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Mauritanie: faire feu de tout bois par Ba Daouda
En RÉPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE et ce depuis l’indépendance ,tous les gouvernements successifs ont cultivé sans cesse des clivages de société MAURITANIENNE à tous les étages sans jamais faire le bilan de ce que les Mauritaniens ont en commun au delà de la considération religieuse. Depuis les années 1960, les différents responsables politiques ont tous sans exception contribué au creusement du fossé de la différence entre ses propres citoyens occultant les conséquences sociales que cela pourraient engendrer. Ils ont toujours cultivé une posture de diviseurs, de dilapidateurs, de corrupteurs et chantres d’acculturations tout azimut.
L’histoire, tous les Mauritaniens la connaissent par cœur depuis l’arabisation généralisée de l’éducation nationale visant à restaurer les inégalités voir même inverser la tendance jusqu’à conduire à des partis pris dévastateurs visant à faire feu de tout bois. Ces gouvernements successifs ont tous cherché des prétextes qui valideraient la puissance des élites MAURES (lat.MAURUS=Africain, désignant les berbères indépendants de l’ouest de la MAURITANIE) contre les la population noire du sud du pays conduisant aux stratagèmes funestes en phases successives à des périodes différentes.
1 : PRÉTEXTER UN COUP D’ÉTAT
Tous les officiers noirs de qualités sont passés aux armes sans coup férir accusés à tort de vouloir prendre le pouvoir. Ainsi, la purge commença au sein de toutes les institutions administratives et de sécurité jusqu’à qu’il n’y ait plus aucun noir dans les organes ou les postes à responsabilité dans le pays.
2: SIMULACRE ÉVÉNEMENTIEL 1989 (Sénégal-Mauritanie)
De banal fait minable ou de querelle de voisinage entre les agriculteurs soninkés de Mauritanie et les éleveurs du Sénégal voilà que les peulhs du pays complètements étrangers au problème sont devenus des cibles de choix et candidats aux:
– État de siège de tout le sud avec fermeture de frontières où s’ensuivirent des exactions de tout genre, des meurtres et des assassinats, des déportations, des viols, des tortures, des fosses communes de cadavres agonisants, des morts jetés dans des puits, des appropriations de troupeaux de vaches , de chèvres, des brimades, des délations, des accusations ,des enlèvements , des disparitions, des mariages forcés des jeunes peulhs avec les tortionnaires, des couvre-feu jusqu’aux portes des mosquées, des occupations illégales des maisons et des champs, récupération de l’argent pour des faux alibis, arracher des bijoux des femmes qu’ils soient d’or ou d’argent, du travail forcé……etc
Cette ignominie est connue et reconnue par tous les Mauritaniens directement ou indirectement et tous ont été concernés de prêt ou de loin surtout cette frange de la population dite noire de la vallée. La preuve du mea-culpa fût le retour des déportés et leur indemnisation . Cela démontre une reconnaissance de culpabilité des autorités de l’époque qui n’a portant tiré aucune leçon pour l’avenir que jamais cela ne se reproduise.
Les questions que les Mauritaniens se posent sont le droit de savoir qui sont les responsables des planifications, des organisations et des exécutants; quelles sont les têtes pensantes qui ont orchestré ce bilan de holocauste des tropiques du désert? et ceci pour signifier que aucun et personne n’est au dessus des loi quelque soit le statut social et quelque soit son appartenance et quelques soient les idées que une justice est faite par des hommes pour des hommes. Les indemnisations pécuniaires sont rien sans justice, le pardon n’est possible que s’il y’a reconnaissance d’une faute.
3 LA NÉGATION.
Après tant d’années noires, tant de larmes, tant de deuil devant le flot de sang versé de milliers d’innocents au sein d’une communauté et une seule communauté, il y’a bien lieu d’avoir peur pour le présent et pour le futur de cette même communauté d’autant plus qu’à la place du vocable RECENSEMENT,
Tout le pays a préféré le terme douteux d'”ENRÔLEMENT” semant ainsi des doutes et des confusions au sein toujours et encore dans les esprits de population naguère victime de l’innommable propension destructrice.
Qu’il soit clair que dans ce passé de passif calamiteux où il n’y a pas de responsabilités et un déni des situations nauséabondes, il n’ y a jamais de “conflit inter-ethnique ou inter-communautaire véritable mais, des AGENTS de l’état ARMES ET SOUTENUS POUR UN SALE BOULOT CONTRE LEURS CONCITOYENS DÉSARMÉS ET PASSIFS.
