Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Agadez la stoïque …

altLundi 27 mai 2013, 09h45 du matin, le Mont Bagzane (du nom du sommet de ces montagnes de l’Air culminant à 2022 mètres soit 6634 pieds), l’avion du Président de la République du Niger s’immobilise sur le tarmac de l’aéroport international Mano Dayak d’Agadez.

La matinée n’est vraiment pas chaude (la saison de chaleur est pourtant à son pic au Niger), elle n’est pas du tout fraîche : elle est dans cet entre deux qui enveloppe la vieille cité, capitale du nord Niger.
Hier nous ne parlions que de ‘’Nord-Mali’’, aujourd’hui nous nous mettons à évoquer le ‘’Nord Niger’’.
Pourquoi dans nos contrées, les difficultés viennent systématiquement par le nord ?
Un hasard ? Une mauvaise et passagère loi des séries ?
Ou alors, serait-ce parce que certains tiennent mordicus à nous délester de notre nord, à nous le faire perdre, eux qui ont définitivement rompu avec le leur ?
A Agadez, le climat a donc décidé de se mettre au diapason de cette lourde atmosphère d’incertitude qui enveloppe la ville : ni chaud, ni froid, juste un purgatoire climatique.
Cette impression finit de vous persuader, même si vous n’êtes pas informé, que la cité porte un deuil.
Il y a une douleur dans cet air un peu contrit, dans cette foule peu nombreuse et ces regards graves, sur ces visages attentifs mais distraits, hospitaliers mais peinés, avenants mais comme endoloris…
Les nigériens sont d’un tempérament très stoïques, endurants, patients…
Le protocole de l’accueil est solennel mais réduit au strict minimum, sans effusion, avec netteté, sans fioritures.
On entend surtout et on voit cet assourdissant silence, mélange de colère rentrée et de recueillement collectif.
La République est affligée, comme les gens d’Agadez.
Le pays est uni : le Président de la République Issoufou Mahamadou s’est fait accompagner pour la circonstance par le Président de l’Assemblée Nationale et surtout, par le Chef de file de l’Opposition.
La présence massive du Corps diplomatique témoigne de la solidarité internationale.
Le sol, habituellement peu nanti de végétation, est plus dépouillé encore, presque un paysage lunaire, un paysage minéral, hier tirant vers le marron, désormais délavé, un reg jaunâtre…
Certes, on est déjà dans la période de soudure, celle de la canicule, des sols asséchés, des déficits hydriques, des tarissements cycliques, des desséchements récurrents … mais là, le sol d’Agadez semble avoir perdu, en plus de son eau, ses larmes.
La terre a beaucoup pleuré, depuis ce funeste jeudi 23 mai 2013, où les terroristes ont  frappé Agadez.
Le ciel, la terre, l’air, les gens(les arrivants, les locaux, les officiels, la multitude…), les bâtiments, les enseignes… tous sont chagrinés.
Pourtant aucune effusion particulière, aucun cri, aucune démonstration d’exubérante tristesse … la douleur est visible mais contenue, la souffrance est réelle mais la dignité en couvre pudiquement la face, l’affliction est là mais la forte croyance islamique, par son fatalisme, par son acceptation du Destin, en atténue la fureur …
Tout au long des rues de la ville, des hommes, des femmes, des enfants … tous debout pour souhaiter la bienvenue aux illustres visiteurs… mais à la manière de ceux qui se lèvent lors du passage d’un cortège funèbre (tradition musulmane due au Prophète Mohamed SAWS et très respectée au Niger).
Ils ne disent rien. Ils sont justes là.
Le cortège traverse une ville debout, dehors, mais silencieuse, atone…
Agadez n’est pas une ville ordinaire. C’est une cité historique, inscrite au patrimoine de l’Humanité, et sacrée.
Elle ne compte pas moins de 83 Mosquées dont 4 de Vendredi, 79 de quartier et dont la plus célèbre date du XVIème siècle.
S’en prendre à elle est donc plus qu’une banale agression.
C’est pire, une profanation.
Agadez est accablée, violentée, blessée, martyrisée … Elle a comme perdu une certaine virginité, venue à l’âge adulte par un viol…
Mais Agadez s’est relevée et veut croire que ce cauchemar se soigne et que l’espoir arrive, porté par notre caravane, comme dans son glorieux passé, ces processions de dromadaires lui apportaient si souvent la délivrance.
Au milieu de cette déshérence collective, trône la fameuse Mosquée d’Agadez, témoin de ce prestige spirituel, baraka des environs : une légende raconte que ses milliers de poutres en bois n’ont été installé que lorsque, sur chacun, fut lu le Saint Coran en entier …
Nous nous dirigeons vers la caserne-école militaire où s’est concentré le supplice terroriste.
Sur un immense terrain vague, si dégagé, si épuré, si infini … qu’il semble fait pour illustrer l’expression éponyme, ‘’le vague à l’âme’’.
Des rangées de militaires pour rendre les honneurs, à nous-mêmes surement, mais surtout à leurs frères d’armes tombés sur le champ d’honneur.
Une succession de tentes et de rangées de hangars provisoires pour nous mettre à l’abri d’un soleil en passe de fondre lui aussi en larmes, de verser ses rayons en mode liquide sur nos peaux déjà cuites en surface …
Des hommes et des femmes si sagement assis, dans la détresse, dans l’attente aussi de cette espérance annoncée, venant de Niamey.
Là aussi par catégories(les religieux à part, les familles des victimes de coté, les officiels, le commun des agadessois se serrant les coudes, les maitres de cérémonie, les journalistes et autres techniciens s’affairant partout …), comme si on remettait aussi en ordre, ce lundi 27, ce que les criminels du jeudi 23 ont voulu éparpiller, désorganisé, déchiqueter …
A tous égards, cette cérémonie veut panser les plaies, honorer les morts, soulager les survivants, enterrer ce sombre passé et embrasser un bel avenir… dans sa forme comme dans son fond.
Le rituel commence alors par une Fatiha et quelques versets-prières.
S’en suit le cérémonial militaire : le Ministre nigérien de la Défense égrenant respectueusement les noms des victimes et leur consacrant la reconnaissance posthume de la Nation.
Enfin, le Président de la République va à la rencontre des veuves, des pupilles de la Nation et leur présente ses condoléances, celles de la République.
Plus tard, il prendra la parole, devant un parterre d’officiers et d’hommes de troupe, bérets verts et d’autres rouges.
Il trouvera les mots justes et le ton approprié pour dire la colère de la République, la blessure de la Nation, le deuil du pays, la détermination de l’Etat à continuer la lutte contre le fléau terroriste, la résolution du Gouvernement, la solidarité de la Communauté Nationale…
C’est seulement dans la tragédie que la Fonction Présidentielle prend tout son lustre, montre tout son éclat…
Nous marchons alors vers la seconde étape : visiter la caserne attaquée.
Nous marchons quelques centaines de mètres et nous voici en face de cet imposant portail, désormais béant, par lequel est entrée, par effraction criminelle, la voiture de la mort.
Tout est champ de ruine, la scène du crime est encore (presque) intacte, fumante et sanguinolente…
Un immense cratère de quelques mètres creusé dans un sol pourtant dur.
Un grand morceau de châssis, des centaines de petites pièces de métal comme méticuleusement découpées à la scie, des arbres intégralement calcinés, noirs d’ébène (leurs feuilles, leurs branches, leurs troncs …), avec une fine poudre à la surface, comme frappés par une foudre, ou atteints par une chute de météorite, les toits (en zinc) des bâtisses disloqués, des antennes paraboliques défigurées et définitivement inaptes à capter le moindre signal satellitaire, des dortoirs aux meubles en vrac, traces de luttes féroces, attestant du courage des résistants, des flaques de sang couvrent le sol nu, une moquette bien précieuse, des chaussures de sport abandonnées, désormais surement orphelines …
Un ouragan meurtrier est passé par ici.
Il a tout souillé, détruit, tué alentour, les hommes comme les arbres, les plantes comme la terre, les maisons comme les moindres objets de vie …
Nous suivons des explications très documentées et instructives d’un expert militaire nigérien sur les éléments constitutifs du mélange explosif utilisé.
La seule circonstance où les terroristes font dans le syncrétisme : lorsqu’ils fabriquent leurs bombes …
Ils ne sont œcuméniques que pour fabriquer de quoi tuer …
Puis nous entrons dans ce couloir étroit, où on sent la chair humaine, mêlée de gaz lacrymogène, de chevrotine, de plomb.
Il se termine en impasse dans une douche à l’angle de la demeure.
Là s’est suicidé l’un des terroristes assiégé.
Sa tête, nous dit-on, a traversé le plafond de zinc pour retomber dehors.
Sur les murs, la viande humaine hachée, séchée, plus du tout rouge, plutôt brune, des éclats qui ont du gicler puissamment et se coller là, pour se séparer de ce corps malade, chair mourante mais probablement soulagée de quitter cette tête qui l’a menée vers tant de cruauté…
Depuis quand le martyre se conçoit-il dans les toilettes, lieu d’impureté où le Coran ne se lit pas et où la prière ne s’énonce guère ?!
Mais ce n’est pas le seul écart que ces prétendus musulmans, vrais criminels, ont pris avec l’Islam.
Ainsi, ils ont choisi de tuer en plein mois sacré de Rajab où l’Islam a confirmé l’interdiction de la guerre, en vigueur bien avant lui dans la péninsule arabique.
Ils ont aussi pris sur eux d’attaquer, à l’heure de la prière, pour trouver les gens absorbés par leur culte, donc pour massacrer des bons croyants, fidèles pratiquants …
A Arlit, les personnes tuées par l’explosion accomplissaient la prière du Vejr (l’aube) à coté de la centrale électrique …
Peut-on concevoir pire cruauté, plus grande hérésie, déraison plus criminelle ?
Et puis, on m’a raconté l’histoire de cet enfant.
Il avait 14 ans accomplis. Il avait l’habitude, en allant vers la prière d’El-Vejr (l’aube) de passer par la caserne et de se faire accompagner par un cousin soldat.
Ce matin là, il a été fauché par la barbarie terroriste.
Les assaillants disent chercher la Chahada (le martyr) …
Ils en sont bien loin mais pour sur, ils ont donné à Agadez et au Niger 25 martyrs(Chouhada) …
En quittant la caserne, on sort avec la lourde impression d’avoir été témoin de l’après passage de l’apocalypse, The day after (le jour d’après).
La vie va et doit reprendre, dedans comme dehors… pour la mémoire de ces âmes innocentes lâchement arrachées à l’affection des leurs, ombres filantes dans les rues aux foules clairsemées du bel Agadez …
 
