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Appel à mettre fin à l’usage du français dans les documents officiels en Mauritanie
Apanews – L’Association de diffusion et de défense de la langue arabe en Mauritanie a appelé à stopper l’usage de la langue française dans les documents officiels du pays, selon un communiqué rendu public lundi à Nouakchott, qualifiant ainsi le français de « langue du colonisateur ».
La rédaction des documents officiels en langue française est contraire à la Constitution, a souligné l’ONG qui a déploré la poursuite d’émission de notes émanant du gouvernement et écrites dans cette langue étrangère.
La Loi fondamentale mauritanienne qualifie de « langue officielle » l’arabe et de « langues nationales » les dialectes des communautés négro-africaines, en l’occurrence le pulaar, le soninké et le wolof.
Une bonne partie de l’administration mauritanienne continue de rédiger ses documents officiels en français.
Le fait de « s’adresser délibérément aux gens avec ce qu’ils ne comprennent pas constitue une préméditation qui ressemble à un défi », a dénoncé l’Association de diffusion et de défense de la langue arabe.
La revendication de l’usage de l’arabe dans l’administration est devenue de plus en plus récurrentes ces derniers temps en Mauritanie.
De notre correspondant : Mohamed Moctar
MOO/te/APA
Moi aussi j’étais à Oualata(10) : Mes distinctions (Suite) Par Oumar Ould Beibacar

Le Calame – Grand officier dans l’Ordre du mérite national
Cette haute distinction de grand officier me futd’abord octroyée, en 2013, par mon frère et ami Boye Alassane Harouna, dans l’exposé suivant : « Avais-je tout dit sur le colonel Oumar ould Beibacar dans le bouquin évoqué plus haut ? Non.
Même si l’essentiel des indications permettant de cerner l’homme et l’officier étaient déjà là. Et pourquoi n’avais-je pas tout dit ? Par souci de lui épargner d’éventuelles représailles. Parce qu’il était encore en activité et le pays encore sous l’emprise du despote Taya.
Mais ce que, sciemment, j’avais tu, j’en fis explicitement état, noir sur blanc et par le détail, lors de l’exposé intitulé « Récit d’un témoin » que j’ai présenté le 13 Avril 2013, au Palais des congrès de Montreuil, lors de la célébration du 30èmeanniversaire des FLAM, en ces termes :« […]
Le Bon de Jreïda, ayant déjà parlé de lui dans le livre mentionné plus haut, souffrez que je vous dise un mot, à propos de celui de Oualata, car, à bien des égards, il présente étrangement des similitudes frappantes avec Lorenzo, celui dont Primo Lévi disait croire que c’était à lui qu’il devait d’avoir survécu.
Mais parlons d’abord de notre Monsieur de Oualata. Il était courtois et respectueux. Il avait le visage et l’allure générale des personnes naturellement affables et attachantes, celles qui, au premier contact, vous inspirent sympathie plutôt qu’aversion. Il était altier sans être arrogant. Il était l’antithèse du « Flingueur ».
Il avait un sens empathique très prononcé. Il savait nous écouter. Face à nos multiples problèmes, il était très réactif. À chaque fois que cela lui fut lui possible, il a cherché à nous apporter un peu de confort, si tant est qu’on puisse faire usage de ce mot, dans les conditions qui étaient les nôtres.
Deux ou trois fois, il se rendit à Nouakchott. Dans ses bagages, les lettres de quelques détenus destinées à leurs familles. Une fois arrivé, déjà muni des coordonnées des familles qu’il avait obtenues des détenus, il se déplaçait lui-même jusque chez chacune, lui remettait son courrier, en prenait un autre pour le détenu.
Aux détenus concernés, il apportait lettres et nouvelles de leurs familles. Est-il besoin de souligner qu’il suffit de se projeter dans le contexte de l’époque, pour savoir que Monsieur prenait des risques énormes qui auraient pu lui coûter sa carrière, s’il était pris la main dans le sac ? »
Voilà ce que fut le lieutenant Oumar ould Beibacar et ce qu’il fit. Ainsi se comportait-il, au plan humain et professionnel. Et ce, tout le monde s’en souvient, dans un environnement national marqué par la haine raciale entretenue par un régime foncièrement raciste et répressif.
Un régime mû par une volonté d’épuration ethnique manifeste. Au cœur d’un système carcéral raciste qui réduisait les détenus en squelettes mobiles recouverts de haillons pouilleux, crasseux et nauséabonds, le colonel Oumar ould Beibacar œuvra à stopper le processus de déshumanisation enclenché.
