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Flamnet- rétro: Crise mauritanienne: quand feu Docteur Mourtoudo Diop dénoncait la badauderie avilissante de Kadhafi
Le trublion Kadhafi, président de la Libye et de l’Union Africaine vient d’enrichir son palmarès d’échecs dans la médiation de la crise mauritanienne. Il a fait avorter par son attitude ubuesque et partisane un nuage chargé d’espoir. C’est la communauté internationale qui lui avait recommandé d’engager un dialogue avec les protagonistes mauritaniens afin de trouver une solution consensuelle et inclusive à leur crise. Un tel rôle exige la sagesse, l’humilité, la pondération, la neutralité qui ne sied pas au versatile Guide de la révolution libyenne. Au lieu d’atténuer les contradictions, il les attisa, les aggrava. Il convoqua d’abord en Libye le HCE, le RFD, le FNDD y compris le président Sidi.
Le FNDD et la CFD ont magistralement escorté le Président de la République de Lemdène à Nouakchott. Plus de cent cinquante voitures furent ce trajet. Des milliers de personnes en liesse acclamaient le Président Sidi. Son domicile à Nouakchott fut envahi par une foule innombrable pintée de joie brandissant ses géantes photos en scandant des slogans. La même soirée, il rejoignit la Libye tonifié par ses militants.
Kadhafi annonça qu’il viendra diriger à Nouakchott la prière de l’Anniversaire du sceau des Prophètes, paix à sa mémoire. Il obligea le chef du HCE à couper ses relations diplomatiques avec Israël. Il rétablit les liens avec notre état, en contrepartie il apporta un appui encombrant et corrosif au programme électoral de la junte.
La Mauritanie lui prépara un accueil digne de son rang, tout en lorgnant à sa manne financière, qui lui permettra en un laps de temps d’amoindrir ses difficultés.
Kadhafi débarqua à Nouakchott avec tout son attirail. Il sortit de son avion en tenue traditionnelle, avec un air d’un joyeux vivant et même d’un viveur, pimpant comme la première pluie de l’hivernage.
Plus de mille cinq cent soldats l’accompagnèrent pour assurer sa sécurité. On y voyait aussi ses célèbres soldates dont quelques nègresses qui lui servaient de gardes de corps. Les tribus du Grand Sahara et celles des Touaregs assistèrent bruyamment à l’accueil, lui proclamèrent leur allégeance et créèrent une atmosphère festive où l’Empereur potentiel de la « Tribucratie » aime à se retrouver. Il donna rendez-vous au stade olympique, difficilement accessible à cause du contrôle rigoureux des soldats libyens.
Nous nous retrouvâmes difficilement dans ce lieu. Les protagonistes de la crise furent invités sous la tente du Guide. Les anciens présidents Moustapha Saleck, Haïdallah, Ely, s’assirent, près de lui ainsi que le « 1er Ministre » Laghdaf, le général Aziz, Messaoud et Ahmed Daddah.
Il livra un discours lyrique, enflammé qui n’a aucun rapport avec l’objet de sa visite. Une foule nombreuse y compris des animistes des autres pays de l’Afrique reconvertis à l’islam sont invités à ce spectacle inhabituel. Tous hurlaient de joie, criaient, sautillaient, dansaient.
Kadhafi communia avec cette masse en extase. Il riait, gesticulait, levait ses poings, jubilait de la réussite de son vœu caché qui n’est rien d’autre que ce festival et non de la solution de la crise. Nous priâmes avec lui ; mais sa prière que nous croyions salvatrice se révéla dévastatrice pour la réconciliation. Tout ce tintamarre n’était destiné qu’à batifoler et non à réconcilier.
Il provoqua la vacance du pouvoir et se comporta comme s’il était dans une région libyenne. Nos dirigeants azimutés se soumirent obséquieusement aux lubies du chef de la Libye, qui, au troisième jour de son séjour invita un monde sélectionné susceptible d’avaler sans rechigner ses déclarations à se rassembler au palais du congrès où des milliers de personnes se serrèrent comme des boîtes de sardines. Encore les anciens chefs d’état militaires s’assirent à côté de lui. Il prononça une déclaration sulfureuse contre la démocratie imposée à l’Afrique par l’Occident outrecuidant, affirma que la démocratie et les élections sont aux antipodes des valeurs de notre pays peuplé par des bédouins indolents incapables d’assimiler ces idéologies chimériques faites pour les diviser et les retarder.
