Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Flamnet-Rétro: L´Unité en question par Hindou Mint Aïnina

altL´Unité Nationale. Un rêve, un beau rêve pour tout mauritanien assez conscient pour voir ce qui se passe. Tout citoyen qui aime sa patrie et veut en faire un lieu de tolérance, d´unité dans la diversité, d´acceptation mutuelle. Un citoyen assez ouvert pour voir et surtout concevoir que cette terre qu´on aime et claironne à tort et à travers, la qualifiant de terre de contact et de rencontre entre les peuples-doit rester ce qu´elle était toujours: non sans heurts, mais elle l´était quand même. Une terre de rencontre de civilisations Berbères Sanhaja, Négro-africains du Ghana et du Waalo, et, plus tard, les Arabes bédouins, tous-en l´absence d´un pouvoir centralisé- vivaient, chacun dans son domaine, en échangeant leurs cultures et leurs produits.
C´est beau de disserter sur ce sujet, si beau que bien des gens le font au risque de déformer certaines réalités passées et d´autres réalités présentes. On a trop parlé de cette unité. Parfois, on en parle tellement, au point d´oublier que le fait même d´en parler suppose qu´elle n´existe pas, ou au moins qu´elle est à parfaire. On en oublie que, pour unir des choses, il faut d´abord accepter le principe de leur différence et qu´elles soient séparées.

Il faut que l´on sente qu´on n´est pas menacé, non seulement dans son appartenance, mais aussi dans sa survie. Et pour avoir cette assurance, il faut que l´on se sente accepté tel qu´on est, avec tout ce qu´on a de différent.

Il ne suffit pas de crier à l´unité nationale pour qu´elle soit, il faut d´abord savoir pourquoi elle “n´a pas été”. Ceux qui croient que dans ce pays il y a eu une unité, au sens le plus élémentaire du terme, entre ses peuples depuis leur existence, doivent se rectifier.

D´ailleurs, comment pouvaient-ils s´unir ? Comment les Noirs, qu´on attaquait il n´y a pas très longtemps encore dans des razzias pour les vendre en esclaves, pouvaient-ils avoir confiance en ces Blancs du désert qui représentaient l´horreur à leurs yeux ? Comment les Berbères-et plus tard, la plupart des Zwayas et Aznagas-pouvaient-ils se fier à ces Arabes conquérants, “pilleurs et sanguinaires”, qui les avaient réduits en hommes de second rang sauf récupération et qui leur avaient même imposé leur langue ? Comment ces groupes aussi différents pouvaient-ils s´unir, étant donné que leur survie même obligeait qu´ils s´opposent ? Ils faisaient beaucoup d´échanges certes, mais ils n´avaient aucune raison de s´unir, car leurs modes de vie étaient relativement différentes.

N´essayons pas, comme se hasardent à le faire bien des gens, de donner à l´islamisation de la région une action unificatrice- bien qu´il soit répandu dans la région, l´Islam n´a pas changé l´état des choses. C´étaient les Arabo-berbères musulmans qui razziaient et vendaient les esclaves- c´étaient eux même qui soumettaient des populations musulmanes pour en soutirer un tribut. C´étaient ceux là même qui parlaient au nom de l´Islam qui dominaient au nom de celui-ci. Cela n´est pas un plaidoyer contre l´Islam, ni contre sa capacité à constituer, à un moment de l´histoire- n´importe lequel- un facteur unificateur, ne serait-ce que théoriquement. Mais alors on doit bien se demander de quel Islam s´agit-il ? Le vrai, c´est-á-dire celui qui prône l´égalité des hommes, quelle que soit leur race et leur origine ? Ou bien celui qui, ici, classe les gens en “pseudo-castes” nettement distintes rien que par leur soit-disant naissance ?

Est-ce l´Islam qui recommande la justice sur la base de l´égalité devant Dieu, ou celui qui permet de tenir d´autres musulmans en servitude et de les traiter en hommes inférieurs? Celui qui recommande le droit au savoir ou celui qui permet à une minorité de monopoliser le savoir religieux et de l´utiliser à l´egal des armes-comme moyen de supériorité et de domination? On voudrait bien savoir de quel Islam il s´agit avant de prétendre qu´il a pu être un facteur d´unité dans cette région. Cet espoir d´unité que l´Islam aurait pu faire et n´a pas fait naitre, ce n´est pas l´arabisme borné et l´arabisation forcée qui le feront naitre. Nous avons trop peur de dire certaines choses, à tel point que nous finissons par croire qu´elles n´ont pas existé.