Là où les détenus que nous étions étaient chosifiés, animalisés ; en ce lugubre lieu où la mort rôdait en permanence ; où nos geôliers laissaient ce qu’il y avait d’animal en l’Homme prendre le dessus sur ce qui en lui fait de lui Homme, c’est-à-dire un être humain, pourvu de dignité et de raison, et donc capable d’humanité, Oumar Ould Beibacar arriva et inversa les termes du problème, les remettant à l’endroit.
D’emblée il choisit l’Homme, c’est-à-dire la dignité humaine. Pour tout dire, il s’attela à humaniser nos conditions carcérales, autant que le lui permettaient les responsabilités qui étaient les siennes.
Quand on sait que certains de ses frères d’armes qui l’ont précédé au fort de Oualata rivalisaient d’ardeur et de jubilation, dans leurs œuvres mortifères vis-à-vis des détenus : tortures, humiliations de toutes sortes, dédain, indifférence au sort de l’autre, déshumanisation… ;
quand on se souvient que beaucoup d’autres s’apprêtaient, avec la bénédiction du pouvoir de Taya, à se livrer à des crimes contre l’humanité, à des exécutions massives de militaires et à des déportations de milliers de négro-africains, on saisit toute la grandeur et la noblesse du colonel Oumar ould Beibacar, son sens du devoir, son aversion pour l’injustice, son profond attachement au respect de la dignité de l’autre, son prochain, son compatriote, abstraction faite d’une quelconque appartenance communautaire, ethnique ou régionale.
Quand, après la mort de nos quatre compagnons de détention, la pression internationale obligea le pouvoir à briser le mur de silence qui entourait les prisonniers de Oualata et à améliorer leurs conditions de détention, c’est une délégation qui fut dépêchée à Oualata (Décembre 1988).
Cette délégation reçut, en tant que délégués des détenus, le lieutenant Yongane Djibril Demba et votre serviteur. Lesquels exposèrent, aux visiteurs, la situation des détenus et leurs doléances. Oumar ould Beibacar était là, fixant de son regard franc et empathique les deux délégués des détenus, comme pour leur dire : « Allez-y messieurs, c’est le moment ou jamais. Dites ce que vous avez dans le cœur ! Exposez votre vécu carcéral. »
Voilà ce que fut Oumar ould Beibacar à Oualata. Voilà ce dont tous les pensionnaires de la prison-mouroir de Oualata peuvent témoigner, à l’exception peut-être d’un détenu, suis-je tenté de dire. S’agit-il de l’encenser ? Il s’en passerait volontiers.
Il est question, puisque l’actualité nous y invite, nous interpelle, d’exposer des faits historiques dont il fut témoin et acteur.
Des faits auxquels il sut faire face avec un calme, un professionnalisme et une grandeur propres aux grands hommes. Faits historiques puisqu’ils sont constitutifs d’évènements nationaux tragiques qu’il faudra bien un jour transcrire dans les pages de l’histoire de la Mauritanie ».
Puis en 2015, dans un hommage qu’il m’adressa et je le cite : « A sa retraite, il opte pour prendre sa plume, parfois virulente mais fondamentalement juste, toujours précise et limpide. Il choisit d’exprimer sa douleur et ses peines, longtemps refoulées du fait du devoir de réserve.
Il dit son fait, manifeste sa colère réelle et grande, cependant courtoise. Il joint sa voix autorisée à celles, hélas encore minoritaires, qui appellent à nommer le Mal mauritanien dans toutes ses dimensions, notamment le racisme d’Etat, l’exclusion de plus en plus grandissante de la composante nationale noire.
Cet homme profondément humain, capable à la fois de faire preuve de professionnalisme et d’humanité, altier et posé, qui aime son pays dans sa diversité, après l’avoir dignement servi l’arme à la main, c’est-à-dire sous le drapeau, aspire aujourd’hui à le servir avec son verbe, avec sa plume. Il en a en le devoir que nul ne peut lui contester.
Il en a la légitimité que nul ne peut lui confisquer. Car son parcours professionnel, l’exercice des multiples responsabilités qui furent les siennes dans des circonstances où une composante nationale du pays, les Noirs, était victime des crimes les plus ignobles, firent qu’il fut au cœur, comme témoin direct ou observateur avisé, d’épreuves épouvantables, de tragédies inouïes.
Au nombre de ces épreuves mortifères, celles que vécurent les détenus de la prison-mouroir de Oualata en 1987/1988. En effet, pour ceux qui ne le savaient pas ou qui l’auraient oublié, c’est là, en ce lieu funeste, que le chemin des détenus que nous étions croisa celui d’Oumar ould Beibacar, à l’époque lieutenant et commandant du Groupement Régional de Néma.