                                                                
                                                                                              Niamey le jeudi 30 mai 2013
 
                                                                           Abdallahi Ould Bah Nagi Ould Kebd
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Flamnet-agora: Lettre à mon peuple

altCher peuple, sais-tu qu’on lisait déjà dans les histoires de la Grèce antique que les aristocrates de certaines cités hellènes devaient, en prenant possession de leurs charges, prêter le serment de toujours nuire au peuple ? Il y a ainsi chez nous, depuis l’indépendance, de tels serments qui ne sont jamais prononcés publiquement, mais toujours tenus par ceux qui s’accaparent les rennes du pouvoir. Il suffit de se pencher sur la rhétorique officielle des dirigeants et des leaders politiques pour en saisir l’esprit démagogique.

En Mauritanie, tout est bâti sur le trompe-l’oeil. Le mensonge le plus impudent, disait Albert Camus, « pourvu qu’il soit répété assez souvent et assez longtemps, laisse toujours sa trace ». De ces mensonges à répétition, découle un Etat malade et incapable d’être équitable. Un Etat dans lequel la discrimination est érigée au rang de priorité constitutionnelle, notamment par le biais du système de quotas dans la fonction publique. Un Etat qui encourage le népotisme et le clientélisme. Qui ne transmet guère à ses fils la fibre patriotique, ni par son armée, ni par son histoire. Somme toute, un Etat qui ne cesse de trahir son peuple. En voici les preuves.

Les alliances ethniques, tribales et régionalistes priment sur la conscience nationale. C’est pourquoi un Président de la République est le représentant d’un groupement avant d’être celui de tous les Mauritaniens. D’où l’allégeance mesquine et secrète des chefs de tribus, des notables du Nord, et d’une partie des cadres de la vallée (le carré des vendus) aux autorités du pays. Et à l’étranger, un chef d’Etat mauritanien accorde toujours la priorité à une partie de la diaspora, au détriment de l’écrasante majorité. Par exemple, lors de son dernier voyage, Mohamed Ould Abdel Aziz a reçu en catimini des représentants d’une association maure à Bruxelles, alors qu’il a fait voyager à Paris, pour une réunion, un groupe de noirs en provenance de Hollande et de Belgique. Deux poids, deux mesures. Raisons pour laquelle depuis 1960, on a hérité d’un Etat raciste, et d’une société scindée.

Le premier président mauritanien employait l’expression « l’Union des âmes » pour évoquer la nécessité d’œuvrer pour la cohabitation nationale : pourtant, il fut le premier à exclure les cadres et intellectuels noirs de la fonction publique et les hautes sphères de l’Etat. Après lui, ses successeurs n’ont pas tergiversé pour exacerber la situation. L’un ordonna à ce que l’on applique la charia uniquement sur les Harratines et le plus cynique songea même à une épuration ethnique. Tous deux sont des héros, tandis que leurs victimes sont traitées comme des rebuts à chaque fois qu’elles revendiquent vérité et justice.

Cher peuple, aujourd’hui, c’est un autre qui te gouverne avec des manières bassement soldatesques. La justice est sous ses galons et le pouvoir concentré entre ses mains. De l’intérieur, il ne contrôle que ses affaires personnelles pour s’enrichir de tes mamelles juteuses. De l’extérieur, il te ridiculise par l’incompétence diplomatique de ses ministres. Et contre certains de tes fils, il a programmé un véritable « génocide biométrique ». Augmenter les difficultés de l’enrôlement des Mauritaniens à l’étranger est une autre façon de poursuivre le projet de son mentor Maouiya Ould Sid’Ahmed Taya.

