Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Flamnet-Agora: Diaspora et developpement par Fatimétou SOW DEYNA

altEn 2005, la population mondiale comptait 200 millions de migrants, soit 3% en valeur relative. Ce phénomène, qui a doublé durant les 25 dernières années, a essentiellement comme point de départ le sud et comme espace d’accueil, les pays du nord.

Confronté deux siècles plutôt, avec la traite négrière, au même phénomène de départ massif de ses populations, le continent africain a tenté, cette fois ci avec les pays du nord, de décourager les nombreux candidats à l’émigration clandestine. Différentes mesures ont été prises allant de la sensibilisation au financement de projets en faveur des jeunes dans leurs pays d’origine. Ceci, après que des milliers d’Africains ont péri en mer en voulant emprunter des pirogues de fortune pour se rendre en Espagne. Au Sénégal, ce phénomène est défini sous le vocable très suicidaire de «Barça ou Barsakh» (Barcelone ou la mort). La Mauritanie n’est pas épargnée. Malgré les risques encourus, de nombreux africains en quête d’Eldorado, ont fait des côtes mauritaniennes leur point de départ vers l’Espagne.

Mais, outre le combat pour décourager le flux migratoire clandestin de ses populations vers le nord, la Mauritanie se doit aussi de réfléchir sur le sort des Mauritaniens vivant hors du territoire national. Il s’agit de voir comment les faire participer dans le développement de leur pays.

Une équation que beaucoup d’autres pays en voie de développement tentent de résoudre. Le Sénégal qui compte un nombre important d’émigrés à travers le monde, veut faire de la diaspora sa quinzième région. Récemment, des experts des Nations unies se sont penchés sur la question à l’occasion d’une assemblée générale de l’organisation mondiale.

«La diaspora n’est ni vache à lait ni solution miracle »

On retient de leurs réflexions que la diaspora a un rôle essentiel à jouer dans le développement de son pays d’origine. En effet, au moment où l’Aide publique au développement stagnait à 105 milliards de dollars en 2005, les envois de fonds s’élevaient à 167 milliards dollars sur la même période. Il existe plusieurs types de diaspora dont les plus productifs sont ceux qui ont quitté leur pays pour des raisons politiques, tandis que les émigrés économiques accomplissent des tâches qui n’exigent pas de hautes qualifications. Chaque diaspora a des spécificités qu’il faut identifier pour pouvoir créer un lien productif entre elle et son pays d’origine.

Mais, la diaspora n’est ni une vache à lait ni une solution miracle.

En effet, les ressortissants d’une diaspora ne peuvent rien faire de productif dans leur pays d’origine s’ils n’y trouvent pas des relais et des réseaux de soutien. Il faut aussi qu’au sein des diasporas, qu’il y ait un cadre qui permette à leurs membres de se rencontrer et d’identifier ensemble les secteurs dans lesquels ils pourraient se lancer avec succès.

Mais, ce serait une erreur de faire reposer de manière disproportionnée, nos espoirs de développement sur les seules épaules de la diaspora.

Fatimétou SOW DEYNA, Journaliste

Spécialiste en média et en relations publiques

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Flamnet- rétro:11 juin, voilà 3 ans qu´il nous quittait. Quand Murtudo Diop rendait hommage aux FLAM avant sa mort

MoURToUDO diop et kaaw touréTout d’abord je remercie ALLAH Seigneur des mondes de m’avoir donné l’occasion de témoigner brièvement sur FLAM, en tant que témoin et acteur de l’histoire. En dépit des toutes les tentatives de liquidation par les gouvernements racistes et esclavagistes mauritaniens, FLAM a survécu contre vents et marrées, et continue de porter haut et fort le flambeau de l’espoir, la flamme de la liberté, de l’égalité et de la justice, car l’état mauritanien est le dernier bastion de l’apartheid en Afrique de l’Ouest, mais un apartheid sournois et hypocrite. Les responsables mauritaniens n’ont cessé jusqu’ici de créer des actions néfastes et de les enterrer par le mensonge ; ils utilisent la religion pour légitimer l’injustice ; Mais un célèbre politicien américain avait bien dit : « On peut tromper un peuple en un temps, une partie du peuple tout le temps ; mais on ne peut pas tromper le peuple tout le temps ».