Le Fort-mouroir et la surveillance des détenus que nous étions relevaient de sa responsabilité. Lorsque viendra le jour inéluctable où il faudra s’asseoir, pour débattre du passé et du présent, en vue de construire la Mauritanie de demain, la présence et la voix des hommes et des femmes tels que le colonel Oumar ould Beibacar seront une immense caution, une chance certaine de parvenir à des solutions salutaires pour le Pays.
Oui, hommage soit rendu à Oumar ould Beibacar, ce digne fils du pays ! Hommage à tous ces Mauritaniens et Mauritaniennes de son étoffe ! Le jour où ils feront foule, nous verrons une Mauritanie rayonnante, juste, égalitaire et démocratique. Une Mauritanie fière de sa diversité et de sa pluralité enrichissante.
Grand Cordon dans l’Ordre du mérite national
Mon Grand Cordon me fut attribuée par ma nièce, Iman mint Ismail ould Babah, à l’occasion du jour de ma mise à la retraite, le 27 Juillet 2015, qui coïncidait avec mon anniversaire. En voici la teneur : « Hommageà mon oncle maternel, Oumar ould Beibacar ! Aujourd’hui est un grand jour, celui de votre anniversaire et celui de la fin de votre carrière. Un jour qui célèbre une vie pleine de bonté, d’humanisme, de générosité, de grandeur mais, surtout, d’honnêteté et de droiture.
La Garde nationale perd un de ses piliers, elle perd une incarnation des grandes valeurs, celles qui deviennent si rares de nos jours. Malheureusement, vous n’avez pas été célébré autant que vous le méritiez. S’il n’en revenait qu’à moi et à tous ceux qui apprécient encore les hommes de valeurs comme vous, vous seriez enseigné dans les livres d’écoles. Pour moi, votre nom est synonyme de patriotisme et de courage.
Le courage d’exprimer ses idées, le courage de dénoncer les injustices et de dire la vérité, quelles que soient les conséquences, même si celles-ci sont au détriment de vos intérêts personnels et professionnels.
A ma mère qui a pleuré aujourd’hui, en me disant que vous n’avez pas obtenu le grade de Général et les fonctions que vous méritez, je lui dis : « Essuie tes larmes Maman, essuie tes larmes car les grades et les fonctions, beaucoup en ont mais peu, très peu ont les qualités de ton frère. Nous vivons dans un monde si matérialiste que parfois nous oublions les choses essentielles de la vie, celles qui, en tant que musulmans, devraient nous être prioritaires.
Nous préférons les grandes villas, les hauts salaires et les belles voitures, à la droiture, l’honnêteté et la défense des droits de nos concitoyens. Maman, essuie tes larmes et célèbre ton frère, célèbre sa carrière et sois-en fière. »
Je demande à ceux qui ne vous connaissent pas de lire le livre « J’étais à Oualata » dont un chapitre entier vous est dédié, afin de voir comment vous avez honorablement et si justement dénoncé les injustices commises auprès de vos compatriotes emprisonnés à l’époque. Je me rappelle encorede ce compatriote, Lamine Kane, qui préférait m’appeler, plutôt que par mon nom, « la nièce du Colonel Oumar ould Beibacar ».
Je ne peux m’empêcher de penser à ce que vous avez écrit dans un texte récemment publié sur Internet. Vous y parliez de votre père Cheikh ould Beibacar, en disant qu’après sa mort, il vous avait laissé, « en héritage, une somme de 7000 ouguiyas dans sa poche, reliquat de son dernier salaire, un poste radio, une montre, des livres et un inestimable capital de fierté, de dignité et d’amour pour la justice ».
Quel bel hommage à votre père, mon grand-père maternel que je n’ai jamais connu ! Il me suffit d’entendre tous les témoignages honorables à son égard pour l’admirer. Vous avez honoré votre père, vous avez respecté et suivi toutes les valeurs qu’il vous a enseignées.
Je ne peux oublier votre mère, que j’ai eu la chance de connaître et dont je pleure encore la mort, Yemiha mintTalhata, que vous décrivez si bien dans votre texte : « une femme généreuse et cultivée ». Je rajouterais à ces qualités : une femme pieuse, pleine de bonté, si humaine et si généreuse. A mon avis, vous avez aussi toutes les qualités de votre mère exceptionnelle.
