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Mauritanie : face au président Abdel Aziz, Bouamatou appelle à la « désobéissance civile » et affiche ses ambitions

Mauritanie : face au président Abdel Aziz, Bouamatou appelle à la « désobéissance civile » et affiche ses ambitionsDans un « appel à la résistance contre la tyrannie » qu’il vient de lancer, l’opposant et homme d’affaire mauritanien, Mohamed Ould Bouamatou, a tiré à boulets rouges sur la gouvernance du président Mohamed Ould Abdel Aziz et ses velléités de briguer un 3e mandat.

C’est la première sortie politique de l’ex-allié du chef de l’Etat mauritanien qui a été contraint ces dernières années à l’exil à la suite de son divorce avec le régime de Nouakchott et qui prône désormais et ouvertement la lutte contre « la dictature ».

Avec cette sortie, Mohamed Ould Bouamatou se pose désormais en opposant en chef du président Adbdel Aziz et promet l’avènement d’une nouvelle Mauritanie, ce qui confirme les ambitions présidentielles que certains lui prêtaient depuis belle lurette. C’est désormais à visage découvert que l’homme d’affaires mauritanien, Mohamed Ould Bouamatou, monte au front contre le régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz.

Dans un « appel à la résistance contre la tyrannie » qu’il vient de publier, l’opposant en exil n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour dire tout le mal qu’il pense de la gouvernance de son ex-allié, « le dernier Yahya Jammeh de la région », qu’il promet désormais de « combattre inlassablement jusqu’à l’avènement d’une Mauritanie libre et démocratique ».

C’est la première sortie publique de l’homme d’affaires qui a été ces derniers temps, et depuis son divorce avec le pouvoir de Nouakchott, dans laquelle il assume pleinement son opposition au président Abdel Aziz, tout en confirmant les ambitions présidentialistes que certains analystes lui prêtaient depuis belle lurette. Bien qu’il n’ai pas fait acte de candidature, l’appel qu’il vient de lancer ressemble fort bien au lancement d’un mouvement politique qui a déjà son mot d’ordre tout trouvé, « tout sauf la dictature ».

« Voilà dix ans que notre peuple souffre sous une dictature brutale et impitoyable. Voilà dix ans que la Mauritanie est prise en otage par un rebelle qui s’est emparé du pays par un coup de force militaire pour installer un pouvoir personnel sans partage et faire main basse sur les biens de l’Etat et les ressources de la Nation. Voilà dix ans que nos libertés sont bafouées et nos concitoyens exposés aux pires avanies de la police politique.

Il ne se passe pas un jour sans que des opposants, des militants de droits de l’homme ou des journalistes sont arrêtés et jetés en prison. Des artistes engagés sont persécutés et contraints à l’exil. Des sénateurs, des syndicalistes et des journalistes sont placés sous le contrôle de la police avec confiscation de passeports et interdiction de voyage.

Des mandats d’arrêts illégaux sont lancés contre des hommes politiques et des hommes d’affaires dont les biens sont arbitrairement saisis en connivence avec une justice aux ordres. Un climat de terreur et d’intimidation est entretenu pour étouffer toute velléité de contestation », épingle Ould Bouamatou dans son message.

La sortie de l’opposant et homme d’affaires n’est pas fortuite bien qu’elle intervienne dans un contexte électoral avec la campagne pour les élections législatives de septembre prochain. Elle intervient quelques jours après une nouvelle sortie publique du président Mohamed Ould Abdel Aziz dans laquelle il dévoila, mais toujours de manière ambiguë, des velléités pour un troisième mandat.

Le vendredi 24 Août dernier lors d’un meeting de son parti à Rosso une localité du sud du pays à la frontière du pays, le président a appelé la population à voter pour les candidats de l’Union pour la République (UPR), « pour la poursuite des projets et programmes de développement en cours ».

« Ceux qui parlent souvent de troisième mandat doivent d’abord gagner les législatives et permettre à l’UPR d’obtenir une majorité écrasante au Parlement, car cette majorité est indispensable pour continuer la réalisation de nos projets en cours », a lancé le président Abdelaziz.

Des propos qui ajoutent à la confusion sur les réelles intentions du président qui, légalement, arrivera au terme de ses deux mandats de cinq ans en avril 2019 et qui ont déjà provoqué une levée de boucliers de l’opposition politique regroupée au sein Front national pour la démocratie et l’unité (FNDU).

La balle au rebond

C’est donc dans la même lancée de la fronde qu’entend mener l’opposition contre le régime d’Abdel Aziz et ses intentions de prolonger son bail à la tête du pays que s’est arrimé, Mohamed Ould Bouatmou qui n’a pas fait dans l’économie des mots les plus acerbes pour tirer un bilan des dix ans au pouvoir de l’ancien militaire putschiste qu’il a pourtant soutenu lors de sa reconversion en démocrate. « Voilà dix ans que la corruption et la gabegie gangrènent notre pays.

