Category Archives: Agora
Quand l’absurde gouverne et tue : la mort de Lamine Mangane par Jamal Sow
Une détonation déchire la clameur, dans la matinée estivale une balle arrête et rompe une vie. Sous un ciel d’azur, des hommes effacent et anéantissent une existence. De leur feu, la vitalité, les projets, et les aspirations d’un garçon se dissipent et s’estompent comme le brouillard d’une matinée d’hiver. De part leurs gestes, de part leur cœur, ils jettent à jamais, un père et une mère dans les profondeurs de la misère. D’une seule matinée, d’un seul un instant, ils sèment à jamais dans les cœurs des sœurs, des frères et des amis, la douleur et l’amertume. Dans la poussière et dans le sang, LAMINE MANGANE est mort sans savoir pourquoi. Entre les pleurs, dans les mains des proches, au fond de sa tombe, LAMINE MANGANE a quitté ce bas monde, sans avoir eu le temps de découvrir les visages de ses tueurs. Comme hier à Sory malé, comme hier à Sylla, comme hier à Touldé-Kaedi, comme hier à Giraye, comme hier à Djéol, comme hier à Koundel, comme hier à Sare ndoongu, comme hier, comme hier…!!!
Les jours se lèvent, se succèdent et se ressemblent. Les horizons sont sombres, le ciel est désert, les mêmes vents brulent toujours les mêmes cœurs. AH! les mêmes escadrons de la mort, les mêmes vampires de la vie qui continuent de commettre et d’encourager des ACTIONS ABSURDES à l’encontre de la communauté négro-africaine. Au moment sous d’autres cieux, l’humanité toute entière s’agenouille et implore le pardon à d’autres hommes victimes de la cruauté de ses semblables, cette autre Mauritanie n’éprouve aucun remord, aucun regret et aucune inquiétude face aux événements de l’histoire. Dans chaque pas de sa vie, elle s’active pleinement pour enrichir la culture de la haine, la civilisation du mépris des valeurs humaines et aux droits de la différence sociale, culturelle, linguistique. Ces partisans d’une hégémonie arabe et blanche savent-ils que la mort n’est point absurde? savent-ils que c’est l’acte qui fonde le geste du tueur qui est absurde? Car la mort en soi est source de sens et signification. Elle pousse à l’interrogation, elle nous fait découvrir les limites de nos possibilités. Elle révèle notre être de finitude dans l’infinitude de L’ETRE. Mais à quoi peut répondre, l’acte qui fonde le geste d’un tueur? Son acte ne répond ni à une exigence rationnelle ni à une objectivité éthique. Par conséquent, l’acte d’un tueur est l’absurde. L’absurde ne se justifie pas, elle n’a pas de justification.
Quand une société, une nation laisse et banalise la réalisation d’actions absurdes, elle s’éloigne de son essence humaine, elle s’abstient à se réaliser comme être doué de conscience. Dans cet élan ,elle ne se ramènera pas seulement au stade de l’animalité mais plutôt à une existence “chosale” . L’acte absurde est destructeur, négatif, et il sape les normes qui fondent et déterminent la paix, la justice et l’égalité au sein de la société. Pour l’intérêt de notre peuple, et de celui de notre nation toute entière, il est un impératif pour chaque citoyen, de s’opposer de toutes ses forces, pour arrêter la programmation et la réalisation d’actions absurdes. La communauté négro-africaine a trop souffert de ces dérives préméditées, de ces idéologies génocidaires et de ces actions meurtrières. Aujourd’hui, dans son âme git la souffrance, la douleur, et le désespoir. Elle ne ressent plus les joies de la vie, elle ne jouit plus les plaisirs de l’existence. L’oppression dans toutes ses formes doivent cesser: le nègre veut vivre!!!!
Jamal Sow-Paris-France
Kaëdi, ville martyre, nous appelons l’armée à renverser Mohamed Ould Abdel AZIZ
Les forces armées mauritaniennes ont réprimé, avec une extrême violence, les récentes manifestations pacifiques organisées par des jeunes mobilisés contre l’opération d’enrôlement au sein du mouvement « Touche Pas à ma Nationalité ». Durant trois jours, elles ont fait de cette ville un terrain de jeu favorable, un champ de bataille, un front de guerre. Rien, ni personne n’a été épargnée. Au-delà de cette intervention particulièrement massive et disproportionnelle, il y a là le signe évident du retour de l’Etat oppresseur, raciste et esclavagiste dans cette ville. La méthode n’est pas sans rappeler celle de sinistre mémoire d’une Algérie de veille d’indépendance quand une certaine armée d’occupation poursuivait les militants de la libération dans les rues de la Kasbah et jusque dans les manâzils qu’elle fouillait systématiquement et tirant à vue sur leurs occupants. A Kaédi, l’armée du Général Mohammed Ould Abdel AZIZ s’est comportée comme en territoire conquis et occupé, guerroyant, poursuivant les manifestants dans les ruelles de la vieille ville, lançant aveuglément des grenades dans les concessions, dépassant ainsi les limites de l’acceptable.