Je pense, ce soir, aux deux Yemiha, à Yemiha votre mère, Allah yerhamha, qui vous aimait tant et qui, aujourd’hui, serait si fière de votre honorable carrière ; mais, aussi, à Yemiha votre fille, la plus jeune de vos enfants, la prunelle de vos yeux. Je sais qu’elle a un futur brillant devant elle et je ne me doute pas que vous lui inculquerez toutes vos valeurs et vos qualités.
Quant à la Garde nationale, je leur rappelle la fameuse phrase de George Pompidou, au lendemain de la mort de Charles de Gaulle : « La France est veuve ». Aujourd’hui, vous partez à la retraite. La Garde Nationale est veuve.
Célébrons ensemble votre carrière ! Nous en sommes fiers. Votre famille, vos proches et tous ceux qui ont eu la chance de vous connaître vous admirent. Je suis sûre que même vos ennemis et ceux qui ont été injustes envers vous vous admirent secrètement car vous avez fait ce que peu de gens ont pu faire : vous êtes resté égal à vous-même, tout au long de votre carrière, sans laisser l’argent et les choses matérielles vous corrompre. Joyeux anniversaire, qu’Allah vous donne longue vie, cher oncle ! »
Tous ces témoignages écrits, en plus d’autres témoignages verbaux émanant d’autres prisonniers civils, comme feu le président Ly Jibril Hamet, le président Samba Thiam et le président Ibrahima Moctar Sarr, entre autres, m’ont particulièrement touché, au point que je me demande si je les ai vraiment mérités. Je profite de l’occasion pour les en remercie infiniment, du fond de mon cœur. (A suivre).
Le calame
Robert Mugabe est mort!

BBC Afrique – C’est son successeur Emmerson Mnangagwa qui a officiellement annoncé son décès dans la nuit de jeudi à vendredi. “C’est avec la plus grande tristesse que j’annonce le décès du père fondateur du Zimbabwe et de l’ancien président, le commandant Robert Mugabe”, a déclaré Emmerson Mnangagwa dans un tweet.
Robert Mugabe avait pris les rênes de l’ex-Rhodésie, devenue indépendante, en 1980. Et c’est sous son règne que le nom du pays a changé pour devenir Zimbabwe.
L’ex homme fort de Harare décédé à l’âge de 95 ans. a dirigé d’une main de fer son pays de 1980 à 2017. Après deux mandats au poste de Premier ministre, Mugabe a resserré son emprise sur le pouvoir en changeant la constitution, pour devenir président en 1987.
Il fût fêté en tant que Héros de la libération de l’Afrique et champion de la réconciliation raciale lorsqu’il est arrivé au pouvoir en 1980.
Près de quarante ans plus tard, nombreux sont ceux qui, au pays et à l’extérieur le considèrent comme un dictateur prêt à tout pour se maintenir au pouvoir.
Mugabe, a finalement été évincé en novembre 2017 par ses propres forces armées suite à un ras le bol des populations et à une crise économique généralisée.
BBC
Mauritanie: Interview de Kaaw Touré, le porte-parole des FPC et membre de la Coalition Vivre Ensemble
Il n’en démord pas. Kaaw Touré reste constant dans son combat pour une Mauritanie apaisée et réconciliée avec sa diversité. Nous avons rencontré, le leader du FLAM, plus politique que jamais.
L’originaire de Jowol s’est livré à senalioune.com. Exclusif.
Pouvez-vous, vous présentez à nos lecteurs, s’il vous plaît?
Je n’aime pas trop parler de moi mais comme vous y tenez allons-y. Je m’appelle Kaaw Mouhamadou Touré, je suis originaire de Jowol, dans le Sud de la Mauritanie plus précisément dans le département de Kaédi au coeur du Fouta. Je me suis engagé dans la lutte très jeune à l’âge de 15 ans alors que j’étais jeune lycéen, ce qui m’a valu la prison à l’âge de 18 ans et qui a fait de moi, pour la petite histoire, le premier plus jeune prisonnier politique de Ould Taya en 1986.
Cette expérience carcérale sous le régime militaire dur et pur m’a renforcé dans mes convictions et n’avait pas entamé mon engagement, ni ma détermination à combattre le Système. J’ai récidivé aussitôt après ma sortie de prison en 1987 avec d’autres jeunes camarades au lycée de Kaédi en dirigeant une grève pour protester contre l’exécution de nos 3 premiers martyrs le 6 décembre 1987. J’ai été à nouveau recherché et poursuivi par la police mauritanienne.