Toute notre économie est mise au service d’un dictateur et d’une poignée d’individus autour de lui, qui sucent le sang du peuple comme des sangsues », assène l’opposant qui a eu maille avec la justice et les autorités du pays, depuis son divorce avec Abdel Aziz.

« Aujourd’hui, alors qu’il est à quelques mois de la fin de son second mandat, le tyran veut, coûte que coûte, modifier le texte de la Constitution qui lui interdit de briguer un troisième mandat. Tourmenté par la hantise de quitter le pouvoir et pris de panique à l’idée de devoir rendre compte de ses méfaits, il n’hésite pas à diriger personnellement, au mépris de la Constitution, la campagne électorale du parti fantoche qu’il a créé.

Sillonnant le pays avec les moyens de l’Etat, il s’emploie à menacer et intimider les hommes politiques et les citoyens afin de les contraindre à voter pour la perpétuation de la dictature », estime Ould Bouamatou.

Pour Mohamed Ould Bouamatou, « face au grave péril qui menace l’avenir de notre pays », tous les partis de l’opposition, les organisations de la société civile, les syndicats doivent se mobiliser pour « faire échouer les desseins irresponsables et criminels du dictateur ». « Nous devons taire nos différences et unir nos forces dans un élan patriotique. Nous avons tous l’impérieux devoir d’être solidaires dans cette épreuve décisive pour le destin de la Nation », poursuit-il, promettant que cette lutte ne s’arrêtera pas aux élections, « mais continuera jusqu’à la libération totale de notre pays du joug de la dictature et de l’infamie des marchands d’otages et des escrocs du Ghanagate ».

Projet politique et ambitions présidentialistes

Pour l’heure, l’homme d’affaires se contente d’appeler à la mobilisation contre le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz. Il s’est en ce sens adressé, en plus de l’opposition politique, aux dirigeants des partis de la majorité, aux personnalités indépendantes sans oublier des appels de pied aux jeunes, « principales victimes de la dégradation de l’enseignement et du chômage endémique qui frappe le pays », mais aussi aux forces armées, « qui sont conscientes que l’armée n’est pas faite pour opprimer le peuple, ni défendre une personne ou un clan mais le pays tout entier ».

Appelant à un vote massif en faveur des partis de l’opposition lors du prochain scrutin, Bouamatou plaide, pèle-mêle, au boycott actif du régime, ainsi qu’à la désobéissance civile. « Votre vote est décisif. Protégez-le en barrant la route à la fraude, à la duplicité et au mensonge érigés en méthode de gouvernement », appelle le nouvel opposant qui souligne que « le dictateur a entrepris une gigantesque opération de fraude avec l’utilisation des moyens de l’Etat, l’asservissement de l’Administration, la menace et l’intimidation des électeurs».

L’homme d’affaires qui a passé une bonne partie de son récent exil au Maroc avant de s’envoler pour Londres n’a pas manqué de revenir sur son cas avec la saisie de certains de ses biens et le gel de ses comptes. « Le tyran peut bien saisir nos biens.

Ce n’est pas l’argent qui compte le plus dans la bataille que nous engageons mais notre volonté et notre détermination à abattre la dictature », estime toutefois celui qui n’hésite pas à faire le parallèle avec Gandhi, « qui a libéré l’Inde de la colonisation alors qu’il n’avait pour toute fortune qu’un pagne blanc, une chèvre et des sandales ».
Si pour l’heure, il prône « la résistance et l’activisme », tout en appelant à faire que les prochaines élections « soient un raz-de-marée qui emportera le tyran et ses acolytes », Bouamatou a aussi profité pour dévoiler ce qui ressemble bien à des ambitions politiques.

« Pour ma part, je m’engage, pour le restant de mes jours, à lutter inlassablement pour l’avènement d’une Mauritanie libre et démocratique, une Mauritanie débarrassée du sinistre Basep et de tous les stigmates de la dictature, une Mauritanie où le citoyen se sent en sécurité sans risque d’être agressé ni inquiété arbitrairement, une Mauritanie qui vit dans “la justice à l’intérieur et la paix avec l’extérieur” et notamment les pays voisins », lance Ould Bouamatou.

« Je sais que je suis continuellement menacé » poursuit l’homme d’affaires qui affirme que « des barbouzes étrangers » sont payés pour attenter à sa vie. Mais, ajoute-t-il, loin de lui faire peur, « ces menaces ne font que renforcer [sa] détermination pour continuer à [se] battre jusqu’au bout pour la réalisation de [son] rêve, celui de voir [son] pays devenir un Etat de droit où tous les citoyens jouissent de la liberté, de la justice et de l’égalité des chances, un Etat où sont bannies à jamais la famine, la soif et tous les syndromes de la pauvreté et de l’ignorance ».