De ces enseignements,les consciences ne peuvent que de se réveiller et se dresser contre toutes les formes d’humiliations et de négation de l’essence même de leur existence et de leur dignité sans attiser le feu de la haine et de l’extrémisme aveugle. D’aucun dans ce pays ne peut nier la réalité des liens familiaux ou amicaux qui existent entre toutes les composantes culturelles et humaines. Chaque Mauritanien du nord comme du sud a un ami qui ne lui ressemble pas forcement par la langue ou de pigmentation mais avec beaucoup de compréhension et d’amour et de respect mutuel; ce dont a besoin toute personne humaine soucieuse d’égalité et de justice dans un univers de surcroît musulman.
Si pour des raisons politiques, une quelconque autorité du pays s’ingénie à briser cette équilibre fragile et à dresser les Mauritaniens les uns contre les autres, ça n’est pas une autorité sérieuse ni crédible.
Une autorité qui n’a pas la volonté de protéger tout son peuple sur la base d’équité et de justice n’est pas une autorité juste.
Une autorité qui ne se dresse pas contre toutes les formes d’abus dans toutes les instances de la République n’est pas une autorité compétente.
Une autorité qui ne communique pas ne peut point entendre encore moins être sensible aux détresses et aux souffrances de ses citoyens.
Les raisons de la colère sont justes et non négociables compte tenu de tous ces antécédents ravageurs pour n’importe quelle communauté au monde.
Le Mauritanien est foncièrement bon et intelligent mais alors pourquoi au lieu de s’atteler au meilleur choisit-t-il le pire?
Le pire a été un échec mais pas pour un enseignement devant l’histoire. Il a marqué tous les esprits, déchiré les espérances, il a éloigné les considérations et les respects il s’est barricadé derrière des voiles de haines et de mépris des hommes par l’esclavage et la classification des êtres.
Il a poussé à l’exil et l’ignorance…..etc.
Reconnaître une population et obtenir son vote favorable au temps des élections en remettant en cause la véracité de leur nationalité après avoir été élu relève de l’imposture et doit nécessairement invalider la véracité de la dite élection.
Demander des justificatifs de mariage ou d ‘actes de décès à une population où aucune organisation administrative digne de ce nom n’existe point, où l’état civil a été de tout temps falsifié au gré des politiques où aucune donnée de naissances et des décès n’est disponible dans aucune wilaya du pays pour une année civile; n’est rien d’autre qu’une politique ségrégationniste intentionnelle à dessein malsain.
Permettre à un “khadi” politisé de décider seul de l’avenir des ses semblables à une échelle régionale sous aucune base de travail préalablement établie et transposable au niveau national frise l’inconscience collective voir pathologiquement pernicieux car le pauvre khadi ne peut recourir qu”à du “faux et usage du faux”n’en déplaisent les bureaucrates qui ont pondu le projet.
Gouverner ça n’est pas un jeu de force ou de puissance de feu encore moins du nombre élitiste.
Gouverner demande beaucoup de probité, de sagesse, du courage , d’ambition ,d’intelligence dans les décisions, de clarté dans les orientations et ouverture au peuple si toute fois on ne gouverne pas que pour soit, sa famille, ses amis , son village ,sa région.
Savoir reconnaître que l’erreur est humaine reste une qualité que peu d’hommes éclairés possèdent qui peut conférer à une humanité véritable.
Le pays est en chantier depuis son indépendance et a besoin de tous pour un sursaut du millénaire et non au retour de la “djahéliya” de la poésie et de la guerre. il a besoin de ses ressources et de ses richesses pour se hisser au rang des pays qui, il y’a 10 ans ont réussi des paris fous et sont sortis du statuts d’assistés. Il a besoin du métissage et d’échange fort entre le nord et le sud dans son territoire au lieu des jumelages maghrebins et ou Européens alors que les maures et les Noirs préfèrent s’ignorer et se dévorer.
J’en appelle à la conscience des Maures réfléchis et politiquement mâtures de ne pas cautionner cette démarche odieuse et de le dénoncer. Car dans une telle situation ne rien voir et ne rien dire est une complicité.
