Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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A propos de nos langues nationales

altLe problème des langues, à l´instar de tous les problèmes inhérents à la nature même du Système d´Etat mauritanien, ne peut trouver de solution durable que dans le cadre de le décentralisation poussée de l´Etat mauritanien pour ne pas dire de l´AUTONOMIE. C´est par l´application des principes de l´autonomie que se résoudront du coup les problèmes linguistiques.

 Une langue est un instrument, créée pour les besoins de communication par une communauté donnée. Dans un espace où cohabitent des langues différentes, la paix, la stabilité et le développement ne sont possibles que s´il est institué un multilinguisme qui correspond à une répartition spatiale et socio-politique juste de l´épanouissement de ces mêmes langues.

 

La régle de la compétition loyale verra une langue s´imposer au fil du temps par son dynamisme propre, ou alors la densité des interférences en créera une nouvelle. Dans tous les cas, ce n´est pas par des pratiques moyennâgeuses telles que celles adoptées par l´Etat mauritanien qu´une langue s´imposera sur les autres. On connait depuis longtemps l´étendue de l´arrogance bornée de Ould Taya qui croyait pouvoir décréter l´arabité de la Mauritanie et s´employer à parachever l´oeuvre_ en tout état de cause bancale puisqu´incapable d´arriver à ses fins_ de ses prédécesseurs.

 

Ainsi le matraquage intempestif à la radio, à la télévision et à l´école de l´arabe au mépris de toutes les autres langues nationales a provoqué le rejet en bloc non de cette langue, mais de l´utilisation qui en est faite, par tous les mauritaniens, y compris tous les arabes réfléchis et patriotes qui, à l´opposé de quelques inconditionnels du Baathisme et du Nassérisme, comprennent la nécessité pour le progrès et la paix du pays, l´épanouissement de chaque citoyen dans sa propre langue.

 

Les contre-performances chroniques de l´école et de l´administration mauritanienne ne suffisent-elles pas de montrer l´échec de la politique bornée d´arabisation à outrance? Il est vrai que c´était plus pour “beydaniser” ses institutions que le triste colonel s´est engagé pour l´aventure que l´on connait.

 

L´institut des Langues Nationales, fruit de la lutte héroïque du mouvement noir a été chroniquement saboté par le gouvernement, avec des moyens de fonctionnement dérisoires et des activités limitées. Il est cependant la base de la réhabilitation des langues nationales. L´alphabétisation des populations et la transcription des concepts scientifiques dans ces langues sont une nécessité impérieuses.

 

Des langues comme le Français doivent progressivement perdre leur statut actuel pour celui plus conforme de langue de communication. L´arabe, le Bambara, le Pulaar, le Soninké et le Wolof doivent quant à eux aussi bénéficier du même statut et par conséquent jouir des mêmes DROITS dans tous les domaines en vertu de l´ÉGALITÉ absolue des nationalités.

 

En fait le problème Négro-Africain est un problème d’exclusion globale; exclusion sur le plan politique, économique, culturel et social. Ils réclament l’Enseignement des Langues Nationales garant de leur identité, en toute légitimité, sans exclure ni l’Arabe ni le Français.

 

Tel est l’enjeu et la véritable dimension du problème!

 

La lutte continue.

 

Elimane Bilbassi.

 

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Flamnet-Agora : Enrôlement des populations : les dessous de l’opération! Par Bara Ba (Première partie)

altJe me propose, à travers cet article, de montrer les côtés absurdes, incohérents voire irrationnels de bien des aspects de cette opération d’enrôlement, et d’en cerner les véritables soubassements et motivations.

Mais d’abord balayons certaines objections superficielles que nous oppose le pouvoir, entre autres, le cas de Bocar Alpha Ba et Anne Amadou Babaly,  l’ampleur du recensement dans la vallée du fleuve, ou encore le propos selon lequel « l’enrôlement » n’était pas un recensement…

Lorsque des voix s’étaient élevées pour dire que Ba Bocar Alpha, ancien ministre des Finances, et Anne Amadou Babaly- Colonel de l’Armée,  avaient  été rejetés par les commissions chargées de l’enrôlement, d’autres voix, issues des cercles du régime et des griots zélés, avaient crié au scandale, à la désinformation, à l’intoxication des « pécheurs en eau trouble »!

