Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Category Archives: temoignages

DROIT DE REPONSE d’ABDERRAHMANE 0uld Ahmed à l’ex-lieutenant Sy Mohamedou – See more at: http://rapideinfo.net/node/6418#sthash.UN27v85V.dpuf

DROIT DE REPONSE d’ABDERRAHMANE 0uld Ahmed à l’ex-lieutenant Sy MohamedouMr Sy, vous venez de démontrer que le noble sang négro-africain qui circule dans vos veines n’est que du Bissap ! Tout cela pour obtenir un misérable RMI et quelques euros pour continuer à vivre en France.
Vous me surprenez ! Je ne comprends pas votre tentative vaine de disculper un système que vous avez tant décrié, avant d’obtenir la maigre faveur de réfugié politique en France. 
Le pouvoir mauritanien et l’Etat major général des forces armées sont mieux placés que vous, pour savoir qui a été arrêté, qui a été tué, qui a été libéré, qui dit vrai et qui raconte des mensonges.
Primo, ce n’est plus un secret, et je l’ai crié sur tous les toits à Nouakchott ! Nombreux sont ceux qui savent que j’ai été reçu dans leurs propres bureaux, par le colonel Hassan Ould Meguett et par son frère, le général Mohamed Ould Meguet, Directeur général de la sûreté mauritanienne. Deux tortionnaires que je dénonce et qui n’ont rien pu démentir. Avant de me laisser sortir de leurs bureaux, ils m’ont avancé des propositions pour que je me taise, dont un poste de Directeur général du port de Nouadhibou. Pourtant, aucun d’eux n’a pu démentir les évidences de mes propos, contre lesquels ils n’ont trouvé implicitement aucun mensonge ou inexactitude.
Secundo, j’ai adressé une lettre ouverte à la Présidence de la république avec décharge Pourquoi me laisse-t-on circuler librement, si tout ce que je suis en train de dire est mensonge ? Pourquoi ne m’arrête-t-on pas, malgré les graves accusations que j’adresse à l’armée, à des officiers supérieurs, à l’Etat ? Pourquoi ne met-on pas fin à mes «mensonges » si tout ce que j’ai dit ne sont que des contre-vérités ?
Pourquoi je n’ai pas été à INAL 1 et INAL 2
A INAL 1, en 2011, la carte était jouée par mon parent et frère BIRAME que je connais mieux que tout le monde. Je l’ai connu alors qu’il était greffier à Nouadhibou. Lui, il sait très bien que je faisais partie des victimes. Il m’avait contacté pour l’accompagner à INAL, et j’ai été parmi les premiers à l’avoir mis dans le bain sur ce qui s’était passé là-bas, entre 1990 et 1991. J’avais refusé de l’accompagner parce que je connaissais la carte qu’il jouait, un film à vendre à Genève pour mieux provoque l’horreur chez les occidentaux. Ce qu’il a réussi au passage. Il avait également cherché à m’amener à Genève pour que mon témoignage accrédite son scénario. J’ai refusé parce que tant que faire se peut, je veux obtenir la justice ici en Mauritanie et entre Mauritaniens.
A Inal 2, en 2012, pourquoi Sy Mahamadou n’a pas amené avec lui les autres victimes d’INAL dont il prétend être le porte-parole et la mémoire vivante ? C’est parce que lui aussi, comme BIRAME, voulait tirer la couverture sur lui. Il voulait jouer en solo sa propre carte à vendre à l’étranger pour continuer à mériter les subsides qu’on lui offre.
Pour émouvoir sa clientèle naïve, il s’est même fait filmer, pleurant en sanglots, à côté de quelques mères éplorées et de veuves de victimes. Est-ce l’attitude d’un officier supérieur digne de ses galons?
J’avais été arrêté par le commissaire Boya Ould Cheikhna, l’Inspecteur Mohamedou Diop, l’agent Baba Ould Baba et l’agent Houssein Ould Sankara, le 27 octobre 1990. Ils sont tous encore vivants et la plupart est encore en service. Attends Monsieur Sy, que ces gens-là viennent démentir mes propos avant que ce ne soit toi, le respectable auteur de ” l’enfer D’INAL” qui le faite. Pourquoi d’ailleurs, tu es le seul à trouver urgent de me démentir, pour une cause que tu prétends défendre, et dont tu cherches en réalité à faire une exclusivité et un gagne-pain que personne d’autre ne doit te disputer ?
Pourquoi, en tant que civil, j’ai été envoyé au mouroir d’INAL qui ne serait prédestiné, selon toi, que pour les militaires négro-mauritaniens ? Je vous renvoie la question. Pourquoi des militaires étaient séquestrés au commissariat de police, avant d’être embarqués pour le camp de la mort ? Les militaires et gendarmes étaient toujours pourtant recherchés ou arrêtés par la police militaire et non par les simples policiers de commissariat. Je n’oublie pas effectivement que c’est le 18 mars 1991 que nous avons été déversés, comme des morts –vivants, à la base Wajaha pour être jetés la même nuit, à l’aube ; à quelques mètres de mon domicile. Dans cet état de décrépitude où nous étions, qui pouvait reconnaître qui, monsieur Sy ?