Selon lui, son ambition est de voir la Mauritanie devenir un Etat où le pouvoir n’est pas un raccourci pour l’enrichissement, où les droits de l’homme sont respectés, l’alternance pacifique assurée et le pouvoir du président limité à deux mandats, successifs ou non. « Mon vœu le plus cher est de voir la Mauritanie devenir, un jour, la Norvège de l’Afrique de L’Ouest », annonce comme projet politique celui qui a pris « l’engagement solennel d’élucider, un jour ou l’autre, les circonstances de la mort suspecte de [son] frère et ami, feu le président Ely Ould Mohamed Vall, tragiquement disparu dans des conditions encore mystérieuses ».

Tout un programme politique qu’il va devoir désormais traduire en acte et surtout structurer, en se faisant d’abord une place au sein de l’opposition. Bien qu’on lui prête des puissants réseaux sur l’échiquier politique mauritanien ainsi que des relais dans le secteur privé et à l’étranger, la partie qu’il inaugure avec ce nouvel engagement politique, s’annonce semée d’embûches pour Ould Bouamatou, qui comme beaucoup de ses semblables de la même trempe en Afrique, va devoir pour le moment endosser le rôle d’opposant de l’extérieur.

Par Aboubacar Yacouba Barma


cridem

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Aziz : « des extrémistes soutenus de l’extérieur prennent part aux prochaines élections »

Le président Mohamed O. Abdel Aziz a déclaré que des opportunistes à l’étranger et des extrémistes à l’intérieur du pays soutenus de l’étranger prennent part aux élections législatives, locales et régionales prévues le 1er septembre.

  1. Abdel Aziz s’exprimait à Aioun, lors d’une réunion avec les cadres, les élus et les représentants des acteurs sociaux de la wilaya du Hodh El Gharbi.

Pour O. Abdel Aziz, aux côtés de l’union pour la république,  prennent part aux prochaines élections des opportunistes et des extrémistes locaux, porteurs de projets extérieurs et des partis d’opposition dont les premiers responsables au passé connu de tous.

« Il est inacceptable, a encore dit O. Abdel Aziz que des militants de l’UPR au pouvoir et ses délégations puissent soutenir des listes ou d’autres choix que ceux du parti quelque soit les erreurs ou les observations portées contre le parti ».

 

saharamedias

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Cire Ba: Le general president Md O.Abdel Aziz parrain financier de la reelection contestee d’Ibrahima Boubacar Keita (IBK) du Mali,Bamako sous la tutelle de Nouakchott?

altL’information est révélée par le site Alakhbar, relayée par Cridem. Extrait : « IBK bouclait sa première visite à l’étranger en Mauritanie, après sa réélection pour un deuxième mandat présidentiel.

Durant sa campagne électorale, le chef de l’Etat malien se déplaçait à bord d’un avion de Mauritanian Airlines. Des véhicules immatriculés Mauritanie transportaient également sa logistique de campagne ».

A quel nouveau jeu joue le général président Mohamed Ould Abdel Aziz qui, après avoir déstabilisé le Mali et soutenu les partisans de sa partition, se positionne en sauveur de son président? Place-t-il désormais IBK sous sa tutelle avec la nomination du général mauritanien Hanena Ould Sidi à la tête de la force conjointe du G5 Sahel?

Dans tous les cas de figures, le nouveau mandat d’IBK commence avec une fébrilité certaine qui pourrait placer Bamako sous la tutelle de Nouakchott au moment où l’avenir de son président est incertain. En Mauritanie, les nationalistes du panarabisme hégémonique se frottent les mains, leur rêve de création de la « nation arabe » incluant « l’Azawad » est désormais réalisable. En savoir plus

Ciré Bâ

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Manuel de conversation par Habib Ould Mahfoudh

On parle beaucoup en Mauritanie. On ne fait même que ça. On parle, on parle, on oublie qu’on a parlé. On parle pour savoir si on a parlé et on parle. Parler est une saine activité.D’autant plus saine que c’est la seule que nous ayons. C’est une gymnastique du corps et de l’esprit. Les Mauritaniens ont des langues très musclées, grosses comme des valises. Des langues body-buildées. Le Mauritanien ne doit jamais dire ‘‘je ne sais pas’’.

Cela le mettrait tout de suite au ban de la communauté. Il sera montré de la langue comme un lépreux, mâché et craché, blâmé et agoni d’injures ou ignoré et méprisé. Parce qu’il ose ne pas savoir. Ne pas savoir quoi ? N’importe quoi. Tout. Rien. L’essentiel est de parler. Non pas ‘‘dire’’ mais parler. C’est ici que l’on peut conjuguer le plus exactement et le plus sereinement le verbe parler au présent.

