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Pourquoi les Haratine refusent de s’identifier aux maîtres
Un héritage trop lourd pour être effacé
Pendant des siècles, les Haratine ont été réduits à un statut servile au service des tribus beydanes. Leur condition sociale a été façonnée par la dépendance et la subordination. Dans un tel système, s’assimiler aux maîtres aurait signifié accepter une hiérarchie profondément inégalitaire. Le refus de se fondre dans l’ethnie dominante est donc un acte symbolique de rupture avec cet héritage de domination.
Le déni de dignité et de citoyenneté
Même après l’abolition officielle de l’esclavage (1981) et sa criminalisation (2007), les Haratine continuent d’être marginalisés :
• exclus des postes de responsabilité,
• limités dans l’accès à la terre et aux ressources,
• enfermés dans des stéréotypes d’infériorité et de dépendance.
Se dissoudre dans l’ethnie des maîtres reviendrait à accepter un système qui n’a jamais reconnu leur égalité réelle.
Une identité forgée dans la douleur et la lutte
Comme les Afro-Américains aux États-Unis, les Haratine portent une mémoire collective distincte, façonnée par l’expérience de la servitude et de la libération progressive. De cette mémoire est née une conscience politique : celle d’une communauté opprimée qui doit s’affirmer par elle-même et non à travers ses anciens maîtres.
L’instrumentalisation politique des maîtres
Les élites beydanes ont souvent instrumentalisé la question haratine :
• en refusant de reconnaître leur autonomie politique,
• en tentant de les diluer dans une arabité abstraite,
• en entretenant des alliances clientélistes pour perpétuer la dépendance.
Le refus de s’y fondre est une manière de dénoncer cette instrumentalisation et d’affirmer une autonomie politique légitime.
La quête de dignité et de reconnaissance
Les Haratine aspirent à être reconnus comme une composante spécifique de la nation mauritanienne, avec une mémoire et des revendications propres. Cela ne signifie pas un rejet de l’unité nationale, mais un refus de l’effacement identitaire. Leur affirmation de soi est un acte de libération et de justice.
• Amílcar Cabral : « Revendiquer notre identité, c’est refuser de disparaître. »
• Nelson Mandela : « La liberté n’est pas seulement l’absence de chaînes, mais le droit de vivre dans le respect de sa dignité. »
• Messaoud Ould Boulkheir : « Les Haratine ne sont ni des esclaves d’hier, ni des maîtres de demain, mais des citoyens à part entière. »
Le droit universel d’affirmer son identité
Affirmer son identité n’est pas un privilège, mais un droit universel inscrit dans l’histoire et le droit international. Nul État, nulle majorité dominante ne peut imposer une identité contre la volonté d’un groupe.
Dans le monde, les Afro-Américains, les Noirs sud-africains ou les écrivains de la Négritude ont montré que l’égalité commence toujours par l’affirmation de soi. La Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones (2007) et l’UNESCO rappellent que la diversité culturelle et linguistique est un patrimoine commun à protéger.
Une résonance particulière en Mauritanie
Depuis l’indépendance, l’État mauritanien a tenté d’imposer une identité unique, au détriment de la pluralité réelle du pays :
• Les Haratine, héritiers d’une histoire douloureuse, revendiquent le droit de s’affirmer comme une composante spécifique de la nation. Refuser cette auto-identification, c’est prolonger l’assignation à l’invisibilité.
• Les communautés négro-mauritaniennes (Pulaar, Soninké, Wolof) ont elles aussi été victimes d’une arabisation forcée niant leurs langues et leur culture. En 1966, les lycéens noirs protestaient déjà contre l’imposition exclusive de l’arabe dans l’enseignement. En 1989, la crise dite « des événements » révéla une identité nationale fragile, construite sur l’exclusion.
• Même dans les symboles de l’État — hymne, drapeau, billets de banque —, l’effacement de la diversité est manifeste. Une partie du peuple n’y reconnaît ni son histoire ni ses visages.