Abdel Aziz dit, à Kassataya, que cette rumeur diffusée était erronée parce qu’il avait fait convoquer Anne et Bocar par le Ministre de l’intérieur… ; que ce dernier lui aurait affirmé que  l’information ou la rumeur était fausse …  

Avouez que c’est un peu court !

Puisque  Aziz a dit que …, et que le ministre de l’intérieur a soutenu que… c’était donc forcément vrai ! cette rumeur n’était  pas fondée; l’information véhiculée était fausse, fabriquée de toutes pièces, se dépêchèrent de conclure certains, qui tapèrent sur les informateurs et leur organisation  !

Quelle naïveté ou quel griotisme !

Au regard des critères stricts établis, initialement , au départ des commissions d’enrôlement, il eût été logique que Bocar Alpha et Anne Amadou  fussent  rejetés s’il avait été établi qu’ils étaient nés au Sénégal; ce qui, du reste, n’aurait rien de surprenant pour qui connaît l’histoire de la vallée du fleuve et de ses habitants !

Pour ma part, je crois  plutôt que s’ils ont été convoqués par le ministre, sur injonction de Aziz, c’était pour rattraper  une gaffe; le bruit fait autour constituait une  mauvaise « pub » pour le  gouvernement qui  risquait de ternir son imag ! Le ministre et son président s’étaient donc  rattrapés, comme ils l’avaient fait avec Lalla Aicha Ouadraogo qui rameuta  la presse et l’opinion !

Sinon, qu’est- ce qui  coûtait à Ould Boilil,  pour se rendre crédible, de  mettre Anne et Bocar face à la presse, à la fin de leur  entrevue au  Ministère? rien n’était plus facile !

Pourquoi , du reste, la Presse ne s’était pas saisi du dossier ? pourquoi ne  s’autorisait-elle pas à  fouiner dans cette opération d’enrôlement, pour lever les équivoques, éclairer les zones d’ombre?

Bref,  sur ce point,  je continue à  croire, mordicus, qu’ils avaient été bel bien rejetés comme le stipule l’information première; rien, objectivement, ne vient prouver le contraire.  

Le second point, controversé, était relatif à la thèse du  directeur en charge de  l’enrôlement et de son président, qui soutiennent, en guise d’argument pour convaincre les sceptiques ou dissiper les appréhensions, que  «  le nombre d’enrôlés est beaucoup plus important dans la vallée du fleuve que partout ailleurs dans le pays . … » ; entendez …qu’il n’y avait  donc  rien à craindre !

A supposer, comme ils le posent, que  les Négro- africains aient été  recensés en grand nombre, ils ont aussi été victimes de rejets, en masse! Leur réaction indignée, continue, le prouve, manifestement!

Le  cas de Néma, invoqué par Aziz- en guise de contre – exemple, n’est, à son tour,  ni pertinent, ni  convaincant; car ce qui a pu se produire à Néma était, soit que  les populations Bidhaan ne se sont pas présentées  massivement dans les centres d’enrôlement, auquel cas  elles ne pouvaient donc être recensées avec la même ampleur que dans le  Sud; soit elles s’y sont  présentées massivement, mais sans faire objet de rejets massifs ! C’est l’un ou l’autre cas !

Voilà pourquoi ce contre-exemple était mauvais puisqu’il ne nous avançait en rien  !

Ils disent, enfin, qu’il s’agissait d’enrôlement et non de recensement! Quelle différence, si dans les deux cas on finissait par décompter la population?