Il venta son livre vert identique à celui du livre rouge de Mao Tsé-toung de la chine truffée de slogans destinés à endoctriner. Il s’est époumoné à travers un exercice époustouflant et un style pindarique à magnifier le modèle libyen, pays sans constitution, sans institutions, sans élections, sans syndicats doués d’une remarquable pugnacité, sans opposition politique interne, sans contrepouvoir pour tempérer l’absolutisme du Guide de la révolution, du moins de l’involution, qui règne depuis 40 ans sur son pays. Son modèle de gouvernement n’existe nulle part dans le monde. Il ne peut que faire l’éloge de l’autocratie et de la « Tribucratie » que nous mauritaniens réprouvons, combattons avec toutes nos forces.
Au lieu de réconcilier, il déversa ses diatribes sur une opposition médusée. Il magnifia le despotisme et proclama que la démocratie n’est pas adaptable en Afrique. Elle ne sert qu’à diviser et à quémander l’aide européenne qui étrangle le continent. Il déversa ses critiques sur le FNDD et demanda au peuple mauritanien d’adhérer au programme électoral du chef de la junte.
L’opposition vexée, se leva, sortit de la salle et annonça la rupture de la médiation avec Kadhafi l’homme aux réactions imprévisibles. Tomber dans cette badauderie avilissante est une honte pour nous qui avions confiance en lui et pour toute l’Afrique. Cette bassesse donne raison à ses détracteurs que nous ne cessions de combattre ici et ailleurs. Cette effronterie qui nous méprise est mal placée d’autant plus que la Mauritanie n’est pas la Libye et que la démocratie n’est pas une propriété occidentale.
Nous pouvons affirmer qu’elle est islamique, d’autant plus que, c’est l’islam qui a, pour la première fois de l’humanité, proclamé la république démocratique, tolérante avec les juifs et les chrétiens dont le Coran et la Sunna ont été la constitution de ses fidèles et la sève de ses diverses institutions.
Le Coran permit aussi aux juifs et aux chrétiens de se guider avec leurs livres révélés. Le sceau des prophètes a révolutionné l’humanité à travers une œuvre inimitable. Sa révolution anti-autocratique est la mère de toutes les révolutions.
La Libye est un pays riche dépendant des puissances nanties ! Elles seules profitent de toutes ses richesses et non les libyens et les autres damnés de la terre.
Actuellement, tous nos malheurs ne nous viennent pas de l’Occident. Ils proviennent principalement de l’aliénation, de l’incurie, de la bouffonnerie, de la soif du pouvoir, de l’avoir et de l’autocratie de nos présidents qui prennent leurs peuples pour des sujets taillables et corvéables à merci. Ce discours éculé de culpabilisation de l’Occident vise à masquer nos échecs. La Libye est plus riche que le Japon, la Chine, l’Inde et la plupart des pays du monde. Elle est moins peuplée qu’eux. Mais ils ont relevé le défit du développement par l’effort, l’organisation et le travail. Actuellement, ces pays asiatiques ont dépassé l’Europe et aspirent à rattraper l’Amérique. Sa médiation attrape-nigaud, n’a été qu’un ballon de baudruche.
Amar Ould Béja Rédacteur du Journal l’Authentique a qualifié Kadhafi de « médecin qui injecta du poison à son patient». Le zoïle Kadhafi offrit gracieusement 15milliards UM pour la construction d’un hôtel et 30 millions d’Euro pour les travaux d’une avenue qui porte son nom, alors que la pauvreté, la faim, la soif, le chômage et les maladies continuent de tourmenter la vie de nos concitoyens. Sa solidarité outrageante avec ses frères d’armes mauritaniens a créé un rapprochement entre le FNDD et le RFD principales forces d’opposition décidées à barrer la route au fascisme international. Cette nouvelle force compliquera l’action du HCE et accélérera les sanctions de la communauté internationale que le Guide Libyen cherche à éviter sans méditer sur les conséquences que son action irrationnelle peut provoquer. Tous les ingrédients d’une déstabilisation comme en Guinée Bissau et au Madagascar que nous ne souhaitons pas qu’elle se réédite chez nous sont réunis.
Le général coléreux clame haut et fort sa volonté de lutter contre la gabegie alors qu’il ne s’appuie que sur ces gabegistes ou
requins notoires qui l’aident à légitimer son pouvoir. Ce sont ces mêmes flibustiers et forbans qui l’encadrent. Nous adhérons à son discours de dénonciation des pilleurs des deniers publics. Mais, pour crédibiliser son action, qu’il commence à inspecter la gestion de ses propres partisans, du BASEP, des états -majors des armées et des sécurités nationales et nous montrer leur droiture en matière de respect des biens publics.
