Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Fin des opérations de rapatriement : entre satisfaction et regrets

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a présidé dimanche dernier à Rosso, une cérémonie de clôture de l’opération qui a permis le rapatriement de plus de 20 000 réfugiés mauritaniens du Sénégal.Si pour l’homme fort de Nouakchott, cet événement constitue une fin heureuse d’une épreuve qui a failli ébranler la cohésion nationale, certains pensent que beaucoup reste encore pour le succès de ce long processus de retour, d’insertion dans la vie socioéconomique du pays.
Au cours d’une conférence de presse organisée dimanche dernier, le haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), António Guterres s’est félicité d’avoir assisté à une cérémonie émouvante « pendant laquelle nous avons célébré ensemble la clôture du rapatriement volontaire, organisé des mauritaniens qui étaient au Sénégal. Ils sont revenus dans la sécurité et la dignité chez eux ». Et d’ajouter : « grâce au travail conjoint des gouvernements mauritanien et sénégalais avec l’appui du HCR, nous avons réussi à faire rentrer chez eux plus de 24 000 mauritaniens qui vont participer à la construction du futur de leur pays. » Il a ajouté « je tiens surtout à féliciter le gouvernement mauritanien pour ce programme de réintégration de tous ces mauritaniens dans leur pays. »
Pour Guterres, le gouvernement mauritanien n’a épargné aucun effort, aucune ressource pour donner à tous ceux qui sont revenus chez eux les conditions d’une intégration harmonieuse dans leur société. « Le rapatriement est un succès et 24 000 Mauritaniens sont rentrés chez eux, en sécurité et dignité. L’étape la plus importante, c’est le développement économique des régions où ces réfugiés s’insèrent. Et ça, c’est tout le défi de la Mauritanie qui mérite l’appui et l’engagement de la communauté internationale » a-t-il conclu. Au menu des autres réactions, pour Ibrahim Mamadou Ndiaye, président de l’Union nationale des rapatriés mauritaniens du Sénégal (UNRMS), la réinsertion des rapatriés pose de nombreux défis. « La revendication primordiale, c’est d’abord les terres spoliées en 1989. Nous voulons que ces terres soient remises à leur propriétaire. Il y a trois mille hectares qui sont mis à la disposition des rapatriés. Pour moi, ces trois mille hectares sont très insuffisants par rapport à ce que possédaient ces rapatriés » indique-t-il, soulignant par ailleurs qu’il reste des gens à rapatrier. « Tout le monde n’est pas rentré. Il y a ceux qui restent au Sénégal et qui ont manifesté leur désir de rentrer et qu’ils ne sont pas rentrés. Il y a encore des milliers qui sont restés là-bas. Il y a nos confrères du Mali qui veulent rentrer et je ne sais pas quel est leur sort ? » s’est-il interrogé, estimant que la question des Mauritaniens réfugiés au Mali reste encore en suspens. Concernant l’aménagement des terres agricoles, à propos desquels, le président Ould Abdel Aziz a promis de renforcer les efforts entrepris par l’Etat, Ibrahim Mamadou Ndiaye dit réitérer la détermination de son Ong à aller de l’avant dans le règlement de toutes les séquelles du passif humanitaire.
Rfi

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