Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Flamnet- rétro:11 juin, voilà 3 ans qu´il nous quittait. Quand Murtudo Diop rendait hommage aux FLAM avant sa mort

MoURToUDO diop et kaaw touréTout d’abord je remercie ALLAH Seigneur des mondes de m’avoir donné l’occasion de témoigner brièvement sur FLAM, en tant que témoin et acteur de l’histoire. En dépit des toutes les tentatives de liquidation par les gouvernements racistes et esclavagistes mauritaniens, FLAM a survécu contre vents et marrées, et continue de porter haut et fort le flambeau de l’espoir, la flamme de la liberté, de l’égalité et de la justice, car l’état mauritanien est le dernier bastion de l’apartheid en Afrique de l’Ouest, mais un apartheid sournois et hypocrite. Les responsables mauritaniens n’ont cessé jusqu’ici de créer des actions néfastes et de les enterrer par le mensonge ; ils utilisent la religion pour légitimer l’injustice ; Mais un célèbre politicien américain avait bien dit : « On peut tromper un peuple en un temps, une partie du peuple tout le temps ; mais on ne peut pas tromper le peuple tout le temps ».

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Flamnet-Agora: De la nature des Forces de Libération Africaines de Mauritanie: Une clarification s’impose

altAprès plus de 25 années d’exil, les FLAM traduisent dans les faits leur intention de se redéployer en Mauritanie. Ainsi, l’organisation vient de dépêcher la deuxième personnalité du mouvement, en la personne de Mr. Ibrahima Mifo Sow, à Nouakchott pour préparer le retour de ses instances au pays. Pour un grand nombre des militants, le redéploiement est devenu le moyen le plus efficace pour continuer la lutte contre le système discriminatoire de l’Etat mauritanien. Quoi qu’il en soit, la décision de se redéployer constitue un tournant important pour les FLAM dont le prochain congrès devra fixer définitivement la nouvelle orientation. Alors, sans plus tarder, les militants et sympathisants de ce mouvement devraient réflechir sérieusement afin de pouvoir tirer les conclusions de 30 ans d’existence et de clairifier la future orientation qu’empreintera l’organisation. De notre point de vue, l’essentielle des critiques et des analyses faites à l’égard des FLAM seraient hors cadre, car elles se seraient basées sur l’incompréhension inconsciente de la nature même de cette organisation. les FLAM sont tantôt considérées comme un parti politique, tantôt comme un mouvement de libération nationale, ou même comme une Organisation de Défense des Droits de l’Homme. Malheureusement, cette confusion sur la nature de l’organisation est partagée par beaucoup, y compris par une bonne partie de ses militants. Alors, l’urgence est de savoir le pourquoi de cette confusion. Dans une approche purement théorique, ici, nous essayerons d’ élucider cette énigme.

D’abord il est important d’ examiner de plus prés les statuts des Flam. Dans son article 3, il est dit:
– “Les FLAM sont un mouvement politique national non-racial qui privilégie la négociation et le dialogue”, et,
– “Les FLAM constituent un mouvement de libération où tous les opprimés et toutes les forces progressistes peuvent converger en vue de réhabiliter les dominés et les victimes du racisme et de l’esclavage“.

Les Flam (selon cet article) seraient donc un mouvement politique et un mouvement de libération nationale. A première vue, cet article énonce deux choses contradictoires, qui expliqueraient les raisons de l’imcompréhension sur la nature même des FLAM. Essayons de comprendre ce qui est derrière ces deux concepts politiques et quelles incidences elles interjecteraient sur l’intérprétation des acquis de l’organisation. Pour se faire nous commencerons avant toute chose par les définir .

Un parti politique peut être défini comme un groupe de personnes réunies autour des mêmes objectifs dans l’ ambition de conquérir le pouvoir par la voie électorale pour satisfaire un programme local et/ou national. Il sert aussi d’intérmédiaire entre le peuple et le pouvoir car il veut être représentatif de la population. Cette option, s’inscrirait dans l’acceptation des règles préétablies des institutions du pays concerné. En principe, les différents partis politiques qui participent à une élection doivent accepter le verdict des urnes quelque soit le résultat, dans la mesure où elles (les élections) se sont passées dans la légalité et la transparence. Un parti politique est strictement de notoriété interne. Les institutions internationales ne se voient pas obligées de supporter ou d’agir contre un parti politique régulièrement ètabli dans un pays donné.