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Flamnet-Agora: De la nature des Forces de Libération Africaines de Mauritanie: Une clarification s’impose

altAprès plus de 25 années d’exil, les FLAM traduisent dans les faits leur intention de se redéployer en Mauritanie. Ainsi, l’organisation vient de dépêcher la deuxième personnalité du mouvement, en la personne de Mr. Ibrahima Mifo Sow, à Nouakchott pour préparer le retour de ses instances au pays. Pour un grand nombre des militants, le redéploiement est devenu le moyen le plus efficace pour continuer la lutte contre le système discriminatoire de l’Etat mauritanien. Quoi qu’il en soit, la décision de se redéployer constitue un tournant important pour les FLAM dont le prochain congrès devra fixer définitivement la nouvelle orientation. Alors, sans plus tarder, les militants et sympathisants de ce mouvement devraient réflechir sérieusement afin de pouvoir tirer les conclusions de 30 ans d’existence et de clairifier la future orientation qu’empreintera l’organisation. De notre point de vue, l’essentielle des critiques et des analyses faites à l’égard des FLAM seraient hors cadre, car elles se seraient basées sur l’incompréhension inconsciente de la nature même de cette organisation. les FLAM sont tantôt considérées comme un parti politique, tantôt comme un mouvement de libération nationale, ou même comme une Organisation de Défense des Droits de l’Homme. Malheureusement, cette confusion sur la nature de l’organisation est partagée par beaucoup, y compris par une bonne partie de ses militants. Alors, l’urgence est de savoir le pourquoi de cette confusion. Dans une approche purement théorique, ici, nous essayerons d’ élucider cette énigme.

D’abord il est important d’ examiner de plus prés les statuts des Flam. Dans son article 3, il est dit:
“Les FLAM sont un mouvement politique national non-racial qui privilégie la négociation et le dialogue”, et,
– “Les FLAM constituent un mouvement de libération où tous les opprimés et toutes les forces progressistes peuvent converger en vue de réhabiliter les dominés et les victimes du racisme et de l’esclavage“.

Les Flam (selon cet article) seraient donc un mouvement politique et un mouvement de libération nationale. A première vue, cet article énonce deux choses contradictoires, qui expliqueraient les raisons de l’imcompréhension sur la nature même des FLAM. Essayons de comprendre ce qui est derrière ces deux concepts politiques et quelles incidences elles interjecteraient sur l’intérprétation des acquis de l’organisation. Pour se faire nous commencerons avant toute chose par les définir .

Un parti politique peut être défini comme un groupe de personnes réunies autour des mêmes objectifs dans l’ ambition de conquérir le pouvoir par la voie électorale pour satisfaire un programme local et/ou national. Il sert aussi d’intérmédiaire entre le peuple et le pouvoir car il veut être représentatif de la population. Cette option, s’inscrirait dans l’acceptation des règles préétablies des institutions du pays concerné. En principe, les différents partis politiques qui participent à une élection doivent accepter le verdict des urnes quelque soit le résultat, dans la mesure où elles (les élections) se sont passées dans la légalité et la transparence. Un parti politique est strictement de notoriété interne. Les institutions internationales ne se voient pas obligées de supporter ou d’agir contre un parti politique régulièrement ètabli dans un pays donné.