J’avais été arrêté la même nuit que notre regretté Ly Moussa, le 27 octobre 1990.
 Ce dernier, brillant homme d’affaires négro-africain de Nouadhibou, succombera sous les tortures inhumaines, la même nuit. Le maire de la ville à l’époque, Ould Abeidana, le commandant de brigade de la gendarmerie, le tristement célèbre Chakkar, le colonel Sid´Ahmed Ould Boïlil et enfin le Wali, intègre, musulman, qui s’était opposé catégoriquement à ce qui se faisait et dont la disparition dans un avion avait alimenté toutes les rumeurs, s’étaient déplacés personnellement au commissariat pour constater le décès de Ly Moussa. Sa famille resta une semaine sans être informée. Elle lui amenait chaque jour ses trois repas quotidiens.
Aujourd’hui la seule carte qui reste pour l’ex-lieutenant, Sy Mahamadou, est de se vendre, en volant au secours du système qui l’a fait fuir de son pays et qui avait pourtant assassiné affreusement ceux dont il prétend aujourd’hui défendre la mémoire.
Personnellement, j’ai refusé catégoriquement les multiples statuts de réfugiés octroyés à tous ceux qui, comme vous, ex lieutenant Sy, ont préféré faire les Matamores, c’est à dire guerroyer hors du champ de combat. Je combattrai ici en Mauritanie, sur le sol mauritanien, face à face avec mes adversaires. Je vous le répète, j’ai refusé les multiples propositions de statut de réfugié automatique.
Autre preuve de votre désengagement pour la cause des martyrs d’INAL, lors de mon passage en France, le 19 juin 2015, j’avais rencontré l’ex sergent de la marine nationale Samba Thiam et l’ex adjudant de la marine Papa Sali Kane, deux témoins de mon passage à INAL. Ils voulaient organiser une rencontre avec toi. Ce que tu as catégoriquement refusé.
En plus, je suis resté à Genève jusqu’au 3 juillet 2015, pour participer à la 29ème session des droits de l’homme. J’ai fait une déclaration devant toutes les organisations internationales. Pourquoi notre fameux héros national, protecteur de la mémoire des Martyrs d’INAL ne sait pas présenté pour démentir mes propos ? Pourquoi lui même n’a t il pas participé pour défendre la cause ?
Enfin, les derniers qui se sont engagés à mes côtés, notamment le président BALAS et son parti, Arc-en-ciel, ne l’ont pas fait par légèreté, mais plutôt parce qu’ils ont été convaincus de la clarté de mes propos et de l’irréfutabilité des preuves que je leur ai montrées, puis remis. Ils ont plutôt fait preuve de courage et de témérité, de noblesse et de patriotisme, pour oser, là ou tous les autres, hommes politiques comme prétendues ONG , ont fui l’adversité, en faisant marche arrière, me fuyant comme un pestiféré et qui ont été amenés, inconsciemment ou non, à me combattre et à me diaboliser.
C’est ce qui explique pourquoi ces soit disant ONG de défenses de droit de l’homme et ces personnalités politiques refusent à ce jour, de me soutenir et de répondre à mes appels, que ce soit pour assister aux nombreux sit-in que j’organise ou les conférences de presse que j’anime.
Enfin, ceux que Mr Sy indexe à la fin de son texte, ces naïfs qui prennent, selon lui, à la légère toute histoire inédite parce que c’est quelqu’un d’autre qui la leur raconte, je pense qu’il veut parler du parti Arc-en-ciel le PMC et de son président Mr Balas. Parce que c’est d’eux qu’il s’agit. Eh bien, je lui répondrais qu’ils ne m’ont pas soutenu par légèreté, mais plutôt parce qu’ils sont en adéquation avec leur philosophie politique, c’est-à-dire la lutte contre l’impunité en Mauritanie. Eux, ils s’occupent des problèmes et des soucis de leurs concitoyens en partageant avec eux leurs souffrances, sur cette ingrate terre de Mauritanie. Eux n’ont pas fui pour mener une vie tranquille et dorée de réfugié politique vivant de subsides offerts par des étrangers en terre étrangère. Ils n’ont pas délaissé leurs concitoyens et n’utilisent pas la politique pour chasser des intérêts égoïstes et personnels. Ils participent à la reconstruction d’une Mauritanie dont la base devra être assainie et le fondement durable.