J’en appelle au collectif “touche pas à ma nationalité” de chercher des soutiens auprès des citoyens maures afin d’éviter les interprétations fallacieuses des adeptes de la rupture et de séparation.
Ensembles nous sommes, ensembles nous resterons pour tous les combats pour la justice dans notre pays.
Ba Daouda – France
FLAMNET-AGORA: Ils veulent falsifier l´histoire par Abdoul Birane Wane Coordinateur de Touche pas à ma nationalité
La Mauritanie est par la force de l’histoire un pays multiculturel où vivent depuis des siècles des communautés d’origine arabo-berbères et négro-africaines. Ce destin confirmé au lendemain des indépendances, a continué son chemin non sans modifier le cours des évènements.En effet le tracé des frontières a crée une ligne de séparation entre des familles situées entre les deux rives, de part et d’autres sur ce qui deviendra le Sénégal et la Mauritanie. L’intangibilité des frontières héritées de la colonisation ne saurait effacer ces liens de sang entre des familles qui partagent la même descendance. De l’autre côté la Mauritanie est confondue avec le Sahara occidental mais aussi contiguë avec le Maroc. Les tribus maures habitant dans ces différents espaces portent les mêmes noms de famille. A l’est du pays c’est aussi cette réalité historique séculaire qui structure les rapports entre les populations mauritaniennes et maliennes.
La Mauritanie est assise sur l’ancienne capitale de l’empire du Ghana, Koumbi Saleh. Comment ne pas accepter cette prééminence de facteurs historiques sur la volonté politique d’un système étatique qui ignore délibérément une réalité têtue. Hélas bien des évènements douloureux ont été savamment entretenus par des forces de division pour tenter de réécrire une autre page de l’histoire de la Mauritanie. En croyant réussir ces pseudo-historiens se rendent compte à leur dépens que nul ne saurait falsifier l’histoire d’un pays. Le mouvement des populations du nord au sud, d’est en ouest a crée un brassage inter-communautaire et enfanté un métissage culturel et biologique entre les fils de ce pays. Mais le sud est resté l’espace géographique naturel habité depuis des siècles par les riverains au point qu’un adage populaire devenu un exemple de plaisanterie entre les peuls et les maures disait”HOL HAMME HOL HOORE WEENNDU”signifiant littéralement et sans aucun brin de racisme: que fait Hammet-allusion au maure-au bord du lac ?
A la faveur de bouleversements politiques les riverains ont été l’objet de toutes sortes d’injustice. La plus grave est le déni de la nationalité. En privant un citoyen de son droit à la nationalité, on en fait un étranger dans sa propre patrie. Le conflit Sénégalo-mauritanien en 1989 a donné l’occasion au pouvoir raciste de Taya de massacrer les noirs, les spolier de leurs terres, violer leurs femmes. C’est un véritable génocide qui a été orchestré en terre « d’islam ». Comment continuer à fermer les yeux et la bouche alors qu’une grande partie des Mauritaniens continuent de subir l’injustice planifiée par l’Etat même. Le règlement du passif humanitaire est une décision politique de façade destinée à protéger des criminels et génocidaires. Plus de mille anciens militaires qualifiés sans aucune raison de déserteurs ont été rayés de la liste alors que les autres qui ont versé du sang ont été récompensés. Où est la justice? l’arabisation à outrance ne fait que continuer avec cette réforme en cours qui accorde plus d’importance à l’arabe dans les matières littéraires qui constituent la base de la pensée et de l’expression. Si les nominations et la représentativité au sein du gouvernement doivent se faire par quota ethnique les négro-mauritaniens et les haratins devaient être mieux servis. on ne peut pas construire une unité nationale sur des principes de division nationale.
Le recensement en cours est venu démontrer que les forces de division sont déterminées à poursuivre leur oeuvre de destruction nationale. C’est pour s’élever contre toutes ces pratiques injustifiées et inacceptables que des jeunes mauritaniens animés par le seul désir de revendiquer une justice pour tous sans distinction de langue et de couleur ont lancé le mouvement “Touche pas à ma nationalité” en vue de s’insurger de manière pacifique contre toutes les formes d’exclusion dont sont victimes les communautés négro-mauritaniennes et les haratins.
ABDOUL BIRANE WANE- Coordinateur du mouvement Touche pas à ma nationalité.