Par contre, un mouvement de libération nationale est un regroupement d’individus qui réagit contre une opression quelconque d’un peuple ou d’une communauté donnée par un Etat. Ce mouvement se veut libérateur de ces opprimés, et le plus souvent par des armes. Cette idéologie se positionne en tant que représentante de la dite communauté et procéde par l’occupation, au moins, d’une portion du territoire. Ces deux caractéristiques ( représentativité, territorialité) confèreraient au mouvement de libération une reconnaissance internationnale basée sur sa “capacité” et sa “personalité”nationale. Car les institutions internationales préfèrent, en général, se fonder sur la théorie dite “l’Etat en voie de formation” pour gage de reconnaissance . Et cette interprétation prendrait source de l’histoire des États qui est associée á la volonté des peuples de se libérer du joug colonial des anciennes grandes puissances.

A partir de ces définitons, on comprend un peu plus l’ambiguité du choix des FLAM dans sa nature organisationnelle. Car les FLAM sont clairement de nature hybride: elles veulent être qualifiées de mouvement de libération tout en gardant un certain nombre de caractères d’un parti politique. Beaucoup de gens peuvent penser que cela doit être le résultat de l’histoire même de l’organisation qui s’est formée à partir de quatre organisations différentes. Mais, cela ne doit pas être une raison suffisante, puisque toutes les organisations concernées, plaidaient déjà pour un Etat Unitaire Mauritanien et l’ utilisation d’armes n’a jamais été une option dans aucun de leur différent programme .

Nous pensons qu’une des explications possibles est que les FLAM sont tiraillées entre la volonté ferme du pacifisme de ses initiateurs et à leur attachement profond à la Mauritanie, et la réalité implacable de la discrimination raciale de la part de l’État Mauritanien. En effet, “Le Manifeste du Négro Mauritanien Opprimé” concluait sa longue dénonciation argumentée des discriminations dont sont victimes les Négro-mauritaniens par ces termes: “les problèmes mauritaniens doivent être posés par des mauritaniens, discutés entre Mauritaniens et solutionnés par les Mauritaniens eux mêmes. Notre amour pour ce pays nous commande à inviter toutes nos nationalités à un dialogue des races et des cultures, dans lequel nous nous dirons la vérité pour guérir nos maux. Il faut que nous traduisions dans la réalité nos appels au Salut National et au Redressement de notre pays, au lieu de dépenser toutes nos ressources et toutes nos potentialités humaines dans des querelles raciales et culturelles dont les principaux bénéficiaires ne seraient certainement pas les Mauritaniens”.

Seulement, la réponse répressive du pouvoir à cet appel était d’une intensité telle que l’on pouvait la qualifier de génocide du peuple noir de Mauritanie. Une repression qui s’est traduite par les arrestations de 1986 et 1987, les exécutions sommaires et la déportation des milliers de noirs mauritaniens au Sénégal et au Mali entre 1989 et 1991. Cet état de fait avait poussé les FLAM à changer de stratégie. Ainsi, elles abandonnèrent leur option politique pour la lutte armée. Bien que la période des années 90 était idéale pour l’instauration d’une campagne qui pouvait réussir, il est aujourdhui évident que l’organisation n’a jamais vraiment intériorisée ou assimulé cette option qui n’a été que de courte durée. En définitive, les FLAM ne pouvaient être complètement ni mouvement politique ni mouvement de libération nationale. C’est bien là toutes les difficultés pour les observateurs honnêtes qui essaient d’évaluer les résultats obtenus par les FLAM á partir de la nature de l’organisation.

Et pourtant, on s’accorderait volontiers aux succes de l’organisation quand on pense, d’une part, au credit reçu de la part des Nations Unies concrétisé par la rencontre entre le Président des FLAM et la deuxième personalité de la plus haute institution internationale(6 Octobre 2006), et de l’autre, à la reconnaisance de l’Etat mauritanien de sa résponsabilté directe par rapport á la discrimination raciale dont a été victime la population noire (discours du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, 29 Juin 2007). Ces deux faits sont majeurs pour une organisation comme les FLAM, quelque soit sa nature. Mais, la victoire définitive dépendra de la capacité de l’organisation de défendre son programme à l’intérieur du pays et de le faire accepter par la majorité des mauritaniens.

 

La lutte continue!

