Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Category Archives: Actualités

Chinguitty : ouverture du festival des villes anciennes, le discours du Président de la République [Vidéo]

Chinguitty : ouverture du festival des villes anciennes, le discours du Président de la République [Vidéo]AMI – Le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a souligné que le Festival des villes anciennes constitue l’expression forte de notre attachement à notre identité civilisationnelle et culturelle dans sa diversité et son exceptionnelle richesse et avec les valeurs de notre Sainte religion l’Islam, qui nous a unifié et est resté, à travers les âges, le fondement de notre unité et la forteresse imprenable qui nous protège face à tous les dangers.

Le Président de la République a, dans un discours prononcé à l’occasion de l’ouverture de la 9ème édition du festival des villes anciennes dans la cité de Chinguitty, indiqué que :

« la prise de la commémoration de la naissance du Saint Prophète Mohammed (Paix et Salut sur Lui) comme rendez- vous annuel pour célébrer nos villes anciennes, dénote du fait que la prospérité civilisationnelle et intellectuelle connue par ces cités, a vu le jour essentiellement en raison de l’attachement de nos Ulémas et de nos intellectuels à la Sunna du Prophète (PSL) dans sa pratique, dans son apprentissage et dans leur attachement aux valeurs de notre Sainte religion l’Islam qu’ils considèrent comme la seule référence de leur comportement et de tous les aspects de leur vie de tous les jours ».

Voici le texte intégral de ce discours :

«وصلى الله على أشرف المرسلين بسم الله الرحمن الرحيم

Monsieur le président de l’institution de l’opposition démocratique ;

Messieurs les ministres ;

Messieurs les membres du corps diplomatique et des institutions internationales agrées ;

Messieurs les élus ;

Messieurs les présidents des partis politiques ;

Mesdames et Messieurs les hôtes de la Mauritanie et les honorables hôtes de marque ;

Messieurs les Ulémas, hommes de lettres, intellectuels et artistes ;

Chers habitants de la ville de Chinguitty ;

Mesdames, Messieurs ;

Que la paix vous accompagne.

Je voudrais au début adresser à vous, habitants de Chinguitty tous mes remerciements pour l’accueil chaleureux et l’hospitalité chinguittienne authentique, comme il me plait de vous présenter, et le faire à tous les mauritaniens, mes meilleurs vœux et mes sincères félicitations à l’occasion de l’anniversaire de la naissance de l’élite de la création et du sceau des prophètes, Mohammed (PSL) qui est le porteur de la guidance et de la religion de la vérité, la religion de l’Islam et ses valeurs intemporelles.

La prise de la commémoration de la naissance du Saint Prophète Mohammed (Paix et Salut sur Lui) comme rendez- vous annuel pour célébrer nos villes anciennes souligne en fait que la prospérité civilisationnelle et intellectuelle connue par ces cités, a vu le jour essentiellement en raison de l’attachement de nos Ulémas et de nos intellectuels à la Sunna du Prophète (PSL) dans sa pratique, dans son apprentissage, et dans leur attachement aux valeurs de notre Sainte religion l’Islam qu’ils considèrent comme la seule référence dans leur comportement et dans tous les aspects de leur vie de tous les jours ».

Cela ressort clairement de l’histoire de cette ville, la ville de Chinguetti ; l’appartenance à cette cité, est devenue, en raison de son rayonnement intellectuel et de la réputation de ses Ulémas, une identité pour tous les Mauritaniens pendant des siècles avant la formation de notre État moderne mais aussi une vertu équivalent à intégrité, science et luxe et un passeport diplomatique de grande valeur apprécié et respecté partout dans le monde arabo- musulman.

Les populations de cette ville ont pu, grâce à leur savoir, à leur perspicacité et leur haute ambition, en faire, durant des époques successives, un minaret pour la science, un point de départ pour le pèlerinage, une forteresse pour le Jihad et un centre actif pour les échanges commerciaux.

Le Festival des villes anciennes, dont nous supervisons aujourd’hui la 9ème édition, représente une forte expression de notre attachement à notre identité civilisationnelle et culturelle dans sa diversité et son exceptionnelle richesse et avec les valeurs de notre Sainte religion, l’Islam qui nous a unifié et est resté, à travers les âges, le fondement de notre unité et la forteresse imprenable qui nous protège contre tous les dangers.