Flamnet-Agora: Soudan –Mauritanie : même destin ?par Bara BA
On dit souvent que « comparaison n’est pas raison », n’empêche! je ne puis, malgré tout, résister à la tentation de comparer le Soudan et la Mauritanie, tant leur ressemblance me parait frappante! Entre la Mauritanie et le Soudan on trouve beaucoup de traits communs, allant de l’espace à la géographie humaine, aux politiques, stupides, mises en œuvre, que dictent des idéologies et des préjugés sous-jacents, tout aussi stupides. Deux vastes territoires, coupés en Nord et Sud, groupant des populations ethniquement diverses, aux mœurs, cultures et habitudes mentales différentes. Un Nord essentiellement peuplé par des Arabes, un Sud, majoritairement, peuplé de Noirs africains.
Deux pays qui souffraient de complexes et d’un problème d’affirmation, et peinaient à se faire reconnaître dans leur identité arabe (exclusive ), ardemment revendiquée par les gouvernants et des fractions importantes de l’élite politique et intellectuelle!
Deux pays qui se situent sur la ligne de contact entre l’Afrique noire et l’Afrique « blanche » ( sémite) , entre Arabes et Négro-africains. La Mauritanie et le Soudan, à l’image de tous les pays de cette zone de contact, du Mali à l’Ethiopie en passant par le Niger, n’échappent pas aux turbulences, aux tensions et crises de coexistence qui surgissent, périodiquement , comme de brusques poussées de fièvre, et parfois comme de formidables secousses tectoniques !
Crises et secousses dont la source principale est à chercher dans les politiques nationales, inaptes à construire une réelle unité , menées depuis les indépendances à nos jours, fondées sur des préjugés, profondément enracinés, qui reposaient sur la croyance que les races humaines seraient inégales, que certaines seraient supérieures à d’autres , que les Arabes seraient supérieurs aux Noirs… ; croyance et mentalité que traduit toute la charge négative de mépris contenue dans le mot (arabe )« jange » !
A cause de ces présupposés, absurdes, qui fondent ces politiques ineptes , l’on tourne le dos à l’esprit de tolérance, et l’on se refuse à prendre en compte la diversité –facteur de richesses-, nous exposant, sans cesse, à la descente aux enfers, aux travers de terribles excès observés , jusqu’ici, tant au Soudan qu’en Mauritanie !
Au Soudan , le gouvernement du Général Al Bashir , soutenu par les faucons de son régime et par des Islamistes intolérants, chercha à islamiser , de force , les Sud soudanais , de foi chretienne ou animiste !
Parceque les populations Sud -soudanaises opposèrent une résistance à son dessein , le Gouvernement du président Al Bashir, par le biais de ses généraux , pratiqua la politique de terre brûlée pour éliminer ou chasser les populations du sud dont il ne voulait pas, et récuperer, ainsi, leurs terres qui, seules, comptaient à ses yeux !
Son mépris pour ces populations décupla avec la découverte du pétrole sur le haut Nil , source de toutes les bavures et de tous les excès , dont Achak Deng nous rapporte ici, quelque illustration :
« Quand le pétrole fut découvert, en 1974 au Sud -Soudan, dans la région du Nil, Khartoum élabora une stratégie pour éloigner les populations noires de cette zone .
D’abord , à travers des délégations, Khartoum suggera aux populations Nuer de quitter leurs terres, contre indemnisations ou compensations; ce qu’elles refusèrent. Puis suivit la phase de menaces du gouvernement de Al Bashir, mais rien n’y fit! Les murahaleen ou janjawides, équipés d’armes automatiques par les soins du Gouvernement , sont alors envoyés, pour intimider, piller , voler et violer , afin de pousser ces populations autochtones à quitter les lieux ; mais ce fut là encore sans succès !
Alors , un beau matin un régiment de l’Armée entra dans le village , calmement prit position , et commença à tirer sur la population ; 32 personnes sont tuées , un homme est pendu .
Tranquillement les soldats regagnent leurs camions et se retirent …. C’est la panique ! La zone est nettoyée . Chevron pouvait, enfin , tranquillement pomper l’or noir »
Cette intolerance , ce peu d’interêt que manifestait le Gouvernement soudanais pour les populations Noires autochtones, on les retrouve aussi, en des termes plus ou moins identiques, en Mauritanie.
