnelle devrait donc rapidement se réunir pour constater la vacance officielle du pouvoir et annoncer dans la foulée que l’intérim à la tête de l’Etat malien est assuré par Dioncounda Traoré, le président de l’Assemblée nationale.
Les discussions déjà engagées par Blaise Compaoré, le président burkinabè vont s’accélérer entre la junte, la Cédéao et la société civile malienne pour doter rapidement le Mali d’un Premier ministre qui aura les pleins pouvoirs et d’un gouvernement de transition. Des institutions temporaires qui auront deux priorités : gérer la crise dans le nord du pays en négociant avec les groupes rebelles ou en utilisant la force en cas d’échec des pourparlers et organiser dans les prochains mois une nouvelle élection présidentielle.
RFI