Je parle, Tu parles, Il parle,
Nous parlons, Vous parlez, Ils parlent.

Vous aurez remarqué que personne n’écoute dans tout ça, ni n’entend. Une garantie pour le parleur – le parlant – qui n’en sera que plus à l’aise pour parler, étant assuré que la vacuité de ses propos ne sera pas perçue par des oreilles malveillantes. Ce sont les oreilles qui tuent les mots. Un mot prononcé vivra éternellement s’il ne vienne à tomber dans une oreille. Les oreilles sont les cimetières des mots. Il y a, hélas, deux fois plus d’oreilles que de bouches. Un problème urgent à résoudre. On pourra toujours les accuser d’être à la solde de l’Etranger. Ça justifie n’importe quel abus.

En attendant je me permets de donner quelques conseils à ceux qui s’obstinent encore à dire ‘‘je ne sais pas’’ afin de leur permettre de parler normalement en évitant soigneusement d’être entendus. Ces conseils revêtent la forme d’un petit guide classique comprenant les sujets les plus courants de notre ‘‘parlement’’ classés de A à Z. Les ‘‘dites’’ correspondent au ‘‘politiquement correct’’, les ‘‘ne dites pas’’ sont les énormités qu’il faut éviter de proférer pour ne pas paraître fou à lier, idiot ou, pire, ‘‘à la solde de l’Etranger’’.

A – comme Arabe
Dites : La Mauritanie est un pays arabe.
Ne dites pas (NDP) : La Mauritanie est un pays multiracial.

B – comme Baathisme
Dites : Les baathistes voulaient détruire le pays.
NDP : Le pays est déjà en ruine.

C – comme Coca-Cola
Dites : Il y a des distributions automatiques de Coke à Nouakchott maintenant, signe évident de progrès.
NDP : Il était plus urgent d’installer des distributeurs de riz. Et puis le boutiquier est beaucoup plus ‘‘automatique’’ que le distributeur. Il aurait été plus judicieux d’installer des distributeurs de thé. Et ne dites pas que le Coca ‘‘coupe les intestins’’.

D – comme Démocratie
Dites : Par rapport aux autres pays africains et arabes, notre pays a plutôt bien réussi son ‘‘processus démocratique’’.
NDP : Nous ne vivons pas dans les autres pays africains et arabes, nous vivons ici. Et si l’on tient tant à faire de la démocratie quelque chose de ‘‘relatif’’, pourquoi ne pas nous comparer à des démocraties normales comme la France par exemple, la Suède, la Suisse ou le Canada ? La santé d’une personne ne se juge pas par rapport à la mauvaise santé d’une autre. Ceux qui se contentent de peu ne bâtissent pas les Nations.

E – comme Économie
Dites : Par rapport aux autres pays africains on s’en tire plutôt bien : on paye nos fonctionnaires.
NDP : Il n’y a pas d’économie mauritanienne. Deux ou trois personnes profitent de l’argent prêté à l’Etat. Des voitures tout-terrain, quelques boutiques et des fausses factures ne sont pas ‘‘une économie’’. C’est une fuite en avant.

F – comme Fraude
Dites : Tout le monde fraude.
NDP : Ceux qui sont au pouvoir ont plus fraudé que les autres, parce que, justement, ils sont au pouvoir. La délinquance politique semble être, hélas, la pierre angulaire de notre système qui est si démocratique qu’on en pleurerait.

G – comme Gri-gri
Dites : Une façon comme une autre de se protéger. Même les très rationalistes Européens y font recours.
NDP : Nous avons renoué avec ‘‘la pensé magique’’ avec la fin des années fastes et du poisson roi. Il ne serait pas étonnant que l’on voie, au début du siècle prochain, des marabouts spécialisés en exorcisme informatique.

H – comme Hodh
Dites : Tous les habitants des Hodh votent PRDS.
NDP : On aurait quand même pu leur demander leur avis.

I – comme Impérialisme
Dites : C’est un gros mot et précisez pour que l’on vous comprenne: un gros mot est un mot ‘‘qui ne se dit pas’’, qui ‘‘disperse les assemblées’’.
NDP : Rien n’a structurellement changé depuis le XIXème siècle.

J – comme Journaux
Dites : C’est de la merde.
NDP : La presse est le reflet fidèle de la société.