Identité et République : une question de survie nationale
La République se renforce lorsque chaque citoyen peut dire librement : « Voilà qui je suis », sans craindre la stigmatisation ni le silence imposé. Amílcar Cabral rappelait : « Il n’y a pas de révolution sans culture. » De même, il n’y aura pas de Mauritanie républicaine solide sans reconnaissance et respect des identités réelles qui la composent.
Les Noirs américains n’ont pas affirmé leur différence par rejet gratuit, mais parce qu’ils étaient niés comme égaux. Leur identité fut une stratégie de survie et de dignité. Comme le disait Malcolm X : « Nous ne pouvons pas penser à l’intégration tant que nous ne nous sommes pas d’abord respectés nous-mêmes. »
Conclusion : l’affirmation comme condition de justice
Si les Haratine refusent de se fondre dans l’ethnie des maîtres, c’est parce qu’ils savent qu’il n’y a pas d’égalité sans reconnaissance de leur singularité. Accepter l’assimilation, ce serait accepter de voir leur histoire et leur lutte niées.
L’affirmation haratine n’est pas un facteur de division, mais une condition de dignité, de justice et de démocratie. Une nation ne se construit pas en imposant l’uniformité, mais en garantissant à chacun la liberté d’être soi….wetov
SY MAMADOU
CELUI QUI A ÉCRIT CECI MÉRITE UNE MÉDAILLE ! “On ne peut pas prendre sa retraite”
“On ne peut pas prendre sa retraite”
Je suis arrivé à cette conclusion, non seulement à travers des livres ou des sermons, mais surtout à travers le rythme implacable de la vie réelle. En observant des amis, des collègues, des membres de ma famille, de grands hommes — des hommes de sagesse, de force et de richesse — qui ont choisi de prendre leur retraite… pour ensuite s’éteindre doucement dans la maladie, la tristesse, et bien trop tôt, dans les bras de la mort.
La retraite, telle que le monde la conçoit, n’est pas un repos — c’est une résignation.
Résignation face à la raison d’être. Face au devoir. Face à cette tension créatrice qui maintient l’esprit vivant et alerte.
On nous enseigne que tout dans la Création est en mouvement.
Le mouvement, c’est la vie. Le mouvement, c’est la loi.
Regardez autour de vous :
Les rivières coulent sans cesse — là où le courant s’interrompt, l’eau stagne et la mort s’installe.
La Terre tourne sans relâche.
Les saisons se succèdent dans une parfaite obéissance.
Même les grandes étoiles au-dessus de nous dansent en cycles éternels, sans jamais dévier, sans jamais s’arrêter.
L’homme ne fait pas exception.
Nous n’avons pas été créés pour nous reposer. Nous avons été créés pour lutter, pour bâtir, pour inventer, pour résoudre, pour nourrir.
Au moment où nous choisissons de nous retirer du courant de la vie, de quitter le flot pour entrer dans l’eau stagnante de la “retraite”, quelque chose commence à se faner — d’abord dans l’esprit, ensuite dans le corps, enfin dans l’âme.
On ne peut pas prendre sa retraite de la vie.
Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas de retraite — mais de redirection. Un homme peut quitter une carrière, oui, mais il ne doit jamais abandonner son appel. Il doit trouver un autre champ où ses mains sont utiles, où sa pensée doit encore œuvrer, où son esprit peut continuer à servir.
L’inactivité est une invitation à la décadence.
Un homme doit avoir quelque chose qui :
le garde curieux,
le garde responsable,
le garde redevable,
le garde nécessaire.
Tant que le souffle demeure, il doit y avoir engagement — avec Dieu, avec une mission, avec les hommes, avec la destinée.
Même une bougie, dans son dernier centimètre, doit brûler avec dignité, projetant de la lumière jusqu’à sa dernière étincelle.
Même dans la vieillesse, l’arbre doit encore porter du fruit — ou du moins offrir de l’ombre.
Même au coucher du soleil, le ciel doit encore se peindre de gloire.
Je dis cela non seulement pour moi, mais pour tous ceux qui pourraient être tentés de croire que leur œuvre est achevée parce que le monde leur dit de “prendre leur retraite”.
Non. Vous pouvez vous reposer. Vous pouvez changer de voie. Mais vous ne devez jamais cesser d’avancer.
