Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Exclusif : entretien avec Jemal Ould Yessa sur bien des sujets qui fâchent

Jemal Ould YessaChezvlane.com :  En mars 2015, après quelques années de silence, vous nous accordiez un entretien fameux . Confirmez-vous vos propos d’alors ou avez-vous changé ? Si oui, sur laquelle des questions abordées?

Jemal Ould Yessa : Je confirme tout.

Chezvlane : A quelques jours de l’élection présidentielle, lequel des candidats vous est le plus proche, par le programme ou les mots d’ordre ?

Jemal Ould Yessa : Naturellement Birame Dah Abeid, Hamidou Baba Kane et Mohamed Ould Maouloud ; ce dernier détient, en valeur ajoutée, l’atout de la constance. Les deux premiers représentent la rupture, sans ambiguïté, d’avec l’hégémonie ethnotribale. De surcroît, ils reflètent la majorité sociologique, qui est l’avenir de la démocratie en Mauritanie. Pour l’instant, l’état civil oblitère, sciemment, une telle évolution. Plusieurs électeurs subissent encore la discrimination administrative, mais le nombre — c’est inéluctable — aura raison de la tricherie.

Chezvlane :  On vous attendait plutôt du côté de Birame Dah Abeid.

Jemal Ould Yessa : Birame est un ami, un compagnon de lutte, mais ses alliés, les partisans de l’assassin Saddam Hussein, ne sont les miens. Nous nous retrouverons sans doute au lendemain du scrutin pour poursuivre, ensemble, la déconstruction du bloc conservateur.

Chezvlane:  Et Sidi Mohamed Ould Boubacar ?

Jemal Ould Yessa : Sa vie politique se confond avec l’ère Ould Taya, auquel il a survécu, en toute élasticité. Il aura, tout de même servi, cette dictature sanglante, jusqu’à sa chute, en 2005. En règle générale, les acteurs qui ne risquent rien dans leur parcours public ne m’inspirent confiance. Celui-ci, à l’inverse de ses concurrents, se singularise par un alignement constant sur les impératifs de prudence. Mohamed Ould Maouloud, Hamidou Baba Kane et Birame Dah Abeid ont subi, à un moment de leur lutte, l’exclusion, la stigmatisation ou la prison. Mohamed Oud Mohamed Cheikh Ghazouani fut un acteur de la délivrance en août 2005, avec Mohamed Ould Abdel Aziz et les deux auraient pu y périr ; d’ailleurs, les Mauritaniens leur doivent de la gratitude, pour longtemps. En Sidi Mohamed Ould Boubacar l’amnésie a trouvé son candidat émérite.

Chezvlane :  Et Mohamed Oud Mohamed Cheikh Ghazouani ?

Jemal Ould Yessa : C’est un acteur du système séculaire, à l’inverse des trois précités. Sa socialisation le prédispose bien plus au consensus qu’à l’audace. Cependant, Ould Ghazouani peut surprendre, s’il sait agir avec détermination, durant le premier trimestre de son mandat. Il lui faudrait alors une nouvelle majorité au Parlement et se débarrasser des deux tiers de son actuelle équipe de campagne. Il devrait surtout se persuader qu’il est devenu Président de la République et gouverner en conséquence, sans se laisser dicter.

Chezvlane :  Et son programme ? 

Jemal Ould Yessa : J’ai lu un catalogue d’intentions, à peu près exhaustif en termes de constat. Seule l’institution de résorption des inégalités héritées comporte une évaluation de coût, à 20 milliards d’ouguiya. Il convient de s’en féliciter. Cependant, la substance du document s’avère évasive sur les conditions de réalisation, les montages financiers, la périodicité, l’échéance, etc. Concernant l’enjeu central du racisme, de la réconciliation et le besoin de publier la vérité des crimes de masse commis de 1986 à 1991, le texte abuse de raccourci et de circonlocution ; pour aborder la réhabilitation de la citoyenneté, les auteurs de la dissertation s’emploient, comme d’habitude, au brouillage lénifiant. Pourtant, ce sujet sensible nous poursuivra à vie et empoisonnera notre devenir commun, tant que nous nous efforcerions de le taire. Vous ne pouvez « déculturer », déporter, massacrer, impunément et imposer, aux victimes et rescapés, la triple injonction de l’attente, du pardon et du silence. Si vous ne souhaitez rendre justice, au moins publiez la vérité. Beaucoup de mes compatriotes bidhanes continuent à croire qu’entre 1989, les noirs, armés par le Sénégal et le sionisme international, ont tenté de les éradiquer. Le moment est venu de rétablir les faits pour qu’ils acquièrent valeur de pédagogie.