Il y a quelques semaines, c’était à Mohamed Mahmoud Ould Brahim Khalil– l’ambassadeur de la Mauritanie à Paris – d’ouvrir le bal des suspicions autour de la citoyenneté des défunts mauritaniens, pour lesquels les parents réclamaient un visa.

Pour lui, Dieu ne retire-t-il pas l’âme d’un négro-mauritanien à l’étranger ?

Cher peuple, tu connais ton malheur.

Ô mon peuple, tu dois mener ton propre combat, celui de la réhabilitation de ta mémoire et de celle de tous les opprimés. Apprends de la mésaventure de notre conscience collective nationale défaillante.

Songe davantage à la prise de conscience. Popularise la lutte, entamée il y a longtemps par cette partie de l’élite que le sens de l’intérêt général anime

Choisis pour changer la donne, un noyau d’hommes et des femmes porteurs d’une éthique et de convictions.

Tu peux te libérer du joug autoritaire et oppressif. Et pour ce faire, il est urgent de transformer les mentalités pour une révolution populaire. A ce moment, le peuple aura simplement besoin d’un homme intègre et pacifiste capable de réunir les forces vives (les jeunes, les femmes avec leurs enfants, et une élite pragmatique) avec un seul slogan :
” Mauritaniens dignes… Mauritaniens égaux”.
Cette révolution sera fièrement menée par les Fils du Peuple !

Silèye Ba- Sociologue- journaliste.

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Flamnet-Agora: Lettre ouverte à son excellence le président de la république : Kaédi, une ville en état de siège

Excellence


La ville de Kaédi est laissée à elle-même, abandonnée, délaissée, cette attitude de mépris a plongé sa jeunesse dans un désespoir profond sans précédant engendrant des conséquences dramatiques.

La capitale du Gorgol connait une situation difficile depuis plus de deux décennies dans toutes les sphères de la vie politique, sociale et économique. Ce mal pèse lourdement sur sa jeunesse réputée pour son excellence et son attachement à la patrie

Les autorités administratives en service sont souvent zélées et se permettent des abus de pouvoir que rien ne justifie. Nous tenterons à travers cette analyse de dresser un portait tout à fait exact de cette ville martyre qui a été jadis une cité phare qui a toujours contribué au développement du pays

1.1 -Administration :

L’administration est représentée par les beïdanes qui de surcroit s’expriment seulement en hassanya, c’est ce qui traduit une barrière linguistique et communicationnelle entre gouvernants et gouvernés au point que les populations conscientes de l’indifférence et de la négligence dont elles font l’objet, désertent l’administration qui symbolise la terreur et l’intimidation sans cesse voire une exclusion galopante à l’image d’une administration d’occupation qui sème la terreur et l’inquiétude.

Le wali, le hakem, le hakem adjoint, le président du tribunal ,le procureur de la république ,le juge d’instruction, le cadi ,le directeur de la sureté ,le commissaire de police ;

le commandant de la compagnie de gendarmerie le commandant de brigade de la gendarmerie ,le DRASS, le DREN ;le commandant de la garde, le commandant de région militaire ,les walis adjoints ,le directeur de la SOMELEC , le délégué représentant le ministère de la culture, le trésorier régional sont tous issus d’une seule ethnie celle arabo –berbère : c’est pourquoi les populations n’ont plus confiance à cette administration dont le souci primordial est d’instaurer une psychose et un traumatisme permanent chez elles .
Pour rapprocher des populations, les autorités se doivent comprendre la langue de leur administré pour pouvoir avec une idée sur leurs valeurs culturelles et sociales en vue de les comprendre et connaitre leurs problèmes et leurs priorité, mais les représentants de l’administration ne comprenant pas le fonctionnement sociologique ’d’un milieu qui leur est étranger considèrent les autochtones comme étrangers : c’est ce qui explique souvent les divergences entre administrateurs et administrés à Kaédi.

Cette administration contribue à l’officialisation de l’expropriation des terres des pauvres citoyens et distribuées à des commerçants maures venus d’ailleurs : ainsi toute la partie sise derrière l’aéroport qui était une propriété des kaédiens autochtones leur a été spoliée purement et simplement. Dans le même ordre d’idée un commerçant et affairiste se nommant Cheikhatou représentant l’UFP s’est accaparé de plus de 70 hectares appartenant aux populations de Kaédi.

Les pauvres paysans sont soumis à des redevances surélevées et exorbitantes s’ils refusent de s’exécuter ils perdent leurs terres, alors que l’Etat ne prend pas les dispositions nécessaires pour que la campagne agricole démarre à temps.

Les autorités administratives encouragent et favorisent la spoliation des terres des populations noires comme le hakem par exemple qui a nié catégoriquement que les rapatriés de Ganki Doumbodji puissent posséder des terres au niveau du PPG1, menaçant de les enfermer s’ils continuaient à revendiquer leurs terres pour le hakem toutes les terres appartiennent à l’Etat. Ce hakem montre une fermeté à travers des cas de spoliation.

Il avait aussi refusé de trancher un autre cas de spoliation des terres de cultures appartenant à Moctar Ali Ndjim rapatrié installé dans le site de Patoukone. Cette administration manque de respect à ses administrés qu’elle est censée pourtant représentée, car toute administration sérieuse se doit de se mettre au service des administrés. Dans la zone se situant à l’ENFVA, sur l’axe Lexeiba, les walis qui se sont succédé ont spolié des terres appartenant aux populations de Kaédi, des lots de 1000 Mètre carré qu’ils revendent par la suite à des maures prétextant que ces terres relèvent du domaine de l’Etat.

2-La police :

C’est une police de répression qui se caractérise par l’excès de zèle à l’endroit des noirs qu’elle humilie quotidiennement. Les malheureux citoyens qui y séjournent subissent des répressions, des violences verbales et physiques. Elle recourt à la torture, les jeunes noirs durant leur séjour au commissariat de police sont menottés torturés même pour une accusation à la suite d’une banale affaire ne sont pas épargnés par le supplice infligé par les brigades spécialisées dans la répression constituées d’individus arrogants, indisciplinés sans aucune formation ni éthique.

Une cellule de la police rédige des procès verbaux ou les aveux extorqués aux accusés y sont mentionnés. Banalement, le dossier transmis au parquet dans des conditions pareilles dramatiques débarque auprès du juge d’instruction aussi zélé et raciste que les éléments de la police qui ont rédigé le procès verbal ; confirme les charges contenant sur les fallacieux PV. L’accusé présenté devant le procureur qui ne parle que le hassanya comme le juge d’instruction des centaines d’accusés sont condamnés à des peines lourdes avec un motif très banal.