A mon humble avis, ce n´est pas en criant notre arabité sur les toits que nous arriverons à nous convaincre que nous sommes arabes. En fait, ceux parmi nous qui tiennent ce langage donnent l´impression d´un enfant qui arrive tant bien que mal à exprimer ce qu´il croit, mais a besoin de l´approbation de sa mère pour y croire vraiment. Nous paraissons vouloir nous convaincre nous même d´un fait qui a été accompli avant nous. Là , il faut retenir qu´un arabe est, ni plus ni moins, quelqu´un qui parle un langage arabe comme langue maternelle. Il faut aussi préciser que tous ces Arabes d´Afrique ou d´ailleurs, qu´ils soient d´origine egyptienne, turque, persane, bérbere ou autre, se caractérisent uniquement par l´usage de cette langue, qui n´est plus ni moins qu´une langue.

Seulement, dans notre Inconscient collectif nous n´arrivons pas à essuyer la défaite historique devant les conquérants Hassanes. Peut-être aussi ne pardonnons – nous pas les problèmes que la Mauritanie a rencontré pour être reconnue comme Etat Nation Arabe. Cet inconscient nous pousse à faire des actes qui pourraient prouver à nous même et au monde entier que nous sommes arabes. Ici, chacun peut expliquer cela à sa facon.

Dans notre raisonnement simpliste, on ne peut être arabe que d´origine- ce qui en réalité limiterait le nombre d´arabes aujourd´hui au moins leur dixième. Comment arrivons-nous á prouver que nous sommes arabes d´origine? Nous ne tenons en fait de nos appartenance Sanhaja que ce qui prouve que nous étions autre chose que des Arabes: les noms de nos tribus et parfois nos familles-essayez seulement d´être assez superficiel pour convaincre les gens de l´origine arabe des Lemtouna,Tendgha ou Techouncha, rien qu´à titre d´exemple.

Ces noms nous rappellent trop la défaite, et à défaut de l´essuyer, nous la renions, et du coup nous nous renions.

Nous ne sommes devenus arabes-peut-être malgré nous- et nous n´avons pas besoin de le crier pour que ca soit vrai. Mais soyons conséquents avec nous même et n´imposons pas notre langue aux autres. Car ces gens que nous voulons assimiler font partie de ce pays et n´en disparaitront que s´il n´existe plus (le cas kurde d´Irak n´est pas enviable). Laissons les choisir eux même d´être avec nous. Précisons leur que pour être ensemble dans ce pays et pour que ce pays continue à exister, il faut qu´ils nous acceptent, mais aussi que nous les acceptions.

Il faut que chacun d´entre nous admette que le fait de reconnaitre la différence de l´autre n´enléve rien à sa légitimité ni à ses droits, pas plus qu´à son appartenance. Il est temps que chacun de nous comprenne que la Mauritanie est difficilement comparable aux pays d´Afrique de l´Ouest,…pas plus qu´aux pays arabes. Admettons ensemble que nous avons des réalités différentes ici, et que nous avons une réalité différente du reste du monde. C´est uniquement comme cela que nous sauverons notre pays, et que nous pourrons avoir une identité, une personnalité, une caractéristique sociale qui nous est propre. Ce qu´il faut faire aujourd´hui, ce n´est pas de vouloir un retour en arriére vers une histoire et une civilisation dont on ne retient que des demi-vérités déformées.

Notre salut ne sera pas non plus dans la course vers un arabisme et une arabisation qui n´a pas encore fait ses preuves dans le monde actuel, et qui pose bien des problèmes pour des arabes bien “plus anciens”que nous- En se fondant dans le monde arabe- avec la passion qui nous est propre- nous perdons notre personnalité mauritanienne, et du coup notre histoire notre identité.

Que ceux qui tentent de nous pousser à cela par les paroles ou les actes sachent qu´en perdant leur personnalité mauritanienne ils seront moins que rien, non seulement aux yeux du monde- qui ne les voit qu´à la loupe-mais à leurs propres yeux. Car ce qui est sûr, c´est qu´un maure (arabe, berbère, arabo-berbère, ce que vous voulez) ne peut se reconnaitre nulle part ailleurs. Cette identité qui fatigue tellement chez nous nous risquons de la perdre, parce qu´au rythme où nous allons nous risquons de perdre la Mauritanie.