Pour rajouter à  la confusion et abuser l’opinion, certains esprits malins  se dépêchèrent de rappeler  que cet enrôlement ne pénalisait pas que les Négro-africains; et qu’il ne fallait donc pas poser le problème sous l’angle du racisme ou de la discrimination! Mais dans quelle proportion pénalisait-il les Bidhaans ? à un contre cent, un contre mille, voire plus? les quelques cas signalés, ici ou là, étaient insignifiants , négligeables, comparativement à ce qui se passe dans les villes comme Boghé, Sélibaby , Kaëdi  etc… !

Je reste persuadé que si les Bidhan avaient subi les mêmes tracasseries en cours dans le sud, s’ils avaient été victimes de discrimination, on aurait assisté à une  réaction indignée , beaucoup plus forte  …  les mêmes causes produisent toujours les  mêmes effets  !

 Non , il faut arrêter cet amalgame !

Il ne faut pas que par souci d’équilibrisme on atténue ou masque la réalité grossière des choses; comme on l’observe avec le cas de l’esclavage ou «  la théorie  des deux extrémismes » – ressortie à chaque crise -, dont les tenants, en vérité, manquaient simplement de courage ou d’honnêteté; car il n’y a qu’un extrémisme, et l’on sait de quel côté  le  trouver !

La réalité est que ce recensement affecte  essentiellement les Négro-africains, perçus comme un obstacle et comme une menace à l’édification d’une Mauritanie, exclusivement arabe! Il affecte aussi les Haratines, bien entendu, mais dans une moindre proportion, car seuls les Haratines, insoumis, en révolte contre le Système  sont pénalisés; la masse Haratine encore sous le joug, infantilisée, sera prise en charge par les chefs tribaux, comme d’habitude !

Osons le reconnaître et osons le dire, cette  opération d’enrôlement demeure  foncièrement raciste, et dans sa conception et dans son exécution.

Les objections soulevées plus haut étant battues en brèches, nous montrerons, dans une seconde partie à suivre, certains  côtés absurdes et les dessous véritables de cette opération d’enrôlement.

(A suivre….)

La lutte continue !

Bara Ba –Dakar- Sénégal

Novembre 2011

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FLAMNET-AGORA: Les vérités du Sénateur Youssouf Tidjani Sylla: les noirs de Mauritanie sont sous représentés

altLa présence de hauts cadres noirs originaires de la vallée dans des hautes responsabilités de l’état semble être la preuve évidente pour certains que les noirs ne sont pas marginalisés en Mauritanie. Pour être honnête, personne ne peut dire que les noirs ne sont pas représentés, mais plutôt sous représentés et c’est une vérité qui sotte a l’œil nu et n’a d’ailleurs aucun besoin d’être dite.
Quand vous ouvrez votre télévision et que vous regardez la composition du conseil des ministres avec trente et une personnes (31), huit (8) seulement sont noirs, quand vous voyez le conseil de la magistrature, quand vous faites attention aux gouverneurs, ambassadeurs, préfets, généraux, colonels, commissaires de police, consuls, magistrats, banquiers, assureurs, armateurs, hommes d’affaires ou même boulangers, vous comprendrez aisément que ce pays n’est pas égalitaire (la faute n’est pas imputable seulement au président Aziz mais a tous ceux qui ont un moment donné nommé un gouvernement).  Il ya des disparités indéfendables, inconcevables et inadmissibles qu’il est urgent de corriger. Il est également plus que nécessaire de revoir la stratégie adoptée par le gouvernement et la réadapter aux réalités du pays de façon a permettre à toutes les composantes d’avoir les mêmes chances d’ accès aux fonctions de l’Etat comme aux richesses du pays.

Je ne suis pas raciste ou extrémiste. J’appartiens à deux communautés, Mais j’estime que pour servir le pays, son présent comme son avenir il est nécessaire que certaines vérités amères soit-elles, puissent êtres dites. Je ne m’intéresse pas aux réactions ou commentaires qui vont suivre et d’ont j’imagine déjà les contenus, ce qui m’importe c’est d’attirer l’attention sur les inégalités flagrantes dont sont victimes les populations noires du pays et qui méritent une attention particulière de la part du président de la république que l’on appel ici le président des pauvres et des exclus.