3-La jeunesse

Abandonnée et placée dans de mauvaises conditions, elle s’adonne au banditisme, à la délinquance et à la drogue, ainsi la majorité des jeunes s’adonnent à la drogue et au vol. Cette situation engendre la mise en place d’un réseau mafieux au niveau du corps de la police, souvent accusés gratuitement par des policiers qui font partie de ces réseaux qui demandent des sommes faramineuses pour libérer les jeunes accusés ,sinon sur la base de simples accusations ils sont placés en détention préventive à la prison civile de Kaédi attendant leur procès dont la sentence est connue d’avance. Il faut savoir que le réseau constitué des policiers, des membres du parquet et les gardes pénitenciers travaillent ensemble pour réduire le noir au néant.

4-La justice

Un vaste réseau mafieux est présent au parquet constitué de policiers, des membres du parquet et des affairistes connus dans le milieu des renseignements. Les prévenus et détenus de la maison d’arrêt doivent sortir des montants exorbitants pour obtenir la liberté provisoire qu’ils achètent en fait. La maison d’arrêt est remplie de jeunes tous noirs issus de la communauté noire (Peulhs, Soninké et harratin) qui développent la délinquance dans le milieu carcéral. Les lourdes peines ne sont réservées qu’aux noirs.

Ces jeunes sont –ils tous mauvais ? Pourquoi tous les détenus sont noirs ? Le secteur de la justice est connu par une corruption à grande échelle, plusieurs plaintes introduites au parquet sur la personne de Dr Mohamed Cheikhna, gynécologue en activité à l’époque au centre hospitalier de Kaédi, par insouciance il a occasionné plusieurs décès des femmes dont les noms suivent :

1-Kadia Amadou, hospitalisée le 09-02-2010 et décédée le 11-02-2010

2-Djeynaba Timéra, hospitalisée le 07-02-2010 et décédée le 08 -02-2010

3-Aissata kébé, hospitalisée le 14-02-2010 et décédée le 16-02-2010

4-Hapsa Ba, hospitalisée le 15 -02-2010 décédée le 16-02-2010

5-Minetou Mint Salem, hospitalisée le 23-03-2010 et décédée le même jour

6-Aminata Gueye, hospitalisée le 04-04-2010 et décédée le 14 -04-2010

7-Naguiba Mint Messaoud, hospitalisée le 08-05-2010 et décédée le 09-05-2010

8-Batouly Kane, hospitalisée le 26-04-2010et décédée le 02-05-2010

09-Benina Mint Alioune, hospitalisée le 08 -05-2010 décédée le même jour

10-Mariata Sow, hospitalisée le 10-05-2010 et décédée le même jour

La liste n’est pas exhaustive. Après une telle forfaiture les sieurs Abdrahmane Samba Dia né en 1956 à Sayéne Gababé et Sall Mouhamadou Hamady ont introduit des plaintes les 17 et 18 Mai 2010 jusque là le parquet est resté muet par rapport à leur plainte classée sans suite après avoir été menacés par le procureur. Les populations attendent toujours que justice leur soit rendue.

C’est pourquoi les populations ont perdu confiance à cette justice. Entre 2010 et 2012 le procureur de la république avait saisi quatre armes appartenant à des beïdanes, nous avons appris que les armes étaient sans autorisation et avaient été remises à leurs propriétaires alors que des noirs sont désarmés prétextant qu’ils ne possèdent pas une autorisation de port d’arme.

Le 15 Avril 2013, Amadou Mamadou Sow, retraité de la SNIM ayant abattu un chameau qui avait détruit ses cultures sera placé en détention préventive une semaine durant et son arme lui sera retirée par le même procureur qui avait remis des armes à leurs propriétaires qui n’avaient aucune autorisation : ce qui signifie la volonté d’armer une communauté pour désarmer une autre .

5-L’état civil

Considérés comme étrangers les noirs candidats à l’enrôlement sont soumis à des conditions difficiles, ils sont humiliés avant d’être rejetés. En connivence avec le tribunal, les candidats à l’enrôlement dont les parents sont décédés peuvent passer plus d’un mois pour chercher à établir un certificat de décès mais le plus souvent le président du tribunal les soumet à de rudes épreuves les demandant de fournir des témoins.

Plusieurs enfants dont les parents vivent à l’étranger ne pourront pas s’enrôler au registre d’état civil et des titres sécurisés ce qui va engendrer des conséquences dramatiques ; plusieurs mauritaniens deviendront apatrides dans leur propre pays.

6-L’Education

La conséquence de l’échec de la reforme en cours se traduit par la baisse des niveaux des élèves et le taux d’abandon élevé. L’école n’offre plus aux jeunes un enseignement de qualité capable de les garantir un avenir meilleur pouvant faciliter leur intégration futur dans la vie sociale. Le comble du mal est que les autorités ne proposent aucune alternative pouvant redonner espoir aux populations.

Les principales causes ayant engendré cette situation sont :

– Absence d’une de vision pour une politique éducative sérieuse

– Absentéisme des enseignants

– pléthorique des classes

– Manque de formation des enseignants

– Démission des APE

– Inadaptation du contenu de l’enseignement par rapport aux besoins du marché.

Cette situation inquiétante se traduit par des taux d’abandon élevés ; les nouveaux potentiels candidats dans le milieu du banditisme sont tous issus de l’école.

Absence de programme de développement :

La proportion de la population active qui vit le chômage est passée de 13 pour cent en 2000 à 31 pour cent en 2008 soit une progression de 241 pour cent .Actuellement le taux de chômage atteint plus de 50 pour cent. La prise en charge du développement régional sur le plan institutionnel ,reste l’apanage de l’administration territoriale, notamment par le biais du conseil régional de développement qui reste en réalité peu opérationnel et peu connu des acteurs régionaux du développement dans la mesure ou il n’est pas arrivé à promouvoir le développement.

Cette situation catastrophique est le portrait réel de cette cité oubliée, négligée, bannie et marginalisée. Il est urgent d’entamer une réflexion dans le sens d’adopter des stratégies pour sortir Kaédi de l’enfer dont les autorités racistes et zélées le maintiennent.

Dia Mamadou Aly
Infirmier à la retraite
Résident à Kaédi
44 61 90 77

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Flamnet-rétro: Hommage 28 mai 1989 -28 mai 2013, voilà 24 ans que nous quittait Amadou Malick : Question nationale: quand Amadou Malick Gaye écrivait à Ould Daddah

Amadou malick gayeA Monsieur Moctar Ould Daddah, Président de la République Islamique de Mauritanie 

Dakar, le 29 Avril 1966 

Monsieur le Président,
N’ayant pu ni obtenir l’asile politique momentané en Mauritanie, ni être autorisé à poursuivre mon chemin vers d’autres pays, j’ai été ramené à Dakar. Comme il fallait s’y attendre, après ce retour, j’ai été envoyé dans un camp pénal et mis en cellule. Et en plus de mes deux ans, j’ai sur le dos un délit d’évasion pour lequel le code sénégalais prévoit une peine minimum de six mois. Mais ce n’est pas pour cela que je vous écris. Car, d’une part, en décidant de m’évader, j’avais accepté d’avance toutes les conséquences bonnes ou néfastes 

D’autre part, je suis sûr qu’avec l’aide de Dieu, tout cela se terminera beaucoup plus vite que prévu. Et bientôt, ce ne sera plus qu’un souvenir lointain qu’on évoquera avec le sourire. Je vous écris pour deux raisons : 

1) ma position vis-à-vis de la Mauritanie . 
2) la situation intérieure de ce pays. 