Cela m’a plongé dans la clandestinité et ensuite vers un exil forcé le 15 décembre 1987. J’ai rejoint à Dakar nos camarades exilés qui avaient échappé aux filets de la police de Taya en 1986 et nous avons reconstitué ensemble le noyau dur des FLAM. Ainsi nous avons pu alerter l’opinion internationale sur la politique d´Apartheid en Mauritanie, mais surtout sauver la vie de certains de nos aînés détenus à Oualata.
Grâce à nos contacts et la mobilisation de la presse internationale et des organisations des droits humains nous avons mis la pression sur le gouvernement mauritanien qui a concédé finalement la visite de nos camarades détenus par des journalistes de Jeune Afrique et de Sud Hebdo et des organisations des droits de l’homme.
Nous avons maintenu le flambeau de la résistance jusqu’à la libération de nos dirigeants anciens détenus à Oualata, nous avons encadré et soutenu les premiers déportés mauritaniens au Sénégal et au Mali suite aux événements douloureux dits Sénégalo-Mauritaniens de 1989.
Depuis le 4ème congrès ordinaire des FLAM, j’ai été propulsé comme responsable du département de la presse des FLAM et directeur de publication de notre organe d’information le FLAMBEAU. Cet activisme débordant auprès de la presse sénégalaise et internationale m’a valu des mises en demeure répétées au Sénégal sous la pression diplomatique de l’administration mauritanienne.
Le refus de me soumettre aux injonctions du pouvoir sénégalais m’a valu une tentative d’extradition en Mauritanie suivie plus tard d’une expulsion en juillet 1999. Grâce aux Nations-Unies, j’ai obtenu l’asile politique en Suède où je vis depuis et continue mon activisme en tant que responsable des FLAM.
Après le congrès de mutation des FLAM d’août 2014, le parti à travers le président Samba Thiam m’a encore renouvelé sa confiance en tant que responsable de la communication extérieure et porte-parole du parti des FPC.
Je suis marié et père de petits mignons bouts de bois de Dieu. Je suis de formation ingénieur en planification économique, mais aussi j’ai continué mes études jusqu’aux diplômes de master en sciences sociales et histoire des langues dans les universités suédoises. Je travaille comme formateur et chargé d’insertion des immigrés et réfugiés dans la société suédoise qui nous viennent plus particulièrement des pays en conflits dans le monde.
En dehors de mes activités politiques et professionnelles je dirige une association panafricaine et de solidarité qui regroupe plus d’une trentaine de nationalités d’origine africaine vivant en Suède. Voilà en résumé ma petite présentation.
Quelle compréhension tirez-vous de la déclaration récente du nouveau Président Ould Ghazouani pour la diaspora, en termes d’associer la diaspora à la gestion du pays, et du recensement des émigrés mauritaniens dans le monde.
J’ai entendu parler de cette déclaration faite paraît-il par le ministre des affaires étrangères et de la coopération et qui dit que son département compte effectuer un recensement de tous les Mauritaniens installés à l’étranger et que ce recensement aura lieu avant la fin de l’année en cours et a annoncé en même temps qu’une conférence portant sur ce thème sera organisée à l’été 2020 à Nouakchott.
L’intention est bonne; c’est une initiative à saluer mais nous attendons de voir plus clair sur sa feuille de route et si tous les Mauritaniens seront concernés ou ce serait la reproduction du fameux enrôlement raciste qui a privé des dizaines de milliers de Négro-Mauritaniens de l’intérieur de leur citoyenneté et aussi de leur droit au vote lors des dernières élections.
Il faut rappeler, en même temps, au gouvernement mauritanien qu’il y a une autre urgence qui attend depuis bientôt 30 ans, le dossier de ces Négro-Mauritaniens déportés et qui végètent dans des camps d’exil au Sénégal et au Mali.
Ils ne souhaitent qu’un retour digne et organisé au pays natal. Sans oublier les anciens déportés rapatriés et qui sont devenus presque des ”étrangers” ou des sans papiers dans leur propre patrie!
Quant au deuxième aspect de la question à savoir l’association de la diaspora à la gestion du pays, vous savez plus que nous, que personne ne quitte son pays par gaité de coeur. Si la Mauritanie était un pays normal, paisible et juste, rien ne pouvait justifier la fuite de nos cerveaux et des dignes fils et filles de la patrie vers d’autres cieux qui profitent aujourd’hui de cette matière grise.
Vous ne mesurez pas l’ampleur de l’amertume de ces braves citoyens de ne pouvoir offrir leurs compétences et leur expertise à ce pays qui leur est plus cher que tout le confort du monde.
Il n’y a pas d’exil doré. Du moins pour des patriotes sincères, car comme disait l’autre « on n’est bien que chez soi ». L’exil doré est un mythe, naïvement développé par ceux-là qui n’ont pas été contraints à quitter leur terre natale !