Le candidat Ould Ghazouani ignore ou semble éluder que Mauritanie est arrivée à un degré élevé de délitement ; elle ne pourrait encore souffrir la monomanie des replâtrages, ravaudages et demi-mesures. Il lui faut un remède de cheval, des réformes robustes, dans le sens de l’égalité des droits, de la gestion rigoureuse de l’Etat et de la préservation des écosystèmes. Le pays n’a plus besoin d’un homme patient, courtois et bienveillant, mais bien d’un meneur audacieux et pressé.

Chezvlane : certains voient en Birame Dah et Abeid et Hamidou Baba Kane, des candidats ethnistes, qui s’adressent à une communauté. Qu’en pensez-vous ? 

Jemal Ould Yessa : Ils ne le seraient pas plus que les autres. L’ethnisme empirique, c’est plutôt le monopole ininterrompu du pouvoir, l’endogénéité exclusive de sa transmission. Depuis la naissance de la Mauritanie, tous les présidents se recrutent parmi la minorité arabo-berbère. A mon tour de vous retourner la question : est-ce, là, selon vous, un étalon de normalité ? Alors, qui est ethniste, ici ?

Chezvlane :  Et que répondez-vous à ceux qui vous accusent de distiller la division et d’encourager la sédition anti-arabe ? 

Jemal Ould Yessa : Vous savez, la colère désarme la peur. Nous, les promoteurs de l’« autre Mauritanie » éprouvons la terreur devant l’hyperpuissance du réseau qui détient les armes de guerre et l’argent, répugne au partage, fait preuve d’arrogance à la moindre contestation et hurle à la guerre civile quand il entend l’expression « droits de l’Homme ». Nous exigeons seulement le respect élémentaire de la personne et n’usons, en cela, que d’idées. Nous n’excitons nullement à l’homicide, à la différence de centaines de prédicateurs que protège la République islamique de Mauritanie. Vous ne débusquerez pas notre trace dans un attentat terroriste ou un crime d’Etat. Si vous en doutez, je vous invite à la statistique macabre, elle nous départagerait assez vite. De toute façon, la Mauritanie n’est plus à l’abri d’une révolte, comparable à celles du Soudan, de l’Algérie ou du Burkina Faso. Le soulèvement de ceux qui n’ont pas beaucoup à perdre est une perspective bien redoutable. L’arabité et la religiosité ne sauvent pas de l’exigence de justice.

Chezvlane :  Quel sujet vous semble-t-il négligé dans les programmes en compétition?

Jemal Ould Yessa : Je note le peu d’attention aux thématiques de l’écologie, notamment la protection de l’arbre et la protection de la faune primaire. Comme vous le savez, une nature généreuse adoucit les mœurs, un peu à l’image de la musique. La végétation favorise la pluviométrie, mais le stress hydrique entraîne les migrations de panique, source de guerre pour le contrôle de ressources non renouvelables. L’écologie relève, ainsi, de la sécurité. Figurez-vous que des partenaires européens nous paient la préservation de notre environnement naturel; nous empochons le concours mais accordons, aux vendeurs de charbons de bois, l’autorisation d’abattre les troncs verts, notamment en Assaba, aux environs de Kankossa, entre Elmouzit, Tachott jusqu’à Tenaha et Blajmil. Le pillage se déroule depuis au moins deux ans sur la zone précitée. Des camions remorqueurs convoient la marchandise, en plein jour, jusqu’à Nouakchott. Les gardes forestiers perçoivent leur racket et détournent le regard. Voici quelques images, d’avril 2019.
 


Abattre

Abattre


Alimenter le four

Alimenter le four


Réduire en charbon

Réduire en charbon


Ruiner son avenir

Ruiner son avenir


Seconde omission, d’ailleurs imputable au bilan de Ould Abdel Aziz, le financement des grands projets, est conçu en termes de ponction sur les ressources de l’Etat, à la Nicolaï Ceausescu. Or, aujourd’hui, la plupart des économies émergentes se construisent par l’emprunt d’investissement et le partenariat public-privé, moyennant des exclusivités, des exonérations et des concessions, sur une période longue, pour amortir la mise. Tenir tant à sa « souveraineté » au risque de rester dans la misère me semble d’une ingénuité tragique.  Enfin, il me paraît honorable de cesser de mentir à la population sur les prétendues richesses du pays. La Mauritanie est objectivement pauvre, sous-peuplée, mais à la convergence d’intérêts stratégiques. Son atout réside dans cette équation.