Le pays est en ébullition, que le général assoiffé de pouvoir s’escrime à baisser la tension, à s’ouvrir à ses adversaires, à libérer les prisonniers, à cesser la répression contre la presse, à ouvrir les médias à l’opposition, à annuler les élections unilatérales qu’il prépare avec l’onction de Kadhafi qui ne vise qu’à embourber d’avantage le pays.
Le général doit comprendre que le terrain politique n’est pas une caserne militaire. Y évoluer demande un autre art que sa rigidité et son jusqu’auboutisme suicidaires.
Ainsi donc, l’échec de la médiation de Kadhafi peut bien être un succès pour nous de l’opposition d’une façon générale et du FNDD d’une façon particulière. De surcroît, l’accord entre le RFD et le FNDD peut constituer une synergie stimulante qui encouragera toutes les forces opposées au fascisme à œuvrer ensemble.
C’est l’unité qui fait notre force. Notre lutte a lézardé les murs du despotisme. Avançons sans arrêt, mais unis en proclamant comme Danton : « il faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace et la Mauritanie sera sauvée ».
Nouakchott, le 20 Mars 2009- DR MOURTOUDO DIOP DEKAALEM/RDNM
LE PRESIDENT
Flamnet-Agora: Les accords entre Majorité et Opposition. L’exégèse d’une affligeante et redondante banalité par Ba Bocar Oumar
C’est quand même fort de café ! Après avoir détourné le regard face à la révolte légitime d’une jeunesse qui pose les vraies questions, on voudrait nous présenter comme une révolution politique ce qui au fond, n’est rien d’autre qu’un banal accord élitiste consacrant la gestion et le partage du pouvoir, si ce n’est la sécurisation des carrières et des parcours politiques.
Il n’est pas question pour moi de contester les quelques avancées qu’on peut noter ici et là sur la gestion des processus électoraux compris dans cet accord. Mais au-delà d’un certain nombre de points très discutables sur le principe, comme l’interdiction des candidatures indépendantes, qui pour moi est une réduction de la liberté politique des citoyens et le renforcement du régime des partis (le grand défaut de la 4ème République en France), la question à se poser dans cet accord, c’est encore une fois celle de la hiérarchie des priorités. A-t-on dans cet accord, mis le focus sur les vrais problèmes qui tenaillent le pays ? Mis a part le timide rappel dans la constitution du caractère multiculturel de la Mauritanie, déjà présent dans la constitution de juillet 1991 de Ould TAYA, où est passé l’officialisation des autres langues nationales ; revendication qui fait écho à la vraie question de la reconnaissance de leurs locuteurs comme mauritaniens à part entière ? Dans cette période troublée, où le jeune Lamine Mangane a payé de sa vie la confusion volontairement entretenue sur la mauritanité des négro-africains, c’eut été un signe de bonne foi politique pour le pouvoir que de le réaffirmer, ou pour l’opposition que de le réclamer. Mais c’est vrai que dans un accord de type élitiste, au courage nul n’est tenu…Quant à la référence au rejet de l’esclavage dans la constitution, je ne vois vraiment pas quelle nouvelle ardeur elle apporte à l’abolitionnisme, là où la superposition des lois se heurte en permanence au mépris des autorités locales et à l’indifférence du pouvoir central.
On a donc là un accord entre l’opposition et le pouvoir qui, de mon de vue, se détourne expressément de la question essentielle de l’heure ; celle qu’on effleure prudemment dans le préambule du texte, sous le doux euphémisme d’« unité nationale ». Et ce, alors même qu’aujourd’hui comme hier, mais aujourd’hui plus qu’hier, ce qui menace dangereusement la stabilité du pays, voire sa survie, c’est précisément que certaines composantes de son peuple se sentent exclues de la pleine citoyenneté et de la promesse égalitariste de l’état républicain. Aujourd’hui plus qu’hier, une certaine jeunesse, débarrassée de la frilosité légendaire d’une certaine intelligentsia négro-africaine rompue aux arcanes de l’allégeance facile, a décidé qu’elle ne ferait pas faux bond à l’Histoire, dans ce rendez-vous de toute façon incontournable. Elle a décidé que la mauritanité, sempiternel alibi à l’exclusion, ne ferait pas plus recette que l’ivoirité, dont on sait malgré son échec, la teneur de la facture humanitaire et politique laissée aux ivoiriens.