Et comme le disait bien le martyr Tène Youssouf Guèye l’auteur de ” Les Exilés de Goumel: “Je n’oublierai jamais, moi, la vie mouvementée d´Exilé, pourchassé de ville en ville, les journées sans but et les nuits longues interminables où le mal du pays vous tient l’oeil ouvert et vous déchire les entrailles”.
Parlez-nous de la mutation FLAM vers FPC. ET pourquoi la division au sein de FLAM?
On ne peut parler de cette mutation sans revenir aux résolutions du VIIe congrès ordinaire des 28, 29 et 30 mai 2011 à Champs-Sur-Marnes en région parisienne qui avaient adopté le redéploiement du mouvement en Mauritanie après plus de 27 ans d’exil. Une décision qui a été prise suite à des discussions et aval de toutes les instances du mouvement. Un retour devenu effectif le 24 septembre 2013 avec le retour et un accueil triomphal et historique du mouvement.
Le mouvement est revenu avec une feuille de route bien définie: implanter le mouvement à l’intérieur, soigner l’image de l’organisation largement ternie et diabolisée pendant les années de braise et notre exil par nos adversaires politiques, créer un cadre de concertation entre tous ceux qui souhaitent la résolution de la question nationale.
Mais le principal objet de ce redéploiement consistait surtout à préparer les conditions de la tenue d’un congrès qui devait décider de l’avenir de l’organisation avec plusieurs options possibles telles que rester un mouvement tel que nous l’avons toujours été (cette éventualité a été d’emblée rejetée à l’unanimité comme irréaliste), devenir une ONG? fusionner directement avec d’autres partis de même sensibilité, se muer en Parti politique, si oui avec ou sans le sigle FLAM?
Au cours de ce congrès, un débat démocratique, avec des discussions quelques fois âpres, a eu lieu, comme cela a toujours été le cas dans nos différents congrès, avec la présence des délégués des différentes sections du mouvement venus de l´Europe, des Amériques, d’Afrique et de l’intérieur. Au terme des échanges, l’avis d’une nette majorité s’est dégagé pour transformer le mouvement FLAM en parti politique dénommé Les Forces Progressistes du Changement. Voilà et tout s’est passé dans la plus grande transparence et démocratie interne.
Il faut reconnaître qu’après le congrès, sans remettre en cause la nouvelle orientation politique du mouvement et sa mutation, certains camarades qui se disent attachés au nom mythique des FLAM se sont démarqués du changement du nom, mais la vaste majorité des sections et des militants s’est soumise aux résolutions du congrès conformément aux dispositions d’éthique et du règlement intérieur de l’organisation.
Quelle est votre relation avec la branche de FLAM qui est toujours en exil?
Il n’y a aucune relation officielle entre nous et nos ex-camarades en exil sinon les relations personnelles et humaines que les uns et les autres entretiennent et qui sont tissées pendant nos longues années de camaraderie en prison ou en exil.
Comment allez-vous continuer la lutte pour les Mauritaniens et quelle sera votre stratégie pour avoir des élus au sein du parti FPC ?
La lutte doit continuer parce que les raisons qui nous ont poussé à l’engagement demeurent entières à savoir la persistance du racisme d’État érigé en règle de gestion du pays. Nous allons continuer avec tous ces Mauritaniens qui militent dans notre organisation ou qui sympathisent avec notre cause.
La non reconnaissance de notre parti ne peut-être un frein à notre engagement, à notre conviction et à notre patriotisme. Nous nous sommes engagés dans la lutte bien avant la « démocratisation » ou l’avènement du multipartisme intégral au moment où la liberté d’expression n’était pas encore libérée, au prix de nos vies et de toutes les privations.
Nous continuerons à mener cette lutte auprès de notre peuple et avec toutes les forces vives et progressistes qui souhaitent le vrai changement et l’instauration d’un véritable Etat de droit pour une Mauritanie apaisée et réconciliée avec sa diversité et sa vocation naturelle de trait d’union et de carrefour culturel entre l’Afrique noire et l’Afrique du nord. Quant à la stratégie de conquête du pouvoir ou de la stratégie de lutte, elle ne se discute pas sur la place publique.
Qu’est-ce que les FPC attendent du nouveau président Ould Ghazouani ?
Les FPC ne se font pas trop d’illusions sur le nouveau régime parce que le porte-parole du gouvernement vient de dire que ce gouvernement sera la continuité du Système de la zizanie. Espérons que c’était une simple erreur de communication du ministre.