Le Festival vise fondamentalement à promouvoir le patrimoine scientifique de nos villes anciennes, préserver notre héritage culturel, le caractère architectural unique en son genre de ces cités et mettre à niveau les trésors de leur patrimoine en plus de l’appui à la production locale et aux activités génératrices de revenus à travers la création de nouvelles opportunités d’emplois.

Il constitue, par ailleurs, un élément majeur de la stratégie de développement global lancée par les pouvoirs publics pour favoriser, dans ces villes, les facteurs de la croissance et du développement en assurant leur désenclavement, en modernisant leurs infrastructures de base et en en faisant des zones touristiques porteuses.

Le Festival est, en même temps, une occasion pour revivifier notre patrimoine intellectuel et nos arts populaires ainsi que nos traditions authentiques à travers une série d’activités consacrées au patrimoine et de rencontres intellectuelles et scientifiques.

Nous sommes déterminés à réaliser ces objectifs et à faire en sorte que le Festival ne se transforme pas en une cérémonie dont les effets s’estompent après la fin de ses manifestations. C’est pourquoi, le gouvernement oeuvrera à ce que les éditions du Festival soient des opportunités pour évaluer la situation générale de ces villes et décider les mesures visant à améliorer cette situation et à relever le niveau du festival.

Enfin, je déclare – à la barakatillah – l’ouverture de la 9ème édition du festival des villes anciennes dans la cité historique de Chinguitty, en enouvelant les remerciements à tous, habitants et hôtes et leur souhaitant plein succès.

Je vous remercie.

والسلام عليكم ورحمة الله وبركاته”.

AMI

Partagez

Et maintenant ?/par Ahmed Ould SIDI BABA

Et maintenant ?/par Ahmed Ould SIDI BABA

Le Calame—Après concertation avec un certain nombre de personnalités de haut niveau (anciens ministres, hommes politiques, juristes, professeurs, économistes, journalistes, entrepreneurs) dont certains ont donné leur assentiment à la présente réflexion dans son esprit comme dans sa lettre, j’ai décidé de la rendre publique,

afin de contribuer au nécessaire débat qui, aujourd’hui, sous l’égide du nouveau pouvoir issu de l’élection présidentielle du mois de juin dernier, devrait inaugurer, pour le pays, une ère nouvelle de paix et de démocratie véritable marquée par l’enracinement de la culture citoyenne, la liberté, la justice et le développement économique, loin de tout étatisme excessif, de toute surenchère démagogique et de tout discours populiste destructeur.

* * *

L’élection du Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani inaugure aujourd’hui une ère nouvelle sur laquelle se fondent désormais les espoirs de toute la Nation.

Il appartient maintenant aux acteurs de la vie politique nationale et en particulier aux « pouvoirs publics » et à la « scène politique » dans toutes ses composantes de ne pas décevoir ces espoirs et d’accepter les remises en cause et les réévaluations propres à en assurer la réalisation, car :

– Conscients que nous devons être de la garantie d’unité qu’offre l’appartenance de toutes les composantes de notre peuple à la prestigieuse civilisation islamique, tant de fois illustrée du sud au nord de notre pays par nos érudits, nos imams et nos cadis.

– Et Convaincus que nous sommes tous que seuls un Etat de droit et une culture démocratique moderne enracinée dans les valeurs spirituelles et morales de notre religion, l’islam, peuvent, à la fois, assurer la valorisation de notre patrimoine culturel national, permettre son appropriation par chacun d’entre nous dans le respect démocratique de sa diversité et en même temps ouvrir la voie au développement politique et économique du pays, dans un climat pérenne de paix et de justice sociale.

Sans entrer, pour le moment, dans le détail des stratégies économique, sociale, culturelle ou diplomatique du nouveau gouvernement, nul ne peut nier l’urgente nécessité, avant toutes choses, de lever au niveau des « pouvoirs publics » des handicaps institutionnels majeurs et, au niveau de la « scène politique » nationale des dérives idéologiques, religieuses ou communautaristes dangereuses, car ce sont ces handicaps et ces dérives qui ont, jusqu’ici, empêché l’éveil de l’individu mauritanien aux valeurs de la citoyenneté et rendu aléatoire l’émergence d’une nation armée d’une classe politique de haut niveau, susceptible de proposer et de conduire une « politique de civilisation » et de progrès, inspirée du génie de notre peuple, fondée sur une juste évaluation des réalités et des besoins du pays, informée des données d’un monde désormais globalisé et aujourd’hui plus dangereux et impitoyable que jamais.