ABDERRAHMANE Ould Ahmed

rapideinfo

Partagez

Un civil à Inal ? Par Mahamadou SY

Un civil à Inal ? Par Mahamadou SYJ’ai suivi sur le net le témoignage émouvant de Monsieur Abderrahmane Ould Ahmed, hartani, civil qui aurait vécu le même calvaire que moi à Inal. J’ai eu l’impression de relire “L’enfer d’Inal”, mais d’un autre auteur. Je devrais être heureux de voir un mauritanien issu d’une autre communauté confirmer mes dires avec en sus des détails. Mais ma conscience me dicte une autre attitude.

Loin de moi l’idée de m’accaparer « Inal » qui, symboliquement parlant, appartient plus à ceux qui y sont couchés qu’à n’importe qui, pas plus que je ne cherche à en faire une victimisation exclusivement communautaire. Juste les faits. Sans plus. Je ne suis pas le seul rescapé du camp d’Inal, nous en étions 96 en effet. Et près de la moitié est encore au pays. Mais pas un seul d’entre eux ne pourra confirmer la présence d’un hartani civil parmi nous. Nous nous connaissions tous pratiquement.

Si le 18 mars il totalisait 5 mois de détention, cela signifie qu’il aurait été arrêté en mi octobre, on n’oublie jamais la date de son arrestation. Comment expliquer alors que personne ne l’ai remarqué à Inal, à la base Wajaha de Noudhibou, à Jreïda et à N’ Beyka où le gros du groupe fut libéré le 18 mars 1991 ?

Première incohérence : Partout dans le monde, même en Mauritanie (je devrais plutôt dire surtout en Mauritanie), la police a toujours évité de se mêler de ce qui se passe dans la grande muette. Il n’est peut être pas nécessaire de rappeler que ce qui se passait à Inal n’était géré que par l’armée.

Deuxième incohérence : Dans la région de Nouadhibou des policiers, des gardes, des douaniers, des gendarmes ont été arrêté torturés et enfermés, tous à Nouadhibou. Pas un seul d’entre eux n’a mis les pieds à Inal. Alors qu’on m’explique pourquoi un civil arrêté par la police à Nouadhibou serait envoyé à 255 km de la zone de compétence de cette dernière ?

Troisième incohérence : Nous savons tous que seule la communauté négro-mauritanienne était visée. Pour preuves un groupe de 25 soldats des premières victimes arrêté à Boghe et Alèg ont été envoyés à Inal, de ce groupe, seuls deux personnes ont survécu (Ahmed Salem et Youba DIA ). On a découvert à Inal qu’ils étaient tous deux des métisses hartani et peul. Le fait de n’être pas des négro-mauritaniens à 100/100 leur a sauvé la vie, tant mieux pour eux.

Par contre, ils sont allés grossir le rang des tortionnaires. Pourquoi alors un civil, hartani de surcroît ferait une exception ? Quatrième incohérence : Pourquoi un homme qui dit ne craindre personne et être prêt à mourir pour défendre ses idées aurait-il attendu 25 ans pour sortir de l’ombre. Deux pèlerinages à Inal ont été effectués en 2011 et 2012, où était notre vaillant guerrier ?