Et la classe politique mauritanienne réunie en conclave voudrait nous convaincre que ce débat-là ne méritait pas de figurer au menu de leurs discussions. Que la place des langues nationales dans les média d’Etat n’est pas un sujet important pour eux. Que la reconnaissance et le renforcement d’ONGs de lutte contre le phénomène anachronique de l’esclavage ne fait pas débat, dans un pays où malgré tout on a pensé bon de graver dans le marbre constitutionnel le rejet de l’esclavage…Je pense que le problème de la Mauritanie ce n’est même pas qu’elle marche sur sa tête, c’est qu’elle marche tout simplement sans tête !
Bocar Oumar BA, Strasbourg (France) .
Mauritanie: faire feu de tout bois par Ba Daouda
En RÉPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE et ce depuis l’indépendance ,tous les gouvernements successifs ont cultivé sans cesse des clivages de société MAURITANIENNE à tous les étages sans jamais faire le bilan de ce que les Mauritaniens ont en commun au delà de la considération religieuse. Depuis les années 1960, les différents responsables politiques ont tous sans exception contribué au creusement du fossé de la différence entre ses propres citoyens occultant les conséquences sociales que cela pourraient engendrer. Ils ont toujours cultivé une posture de diviseurs, de dilapidateurs, de corrupteurs et chantres d’acculturations tout azimut.
L’histoire, tous les Mauritaniens la connaissent par cœur depuis l’arabisation généralisée de l’éducation nationale visant à restaurer les inégalités voir même inverser la tendance jusqu’à conduire à des partis pris dévastateurs visant à faire feu de tout bois. Ces gouvernements successifs ont tous cherché des prétextes qui valideraient la puissance des élites MAURES (lat.MAURUS=Africain, désignant les berbères indépendants de l’ouest de la MAURITANIE) contre les la population noire du sud du pays conduisant aux stratagèmes funestes en phases successives à des périodes différentes.
1 : PRÉTEXTER UN COUP D’ÉTAT
Tous les officiers noirs de qualités sont passés aux armes sans coup férir accusés à tort de vouloir prendre le pouvoir. Ainsi, la purge commença au sein de toutes les institutions administratives et de sécurité jusqu’à qu’il n’y ait plus aucun noir dans les organes ou les postes à responsabilité dans le pays.
2: SIMULACRE ÉVÉNEMENTIEL 1989 (Sénégal-Mauritanie)
De banal fait minable ou de querelle de voisinage entre les agriculteurs soninkés de Mauritanie et les éleveurs du Sénégal voilà que les peulhs du pays complètements étrangers au problème sont devenus des cibles de choix et candidats aux:
– État de siège de tout le sud avec fermeture de frontières où s’ensuivirent des exactions de tout genre, des meurtres et des assassinats, des déportations, des viols, des tortures, des fosses communes de cadavres agonisants, des morts jetés dans des puits, des appropriations de troupeaux de vaches , de chèvres, des brimades, des délations, des accusations ,des enlèvements , des disparitions, des mariages forcés des jeunes peulhs avec les tortionnaires, des couvre-feu jusqu’aux portes des mosquées, des occupations illégales des maisons et des champs, récupération de l’argent pour des faux alibis, arracher des bijoux des femmes qu’ils soient d’or ou d’argent, du travail forcé……etc
Cette ignominie est connue et reconnue par tous les Mauritaniens directement ou indirectement et tous ont été concernés de prêt ou de loin surtout cette frange de la population dite noire de la vallée. La preuve du mea-culpa fût le retour des déportés et leur indemnisation . Cela démontre une reconnaissance de culpabilité des autorités de l’époque qui n’a portant tiré aucune leçon pour l’avenir que jamais cela ne se reproduise.
Les questions que les Mauritaniens se posent sont le droit de savoir qui sont les responsables des planifications, des organisations et des exécutants; quelles sont les têtes pensantes qui ont orchestré ce bilan de holocauste des tropiques du désert? et ceci pour signifier que aucun et personne n’est au dessus des loi quelque soit le statut social et quelque soit son appartenance et quelques soient les idées que une justice est faite par des hommes pour des hommes. Les indemnisations pécuniaires sont rien sans justice, le pardon n’est possible que s’il y’a reconnaissance d’une faute.