Chezvlane : A votre avis, quel serait le défi le plus urgent du Président élu ? 

Jemal Ould Yessa : La problématique de l’extrémisme religieux est au centre de l’interrogation sur la stabilité de la Mauritanie. Par lâcheté et surenchère avec les mouvements sectaires, le pouvoir du moment a laissé prospérer, sans contre-récit ni riposte idéologique, les discours de haine et de culpabilisation. La société, hier riche de sa diversité culturelle, s’est enfoncée, inexorablement, dans l’uniformisation salafiste. Les gens se soignent aux invocations, aux crachats et à l’eau bénite, d’autres rêvent de régresser au 7ème siècle ; au lieu de travailler de leurs mains ou chercher à apprendre un savoir pratique, ils prient jour et nuit pour que l’or et le pain leur tombent du ciel. D’aucuns ne se préoccupent plus que de préparer leur séjour dans l’au-delà ; la mort est devenue la finalité de leur vie. Il y a 20 à 30 ans, les paisibles musulmans de Mauritanie appréciaient la danse, les chants festifs, le rire et la joie ; aujourd’hui, ils sont si tristes, déprimés et déprimants. Beaucoup d’entre eux ont tourné le dos à l’existence terrestre. Notre pays exporte à présent l’obscurantisme et applique, dans ses normes, l’essentiel du programme des zélateurs du Jihad. Il est assez ironique que nos forces armées participent au G5 Sahel alors que l’article 306 nouveau de notre code pénal correspond exactement à la législation de Daesh. Nous sommes sans doute l’un des rares pays dont une loi prétend défendre Dieu, les Prophètes et même les anges ; il faut une sacrée dose de prétention ! Je vous invite à relire ce passage ubuesque où le repentir, référence immémoriale de tout le monothéisme, se trouve abrogé. Cependant, je ne puis que déplorer, ici, la naïveté suicidaire de nos alliés en Occident, lesquels se laissent berner, chez nous, par l’imposture de la « déradicalisation », la légende de l’« appui à l’Etat de droit », la vache à lait du « renforcement des capacités » et autres ruses de la prédation.

Ils accordent des visas (Shengen entre autres), à des prosélytes, d’un abord bienveillant, qui iront semer, chez eux, le venin de la discorde et de la violence. Pire, parmi nos officiels, nombre des interlocuteurs de partenaires occidentaux cultivent l’aversion viscérale au modèle de la société ouverte où l’Etat garantit les libertés de conscience, d’expression, de culte et l’égalité du genre. Par opportunisme scélérat, ils prennent les sous du mécréant et crachent sur ses valeurs. Ils condamnent la tuerie de Charlie Hebdo et promulguent, pourtant, les termes législatifs et les arguments qui ont appuyé sur la gâchette. C’est à rebours de cette duplicité mortelle que le futur Président est appelé à agir.

Chezvlane :  Selon vous, exceptée la foi, que signifie être musulman ? 

Jemal Ould Yessa : Je n’en sais rien. Demandez-moi de vous décrire un homme juste : celui-là fait le bien autour de lui, donne et sert avec discrétion, défend l’étranger, sait tolérer la différence et se dresse en travers de l’injustice. Seuls les actes authentifient la croyance. Si vous perdez votre humanité sensible, vous perdez votre foi en Dieu. Cela dit, je réitère qu’être bon ou mauvais croyant ne concerne que soi. Peu me chaut de votre dévotion ou athéisme si vous tenez parole, respectez l’autre, livrez le travail convenu ou apportez une plus-value à l’accomplissement de votre prochain.

Chezvlane : Donc, vous assumez toujours la revendication de la laïcité. Quel avantage trouvez-vous à ce concept ?

Jemal Ould Yessa : La laïcité demeure, à ce jour, l’unique modèle de cité où l’appartenance religieuse s’exprime en toute sincérité, sans pression ni faux semblant. Dans un Etat laïc, c’est-à-dire une méthode de gouvernance qui se préoccupe non pas de vous faire entrer au paradis, mais juste de vous permettre une vie décente, personne ne vérifie, donc ne sanctionne, l’authenticité de votre foi. Votre rapport à Dieu appartient à la sphère de l’intimité. Vous avez la faculté d’exhiber ou non vos préférences religieuses ou agnostiques, car nul ne vient vous surveiller ni obliger. De mon point de vue, le musulman fiable vit plutôt dans une contrée séculière, quelque part en Occident.