Par contre, un mouvement de libération nationale est un regroupement d’individus qui réagit contre une opression quelconque d’un peuple ou d’une communauté donnée par un Etat. Ce mouvement se veut libérateur de ces opprimés, et le plus souvent par des armes. Cette idéologie se positionne en tant que représentante de la dite communauté et procéde par l’occupation, au moins, d’une portion du territoire. Ces deux caractéristiques ( représentativité, territorialité) confèreraient au mouvement de libération une reconnaissance internationnale basée sur sa “capacité” et sa “personalité”nationale. Car les institutions internationales préfèrent, en général, se fonder sur la théorie dite “l’Etat en voie de formation” pour gage de reconnaissance . Et cette interprétation prendrait source de l’histoire des États qui est associée á la volonté des peuples de se libérer du joug colonial des anciennes grandes puissances.

A partir de ces définitons, on comprend un peu plus l’ambiguité du choix des FLAM dans sa nature organisationnelle. Car les FLAM sont clairement de nature hybride: elles veulent être qualifiées de mouvement de libération tout en gardant un certain nombre de caractères d’un parti politique. Beaucoup de gens peuvent penser que cela doit être le résultat de l’histoire même de l’organisation qui s’est formée à partir de quatre organisations différentes. Mais, cela ne doit pas être une raison suffisante, puisque toutes les organisations concernées, plaidaient déjà pour un Etat Unitaire Mauritanien et l’ utilisation d’armes n’a jamais été une option dans aucun de leur différent programme .

Nous pensons qu’une des explications possibles est que les FLAM sont tiraillées entre la volonté ferme du pacifisme de ses initiateurs et à leur attachement profond à la Mauritanie, et la réalité implacable de la discrimination raciale de la part de l’État Mauritanien. En effet, “Le Manifeste du Négro Mauritanien Opprimé” concluait sa longue dénonciation argumentée des discriminations dont sont victimes les Négro-mauritaniens par ces termes: “les problèmes mauritaniens doivent être posés par des mauritaniens, discutés entre Mauritaniens et solutionnés par les Mauritaniens eux mêmes. Notre amour pour ce pays nous commande à inviter toutes nos nationalités à un dialogue des races et des cultures, dans lequel nous nous dirons la vérité pour guérir nos maux. Il faut que nous traduisions dans la réalité nos appels au Salut National et au Redressement de notre pays, au lieu de dépenser toutes nos ressources et toutes nos potentialités humaines dans des querelles raciales et culturelles dont les principaux bénéficiaires ne seraient certainement pas les Mauritaniens”.

Seulement, la réponse répressive du pouvoir à cet appel était d’une intensité telle que l’on pouvait la qualifier de génocide du peuple noir de Mauritanie. Une repression qui s’est traduite par les arrestations de 1986 et 1987, les exécutions sommaires et la déportation des milliers de noirs mauritaniens au Sénégal et au Mali entre 1989 et 1991. Cet état de fait avait poussé les FLAM à changer de stratégie. Ainsi, elles abandonnèrent leur option politique pour la lutte armée. Bien que la période des années 90 était idéale pour l’instauration d’une campagne qui pouvait réussir, il est aujourdhui évident que l’organisation n’a jamais vraiment intériorisée ou assimulé cette option qui n’a été que de courte durée. En définitive, les FLAM ne pouvaient être complètement ni mouvement politique ni mouvement de libération nationale. C’est bien là toutes les difficultés pour les observateurs honnêtes qui essaient d’évaluer les résultats obtenus par les FLAM á partir de la nature de l’organisation.

Et pourtant, on s’accorderait volontiers aux succes de l’organisation quand on pense, d’une part, au credit reçu de la part des Nations Unies concrétisé par la rencontre entre le Président des FLAM et la deuxième personalité de la plus haute institution internationale(6 Octobre 2006), et de l’autre, à la reconnaisance de l’Etat mauritanien de sa résponsabilté directe par rapport á la discrimination raciale dont a été victime la population noire (discours du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, 29 Juin 2007). Ces deux faits sont majeurs pour une organisation comme les FLAM, quelque soit sa nature. Mais, la victoire définitive dépendra de la capacité de l’organisation de défendre son programme à l’intérieur du pays et de le faire accepter par la majorité des mauritaniens.

 

La lutte continue!

 

Mamadou Barry

FLAM- USA

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Agadez la stoïque …

altLundi 27 mai 2013, 09h45 du matin, le Mont Bagzane (du nom du sommet de ces montagnes de l’Air culminant à 2022 mètres soit 6634 pieds), l’avion du Président de la République du Niger s’immobilise sur le tarmac de l’aéroport international Mano Dayak d’Agadez.