 

Mamadou Barry

FLAM- USA

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Agadez la stoïque …

altLundi 27 mai 2013, 09h45 du matin, le Mont Bagzane (du nom du sommet de ces montagnes de l’Air culminant à 2022 mètres soit 6634 pieds), l’avion du Président de la République du Niger s’immobilise sur le tarmac de l’aéroport international Mano Dayak d’Agadez.

La matinée n’est vraiment pas chaude (la saison de chaleur est pourtant à son pic au Niger), elle n’est pas du tout fraîche : elle est dans cet entre deux qui enveloppe la vieille cité, capitale du nord Niger.
Hier nous ne parlions que de ‘’Nord-Mali’’, aujourd’hui nous nous mettons à évoquer le ‘’Nord Niger’’.
Pourquoi dans nos contrées, les difficultés viennent systématiquement par le nord ?
Un hasard ? Une mauvaise et passagère loi des séries ?
Ou alors, serait-ce parce que certains tiennent mordicus à nous délester de notre nord, à nous le faire perdre, eux qui ont définitivement rompu avec le leur ?
A Agadez, le climat a donc décidé de se mettre au diapason de cette lourde atmosphère d’incertitude qui enveloppe la ville : ni chaud, ni froid, juste un purgatoire climatique.
Cette impression finit de vous persuader, même si vous n’êtes pas informé, que la cité porte un deuil.
Il y a une douleur dans cet air un peu contrit, dans cette foule peu nombreuse et ces regards graves, sur ces visages attentifs mais distraits, hospitaliers mais peinés, avenants mais comme endoloris…
Les nigériens sont d’un tempérament très stoïques, endurants, patients…
Le protocole de l’accueil est solennel mais réduit au strict minimum, sans effusion, avec netteté, sans fioritures.
On entend surtout et on voit cet assourdissant silence, mélange de colère rentrée et de recueillement collectif.
La République est affligée, comme les gens d’Agadez.
Le pays est uni : le Président de la République Issoufou Mahamadou s’est fait accompagner pour la circonstance par le Président de l’Assemblée Nationale et surtout, par le Chef de file de l’Opposition.
La présence massive du Corps diplomatique témoigne de la solidarité internationale.
Le sol, habituellement peu nanti de végétation, est plus dépouillé encore, presque un paysage lunaire, un paysage minéral, hier tirant vers le marron, désormais délavé, un reg jaunâtre…
Certes, on est déjà dans la période de soudure, celle de la canicule, des sols asséchés, des déficits hydriques, des tarissements cycliques, des desséchements récurrents … mais là, le sol d’Agadez semble avoir perdu, en plus de son eau, ses larmes.
La terre a beaucoup pleuré, depuis ce funeste jeudi 23 mai 2013, où les terroristes ont  frappé Agadez.
Le ciel, la terre, l’air, les gens(les arrivants, les locaux, les officiels, la multitude…), les bâtiments, les enseignes… tous sont chagrinés.
Pourtant aucune effusion particulière, aucun cri, aucune démonstration d’exubérante tristesse … la douleur est visible mais contenue, la souffrance est réelle mais la dignité en couvre pudiquement la face, l’affliction est là mais la forte croyance islamique, par son fatalisme, par son acceptation du Destin, en atténue la fureur …
Tout au long des rues de la ville, des hommes, des femmes, des enfants … tous debout pour souhaiter la bienvenue aux illustres visiteurs… mais à la manière de ceux qui se lèvent lors du passage d’un cortège funèbre (tradition musulmane due au Prophète Mohamed SAWS et très respectée au Niger).
Ils ne disent rien. Ils sont justes là.