Chezvlane :  Pourquoi ne pas fonder un parti qui défendrait de telles idées ?

Jemal Ould Yessa : Ce n’est pas faute d’avoir essayé. La Mauritanie tolère des associations islamistes et nationalistes, mais refuse d’accepter un projet temporel. Conscience et résistance (CR) sont bannies du jeu politique et même de la société civile. Avec zéro victime humaine, nous passons pour de dangereux égorgeurs.

Chezvlane : Comment combattre l’extrémisme, selon vous, sans avoir à dépenser beaucoup de moyens ?

Jemal Ould Yessa : La manière la moins onéreuse consiste à réhabiliter notre folklore, sa diversité festive et vestimentaire, en des festivals qui mettent en scène la danse, le chant profane, les instruments de musique, l’art narratif, etc. Quand j’évoque la danse, je vise aussi l’exploit harmonieux d’un duel de femmes au rythme d’un Knou suivi de son Ereffad moderato puis allegro.
La plus coûteuse des solutions requiert de tourner l’école vers l’apprentissage des métiers manuels et des langues étrangères, pour que l’élève grandisse dans le rapport au monde réel et s’imprègne des humanités classiques. Comme les deux générations de l’enseignement bilingue, avant l’arabisation à outrance, l’élève s’assurerait alors l’accès à la littérature, à la philosophie et apprendrait une histoire moins tronquée. Un jeune qui expérimente tôt l’ouverture au monde extérieur, l’esprit critique et le désir du voyage s’immunise mieux et plus durablement de la tentation jihadiste. A la lecture des ébauches de règlement dans le programme de Ould Ghazouani, j’ai dû sourire. Le candidat veut « renforcer » les Mahadra et miser « sur la déradicalisation » ; la « déradicalisation » est un canular recyclé. L’on devrait parler de trêve. L’Etat continue à envoyer des milliers de jeunes, dans des universités et instituts d’enseignement originel. Ce faisant, il les condamne au chômage de masse. Dites-moi en quoi de telles usines à gaz servent le développement de la Mauritanie. Une partie de la jeunesse est sacrifiée sur l’autel de la démagogie.

Chezvlane :  Pourtant, le terrorisme recule, la Mauritanie est citée en exemple, nous n’avons plus subi d’attentat depuis 2011…

Voyons, vous savez bien quel soupçon pèse sur ce résultat et en pressentez la cause … Je vous invite à trouver la réponse dans l’excellent documentaire Salafistes,  de Mohamed Lemine Ould Mohamed Salem et François Marjolin. Ce film doit être projeté et débattu dans nos écoles, à partir du collège.

Chezvlane : Nous en venons à l’affaire Ould Mkhetir, le blogueur condamné à mort pour apostasie, puis blasphème, peine commuée à deux ans et largement épuisée depuis son arrestation au début de 2014. Pourtant, il le voici maintenu en détention illégale. Qu’en pensez-vous ? 

Jemal Ould Yessa : Je n’ai plus envie d’en parler, mais travaille activement à sa libération. Dès que le sujet remonte à la surface, la nausée m’assaille. Comme je vous le disais en 2015, le cas Mohamed Cheikh Ould Mkheitir prouve que nous sommes entrés, pour longtemps, dans la maturation du temps de la folie arabe. Il nous sera ardu d’en sortir. La faute revient au pouvoir militaire du début des années 1980. Le germe du fanatisme avait été alors inoculé dans notre quotidien, sous forme de lois sacrées. Ce corpus s’est enkysté sur la sociabilité commune et la greffe a pris. Figurez-vous qu’en Mauritanie, 6 des motifs de peine capitale sanctionnent des paroles et gestes non violents. Seul le 7ème punit le meurtre prémédité. Je signale, à votre attention, que les personnes impliquées dans la campagne appelant à tuer Ould Mkheitir succombent, un par un, à une série de déconvenues, d’avanies et d’infortunes, comme un avant-goût de la justice immanente. Je dois cette découverte, à la perspicacité de Maître Mohamed Ould Moïne, le plus téméraire des Mauritaniens, futur lauréat, je l’espère, d’une prestigieuse distinction, à la mesure de son courage. Maître Fatimata Mbaye, sa collègue, mérite autant de palmes.