Une précision, aucun prisonnier n’a été enterré dans la base, tous l’ont été autour du terrain de sport ou le long de la ligne de crête qui protège la base des vues à partir de la voie ferrée. Je comprends qu’une âme sensible puisse être choquée par le vécu des rescapés au point de se reconnaitre dans leur douleur face à une telle barbarie, mais de là à tenir des conférences de presse en se faisant passer pour un rescapé …

Les faits sans plus disais-je plus haut, laisser passer un pareil mensonge serait rompre l’engagement que j’ai pris ce 24 novembre 1990 au matin à Inal quand j’ai croisé pour la dernière fois le regard du Lieutenant SALL Abdoulaye et que j’ai compris que c’était fini. Ce jour-là je me suis promis de faire savoir tout ce qui s’était passé à Inal, si je m’en sortais. Donc me taire serait participer à une falsification de l’histoire.

Je suis encore plus choqué par la légèreté avec laquelle certains se sont jetés sur cette histoire pensant tenir le bon bout parce que cette fois c’est quelqu’un d’autre qui la leur contait. Aucun civil maure, hartani ou pas n’a été torturé à Inal en 1990. Pas un seul.

© ODH-Mauritanie ODH-Mauritanie Vendredi 14 août 2015 00h15

Partagez

Hommage à un autre Baobab, fils de Dounguel ( Aéré Mbar ), du combat pour l’égalité de tous les citoyens mauritaniens.

Hommage à un autre Baobab, fils de Dounguel ( Aéré Mbar ), du combat pour l'égalité de tous les citoyens mauritaniens.       Arc-En-Ciel – Dejà, en février 1966, comme un prophète, Amadou Malick Gaye, prédisait au président de la république, Moctar Ould Daddah, dans une lettre prémonitrice, ce qui arriverait à notre chère Mauritanie, si d’urgence on ne revoyait pas l’inégalité, le racisme et le tribalisme qui s’installent en Mauritanie et par voie de conséquence, feront planer sur notre beau pays, le plus grand danger, sur son Unité.

Moctar Ould Daddah et le système politique naissant n’en ont eu cure et ce sont dit: laissez-les aboyer, la caravane passera. Amadou Malick Gaye, comme Tenguela Amadou Diadié Bâ, et bien d’autres que Arc-en-ciel, Le PMC, installera bientôt, à notre panthéon, seront toujours cités en modèle, en exemple, pour galvaniser notre jeunesse, encline, pour la plupart à la soumission, au fatalisme, à l’abdication, ou plus grave à la dérobade.

A ce 26 eme anniversaire, Arc-en-ciel, Le PMC, dit à Amadou Malick Gueye, tu es la sève qui nous nourrit et nous galvanise, nous ne t’oublierons Jamais. À l’ensemble des membres de vos familles et de vos amis, qu’ils trouvent ici, notre reconnaissance éternelle.

Président
Alassane Hamady Soma Bâ
Dit
Balas.

Partagez

Souvenir et témoignage sur les évènements de 1989 (cas du Tagant )

TEMOIGNAGE SUR LES DEPORTATIONS  EN MAURITANIE 1989   CAS DU TAGANTLa déportation est l’action d’obliger quelqu’un, le plus souvent un groupe de personnes, de quitter son habitat, son territoire ou son pays.

Dans le droit français, la déportation occupe la troisième place après la peine de mort et les travaux forcés à perpétuité pour sanctionner ceux qui ont commis des crimes contre la sûreté de l’état ; dans certains cas, la déportation a pour objectif la destruction physique notamment dans le génocide des Arméniens, des Juifs et des Tsiganes.

C’est cette destruction physique que visaient les déportations en Mauritanie dont les victimes ne sont coupables d’aucun crimes ; sinon d’être nés noirs et de vouloir le rester.

Le prétexte que prirent les autorités mauritaniennes fut un banal incident entre éleveurs mauritaniens et paysans sénégalais qui malheureusement dégénéra occasionnant des conséquences incalculables, dont les journées macabres à Dakar puis à Nouakchott qui resteront à jamais inoubliables : Des massacres et pillages de biens eurent lieu des deux côtés. Les sénégalais en Mauritanie furent l’objet de rapatriement chez eux.

La communauté internationale découvrit avec surprise et stupeur que la Mauritanie, lors du rapatriement des rescapés sénégalais déportait en même temps plusieurs dizaines de milliers de ses citoyens noirs au Sénégal et au Mali (Peuls, Wolofs, Bamanan et Soninko)

Les différents recensements du HCR à leur sujet avancent des chiffres oscillant entre 65 000 et 70 000 au Sénégal, et 10 000 et 15 000 au Mali.