Depuis l’indépendance de ce pays, les régimes arabo-berbères cherchent, obstinément , à transformer les Noirs Africains, en Arabes, par assimilation; en jouant subtilement sur la confusion entre Islam et Arabité ! en les forçant à l’usage de la langue arabe, instrumentalisée à souhait, à l’Ecole et dans l’Administration , au fin de maintenir et perpétuer le pouvoir « blanc », ou l’hégémonie de la seule composante arabo-berbère . Les Négro- africains de Mauritanie sont , certes, musulmans mais pas arabes, pour disposer de leurs propres langues et cultures millénaires, mais que méprisait le Pouvoir arabo-berbère !.
Ici également, comme au Soudan , on pratiqua la politique de terre brùlée, pendant les évènements de 1986-1990 , suite à la publication d’un document qui dénonçait le racisme d’Etat en Mauritanie ; l’Armée sillonna la vallée du fleuve pour intimider , piller , violer, tuer !
Dans un petit hameau Peulh du département de Ould- yengé , – raconte un refugié-, les habitants furent , un jour de septembre 1987, encerclés au petit matin, par une section de l’Armée mauritanienne; hommes et femmes furent sommés de se coucher à plat ventre . Les mains liées derrière le dos , ils furent tous exécutés, puis empilés dans une chaumière. L’information ne tarda pas à se propager , amplifiée par la rumeur, ce qui eut pour effet , prévisible, de créer la panique ; en quelques jours les Départements de Ould yenge et de Kankossa se vidèrent de milliers de familles négro-africaines qui fuyaient vers le Mali, voisin ! Elles y sont toujours par refus du Gouvernement de les rapatrier !
L’objectif, –vider le sol mauritanien de ces Noirs indesirables – , était atteint ! Tout comme il avait failli être atteint au Fouta, où l’Armee encercla des villages , deporta, entierement, les habitants vers le Sénégal , dans des conditions les plus humiliantes. Elle s’empara de milliers de têtes de vaches vendues à Nouackchott , comme le bétail Dinka avait été razzié et vendu au Darfur et à Khartoum ! Le Gouvernement mauritanien s’accapara de leurs terres , occupa leurs villages qu’il repeupla , exactement comme cela se fit au Sud -Soudan !
Au Soudan il y’eut les milices Janjawides créées et armées par le gouvernement , en Mauritanie ce furent quelques franges haratines , inconscientes , téléguidées , qui avaient été dressées contre leurs frères Negro- africains !
Avec le Gouvernement actuel du général ould Abdel Aziz , le même processus de dépossession des Noirs mauritaniens était toujours en marche ; par la spoliation de leurs terres vendues aux Saoudiens et aux Soudanais . Le même objectif de négation ou d’élimination demeurait , à travers ce recensement de populations, à caractère totalement raciste, qui visait les priver de la nationalité ! Mais cette fois, au lieu de recourir à la violence physique comme avec les déportations , le Gouvernememt procédait de manière plus subtile, optant pour une méthode plus fine qui posait les fondements légaux de leur exclusion .
En Mauritanie comme au Soudan , on cherchait à préserver et perpétuer un Système qui servait les intérêts d’une seule composante nationale ; les populations noires ne comptaient pas , seules comptaient leurs terres !
Comme on le voit donc , identité forte et profonde entre ces deux pays, qui semble se reflèter jusque dans les rapports inter-personnels entre les deux généraux , au point de faire de Al Bashir le premier invité de marque post investiture, en 2009; comme si Aziz tenait à témoigner à son homologue considération et solidarité, au mépris des deux millions de victimes du génocide soudanais; au mépris de la sensibilité des Négro-africains !
Ce sont, sans nul doute , ces secousses et ces tensions récurrentes sur toute cette ligne de contact , entre le Nord et le Sud, affectant tant de pays dont le Soudan et la Mauritanie, qui faisaient dire à Cheikh Anta Diop ceci : « Aussi longtemps que les Arabes qui vivent en Afrique se sentiront plus attachés à leurs frères de race du Proche- orient qu’au reste de l’Afrique , nous aurons le devoir et le droit de nous défendre contre leur attitude raciste ».
C’est à croire qu’il s’adressait, précisement, aux mauritaniens…
Nous défendre nous dit-il ! Nous défendre ….
De quelle manière ? C’est toute la question !