Tout cela pourquoi ?
Parce que le peuple en général, sa jeunesse avant-gardiste en particulier, a exprimé son opposition à une opération d’enrôlement qui s’apparente à un génocide démographique imposée par l’Etat. Comment ne l’auraient-ils pas fait tant les motivations et la portée d’une telle opération manquent de clarté. La jeunesse ne demandait ni plus ni moins, en raison de l’enjeu, que l’arrêt de l’opération en attendant que le peuple soit édifié sur ses tenants et aboutissants. En faisant cela, elle use d’un droit fondamental et accomplit un devoir, celui d’alerter la société sur les risques, et c’en est un, qui la guettent. C’est-à-dire tout le contraire de ce que font les politiques véreux : Manipuler, tromper.
Mais ce faisant, elle savait qu’elle bousculait des habitudes dans ce pays où les seules manifestations autorisées sont celles de soutiens aux régimes, fussent ils dictatoriaux et sanguinaires. Elle attendait une explication, celle-ci fut musclée. Il est vrai que c’est trop demander au soldat en chef de faire œuvre de pédagogie, lui qui reconnaissait dans une interview accordée à la radio Kassataya que les conditions qui ont présidé au lancement de l’opération de d’enrôlement, manquaient d’explications. On sait désormais ce que recouvre pour lui ce concept.
La responsabilité de Mohammed Ould ABDEL AZIZ dans ce qui se passe à Kaédi depuis le 24 septembre est pleine et entière. Il devra en répondre ; et ses soutiens de la cité du Sud, s’en expliquer.
Face à cette agression, n’est-il pas indécent de parler de violence des manifestants et de ces femmes déterminées à faire libérer leurs enfants ? Ils se sont défendus avec des moyens de bord rudimentaires. Cela s’appelle RESISTANCE. La peur a changé de camp. La résistance doit se poursuivre partout en Mauritanie, avec tous les Mauritaniens qui le souhaitent.
Au nom de cette résistance, du droit à la résistance et à une existence digne, nous réfutons le principe de l’unité nationale fondée sur l’unité du cavalier et du cheval. Nous ne serons plus le cheval. Désormais, nous posons la question du statut des noirs Mauritaniens.
Avec Ould Abdel AZIZ, la Mauritanie ne sait pas où elle va, mais elle y va en courant à grande vitesse. Il usurpe le pouvoir, décide d’élections unilatérales avant de les reporter au prétexte de les élargir à l’ensemble de l’opposition, mais en réalité pour mieux les truquer et se faire élire. Depuis, il s’est assis sur tous ses engagements, à commencer par les accords de Dakar et leur application. Aujourd’hui, le pays vit dans un vide juridique sans précédant : tous les mandats électifs ont expiré ; des Sénateurs aux Maires et Conseillers Municipaux, en passant par les Députés à l’Assemblée Nationale. Il reste seul maître à bord. Mais il n’a plus la confiance du peuple, qu’il a trompé, trahi. Il doit PARTIR peut importe comment.
Notre Nationalité n’est pas négociable.
Si l’assassinat du jeune Lamine MANGANE se confirmait, nous appelons l’armée à renverser Mohamed Ould Abdel AZIZ.
Mariame KANE, Boubacar DIAGANA et Ciré BA
La Mauritanie appartiendra à tous les Mauritaniens où alors elle ne sera point
Depuis le 04 mai 2012, le régime de Md Ould Abdel Aziz a entamé une opération d’enrôlement des populations de la Mauritanie, en vue, nous dit-on de fiabiliser l’état civil du pays. Cette opération ne s’est avérée être qu’un vaste complot ourdi par les lobbies foncièrement nasséristes et bathistes pour exclure la plus grande partie des populations noires de la nationalité mauritanienne. Cette nouvelle expression du racisme d’Etat, même si elle est moins abrupte que les déportations de 1989 et la tentative de génocide qui s’en est suivie, n’en est pas moins plus aberrante. Il s’agit, pour les racistes qui ont conçu cette mascarade de recensement, de faire de la majorité des Noirs de Mauritanie des « sans papiers » dans leur propre pays, celui qu’ils ont hérité de leurs pères et ceux-ci des leurs, depuis plusieurs milliers d’années, bien avant l’arrivée des Almoravides et autres Beni Hassanes ancêtres de ceux qui s’accaparent aujourd’hui de la « mauritanie. Mais ces lobbies racistes aveuglés par leur sentiment de haine grégaire, ont oublié de prendre en compte, dans leur plan, une donnée de taille : après avoir connu l’épuration, la déportation, les emprisonnements et les humiliations de toute sorte, la jeunesse noire de Mauritanie a fini de redresser l’échine pour s’opposer par tous les moyens à l’arbitraire éhonté de la discrimination raciale dans toutes ses manifestations. Les arrestations, les répressions et même les assassinats n’y feront rien. Les autorités qui nous gouvernent doivent immédiatement ouvrir un vrai débat sur la cohabitation intercommunautaire en Mauritanie en vue de mettre fin à l’hégémonie de la seule communauté arabo-berbère sur les communautés noires (Haratines, Peuls, Soninké et Wolof).