Il n’est pas du tout normale que plus de soixante dix pour cent (+ de 70 %°) de la population dans un pays qui se dit démocratique ou chaque homme représente une voix soit pratiquement mise à l’ écart de la vie politique et économique du pays. Les revendications des noirs sont simples et justes. Ils demandent justice et équité. Ce n’est pas trop demander ?, ils ne peuvent plus s’abstenir de manifester leur mécontentement et accepter de vivres dans un pays ou leurs enfants ne peuvent même pas aspirait a un avenir médiocre a plus forte raison un avenir décent a cause de la précarité des conditions de vie.

Il ne s’agit pas ici d’indexer la société maure loin de la, le problème est politique et ne concerne que l’état auprès de qui nous devons tous insister sur la nécessité d’engager une politique sociale juste permettant à tous les mauritaniens un partage équitable entre toutes les populations de notre chère patrie de ce que nous avons de bon comme de mauvais.

Il est opportun de signaler ici que la jeunesse noire du pays se trouve cantonnée dans les adwabas ou les villages ou les villes de l’intérieur sans aucun espoir à l’horizon et constitue une bombe a retardement qu’il est plus prudent de désamorcer pendant qu’il est encore temps et de trouver une formule qui permet de leurs trouver du travail dans leurs régions respectives au risque de les voir débarqués a Nouakchott avec tout ce que cela comporte comme risque pour la stabilité du pays.

Une analyse sérieuse et approfondie doit être faite par des cadres sérieux et Nationalistes avec tout ce que cela comporte comme Honnêteté Intellectuelle, Intégrité, et Amour pour la Nation, pour son présent comme pour son avenir et de leur demander de faire des propositions concrètes qui peuvent permettre au gouvernement d’avoir une vision claire sur ce qui peut être fait pour sortir le pays des crises sociale et identitaire aigues qu’il traverse.

Je ne cherche pas à dire qu’il ya déjà le feu dans la case mais plutôt à dire qu’il vaut mieux prévenir que guérir et qu’il est plus efficace de se dire certaines vérités que de se voir confronté a un malaise social ou chacun cherchera à se dérober devant ses responsabilités et dire que c’est la faute du président de la république, nous l’avions déjà vécu avec le président Maouiya ould sid’ahmed Taya comme avec le président Mohamed ould cheikh Abdallâhi et il est inadmissible que certains responsables sèment le désordre, dilapident les biens de notre pays et parfois même sèment la terreur et à la moindre incartade passent de l’autre côté et essaient de se faire passer pour la sainteté elle-même ce qui est inacceptable, chacun doit obligatoirement répondre de ses actes qu’il tue, torture ou détourne les biens publics il sera un jour traduit devant la justice et sera obligé de répondre de ses actes.

Il est de notre devoir à tous de travailler mains dans les mains pour trouver les solutions appropriées pour assures la continuité de notre pays et lui éviter des querelles sans lendemain qui peuvent porter préjudices à sa stabilité ou à notre unité nationale. Nous devons nous accepter dans nos différences culturelles et en faire une richesse qui nous honore tous et qui fait de nous un peuple civilisé à la hauteur des espoirs que placent en lui ses jeunes générations qui espèrent hériter une nation juste unie et fraternelle.

Que dieu préserve notre chère patrie la Mauritanie.