3 LA NÉGATION.
Après tant d’années noires, tant de larmes, tant de deuil devant le flot de sang versé de milliers d’innocents au sein d’une communauté et une seule communauté, il y’a bien lieu d’avoir peur pour le présent et pour le futur de cette même communauté d’autant plus qu’à la place du vocable RECENSEMENT,
Tout le pays a préféré le terme douteux d'”ENRÔLEMENT” semant ainsi des doutes et des confusions au sein toujours et encore dans les esprits de population naguère victime de l’innommable propension destructrice.
Qu’il soit clair que dans ce passé de passif calamiteux où il n’y a pas de responsabilités et un déni des situations nauséabondes, il n’ y a jamais de “conflit inter-ethnique ou inter-communautaire véritable mais, des AGENTS de l’état ARMES ET SOUTENUS POUR UN SALE BOULOT CONTRE LEURS CONCITOYENS DÉSARMÉS ET PASSIFS.
De ces enseignements,les consciences ne peuvent que de se réveiller et se dresser contre toutes les formes d’humiliations et de négation de l’essence même de leur existence et de leur dignité sans attiser le feu de la haine et de l’extrémisme aveugle. D’aucun dans ce pays ne peut nier la réalité des liens familiaux ou amicaux qui existent entre toutes les composantes culturelles et humaines. Chaque Mauritanien du nord comme du sud a un ami qui ne lui ressemble pas forcement par la langue ou de pigmentation mais avec beaucoup de compréhension et d’amour et de respect mutuel; ce dont a besoin toute personne humaine soucieuse d’égalité et de justice dans un univers de surcroît musulman.
Si pour des raisons politiques, une quelconque autorité du pays s’ingénie à briser cette équilibre fragile et à dresser les Mauritaniens les uns contre les autres, ça n’est pas une autorité sérieuse ni crédible.
Une autorité qui n’a pas la volonté de protéger tout son peuple sur la base d’équité et de justice n’est pas une autorité juste.
Une autorité qui ne se dresse pas contre toutes les formes d’abus dans toutes les instances de la République n’est pas une autorité compétente.
Une autorité qui ne communique pas ne peut point entendre encore moins être sensible aux détresses et aux souffrances de ses citoyens.
Les raisons de la colère sont justes et non négociables compte tenu de tous ces antécédents ravageurs pour n’importe quelle communauté au monde.
Le Mauritanien est foncièrement bon et intelligent mais alors pourquoi au lieu de s’atteler au meilleur choisit-t-il le pire?
Le pire a été un échec mais pas pour un enseignement devant l’histoire. Il a marqué tous les esprits, déchiré les espérances, il a éloigné les considérations et les respects il s’est barricadé derrière des voiles de haines et de mépris des hommes par l’esclavage et la classification des êtres.
Il a poussé à l’exil et l’ignorance…..etc.
Reconnaître une population et obtenir son vote favorable au temps des élections en remettant en cause la véracité de leur nationalité après avoir été élu relève de l’imposture et doit nécessairement invalider la véracité de la dite élection.
Demander des justificatifs de mariage ou d ‘actes de décès à une population où aucune organisation administrative digne de ce nom n’existe point, où l’état civil a été de tout temps falsifié au gré des politiques où aucune donnée de naissances et des décès n’est disponible dans aucune wilaya du pays pour une année civile; n’est rien d’autre qu’une politique ségrégationniste intentionnelle à dessein malsain.
Permettre à un “khadi” politisé de décider seul de l’avenir des ses semblables à une échelle régionale sous aucune base de travail préalablement établie et transposable au niveau national frise l’inconscience collective voir pathologiquement pernicieux car le pauvre khadi ne peut recourir qu”à du “faux et usage du faux”n’en déplaisent les bureaucrates qui ont pondu le projet.
Gouverner ça n’est pas un jeu de force ou de puissance de feu encore moins du nombre élitiste.
Gouverner demande beaucoup de probité, de sagesse, du courage , d’ambition ,d’intelligence dans les décisions, de clarté dans les orientations et ouverture au peuple si toute fois on ne gouverne pas que pour soit, sa famille, ses amis , son village ,sa région.
Savoir reconnaître que l’erreur est humaine reste une qualité que peu d’hommes éclairés possèdent qui peut conférer à une humanité véritable.
Le pays est en chantier depuis son indépendance et a besoin de tous pour un sursaut du millénaire et non au retour de la “djahéliya” de la poésie et de la guerre. il a besoin de ses ressources et de ses richesses pour se hisser au rang des pays qui, il y’a 10 ans ont réussi des paris fous et sont sortis du statuts d’assistés. Il a besoin du métissage et d’échange fort entre le nord et le sud dans son territoire au lieu des jumelages maghrebins et ou Européens alors que les maures et les Noirs préfèrent s’ignorer et se dévorer.
