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Tribune libre : Monsieur Ghazouani, veuillez réviser votre copie…/par Bah Ould Saleck
La Mauritanie serait un « accident de l’Histoire », selon François Mitterrand, l’ancien président français… Si tel est le cas, alors c’est bien un miracle que notre Pays soit encore debout, après avoir échappé à ce constat funeste. 61 ans après avoir fondé un Etat-nation à partir de rien, il est vrai, la Mauritanie a réchappé à nombre de ruptures stratégiques qui auraient pu ébranler ses fondations et la faire disparaitre de la carte du Monde. Voici pêle-mêle quelques exemples de ces défis majeurs auxquels nous avons fait face : les appétits expansionnistes de notre royal voisin qui nous a revendiqué 9 ans durant comme territoire « marocain », nous réfutant la qualité d’Etat indépendant ; les colonnes du Polisario qui ont bombardé Nouakchott plus d’une fois, armées par l’Algérie, pour nous punir d’avoir pris un petit morceau du territoire sahraoui abandonné par l’Espagne franquiste agonisante ; les crises de division ethnique et menaces de guerre civile en 1966 et 1989, fomentées par les chauvins des deux ethnies principales : maures et toucouleurs ; les sécheresses multiples et famines dévastatrices en -1973/1983- ; l’exode rural massif vers Nouakchott ; la guerre du Sahara ; les putschs militaires incessants et l’instabilité chronique des élites dirigeantes ; les attaques répétées des hordes sanguinaires de jihadistes algériens probablement téléguidés contre la Mauritanie pour telle ou telle lubie géopolitique de leur commanditaire ; le pillage des ressources par quelques nouveaux riches voraces et inconscients avec l’appui de la mauvaise gouvernance perpétuelle de l’Administration.
Des réalisations, des vraies
Au vu de ce sombre tableau, c’est un miracle en effet que la Mauritanie soit encore du concert des nations, « Contre vents et marées », dixit feu Mokhtar Ould Daddah, le Père-fondateur, qui a donné ce titre à son livre-Mémoires.
Le Père de ce miracle a subi et résisté à bon nombre de ces crises durant son magistère de 1960 à 1978. Il a pris des décisions heureuses et/ou malheureuses parfois, souvent hardies, mais de celles qui lui ont survécu et que l’Histoire et la mémoire collective retiendront , celles qui ont notamment « fait du bien aux gens et ont laissé trace sur terre », sourate 13 du saint Coran, ce qui lui vaut d’être certainement parmi les élus d’Allah ; on peut compter les réalisations suivantes : la sortie de la Zone franc-Cfa et création de l’Ouguiya, la monnaie nationale ; la nationalisation de la Miferma –Mines de fer de Mauritanie-propriété du banquier français Rothschild, un Etat dans l’Etat en son temps à Port-Etienne ( débaptisé en Nouadhibou ) et Zouérate – et création de la SNIM ; nationalisation du Cuivre d’Akjoujt ; nationalisation de l’Eau et de l’Electricité, création de la Sonelec ; Port en eau profonde de Nouakchott ; nationalisation du système bancaire ; la mauritanisation des secteurs du BTP et de l’Import-Export ; la création de la Sonimex pour réguler les prix des principaux produits de consommation populaire ; la Route de l’Espoir Nouakchott-Néma -1.100 kms- que la Banque mondiale avait jugé non rentable ; la création de l’OMVS dont la Mauritanie est copropriétaire des eaux du fleuve Sénégal et des ouvrages –barrages de Manantali, Diama et autres ; l’Hôpital national, Air-Mauritanie, des aéroports dans nombre de capitales régionales, le Lycée national de Nouakchott, une Ecole normale supérieure, l’Ecole nationale d’Administration, un Stade olympique, une Grande mosquée, une Bibliothèque nationale, un Musée national, une Maison de la Jeunesse et de la Culture, des Jardins-palmeraies à Nouakchott, une Médaille d’or du théâtre national ; une société de production de Cinéma, et surtout une école gratuite et de qualité pour tous du primaire au supérieur, et j’en passe… la liste est longue ; tout cela sans avoir contracté aucun prêt auprès du FMI et/ou de la Banque mondiale. Sa bonne et austère gestion des ressources, son charisme et sa diplomatie hyper active sur les 5 continents et au sein de toutes les Organisations régionales et internationales, lui permirent d’obtenir des dons et/ou quasi dons pour financer ces défis-réalisations. Félicitations pour ce bilan plus qu’honorable qui a été clôturé un funeste 10 juillet 1978 quand, assis sur son modeste tapis pour effectuer la première prière de l’aube, le lieutenant Moulaye Hachim vint lui signifier son « état d’arrestation ». Et la prise du pouvoir par l’armée. Il demanda alors une seule faveur : achever sa prière…
Dégringolade
Depuis lors la chance de la Mauritanie a tourné casaque, apparemment. Aujourd’hui, la dette nationale est estimée à 5 milliards de dollars américains, soit 65,6% de notre PIB – Produit Intérieur Brut-de 2020, estimé à 7.6 milliards US. Le ratio du service de cette dette pèse cette année pour 25,9 % de ce même PIB et ira en s’accroissant année après année. D’autre part, le Pays est très mal classé au niveau international dans les indices que n’importe quel investisseur et/ou décideur financier regarde quand vous lui citez le nom d’un pays, en le cas d’espèce : la Mauritanie.