K – comme Kadihines
Dites : Ces anarcho-mao-stalino-guevaristes, ont tous été récupérés par le système et sont devenus des petits-bourgeois pépères et rondouillards.
NDP : Le mouvement kadihine a été le moment le plus important de l’histoire politique de la Mauritanie avec le mouvement almoravide et la guerre de Charr-Baba . Les kadihines ont fait entrer le pays dans le XXème siècle. Même s’ils étaient plutôt mal rasés.

L – comme Lois
Dites: Il faut respecter les lois (et toussez après ça).
NDP : Personne ne les respecte ici, à commencer par ceux qui sont chargés de les faire respecter et ceux qui les promulguent. On ne peut même pas parler de loi de la Jungle. Pas parce qu’on est au Sahara, mais parce que la loi de la Jungle est, tout compte fait, une loi.

M – comme Messaoud Ould Boulkheir
Dites : C’est un ancien ministre mécontent.
NDP : C’est le leader charismatique des anciens esclaves qui refusent de rester à la traîne de leurs anciens maîtres. Le problème de l’esclavage reste un problème sérieux en Mauritanie et ne pas en parler, ne pas le reconnaître, n’arrangera rien. Messaoud est bien le porte-parole des Exclus.

N – comme Négro-africains
Dites : Ils sont comme les autres Mauritaniens. Ils sont au PRDS.
NDP : Il y a 60.000 négro-africains qui ont été expulsés de chez eux en 89 et 90 et qui survivent aujourd’hui dans des camps au Sénégal et au Mali. L’Etat mauritanien qui les a spoliés, chassés, torturés, bannis, leur refuse jusqu’au statut de réfugiés. Et se fiche de les savoir ici ou ailleurs. Un mépris ‘‘démocratique’’.

O – comme Opposition
Dites : Elle n’existe plus.
NDP: On ne lui donne pas l’occasion de montrer qu’elle existe. Les élections sont truquées, les meetings presque interdits, les média publics interdits d’accès aux non-gouvernementaux. L’Etat distribue les prébendes pour s’assurer une clientèle ‘‘fidèle’’ et écarte tout opposant éventuel des postes significatifs de la fonction publique. Malgré ça, on continue de parler de l’opposition. Une preuve au moins qu’elle existe.

P – comme PPM
Dites : Le Parti du Peuple Mauritanie (PPM) a saigné ce pays à blanc jusqu’en 1978.
NDP : A 80% les dignitaires du PPM sont ceux du PRDS, comme ils ont été ceux des SEM .

Q – comme Qui est-ce ?
Dites : C’est un citoyen mauritanien comme les autres.
NDP : C’est un ministre qui surgit d’on ne sait où et qui retournera au néant après s’être acheté une voiture de service et avoir promu le cousin de sa femme.

R – comme République
Dites : Nous sommes une République démocratique.
NDP : République (du latin res publica, ‘‘chose publique’’) n’a jamais moins mérité son nom qu’ici. On aurait très bien pu l’appeler Réprivée (du latin res privata, ‘‘chose privée’’) et avoir le ‘‘privé’’ contraire de ‘‘public’’ mais aussi le ‘‘privé de tout’’.

S – comme Scandale
Dites : Ce n’est pas un scandale, tout le monde fait comme ça.
NDP : Ce n’est pas vrai, tout le monde n’est pas comme ça, on ne doit pas brûler le troupeau à cause de quelques brebis galeuses.

T – comme Tartufferie
Dites : c’est un dévot sincère, ah, si je pouvais être comme lui.
NDP : C’est un tartuffe qui se laisse passer un bouc et porte la culotte et le chèche blancs pour tromper son monde et avoir l’argent des Saoudiens.

U – comme Union du Maghreb
Dites : C’est indispensable.
NDP : Oui, mais on en a encore pour un siècle avant de pouvoir dire qu’elle est peut-être réalisable.

V – comme Victimes de la répression
Dites : Igassar amarhoum , ces nègres se plaignent tout le temps.
NDP : Ils ont raison de se plaindre : un millier de morts, des milliers de déportés, expropriation, tortures, vexations, purges administratives… Et ils ne sont pas les seules victimes, malheureusement.

W – comme Woodstock
Dites : C’est quoi ça ?
NDP : Le plus grand festival rock des sixties. Mais pas en Mauritanie.

X – comme Xavier Coppolani
Dites : Un salaud de colonialiste.
NDP : Le ‘‘créateur » de la Mauritanie.

Y – comme ‘‘Y-a-t-il un pilote dans l’avion’’?
Dites : Si, si, y en a un…
NDP : Le pilote a raté l’avion. L’avion ne le ratera pas, lui.

Z – comme Zuleikha
Dites : Je ne connais pas cette jeune femme.
NDP : C’est le charmant prénom d’une charmante demoiselle que je connais. C’est aussi le prénom de la femme de Putiphar qui séduisit Joseph.