Pendant que j’étais gardé à vue à Nouakchott, on m’a rapporté des propos selon lesquels vous auriez dit que vous avez toujours voulu vous assurer ma collaboration et que c’est moi qui n’ai pas accepté. Vous n’êtes probablement pas le seul à avoir tenu de tels propos. Mais je pense, Monsieur le Président avoir fait tout ce que je pouvais pour aller en Mauritanie et pour y rester. Parce que si officiellement, on m’a déclaré né à Dakar, le 11 Juillet 1931, en fait, je suis né un Vendredi matin, 10 Juillet 1931 à Dounguel-Réwo, subdivision de Boghé, sur le sol mauritanien, de parents qui se sont ré-installés en Mauritanie, car la Mauritanie et l’Afrique du Nord ont été habitées par nos ancêtres longtemps avant l’arrivée des Berbères d’une part et des Arabes d’autre part. D’ailleurs, l’Arabie elle-même… mais fermons pour l’instant cette parenthèse). 

Déjà quant j’étais en France, j’avais refusé d’adhérer à l’Association des étudiants Sénégalais, malgré quelques sollicitations. Finalement, je vous ai suggéré à vous et aux autres compatriotes qui se trouvaient avec nous, la création d’une association Mauritanienne. Vous avez accepté. 

En 1957, un an avant la fin de mes études, la délégation du gouvernement général de l’A.O.F. à Paris m’a proposé de devenir fonctionnaire international à Bruxelles (poste que Mamadou Touré devait occuper plus tard). J’ai refusé. Après ma nomination comme administrateur en 1958, on m’a offert de travailler au Sénégal, au Togo et au Niger, j’ai encore refusé. Vers la même époque, le Président Modibo Keita m’a dit que le jour où je voudrai venir travailler au Soudan, je trouverai les portes largement ouvertes. Je n’ai pas donné suite. 

Par contre, je suis allé jusqu’à St-Louis vous relancer pour obtenir mon affectation en Mauritanie. Mais de Novembre 1958 à Juin 1959, j’ai été payé pour ne rien faire dans notre pays qui ne regorgeait pourtant pas de cadres. J’ai écrit au Conseil de Gouvernement pour attirer son attention. Il ne m’a même pas répondu. Il m’a fallu menacer d’aller au Sénégal pour me voir proposer un poste de Chef de subdivision. Finalement, j’ai été chargé de créer le service de la statistique, jusqu’en Avril 1960 date à laquelle je suis allé suivre un stage de planification en France. A mon retour en Août 1960, j’ai été envoyé à Nouakchott, alors que mon service se trouvait toujours à St-Louis. Pendant des mois, je me suis tourné les pouces. Pour me rendre utile, j’ai organisé un mouvement de jeunesse, je me suis transformé en examinateur d’Anglais au B.E.P.C., puis en professeur de Français, histoire et géographie au Lycée de Nouakchott. 

En fin de compte, je me suis plaint auprès de vous, Monsieur le Président. Vous m’avez fait nommer Directeur de Cabinet du Ministre de l’Education. Mais ce dernier était fermement décidé à ne me laisser que le titre pour confier la réalité des fonctions à son inspecteur primaire qui avait été dans le bon vieux temps son supérieur hiérarchique. Lorsque j’ai mis les points sur les i, mon Ministre m’a promis que désormais nous travaillons en équipe. Mais je ne devais pas tarder à découvrir qu’il convoquait son Inspecteur au Ministère de l’Intérieur qu’il cumulait avec celui de l’Education. Et là-bas, ils réglaient les problèmes essentiels pour ne me faire connaître que les mêmes détails. J’ai alors compris que je perdais mon temps dans l’administration Mauritanienne. Cette fois, je n’ai rien dit à personne : j’ai pris mon congé en tant que fonctionnaire de l’assistance technique française et je suis parti. 

Cependant, mes efforts pour rester en Mauritanie, ne se sont pas arrêtés là. Après ces difficultés dans la fonction publique, j’ai pensé que je pourrai faire quelque chose dans le privé. J’ai poussé l’entreprise Gassama à créer en Mauritanie une succursale dont je devais être responsable. Nous avons été parmi les premières à nous inscrire pour un terrain dans la zone commerciale. 

Parallèlement à cela, je suis venu prendre des contacts pour la création d’une société d’importation de thé. A cette occasion, j’ai même obtenu votre audience. Ces deux initiatives n’ont pas abouti à cause de mon arrestation en 1962, dans laquelle la Mauritanie a malheureusement joué un rôle déterminant. 

Il est vrai que récemment, M. Elimane KANE à qui vous aviez l’intention de confier un portefeuille ministériel, s’est rendu à Dakar et m’a demandé, avec semble-t-il, votre accord, de venir travailler avec lui. Mais il m’a trouvé quelque peu enchanté et malgré toute mon amitié pour lui, je n’ai pas pu accepter. Avec lui, cependant, j’étais sûr de n’avoir aucun problème. Mais la suite des évènements n’a pas tardé à manifester une vérité première : en Mauritanie comme ailleurs, les ministres et les gouvernements eux-mêmes ne sont pas inamovibles. Et qu’est-ce qui me garantit que je n’aurais pas recommencé mon cycle de chômage payé après le départ de M. Kane du gouvernement ? 

Le P.A.I. dans lequel je militais à l’époque où j’étais en Mauritanie, avait des sections dans plusieurs Etats Africains. Mais malgré l’impatience de certains Mauritaniens progressistes, la direction de notre parti s’était toujours opposée à la création d’une section mauritanienne, estimant que les conditions politiques, économiques et sociales ne l’exigeaient pas. Notre presse à travers l’Afrique et en Europe n’était pas très tendre à l’égard des gouvernements issus de la Loi-cadre. Mais mis à part un ou deux articles de second ordre parus dans un journal régional à Saint-Louis, à ma connaissance, à aucun moment le PAI n’a attaqué le gouvernement mauritanien ou sa politique. Mieux, après la création du Parti du Peuple Mauritanien, nous avons demandé à tous nos amis et sympathisants de militer sincèrement dans ce mouvement. 

Mais malgré cette neutralité bienveillante vis-à-vis de la Mauritanie, dans le domaine politique non plus, je n’ai pas été gâté par la R.I.M. 