Le cortège traverse une ville debout, dehors, mais silencieuse, atone…
Agadez n’est pas une ville ordinaire. C’est une cité historique, inscrite au patrimoine de l’Humanité, et sacrée.
Elle ne compte pas moins de 83 Mosquées dont 4 de Vendredi, 79 de quartier et dont la plus célèbre date du XVIème siècle.
S’en prendre à elle est donc plus qu’une banale agression.
C’est pire, une profanation.
Agadez est accablée, violentée, blessée, martyrisée … Elle a comme perdu une certaine virginité, venue à l’âge adulte par un viol…
Mais Agadez s’est relevée et veut croire que ce cauchemar se soigne et que l’espoir arrive, porté par notre caravane, comme dans son glorieux passé, ces processions de dromadaires lui apportaient si souvent la délivrance.
Au milieu de cette déshérence collective, trône la fameuse Mosquée d’Agadez, témoin de ce prestige spirituel, baraka des environs : une légende raconte que ses milliers de poutres en bois n’ont été installé que lorsque, sur chacun, fut lu le Saint Coran en entier …
Nous nous dirigeons vers la caserne-école militaire où s’est concentré le supplice terroriste.
Sur un immense terrain vague, si dégagé, si épuré, si infini … qu’il semble fait pour illustrer l’expression éponyme, ‘’le vague à l’âme’’.
Des rangées de militaires pour rendre les honneurs, à nous-mêmes surement, mais surtout à leurs frères d’armes tombés sur le champ d’honneur.
Une succession de tentes et de rangées de hangars provisoires pour nous mettre à l’abri d’un soleil en passe de fondre lui aussi en larmes, de verser ses rayons en mode liquide sur nos peaux déjà cuites en surface …
Des hommes et des femmes si sagement assis, dans la détresse, dans l’attente aussi de cette espérance annoncée, venant de Niamey.
Là aussi par catégories(les religieux à part, les familles des victimes de coté, les officiels, le commun des agadessois se serrant les coudes, les maitres de cérémonie, les journalistes et autres techniciens s’affairant partout …), comme si on remettait aussi en ordre, ce lundi 27, ce que les criminels du jeudi 23 ont voulu éparpiller, désorganisé, déchiqueter …
A tous égards, cette cérémonie veut panser les plaies, honorer les morts, soulager les survivants, enterrer ce sombre passé et embrasser un bel avenir… dans sa forme comme dans son fond.
Le rituel commence alors par une Fatiha et quelques versets-prières.
S’en suit le cérémonial militaire : le Ministre nigérien de la Défense égrenant respectueusement les noms des victimes et leur consacrant la reconnaissance posthume de la Nation.
Enfin, le Président de la République va à la rencontre des veuves, des pupilles de la Nation et leur présente ses condoléances, celles de la République.
Plus tard, il prendra la parole, devant un parterre d’officiers et d’hommes de troupe, bérets verts et d’autres rouges.
Il trouvera les mots justes et le ton approprié pour dire la colère de la République, la blessure de la Nation, le deuil du pays, la détermination de l’Etat à continuer la lutte contre le fléau terroriste, la résolution du Gouvernement, la solidarité de la Communauté Nationale…
C’est seulement dans la tragédie que la Fonction Présidentielle prend tout son lustre, montre tout son éclat…
Nous marchons alors vers la seconde étape : visiter la caserne attaquée.
Nous marchons quelques centaines de mètres et nous voici en face de cet imposant portail, désormais béant, par lequel est entrée, par effraction criminelle, la voiture de la mort.