Chezvlane :  Soit, mais tout ceci ne concerne qu’une minorité…

Jemal Ould Yessa : Face à la brutalité encourue par les dissidents, objecteurs et contrevenants occasionnels, une frange de nos compatriotes, à l’exemple des Saoudiens, des Iraniens ou des Koweïtis, se réfugie dans la fausse apparence de la conformité. Il en résulte l’extension souterraine de l’hypocrisie et le réflexe de la dissimulation. L’aliénation mentale et sa conséquence, la névrose, se disséminent dans la société. Or, le pays compte si peu de psychothérapeutes, même si le recours aux fétiches et amulettes se propage, en sous-main. Vous auriez tort de tenir, pour négligeable, les dégâts qu’occasionne la dissociation de soi, sur l’équilibre de la personne.

Chezvlane :  Le « complexe arabe » ? N’êtes-vous pas arabe ? 

Jemal Ould Yessa : (rires) ; je ne crois pas être arabe, du moins je ne me sens ainsi et n’ai point envie de me fabriquer une généalogie de complaisance qui me rattacherait à une tribu du Yémen, de la Péninsule ou de la Mésopotamie. Je me suffis de ma berbérité Aznaga et du métissage aux autochtones subsahariens. Mon éducation nomade m’a tôt fait comprendre combien l’univers de sens des Maures, mon ethnie, doit au Gangari, Peuls, Songhaï et Bambara et Wolofs. L’identité du Bidhani dénué de complexe est essentiellement africaine, mais plusieurs de mes compatriotes s’échinent toujours, en de laborieuses acrobaties, à se confectionner une arabité d’ascendance, fût-elle périphérique ; ceux qui ne parviennent raisonnablement à se bricoler une parenté avec le Prophète (Psl) ou l’un de ses compagnons acceptent volontiers de se rabattre sur un Bédouin anonyme. L’affaire prête à sourire.

( la suite dans 24H…)

chezvlane

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Démocratie en Mauritanie , mythe ou réalité ? Par Samba Thiam

 Si je devais parler aux étrangers  vivant parmi Nous, je leur dirais que nos gouvernants s’évertuent au quotidien, par toutes les ruses possibles, a vendre une image démocratique du pays . Mystification ! Image mystificatrice sur laquelle, hélas, nos partenaires ferment les yeux …
Prenons, à titre d’exemple, ces Présidentielles en cours , vues sous differents angles :

_ La CENI -commission électorale  nationale in dépendante – a été et reste partisane, car étant composée exclusivement de la majorité présidentielle ; elle demeure fermée jusque- là à l’Opposition démocratique réelle, en violation flagrante de la loi, malgré toutes les démarches  de cette dernière pour y prendre place.

_Le Ravel – recensement à vocation électorale- devant prendre en charge  tous les électeurs non inscrits et réviser le fichier électoral n’a été implanté que dans les chefs lieux de département , alors que les agents chargés de la tâche se devaient, habituellement, de sillonner tous les recoins du Territoire. De surcroît, comme par calcul , ces commissions se sont mises au travail sans la ‘’pub’’ requise et n’avaient été visibles que dans certaines régions choisies du pays…

_ Les parrainages; bien que la loi stipule que ‘’ le parrainage est libre et individuel ’’, les Autorités administratives, en complicité  avec le parti au pouvoir, firent obstruction ; en exigeant aux conseillers et maires de ces partis de signer et rassembler au niveau central leurs  parrainages à blanc, dans le but d’étouffer et faire chanter certains candidats de l’Opposition  à la présidentielle, mis dans l’obligation de quémander des parrainages au Parti au pouvoir , afin de valider leur candidature …

_ Observation du processus : Le gouvernement mauritanien refuse catégoriquement  l’implication des obseravteurs  internationaux , y compris ceux  inoffensifs  de l’Union Africaine …

Dernier élément, le ministre de l’interieur  n’á pas voulu entendre parler d’audit du fichier électoral, encore moins de neutralité de l’administration et de l’Ármée . Pire, il circule, depuis quelques jours dans les réseaux sociaux, des images d’achat massif et de cartes d’identité nationale et des consciences de fonctionnaires qui , sous le couvert  de  contributions ‘’volontaires’’ pécuniaires  furent sommés d’apporter des sous au candidat du Pouvoir …

A Nouakchott , tous les 100 mètres,  se déploient,  insolemment, les stands bruyants de Ghazouani qui use et abuse des moyens financiers de l’Etat …

Voilà l’image réelle de la Démocratie mauritanienne que les acteurs politiques –les candidats en premier- ne dénoncent pas avec suffisamment de force , à mon sens , et que nos partenaires internationaux  se complaisent  à  laisser se poursuivre …

 

Samba Thiam

President des FPC

17 juin 2019

 

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SI LA VOLONTÉ EST RÉELLE D’EN DÉCOUDRE AVEC L’ESCLAVAGE EN MAURITANIE, RÉSIDUS, SÉQUELLES, SURVIVANCE OU CAS AVÉRÉS….