En 1959, j’ai été éloigné de St-Louis et contraint par la Mauritanie à faire une tournée dans le Nord-Ouest parce que le Sénégal ne voulait pas que je sois à St-Louis pendant la réunion du Conseil Exécutif de la Communauté. En Août 1960, j’ai été exilé à Nouakchott et pratiquement mis en quarantaine à la demande du Sénégal, après les incidents électoraux de St-Louis qui avaient pourtant eu lieu en mon absence. Vous-même, Monsieur le Président, vous m’avez dit à ce moment-là que vous permettriez d’aller n’importe où sauf au Sénégal. En 1962, des informations fantaisistes d’un administrateur mauritanien et de votre ministère de l’intérieur ont été transmises au gouvernement du Sénégal et ont entraîné mon arrestation à St-Louis et mon transfert à Dakar où j’ai été emprisonné pendant trois mois, puis mis en résidence surveillée pendant cinq mois. 

Il y a une dizaine de jours enfin, j’ai pu m’évader de la prison civile, disparaître de Dakar, me rendre à St-Louis, puis à Rosso. Arrivé à Nouakchott le 18 avril au soir, je comptais tout juste y passer la nuit pour continuer le lendemain matin par avion vers un autre pays. J’avais mon billet et ma place était retenue ferme. Si en fin de compte mon évasion n’a pas réussi, si ma famille se trouve en difficulté, et je moisis actuellement dans une cellule de camp pénal au lieu de vivre librement dans un autre Etat africain, c’est uniquement parce que la Mauritanie n’a pas voulu m’accorder, je ne dis même pas un asile politique, mais un simple droit de passage. Elle a préféré me remettre à la Sûreté sénégalaise. Pourtant, lundi dans la nuit et vendredi à 13h, je pouvais m’évader du commissariat. Mais j’ai préféré compter sur vous. 

Je sais que la situation de Nouakchott ne m’était pas favorable et que les raisons d’Etat sont parfois implacables. D’ailleurs, maintenant, comme les autres fois, je n’en veux à personne. Car je pense qu’il faut se battre jusqu’au bout avant « l’évènement ». Mais une fois qu’il a eu lieu, il ne sert à rien de pleurnicher. Le fatalisme est alors plus réaliste. Il faut se dire : « C’était écrit ! » et se tourner vers résolument vers l’avenir. 

Si j’ai rappelé tous ces faits, ce n’est donc pas par rancune mais parce que j’estime qu’après tout cela, il n’est pas du tout juste que l’on me reproche à moi de n’avoir pas voulu travailler en Mauritanie. Car je ne suis venu au Sénégal que contraint et forcé. Cependant, malgré toutes les arrestations que j’ai subies de ce côté-ci du fleuve, je pense que je n’ai pas eu tort de venir. 

Notre parti en a fait voir de toutes les couleurs au gouvernement contre nous. En outre, je constate que malgré cela, chaque fois que j’ai demandé du travail au gouvernement du Sénégal, il m’a permis de mettre la main à la pâte. En 1963, j’ai été affecté au Ministère du Commerce, puis nommé par le Conseil des Ministres, Directeur de l’Institut de Technologie Alimentaire. Et chaque fois, ce n’était pas pour la forme. 

Si vous le permettez, maintenant, Monsieur le Président, je vais revenir sur la situation intérieure actuelle de la Mauritanie. Ce que j’ai dit dans ma dernière lettre n’était pas dicté par les circonstances. Je le pense effectivement. 

Je maintiens que je ne peux comprendre que les Noirs de Mauritanie puissent accepter d’apprendre le Français à l’école et rejeter l’arabe qui est considéré comme langue Sainte par l’écrasante majorité de leurs parents. En ce qui me concerne, malgré les incommodités de la vie en cellule et les pertes de temps (il n’y a pas de lumière pour travailler la nuit), j’espère terminer bientôt le tome I de la « Méthode d’Arabe littéral » de Lecomte et Ghédira. Au fur et à mesure que j’avance, je dresse la liste des mots Poular empruntés à l’arabe. Je constate déjà que leur nombre sera effarant. D’autre part, selon une tradition très vivace chez nous, « Fouta Toro » vient des mots arabes signifiant « émigrés du Thor ». Or, le mot Thor, vous le savez, se trouve dans la péninsule arabique, plus exactement dans le Sinaï. Dans le temps, j’étais très sceptique. Mais les quelques notions d’archéologie que je commence à acquérir, m’amènent à me convaincre de plus en plus que c’est vrai. Mieux, j’en arrive même à être d’accord avec ceux qui estiment que les Arabes comme les Juifs sont le produit d’un lointain métissage de noirs et d’aryens. Il fut un temps où les Dieux eux-mêmes étaient noirs et tout le monde était fier d’avoir du sang noir dans les veines. Actuellement, les choses ont quelque peu changé. Mais la situation actuelle elle-même changera. Car ainsi va le monde. 
Sur le plan linguistique, je pense qu’entre l’arabe et les langues dites africaines, il y a eu double inter-action. Au début, l’arabe a été influencé par ces langues. On retrouve encore dans son vocabulaire des vestiges de l’Egyptien ancien parlé par des noirs. Par contre, avec la naissance et le développement de l’Islam, l’Arabe a profondément marqué certaines langues africaines comme le Poular. 
Il n’y a donc objectivement aucune raison pour que les mauritaniens noirs refusent d’apprendre l’Arabe en tant que langue. Je redis que c’est un faux problème qu’il faut éviter à tout prix d’ancrer dans la vie du pays. La cause véritable de l’agitation de nos parents est ailleurs. Et le décret rendant l’enseignement de l’Arabe obligatoire n’a été que le prétexte qui a permis à un mécontentement longtemps comprimé d’éclater, tout comme le congrès de Nouakchott en son temps. 

Certains penseurs conseillent de regarder la vérité en face, même si l’on doit en mourir. Pour la Mauritanie, regarder les choses en face, loin de faire mourir, aura, je pense, un effet très salutaire. 
Les noirs du sud se veulent mauritaniens. Mais il ne leur a été permis jusqu’ici de se sentir vraiment chez eux en Mauritanie. Seuls parmi eux des arrivistes capables de fermer les yeux de se boucher les oreilles et de tout encaisser, peuvent se sentir à l’aise. Par moment, il m’arrive de comparer la situation des noirs mauritaniens à celle des Arabes en Algérie entre 1945 et 1954. Sous certains aspects, la situation de nos parents est encore plus déplorable. Au fond, presque tous nos parents vivent avec une intensité plus ou moins grande, la même aventure que j’ai moi-même vécue. Les seules différences étant que je me considère avant tout comme un citoyen africain et que je peux me faire une place au soleil dans d’autres Etats Africains, alors que la plupart d’entre eux ne le peuvent pas. 

Qui parmi eux ne s’est pas vu dire qu’il est un étranger et qu’il n’a pris des papiers mauritaniens, que pour trouver du travail ? 

Les idées esclavagistes sont encore très vivaces dans le pays. Et pour beaucoup de Mauritaniens même instruits, un noir parce que noir est un esclave, un être inférieur. 