J’en appelle à la conscience des Maures réfléchis et politiquement mâtures de ne pas cautionner cette démarche odieuse et de le dénoncer. Car dans une telle situation ne rien voir et ne rien dire est une complicité.
J’en appelle au collectif “touche pas à ma nationalité” de chercher des soutiens auprès des citoyens maures afin d’éviter les interprétations fallacieuses des adeptes de la rupture et de séparation.
Ensembles nous sommes, ensembles nous resterons pour tous les combats pour la justice dans notre pays.
Ba Daouda – France
FLAMNET-AGORA: Ils veulent falsifier l´histoire par Abdoul Birane Wane Coordinateur de Touche pas à ma nationalité
La Mauritanie est par la force de l’histoire un pays multiculturel où vivent depuis des siècles des communautés d’origine arabo-berbères et négro-africaines. Ce destin confirmé au lendemain des indépendances, a continué son chemin non sans modifier le cours des évènements.En effet le tracé des frontières a crée une ligne de séparation entre des familles situées entre les deux rives, de part et d’autres sur ce qui deviendra le Sénégal et la Mauritanie. L’intangibilité des frontières héritées de la colonisation ne saurait effacer ces liens de sang entre des familles qui partagent la même descendance. De l’autre côté la Mauritanie est confondue avec le Sahara occidental mais aussi contiguë avec le Maroc. Les tribus maures habitant dans ces différents espaces portent les mêmes noms de famille. A l’est du pays c’est aussi cette réalité historique séculaire qui structure les rapports entre les populations mauritaniennes et maliennes.
La Mauritanie est assise sur l’ancienne capitale de l’empire du Ghana, Koumbi Saleh. Comment ne pas accepter cette prééminence de facteurs historiques sur la volonté politique d’un système étatique qui ignore délibérément une réalité têtue. Hélas bien des évènements douloureux ont été savamment entretenus par des forces de division pour tenter de réécrire une autre page de l’histoire de la Mauritanie. En croyant réussir ces pseudo-historiens se rendent compte à leur dépens que nul ne saurait falsifier l’histoire d’un pays. Le mouvement des populations du nord au sud, d’est en ouest a crée un brassage inter-communautaire et enfanté un métissage culturel et biologique entre les fils de ce pays. Mais le sud est resté l’espace géographique naturel habité depuis des siècles par les riverains au point qu’un adage populaire devenu un exemple de plaisanterie entre les peuls et les maures disait”HOL HAMME HOL HOORE WEENNDU”signifiant littéralement et sans aucun brin de racisme: que fait Hammet-allusion au maure-au bord du lac ?
A la faveur de bouleversements politiques les riverains ont été l’objet de toutes sortes d’injustice. La plus grave est le déni de la nationalité. En privant un citoyen de son droit à la nationalité, on en fait un étranger dans sa propre patrie. Le conflit Sénégalo-mauritanien en 1989 a donné l’occasion au pouvoir raciste de Taya de massacrer les noirs, les spolier de leurs terres, violer leurs femmes. C’est un véritable génocide qui a été orchestré en terre « d’islam ». Comment continuer à fermer les yeux et la bouche alors qu’une grande partie des Mauritaniens continuent de subir l’injustice planifiée par l’Etat même. Le règlement du passif humanitaire est une décision politique de façade destinée à protéger des criminels et génocidaires. Plus de mille anciens militaires qualifiés sans aucune raison de déserteurs ont été rayés de la liste alors que les autres qui ont versé du sang ont été récompensés. Où est la justice? l’arabisation à outrance ne fait que continuer avec cette réforme en cours qui accorde plus d’importance à l’arabe dans les matières littéraires qui constituent la base de la pensée et de l’expression. Si les nominations et la représentativité au sein du gouvernement doivent se faire par quota ethnique les négro-mauritaniens et les haratins devaient être mieux servis. on ne peut pas construire une unité nationale sur des principes de division nationale.
Le recensement en cours est venu démontrer que les forces de division sont déterminées à poursuivre leur oeuvre de destruction nationale. C’est pour s’élever contre toutes ces pratiques injustifiées et inacceptables que des jeunes mauritaniens animés par le seul désir de revendiquer une justice pour tous sans distinction de langue et de couleur ont lancé le mouvement “Touche pas à ma nationalité” en vue de s’insurger de manière pacifique contre toutes les formes d’exclusion dont sont victimes les communautés négro-mauritaniennes et les haratins.