Résultat de recherche d'images pour » Parmi les dossiers prioritaires auxquels le futur président sera confronté, la « question haratine » trône au beau milieu, avec ses mille et une ramifications. Si la volonté est réelle d’en découdre avec l’esclavage en Mauritanie, résidus, séquelles, survivance ou cas avérés, il faudra faire la seule chose qui n’a jamais été faite en la matière jusqu’à là. Et qui est, du reste, la pièce manquante à la longue chaine des mesures et dispositifs mis en place comme arsenal de lutte et de dissuasion, avec les résultats mitigés ou inexistants que l’on connait.

Pour entrer dans une autre étape de la difficile résolution de ce phénomène, une étape effective et volontariste, le Président à venir devra surtout…Parler. Il devra aller faire son marché aux mots qui disent cette chose confuse et diffuse qu’est le vécu de la servilité chez nous. Il devra produire un Discours, nouveau, officiel, propre à l’Etat, un discours débarrassé des complexes centenaires, lucide, audible, avec la fermeté et le courage de celui qui tient à prendre le taureau par les cornes. Un discours qui sache dépasser les « il existe, il n’existe plus », un discours qui présentera ses propres chiffres, ses propres analyses, puisqu’il n’aura pas eu peur en amont de prendre le pouls réel de la situation. L’Etat, il faut le dire, n’est coupable que de ne pas faire le nécessaire, il n’est pas coupable d’un tel héritage. Au président nouveau, il faudra le Verbe, les lois sont déjà là, ce n’est pas elles qui viendront à bout du mal et de ses avatars, on le sait bien, elles ne sont que balises. Il faut un supra-discours, à distance égale de tous, qui dira, énoncera le remède-processus. Une parole d’en-haut, première responsable de la garantie des libertés fondamentales, seule capable, par les moyens, d’imposer et d’accompagner un nouveau cadre citoyen, seyant à tous.

Au futur élu, il faudra interpeller, fédérer autour de cette question. Avec un discours donc, qui doit s’inscrire dans une opération de communication  » inédite », surtout pas politicienne. Son message doit être un mélange de compassion et d’un appel sur fond de sommation clairement et simplement formulé. L’Etat doit parler aux concernés que nous sommes tous, et aux haratine spécifiquement, une parole claire à eux dédiée, qui dit, qui raconte l’histoire aux temps multiples, aux visages variés, qui reconnait l’injustice sociale, qui dit qu’une seule situation d’esclavage empêche de considérer le phénomène comme éradiqué, que les situations d’extrême dépendance sont intolérables, que les liens affectifs au détriment d’une des parties sont malsaines, que l’Etat repensera sa prise en charge de cette question, qu’il s’informera, sortira de vraies données, qu’il pourra assumer car il sera en même temps dans une réelle prise en charge sans précédent, qui se fera aider par toutes les bonnes volontés, les citoyens, les organismes de défenses de droits humains dont le rôle doit être revalorisé, et leur recommandations incorporées.
Il y’a en fait autant de questions haratine que de hartani. Autant de parcours et de trajectoire vers l’émancipation qu’il y’a de descendants d’esclaves. Monsieur le Président vous ne pourrez pas faire l’économie d’un état des lieux, partager les mythes de la réalité, affronter les constats de terrain, mettre des mots sur la complexité des différentes configurations, de Medbougou à Kseyr terchan.