Tout est champ de ruine, la scène du crime est encore (presque) intacte, fumante et sanguinolente…
Un immense cratère de quelques mètres creusé dans un sol pourtant dur.
Un grand morceau de châssis, des centaines de petites pièces de métal comme méticuleusement découpées à la scie, des arbres intégralement calcinés, noirs d’ébène (leurs feuilles, leurs branches, leurs troncs …), avec une fine poudre à la surface, comme frappés par une foudre, ou atteints par une chute de météorite, les toits (en zinc) des bâtisses disloqués, des antennes paraboliques défigurées et définitivement inaptes à capter le moindre signal satellitaire, des dortoirs aux meubles en vrac, traces de luttes féroces, attestant du courage des résistants, des flaques de sang couvrent le sol nu, une moquette bien précieuse, des chaussures de sport abandonnées, désormais surement orphelines …
Un ouragan meurtrier est passé par ici.
Il a tout souillé, détruit, tué alentour, les hommes comme les arbres, les plantes comme la terre, les maisons comme les moindres objets de vie …
Nous suivons des explications très documentées et instructives d’un expert militaire nigérien sur les éléments constitutifs du mélange explosif utilisé.
La seule circonstance où les terroristes font dans le syncrétisme : lorsqu’ils fabriquent leurs bombes …
Ils ne sont œcuméniques que pour fabriquer de quoi tuer …
Puis nous entrons dans ce couloir étroit, où on sent la chair humaine, mêlée de gaz lacrymogène, de chevrotine, de plomb.
Il se termine en impasse dans une douche à l’angle de la demeure.
Là s’est suicidé l’un des terroristes assiégé.
Sa tête, nous dit-on, a traversé le plafond de zinc pour retomber dehors.
Sur les murs, la viande humaine hachée, séchée, plus du tout rouge, plutôt brune, des éclats qui ont du gicler puissamment et se coller là, pour se séparer de ce corps malade, chair mourante mais probablement soulagée de quitter cette tête qui l’a menée vers tant de cruauté…
Depuis quand le martyre se conçoit-il dans les toilettes, lieu d’impureté où le Coran ne se lit pas et où la prière ne s’énonce guère ?!
Mais ce n’est pas le seul écart que ces prétendus musulmans, vrais criminels, ont pris avec l’Islam.
Ainsi, ils ont choisi de tuer en plein mois sacré de Rajab où l’Islam a confirmé l’interdiction de la guerre, en vigueur bien avant lui dans la péninsule arabique.
Ils ont aussi pris sur eux d’attaquer, à l’heure de la prière, pour trouver les gens absorbés par leur culte, donc pour massacrer des bons croyants, fidèles pratiquants …
A Arlit, les personnes tuées par l’explosion accomplissaient la prière du Vejr (l’aube) à coté de la centrale électrique …
Peut-on concevoir pire cruauté, plus grande hérésie, déraison plus criminelle ?
Et puis, on m’a raconté l’histoire de cet enfant.
Il avait 14 ans accomplis. Il avait l’habitude, en allant vers la prière d’El-Vejr (l’aube) de passer par la caserne et de se faire accompagner par un cousin soldat.
Ce matin là, il a été fauché par la barbarie terroriste.
Les assaillants disent chercher la Chahada (le martyr) …
Ils en sont bien loin mais pour sur, ils ont donné à Agadez et au Niger 25 martyrs(Chouhada) …
En quittant la caserne, on sort avec la lourde impression d’avoir été témoin de l’après passage de l’apocalypse, The day after (le jour d’après).
La vie va et doit reprendre, dedans comme dehors… pour la mémoire de ces âmes innocentes lâchement arrachées à l’affection des leurs, ombres filantes dans les rues aux foules clairsemées du bel Agadez …
 