S’arrêter, c’est rouiller.
Rouiller, c’est pourrir.
Et pourrir, c’est mourir — avant l’heure.
Alors continuez d’avancer, mes frères et sœurs. Continuez de penser. Continuez de bâtir. Continuez de donner. Continuez de créer.
Continuez de devenir.
C’est la loi. C’est le chemin. C’est la vie.
Voilà pourquoi j’ai choisi la voie de l’entrepreneuriat dans ma “retraite”…
Anonyme
En Mauritanie, on ne reconnaît pas des partis politiques, on reconnaît ses cousins
En Mauritanie, on ne reconnaît pas des partis politiques, on reconnaît ses cousins. À chaque vague d’“ouvertures démocratiques”, c’est le même scénario : les partis qui passent la barrière sont ceux qui jurent fidélité au système, ou mieux, ceux qui ont déjà un pied dans les salons de l’armée et un autre dans les mosquées des islamistes. Bref, la démocratie à la mauritanienne : on ne diversifie pas, on clône.
Le ministre de l’Intérieur est devenu le grand directeur de casting politique. Il distribue les rôles comme on distribue les cartes dans une partie de belote : toi, tu joueras le parti islamiste modéré ; toi, le parti centriste docile ; toi, le faux opposant toujours disponible pour signer un communiqué de consensus. Les autres ? Attendez treize ans, on vous rappellera.
Et le plus fascinant, c’est qu’il ne doute de rien. Tranquille, imperturbable, il fait comme si la démocratie était sa propriété privée, comme s’il pouvait prêter ou retirer le droit d’exister en politique selon son humeur du jour. C’est un peu comme si le gardien du stade décidait lui-même qui a le droit de jouer au football, et choisissait l’équipe qui doit gagner avant même le coup d’envoi.
Résultat : le pluralisme ressemble à une vitrine de boutique vide où l’on change seulement l’éclairage. On nous parle de diversité, mais on sert toujours la même soupe, réchauffée, avec juste un nouvel emballage.
À force de fabriquer des partis clones, le système n’ouvre pas la démocratie, il l’asphyxie. Et pendant ce temps, ceux qui représentent une vraie voix, une vraie alternative, attendent encore qu’on leur tende ce fameux récépissé. Autant attendre le bus à minuit dans un désert : on sait qu’il ne viendra jamais…
Wetov
Mamadou Sy
Mauritanie: La discrimination institutionnalisée
Le 19 août 2025, le ministère de l’Intérieur délivrait le récépissé de reconnaissance provisoire, à 5 partis ayant satisfait aux nouvelles conditions, notamment le parrainage-recommandation par 5 000 personnes réparties sur au moins 8 régions du pays, qui en compte 12, plus le district de Nouakchott, la capitale.
Les masques sont tombés. Les leaders bénéficiaires de la mesure appartiennent au même groupe ethnique. Il s’agit de:
1. Jamaa de Mohamed Jemil Mansour, ancien porte-voix de l’obédience islamiste Tewassoul
2. Hazm de Nour Eddine Mohamedou
3. Namaa de Zeinebou Taghi
4. L’Autre Choix de Mohamed Lemine El Mortaji El Wafi
5. Hissad de l’ex-député Abderrahmane Ould Mini, ex dirigeant du mouvement armé Les Cavaliers de changement
Une seconde salve de délivrance, d’une facture identique, pourrait suivre, avant la fin de l’année.
– Depuis leur accession au pouvoir en 2009, à la faveur du fameux putsch contre le président élu feu Sidi Mohamed Cheikh Abdallahi, les 2 généraux Mohamed ould Aziz et Mohamed ould Cheikh Ghazouani, n’ont permis l’émergence de l’opposition crédible. En revanche, ils réservaient, de facto, le privilège du droit biaisé, aux formations satellites de l’appareil de domination.
– Déjà, sous la dictature du Colonel ould Taya, les entités présidentiables, telles l’Union des forces démocratiques/ère nouvelle (Ufd-en) et Action pour le changement (Ac), subissaient l’exclusion aujourd’hui imposée au parti Réforme et action Globale (Rag) ainsi qu’à une multitude de mouvements porteurs de l’alternance socio-historique.