Bara Ba ,
Dakar le 16 octobre 2011
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Flamnet-Rétro: L´Unité en question par Hindou Mint Aïnina
L´Unité Nationale. Un rêve, un beau rêve pour tout mauritanien assez conscient pour voir ce qui se passe. Tout citoyen qui aime sa patrie et veut en faire un lieu de tolérance, d´unité dans la diversité, d´acceptation mutuelle. Un citoyen assez ouvert pour voir et surtout concevoir que cette terre qu´on aime et claironne à tort et à travers, la qualifiant de terre de contact et de rencontre entre les peuples-doit rester ce qu´elle était toujours: non sans heurts, mais elle l´était quand même. Une terre de rencontre de civilisations Berbères Sanhaja, Négro-africains du Ghana et du Waalo, et, plus tard, les Arabes bédouins, tous-en l´absence d´un pouvoir centralisé- vivaient, chacun dans son domaine, en échangeant leurs cultures et leurs produits.
C´est beau de disserter sur ce sujet, si beau que bien des gens le font au risque de déformer certaines réalités passées et d´autres réalités présentes. On a trop parlé de cette unité. Parfois, on en parle tellement, au point d´oublier que le fait même d´en parler suppose qu´elle n´existe pas, ou au moins qu´elle est à parfaire. On en oublie que, pour unir des choses, il faut d´abord accepter le principe de leur différence et qu´elles soient séparées.
Il faut que l´on sente qu´on n´est pas menacé, non seulement dans son appartenance, mais aussi dans sa survie. Et pour avoir cette assurance, il faut que l´on se sente accepté tel qu´on est, avec tout ce qu´on a de différent.
Il ne suffit pas de crier à l´unité nationale pour qu´elle soit, il faut d´abord savoir pourquoi elle “n´a pas été”. Ceux qui croient que dans ce pays il y a eu une unité, au sens le plus élémentaire du terme, entre ses peuples depuis leur existence, doivent se rectifier.
D´ailleurs, comment pouvaient-ils s´unir ? Comment les Noirs, qu´on attaquait il n´y a pas très longtemps encore dans des razzias pour les vendre en esclaves, pouvaient-ils avoir confiance en ces Blancs du désert qui représentaient l´horreur à leurs yeux ? Comment les Berbères-et plus tard, la plupart des Zwayas et Aznagas-pouvaient-ils se fier à ces Arabes conquérants, “pilleurs et sanguinaires”, qui les avaient réduits en hommes de second rang sauf récupération et qui leur avaient même imposé leur langue ? Comment ces groupes aussi différents pouvaient-ils s´unir, étant donné que leur survie même obligeait qu´ils s´opposent ? Ils faisaient beaucoup d´échanges certes, mais ils n´avaient aucune raison de s´unir, car leurs modes de vie étaient relativement différentes.
N´essayons pas, comme se hasardent à le faire bien des gens, de donner à l´islamisation de la région une action unificatrice- bien qu´il soit répandu dans la région, l´Islam n´a pas changé l´état des choses. C´étaient les Arabo-berbères musulmans qui razziaient et vendaient les esclaves- c´étaient eux même qui soumettaient des populations musulmanes pour en soutirer un tribut. C´étaient ceux là même qui parlaient au nom de l´Islam qui dominaient au nom de celui-ci. Cela n´est pas un plaidoyer contre l´Islam, ni contre sa capacité à constituer, à un moment de l´histoire- n´importe lequel- un facteur unificateur, ne serait-ce que théoriquement. Mais alors on doit bien se demander de quel Islam s´agit-il ? Le vrai, c´est-á-dire celui qui prône l´égalité des hommes, quelle que soit leur race et leur origine ? Ou bien celui qui, ici, classe les gens en “pseudo-castes” nettement distintes rien que par leur soit-disant naissance ?
Est-ce l´Islam qui recommande la justice sur la base de l´égalité devant Dieu, ou celui qui permet de tenir d´autres musulmans en servitude et de les traiter en hommes inférieurs? Celui qui recommande le droit au savoir ou celui qui permet à une minorité de monopoliser le savoir religieux et de l´utiliser à l´egal des armes-comme moyen de supériorité et de domination? On voudrait bien savoir de quel Islam il s´agit avant de prétendre qu´il a pu être un facteur d´unité dans cette région. Cet espoir d´unité que l´Islam aurait pu faire et n´a pas fait naitre, ce n´est pas l´arabisme borné et l´arabisation forcée qui le feront naitre. Nous avons trop peur de dire certaines choses, à tel point que nous finissons par croire qu´elles n´ont pas existé.