Par Hindou Mint Aïnina

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NOTES
: Article publié pour la première fois dans “Mauritanie- Demain” du 13-19 novembre 1991, republié sur FLAMBEAU- Journal des FLAM, numéro 05 du mars 1992.

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Attention au machiavélisme : Vigilance, vigilance, vigilance.

altCependant que des négros mauritaniens étaient dépossédés de leur nationalité et en les envoyant  dans des pays frères, la Mauritanie en 1989 a fait croire à l’opinion internationale que c’était l’état sénégalais qui transformait ses rapatriés en réfugiés mauritaniens. Cette affirmation a été largement diffusée par le fameux et fumeux Livre blanc à destination de l’opinion internationale. Un walo-walo, un haalpulaar, un  soninké et un bambara de Mauritanie  ne sont pas sur le plan socioculturel différents d’un sénégalais ni d’un malien. Ils parlent les mêmes langues,  partagent le même terroir et ont les mêmes us et coutumes. Les frontières sont artificielles. Le machiavélisme de l’état mauritanien en 1989 a semé la confusion auprès de l’opinion internationale en déplaçant des Mauritaniens de souche après avoir détruit leurs pièces d’identité pour qu’on les prenne pour des sénégalais ou des maliens. Je cite le Livre blanc : « Dès le troisième jour du pont aérien, un Ministre sénégalais exprimait l’inquiétude de son gouvernement: «Nous n’attendions pas plus de vingt mille sénégalais alors que le chiffre avait déjà dépassé les cinquante mille ».

Cette inquiétude prouve que le gouvernement sénégalais, qui est à la tête d’un pays à forte émigration, méconnaît totalement la situation de ses ressortissants vivant à l’étranger et notamment chez son plus proche voisin.Pour parer à cette situation inattendue, le gouvernement sénégalais avança l’idée des «réfugiés mauritaniens» en affirmant que la Mauritanie expulsait des citoyens mauritaniens.

Désormais, la majeure partie des rapatriés sénégalais originaires de la région du fleuve se verra attribuer la nationalité mauritanienne par les médias et la propagande sénégalaise. Ces populations, regroupées pour des fins de publicité, seront données en spectacle à la presse, aux organisations internationales et aux visiteurs étrangers ».

Encore une ruse que de subitement se rappeler des déportés. Pourquoi n’en a-t-on fait une priorité eux qui étaient sans pièces d’état civil et sur lesquels il n y avait aucun doute ?

Pourquoi a-t-on attendu si longtemps pour leur enrôlement ? Ils auraient du être les premiers. Pourquoi n’y a-t-on pensé que maintenant ? Le premier acte de réinsertion n’est-il pas d’avoir des pièces d’état civil en bonne et due forme ? 

Je me pose cette question et je souhaite bien qu’on y réponde : les déportés rentrés depuis 2008 ne devraient-ils pas être aujourd’hui comme tous les mauritaniens munis de leurs pièces d’état-civil ? Qu’est ce qu’on attendait pour qu’ils soient rétablis dans leurs droits les plus fondamentaux ? Qu’est ce qu’on attendait ?

Ces déportés qui sont de retour attendent une réinsertion digne de ce nom. D’autres attendent encore le retour au pays et d’autres comme les réfugiés au Mali ne sont pas reconnus comme réfugiés mauritaniens par leur propre état dixit l’actuel ministre mauritanien de l’intérieur. Toutes ces tracasseries ne concernent qu’un pan de la société mauritanienne, la communauté noire de ce pays.

Tous les évènements malheureux issus de la période 89 (Procès extra-judicaires, Pendaisons, déportations, spoliations et humiliations) sont encore vivaces dans les mémoires. Les crimes de sang n’ont jamais été élucidés et donc restent impunis et non traités.  Leurs auteurs narguent la communauté des victimes.

Comment voulez vous que cette communauté fasse confiance à son état ? Un état qui ne défend pas la justice et la vérité ne peut pas mériter la confiance de son peuple.

Des problèmes aussi serieux et aussi important que la cohésion nationale cela ne se gère pas avec machiavélisme. 