– A titre de rappel, le RAG déposait sa demande, dès 2013, conformément aux dispositions de la n° 91-024 du 25 juillet 1991. Les autorités du moment ont récemment enfreint les clauses du texte initial, quand elles orchestrèrent la mise à l’écart des candidats dotés d’une assise populaire afin de limiter, la compétition du suffrage universel direct, à la reproduction de l’hégémonie héritée du coup d’Etat de 1978. En particulier Rag et les Forces progressistes du changement (Fpc) continuent à faire les frais de l’acharnement de la gouvernance ethno-tribale à contourner la vérité des urnes.
La preuve de la ségrégation est à présent administrée, devant l’opinion, hors de toute ambiguïté. Le verrouillage du multipartisme vise à éliminer, de la concurrence, les représentants des communautés autochtones, en somme les noirs subsahariens de Mauritanie, à la fois vivier de la dissidence, victimes de l’impunité et foyer structurel de la misère.
Au lieu de s’en tenir au modèle déclaratif par simple dépôt de la demande, c’est désormais le ministre de l’Intérieur qui apprécie, valide et rejette les requêtes, à l’abri du moindre recours.
La Mauritanie vient de régresser au régime de l’autorisation préalable qu’elle adapte, maintenant, aux intérêts, à court terme, d’une ultra minorité nantie de l’essentiel des leviers de la contrainte et de la prédation.
Le parti Rag et ses alliés prennent acte de la provocation et se préparent à y réagir, selon les modalités de la lutte non-violente, sans jamais fermer la porte aux opportunités du compromis. L’agonie du système anachronique requiert un accompagnement empreint de prudence, à l’heure où les périls décisifs cernent une Mauritanie dorénavant livrée à la nuisance de mains inexpertes.
La Commission de la Communication
Assemblée nationale : Le Conseil constitutionnel invalide des articles du RI immunisant les députés
La Dépêche – Décidément, la nouvelle réforme du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale n’a pas livré tous ses secrets.
Le Conseil constitutionnel vient, en effet, révèlent nos confrères de Alakhbar, d’annuler plusieurs dispositions du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, estimant qu’elles contreviennent à la Constitution, notamment en ce qui concerne la protection juridique du président du Parlement et des membres du gouvernement.
Dans sa décision, le Conseil a particulièrement pointé du doigt des articles visant à « immuniser » certaines hautes personnalités de l’État contre les critiques, considérant que cela portait atteinte à la liberté d’expression des députés et limitait leur rôle de contrôle sur l’action gouvernementale – un principe fondamental garanti par la Constitution.
Les dispositions invalidées incluent des tentatives de protection du Premier ministre, du président du Parlement, des membres du gouvernement ainsi que d’institutions constitutionnelles. Le Conseil a également annulé des passages visant à pénaliser tout « mépris » envers l’Assemblée nationale ou son président.
Parmi les suppressions notables figurent la première phrase de l’article 80, la sixième de l’article 45, et la dernière ligne du troisième paragraphe de l’article 55, qui aurait permis de clore une session parlementaire extraordinaire dès la fin de son ordre du jour – une disposition jugée contraire à l’article 53 de la Constitution.
Le Conseil a motivé sa décision en invoquant une contradiction avec les articles 2, 10, 42, 43 et 50 de la Constitution mauritanienne, qui consacrent la liberté d’expression, la responsabilité du gouvernement devant le Parlement et la mission de contrôle exercée par ce dernier.
Par ailleurs, l’instance a rappelé que les mesures de protection excessive envers les responsables politiques étaient incompatibles avec la loi 021/2022, relative à la protection des symboles nationaux et à la criminalisation des atteintes à la dignité de l’État et des citoyens. Elle a souligné que des textes juridiques déjà en vigueur suffisent à garantir le respect des institutions sans restreindre les libertés fondamentales.
En conclusion, le Conseil constitutionnel a rappelé que toute loi ou disposition réglementaire contraire à la Constitution doit être modifiée ou abrogée, afin d’assurer la primauté du droit, la justice et la stabilité sociale.