Cet état d’esprit ambiant se retrouve jusque dans la vie politique. On en vient par exemple à considérer comme tout à fait normal qu’un noir ne puisse pas occuper certains postes ministériels ou diriger certains services nationaux. Un autre exemple ? Prenons le problème du pourcentage des noirs et des maures dans le pays. Du temps des Français, il était admis qu’il y avait deux tiers de maures pour un tiers de noirs. Peu de temps après la Loi-Cadre, c’est-à-dire la mise en place d’une Assemblée et d’un Gouvernement à majorité de maures, on est passé à trois quarts, un quart. A l’heure actuelle, ce pourcentage sur lequel on se base plus ou moins pour répartir entre les deux ethnies les députés, les ministres, les stages et les emplois, est de quatre cinquième pour les Maures et un cinquième pour les Noirs. 

On dira, certes, que les estimations françaises ne reposaient sur rien de sérieux. Mais elles avaient au moins le mérite de l’impartialité , tandis que les chiffres actuels qui sont au moins aussi contestables, semblent être le produit d’une volonté bien arrêtée de limiter les prérogatives d’une ethnie au profit de l’autre. C’est d’autant plus inquiétant que certains maures trouvent le dernier pourcentage encore trop favorable aux noirs. Si l’on n’y met pas un frein, de pareilles idées risquent de devenir dangereuses et de mener très loin. 

Cependant, il ne suffit pas d’apposer une signature au bas d’un texte réglementaire et de décréter qu’il ne peut plus être question d’ethnie en Mauritanie pour que le problème soit réglé. On dit que les Etats socialistes sont totalitaires et dictatoriaux. Je leur reconnais au moins le mérite suivant : avant de s’attaquer à un problème d’une certaine importance, ils préparent systématiquement le terrain en suscitant des discussions et des explications dans le Parti, les mouvements de masse, les journaux, la radio, la télévision etc… pour faire comprendre et accepter la nouveauté. A mon avis, le gouvernement le plus autoritaire qui ait jamais existé, a été le gouvernement national socialiste. Pendant des années, la volonté de Hitler a été la seule Loi en Allemagne. Il a conduit tout son pays dans des aventures extravagantes. Mais lui-même et Goebble, son ministre de l’information, veillaient soigneusement à présenter aux Allemands, les moindres actions du gouvernement sous un jour acceptable. Il y a là quelque chose à méditer. 

Je pense que le problème intérieur mauritanien n’est pas encore devenu insolite : c’est en laissant pourrir la situation qu’on l’amènera à ce stade. Car, au-delà d’un certain seuil tout mouvement humain devient irréversible et toute maladie, incurable. 

Ce qu’il faut en Mauritanie, c’est d’abord, une patiente éducation des deux ethnies qui les amènera à comprendre qu’elles sont beaucoup plus proches l’une de l’autre qu’on ne le croit généralement des deux côtés. Car, qu’ils le veuillent ou non, les Mauritaniens Maures et Noirs sont des demi-frères sur le plan social et cohabitent sur le même sol. 

En même temps que cette éducation, il faut des réformes appropriées permettant à la minorité noire elle aussi de se sentir chez elle en Mauritanie. Car en fait, elle ne demande que cela. 

Entrée en Mauritanie dans la Fédération du Mali, garanties constitutionnellement, gouvernement fédéral, scissions parmi les étudiants, refus de l’arabisation de l’enseignement etc… qu’est-ce que tout cela, si ce n’est des manifestations partielles et parfois maladroites de ce besoin ? Si les noirs appréhendent un rapprochement Mauritanie-Maghreb, c’est essentiellement parce qu’ils se disent que leur situation déjà mauvaise risque de devenir catastrophique. L’hostilité de l’Arabe traduit donc une certaine forme de résistance à l’oppression et rien d’autre. 

Pour ce qui est des réformes elles-mêmes, je pense que l’importance numérique des deux ethnies et les possibilités financières du pays ne justifient pas la création d’un gouvernement fédéral. Ce qu’il faut avant tout c’est assuré l’égalité devant l’emploi dans les secteurs public et privé. 
En second lieu, je pense qu’il faut revenir au pourcentage deux tiers, un tiers pour l’Assemblée Nationale et le Gouvernement. 

Vous aviez suggéré qu’il ait un Président de la République et un Vice Président ne pouvant pas être tous les deux de la même ethnie. L’idée est à reprendre. Si elle n’a pas été retenue par l’Assemblée en 1961, c’était parce que vous n’aviez ni assisté aux débats ni beaucoup insisté pour l’adoption. Il y a de fortes chances pour que le plus souvent le Président soit un Maure. Il n’y a aucun mal en cela, à condition bien entendu que le Vice Président ne soit pas un simple béni-oui-oui, mais une personnalité incontestée, démocratiquement choisie et ayant des attributions réelles. 

On peut ajouter que le Président de l’Assemblée Nationale sera choisi alternativement dans l’une et l’autre ethnie. 

Je profite de l’occasion pour suggérer une dernière réforme qui, elle n’a rien à voir avec le problème ethnique. Elle concerne la démission en blanc. C’est une mesure vraiment rétrograde qui dépare la politique mauritanienne. C’est par la formation politique qu’un militant doit être amené à adhérer totalement à la ligne et aux décisions du Parti. Lorsqu’un divorce se produit l’intéressé doit avoir, de lui-même, l’honnêteté de démissionner de toute les fonctions qu’il occupe grâce au Parti. S’il ne le fait pas, il suffit d’un peu de patience pour l’attendre au tournant inévitable des réélections. 

Je suis sûr, Monsieur le Président, que les quelques réformes suggérées plus haut (égalité devant l’emploi ; deux tiers, un tiers ; Vice Présidence de la République ; Présidence alternée de l’Assemblée), si elles sont réalisées pendant qu’il en est encore temps, apaiseront les noirs et leur donneront enfin la certitude qu’on veut effectivement bâtir avec eux la Patrie Mauritanienne. 

Certes, parmi les Maures, il y a des ultras qui ne voudront rien comprendre. Mais avec beaucoup de bonne volonté, la raison finira par triompher. 

Ce qui m’a le plus frappé dans la politique intérieure mauritanienne, a été la réalisation de l’unité politique et la création du Parti du Peuple. Pour qui connaît l’énormité des appétits en présence et la sournoiserie des calculs dans la jungle politique de l’époque, c’était un véritable tour de force. 
Puisque vous l’avez réussi, je ne vois vraiment pas pourquoi vous ne réussiriez pas à réconcilier ces demi-frères que sont les Mauritaniens maures et noirs. 

Personnellement, je vous souhaite déjà : bonne chance 

PS : Je vous serais très reconnaissant d’autoriser la publication de cette lettre dans la presse mauritanienne, « in-extenso » pour éviter tout malentendu. Vous me permettrez, d’autre part d’en diffuser quelques copies. Car les deux problèmes qui sont soulevés me touchent au plus haut point. D’avance, Merci. 