ABDOUL BIRANE WANE- Coordinateur du mouvement Touche pas à ma nationalité.
Flamnet-Agora: Soudan –Mauritanie : même destin ?par Bara BA
On dit souvent que « comparaison n’est pas raison », n’empêche! je ne puis, malgré tout, résister à la tentation de comparer le Soudan et la Mauritanie, tant leur ressemblance me parait frappante! Entre la Mauritanie et le Soudan on trouve beaucoup de traits communs, allant de l’espace à la géographie humaine, aux politiques, stupides, mises en œuvre, que dictent des idéologies et des préjugés sous-jacents, tout aussi stupides. Deux vastes territoires, coupés en Nord et Sud, groupant des populations ethniquement diverses, aux mœurs, cultures et habitudes mentales différentes. Un Nord essentiellement peuplé par des Arabes, un Sud, majoritairement, peuplé de Noirs africains.
Deux pays qui souffraient de complexes et d’un problème d’affirmation, et peinaient à se faire reconnaître dans leur identité arabe (exclusive ), ardemment revendiquée par les gouvernants et des fractions importantes de l’élite politique et intellectuelle!
Deux pays qui se situent sur la ligne de contact entre l’Afrique noire et l’Afrique « blanche » ( sémite) , entre Arabes et Négro-africains. La Mauritanie et le Soudan, à l’image de tous les pays de cette zone de contact, du Mali à l’Ethiopie en passant par le Niger, n’échappent pas aux turbulences, aux tensions et crises de coexistence qui surgissent, périodiquement , comme de brusques poussées de fièvre, et parfois comme de formidables secousses tectoniques !
Crises et secousses dont la source principale est à chercher dans les politiques nationales, inaptes à construire une réelle unité , menées depuis les indépendances à nos jours, fondées sur des préjugés, profondément enracinés, qui reposaient sur la croyance que les races humaines seraient inégales, que certaines seraient supérieures à d’autres , que les Arabes seraient supérieurs aux Noirs… ; croyance et mentalité que traduit toute la charge négative de mépris contenue dans le mot (arabe )« jange » !
A cause de ces présupposés, absurdes, qui fondent ces politiques ineptes , l’on tourne le dos à l’esprit de tolérance, et l’on se refuse à prendre en compte la diversité –facteur de richesses-, nous exposant, sans cesse, à la descente aux enfers, aux travers de terribles excès observés , jusqu’ici, tant au Soudan qu’en Mauritanie !
Au Soudan , le gouvernement du Général Al Bashir , soutenu par les faucons de son régime et par des Islamistes intolérants, chercha à islamiser , de force , les Sud soudanais , de foi chretienne ou animiste !
Parceque les populations Sud -soudanaises opposèrent une résistance à son dessein , le Gouvernement du président Al Bashir, par le biais de ses généraux , pratiqua la politique de terre brûlée pour éliminer ou chasser les populations du sud dont il ne voulait pas, et récuperer, ainsi, leurs terres qui, seules, comptaient à ses yeux !
Son mépris pour ces populations décupla avec la découverte du pétrole sur le haut Nil , source de toutes les bavures et de tous les excès , dont Achak Deng nous rapporte ici, quelque illustration :
« Quand le pétrole fut découvert, en 1974 au Sud -Soudan, dans la région du Nil, Khartoum élabora une stratégie pour éloigner les populations noires de cette zone .
D’abord , à travers des délégations, Khartoum suggera aux populations Nuer de quitter leurs terres, contre indemnisations ou compensations; ce qu’elles refusèrent. Puis suivit la phase de menaces du gouvernement de Al Bashir, mais rien n’y fit! Les murahaleen ou janjawides, équipés d’armes automatiques par les soins du Gouvernement , sont alors envoyés, pour intimider, piller , voler et violer , afin de pousser ces populations autochtones à quitter les lieux ; mais ce fut là encore sans succès !
Alors , un beau matin un régiment de l’Armée entra dans le village , calmement prit position , et commença à tirer sur la population ; 32 personnes sont tuées , un homme est pendu .
Tranquillement les soldats regagnent leurs camions et se retirent …. C’est la panique ! La zone est nettoyée . Chevron pouvait, enfin , tranquillement pomper l’or noir »
Cette intolerance , ce peu d’interêt que manifestait le Gouvernement soudanais pour les populations Noires autochtones, on les retrouve aussi, en des termes plus ou moins identiques, en Mauritanie.