 

Fait à Nouakchott le 29 octobre 2011
Sénateur Youssouf Tidjani Sylla

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Qu’est –ce qui va changer véritablement ?

altLe retour à l’ordre constitutionnel après le putsch contre le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallah et la reprise en main des affaires du pays par celui qui l’a renversé, c’est le processus qui a consacré la fin d’une crise politique qui avait placé la Mauritanie sous la surveillance de la communauté internationale. Deux ans sont passés, la démocratie mauritanienne est encore à l’épreuve de ses tests.L’un de ces jalons les plus spectaculaires fut sans doute le dialogue politique national qui vient d’accoucher d’un document final des travaux où les acteurs engagés dans ce dialogue se sont entendus dans une sorte de serment politique pour trouver des solutions de sortie de crise. Dans les jours qui viennent il faut s’attendre à des amendements constitutionnels qui permettront de greffer les points d’accords issus des travaux du forum dans la loi fondamentale. Reste à savoir si se sera par voie parlementaire ou référendaire. Si d’emblée ces résultats ne sont pas partagés par les parties non prenantes à ce dialogue, cela ne cause pas trop d’embarras au camp du pouvoir et ses nouveaux alliés de l’opposition. Ce qui est loin d’être une garantie à même de stabiliser la scène politique.

Dans les chancelleries occidentales notamment, les diplomates occidentaux semblent très réservés sur les résultats de ce forum. Un diplomate qui a requis l’anonymat n’a pas manqué de critiquer ce qu’il juge être « un protocole d’accord arrangé par un pouvoir avec une certaine opposition en perte de vitesse prête à toutes les concessions ». Il faut souligner à ce titre que les chancelleries occidentales suivent d’un air prudent ce qui se passe dans le pays. Les opérations de recensement qui sont toujours contestées par la communauté négro-mauritanienne ayant causé des violences inquiètent les partenaires au développement. La moindre agitation est perçue comme un mauvais signe de cohésion préjudiciable à la paix et la sécurité dans un pays fragilisé par des contradictions ethniques et politiques. Dans sa dernière mission, le FMI attribue un satisfecit à la Mauritanie sur le plan macro-économique. Cette note est loin de refléter la réalité de la situation économique globale caractérisée par une dépréciation de l’ouguiya qui entraine inévitablement une inflation provoquée par l’anarchie du marché noir de change. Dans les mois qui viennent il faut s’attendre à un exode massif des populations rurales vers les grandes villes avec son corollaire de misère et de surpopulation urbaine. L’ogre terroriste sévit à nos frontières et Aqmi dispose de nouvelles armes redoutables pour frapper encor e fort. La mort de Kadhafi va changer en bien ou en mal la situation politico-économique du pays comme dans la plupart des pays arabes et africains. Les intérêts mauritaniens en Libye sont considérables. Les mauritaniens ont encore présents en mémoire le rôle que le guide avait joué en faveur de l’actuel pouvoir. Les changements qui vont s’opérer en Mauritanie vont dans les mois à venir modifier la donne politique. Mais dans quelle direction ?

Cheikh Tidiane Dia – LE RÉNOVATEUR

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Flamnet-Agora: Mauritanie: la phobie du poids démographique par Aliou Sow

altDécidément le poids démographique des Noirs mauritaniens a toujours constitué une réelle hantise pour les dirigeants de ce pays. L’Agence Nationale du Registre d’Etat Civil et l’Office National des
Statistiques montrent malheureusement l’image de structures ayant une vocation plutôt idéologique que scientifique.