Nous sommes placés au 167ème rang sur 189 pays dans l’Indice du Développement Humain du PNUD –Programme des Nations-Unies pour le Développement-, ce qui situe la Mauritanie dans la catégorie infâme des pays à « développement humain faible » ; à la 152ème place sur 190 au classement Doing Business de la Banque mondiale ; 137ème dans celui de Transparency International de l’indice de la Corruption sur 180 pays en 2019 et 40°sur 54 dans celui de Mo Ibrahim, pour la bonne gouvernance des chefs d’Etat africains.
Cela a dû faire rire « jaune » les éminents membres du Jury du Prix Mo Ibrahim quand des flagorneurs leur envoyèrent la candidature Azizienne pour être un récipiendaire de leur auguste distinction qui est alléchante, en effet : sa récompense est de 5 millions de dollars…
Pour revenir à nos problèmes de marasme économique national; il semble aussi que « le système bancaire est fragile et exposé à un risque systémique élevé ». Tel est le diagnostic d’une Note de conjoncture du Trésor français en 2021, qui notait aussi que « les finances publiques se dégraderaient fortement, via la chute des recettes domestiques »… Last but not least : l’exploitation du projet Gazier Grand tortue/Ahmeyim par British Petroleum est reportée à l’horizon 2023-2024, duquel la Mauritanie espérait tirer des royalties de l’ordre de 350 millions de dollars par an, dès cette année.
Ghazouani, l’Homme fort actuel, avait déjà prévenu les mauritaniens durant son unique Point de presse qu’il a accordé à des médias mauritaniens indépendants, il y a un an : « il faut compter sans le Gaz», leur dit-il, péremptoire. Ainsi le rêve de devenir le Qatar ouest-africain va s’évaporer comme les mirages de notre désert, car les recettes envisageables dans le cadre des accords léonins actuels ne couvriront au mieux des cas que le remboursement des intérêts d’une Dette, investie dans des projets non rentables, qui sont le plus souvent des éléphants blancs à la gloire de tel décideur mégalomane qui s’est largement sucré au passage de leurs juteux marchés d’exécution. Un exemple parmi tant d’autres : le tout nouveau Port de N’Diago, qu’aucune étude de marché, ni de rentabilité ne pourra démontrer la raison d’être, ni justifier son coût qui avoisine les 300 millions de dollars. Le projet est réceptionné, mais inexploité depuis déjà un an, dans l’attente des résultats d’une « étude ? » a posteriori…
Manne pétrolière chimérique
Alors, monsieur le Président Ghazouani, dites-nous, comment allez-vous procéder afin de sortir la Mauritanie de l’ornière où elle se trouve, vous qui connaissez mieux que quiconque les moyens modestes dont elle dispose intrinsèquement et le secret de ses chiffres, dès lors que vous mettez une croix sur le « rêve » gazier ? Comme ce fût d’ailleurs le cas avec le gisement Pétrolier du puits Chinguitty/Woodside, dont le pétrole a disparu dans les méandres de l’Atlantique, après avoir aiguisé les appétits de certains, au point de leur faire commettre le Coup d’Etat contre Ould Taya, dans ce qui ressemble à un hold-up , pour faire main basse sur un jackpot pétrolier factice.