Voilà très rapidement des choses à dire à chaque fois que l’occasion ne s’en présente pas. Vous pouvez vous-mêmes composer votre petit manuel de ‘‘conversation’’. Vous me l’enverrez. J’en ai vraiment besoin.

Feu Habib Ould Mahfoudh
Extrait des Mauritanides

© Noorinfo

Manuel de conversation par Habib Ould Mahfoudh
On parle beaucoup en Mauritanie. On ne fait même que ça. On parle, on parle, on oublie qu’on a parlé. On parle pour savoir si on a parlé et on parle. Parler est une saine activité. D’autant plus saine que c’est la seule que nous ayons. C’est une gymnastique du corps et de l’esprit. Les Mauritaniens ont des langues très musclées, grosses comme des valises. Des langues body-buildées. Le Mauritanien ne doit jamais dire ‘‘je ne sais pas’’.
Cela le mettrait tout de suite au ban de la communauté. Il sera montré de la langue comme un lépreux, mâché et craché, blâmé et agoni d’injures ou ignoré et méprisé. Parce qu’il ose ne pas savoir. Ne pas savoir quoi ? N’importe quoi. Tout. Rien. L’essentiel est de parler. Non pas ‘‘dire’’ mais parler. C’est ici que l’on peut conjuguer le plus exactement et le plus sereinement le verbe parler au présent.
Je parle, Tu parles, Il parle, Nous parlons, Vous parlez, Ils parlent.
Vous aurez remarqué que personne n’écoute dans tout ça, ni n’entend. Une garantie pour le parleur – le parlant – qui n’en sera que plus à l’aise pour parler, étant assuré que la vacuité de ses propos ne sera pas perçue par des oreilles malveillantes. Ce sont les oreilles qui tuent les mots. Un mot prononcé vivra éternellement s’il ne vienne à tomber dans une oreille. Les oreilles sont les cimetières des mots. Il y a, hélas, deux fois plus d’oreilles que de bouches. Un problème urgent à résoudre. On pourra toujours les accuser d’être à la solde de l’Etranger. Ça justifie n’importe quel abus.
En attendant je me permets de donner quelques conseils à ceux qui s’obstinent encore à dire ‘‘je ne sais pas’’ afin de leur permettre de parler normalement en évitant soigneusement d’être entendus. Ces conseils revêtent la forme d’un petit guide classique comprenant les sujets les plus courants de notre ‘‘parlement’’ classés de A à Z. Les ‘‘dites’’ correspondent au ‘‘politiquement correct’’, les ‘‘ne dites pas’’ sont les énormités qu’il faut éviter de proférer pour ne pas paraître fou à lier, idiot ou, pire, ‘‘à la solde de l’Etranger’’.
A – comme Arabe Dites : La Mauritanie est un pays arabe. Ne dites pas (NDP) : La Mauritanie est un pays multiracial.
B – comme Baathisme Dites : Les baathistes voulaient détruire le pays. NDP : Le pays est déjà en ruine.  C – comme Coca-Cola Dites : Il y a des distributions automatiques de Coke à Nouakchott maintenant, signe évident de progrès. NDP : Il était plus urgent d’installer des distributeurs de riz. Et puis le boutiquier est beaucoup plus ‘‘automatique’’ que le distributeur. Il aurait été plus judicieux d’installer des distributeurs de thé. Et ne dites pas que le Coca ‘‘coupe les intestins’’.
D – comme Démocratie Dites : Par rapport aux autres pays africains et arabes, notre pays a plutôt bien réussi son ‘‘processus démocratique’’. NDP : Nous ne vivons pas dans les autres pays africains et arabes, nous vivons ici. Et si l’on tient tant à faire de la démocratie quelque chose de ‘‘relatif’’, pourquoi ne pas nous comparer à des démocraties normales comme la France par exemple, la Suède, la Suisse ou le Canada ? La santé d’une personne ne se juge pas par rapport à la mauvaise santé d’une autre. Ceux qui se contentent de peu ne bâtissent pas les Nations.
E – comme Économie Dites : Par rapport aux autres pays africains on s’en tire plutôt bien : on paye nos fonctionnaires. NDP : Il n’y a pas d’économie mauritanienne. Deux ou trois personnes profitent de l’argent prêté à l’Etat. Des voitures tout-terrain, quelques boutiques et des fausses factures ne sont pas ‘‘une économie’’. C’est une fuite en avant.
F – comme Fraude Dites : Tout le monde fraude. NDP : Ceux qui sont au pouvoir ont plus fraudé que les autres, parce que, justement, ils sont au pouvoir. La délinquance politique semble être, hélas, la pierre angulaire de notre système qui est si démocratique qu’on en pleurerait.
G – comme Gri-gri Dites : Une façon comme une autre de se protéger. Même les très rationalistes Européens y font recours. NDP : Nous avons renoué avec ‘‘la pensé magique’’ avec la fin des années fastes et du poisson roi. Il ne serait pas étonnant que l’on voie, au début du siècle prochain, des marabouts spécialisés en exorcisme informatique.  H – comme Hodh Dites : Tous les habitants des Hodh votent PRDS. NDP : On aurait quand même pu leur demander leur avis.