La matinée n’est vraiment pas chaude (la saison de chaleur est pourtant à son pic au Niger), elle n’est pas du tout fraîche : elle est dans cet entre deux qui enveloppe la vieille cité, capitale du nord Niger.
Hier nous ne parlions que de ‘’Nord-Mali’’, aujourd’hui nous nous mettons à évoquer le ‘’Nord Niger’’.
Pourquoi dans nos contrées, les difficultés viennent systématiquement par le nord ?
Un hasard ? Une mauvaise et passagère loi des séries ?
Ou alors, serait-ce parce que certains tiennent mordicus à nous délester de notre nord, à nous le faire perdre, eux qui ont définitivement rompu avec le leur ?
A Agadez, le climat a donc décidé de se mettre au diapason de cette lourde atmosphère d’incertitude qui enveloppe la ville : ni chaud, ni froid, juste un purgatoire climatique.
Cette impression finit de vous persuader, même si vous n’êtes pas informé, que la cité porte un deuil.
Il y a une douleur dans cet air un peu contrit, dans cette foule peu nombreuse et ces regards graves, sur ces visages attentifs mais distraits, hospitaliers mais peinés, avenants mais comme endoloris…
Les nigériens sont d’un tempérament très stoïques, endurants, patients…
Le protocole de l’accueil est solennel mais réduit au strict minimum, sans effusion, avec netteté, sans fioritures.
On entend surtout et on voit cet assourdissant silence, mélange de colère rentrée et de recueillement collectif.
La République est affligée, comme les gens d’Agadez.
Le pays est uni : le Président de la République Issoufou Mahamadou s’est fait accompagner pour la circonstance par le Président de l’Assemblée Nationale et surtout, par le Chef de file de l’Opposition.
La présence massive du Corps diplomatique témoigne de la solidarité internationale.
Le sol, habituellement peu nanti de végétation, est plus dépouillé encore, presque un paysage lunaire, un paysage minéral, hier tirant vers le marron, désormais délavé, un reg jaunâtre…
Certes, on est déjà dans la période de soudure, celle de la canicule, des sols asséchés, des déficits hydriques, des tarissements cycliques, des desséchements récurrents … mais là, le sol d’Agadez semble avoir perdu, en plus de son eau, ses larmes.
La terre a beaucoup pleuré, depuis ce funeste jeudi 23 mai 2013, où les terroristes ont  frappé Agadez.
Le ciel, la terre, l’air, les gens(les arrivants, les locaux, les officiels, la multitude…), les bâtiments, les enseignes… tous sont chagrinés.
Pourtant aucune effusion particulière, aucun cri, aucune démonstration d’exubérante tristesse … la douleur est visible mais contenue, la souffrance est réelle mais la dignité en couvre pudiquement la face, l’affliction est là mais la forte croyance islamique, par son fatalisme, par son acceptation du Destin, en atténue la fureur …
Tout au long des rues de la ville, des hommes, des femmes, des enfants … tous debout pour souhaiter la bienvenue aux illustres visiteurs… mais à la manière de ceux qui se lèvent lors du passage d’un cortège funèbre (tradition musulmane due au Prophète Mohamed SAWS et très respectée au Niger).
Ils ne disent rien. Ils sont justes là.
Le cortège traverse une ville debout, dehors, mais silencieuse, atone…
Agadez n’est pas une ville ordinaire. C’est une cité historique, inscrite au patrimoine de l’Humanité, et sacrée.
Elle ne compte pas moins de 83 Mosquées dont 4 de Vendredi, 79 de quartier et dont la plus célèbre date du XVIème siècle.
S’en prendre à elle est donc plus qu’une banale agression.
C’est pire, une profanation.
Agadez est accablée, violentée, blessée, martyrisée … Elle a comme perdu une certaine virginité, venue à l’âge adulte par un viol…
Mais Agadez s’est relevée et veut croire que ce cauchemar se soigne et que l’espoir arrive, porté par notre caravane, comme dans son glorieux passé, ces processions de dromadaires lui apportaient si souvent la délivrance.
Au milieu de cette déshérence collective, trône la fameuse Mosquée d’Agadez, témoin de ce prestige spirituel, baraka des environs : une légende raconte que ses milliers de poutres en bois n’ont été installé que lorsque, sur chacun, fut lu le Saint Coran en entier …
Nous nous dirigeons vers la caserne-école militaire où s’est concentré le supplice terroriste.
Sur un immense terrain vague, si dégagé, si épuré, si infini … qu’il semble fait pour illustrer l’expression éponyme, ‘’le vague à l’âme’’.
Des rangées de militaires pour rendre les honneurs, à nous-mêmes surement, mais surtout à leurs frères d’armes tombés sur le champ d’honneur.
Une succession de tentes et de rangées de hangars provisoires pour nous mettre à l’abri d’un soleil en passe de fondre lui aussi en larmes, de verser ses rayons en mode liquide sur nos peaux déjà cuites en surface …
Des hommes et des femmes si sagement assis, dans la détresse, dans l’attente aussi de cette espérance annoncée, venant de Niamey.
Là aussi par catégories(les religieux à part, les familles des victimes de coté, les officiels, le commun des agadessois se serrant les coudes, les maitres de cérémonie, les journalistes et autres techniciens s’affairant partout …), comme si on remettait aussi en ordre, ce lundi 27, ce que les criminels du jeudi 23 ont voulu éparpiller, désorganisé, déchiqueter …