Les bandits de grand chemin australiens de Woodside se sont bien frotté les mains d’avoir grugé la Mauritanie et la malheureuse Petronas malaisienne auxquelles ils ont cédé à prix fort un biseau sec de pétrole…malgré les réserves qu’ils disaient avoir prouvées. Maawiya exposait sur son bureau présidentiel très austère, des fioles de verre blanc, remplies d’or noir prélevé du prétendu gisement de Chinguetti ; il y jetait souvent son œil perçant et rêvait de devenir l’Ibn Saoud africain des temps modernes. Il se disait qu’avec cette manne inespérée, il sera aisé pour lui de financer le développement de la Mauritanie et d’en faire un pays émergent à moyen terme, voire un autre Dubai au Sahara, sans recourir au FMI ou la Banque mondiale, des institutions qu’il répugnait à recevoir ou à leur tendre la sébile nationale…On connait la suite : lui est exilé à Doha, le pétrole a disparu et avec lui les pétroliers australiens et autres malaisiens… Mais les problèmes de la Mauritanie sont restés en l’état déplorable où il les a laissés, voire se sont amplifiés à la puissance n depuis lors – 2005.
Avec une population de 4 millions d’habitants environ, soit l’équivalent des habitants de la ville-région de Dakar, la Mauritanie affiche en 2021 des indicateurs de sous-développement effarants.
Dans son Rapport sur le Développement Humain 2020, le PNUD nous apprend que : « En Mauritanie, 50.6 % de la population (soit 2,227 milliers de personnes) vivent en situation de pauvreté multidimensionnelle et 18.6 % autres sont considérées comme des personnes vulnérables à la pauvreté multidimensionnelle (soit 818 milliers de personnes). En Mauritanie, l’ampleur (l’intensité) des privations, c’est-à-dire le score moyen de privation dont souffrent les personnes en situation de pauvreté multidimensionnelle, s’élève à 51.5 %. » Ce constat est amer pour une croissance démographique somme toute raisonnable (2,7%), qui fait qu’en dépit des multiples ressources dont regorge la Mauritanie, une bonne partie de ses habitants vivent avec moins de 2 dollars par jour, c’est-à-dire moins de 70 ouguiyas nouveaux, ce qui est à peu près la recette quotidienne d’un mendiant, parmi les milliers qui s’agglutinent aux carrefours des artères de nos villes ou devant les épiceries pour riches, ou les banques en tendant leurs mains pour recevoir une pièce de monnaie de la part d’une âme charitable.
Risque d’implosion
Cette situation de pauvreté absolue et généralisée, qui n’échappe qu’à ceux qui se calfeutrent dans leur douillet confort, sous bonne garde, risque de faire imploser ce pays, tant le besoin d’argent pour survivre, manger, boire, se loger, se soigner, s’électrifier, s’habiller, éduquer ses enfants, téléphoner, est devenu la quadrature du cercle de n’importe quelle famille lambda, y compris au sein de la classe moyenne. Hormis ceux qui vivent aux basques de l’Etat, avec des salaires mirobolants, ce qui ne les empêche guère d’arrondir leurs fins de mois avec la prédation et la corruption. Le plus grave est que l’Etat soi-même semble être aussi fauché que le commun des mortels.Les chiffres sont têtus : nous subissons actuellement une décroissance de 3,2% de l’économie nationale au lieu d’une croissance anticipée par le FMI de 6,2%. Cette contraction de moitié de notre croissance économique serait due à l’effet Covid 19 dit-on, mais point que cela.
Le slogan populiste, selon lequel la Mauritanie est « un pays riche, et un peuple pauvre », fait florès dans tous les milieux, y compris éduqués, désabusés qu’ils sont par une accumulation d’échecs des politiques publiques menées par une haute administration dont l’incurie est légendaire, avec la complicité et sous la houlette des institutions de Bretton Woods et leurs autres avatars.
Au vu de cette situation, comment peut-on justifier que le salaire mensuel du président de la République mauritanien, fonctionnaire d’un pays pauvre, à 8 millions d’ouguiyas –environ 20.000 euros-, soit le double du salaire de son homologue français -la 5ème puissance économique du Monde – (11.833,33 euros, soit 4 millions et poussière d’ouguiyas) qui plus est pourvoyeur d’aide publique –l’impôt des français- à ce même pays pauvre, dont le chef d’Etat est mieux payé que le leur?
