2011 – Une année dont, sur le plan national, je ne retiendrai pas grand-chose. L’événement qui aurait pu normalement l’auréoler a accouché d’une souris. Certes, Messaoud Ould Boulkheir et Boidiel Ould Houmeid sont deux poids lourds du microcosme politique mauritanien, mais sans les autres leaders le dialogue national n’en est pas vraiment un. C’est clair comme l’eau de roche : le pouvoir a manqué de lucidité, une fois encore, en ratant l’occasion d’amener autour de la table Ahmed Ould Daddah, Ould Maouloud, les islamistes, Salah Ould Hanena, Ould Bettah, Ould Abeidna, Ba Alassane … En contrepartie du consensus, il aurait gagné un précieux apaisement. Hélas.
Sur le front intérieur, 2012 risque d’être donc une année difficile. La capacité de nuisance des « réfractaires au dialogue » conjuguée à celles de l’IRA et de « Touche pas à ma nationalité » donnera probablement du fil à retordre à un pouvoir qui ne fait qu’à sa tête. L’AQMI et Ould Chavi’i, c’est une autre paire de manches…
« Aziz ! Aziz ! Aziz ! », le slogan sonne désormais creux au contact de la dure réalité du terrain. L’injustice, la hausse vertigineuse des prix, le chômage, l’exclusion, le pouvoir personnel, le trafic d’influence, le népotisme, l’improvisation, le marasme économique et l’incertitude de l’avenir ont eu vite raison des promesses de campagne. Et la tendance est à l’aggravation – pas seulement du fait de la sécheresse -, selon les analystes.
Par ailleurs, les tensions récurrentes avec les deux voisins les plus entreprenants compliquent davantage les choses. Le Sénégal et le Maroc ont de tout temps tiré certaines ficelles… La crise politique dont souffre le pays leur fait la part belle par les temps qui courent.
La France, l’Allemagne, l’Espagne et les Etats-Unis d’Amérique n’ont que des intérêts. Une lapalissade ! Et ce sont justement ces intérêts qu’ils ménagent en permanence avec intelligence. C’est vrai, ils ont fini par fermer l’œil sur le coup d’état de 6 août 2008 (on sait pourquoi), mais ils n’ont jamais pour autant coupé les ponts avec les opposants au régime et les militants des droits humains. Ces derniers sont particulièrement choyés. La preuve : ils sillonnent les capitales occidentales et engrangent prix et décorations. Leur carte sera jouée à temps opportun. Eh oui, la diplomatie n’est autre qu’un jeu de cartes. Réfléchi, s’entend!
Alors, le pouvoir saura-t-il se ressaisir pour épargner la baraque? “Les Etats ne périssent que par trop d’orgueil ou par trop de lâcheté.” C’est Louis Napoléon Bonaparte qui le dit. Et il sait de quoi il parle.
Bonne année, quand même !Par
Ahmed Ould Soueidi- Le challenge.