 

Djibril BA

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Ce qu’ignore Aziz

altLa politique n’est l’art de l’avenir qu’en sachant d’abord être celui du présent » J.F.Revel

 Le président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz devrait adresser un discours à la nation au lendemain des émeutes de Kaédi. Qui l’a dissuadé  encore ?  Qu’allait-il dire ? Qu’il parle… Qu’il se taise… la situation a pris une autre proportion, car il eut mort d’homme dans la vallée. L’adolescent Lemine Mangane (19 ans) a été abattu par un gendarme. Ce dernier sera-t-il jugé avant que les populations de Maghama se révoltent contre son impunité ? Dans cette situation chaotique, beaucoup de choses échappent au Président de la République. Avec lui, la Mauritanie tend vers un régime autoritaire, car selon les observateurs et certains éditorialistes tous les ingrédients sont réunis. Tout le monde s’accorde à dire que le pays est présidé par un homme pour lequel  « l ’Etat se limite à sa personne et uniquement ». Car, en dehors de lui, nul autre ne connait la Mauritanie et les mauritaniens. Ce n’est un secret pour personne, Aziz est un « Louis XIV» moderne.

Depuis son coup de force en août 2008, il s’est lui-même arrogé le statut d’un « homme fort », « d’un putschiste-politique » et d’un « militaire-machiavélique ». La preuve se justifie. Le Président ordonne à son Ministre de l’intérieur d’affirmer dans une conférence de presse : «  que toute personne (jeunes négros-mauritaniens) attentant à l’ordre public sera sévèrement réprimée ». C’est ainsi qu’un fort dispositif militaire a été envoyé dans la vallée rien que violenter les fils de cette nation épris de retour de justice sociale en Mauritanie. Que certaines personnalités politiques et des notables négro-mauritaniens rentrent au bercail en pompiers-pyromanes. Que Mohamed Ould Boilil sillonne les camps réfugiés pour ouvrir des centres d’enrôlement réservés à la population rapatriée. Que ceux-là soient enregistrés une deuxième fois pour prouver encore qu’ils sont réellement ce que Sidi Ould Cheikh Abdallahi avait entamé leur retour en Mauritanie en 2007. L’Etat n’a-t-il pas confiance à ces deux partenaires à savoir le  Haut Commissariat aux Réfugiés ( HCR) et l’Etat Sénégalais? Que cherche-t-on dans le double-recensement des rapatriés?  Qu’un Ouléma soit dépêché en catimini à Dakar pour mettre fin à la crise du transport entre les deux pays. Que les agents de renseignements cherchent à tout coup de justifier une main étrangère dans la mobilisation des jeunes négros mauritaniens. Tous ces agissements y comprises   certaines machinations politiciennes montrent à tel point que l’homme sait donner des ordres sans consultation aucune.

En fin « connaisseur » des rouages politiques de la Mauritanie, il pense qu’un simple enrôlement de la population va rétablir « un ordre dans l’administration civile ». Il a oublié que les papiers de l’Etat civil ont été utilisés comme un fonds de commerce à Nouakchott et à travers toutes les contrées du pays. On achetait un Acte de Naissance, comme s’il s’agissait du pain chez le boutiquier. Et la nationalité mauritanienne, on la marchandait avec des « samsara » au marché, comme s’il s’agissait d’une gazra.  Dans les bureaux des services de l’Etat civil National, le tumulte avait atteint son paroxysme. Les fonctionnaires avaient quasiment plus de prérogatives chez eux que dans leurs lieux de travail. Il fût une époque où le préfet ordonnait à son subalterne à signer et d’apposer des cachets sur les papiers des citoyens lequel pouvait entrer en contact avec les reseaux des passeurs de l’immigration clandestine.

A monsieur le Président et  à son ministre de l’intérieur on demande qui était le responsable ? L’Etat ou les négros-mauritaniens  humiliés aujourd’hui par des questions chauvines ? Non, beaucoup ne le pense pas. Les responsables demeurent  toujours sous la protection de la tribu, du clan ou par un officier de l’armée. Il faut les trouver et les traduire en justice.  Voilà la véritable cible.

 

Aziz ignore ou pas que notre Etat Civil se vendait comme des petits pains. Donc, il ne faut pas cibler une communauté et la rendre responsable des forfaits commis par des fonctionnaires-commerçants. Cet enrôlement ne doit pas saboter certains acquis de notre unité nationale. Notre Etat est encore fragile pour supporter une déchirure ethnique.  L’on voit les prémisses d’un chaos qui s’installent.