Depuis la fin des années 70, toutes les parties se sont exprimées sur le sujet, certaines ont évolué, en lâchant du leste, d’autres en se radicalisant. L’Etat seul ne s’est pas encore exprimé. Jusqu’ici sa posture a été inexistante. Car le déni n’est pas une posture mais un retrait.
A bon entendeur… »

Rose Du Désert Sahara


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“La Guinée, une usine à fabriquer des dictateurs”

« Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. » Tocqueville

Hissez un rat au sommet de l’Etat, tous les Guinéens viendront s’agenouiller ! A force d’opportunisme et de démagogie, nous sommes devenus un peuple de laquais qui prend un malin plaisir à fabriquer ses tyrans et à leur offrir des verges pour se faire botter le cul.  Du postier, Sékou Touré, nous avons fait « le responsable suprême » d’une révolution aussi criminelle que surréaliste ; du soudard Lansana Conté, un général, du pompiste Dadis Camara, le Moïse des nouveaux temps ; du tigre en papier, Sékouba Konaté, un kaiser des tropiques ; de l’éternel étudiant Alpha Condé, un professeur-président et bientôt peut-être, un mangué à vie. Les titres ronflants, les discours creux, les louanges à quatre sous, ça nous connaît ! Sommes-nous les citoyens d’une République ou les griots de la cour ? Les griots de la cour, sûrement !  Sauf, que le griot, le vrai, est d’ascendance noble. Tout chez lui, exprime la prestance : l’allure, le geste, la parole ! Hélas, la décadence de notre pays est telle que cette valeur-là aussi a fini par dégénérer. On ne pince plus la cora à la gloire des valeureux, on ne joue plus de la flûte pour chanter le courage et l’amitié mais pour le prix de la sauce. Nous avons atteint un tel niveau de bassesse humaine que les prêtres comme les marabouts, les soldats comme les mandarins, les riches comme les pauvres, tout le monde est prêt à jeter la culotte pour un plat de bourakhé, à honnir le père et la mère pour un misérable strapontin. Nous sommes devenus un petit peuple de rien du tout que plus personne ne craint, que plus personne ne respecte. Normal, diront nos détracteurs : le larbinisme ne mène jamais loin !
Et pourtant, nous avions tout pour devenir une nation riche, une nation forte, une nation exemplaire : la culture, l’histoire, la géographie ! Qui dit Guinée dit passé glorieux, beaux paysages, belles femmes, bauxite, cours d’eau, diamant et or. Il ne manque qu’une seule chose à ce pays de cocagne : la dignité ! Où l’avons-nous mis, ce legs capital de nos aïeux ? Comme Esaü, son droit d’aînesse, nous l’avons vendu pour un plat de lentilles ou plutôt pour une calebasse de niébé.

Pauvre Guinée ! 61 ans d’Indépendance ! 61 ans de misère, d’infantilisme politique et de haine ! La faute à qui ? A nous tous !

Comment en est-on arrivés là ? Par le jeu sans fin de la cupidité et du renoncement : renoncement au courage, renoncement à la solidarité, renoncement à l’histoire, renoncement à l’honneur, renoncement à l’honnêteté. Tout cela mis ensemble a produit cette société infecte qui est la nôtre aujourd’hui. Ce monde interlope propice aux charlatans et aux criminels, aux tartuffes et aux aigrefins.  Plus d’ami, plus de frère ! Aucun effort, aucun mérite ! Aucun idéal, aucune ambition ! Une seule et unique raison de vivre : le bakchiche, le pot de vin, la prébende ! Bouffer à n’importe quel prix quitte à ramper devant Médor et à aboyer à sa place !  D’où vient ce manque de confiance en soi, ce réflexe de peuple mineur, ce besoin permanent de s’inventer des parrains corses et des garde-chiourmes armés de triques ?
Avons-nous peur d’être libres ?

A un moment où de nouveau, notre destin se joue avec-comme sous Lansana Conté en 2006 et Dadis Camara en 2010- un risque énorme de bain de sang, nous devrions méditer ce qu’écrivait l’écrivain français Joseph de Maistre : « Toute nation a le gouvernement qu’elle mérite. »

Tierno Monénembo

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Vidéo. Ould Ghazouani : «La naturalisation des Sahraouis, une trahison pour les Mauritaniens»

Vidéo. Ould Ghazouani : «La naturalisation des Sahraouis, une trahison pour les Mauritaniens»Yabiladi – Deux mois après que son ancien patron, Mohamed Ould Abdel Aziz a provoqué l’ire des amis de Brahim Ghali, c’est au tour du candidat à l’élection présidentielle mauritanienne, Mohamed Ould Ghazouani d’aborder la question du Sahara occidental. Pour lui, la naturalisation des Sahraouis, dont il s’oppose, est une «trahison pour les Mauritaniens».

La question du Sahara occidental reste présente dans la campagne pour l’élection présidentielle en Mauritanie, prévue le 22 juin prochain. Après les déclarations d’Ahmed Ould Iyahi, chef de la Coalition populaire progressiste (opposition) en Mauritanie, qui a fini par se retirer de la course, c’est au tour de Mohamed Ould Ghazouani d’évoquer ce dossier.