Quelles sont les performances économiques accomplies par nos présidents, actuel et passé, pour mériter un tel salaire de PDG de multinationale et qui situe la Mauritanie dans le peloton des chefs d’Etat les mieux payés du Monde, alors que c’est l’un des pays les pauvres sur terre? Ce ne sont certainement pas les errements des politiques économiques de l’ex-Président dont nous commençons déjà à payer les frais avec une dette étouffante et sans contreparties-projets rentables pour nous en soulager un tant soit peu qui nous fera digérer cette ponction substantielle sur les maigres ressources publiques. Il en va ainsi de tant d’autres salaires et traitements indus tout le long de la hiérarchie de la Haute fonction publique et militaire, aussi coûteuse qu’inutile, tant son rendement est imperceptible aux yeux du citoyen, qu’elle est censée servir et avec les impôts duquel elle vit.
Le temps est désormais aux vaches maigres comme décrit ci-haut et l’alerte à l’austérité s’impose. Il est urgent de réduire le train de vie de l’Etat, en commençant par son sommet, les salaires du Président et de ses ministres, sans oublier ses généraux, au lieu de pressuriser davantage les citoyens par les impôts et autres taxes pour combler le déficit budgétaire ( 5% du PIB) dans la Loi de finances rectificative 2020. Geste hautement symbolique s’il en est : rendre au Trésor public la moitié, ou davantage de son salaire.
D’autres hommes d’Etat ont par le passé mis en œuvre cette politique d’austérité afin de désamorcer les colères populaires quand elles commencent à gronder contre ses élites. Comme d’autres ont assumé leur appétit, aveuglés qu’ils étaient par leur cupidité, avant d’être ébranlés par des tsunamis de « gilets jaunes » qui ont jailli sans crier gare.
Au vu de la situation catastrophique de l’état économique et social présent de la Mauritanie, j’ai plongé comme à la recherche d’une bouée de sauvetage dans le programme présidentiel de l’Homme fort actuel, Ghazouani, intitulé « Mes Engagements pour la Patrie », afin d’y trouver des chiffres pour apaiser mon désarroi. J’y ai lu qu’il s’engageait à porter le budget de l’éducation à 20% d’ici la fin de son mandat en cours -2024-. Hélas, cela ne me parait pas être à la hauteur des défis que réclame la situation déplorable de notre système éducatif qui produit tous les ans des milliers de diplômés qui seront autant de chômeurs potentiels, ou autres islamistes radicaux probables, ainsi que tous ces jeunes « bandits », armés de couteaux, qui sèment la mort et la peur dans les grandes villes pour violer et/ou voler quelques ouguiyas. Tous sont des déclassés du système éducatif et le plus souvent issus des kebbas… Les tares du système sont nombreuses : niveau faible de l’élève et de son enseignant, surpeuplement des salles de classes, si tant est qu’elles existent, manque criant d’enseignants et de moyens pédagogiques, de sport et/ou de loisirs. L’école publique mauritanienne, celle des pauvres, donc de la majorité du peuple mauritanien, a besoin d’une « révolution », non pas de réformes, et de moyens conséquents pour la rendre performante et utile aux futures générations et au Pays. Il y a lieu de désamorcer cette bombe sociale à retardement au plus vite.
Priorité à l’éducation
Le budget de l’Education nationale devrait être élevé au rang de priorité nationale, bien avant celui de la Défense et même de la Santé. Sa part de budget devrait avoisiner les 50% de la dépense publique, durant deux décennies, ou davantage. Mais que cela soit au profit d’une école publique performante, creuset de la cohésion sociale et de l’unité nationale, républicaine et gratuite, qui offrira une éducation et une prise en charge boursière à tous les mauritaniens jusqu’au Doctorat.
La Mauritanie, avec peu de moyens durant les années 1960-78, a bien pu le faire pour notre génération, sans distinction de classes, ni de races. Voyez comment l’éducation, priorité nationale, a hissé des pays ravagés par la guerre, sans pétrole ni gaz, sans plan Marshall ni autre, tels que les 2 Corées -du Nord et du Sud- qui, en une génération, sont devenues pour l’une : puissance nucléaire et balistique rivalisant avec les USA et dissuadant ainsi la première puissance militaire et pour l’autre, celle du Sud, qui vient de surclasser la France en lui ravissant la place de 4ème puissance économique du monde. L’éducation est l’investissement le plus rentable et qui est le seul à même d’extirper les peuples de la pauvreté, qui handicape actuellement 70% de mauritaniens.