En toute honnêteté, nous souhaitons une rupture entre le nouveau gouvernement et le Système qui nous a été imposé jusqu’ici depuis nos indépendances, un système inique, raciste basé sur la stratification des citoyens, un système où certains mauritaniens ne se reconnaissent plus dans leur État, un système qui prive certains mauritaniens de leur Mauritanité, un système qui décide arbitrairement qui est mauritanien et qui ne l’est pas, un Système qui impose une seule identité, une seule culture, une seule langue sur les autres composantes racio-culturelles du pays.
Le général Ghazouani doit surtout se libérer des courants nationalistes arabes chauvins et devenir le président de tous les Mauritaniens, comme il l’a promis dans son discours d’investiture et pour cela, il nous faut un vrai débat national sur la question nationale et sociale et repartir sur des nouvelles bases. S’il veut être utile à la Mauritanie, il doit avoir le courage de se démarquer du Système pour réconcilier les Mauritaniens à travers un dialogue franc et ouvert.
Est-ce que notre Général devenu président, même mal élu, va se départir de ses réflexes d’homme de casernes et rompre avec la mauvaise renommée de n’être que l’ombre d´Aziz pour s’assumer afin de réconcilier les Mauritaniens ? Est-ce qu’il va réconcilier l’Etat avec les opprimés et exclus du Système? Va-t-il détruire les fondements du Système raciste et esclavagiste du pays? L’avenir nous le dira.
Un congrès des FPC est-il à l’horizon ?
Conformément à nos statuts et règlement intérieur, il y aura bien sûr un congrès au moment opportun quand toutes les conditions seront réunies et ne vous inquiétez pas nous vous tiendrons informés de la date précise des assises, Incha allah.
Comment décrivez-vous le rôle des FPC lors de la dernière élection présidentielle ?
Je peux dire avec fierté que le rôle des FPC a été très important à la dernière présidentielle surtout au sein de la CVE. Si la candidature unique a pu être obtenue au sein de notre mouvance, c’est grâce à la sagesse et au désintéressement du président Samba Thiam qui a fait preuve de hauteur et de sacrifice personnel pour que le consensus soit obtenu malgré les grincements de dents et les appels répétés des franges importantes et issues de nos différentes composantes nationales et qui exigeaient sa candidature.
Nous avons mobilisé des moyens, tous nos militants et sympathisants pendant la campagne électorale avec loyauté et conviction à l’intérieur comme au niveau de la diaspora pour la victoire du candidat de la CVE.
Notre président en premier est parti sillonner la vallée pour apporter son soutien au président Kane et a demandé à tous nos militants de descendre auprès de la base et dans nos fiefs respectifs pour soutenir cette candidature de la CVE.
Tous les Mauritaniens sincères et honnêtes ont remarqué notre présence sur le terrain à travers notre jeunesse militante et notre apport significatif aussi bien dans la communication, à travers notre activisme débordant sur les réseaux sociaux pour rendre notre candidat plus visible et audible.
C’est l’occasion de saluer la dynamique unitaire de tous les partis et militants de la CVE qui ont tous contribué au succès de notre candidature commune en l’occurrence Dr Kane Hamidou Baba.
Quelle analyse tirez-vous de la Coalition Vivre Ensemble ? Et Qu’attendez-vous de la CVE justement ?
La coalition Vivre ensemble est une dynamique unitaire à saluer et à renforcer. Elle a permis d’unir toutes les forces progressistes qui mettent en avant la résolution de la question nationale et sociale. Tous ont compris que la lutte en ordre dispersé contre l’ennemi commun n’a pas d’autre effet que la défaite pour tous et les dernières législatives l’ont bien confirmé. La pression et le souhait de nos bases respectives ont été déterminants pour rapprocher les positions.
Au niveau des FPC, depuis notre retour d’exil, notre combat a toujours été d’unir toutes les forces démocratiques et progressistes autour de l’essentiel, de trouver un cadre de concertation et de lutte pour faire entendre notre voix. Malgré les quelques petites réticences et réserves par- ci, par-là, nous avons été persévérants et c’est dans ce sens qu’il faut comprendre et situer la position responsable et courageuse du président Samba Thiam.
C’est une conviction et non un calcul politicien ou autre non dit. Dans l’ensemble, il faut saluer la campagne malgré quelques manquements au niveau de l’organisation, de la communication et de la coordination au niveau du staff de la campagne qui ont été soulignés par tous pendant la journée d’évaluation de la CVE.