Elles doivent rééquilibrer judicieusement la représentativité de ces composantes noires à tous les échelons du pouvoir et de l’administration, à commencer par le gouvernement ! Elles doivent introduire le pulaar, le soninké et le wolof dans le système éducatif et les officialiser au même titre que l’arabe. Elles doivent arrêter de mentir en affirmant que l’esclavage n’existe pas en Mauritanie alors que ce fléau frappe encore aujourd’hui des milliers de Noirs mauritaniens. Elles doivent en un mot refonder une Mauritanie juste et à égale distance par rapport à tous ses enfants ! Sinon, nous manifesterons, encore et encore et encore… Nous braverons les matraques et les lacrymogènes des bataillons de maintien de l’ordre injuste jusqu’à ce que, prises de panique, ces forces de répression décident alors de tirer, de verser notre sang martyr. Alors seulement, se déclenchera la révolution partout salutaire des peuples opprimés !
C’est pourquoi, aujourd’hui, plus que jamais, j’appelle la jeunesse de mon pays à une mobilisation totale et résolue pour obliger nos gouvernants à nous respecter, en nous donnant tous nos droits, à commencer par le premier : le droit à sa propre nationalité !
La jeunesse de Nouakchott qui a déjà fait preuve de courage doit se faire téméraire et encore plus résolue en persévérant dans son attitude de refus de l’iniquité.
Celle du Gorgol qui tous les jours montre davantage sa maturité doit persister ; celle du Trarza et du Guidimakha doivent parachever leur réorganisation et prendre toute leur place dans ce noble et historique combat !
Notre jaspora hô combien importante pour nous doit maintenir son sursaut d’unité et de révolte !
Valeureuse jeunesse mauritanienne que les injustes sachent que si le désert existe, la savane arborée aussi existe !
Le 24/09/2012
Mamadou Kalidou Ba
Président de l’IMEJ et membre de la dynamique « Touche pas à ma nationalité »
RIM FOR EVER Par Abdoulaye Djibril Diagana dit Abass
Liberté recouvrée, c’est aujourd’hui, chers (ères) compatriotes et camarades de lutte, avec un grand sentiment de fierté que je vous retrouve à travers ces mots que je peine à formuler tant grande est mon émotion. En effet, l’élan de solidarité en faveur de ma libération est bien là la marque d’un combat commun face à l’arbitraire, l’indifférence, l’intolérance et la servitude. Je suis très soulagé de constater que toutes les communautés mauritaniennes (bien que certaines demeurent encore hésitantes) établies sur le territoire national et celles de la diaspora s’intéressent à notre cause.
Chers (ères) camarades, se rappelle-t-on, qu’en ce moment même, pendant que des compatriotes, victimes de la barbarie policière, croupissent encore dans les hopitaux, se tiennent à Nouakchott des assises sur le dialogue politique entre le parti-Etat et l’opposition. A mon avis, il ne s’agit que de Miroir aux alouettes, d’une grosse farce entre politicards qui n’amusent que des laudateurs avides de pouvoir.
Camarades, depuis plus de 50 ans ces prévaricateurs n’ont fini de dépouiller jusqu’à la lie notre jeune et chère Mauritanie devenue pour eux une vulgaire charogne. A nous de leur faire comprendre qu’il appartienne à la jeunesse d’aujourd’hui de bâtir la Mauritanie de demain. Ils ne sont que le souvenir du vieil hier et nous la mémoire de l’eternel demain. Tout débat qui se veut constructif qui exclurait la jeunesse, est voué à l’échec.
J’en appelle à toutes les forces vives épris de paix et de justice de se couler dans le moule pour combattre la cupidité, le népotisme et le bradage des ressources nationales.