A tous égards, cette cérémonie veut panser les plaies, honorer les morts, soulager les survivants, enterrer ce sombre passé et embrasser un bel avenir… dans sa forme comme dans son fond.
Le rituel commence alors par une Fatiha et quelques versets-prières.
S’en suit le cérémonial militaire : le Ministre nigérien de la Défense égrenant respectueusement les noms des victimes et leur consacrant la reconnaissance posthume de la Nation.
Enfin, le Président de la République va à la rencontre des veuves, des pupilles de la Nation et leur présente ses condoléances, celles de la République.
Plus tard, il prendra la parole, devant un parterre d’officiers et d’hommes de troupe, bérets verts et d’autres rouges.
Il trouvera les mots justes et le ton approprié pour dire la colère de la République, la blessure de la Nation, le deuil du pays, la détermination de l’Etat à continuer la lutte contre le fléau terroriste, la résolution du Gouvernement, la solidarité de la Communauté Nationale…
C’est seulement dans la tragédie que la Fonction Présidentielle prend tout son lustre, montre tout son éclat…
Nous marchons alors vers la seconde étape : visiter la caserne attaquée.
Nous marchons quelques centaines de mètres et nous voici en face de cet imposant portail, désormais béant, par lequel est entrée, par effraction criminelle, la voiture de la mort.
Tout est champ de ruine, la scène du crime est encore (presque) intacte, fumante et sanguinolente…
Un immense cratère de quelques mètres creusé dans un sol pourtant dur.
Un grand morceau de châssis, des centaines de petites pièces de métal comme méticuleusement découpées à la scie, des arbres intégralement calcinés, noirs d’ébène (leurs feuilles, leurs branches, leurs troncs …), avec une fine poudre à la surface, comme frappés par une foudre, ou atteints par une chute de météorite, les toits (en zinc) des bâtisses disloqués, des antennes paraboliques défigurées et définitivement inaptes à capter le moindre signal satellitaire, des dortoirs aux meubles en vrac, traces de luttes féroces, attestant du courage des résistants, des flaques de sang couvrent le sol nu, une moquette bien précieuse, des chaussures de sport abandonnées, désormais surement orphelines …
Un ouragan meurtrier est passé par ici.
Il a tout souillé, détruit, tué alentour, les hommes comme les arbres, les plantes comme la terre, les maisons comme les moindres objets de vie …
Nous suivons des explications très documentées et instructives d’un expert militaire nigérien sur les éléments constitutifs du mélange explosif utilisé.
La seule circonstance où les terroristes font dans le syncrétisme : lorsqu’ils fabriquent leurs bombes …
Ils ne sont œcuméniques que pour fabriquer de quoi tuer …
Puis nous entrons dans ce couloir étroit, où on sent la chair humaine, mêlée de gaz lacrymogène, de chevrotine, de plomb.
Il se termine en impasse dans une douche à l’angle de la demeure.
Là s’est suicidé l’un des terroristes assiégé.
Sa tête, nous dit-on, a traversé le plafond de zinc pour retomber dehors.
Sur les murs, la viande humaine hachée, séchée, plus du tout rouge, plutôt brune, des éclats qui ont du gicler puissamment et se coller là, pour se séparer de ce corps malade, chair mourante mais probablement soulagée de quitter cette tête qui l’a menée vers tant de cruauté…
Depuis quand le martyre se conçoit-il dans les toilettes, lieu d’impureté où le Coran ne se lit pas et où la prière ne s’énonce guère ?!
Mais ce n’est pas le seul écart que ces prétendus musulmans, vrais criminels, ont pris avec l’Islam.
Ainsi, ils ont choisi de tuer en plein mois sacré de Rajab où l’Islam a confirmé l’interdiction de la guerre, en vigueur bien avant lui dans la péninsule arabique.
Ils ont aussi pris sur eux d’attaquer, à l’heure de la prière, pour trouver les gens absorbés par leur culte, donc pour massacrer des bons croyants, fidèles pratiquants …
A Arlit, les personnes tuées par l’explosion accomplissaient la prière du Vejr (l’aube) à coté de la centrale électrique …
Peut-on concevoir pire cruauté, plus grande hérésie, déraison plus criminelle ?
Et puis, on m’a raconté l’histoire de cet enfant.
Il avait 14 ans accomplis. Il avait l’habitude, en allant vers la prière d’El-Vejr (l’aube) de passer par la caserne et de se faire accompagner par un cousin soldat.
Ce matin là, il a été fauché par la barbarie terroriste.
Les assaillants disent chercher la Chahada (le martyr) …
Ils en sont bien loin mais pour sur, ils ont donné à Agadez et au Niger 25 martyrs(Chouhada) …
En quittant la caserne, on sort avec la lourde impression d’avoir été témoin de l’après passage de l’apocalypse, The day after (le jour d’après).
La vie va et doit reprendre, dedans comme dehors… pour la mémoire de ces âmes innocentes lâchement arrachées à l’affection des leurs, ombres filantes dans les rues aux foules clairsemées du bel Agadez …
 