Leur mission d’études sur notre population, entre autres, semble être confinée et surtout dévouée à des réglages démographiques au service du pouvoir exclusiviste arabo-berbère. En effet il est incompréhensible que le comité de pilotage de l’enrôlement soit à 99% composé d’arabo-berbères dans un pays pluriethnique et multiculturel.
Le directeur général de l’Agence Nationale du Registre de Population avait tenté de justifier la présence deux Négros Mauritaniens dans le comité de pilotage qui est composé de 13 membres par le fait que leur choix est fondé sur des critères de technicité et de compétence. C’est là un argument soutenu par un racisme primaire latent ponctuant qu’il n’y a pas suffisamment de compétences
chez les Noirs. La démarche de Mr MRABIH a pour socle le préjugé de la supériorité de la composante arabo-berbère sur la composante noire du pays.
Incontestablement tout le mépris affiché par les courants pan-arabistes mauritaniens à l’égard des Négros Mauritaniens a pour soubassement la certitude de leur supériorité sur les autres peuples qui sont considérés comme impurs pour un pays arabe comme la Mauritanie. Cette volonté de façonner une Mauritanie arabe est à la base de toutes les manipulations des données démographiques du pays. Pour tous les recensements de la Population (1961 – 1976 – 1988 -1998) effectués depuis l’Independence du pays, l’Etat n’a jamais accepté de publier des résultats clairs et fiables par
groupe ethnique . L’Office National des Statistiques est une chasse gardée, dont l’accès est interdit aux chercheurs et universitaires. Toutes les supputations sur le poids démographique de chaque communauté n’ont aucune base scientifique, et tout est fait pour présenter la communauté maure bidhaan comme majoritaire pour justifier et fonder les avantages acquis dans les secteurs de la vie
nationale.
Dans la lancée de cette manipulation des chiffres, on divise un même groupe  ethnique entre Peuls et halpulaar pour renforcer cette tendance à en faire une minorité. C’est cette obsession du poids démographique que représente la population négro-africaine qui a conduit à tous les excès observés durant les années de braise. Mais si réellement les Négros Africains mauritaniens représentaient le
quart de la population mauritanienne, comme le stipulait « le père de la nation» Maitre Moctar ould DADAH, pour justifier son quota du 1/4, pourquoi toute cette obstination affichée par les gouvernements successifs pour davantage réduire leur poids démographique ?
En effet en 1988, au sortir du recensement général de la population et de  l’habitat, les résultats bruts estimaient les Mauritaniens à plus de 2 800 000 habitants. Quelques mois après la « publication » toujours tendancieuse de ces résultats, l’administration mettait en œuvre le plan monstrueux de dé
négrification du pays par terre, air et mer sur une durée de prés de deux ans, et le résultat est éloquent .
Dix ans après, l’Etat lancera l’opération du recensement général de 1998 ; La population mauritanienne revient à près de 2 500 000 habitants ; ce chiffre est validé par Ely ould Mohamed Vall, le moustachu du CMJD lors d’une interview  accordée à Télé sud en 2006 ; sans doute, il est mieux placé que quiconque dans ce pays pour connaitre les fondements ainsi que les tenants et aboutissants de cette réduction du nombre de Mauritaniens.
En dix ans la population mauritanienne va diminuer de 11% ; et si nous ramenons  ce taux de déperdition à l’effectif estimé de la population négro-africaine, nous comprendrons alors la portée et la performance de ce travail de « déstockage » accompli par le pouvoir tribalo-ethnique de Nouakchott.
La Mauritanie a affaire à des dirigeants qui, étant incapables d’avoir une vision perspicace et harmonieuse du mieux vivre ensemble, sont toujours concentrés sur le contrôle de l’évolution démographique. L’idéologie du péril noir, la hantise du poids démographique des Noirs constituent l’élément central du tableau de bord dans le pilotage stratégique de la Mauritanie. Aujourd’hui le gouvernement nous sort le concept de « l’ enrôlement » dont la première acception fait penser à l’engagement dans l’armée ; or il s’agit de recensement de la population qui ,dans la manière dont il est conduit, a découragé ,déçu et révolté la communauté négro-africaine , qui s’inquiète, à raison , de cette opération aussi bien dans sa conception que de son exécution  caractérisée par l’amateurisme ,l’arrogance et le chauvinisme des équipes en charge de l’opération. Quel est l’anthropologue ou le socio-ethnologue qui peut justifier le fractionnement entre Peulhs sédentaires et Peulhs bergers en deux groupes ethniques distincts ?