A mon humble avis, ce n´est pas en criant notre arabité sur les toits que nous arriverons à nous convaincre que nous sommes arabes. En fait, ceux parmi nous qui tiennent ce langage donnent l´impression d´un enfant qui arrive tant bien que mal à exprimer ce qu´il croit, mais a besoin de l´approbation de sa mère pour y croire vraiment. Nous paraissons vouloir nous convaincre nous même d´un fait qui a été accompli avant nous. Là , il faut retenir qu´un arabe est, ni plus ni moins, quelqu´un qui parle un langage arabe comme langue maternelle. Il faut aussi préciser que tous ces Arabes d´Afrique ou d´ailleurs, qu´ils soient d´origine egyptienne, turque, persane, bérbere ou autre, se caractérisent uniquement par l´usage de cette langue, qui n´est plus ni moins qu´une langue.
Seulement, dans notre Inconscient collectif nous n´arrivons pas à essuyer la défaite historique devant les conquérants Hassanes. Peut-être aussi ne pardonnons – nous pas les problèmes que la Mauritanie a rencontré pour être reconnue comme Etat Nation Arabe. Cet inconscient nous pousse à faire des actes qui pourraient prouver à nous même et au monde entier que nous sommes arabes. Ici, chacun peut expliquer cela à sa facon.
Dans notre raisonnement simpliste, on ne peut être arabe que d´origine- ce qui en réalité limiterait le nombre d´arabes aujourd´hui au moins leur dixième. Comment arrivons-nous á prouver que nous sommes arabes d´origine? Nous ne tenons en fait de nos appartenance Sanhaja que ce qui prouve que nous étions autre chose que des Arabes: les noms de nos tribus et parfois nos familles-essayez seulement d´être assez superficiel pour convaincre les gens de l´origine arabe des Lemtouna,Tendgha ou Techouncha, rien qu´à titre d´exemple.
Ces noms nous rappellent trop la défaite, et à défaut de l´essuyer, nous la renions, et du coup nous nous renions.
Nous ne sommes devenus arabes-peut-être malgré nous- et nous n´avons pas besoin de le crier pour que ca soit vrai. Mais soyons conséquents avec nous même et n´imposons pas notre langue aux autres. Car ces gens que nous voulons assimiler font partie de ce pays et n´en disparaitront que s´il n´existe plus (le cas kurde d´Irak n´est pas enviable). Laissons les choisir eux même d´être avec nous. Précisons leur que pour être ensemble dans ce pays et pour que ce pays continue à exister, il faut qu´ils nous acceptent, mais aussi que nous les acceptions.
Il faut que chacun d´entre nous admette que le fait de reconnaitre la différence de l´autre n´enléve rien à sa légitimité ni à ses droits, pas plus qu´à son appartenance. Il est temps que chacun de nous comprenne que la Mauritanie est difficilement comparable aux pays d´Afrique de l´Ouest,…pas plus qu´aux pays arabes. Admettons ensemble que nous avons des réalités différentes ici, et que nous avons une réalité différente du reste du monde. C´est uniquement comme cela que nous sauverons notre pays, et que nous pourrons avoir une identité, une personnalité, une caractéristique sociale qui nous est propre. Ce qu´il faut faire aujourd´hui, ce n´est pas de vouloir un retour en arriére vers une histoire et une civilisation dont on ne retient que des demi-vérités déformées.
Notre salut ne sera pas non plus dans la course vers un arabisme et une arabisation qui n´a pas encore fait ses preuves dans le monde actuel, et qui pose bien des problèmes pour des arabes bien “plus anciens”que nous- En se fondant dans le monde arabe- avec la passion qui nous est propre- nous perdons notre personnalité mauritanienne, et du coup notre histoire notre identité.
Que ceux qui tentent de nous pousser à cela par les paroles ou les actes sachent qu´en perdant leur personnalité mauritanienne ils seront moins que rien, non seulement aux yeux du monde- qui ne les voit qu´à la loupe-mais à leurs propres yeux. Car ce qui est sûr, c´est qu´un maure (arabe, berbère, arabo-berbère, ce que vous voulez) ne peut se reconnaitre nulle part ailleurs. Cette identité qui fatigue tellement chez nous nous risquons de la perdre, parce qu´au rythme où nous allons nous risquons de perdre la Mauritanie.