                                                                
                                                                                              Niamey le jeudi 30 mai 2013
 
                                                                           Abdallahi Ould Bah Nagi Ould Kebd
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Flamnet-agora: Lettre à mon peuple

altCher peuple, sais-tu qu’on lisait déjà dans les histoires de la Grèce antique que les aristocrates de certaines cités hellènes devaient, en prenant possession de leurs charges, prêter le serment de toujours nuire au peuple ? Il y a ainsi chez nous, depuis l’indépendance, de tels serments qui ne sont jamais prononcés publiquement, mais toujours tenus par ceux qui s’accaparent les rennes du pouvoir. Il suffit de se pencher sur la rhétorique officielle des dirigeants et des leaders politiques pour en saisir l’esprit démagogique.

En Mauritanie, tout est bâti sur le trompe-l’oeil. Le mensonge le plus impudent, disait Albert Camus, « pourvu qu’il soit répété assez souvent et assez longtemps, laisse toujours sa trace ». De ces mensonges à répétition, découle un Etat malade et incapable d’être équitable. Un Etat dans lequel la discrimination est érigée au rang de priorité constitutionnelle, notamment par le biais du système de quotas dans la fonction publique. Un Etat qui encourage le népotisme et le clientélisme. Qui ne transmet guère à ses fils la fibre patriotique, ni par son armée, ni par son histoire. Somme toute, un Etat qui ne cesse de trahir son peuple. En voici les preuves.

Les alliances ethniques, tribales et régionalistes priment sur la conscience nationale. C’est pourquoi un Président de la République est le représentant d’un groupement avant d’être celui de tous les Mauritaniens. D’où l’allégeance mesquine et secrète des chefs de tribus, des notables du Nord, et d’une partie des cadres de la vallée (le carré des vendus) aux autorités du pays. Et à l’étranger, un chef d’Etat mauritanien accorde toujours la priorité à une partie de la diaspora, au détriment de l’écrasante majorité. Par exemple, lors de son dernier voyage, Mohamed Ould Abdel Aziz a reçu en catimini des représentants d’une association maure à Bruxelles, alors qu’il a fait voyager à Paris, pour une réunion, un groupe de noirs en provenance de Hollande et de Belgique. Deux poids, deux mesures. Raisons pour laquelle depuis 1960, on a hérité d’un Etat raciste, et d’une société scindée.

Le premier président mauritanien employait l’expression « l’Union des âmes » pour évoquer la nécessité d’œuvrer pour la cohabitation nationale : pourtant, il fut le premier à exclure les cadres et intellectuels noirs de la fonction publique et les hautes sphères de l’Etat. Après lui, ses successeurs n’ont pas tergiversé pour exacerber la situation. L’un ordonna à ce que l’on applique la charia uniquement sur les Harratines et le plus cynique songea même à une épuration ethnique. Tous deux sont des héros, tandis que leurs victimes sont traitées comme des rebuts à chaque fois qu’elles revendiquent vérité et justice.