Autre engagement : accorder 20 milliards d’ouguiyas à l’agence Taazour, ex-Tadamoun, pour financer des filets de sécurité en faveur des trois millions de pauvres que compte notre pays. Ce qui équivaudrait à faire un cash transfert de 7.000 anciens ouguiyas pour chacun d’eux, une fois durant l’année, au mieux des cas…Ce qui est absolument insignifiant, face à la flambée des prix des denrées de première nécessité que consomment ces trois millions de démunis : riz, huile, sucre, thé, blé, lait en poudre et autres pâtes. Eux, ne mangent pas de méchoui…
Autre engagement-promesse du candidat-devenu Président : créer 100.000 emplois jeunes. Voilà une bonne initiative, qui attend d’être concrétisée d’ici la fin du mandat.
Non moins important, cet autre Engagement de construire 10.000 logements « économiques » au profit des habitants précaires des villes, un aphorisme pour ne pas dire les kebbas, ou bidonvilles. Si tant est que ce projet voit le jour, ce ne sera alors qu’une goutte d’eau dans un océan de taudis où survivent plus de la moitié des habitants de Nouakchott, de Nouadhibou et autres Rosso, Kaédi ou Kiffa… Le besoin urgent de logements sociaux connectés aux réseaux d’eau, d’électricité et d’assainissement s’élève à des millions.
J’ai le regret de vous dire que tous ces engagements ne me semblent guère être à la hauteur des enjeux et des défis du 21ème siècle mauritanien, à mon avis d’observateur.
Aussi est-il encore temps de réviser votre copie, monsieur le Président, et de proposer à votre mi-mandat un Plan global de développement autrement plus ambitieux pour redonner aux mauritaniens des raisons d’espérer l’avènement de jours meilleurs, voire plus heureux…ou d’entreprendre des décisions-surprises, courageuses et bénéfiques pour la Mauritanie, telles que celles qu’avait prises et réussies en son temps le Père-fondateur, Mokhtar Ould Daddah, paix à son âme ; ou d’engager des initiatives diplomatiques plus proactives pour mobiliser des ressources nouvelles, comme vous l’avez laissé espérer à Abu-Dhabi, il y a plus d’un an : quand on apprît que vous auriez obtenu 2 milliards de dollars auprès des Emirats Arabes-Unis pour financer une multitude de projets en Mauritanie, qui en a tant besoin. Où sont-ils ces milliards et ces projets ?
A bon entendeur, salut…
Bah Ould Saleck
Journaliste indépendant
LES REMERCIEMENTS DU PRÉSIDENT THIAM AUX MILITANTES DES FPC
En guise de gift pour la fête de Ramadan qui s’annonce, les Dames des FPC–Mauritanie viennent de me faire une belle surprise : une tenue éclatante et des chaussures de 1ere marque !Bref, me voila joliment habillé et chaussé pour la fête…Cillo – mon épouse – était toujours gênée de me voir porter de vieux boubous –doux sur la peau- que j’aime bien revêtir au salon , en guise de pyjama. Elle détestait, mais j’y restais attaché…Je soupçonne que ces Dames-camarades soient, à leur tour, incommodées de me voir souvent en ‘’chiggués’’, même pour les grandes occasions. Expression, certainement , douce et courtoise de protestation contre cette habitude…Mais que faire ? c’était ma manière d’être, qui n’aimait pas le froufrou et les grands apparats… J’aime les choses simples, ne me prenais pas toujours au sérieux et savais parfois rire de soi, comme dirait Hampathé BA …Merci, camarades- sœurs…
Samba Thiam.
Président des FPC
Mauritanie: une historique ONG antiesclavagiste apporte son soutien à Ghazaouni
Les ONG anti-esclavagistes, historiques et authentiques ont le courage de préserver leur lutte infaillible contre vents et marées quand le féodalisme et l’asservissement persistent, dénonçant de vive voix ces pratiques primitives et inhumaines.
Quand elles ne font pas de l’esclavage un fonds de commerce pour bénéficier de prébendes du pouvoir notamment des strapontins pour se murer dans le silence total devant toutes les obscénités de l’homme contre son frère l’homme, elles ne manquent pas d’exprimer leur satisfaction lorsque les régimes affichent des bonnes intentions et prennent des mesures visant à panser correctement, progressivement et irréversiblement la béante fracture sociale entre les communautés d’une seule et unique Nation.