I – comme Impérialisme Dites : C’est un gros mot et précisez pour que l’on vous comprenne: un gros mot est un mot ‘‘qui ne se dit pas’’, qui ‘‘disperse les assemblées’’. NDP : Rien n’a structurellement changé depuis le XIXème siècle.
J – comme Journaux Dites : C’est de la merde. NDP : La presse est le reflet fidèle de la société.  K – comme Kadihines Dites : Ces anarcho-mao-stalino-guevaristes, ont tous été récupérés par le système et sont devenus des petits-bourgeois pépères et rondouillards. NDP : Le mouvement kadihine a été le moment le plus important de l’histoire politique de la Mauritanie avec le mouvement almoravide et la guerre de Charr-Baba . Les kadihines ont fait entrer le pays dans le XXème siècle. Même s’ils étaient plutôt mal rasés.  L – comme Lois Dites: Il faut respecter les lois (et toussez après ça). NDP : Personne ne les respecte ici, à commencer par ceux qui sont chargés de les faire respecter et ceux qui les promulguent. On ne peut même pas parler de loi de la Jungle. Pas parce qu’on est au Sahara, mais parce que la loi de la Jungle est, tout compte fait, une loi.
M – comme Messaoud Ould Boulkheir Dites : C’est un ancien ministre mécontent. NDP : C’est le leader charismatique des anciens esclaves qui refusent de rester à la traîne de leurs anciens maîtres. Le problème de l’esclavage reste un problème sérieux en Mauritanie et ne pas en parler, ne pas le reconnaître, n’arrangera rien. Messaoud est bien le porte-parole des Exclus.
N – comme Négro-africains Dites : Ils sont comme les autres Mauritaniens. Ils sont au PRDS. NDP : Il y a 60.000 négro-africains qui ont été expulsés de chez eux en 89 et 90 et qui survivent aujourd’hui dans des camps au Sénégal et au Mali. L’Etat mauritanien qui les a spoliés, chassés, torturés, bannis, leur refuse jusqu’au statut de réfugiés. Et se fiche de les savoir ici ou ailleurs. Un mépris ‘‘démocratique’’.
O – comme Opposition Dites : Elle n’existe plus. NDP: On ne lui donne pas l’occasion de montrer qu’elle existe. Les élections sont truquées, les meetings presque interdits, les média publics interdits d’accès aux non-gouvernementaux. L’Etat distribue les prébendes pour s’assurer une clientèle ‘‘fidèle’’ et écarte tout opposant éventuel des postes significatifs de la fonction publique. Malgré ça, on continue de parler de l’opposition. Une preuve au moins qu’elle existe.  P – comme PPM Dites : Le Parti du Peuple Mauritanie (PPM) a saigné ce pays à blanc jusqu’en 1978. NDP : A 80% les dignitaires du PPM sont ceux du PRDS, comme ils ont été ceux des SEM .
Q – comme Qui est-ce ? Dites : C’est un citoyen mauritanien comme les autres. NDP : C’est un ministre qui surgit d’on ne sait où et qui retournera au néant après s’être acheté une voiture de service et avoir promu le cousin de sa femme.
R – comme République Dites : Nous sommes une République démocratique. NDP : République (du latin res publica, ‘‘chose publique’’) n’a jamais moins mérité son nom qu’ici. On aurait très bien pu l’appeler Réprivée (du latin res privata, ‘‘chose privée’’) et avoir le ‘‘privé’’ contraire de ‘‘public’’ mais aussi le ‘‘privé de tout’’.  S – comme Scandale Dites : Ce n’est pas un scandale, tout le monde fait comme ça. NDP : Ce n’est pas vrai, tout le monde n’est pas comme ça, on ne doit pas brûler le troupeau à cause de quelques brebis galeuses.
T – comme Tartufferie Dites : c’est un dévot sincère, ah, si je pouvais être comme lui. NDP : C’est un tartuffe qui se laisse passer un bouc et porte la culotte et le chèche blancs pour tromper son monde et avoir l’argent des Saoudiens.  U – comme Union du Maghreb Dites : C’est indispensable. NDP : Oui, mais on en a encore pour un siècle avant de pouvoir dire qu’elle est peut-être réalisable.
V – comme Victimes de la répression Dites : Igassar amarhoum , ces nègres se plaignent tout le temps. NDP : Ils ont raison de se plaindre : un millier de morts, des milliers de déportés, expropriation, tortures, vexations, purges administratives… Et ils ne sont pas les seules victimes, malheureusement.  W – comme Woodstock Dites : C’est quoi ça ? NDP : Le plus grand festival rock des sixties. Mais pas en Mauritanie.
X – comme Xavier Coppolani Dites : Un salaud de colonialiste. NDP : Le ‘‘créateur » de la Mauritanie.  Y – comme ‘‘Y-a-t-il un pilote dans l’avion’’? Dites : Si, si, y en a un… NDP : Le pilote a raté l’avion. L’avion ne le ratera pas, lui.
Z – comme Zuleikha Dites : Je ne connais pas cette jeune femme. NDP : C’est le charmant prénom d’une charmante demoiselle que je connais. C’est aussi le prénom de la femme de Putiphar qui séduisit Joseph.  Voilà très rapidement des choses à dire à chaque fois que l’occasion ne s’en présente pas. Vous pouvez vous-mêmes composer votre petit manuel de ‘‘conversation’’. Vous me l’enverrez. J’en ai vraiment besoin.  Feu Habib Ould Mahfoudh Extrait des Mauritanides ©  Noorinfo