Cher peuple, aujourd’hui, c’est un autre qui te gouverne avec des manières bassement soldatesques. La justice est sous ses galons et le pouvoir concentré entre ses mains. De l’intérieur, il ne contrôle que ses affaires personnelles pour s’enrichir de tes mamelles juteuses. De l’extérieur, il te ridiculise par l’incompétence diplomatique de ses ministres. Et contre certains de tes fils, il a programmé un véritable « génocide biométrique ». Augmenter les difficultés de l’enrôlement des Mauritaniens à l’étranger est une autre façon de poursuivre le projet de son mentor Maouiya Ould Sid’Ahmed Taya.

Il y a quelques semaines, c’était à Mohamed Mahmoud Ould Brahim Khalil– l’ambassadeur de la Mauritanie à Paris – d’ouvrir le bal des suspicions autour de la citoyenneté des défunts mauritaniens, pour lesquels les parents réclamaient un visa.

Pour lui, Dieu ne retire-t-il pas l’âme d’un négro-mauritanien à l’étranger ?

Cher peuple, tu connais ton malheur.

Ô mon peuple, tu dois mener ton propre combat, celui de la réhabilitation de ta mémoire et de celle de tous les opprimés. Apprends de la mésaventure de notre conscience collective nationale défaillante.

Songe davantage à la prise de conscience. Popularise la lutte, entamée il y a longtemps par cette partie de l’élite que le sens de l’intérêt général anime

Choisis pour changer la donne, un noyau d’hommes et des femmes porteurs d’une éthique et de convictions.

Tu peux te libérer du joug autoritaire et oppressif. Et pour ce faire, il est urgent de transformer les mentalités pour une révolution populaire. A ce moment, le peuple aura simplement besoin d’un homme intègre et pacifiste capable de réunir les forces vives (les jeunes, les femmes avec leurs enfants, et une élite pragmatique) avec un seul slogan :
” Mauritaniens dignes… Mauritaniens égaux”.
Cette révolution sera fièrement menée par les Fils du Peuple !

Silèye Ba- Sociologue- journaliste.

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Flamnet-Agora: Lettre ouverte à son excellence le président de la république : Kaédi, une ville en état de siège

Excellence


La ville de Kaédi est laissée à elle-même, abandonnée, délaissée, cette attitude de mépris a plongé sa jeunesse dans un désespoir profond sans précédant engendrant des conséquences dramatiques.

La capitale du Gorgol connait une situation difficile depuis plus de deux décennies dans toutes les sphères de la vie politique, sociale et économique. Ce mal pèse lourdement sur sa jeunesse réputée pour son excellence et son attachement à la patrie

Les autorités administratives en service sont souvent zélées et se permettent des abus de pouvoir que rien ne justifie. Nous tenterons à travers cette analyse de dresser un portait tout à fait exact de cette ville martyre qui a été jadis une cité phare qui a toujours contribué au développement du pays

1.1 -Administration :

L’administration est représentée par les beïdanes qui de surcroit s’expriment seulement en hassanya, c’est ce qui traduit une barrière linguistique et communicationnelle entre gouvernants et gouvernés au point que les populations conscientes de l’indifférence et de la négligence dont elles font l’objet, désertent l’administration qui symbolise la terreur et l’intimidation sans cesse voire une exclusion galopante à l’image d’une administration d’occupation qui sème la terreur et l’inquiétude.

Le wali, le hakem, le hakem adjoint, le président du tribunal ,le procureur de la république ,le juge d’instruction, le cadi ,le directeur de la sureté ,le commissaire de police ;

le commandant de la compagnie de gendarmerie le commandant de brigade de la gendarmerie ,le DRASS, le DREN ;le commandant de la garde, le commandant de région militaire ,les walis adjoints ,le directeur de la SOMELEC , le délégué représentant le ministère de la culture, le trésorier régional sont tous issus d’une seule ethnie celle arabo –berbère : c’est pourquoi les populations n’ont plus confiance à cette administration dont le souci primordial est d’instaurer une psychose et un traumatisme permanent chez elles .
Pour rapprocher des populations, les autorités se doivent comprendre la langue de leur administré pour pouvoir avec une idée sur leurs valeurs culturelles et sociales en vue de les comprendre et connaitre leurs problèmes et leurs priorité, mais les représentants de l’administration ne comprenant pas le fonctionnement sociologique ’d’un milieu qui leur est étranger considèrent les autochtones comme étrangers : c’est ce qui explique souvent les divergences entre administrateurs et administrés à Kaédi.