AHME, l’Association des Haratines de Mauritanie en Europe, dont il est question ici, vient de se positionner par rapport à l’actuel régime de Nouakchott dirigé par le président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, clamant haut et fort, une fois n’est pas coutume son soutien au locataire du palais ocre.
L’actuel président loin de donner entière satisfaction à l’ONG anti-esclavagiste, s’est tout de même distingué, par l’instauration sans précédent d’un climat d’apaisement et d’une concorde nationale quoiqu’encore relative, fait-elle remarquer.
Nous enregistrons « avec satisfaction la désignation dans la première équipe de l’actuel président des ministres Haratine dont deux de souveraineté : la justice, garde des sceaux et l’intérieur et la décentralisation », ajoute AHME, qui parlant en termes de chiffres dit : « le gouvernement comporte en plus de la primature 4 ministres, une première en Mauritanie. Aussi beaucoup de cadres Haratine frappés par l’embargo de l’injustice et délaissés par le passé sont désormais actifs dans l’administration publique, trois bonnes dizaines selon Biram Dah Abeid président du mouvement abolitionniste IRA ».
Et de poursuivre : « cette ouverture bénéfique aux laissés pour compte, créa de l’amertume au sein de beaucoup de suprémacistes tapis à l’ombre parmi eux certains s’affichant même proches de l’actuel président mais dont les agendas cachés sont destructeurs ».
Rappelant sa position restée inchangée depuis 20 ans, au cours desquels, elle est demeurée un rempart contre toutes les formes d’injustice et tenace à ses principes, elle souligne chercher à travers cette prudente démarcation à privilégier « l’objectivité que la surenchère », à exprimer son soutien aux « actes forts posés par l’actuel pouvoir » et à souhaiter la reconnaissance des partis et associations toujours censurés ainsi que le retour à son poste du journaliste écrivain Elkowry Sneibe.«
Et si demain ce pouvoir venait de changer son fusil d’épaule, il trouvera AHME devant lui dure comme un rocher, comme elle l’a été toujours contre tous les pouvoirs chauvins depuis 2001 », conclut l’ONG anti-esclavagiste.
senalioune
𝗔𝘂𝘅 𝘀𝘂𝗿𝗽𝗿𝗶𝘀 𝗱𝘂 ” 𝗗𝗶𝘀𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗮 𝗱𝗶𝘀𝗰𝗿𝗶𝗺𝗶𝗻𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻”
!! Quiconque ne voit pas l’exclusion de certaines composantes nationales du système politique, culturel et médiatique, soit a des problèmes de vision, ou ne voit que ce qu’il voudrait bien voir.
D’ailleurs, peu importent les causes de cette myopie!
Avec leur permission, je me permets d’énumérer des exemples de ce sentiment de se sentir étranger chez certains qui est, hélas, sujet d’ironie chez ces “myopes”!
Les causes de ce sentiment de se sentir étrangers chez eux pour certains sont évidentes. Surtout pour quiconque suit les médias. A n’importe quelle heure de la journée, on constate l’incongrue niveau de présence des langues nationales.
Ce niveau est si faible qu’il inspire, ironiquement, un adage en hassaniya “ce qui revient aux négro-africains à la Radio “. Expression toute faite de déni, teinté de rejet et d’insatisfaction!
D’ailleurs, le dernier rapport publié par la HAPA en parle de manière crue. Il a documenté en minutes, pourcentages et heures de diffusion, “ le temps d’antenne réservé à ces communautés” dans l’espace audiovisuel national. Ici, faudrait-il noter que seule la chaîne Al-Mourabitoun déroge à la règle, étant la seule, parmi toutes les chaînes TV dites nationales, à offrir un programme d’information dans les langues nationales aux heures de pointe.
L’ exclusion est également dominante dans les divers programmes scolaires. Elle se reflète aussi dans le déni de l’apport de ces communautés dans l’histoire commune de la Nation. Et ceci se reflète grandement à travers le narratif ventilé sur les aspects de l’expression culturelle ou sur la valorisation des symboles qui ont marqué l’histoire du pays, à l’image de la mémoire trop sélective de “la résistance”.
La discrimination est aussi incarnée par l’absence totale du poular , du Soninke et du Wolof du système éducatif.