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Mariem Mint Derwich : Que valent les elections qui ne s’attaquent qu’aux apparences?

Nouvelles d’ailleurs : ChauvinismeVu le nombre de partis et de candidats pour les législatives et les municipales qui arrivent ma première réaction est que cela démontre que le jeu démocratique prend peu à peu ses marques.
Mais si la démocratie n’est qu’une succession de photos et de slogans elle n’est plus qu’une agence ( mauvaise) agence de pub….
Parler des poubelles est primordial. Parler de l’accès à l’eau aussi. Etc etc….
Mais ce souffle démocratique ne reste, en définitive, qu’un souffle.
Personne ne lance le débat de fonds qui permettrait enfin d’arrêter de saupoudrer sur une base inexistante.
Les socles sur lesquels notre société est fermement assise ne sont et ne seront pas abordés.
Que vaut l’exercice démocratique dans des sociétés fortement hiérarchisées, patriarcales, fortement clericalisées, inégalitaires, castées, exclusives ?
Sexistes aussi… Malgré l’immense respect et admiration que j’ai pour des candidates de la liste des femmes je trouve que cette dernière ancre dans la tête des citoyens l’idée que la femme est à part…. donc dans la perpétuation d’une infantilisation. Cette dernière d’ailleurs actée par nos lois qui font de nous des mineures…
Que valent les élections qui ne s’attaquent qu’aux apparences quand il faudrait qu’enfin la société revienne au premier plan?
Nous allons voter dans un pays où la tribu fait force de loi et de coercition »affective », où le patronyme reste passé fantasmé, où l’on vote pour les siens ( ceux du groupe social ou ethnique) avant de voter pour le Tout collectif….
Nous allons voter, surtout dans l’intérieur du pays, pour les notables locaux et sur ordre des chefs de tribus ou de villages.
Nous allons voter pour le pouvoir car depuis l’enfance on nous apprend à respecter le chef.
Nous allons voter au gré des distributions des Intermittents du Spectacle envoyés par Nktt.
Que valent des élections dans un pays et pour des sociétés enkystees dans la non démocratie appliquée aux fonctionnements inhérents à nous vivre par rapport aux autres…
Si nous nous contentons de la liberté d’émettre des bulletins de vote nous n’aurons pas avancé d’un pas.
La démocratie commence dans sa maison.
La promettre en la laissant à la porte c’est fausser le jeu.
Quel (le) député osera défendre la liberté d’expression et un Mkhaytir ?
Quel(le) député osera dénoncer les mariages des petites filles sans se voir accusé de quasi apostasie ?
Quel(le) député osera remettre en question la loi sur la peine de mort?
Quel (le) député osera dénoncer l’aberration de l’apprentissage des théories évolutionnistes dans nos écoles, bafouant ainsi la science ?
Je n’ai jamais suivi le très commode »tous pourris » dès lors que l’on parle des politiques. Beaucoup de femmes et d’hommes s’engagent en politique avec honnêteté.
Mais nous évitons depuis notre indépendance le nécessaire et vital débat sur nos enfermements psychologiques. À tel point que notre démocratie n’en est pas une.
Alors votons….. Et après avoir choisi le jour du vote rentrons donc gentiment dans nos maisons où la vie continue : mariages entre castes, obéissance absolue à un monde passé…..
Je ne sais pas grand chose mais je reste persuadée que nous devons d’abord oser nous repenser. Qu’il faut un immense courage pour nous regarder en face.
Après nous pourrons parler de démocratie….

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