Aziz ignore que l’emprisonnement arbitraire des militants pacifiques est la marque des régimes totalitaires. L’arrestation des étrangers et leur jugement à des lourdes peines de prison est une provocation diplomatique et une violation de certaines règles du droit international. Un marchand ambulant est un  petit commerçant qui vaque à la recherche de son pain quotidien. Comment peut-on le confondre à un indigné ?   Une justice qui envoie arbitrairement des étrangers en prison n’est qu’une justice xénophobe. Que l’Etat mauritanien n’oublie pas que dans d’autres pays, l’exécutif peut aussi influencer sur l’appareil juridique et qu’en Afrique, tout est possible. Et nos citoyens sont partout en Afrique. Concernant ces étrangers,  aucun journaliste n’a confirmé leur implication dans les manifestations organisées par le mouvement TPMN.

Aziz ignore qu’être un Président démocrate consiste à prendre en considération les opinions des tous les citoyens et mêmes de ses détracteurs. Dans une République digne de ce nom, le Président devrait écouter toutes les tendances afin de trouver un consensus national gage de sa stabilité politique. Or, s’afficher avec une stupide sourde oreille, tout en discréditant les autres, confère pour le président-auteur de ce comportement une attitude autoritaire.

Aziz ignore que même sous une dictature, il vaut mieux caresser le peuple au lieu de le violenter. Car à long terme, le peuple s’adapte au pire. Il finit par intérioriser la violence et les exactions sommaires. Ce qui est le cas me semble-t-il dans certains pays arabes actuellement envahis par des mouvements révolutionnaires. Cependant, le discours largement relayé par les jeunes négros-mauritaniens à travers les réseaux sociaux en dit long. Quand la peur disparait, elle se transforme en héroïsme. L’acteur social devient un héros devant son bourreau. Et  la mort se substitue tout simplement à un acte de  sacrifice.   

Combien parmi ces jeunes-là voudront suivre le même sort Djiguo Tapsir ? Combien d’adolescents veulent mourir en martyrs comme Lemine Mangane. Nous n’en arriverons peut-être pas à cette lugubre situation . Cette fois,  les années du sang épargneront-elles le peuple opprimé? Mais à défaut d’obtenir une histoire nationale, l’individu peut se créer son propre histoire. Il n y aura pas non plus  un Hara kiri communautaire, comme d’autres s’immoleront par le feu…

Aziz ignore que pour conserver son pouvoir le plus long temps possible (mandats constitutionnels), il devrait impérativement écouter les jeunes du mouvement TPMN avant que la « rue noire » sont inondée par le  sang des martyrs innocents pour lequel il sera tenu responsable comme Taya devra repondre pour les exécutions des années 89-90. Son égo-militaire, son esprit patriotique, sa responsabilité politique et morale et sa sensibilité diplomatique et régionale, ne devraient pas céder devant son « égoïsme ethnique » et « sa fibre tribale ».

Aziz ignore que  la première crise identitaire des années 60 n’est pas jusqu’ici résolue, c’est celle-là même qui nous rattrape aujourd’hui. Ce n’est ni par  la démagogie, ni par  la langue du bois, encore moins par le refus du dialogue de la part des parties concernées que cette crise identitaire sera résolue.

La Mauritanie n’est pas une caserne militaire, elle n’est pas non plus un terrain idéologique. Elle est une nation biraciale et multiculturelle.  Elle ne supporte plus la division. Arrêtez ce recensement au nom  de la paix sociale.

Bâ Sileye

 