Par Hindou Mint Aïnina
www.flamnet.info
NOTES: Article publié pour la première fois dans “Mauritanie- Demain” du 13-19 novembre 1991, republié sur FLAMBEAU- Journal des FLAM, numéro 05 du mars 1992.
Attention au machiavélisme : Vigilance, vigilance, vigilance.
Cependant que des négros mauritaniens étaient dépossédés de leur nationalité et en les envoyant dans des pays frères, la Mauritanie en 1989 a fait croire à l’opinion internationale que c’était l’état sénégalais qui transformait ses rapatriés en réfugiés mauritaniens. Cette affirmation a été largement diffusée par le fameux et fumeux Livre blanc à destination de l’opinion internationale. Un walo-walo, un haalpulaar, un soninké et un bambara de Mauritanie ne sont pas sur le plan socioculturel différents d’un sénégalais ni d’un malien. Ils parlent les mêmes langues, partagent le même terroir et ont les mêmes us et coutumes. Les frontières sont artificielles. Le machiavélisme de l’état mauritanien en 1989 a semé la confusion auprès de l’opinion internationale en déplaçant des Mauritaniens de souche après avoir détruit leurs pièces d’identité pour qu’on les prenne pour des sénégalais ou des maliens. Je cite le Livre blanc : « Dès le troisième jour du pont aérien, un Ministre sénégalais exprimait l’inquiétude de son gouvernement: «Nous n’attendions pas plus de vingt mille sénégalais alors que le chiffre avait déjà dépassé les cinquante mille ».
Cette inquiétude prouve que le gouvernement sénégalais, qui est à la tête d’un pays à forte émigration, méconnaît totalement la situation de ses ressortissants vivant à l’étranger et notamment chez son plus proche voisin.Pour parer à cette situation inattendue, le gouvernement sénégalais avança l’idée des «réfugiés mauritaniens» en affirmant que la Mauritanie expulsait des citoyens mauritaniens.
Désormais, la majeure partie des rapatriés sénégalais originaires de la région du fleuve se verra attribuer la nationalité mauritanienne par les médias et la propagande sénégalaise. Ces populations, regroupées pour des fins de publicité, seront données en spectacle à la presse, aux organisations internationales et aux visiteurs étrangers ».
Encore une ruse que de subitement se rappeler des déportés. Pourquoi n’en a-t-on fait une priorité eux qui étaient sans pièces d’état civil et sur lesquels il n y avait aucun doute ?
Pourquoi a-t-on attendu si longtemps pour leur enrôlement ? Ils auraient du être les premiers. Pourquoi n’y a-t-on pensé que maintenant ? Le premier acte de réinsertion n’est-il pas d’avoir des pièces d’état civil en bonne et due forme ?
Je me pose cette question et je souhaite bien qu’on y réponde : les déportés rentrés depuis 2008 ne devraient-ils pas être aujourd’hui comme tous les mauritaniens munis de leurs pièces d’état-civil ? Qu’est ce qu’on attendait pour qu’ils soient rétablis dans leurs droits les plus fondamentaux ? Qu’est ce qu’on attendait ?
Ces déportés qui sont de retour attendent une réinsertion digne de ce nom. D’autres attendent encore le retour au pays et d’autres comme les réfugiés au Mali ne sont pas reconnus comme réfugiés mauritaniens par leur propre état dixit l’actuel ministre mauritanien de l’intérieur. Toutes ces tracasseries ne concernent qu’un pan de la société mauritanienne, la communauté noire de ce pays.
Tous les évènements malheureux issus de la période 89 (Procès extra-judicaires, Pendaisons, déportations, spoliations et humiliations) sont encore vivaces dans les mémoires. Les crimes de sang n’ont jamais été élucidés et donc restent impunis et non traités. Leurs auteurs narguent la communauté des victimes.
Comment voulez vous que cette communauté fasse confiance à son état ? Un état qui ne défend pas la justice et la vérité ne peut pas mériter la confiance de son peuple.
Des problèmes aussi serieux et aussi important que la cohésion nationale cela ne se gère pas avec machiavélisme.
Djibril BA
FORUM FLAMNET