Je ne pourrais finir mes propos sans adresser mes chaleureux remerciements et encouragements à ceux et celles qui se sont mobiliser pour la cause (pour m’exonérer des omissions, je m’excuserais auprès de vous de n’avoir pas cité de noms). Une mention spéciale à nos amis : Mouvement abolitionniste et anti-esclavagiste haratine, Mouvement du 25, le FONADH (Forum des Organisations Nationales des Droits Humains), Associations des femmes chefs de familles, Association mauritanienne des droits de l’homme, Association mauritanienne pour la promotion de la langue et la culture soninké, Association pour la renaissance du pulaar en RIM, Association pour le renforcement de la démocratie et de l’éducation citoyenne, Comité de solidarité avec les victimes des violations des droits humains en Mauritanie, Groupes d’études et de recherches sur le démocratie et le développement économique et sociale, Ligue africaine des droits de l’homme, Ligue mauritanienne des droits de l’homme, Regroupement des victimes des événements 1989/1991, Collectif des veuves, Collectifs des rescapés militaires, SOS Esclaves, AVOMM, la Presse de manière générale, au mouvement « NE TOUCHE PAS A MA NATIONALITE » et aux initiateurs du groupe facebook : LIBEREZ ABDOULAYE DJIBRIL DIAGANA DIT ABASS.
Au mouvement « NE TOUCHE PAS A MA NATIONALITE », je réitère : « A une loi injuste nul n’est tenu d’obéir » (Saint Thomas D’Aquin). La lutte doit continuer pour resister à l’affront, combattre l’injustice et défendre l’honneur. TROP C’EST TROP.
Vive la jeunesse !
Vive la Mauritanie qui gagne !
ABDOULAYE DJIBRIL DIAGANA DIT ABASS.
Mohamed Ould Abdel Aziz commet l’irréparable
Je ne serai même pas étonné que l’armée mauritanienne libère les français detenus par les salafistes d’AQMI avant les élections présidentielles françaises car Mohamed ould Abdel Aziz se soucie beaucoup de l’image qu’il dégage pour les occidentaux et le gouvernement français en particulier. Il nous est même permis de penser qu’Ould Abdel Aziz entretient les salafistes d’AQMI (libération ces derniers) dans le seul but de les distraire et continuer à bénéficier de la grâce au près des occidentaux. A ceux qui doutaient de sa priorité aux fondamentaux du racisme d’Etat et de l’esclavage, Ould Abdoul Aziz est et sans ambiguïté (tout noir en Mauritanie ne peut être qu’esclave ou étranger).
En mentant sur l’existence de l’esclavage en Mauritanie, il prouve une fois de plus si nécessaire que nous ne parlons du même pays, que nous n’avons pas les mêmes intérêts dans celui-ci et que sa complicité est totale avec ceux la même qui déjà en 1946 disaient : « le représentant de la Mauritanie ne saurait être un Noir ».
A ceux qui s’interrogent ou sont les maures blancs dans nos différentes manifestations pour dénoncer l’injustice de la politique d’Aziz ?
Ma question est : « qu’elle est la position officielle des partis dont l’intégralité de l’électorat est concernée par ce problème d’enrôlement » (aides toi, Dieu t’aidera).
Je l’ai déjà dit à qui voulait l’entendre que Mohamed ould Abdel Aziz en décevra plus d’un.
Le passif humanitaire est pour lui un aboutissement d’une politique savamment menée dont l’objectif principal est de rendre la Mauritanie invivable pour les victimes.
Malgré les protestations et le sentiment de honte et d’injustice ressenti par certains membres noirs de la coalition présidentielle, le recensement de la population continue son cours comme si rien n’était.
Face à cet entêtement, l’ultime round est bel bien arrivé, l’heure est grave.
Il est temps de réagir, face à ce rapport de force que Mohamed ould Abdel Aziz et tout le système nous impose.
Pour bon nombre de spécialistes, la situation actuelle du sud de la Mauritanie ressemble étrangement à c’elle dans le passé du sud soudan à la seule et unique différence : « l’homme qui avait porté, les espoirs et les aspirations des gens du Sud Soudan le colonel John Garang avait su maintenir un semblant d’unité dans un sud-soudan morcelé en plusieurs groupes.
En Mauritanie nous avons la chance d’en avoir plusieurs Johns Garang il est juste temps qu’ils se manifestent, dans tous les cas, la Mauritanie de Mohamed ould Abdel Aziz ne réserve aucune place aux noirs (esclaves et tout autre ethnie confondue).
A nous d’imposer cette place pour nous et pour les générations futures.
Ba Mamadou Amadou