Mercredi, alors qu’il se trouvait à Kaédi, ville au sud-est de Nouakchott, sur le fleuve Sénégal, l’ancien ministre de la Défense a déclaré devant ses partisans, lors d’un événement, qu’il n’«acceptera pas d’accorder la nationalité mauritanienne aux Sahraouis résidant à Tindouf ou ailleurs», s’il devient président.

En langue hassanie, celui donné comme favori au poste de président de la République mauritanienne islamique pour succéder à Mohamed Ould Abdel Aziz, a estimé que le fait de naturaliser «ceux qui prétendent être Mauritaniens est inacceptable». L’occasion pour lui de donner l’exemple des pays européens.

«En Europe, les pays n’accordent pas leurs nationalités à ceux qui déclarent être nés ou avoir des enfants là-bas. Cette question (de la naturalisation, ndlr) n’existe ni au Maroc, ni en Algérie, ni nulle part», ajoute-t-il.

«Il existe des personnes du Sahara occidental et de Tindouf qui déclarent être Mauritaniens, mais si nous leur donnons la nationalité nous aurons trahi le peuple mauritanien et nous aurons naturalisé des personnes qu’il ne fallait pas naturaliser.»

 

Des propos qui déplaisent aux pro-Polisario

Des propos qui font déjà sortir de leurs gongs certains sahraouis pro-Polisario sur les réseaux sociaux, alors que du côté de la direction du Polisario, c’est le silence. Certains ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme la réduction «du peuple sahraoui à une simple carte électorale». D’autres ont fustigé une «crise d’identité que vivent les Sahraouis».

«Sommes-nous juste un joker électoral dans les pays voisins (…) ? Est-il préférable de prétendre que nous sommes sahraouis ou faisons-nous partie d’un autre pays ?», s’interroge l’un des internautes pro-Polisario avant de conclure : «Ould Ghazouani, vous avez raison. Nous ne nous sommes pas Mauritaniens».

De son côté, la page Facebook «Réseau médiatique sahraoui d’El Guerguerate», connue pour ses positions Pro-Polisario, a elle aussi commenté les propos du candidat mauritanien à la présidentielle et tenté de calmer le jeu, appelant à «ne pas regarder que la partie vide du verre». «Ould Ghazouani ne représente pas la position officielle mauritanienne, ni la position du peuple mauritanien sur la question du Sahara Occidental.

Il est juste un candidat choisi par l’armée», écrivent les amdinistrateurs de la page. Celle-ci a dénoncé un «usage abusif de la question du Sahara». «N’oublions pas la position noble d’un grand nombre de politiciens et de citoyens mauritaniens sur la question juste du peuple sahraoui», conclut-ils en rappelant la sortie médiatique de Mohamed Ould Mouloud, lui aussi candidat à la présidentielle «ayant soutenu le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination».

Deux mois après les propos d’Ould Abdel Aziz

La déclaration d’Ould Ghazouani, soutenu par Mohamed Ould Abdel Aziz, intervient deux mois après la sortie médiatique du président mauritanien sortant sur le conflit territorial au Sahara. En avril dernier, lors d’une interview accordée au journaliste palestinien Abdel Bari Atwan, le président mauritanien sortant avait affirmé que «l’Occident, les Etats-Unis et l’Europe ne veulent pas d’un Etat séparant géographiquement la Mauritanie et le Maroc». «Tout ce que vous entendez, en dehors de ce cadre, est faux», a-t-il confié. Une position qui a été mal accueilli par le Front Polisario.

Il est à rappeler qu’un grand nombre de Sahraouis de Tindouf disposent soit de la citoyenneté algérienne, soit la nationalité mauritanienne. Ils participent même aux rendez-vous électoraux dans les deux pays.

Le premier tour de l’élection présidentielle en Mauritanie aura lieu officiellement le 22 juin et le second tour le 6 juillet. Pour l’instant et sur les six candidats au fauteuil présidentiel, la course ne se joue qu’entre deux candidats : le général Mohamed Ould Ghazouani et le candidat Mohamed Ould Boubaker, ex-premier ministre sous les deux présidents Maouya Ould Sidi Ahmed Taya et Ely Ould Mohamed Vall.

Il s’agit de la première élection marquant une transition de pouvoir entre un président sortant et son successeur élu dans le pays habitué aux coups d’Etat militaires depuis 1978 et jusqu’en 2008.

 

cridem

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