                                                                
                                                                                              Niamey le jeudi 30 mai 2013
 
                                                                           Abdallahi Ould Bah Nagi Ould Kebd
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Flamnet-agora: Lettre à mon peuple

altCher peuple, sais-tu qu’on lisait déjà dans les histoires de la Grèce antique que les aristocrates de certaines cités hellènes devaient, en prenant possession de leurs charges, prêter le serment de toujours nuire au peuple ? Il y a ainsi chez nous, depuis l’indépendance, de tels serments qui ne sont jamais prononcés publiquement, mais toujours tenus par ceux qui s’accaparent les rennes du pouvoir. Il suffit de se pencher sur la rhétorique officielle des dirigeants et des leaders politiques pour en saisir l’esprit démagogique.

En Mauritanie, tout est bâti sur le trompe-l’oeil. Le mensonge le plus impudent, disait Albert Camus, « pourvu qu’il soit répété assez souvent et assez longtemps, laisse toujours sa trace ». De ces mensonges à répétition, découle un Etat malade et incapable d’être équitable. Un Etat dans lequel la discrimination est érigée au rang de priorité constitutionnelle, notamment par le biais du système de quotas dans la fonction publique. Un Etat qui encourage le népotisme et le clientélisme. Qui ne transmet guère à ses fils la fibre patriotique, ni par son armée, ni par son histoire. Somme toute, un Etat qui ne cesse de trahir son peuple. En voici les preuves.

Les alliances ethniques, tribales et régionalistes priment sur la conscience nationale. C’est pourquoi un Président de la République est le représentant d’un groupement avant d’être celui de tous les Mauritaniens. D’où l’allégeance mesquine et secrète des chefs de tribus, des notables du Nord, et d’une partie des cadres de la vallée (le carré des vendus) aux autorités du pays. Et à l’étranger, un chef d’Etat mauritanien accorde toujours la priorité à une partie de la diaspora, au détriment de l’écrasante majorité. Par exemple, lors de son dernier voyage, Mohamed Ould Abdel Aziz a reçu en catimini des représentants d’une association maure à Bruxelles, alors qu’il a fait voyager à Paris, pour une réunion, un groupe de noirs en provenance de Hollande et de Belgique. Deux poids, deux mesures. Raisons pour laquelle depuis 1960, on a hérité d’un Etat raciste, et d’une société scindée.

Le premier président mauritanien employait l’expression « l’Union des âmes » pour évoquer la nécessité d’œuvrer pour la cohabitation nationale : pourtant, il fut le premier à exclure les cadres et intellectuels noirs de la fonction publique et les hautes sphères de l’Etat. Après lui, ses successeurs n’ont pas tergiversé pour exacerber la situation. L’un ordonna à ce que l’on applique la charia uniquement sur les Harratines et le plus cynique songea même à une épuration ethnique. Tous deux sont des héros, tandis que leurs victimes sont traitées comme des rebuts à chaque fois qu’elles revendiquent vérité et justice.

Cher peuple, aujourd’hui, c’est un autre qui te gouverne avec des manières bassement soldatesques. La justice est sous ses galons et le pouvoir concentré entre ses mains. De l’intérieur, il ne contrôle que ses affaires personnelles pour s’enrichir de tes mamelles juteuses. De l’extérieur, il te ridiculise par l’incompétence diplomatique de ses ministres. Et contre certains de tes fils, il a programmé un véritable « génocide biométrique ». Augmenter les difficultés de l’enrôlement des Mauritaniens à l’étranger est une autre façon de poursuivre le projet de son mentor Maouiya Ould Sid’Ahmed Taya.

Il y a quelques semaines, c’était à Mohamed Mahmoud Ould Brahim Khalil– l’ambassadeur de la Mauritanie à Paris – d’ouvrir le bal des suspicions autour de la citoyenneté des défunts mauritaniens, pour lesquels les parents réclamaient un visa.

Pour lui, Dieu ne retire-t-il pas l’âme d’un négro-mauritanien à l’étranger ?

Cher peuple, tu connais ton malheur.

Ô mon peuple, tu dois mener ton propre combat, celui de la réhabilitation de ta mémoire et de celle de tous les opprimés. Apprends de la mésaventure de notre conscience collective nationale défaillante.

Songe davantage à la prise de conscience. Popularise la lutte, entamée il y a longtemps par cette partie de l’élite que le sens de l’intérêt général anime

Choisis pour changer la donne, un noyau d’hommes et des femmes porteurs d’une éthique et de convictions.

Tu peux te libérer du joug autoritaire et oppressif. Et pour ce faire, il est urgent de transformer les mentalités pour une révolution populaire. A ce moment, le peuple aura simplement besoin d’un homme intègre et pacifiste capable de réunir les forces vives (les jeunes, les femmes avec leurs enfants, et une élite pragmatique) avec un seul slogan :
” Mauritaniens dignes… Mauritaniens égaux”.
Cette révolution sera fièrement menée par les Fils du Peuple !

Silèye Ba- Sociologue- journaliste.

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