Urgent : Permettez-moi chers lecteurs d’attirer votre attention sur un fait urgent. Car, il est de notre devoir d’informer l’opinion publique sur l’actualité nationale. La vie du jeune citoyen et leader au sein du mouvement  Ne touche pas à ma nationalité  Bakary Bathilly est en danger. Il a été gravement atteint au niveau des mâchoires lors de la manifestation de Kaédi au cours de laquelle à cause d’un complot ourdi par certaines autorités locales, il a été remis aux forces de l’ordre. C’est ainsi que les éléments de la police anti-émeute l’ont sauvagement brutalisé provoquant des traumatismes partout dans son corps. Nous avions tenté à le joindre par téléphone pour prendre plus d’informations concernant sa situation, mais hélas Bocar Bathilly n’est pas en mesure de prononcer un mot. Son pronostic vital est en jeu selon un proche. L’aide de l’Etat, l’unique responsable de cette forfaiture, se limite à l’achat des ordonnances, a-t-on appris de sources bien informées.  Le cas de Bathilly mérite une évacuation urgente afin de lui offrir des soins nécessaires et le faire sortir de son calvaire quotidien. Et si l’Etat s’entête toujours pour procéder à so,  évacuation dans certains pays de la sous région, on se joint à sa famille, en lançant un appel à attention des personnes de bonne volonté. 

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Aziz, l’Etat, le peuple, la démocratie : chronique d’un rendez-vous avec l’histoire !

altIl est des rencontres où il est difficile de séparer la part du destin de celle de la volonté.Mais quand une telle liaison se fait il devient nécessaire de remonter les causes pour situer les mobiles et d’en tirer les enseignements qu’il faut.Cet exercice est d’autant plus possible, qu’après les moments de l’euphorie, est venu le temps de l’angoisse.Qu’en est –il de cette ascension fulgurante d’un ancien homme de caserne appelé Mohamed Ould Abdel Aziz ?L’homme par qui la Mauritanie se délivrera d’une dictature implacable de deux décennies. La chute de Taya n’est pas l’événement le plus tonitruant pour les mauritaniens même si les prévisions sur son départ étaient en décalage par rapport à la date. C’est l’après Taya qui polarisera encore l’attention. Cette parenthèse « post-tayienne » est pleine de rebondissement. Elle s’ouvrit d’abord sur une transition militaire sous la houlette du CMJD pour se refermer sur une lucarne démocratique présidée par Sidi Ould Cheikh Abdallahi. De nouveau une deuxième transition militaire s’ouvrit pour enfanter une élection présidentielle. Fin nette de la partie ou le début d’une ère qui n’a pas encore révélé toutes ses surprises ? Les mauritaniens veulent bien y croire mais ont-ils toutes les raisons de retrouver espoir ? Les avis ne semblent pas beaucoup diverger sur la sortie de Taya. Dire que cela n’était pas nécessaire serait prendre le parti pour l’autocratie sur la démocratie. Un anathème monstrueux ! Mais à quel prix, pour quelle fin et pour quelle finalité doit se faire cette rupture ? Le rendez-vous de Aziz avec l’Etat est un accident, celui avec le peuple une surprise devenue aujourd’hui une réalité. Sa rencontre avec l’histoire est une fatalité. Ould Taya lui-même aurait manifesté son étonnement que ce soit à Ely qu’on déroula le tapis rouge et qu’Aziz soit aujourd’hui à la tête du pays. Ce qui devrait arriver est pourtant arrivé. Nous voilà donc en plein dans la logique du destin. Un destin que le nouvel homme fort dit pouvoir assumer, un lourd fardeau qu’il a de la peine toujours à porter sur ses épaules à deux ans seulement d’un mandat. Face au triptyque : Etat, peuple, démocratie, ce rendez-vous devenue antithétique car à la fois plaisir et douleur ne fait que commencer. Le mystère est dans la suite de ce processus. L’après Taya que les mauritaniens souhaitent voir s’instaurer doit impérativement se faire dans la reconstruction de l’Etat, la restauration de son image ternie par des années « d’absence de sa présence », et de sa vocation régalienne. Là les faits de ces derniers jours survenus dans le pays à cause d’un enrôlement dont l’arrêt serait plus salvateur pour le pays que sa poursuite. A ce titre, Aziz ferait mieux de prendre soin de son apprentissage avec l’exercice du pouvoir pour ne pas tomber dans les mêmes travers que son ancien patron qu’il a envoyé loin, à Qatar. Puisque cette rencontre avec l’Etat était un jeu de hasard, il doit positiver ce hasard pour l’objectiver. Sachant aussi que le destin a aussi joué pour cette ascension fulgurante de l’ancien commandant du Basep, la volonté peut bien être une arme en mesure de transformer le cours de l’histoire dans un pays à la recherche d’un dirigeant providentiel. L’une de ces passerelles capables de faciliter ce travail laborieux et sauver la Mauritanie s’appelle la démocratie. Mais c’est quoi la démocratie sans l’expression de la volonté du peuple. Et c’est quoi l’Etat sans cette volonté de tous les mauritaniens de vivre ensemble dans la paix et le respect mutuel ? Entre l’Etat, le peuple et la démocratie, Aziz est au confluent de l’histoire. Une histoire qui ne se lassera pas d’inscrire dans ses annales les grandeurs et les bassesses des hommes…

A suivre…

Cheikh Tidiane Dia- Le Rénovateur.