Il est déplorable que l’expérience de l’Institut des langues nationales ait été étouffée dans l’œuf, de sorte que des citoyens du pays sont privés d’apprendre et d’enseigner leurs propres langues. Pourtant, les mêmes obscurantistes qui défendent l’exclusion ne cessent de mettre en avant la pertinence de rapports et de recommandations successifs qui mettent en avant, et sans cesse, l’importance d’apprendre dans la langue maternelle !!
Peut-être que ceux qui sont dérangés par le discours de l’exclusion considèrent que ces “exclus” n’ont même pas de mère pour leur léguer une langue!!!
L’exclusion nous rappelle d’elle-même chaque année lorsque nous faisons, à tour de rôle, la navette entre les villes anciennes où nous célébrons (à juste titre) leur grandeur de jadis! Seulement, les concepteurs (et leurs exécutants) des politiques de déportation et d’exclusion s’entêtent à refuser de valoriser des pans de l’histoire de ce pays. C’est ainsi que sont ignorés l’empire du Ghana et le royaume du Tekrout. D’ailleurs, il y a seulement deux ans, la deuxième personnalité de la République se moquait des propos d’un interlocuteur qui evopquait celà, se vantant ignorer même d’ignorer la capitale de cet empire. L’affaire est tout simplement catégorisée comme le reflet du sarcastique et méprisant humour du président!!
Ce sont là des exemples du visage terne de la discrimination que j’ai choisi dans les domaines médiatique et culturel.
J’ai sciemment omis ses manifestations dans tous les autres domaines.
Ahmedou Ould Waddia
Face à Ould Abdel Aziz : Le gouvernement manœuvre-t-il bien?
Mohamed Ould Abdel Aziz n’est visiblement pas prêt à se laisser liquider par son successeur et désormais ex-ami, devenu, au vu de ce qui se déroule sous nos yeux, un adversaire déclaré. Accusé des pires reproches dont on puisse accabler un ancien président de la République – blanchiment d’argent, corruption, entrave à la justice – puis inculpé et placé sous contrôle judiciaire strict depuis le 13 Mars dernier – une Première dans notre pays – alors qu’il s’était présenté en « président des pauvres », lors de son deuxième coup d’État en Août 2008 – le pourfendeur de la gabegie et auteur des plus « inouïes grandioses réalisations », l’ex-Président Aziz est plus que déterminé à laver l’affront. « Je ne recule pas devant ce que je considère comme une volonté de m’humilier, de salir ma personne », lâche-t-il en substance. Contrairement à son éphémère ancien ministre de la Défense, un marabout, Ould Abdel Aziz est un guerrier, un homme à sang chaud, qualifié par certains d’impulsif, fonceur, voire bulldozer.
Et c’est justement ce tempérament qui le fait sortir de ses gonds, contre ce qu’il considère comme une « campagne de diabolisation » de la part de nos gouvernants. Le tombeur de Sidioca doit se présenter trois fois par semaine à la direction de la police, un corps qu’il avait réduit presque à néant, et ne peut désormais plus, autre affront, effectuer ses navettes entre Nouakchott et son ranch à Bénichab. Qu’à cela ne tienne, l’ancien général entend se battre les armes à la main, un peu à l’image de son défunt ami maréchal du Tchad, Idriss Deby, mort dans des conditions encore guère éclaircies. Au front contre les rebelles ou abattu par un proche ?
Le général Aziz est, quant à lui, bel et bien au front, à ceci près qu’il ne dispose plus de son bataillon tant redouté jadis, le BASEP, transformé fin 2019 en Compagnie de Sécurité Présidentielle (CSP). Mais il dispose toujours de sa témérité qui le poussa à perpétrer deux coups de force en moins de cinq ans. Suffira-t-elle ? Difficile à croire : l’homme a perdu presque tous ceux qui lui couraient derrière ou courbaient l’échine devant lui…« Ils n’étaient fidèles qu’à leurs intérêts », regrette-t-il aujourd’hui. Trop tard, non ? Et le voilà donc à jouer sur d’autres fibres, en tirant simultanément sur le pouvoir de son ex-compagnon de 40 ans et sur l’opposition –cette pauvresse qu’il méprisa dix ans durant – pour tenter de se construire un nouveau bataillon. Certainement pas du côté de l’Assemblée nationale, comme il s’y ingénia sous feu Sidioca, qu’il accuse maintenant d’avoir été achetée pour approuver la fondation de la CEP qui a mis à nu tout le système de malversations qu’on lui impute et dont les enquêtes n’évoquent pas moins de 41 milliards d’ouguiyas douteuses, entre lui et divers de ses proches.