Cette administration contribue à l’officialisation de l’expropriation des terres des pauvres citoyens et distribuées à des commerçants maures venus d’ailleurs : ainsi toute la partie sise derrière l’aéroport qui était une propriété des kaédiens autochtones leur a été spoliée purement et simplement. Dans le même ordre d’idée un commerçant et affairiste se nommant Cheikhatou représentant l’UFP s’est accaparé de plus de 70 hectares appartenant aux populations de Kaédi.

Les pauvres paysans sont soumis à des redevances surélevées et exorbitantes s’ils refusent de s’exécuter ils perdent leurs terres, alors que l’Etat ne prend pas les dispositions nécessaires pour que la campagne agricole démarre à temps.

Les autorités administratives encouragent et favorisent la spoliation des terres des populations noires comme le hakem par exemple qui a nié catégoriquement que les rapatriés de Ganki Doumbodji puissent posséder des terres au niveau du PPG1, menaçant de les enfermer s’ils continuaient à revendiquer leurs terres pour le hakem toutes les terres appartiennent à l’Etat. Ce hakem montre une fermeté à travers des cas de spoliation.

Il avait aussi refusé de trancher un autre cas de spoliation des terres de cultures appartenant à Moctar Ali Ndjim rapatrié installé dans le site de Patoukone. Cette administration manque de respect à ses administrés qu’elle est censée pourtant représentée, car toute administration sérieuse se doit de se mettre au service des administrés. Dans la zone se situant à l’ENFVA, sur l’axe Lexeiba, les walis qui se sont succédé ont spolié des terres appartenant aux populations de Kaédi, des lots de 1000 Mètre carré qu’ils revendent par la suite à des maures prétextant que ces terres relèvent du domaine de l’Etat.

2-La police :

C’est une police de répression qui se caractérise par l’excès de zèle à l’endroit des noirs qu’elle humilie quotidiennement. Les malheureux citoyens qui y séjournent subissent des répressions, des violences verbales et physiques. Elle recourt à la torture, les jeunes noirs durant leur séjour au commissariat de police sont menottés torturés même pour une accusation à la suite d’une banale affaire ne sont pas épargnés par le supplice infligé par les brigades spécialisées dans la répression constituées d’individus arrogants, indisciplinés sans aucune formation ni éthique.

Une cellule de la police rédige des procès verbaux ou les aveux extorqués aux accusés y sont mentionnés. Banalement, le dossier transmis au parquet dans des conditions pareilles dramatiques débarque auprès du juge d’instruction aussi zélé et raciste que les éléments de la police qui ont rédigé le procès verbal ; confirme les charges contenant sur les fallacieux PV. L’accusé présenté devant le procureur qui ne parle que le hassanya comme le juge d’instruction des centaines d’accusés sont condamnés à des peines lourdes avec un motif très banal.

3-La jeunesse

Abandonnée et placée dans de mauvaises conditions, elle s’adonne au banditisme, à la délinquance et à la drogue, ainsi la majorité des jeunes s’adonnent à la drogue et au vol. Cette situation engendre la mise en place d’un réseau mafieux au niveau du corps de la police, souvent accusés gratuitement par des policiers qui font partie de ces réseaux qui demandent des sommes faramineuses pour libérer les jeunes accusés ,sinon sur la base de simples accusations ils sont placés en détention préventive à la prison civile de Kaédi attendant leur procès dont la sentence est connue d’avance. Il faut savoir que le réseau constitué des policiers, des membres du parquet et les gardes pénitenciers travaillent ensemble pour réduire le noir au néant.

4-La justice

Un vaste réseau mafieux est présent au parquet constitué de policiers, des membres du parquet et des affairistes connus dans le milieu des renseignements. Les prévenus et détenus de la maison d’arrêt doivent sortir des montants exorbitants pour obtenir la liberté provisoire qu’ils achètent en fait. La maison d’arrêt est remplie de jeunes tous noirs issus de la communauté noire (Peulhs, Soninké et harratin) qui développent la délinquance dans le milieu carcéral. Les lourdes peines ne sont réservées qu’aux noirs.