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Aziz, êtes vous mieux informé ?

altLa marche de TPMN organisée hier samedi dans la capitale, a le mérite de révéler au moins une chose essentielle: les jeunes qui ont arpenté les rue ne sont pas des délinquants, ni des gens manipulés par des politiques, ni par des extrémistes comme certains se plaisent à désigner ceux qui se battent pour l’égalité et la justice.Ce sont des citoyens comme tout citoyen attaché à ses droits ayant mesuré la gravité de cette opération d’enrôlement pour leur présent et leur avenir qui se sont mobilisés pacifiquement pour demander justice. Lorsque l’Etat a opposé une fin de non recevoir à leurs marches pacifiques, des affrontements ont éclaté à cause de la brutalité des forces de sécurité.

Les débordements qui ont eu lieu à Kaëdi et Maghama sont bel et bien l’œuvre des forces de sécurité aveugles qui ont usé de la violence pour mater les manifestants. Avec des consignes dignes d’un autre âge, la police a tiré sur des jeunes sans défense. A Nouakchott, les scènes de violences des jours passés ont été aussi favorisées par les mêmes ordres de disperser par la force, le mouvement des contestataires. L’Etat, au lieu d’adopter une attitude responsable et sereine s’est contenté de brandir la menace « du tout sécuritaire » pour réprimer dans le sang la moindre marche pacifique. En changeant de tactique, les résultats ont donné des effets contraires. Pas un coup de projectile, ni de tentative de pillage n’ont été signalés. C’est la preuve que le mouvement TPMN est bien au –dessus de toute provocation. Si dès le départ de faux préjugés n’avaient pas été entretenus par les barbouzes dus système répressif dans le but de semer la confusion et dresser les communautés entre elles (heureusement que cela n’a pas eu lieu), des dérapages n’auraient pas été notées dans tout le pays. Monsieur le président peut maintenant tirer les conclusions lui-même et renvoyer loin ses mauvais conseillers ainsi que ses services de désinformation. Aussi, le président doit savoir que les temps ont changé pour qu’il s’entoure non pas de petits mouchards morveux, mais par des individus respectables et décomplexés. Il est fort à parier que Aziz ait trop tôt cédé aux faux pas de son ministre de l’intérieur lui –même dépassé et noyé dans le flot des BR produits par des commandants de brigades et des commissaires de police zélés et nostalgiques de la période sinistre. Le président a été induit en erreur et dupé par les marchands de la propagande fumeuse. A moins que Mohamed Ould Abdel Aziz veuille cracher dans sa soupe- et pour quel intérêt-, il ne doit pas écouter ces prêcheurs de la division qui le poussent à broyer du noir s’il veut ramener l’ordre. Si tel est le cas, tant que l’injustice est érigée en règle et utilisée comme mécanisme d’exclusion, on broiera du noir dans ce pays. Non , Aziz, vous n’allez pas dire que personne ne vous a prévenu dès votre arrivée au pouvoir. Vous n’allez pas dire que des plumes averties et objectives n’ont pas alerté son excellence sur le danger qui couvait depuis longtemps. L’enrôlement n’est pas la seule menace qui plane sur l’unité nationale. Les nominations à caractère népotistes et racial opérés en conseil des ministres vous échappent –elles Monsieur ? La « dénégrification » de l’armée dans son ensemble, l’occupation du sud par une administration totalement blanche est-ce une vue de l’esprit ? Les expropriations des terres de la vallée par des chasseurs de trésor n’est –il pas encore un autre danger qui pèse sur le pays. Monsieur le président, on ne peut pas continuer à opprimer un peuple et lui demander de la fermer. Vous avez le temps de réfléchir et bien agir pour éviter l’irréparable, car personne ne veut voir ce pays voler en fumée…

Cheikh Tidiane Dia – Le Rénovateur.

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