AU NIVEAU DES « POUVOIRS PUBLICS »

* Le Chef de l’Etat, de par la constitution, arbitre et recours ultime, doit se mettre au-dessus des partis et laisser le soin de la constitution et de la conduite d’une majorité parlementaire au premier ministre désigné.

Ainsi, le chef de l’Etat bénéficiera du respect et de l’adhésion de la majorité comme de l’opposition.


* Abandon de la réalité monolithique du « Parti-Etat » qui s’est jusqu’ici prévalu de « la possession » de la quasi-totalité du peuple, non par la conviction réfléchie et la libre adhésion, mais bien par la crainte et l’intéressement.

Comme dans tous les états monopolistiques, les résultats avérés sous différents régimes que nous avons connus, en ont toujours été :

*La domestication du pouvoir législatif et donc le déni de l’esprit sinon de la lettre de la Constitution, notamment dans ces articles 74 et 75.

*La non-appréhension par l’individu mauritanien des valeurs de la démocratie et de la citoyenneté, seules capables de fonder une nation et de générer une opinion publique responsable et motivée.

* A terme et, au plus tard, à mi-mandat, révision de la constitution avec, pour objectifs, tout en préservant le caractère présidentiel du régime et les contraintes énoncées dans les articles 27, 28, 29 et 99 de la Constitution :

*Une indépendance effective de la justice par rapport au pouvoir exécutif.

*Une revalorisation des prérogatives du parlement, rendant effectif son contrôle de l’exécutif et l’impliquant dans les grandes décisions politiques et économiques de portée nationale.

*Au sein de l’exécutif, la responsabilisation constitutionnelle du gouvernement, à travers un partage équilibré du pouvoir exécutif entre le Président de la République et le Premier Ministre.

*Une possibilité de recours des citoyens au Conseil Constitutionnel, par une procédure plus simplifiée en vue de connaitre d’une exception d’inconstitutionnalité.

* Règlement définitif, dès le début du mandat présidentiel du passif humanitaire.

Il est utile, à ce propos, de rappeler que cette question avait fait l’objet, sous l’égide du président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi, d’une conférence nationale de réconciliation couronnée de succès et qu’il avait été envisagé de charger une personnalité nationale consensuelle (en l’occurrence, le ministre Abdallahi BARO) de mener à bonne fin le processus pratique de règlement définitif de la question.

Tout comme ont été prises certaines mesures allant dans le même sens, au cours du mandant du Président Mohamed Ould Abdel Aziz.

AU NIVEAU DE LA « SCENE POLITQUE » NATIONALE 

Les votes identitaires constatés lors des récentes élections présidentielles, devraient interpeller chacun d’entre nous et prouver le danger d’une scène politique désormais figée dans les redites populistes de problématiques mal définies et mal envisagées pour certaines et sans fondement réel pour d’autres, ce qui n’exclut pas qu’il faille en discuter courageusement en vue d’une clarification salutaire et, éventuellement, de la prise des décisions et mesures jugées opportunes. Il s’agit de: 

* Les séquelles de l’esclavage

Personne ne peut nier que ces séquelles existent chez nous tout comme elles existent ailleurs et, en particulier, dans notre voisinage ; tout comme personne, au niveau de la conscience nationale comme au niveau des pouvoirs publics, ne saurait se soustraire à l’impérieuse nécessité de les éradiquer au plus vite et dans les meilleures conditions de paix et de sécurité, en application du reste des diverses dispositions légales adoptées depuis 1960 et jusqu’à 2007.

Ces séquelles s’appellent la misère, l’ignorance, la maladie, le chômage, la marginalisation et affectent, en réalité, la très grande majorité de notre peuple, mais, il faut le reconnaitre, de manière plus accentuée et, disons-le, plus dramatique les nationaux mauritaniens d’ascendance servile, ce qui justifie et appelle la prise, là où cela s’avère juste et utile, de mesures particulières de discrimination positive à leur profit.

Mais, l’éradication de ces séquelles ne saurait ni ne devrait être l’affaire de groupes particuliers, car personne, ni au sein de l’opinion nationale, ni au sein des pouvoirs publics, ne souhaite la permanence de ces séquelles et encore moins la survivance de l’impie et abominable fléau de l’esclavage.

Dès lors, se présenter comme « les champions » exclusifs d’une telle cause, ne relève que de l’instrumentalisation à des fins de politique politicienne d’une cause nationale unanimement assumée par tout un peuple.