Fin stratège des coups de force et opportuniste hors pair, Ould Abdel Aziz entend plutôt surfer sur les mécontentements populaires. Les lenteurs du gouvernement, reconnues par le Premier ministre lui-même, face aux difficultés de la vie aggravée par la flambée des prix, aux injustices criantes déplorées par plusieurs corps socioprofessionnels, à l’absence d’une administration réellement au service du citoyen et – tiens donc… – à la corruption. Il n’en loupe pas une, l’ex-Président, pour noircir le tableau de son ex-ami !
Règlement de comptes personnel ?
Même si le rapport de force penche aujourd’hui du côté du marabout-Président, la manière de gérer le dossier dit de « La » décennie ne plaide pas en faveur du pouvoir. Après avoir tenté de prendre ses distances – le président de la République et son ministre de l’Intérieur répétant que le gouvernement n’interfèrerait pas dans ledit dossier – on semble tergiverser. Sinon, comment comprendre qu’à chaque sortie tonitruante de l’ex-Président, le gouvernement s’agite, pour ne pas dire panique, via ses forces de l’ordre. Ce fut le cas lors des deux premières conférences de presse de celui-là. Non seulement on interdisait aux hôtels privés de les abriter mais, plus grave, on mettait en garde les chaînes de télé privées contre les risques à retransmettre les activités d’Ould Abdel Aziz, comme s’il représentait un danger public pour le pays.
Si tel est le cas, pourquoi ne le jette-t-on pas en prison ? Malaise : tandis qu’on mobilise et braque toute la République sur cet homme, certains de ses supposés exécuteurs d’ordre, très décriés sous son règne et inculpés comme lui, pavanent en certaines manifestations, comme celle du parti au pouvoir ;on leur accorde même des gros plans à la télé publique. Saisie de leurs biens ? On n’en a pas ouï dire… On est où, là ? En agissant de la sorte, le gouvernement du président Ghazwani et/ou certains segments du pouvoir donnent bel et bien l’impression du « deux poids et deux mesures ». On accrédite ainsi la thèse de l’ex-Président et de ses conseils : seul visé dans le dossier, Ould Abdel Aziz en serait le bouc émissaire, un adversaire à abattre et à qui l’on doit donc régler les comptes. Or il n’est pas le seul inculpé, même si l’on considère qu’il porte, en sa qualité d’ex-chef de l’État, la plus lourde responsabilité de ce qui lui est arrivé.
L’attitude du gouvernement ou de ceux qui tirent dans l’ombre les ficelles, montre des limites…à moins que l’objectif inavoué et impensable soit d’assurer à Ould Abdel Aziz une campagne de publicité gratuite. Ghazwani v/s Ould Abdel Aziz, Ould Abdel Aziz v/s Ghazwani, seul spectacle autorisé pour x mandats…et le système militaire garanti jusqu’à perpette ? A contrario, si le pouvoir veut en finir avec celui qui se considère ou, qui sait, qu’il considère lui-même comme son seul adversaire, il doit s’y prendre autrement. Laisser la justice poursuivre son travail en toute indépendance, comme cela semble encore le cas à ce jour, lui garantir ses droits dans un procès équitable, si la justice en ordonne la tenue : on attendra alors le verdict. Ensuite, le laisser faire de la politique, comme il en a le droit, en plein respect des règles de l’art. Et, à l’arrivée, les urnes parleront. Faute de quoi, Ould Abdel Aziz ne cessera de hurler à la chasse aux sorcières et de se présenter en victime du régime de son ex-compagnon d’armes. En bref, le pouvoir ne doit pas céder à la provocation, d’où qu’elle vienne.
De son côté, l’ex-Président aurait tout intérêt, s’il est aussi propre sur lui qu’il le prétend, à se plier aux instructions de la justice et de l’administration, cesser de narguer, pour ne pas dire provoquer le pouvoir, en le poussant dans ses retranchements… et ne surtout pas prendre les Mauritaniens pour des amnésiques. Il pourrait en assumer de fâcheuses conséquences.
Dalay Lam
le calame