Depuis l’indépendance de ce pays, les régimes arabo-berbères cherchent, obstinément , à transformer les Noirs Africains, en Arabes, par assimilation; en jouant subtilement sur la confusion entre Islam et Arabité ! en les forçant à l’usage de la langue arabe, instrumentalisée à souhait, à l’Ecole et dans l’Administration , au fin de maintenir et perpétuer le pouvoir « blanc », ou l’hégémonie de la seule composante arabo-berbère . Les Négro- africains de Mauritanie sont , certes, musulmans mais pas arabes, pour disposer de leurs propres langues et cultures millénaires, mais que méprisait le Pouvoir arabo-berbère !.
Ici également, comme au Soudan , on pratiqua la politique de terre brùlée, pendant les évènements de 1986-1990 , suite à la publication d’un document qui dénonçait le racisme d’Etat en Mauritanie ; l’Armée sillonna la vallée du fleuve pour intimider , piller , violer, tuer !
Dans un petit hameau Peulh du département de Ould- yengé , – raconte un refugié-, les habitants furent , un jour de septembre 1987, encerclés au petit matin, par une section de l’Armée mauritanienne; hommes et femmes furent sommés de se coucher à plat ventre . Les mains liées derrière le dos , ils furent tous exécutés, puis empilés dans une chaumière. L’information ne tarda pas à se propager , amplifiée par la rumeur, ce qui eut pour effet , prévisible, de créer la panique ; en quelques jours les Départements de Ould yenge et de Kankossa se vidèrent de milliers de familles négro-africaines qui fuyaient vers le Mali, voisin ! Elles y sont toujours par refus du Gouvernement de les rapatrier !
L’objectif, –vider le sol mauritanien de ces Noirs indesirables – , était atteint ! Tout comme il avait failli être atteint au Fouta, où l’Armee encercla des villages , deporta, entierement, les habitants vers le Sénégal , dans des conditions les plus humiliantes. Elle s’empara de milliers de têtes de vaches vendues à Nouackchott , comme le bétail Dinka avait été razzié et vendu au Darfur et à Khartoum ! Le Gouvernement mauritanien s’accapara de leurs terres , occupa leurs villages qu’il repeupla , exactement comme cela se fit au Sud -Soudan !
Au Soudan il y’eut les milices Janjawides créées et armées par le gouvernement , en Mauritanie ce furent quelques franges haratines , inconscientes , téléguidées , qui avaient été dressées contre leurs frères Negro- africains !
Avec le Gouvernement actuel du général ould Abdel Aziz , le même processus de dépossession des Noirs mauritaniens était toujours en marche ; par la spoliation de leurs terres vendues aux Saoudiens et aux Soudanais . Le même objectif de négation ou d’élimination demeurait , à travers ce recensement de populations, à caractère totalement raciste, qui visait les priver de la nationalité ! Mais cette fois, au lieu de recourir à la violence physique comme avec les déportations , le Gouvernememt procédait de manière plus subtile, optant pour une méthode plus fine qui posait les fondements légaux de leur exclusion .
En Mauritanie comme au Soudan , on cherchait à préserver et perpétuer un Système qui servait les intérêts d’une seule composante nationale ; les populations noires ne comptaient pas , seules comptaient leurs terres !
Comme on le voit donc , identité forte et profonde entre ces deux pays, qui semble se reflèter jusque dans les rapports inter-personnels entre les deux généraux , au point de faire de Al Bashir le premier invité de marque post investiture, en 2009; comme si Aziz tenait à témoigner à son homologue considération et solidarité, au mépris des deux millions de victimes du génocide soudanais; au mépris de la sensibilité des Négro-africains !
Ce sont, sans nul doute , ces secousses et ces tensions récurrentes sur toute cette ligne de contact , entre le Nord et le Sud, affectant tant de pays dont le Soudan et la Mauritanie, qui faisaient dire à Cheikh Anta Diop ceci : « Aussi longtemps que les Arabes qui vivent en Afrique se sentiront plus attachés à leurs frères de race du Proche- orient qu’au reste de l’Afrique , nous aurons le devoir et le droit de nous défendre contre leur attitude raciste ».
C’est à croire qu’il s’adressait, précisement, aux mauritaniens…
Nous défendre nous dit-il ! Nous défendre ….
De quelle manière ? C’est toute la question !
Bara Ba ,
Dakar le 16 octobre 2011
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