Par ailleurs, lors du conseil des ministres du 29/09 qui suivi le massacre de Maghama, le gouvernement a annoncé l’adoption d’un projet de décret organisant le prochain recensement général de la population prévu en 2012. L’on peut se poser la question de savoir pourquoi une telle redondance du recensement général de la population dans l’intervalle de quelques mois. N’y a-t-il pas lieux de mieux utiliser cet argent acquis sur les dos du contribuable mauritanien pour résoudre les besoins primaires des citoyens. Si le principe est qu’avant de compter les Mauritaniens, il faut d’abord
définir qui l’est et qui ne l’est pas, on comprend que le pouvoir en place décide de faire une tabula rasa cartésienne à partir d’un doute hyperbolique de la mauritanité pour ne l’accepter que quant elle s’impose par l’évidence, la clarté et la distinction fondée sur l’ethnicité. Pourtant il y a beaucoup de
rumeurs sur le lieu de naissance du Président au Sénégal. Ce qui est sûr c’est qu’il est très à l’aise en Wolof et c’est peu probable qu’il ait acquis la maîtrise de cette langue à Rabat durant sa scolarité militaire.
Aussi si dans les grandes villes du nord et de l’est du pays les Mauritaniens Maures sont calmes face à l’enrôlement c’est qu’ils sont convaincus que leur mauritanité ne souffre d’aucune contestation et que la preuve par papiers/documents d’Etat civil est secondaire. Leur recensement est facilité par la clarté et l’évidence de leur mauritanité ; Ici l’aspect physique et culturel maure justifiant l’appartenance mauritanienne. Donc ce doute sur la mauritanité de certains citoyens est foncièrement raciste parce qu’orienté vers les noirs mauritaniens supposés être étrangers dans leurs terres ; d’où les questions subsidiaires qui leur sont posées au-delà des pièces d’état civil. C’est en cela que le zèle des agents recenseurs est voulu pour dissuader et décourager les Noirs ; l’objectif est d’arriver ainsi à en recenser le plus petit nombre possible afin d’ aboutir , in fine, à un poids démographique de Négro-Mauritanien « idéal » pour perpétuer la domination de l’Etat hégémonique arabo-berbère et trouver la justification de cette domination dans la prétendue supériorité numérique de l’élément maure -bidhaan.
Si ces cinq dernières années le palais ocre a changé trois fois de locataires, cependant, il y a une constante qui est demeurée là implacable : la consolidation des acquis du système ethno-tribal par l’exclusion socioculturelle et physique permanente du Négro-Mauritanien. C’est comme qui dirait que pour le respect du code moral maure, il existerait une règle tacite que personne ne peut transgresser : aucun de nos présidents qui ont défilé au palais ocre ne  voudrait être cité comme responsable, dans l’histoire, de la restriction de l’hégémonie de l’élément maure sur le pays ; décidément n’est pas Frédéric  DECLERK qui veut. En tout état de cause, l’exigence d’une cohabitation harmonieuse et équilibrée entre citoyens est plus que jamais d’actualité ; et l’évolution de la Mauritanie vers une gouvernance démocratique est une marche forcée ; c’est l’indépassable horizon de notre temps disait JP Sartres. Le système tribalo-ethnique ne peut échapper à la logique du vivant, et il se trouve incontestablement à la fin de son cycle de vie.
Les autorités actuelles plus que celles d’avant flippent en pensant à l’importance et au rôle du nombre dans l’exercice du pouvoir par le suffrage des citoyens. Autrement dit, dans une gouvernance démocratique c’est avant tout par la majorité mécanique et absolue que se conquiert le pouvoir. Si un esprit élargi par la liberté ne peut plus se rétrécir, il faut en conclure et déduire que la marge de manœuvre des élections truquées, du bourrage des urnes, ou du marchandage des consciences deviendra de plus en plus étroite en Mauritanie.
Aussi la phobie du poids du nombre de Noirs mauritaniens, affichée depuis la nuit des temps par les gouvernants, tient au fait que la lutte engagée depuis toujours par les populations noires marginalisées, ajoutée à une conscience citoyenne très prononcée dans la jeunesse actuelle, sont les prémisses d’une alternance inéluctable et dans laquelle la majorité des mauritaniens ne sera
plus gouvernée par une minorité.


SOW Aliou- Nice-France.

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