Dans des villes comme Nouakchott, Nouadhibou, des fonctionnaires, des ouvriers furent arrêtés dans leur lieu de travail, certains furent détenus arbitrairement avant d’être déportés, d’autres le furent directement, laissant derrière eux leurs familles entières (conjoints(es), enfants, pères, mères, etc.)

A l’intérieur du pays, un autre mode opératoire minutieusement planifié fut exécuté par des gouverneurs qui rivalisèrent de zèle,de brutalité et de haine contre de paisibles citoyens.

Des militaires, des gendarmes et autres milices armées encerclent les villages. Les hommes sont triés et conduits très loin hors du village,où ils seront torturés et humiliés avant d’être conduits au fleuve (la frontière) pour se retrouver au Sénégal. Les femmes et les enfants séquestrés un ou deux jours durant,à la merci de leurs bourreaux, subissent viols et violence avant de connaître le même sort que les hommes.

Dans un article écrit par feu Sennen ANDRIAMIRADO paru dans Jeune Afrique n° 1487, juillet 1989 on peut lire : « un vieillard montrer sa carte d’identité nationale mauritanienne et raconte. Des soldats haratines commandés par des Beydanes sont venus nous réveiller à 2 heures du matin. Ils ont rassemblé tous les habitants à la maison communautaire. Les bijoux des femmes et des jeunes filles ont été arrachés ; on nous a demandé nos papiers pour vérification d’identité, puis ils les ont déchirés. Tous les hommes ont été déshabillés complètement. A 4heures du matin on nous a embarqués dans des camions jusqu’à environ 70 km de notre village. Là on nous a fait monter dans des pirogues pour nous faire traverser le fleuve, à un endroit où il n’y avait pas, de l’autre côté des villages sénégalais.Les jeunes ont voulu résister, ils ont été tabassés».

Il écrit plus loin, « tous les soirs des centaines de nouveaux arrivants , cette fois exclusivement des Négro-mauritaniens « déportés » débarquent dans les villages sénégalais des départements de Dagana, Podor, Matam et Bakel ;certains ont franchi le fleuve en pirogues, d’autres à gué ou à la nage. ». Dans la région de Tagant, le gouverneur a procédé autrement, ce que nous expliquerons à travers notre témoignage qui est aussi celui de nos compagnons d’infortune.

Tous les fonctionnaires noirs qui servaient au Tagant en 1989 furent déportés au Sénégal. Après l’expulsion des sénégalais, nous, noirs non haratines fûmes convoqués et parqués deux jours durant à l’escadron de la garde nationale à Tidjikja pour vérifier notre nationalité par une commission composée :

 du gouverneur de la région

 du directeur de sûreté régionale

 du commandant de la région militaire

 du chef de brigade de la gendarmerie

 du chef de brigade de la garde régionale.

Devant cette commission, il fallait présenter tous nos papiers d’état civil :

 Acte de naissance

 Carte d’identité nationale

 Certificat de nationalité

 Diplômes

Ensuite répondre à une série de questions dont :

-Quelle est votre position par rapport au conflit qui oppose la Mauritanie au Sénégal ?

-Est-ce que vous avez de la famille au Sénégal ?

-Est-ce que dans le passé vous avez eu à faire des séjours au Sénégal ?

-Qu’est ce que vous connaissez des FLAM?

-Connaissez-vous les officiers putschistes de 1987 ?

Nous fûmes tous libérés mais nos papiers confisqués. Notre répit fut de très courte durée.

Le directeur régional de la sureté et son adjoint tous noirs (peuls) furent arrêtés et envoyés à Nouakchott. Alors, les arrestations et détentions de tous les fonctionnaires noirs reprirent. A la date du 25 mai 1989, tous les négro mauritaniens étaient détenus et ramenés à Tidjikjat au commissariat de police et en prison où nous sommes restés pendant 4 jours avant le grand rassemblement des familles qui annonçait la déportation.

Dans la nuit du 28 mai 1989, des camions bennes furent envoyés à nos domiciles pour embarquer nos familles, ne leur laissant rien prendre (comme les hommes), sauf les vêtements qu’elles portaient. Au petit matin, lorsqu’on nous sortit de nos cellules c’est pour les rejoindre pour une destination inconnue.