Et, comme on l’a vu, de cela a découlé l’éveil de passions communautaristes malsaines, la mise en cause, à terme, de la paix civile, sans oublier l’image négative collée de manière exclusive à notre pays, pour la plus grande satisfaction de ceux qui veulent se donner maintenant bonne conscience, après avoir été à l’origine de la traite des noirs, de la colonisation et de la ségrégation raciale.

Il est du devoir de l’ensemble des Mauritaniens d’unir leurs efforts pour éradiquer les séquelles de l’esclavage, à travers une politique concertée de démocratie, de liberté, de justice, de promotion sociale et de progrès économique, loin de toute surenchère populiste démagogique, dont les résultats ne sauraient être que les déchirures, la dispersion des efforts et la pérennisation de la stratification sociale.

A cet égard et d’une manière particulière, s’imposent la mise en œuvre effective de la Fatwa de 2015 constatant la non-conformité à la Cheria de la pratique esclavagiste et l’application vigilante et déterminée par les pouvoirs publics de la loi criminalisant cette même pratique.

* Les problématiques ethniques


1. L’unité nationale


C’est le lieu de l’affirmer haut et fort, l’unité nationale du pays ne peut jamais être menacée, car garantie d’une part, comme déjà souligné, par nôtre commune appartenance à la civilisation islamique et fondée d’autre part, sur la cohabitation séculaire et pacifique de nos populations dans leurs différentes composantes ethniques sur le même terroir, y développent des intérêts et un destin à jamais partagés.

Les différents soubresauts et événements qui ont, parfois, affecté le pays et qui sont le lot courant de toutes les nations en constitution, n’ont jamais réussi à mettre en cause cette unité, car ils ont toujours été le fait, soit de jeunes gens abusés par le mirage des idées en vogue au moment des indépendances, soit de politiciens en mal de notoriété, soit de pouvoirs inexpérimentés ou induits en erreur par leur déni de la liberté et de la démocratie.

Il incombe donc à la scène politique dans ses différentes composantes de cesser d’agiter l’épouvantail de dangers imaginaires qui menaceraient l’unité du pays, accréditant ainsi ce qui relève, en réalité, d’une « pensée unique » commode pour les ténors de la démagogie populiste et aujourd’hui malheureusement largement partagée. 

2. Le problème culturel

Aucune nation ne peut se passer de posséder et de traduire son unité à travers une langue nationale officielle écrite, à côté de ses autres langues nationales. La nôtre est, de toute évidence, l’Arabe qui est le véhicule naturel de notre civilisation islamique et la langue écrite commune à toutes nos populations depuis bien avant l’occupation coloniale.

Mais, en même temps et dans le monde globalisé où nous vivons, il relève désormais de l’analphabétisme de n’avoir l’usage que d’une seule langue.

L’histoire, le réalisme et l’évolution du monde nous imposent donc d’enseigner et de pratiquer la langue française et, si nos moyens nous le permettent, d’autres langues, afin de faciliter nos échanges avec le reste du monde.

Ici aussi, les acteurs de la scène politique nationale, arabophones comme francophones doivent cesser de faire de ce problème une donnée récurrente et démagogique du discours politique.

Tout comme il convient d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur la nécessité de redonner vie à l’Institut des Langues Nationales, initié sous le régime du regretté Président Mokhtar Ould Daddah, afin que soit poursuivie l’ambition légitime de faire du Pulaar, du soninké et du wolof des langues nationales écrites et enseignées.

3. Le patrimoine culturel

Contrairement à la civilisation qui est chose uniforme et commune à toute une nation, la culture, moyen par lequel sont véhiculées et traduites en pratique les valeurs spirituelles et morales de la civilisation, ne peut et ne saurait être que multiforme.

C’est ce que nous pouvons constater dans tous les pays du monde et c’est ce qui existe dans notre pays et qui fait la richesse de notre patrimoine culturel national.

Et la démocratie bien comprise consiste à valoriser et à accorder place et respect à toutes les spécificités culturelles qui, ensemble, constituent ce patrimoine.

Les acteurs de la scène politique nationale (pouvoirs publics, partis politiques, société civile), plutôt que de nous diviser dans le domaine culturel, devraient, au contraire, tenir un discours d’unité qui fasse que les spécificités culturelles arabe, halpulaar, soninké et wolof soient perçues par chacun, non pas comme antinomiques, mais bien comme partie intégrante et assumée d’un patrimoine commun à chaque arabe, à chaque halpulaar, à chaque soninké et à chaque wolof.