Amadou GAYE, Administrateur en Cellule au Camp Pénal de Dakar 
Dakar, le 29 Avril 1966

www.flamnet.info

 

 

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Flamnet-Agora: BABA SY ET COMPAGNIE : “Un homme ça se retient “disait le père de Albert CAMUS !

altJ´ai lu , à travers la toile, les postings indécents, continus  de Baba Sy qui,  depuis un certain temps, empoisonnaient  le réseau  …  J’avais cru qu’il  se lasserait, et  que l’esprit de responsabilité reprendrait le dessus. Peine  perdue ! il  s’est  emballé … et semble y prendre un malin plaisir … Il devient  donc  nécessaire  de montrer à ce Mr que les Flamistes  n’étaient pas incapables de riposte; On y est  contraint , ce Mr  l’a  cherché  …

Baba Sy s’érige en juge et censeur des leaders historiques des Flam, et s’arroge le droit de s’immiscer dans les affaires intérieures de l´organisation, en  prétendu défenseur –tard venu –de la  cause,  inconnu des rangs , de tous les rangs, à l’exception  de son passage furtif au PLej qu’il dota d’un site éphemère qui lui servit, en fait,  de” pub” pour vendre ses cassettes de musique ! La seule contribution connue et durable  à cette cause de ce Monsieur  à été de discréditer et dénigrer, sans arrêt, tous  ces  leaders qui ,justement, incarnaient  cette cause là !

 Lui qui s’est  terré pendant et après les années de plomb, pour ne surgir qu’avec l’ère- Internet, s’en prenait  aux  geants qui ont osé tout risquer pour cette cause ! Absent des organisations, absent aux  manifestations, sorti de nulle part, le voilà  qui nous assène maintenant de  bla-bla; rien que du bla-bla, par  ce militant de la 25ème heure ! Personne  n’y  échappe ; de Messaoud Ould Boulkheïr à Boubacar Ould Messaoud,  de Ibrahima Sarr à Mamadou alassane , de Abdoul Birane Wane à Kane Hamidou Baba, de Kaaw Touré à Samba Thiam, personne n’est épargné  !

C’est ce prototype même de jeunes  qui  ont fui  la lutte, attendant  tranquillement que le “job” soit fini par d’autres, pour apparaitre, et  que “Jam min tekki”- groupe de rap-, stigmatisait ainsi : “Alaa to ngoon -don, allaa to keed- don ….”!

Son  acharnement  contre  ces  hommes  de stature, dénigrés sans arrêt , qu’ il  n’ atteignait pas à la cheville, rappelait  quelque part l’image du  regard frustré et envieux  du nain sur le géant ! n’était-ce pas cela  la source de tout le mal  chez ce jeune homme? Ce  refoulement de haine destructrice , jusqu’alors contenue et comprimée  qui  explose soudain ,  n’est –ce pas cela qui ’explique ceci  ?

Cette haine viscérale et gratuite  des propos  n’était –elle pas  à  chercher du coté du  mal-être profond  de la  personnalité , qui renvoie, en fait, à un problème  d’identité ! Baba Sy montre des signes troublants  que trahit  ’un problème d’affirmation.! ‘’Wonaa tiapaato, wonaa pullo’’…, Et l’on sait que cet aspect produit , lorsqu’il  est mal assumé , mal vécu , des  affects …, il conduit à une ambiguité, voire à une ambivalence de la  personnalité profonde, qui se cherche , selon les psyhologues ! Le déséquilibre du “moi”  n’est plus  très loin … Mr Sy a mal dans sa peau , doublement, ça se voit  : un metissage mal assumé , une mission historique trahie , (en tant que jeune) , au sens qu’en donnait  FANON …

 

Qu’y pouvons-nous, sinon lui  témoigner notre compassion, et  rappeler ce refrain , assez juste , de BABA Maal?   : “to ngelooba durata do  mbeewa hebata, …weli mbeewa metti mbeewa… “! Difference de stature entre lui et les autres, mal acceptée et mal vécue …

 

En lieu et place de l’argumentation solide  et  construite  Baba SY nous sert , en guise de débat, des  tombereaux de calomnies et  l’insulte . Plutôt qu’une pensée forte, nourrie par un raisonement  cohérent , nous avons droit  à  des affirmations  erronées, un cheminement  décousu ! Des accusations  fondées sur des informations partielles et parcellaires, obtenues à partir  de  sources douteuses .  

 

 Pour  justifier ses attaques contre les Flam et leurs leaders il pose que “que les Flam n’appartiennent pas qu’aux flamistes”, d’où , par voie de conséquences, quiconque peut s’offir le droit de les critiquer ; Soit , mais encore faut-il distinguer entre  critique et  immixtion; la critique n’est ni une immixtion dans les “affaires intérieures” du vis-à-vis , ni  une attaque ouverte,  haineuse qui cache  mal une volonté  de salir , de démolir à tout prix  !  Tout le flot de ses écrits en reste fortement imprégné !

 

Pour orienter les Flam , il faut être flamiste, Mr SY !

Les Flamistes déterminent, seuls, et en toute souveraineté , leur stratégie, leur feuille de route, leur méthode d’action !

 Au lieu de monter à bord et manier la rame ,non !  il restait sur la berge à crier aux passagers du fleuve ce qu’il y’avait à faire !

 

De quoi se  mêle-t-il donc celui-là ?

 

Roosevelt  expliquait  assez bien  ce qui poussait ce type d’individus  vers ces critiques, injustes : “ it gives the kicker a feeling of importance…..( entendez : to try to destroy   the one who is greater than him) . C’était  leur manière, nous dit-elle, de se sentir  importants, en tentant  de détruire ceux qui les dominent..!

 

Avec Baba sy , il n’y avait pas de voie, pour les Flam …  il n’y avait que “sa voie”  qu’elles devraient emprunter,  mais  encore existait- elle sa voie  ?

Quand les Flam  choisissent   de rester  en exil, ses critiques fusent… prétendant  que les Flam  étaient déconnectées de la réalité du terrain, en déphasage total ; et quand , au contraire , ces mêmes Flam se decidaient à rentrer, c’est encore des critiques pour dire …  qu’elles ne devraient pas !

Les Flam  ne pouvaient donc  ni rester à l’extérieur,  ni rentrer en Mauritanie ….à entendre  cet  individu, ( et ceux qui lui ressemblent,)  qui, du reste, ne s’était jamais illustré ou montré  nulle part! ni dans les rangs, ni dans les actions communes de lutte, mises en oeuvre !

 

 Que penser de ces gens , que penser de Baba Sy et de sa clique tapie dans  l’ombre?

 

E Roosevelt , heureusement,  conseillait  en pareil cas cette  sagesse  :”Do what you feel in your hearth to be right, for you will be damned if you do, damned if you don’t”. Elle ajoutait, éclairant les motivations cachées, à la base  de ce type de critiques injustes  : “Always remember that injust criticism is often a disguised compliment ; no one ever kick a dead dog ;  you have aroused jalousy and envy …” .;.. comme pour apporter un peu de baume  sur la plaie…

En terminant ,  j’exhorte Mr Sy  à  reconnaitre  sagement , encore une fois ,  ce que dit Baba Maal , : “to ngelooba durata  do  mbeewa hebataa, …weli mbeewa metti mbeewa… “!

 

Coup pour coup, dent pour dent, cela s’appelle la loi du Talion.

La lutte continue!

Abdoulaye Kodda Ba- Nouakchott-Mauritanie

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