Ces jeunes sont –ils tous mauvais ? Pourquoi tous les détenus sont noirs ? Le secteur de la justice est connu par une corruption à grande échelle, plusieurs plaintes introduites au parquet sur la personne de Dr Mohamed Cheikhna, gynécologue en activité à l’époque au centre hospitalier de Kaédi, par insouciance il a occasionné plusieurs décès des femmes dont les noms suivent :

1-Kadia Amadou, hospitalisée le 09-02-2010 et décédée le 11-02-2010

2-Djeynaba Timéra, hospitalisée le 07-02-2010 et décédée le 08 -02-2010

3-Aissata kébé, hospitalisée le 14-02-2010 et décédée le 16-02-2010

4-Hapsa Ba, hospitalisée le 15 -02-2010 décédée le 16-02-2010

5-Minetou Mint Salem, hospitalisée le 23-03-2010 et décédée le même jour

6-Aminata Gueye, hospitalisée le 04-04-2010 et décédée le 14 -04-2010

7-Naguiba Mint Messaoud, hospitalisée le 08-05-2010 et décédée le 09-05-2010

8-Batouly Kane, hospitalisée le 26-04-2010et décédée le 02-05-2010

09-Benina Mint Alioune, hospitalisée le 08 -05-2010 décédée le même jour

10-Mariata Sow, hospitalisée le 10-05-2010 et décédée le même jour

La liste n’est pas exhaustive. Après une telle forfaiture les sieurs Abdrahmane Samba Dia né en 1956 à Sayéne Gababé et Sall Mouhamadou Hamady ont introduit des plaintes les 17 et 18 Mai 2010 jusque là le parquet est resté muet par rapport à leur plainte classée sans suite après avoir été menacés par le procureur. Les populations attendent toujours que justice leur soit rendue.

C’est pourquoi les populations ont perdu confiance à cette justice. Entre 2010 et 2012 le procureur de la république avait saisi quatre armes appartenant à des beïdanes, nous avons appris que les armes étaient sans autorisation et avaient été remises à leurs propriétaires alors que des noirs sont désarmés prétextant qu’ils ne possèdent pas une autorisation de port d’arme.

Le 15 Avril 2013, Amadou Mamadou Sow, retraité de la SNIM ayant abattu un chameau qui avait détruit ses cultures sera placé en détention préventive une semaine durant et son arme lui sera retirée par le même procureur qui avait remis des armes à leurs propriétaires qui n’avaient aucune autorisation : ce qui signifie la volonté d’armer une communauté pour désarmer une autre .

5-L’état civil

Considérés comme étrangers les noirs candidats à l’enrôlement sont soumis à des conditions difficiles, ils sont humiliés avant d’être rejetés. En connivence avec le tribunal, les candidats à l’enrôlement dont les parents sont décédés peuvent passer plus d’un mois pour chercher à établir un certificat de décès mais le plus souvent le président du tribunal les soumet à de rudes épreuves les demandant de fournir des témoins.

Plusieurs enfants dont les parents vivent à l’étranger ne pourront pas s’enrôler au registre d’état civil et des titres sécurisés ce qui va engendrer des conséquences dramatiques ; plusieurs mauritaniens deviendront apatrides dans leur propre pays.

6-L’Education

La conséquence de l’échec de la reforme en cours se traduit par la baisse des niveaux des élèves et le taux d’abandon élevé. L’école n’offre plus aux jeunes un enseignement de qualité capable de les garantir un avenir meilleur pouvant faciliter leur intégration futur dans la vie sociale. Le comble du mal est que les autorités ne proposent aucune alternative pouvant redonner espoir aux populations.

Les principales causes ayant engendré cette situation sont :

– Absence d’une de vision pour une politique éducative sérieuse

– Absentéisme des enseignants

– pléthorique des classes

– Manque de formation des enseignants

– Démission des APE

– Inadaptation du contenu de l’enseignement par rapport aux besoins du marché.

Cette situation inquiétante se traduit par des taux d’abandon élevés ; les nouveaux potentiels candidats dans le milieu du banditisme sont tous issus de l’école.

Absence de programme de développement :

La proportion de la population active qui vit le chômage est passée de 13 pour cent en 2000 à 31 pour cent en 2008 soit une progression de 241 pour cent .Actuellement le taux de chômage atteint plus de 50 pour cent. La prise en charge du développement régional sur le plan institutionnel ,reste l’apanage de l’administration territoriale, notamment par le biais du conseil régional de développement qui reste en réalité peu opérationnel et peu connu des acteurs régionaux du développement dans la mesure ou il n’est pas arrivé à promouvoir le développement.

Cette situation catastrophique est le portrait réel de cette cité oubliée, négligée, bannie et marginalisée. Il est urgent d’entamer une réflexion dans le sens d’adopter des stratégies pour sortir Kaédi de l’enfer dont les autorités racistes et zélées le maintiennent.

Dia Mamadou Aly
Infirmier à la retraite
Résident à Kaédi
44 61 90 77

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