Au sortir de Tidjikjat, notre convoi fit une halte dans une cuvette où nous attendaient toutes les autorités de la région, le gouverneur à leur tête. Avec une brutalité bestiale, les gardes nous firent descendre pour une fouille systématique et humiliante ; ils nous reprirent tout, jusqu’à nos bagues. Lorsque notre convoi reprit la route, les militaires, gendarmes et gardes lourdement armés pour nous escorter étaient plus nombreux que nous.

Entassés comme du bétail, nous endurâmes les difficultés du voyage (on était des cibles des villages que nous traversions ; insultes, jets de pierres) jusqu’au lendemain à midi, pour arriver à Boghé où nous fûmes accueillis par des gardes et des policiers, plus hargneux, plus zélés.

Furieux et déçus de n’avoir rien trouvé sur nous à reprendre après une dernière fouille, ils obligèrent certains à échanger leurs habits encore en bon état contre des haillons repris de ceux qui nous ont précédés… Des armes braquées sur nous, sans chaussures alors que la température dépassait les 50 degrés à l’ombre, nous fûmes conduits comme du bétail au fleuve. De la rive sénégalaise, des piroguiers nous voyant arriver, nous apportèrent des pirogues pour nous faire traverser le fleuve.

Les habitants du village sénégalais de Démeth nous accueillirent spontanément et chaleureusement, nous faisant oublier le calvaire que nous venions de vivre. C’était le 30 mai 1989 à 13heures. Ce sera pour certains d’entre nous un aller sans retour. Ils seront nombreux à succomber aux maladies, à la misère, au chagrin de cet exil forcé, emportant dans leur tombe l’espoir d’un retour dans leur patrie parce que c’était à l’espoir que caressaient tous les déportés.

Au vu de ce qui s’est passé, nous exigeons aux autorités mauritaniennes que ceux qui sont rentrés au pays soient indemnisés à la hauteur du préjudice subi (moral et matériel) et qu’ils retrouvent leur travail en tenant compte des réalités en place. Ce n’est point 2 millions d’ouguiyas qui effaceront la souffrance subie.

Nous voudrions terminer en vous invitant ici, maintenant et pour toujours, d’avoir pour eux une pensée pieuse, une prière pour que reposent en paix leurs âmes en terres étrangères..

Témoignage de :

Dia Ibrahima Aly dit Yaaya Maabel et Niang Amadou Boubou enseignants déportés de Tidjikjat le 30 mai 1989 vers le Sénégal

Partagez

L’ex officier Dia Ousmane samba nous a quittés : Cinq ans déjà !

L'ex officier Dia Ousmane samba nous a quittés : Cinq ans déjà !OCVIDH – C’était le 20 Mars 2010, à 08h10, la nouvelle nous venait douloureusement, impuissamment de l’hôpital de Ris Orangis dans l’Essonne en France, il s’agissait du décès d’un fils valeureux de la Mauritanie, l’ex officier Dia Ousmane Samba, connu dans son engagement pour la promotion des droits de l’Homme en Mauritanie mais surtout sur ces nombreuses qualités humaines, de tolérance, de respect, d’altruisme, d’amour pour les autres et de son éternel dévouement et alignement à la parole d’Allah, qui forcent l’admiration et le respect de tous les camarades d’où le surnom de la force tranquille.

L’organisation contre les violations des Droits de l’Homme (OCVIDH) à l’occasion du cinquième anniversaire de sa disparition lui rend un hommage appuyé et prie le tout puissant de lui accorder son pardon et sa clémence. Que l’ensemble de ces œuvres de bienfaisance dans notre monde ci-bas lui servent de parapluie et de passeport dans le monde de la vérité et de l’éternité.

L’OCVIDH, témoigne, de la sincérité de ce grand baobab de la lutte contre les discriminations et du racisme d’état en Mauritanie, son nom ,restera inéluctablement parmi les illustres fils de ce pays, qui malgré les aléas de la nature, les tentations et les manœuvres de tout genre sont restés fidèles à leur conviction et moralité et pour l’intérêt suprême de notre pays, c’est à dire une Mauritanie, plurielle ,réconciliée avec l’ensemble de ces fils et filles .

Oui , Ousmane Samba Dia repose en paix l’OCVIDH se souviendra toujours de toi. Qu’Allah le tout puissant te compte parmi ces hotes privilégiés. Amen. Inna Li laahi wa inna ileyhi rajioune.

Pour le bureau exécutif de l’OCVIDH
Site :www.ocvidh.org
ocvidh001@wanadoo.fr

Partagez