* * *

Une scène politique où une indispensable opposition avisée et constructive et une majorité de conviction, non d’opportunisme et de complaisance, acceptent de coexister dans la paix et la convivialité sous l’égide d’un état de droit véritable, tel est l’objectif auquel doivent concourir aujourd’hui tous les efforts des acteurs de la vie politique nationale afin de rendre possible la réalisation de l’ambitieux programme proposé au pays et approuvé par le peuple, à l’occasion de l’élection présidentielle du 22 juin.

Un tel objectif que nous voyons atteint dans notre voisinage, au nord comme au sud, est incontestablement à notre portée, si nous acceptons enfin de donner la parole à notre héritage civilisationnel et culturel, de tourner le dos aux idées reçues du passé et à la pensée unique qui en découle, de composer avec les données économiques et politiques qui régissent le monde globalisé où, par la force des choses, nous sommes condamnés à vivre.

Ahmed Ould SIDI BABA

Ancien Ministre


Nouakchott, le 06/11/2019 

Le calame

Partagez

Le Communiqué de presse de la coalition vivre ensemble

Communiqué : La CVE adopte sa Charte et s’ouvre aux forces progressistesLe Conseil des Présidents de la CVE se félicite de la libération, ce mercredi 06 novembre, de ses militants arbitrairement détenus à Kaédi, à la suite de la crise post-électorale de juin dernier, et dont le sort aurait dû être la préoccupation première de la CVE, en lieu et place de l’imposition d’un agenda sur le devenir de la coalition qui n’avait d’autre but que de nous distraire de l’essentiel.

En effet, il n’aura pas échappé aux militants et sympathisants de la CVE qu’une partie des membres du conseil des présidents a publié, sans concertation avec les autres, un communiqué, en date du lundi 04 novembre 2019, faisant état de l’adoption d’une charte Les auteurs de cette charte de la discorde sont les seuls responsables de ce qu’il adviendra de la coalition.

Par cette décision unilatérale et la précipitation qui la caractérise, ils ont effectivement prouvé qu’ils ne reculeraient devant rien pour transformer le cadre de concertation qu’est la CVE en un parti politique qui ne dit pas son nom. Ce faisant, ils ont choisi de scinder la CVE en deux et ils en portent l’entière responsabilité devant l’histoire.

Nous réitérons ici notre attachement à la CVE en tant que cadre de concertation entre des partis politiques et des mouvements de la société civile afin de prendre en charge, en commun, la question de la cohabitation entre nos différentes composantes nationales dans ses aspects majeurs que sont, entre autres :

– L’officialisation de toutes nos langues nationales et l’égale promotion de nos cultures ;

– L’égal accès de tous à l’enrôlement jusque-là raciste et discriminatoire ;

– L’éradication du phénomène honteux et anachronique de l’esclavage ;

– Le règlement définitif du problème du génocide des années 1990 ;

– La résolution de la question des terres

Nouakchott le 07 novembre 2019.

Les Partis et Mouvements ayant dit non à la charte de la discorde.

Partagez

Coalition VIVRE ENSEMBLE Appel à surseoir aux communiqués et autres guéguerres 

Pour ne pas être la risée du monde politique et par respect pour ceux qui ont été amputés de la main ou jetés en prison, je prie les présidents de la coalition d’arrêter les communiqués et d’inviter leurs militants à cesser toute hostilité dans les médias et les réseaux sociaux. Soyez fiers de tous les leaders ! On a les dirigeants qu’on mérite :

– Samba THIAM est un homme de grande envergure qui a donné aux lettres FPC toute leur noblesse depuis son retour au pays. Merci pour son historique “y’a jogoro jam”, marque de son sens des enjeux majeurs et de l’histoire.

– Hamidou Baba KANE, fin diplomate, est un homme qui a de très bonnes relations avec toute la classe politique. Il a toujours été dans l’opposition. C’était le candidat le plus consensuel et son résultat honorable est une victoire collégiale.

-Ibrahima Moctar Sarr, en refusant d’être candidat à la présidentielle malgré l’insistance de son parti à rendu cette belle aventure de la CVE possible, avec une candidature unique.

– Amadou Tijane Diop et le doyen Mamadou Alassane BA ont réalisé l’impossible à Maghama.