Maintenant que les élections sont derrière nous les parties-alliées doivent se rasseoir et envisager l’avenir, déterminer quelle forme et quelles règles pour la CVE. Ce qu’il faut c’est de repartir sur des bases justes et saines et surtout avec une exigence de transparence dans le fonctionnement de la Coalition Vivre Ensemble qui n’est encore qu’une coalition.
Nous devons maintenir cette coalition dans la perspective des futures échéances électorales tout en gardant la liberté d’action et d’indépendance d’esprit des partis et associations membres de la CVE. Nous devons être une véritable coalition démocratique, un creuset des idées qui respecte notre diversité et nos différentes sensibilités et comme disait le sage Amadou Hampathé Ba pour ne pas le nommer ”C’est la diversité des couleurs qui fait la beauté d’un tapis”.
Pour le dossier du passif humanitaire. Quelle stratégie faudra-t-il adopter pour la plaie béante ouverte depuis plus de 30 ans ?
Il faut encore revenir sur ce terme de « passif humanitaire », qui n’est en fait qu’un euphémisme utilisé par ceux-là qui répugnent à parler des déportations, du génocide ou des crimes contre l’humanité commis contre les Négro-mauritaniens pendant les années de braise de 1986-1991.
Il faut encore rappeler que nous avons toujours dit que nous nous insurgeons contre la démarche singulière choisie par le pouvoir de Nouakchott qui consiste à vouloir solder un problème de fond par des réparations pécuniaires et matérielles.
Voilà pourquoi nous continuons à dire que le règlement du passif humanitaire doit plutôt reposer sur l’équilibre à trouver entre le refus de l’impunité, les exigences de vérité et des réparations et la nécessité du pardon, au bout.
Soulager les ayants droit, c’est une bonne chose mais on ne peut acheter notre silence par des compensations pécuniaires. Si certains sont prêts à le faire, il y en a beaucoup d’autres qui le refusent et qui se battront jusqu’au bout pour que la justice soit rendue et pour que plus jamais des Mauritaniens ne soient réprimés, torturés ou tués parce qu’ils sont nés différents.
Nous continuerons à faire pression pour que la lumière soit faite sur cette page sombre de notre histoire. Il faut du reste rappeler que le dossier des déportés est loin d’être clos puisque que d’autres déportés Négro-Mauritaniens continuent à croupir toujours dans les camps d’exil au Sénégal et au Mali.
Le problème de fond, encore une fois, ce n’est pas le retour des déportés ou l’indemnisation des veuves, des ayants droit ou des rescapés, mais l’essence ou le fondement injuste même de l´Etat mauritanien qu’il faut résoudre, à savoir cette politique chauvine et raciste qui est érigée en règle de gestion du pays.
La question nationale est au début et à la fin de tous nos problèmes et il faut donc impérativement lui trouver une solution juste et durable, en osant rompre résolument avec la politique de l’autruche. En attendant le grand soir nous disons toujours la lutte continue.
Propos recueillis par Diarry Ndiaye Ba
Inondation Selibaby –Réaction. de Samba THIAM, Président des FPC
Si d’aucuns ont juste imputé ces inondations aux pluies, j’y vois plutôt une cascade de facteurs, une chaîne de responsabilités imputables : -Aux populations elles-mêmes en premier lieu, dans l’occupation anarchique de l’espace, ici des ravins et des bas-fonds, des canaux de passage des eaux de ruisselement, pensant, à cause de la sécheresse persistante de ces dernières années, que les fortes pluies ne reviendront plus jamais ! -Responsabilité des agents vereux de l’Administration ( Prefets et Agents des travaux publics) qui vendent sans scrupules le moindre espace libre des villes et villages . -Responsabilité enfin des briquetiers, hier pour faire nos briques en banco on mélangeait argile, paille et bouses de vaches, d’où nos habitats résistants aux fortes pluies. Aujourd’hui ces gens, mus par l’appât du gain facile, utilisent juste du sable pour faire les briques et, avec pour conséquences dramatiques, qu’à la moindre pluie nos habitats s’écroulent ! Triple responsabilté donc dans ce drame qui frappe Selibaby, en particulier –seule capitale régionale, ressemblant à un gros village aux ruelles étroites, qui demeure sans plan d’urbanisation. Si le secours de l’UPR !!! – 7 camions remorques chargés –ne peut être dédaigné , le gouvernement aurait quand meme pu mieux faire, en mobilisant les efforts internes et les institutions internationales , par un appel à l’aide comme ce fut pour la ville de Tintane… Mais , hélas , il nous est toujours difficile de nous débarrasser de cette attitude de deux poids deux mesures…
Samba THIAM, Président des FPC