– Chbih Ould Cheikh Melaïnine nous a fait pleurer dès son adhésion à ce projet par la sincérité de son combat. Et tous les autres, qui cite oublie dit-on Alors ne ruinons pas tous ces efforts par des échanges discourtois et stériles, qui peuvent annexer les chances de retrouvailles avec peut-être d’autres formules et recettes gagnantes inchallah.

Bon vendredi à tous

Ciré KANE

Partagez

Politique : Elle est où, notre opposition ?

altOù est passée notre opposition démocratique ? Survivra-t-elle à l’arrivée de Ghazwani ? L’homme eut l’intelligence de se présenter en candidat indépendant, malgré la majorité dont disposait le principal parti de la majorité présidentielle fondée en 2009 par son alter ego, Ould Abdel Aziz. Mieux, il a tendu la main, dans son discours de candidature du 1er Mars 2019, à tous les Mauritaniens  faisant peu cas du parti et du gouvernement sortant. Ainsi réussit-il  à séduire  de nombreux soutiens dont des partis et personnalités de l’opposition partageant un même point commun : le ras-le-bol de la gouvernance d’Ould Abdel Aziz. Résultat immédiat : même s’il n’a pas été élu avec un score très honorable – 52% semble peu au regard des moyens et des foules qu’il a drainées – Ghazwani a apaisé la tension politique.

Les larges concertations avec les acteurs de la scène politique, en particulier ceux de l’opposition, surtout les plus radicaux, à l’instar d’Ould Daddah,  Ould  Maouloud, Birame ou Tawassoul ;  ont permis d’enclencher un processus de  normalisation  de leurs rapports avec le pouvoir. Tous les leaders qui ont rencontré le nouveau Président  ont tenu à exprimer leur satisfaction, saluant son  initiative à décrisper la scène politique, après de préoccupantes violences post -électorales.  Et les candidats, qui avaient rejeté les résultats proclamés par la CENI et le Conseil Constitutionnel,  ont quasiment tourné cette page, lui préférant l’attente d’actes concrets du nouveau maître du Palais gris.

Un charme compréhensible. Les relations avec le régime précédent furent plus qu’exécrables. Ould Abdel Aziz  méprisait publiquement  l’opposition dite radicale (FNDU et le RFD), traitant ses leaders de «Â moins que rien,  croulants,  corrompus », et ces derniers ne manquaient pas de lui rendre la monnaie de sa pièce. C’est à partir de ce sentiment de  détestation mutuelle que Ghazwani  a traduit en acte la volonté exprimée  en Mars dernier  au stade de la Capitale. Une main tendue que l’opposition ne pouvait décliner, elle qui soulignait sa disposition au dialogue, dès lendemain de la présidentielle, pour  dissiper les troubles postélectoraux.

Y a d’là rumba dans l’air…

Ce faisant, l’opposition semble aujourd’hui au pied du mur. Désuni en rangs dispersés lors de la présidentielle, le Front national pour la démocratie et l’unité (FNDU), principal rassemblement de partis d’opposition, syndicats et personnalités indépendantes  est depuis quasiment mort et enterré. Il sera difficile à ceux qui ont soutenu le candidat Ghazwani de reprendre pied dans l’opposition, même si certains le mettent déjà en garde contre la tentation de « faire du neuf avec du vieux ». Le président Ghazwani doit s’abstenir, insiste tel président de parti, de « recycler des caciques »Â  du régime d’Ould Abdel Aziz  pour en faire ses principaux collaborateurs. Allusion claire à ceux  de l’UPR qui s’agitent à la fondation d’un parti politique en faveur du nouvel homme fort de Nouakchott.

Depuis l’installation d’Ould Ghazwani aux affaires, l’ex-opposition reste silencieuse. Invités  au Palais ses principaux leaders n’ont pas plus pris le soin de se concerter avant d’y aller que de se retrouver après. Après avoir mis l’UPR en position inconfortable, depuis sa désignation comme successeur d’Ould Abdel Aziz, Ghazwani réussira-t-il à décimer ce qui reste de l’opposition dont de nombreux partis ont été dissous après les dernières élections locales ? «Â Tu cherches des morceaux d’hier, pépère, dans des gravats d’avant-guerre » (1)… Ho, l’opposition, tu ne peux donc pas la r’faire, ta vie ?

DL

(1) : Alain Souchon, in «Â Y a d’là rumba dans l’air », célèbre chanson française de 1977.

le calame

Partagez