Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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FLAMNET-AGORA: Réponse au torchon du journaleux Moussa Ndiaye : FLAM et IRA

altJe voudrais réagir au torchon de Moussa Ndiaye paru sur le site Boolumbal. Ce prétendu journaliste a posté sur ce site un texte opportuniste, maléfique et satanique qui cherche à dénigrer le président Samba Thiam ou à banaliser le combat politique qu’il a mené depuis tant d’années. Il cherche à semer la division, la suspicion, la zizanie, la discorde et le conflit entre deux compatriotes, deux organisations qui mènent des combats différents certes sur le plan politique mais convergents dans un des volets des droits humains.

Mr Ndiaye nous fait cette affirmation prémptoire :”Samba Thian a fait, nous précise une piste, 27 ans de lutte. Ils reviennent en Mauritanie pour reprendre encore leurs efforts de 27 ans à Zéro. Sans aucune sécurité ou dire même garantie. C´est comme si, ils reviennent à la formation de base dans diff´´erents domaines du pays; notamment politique”.

 

Mr Ndiaye qui est  « fier de sa dignité et optimiste pour sa carrière »(dixit) ne savait pas le nombre d’années de lutte qu’a effectué le président des FLAM ; il a fallu pour le savoir, qu’une piste dise à notre fameux « journaleux d´investigation » que Samba Thiam a mené 27 ans de lutte. Il ne savait pas dans quelle organisation politique militait Samba Thiam avant la création des FLAM et ne semble même pas connaitre en quelle année ont été créées les FLAM.

Le nombre d’années que Samba Thiam a passé en prison avant de prendre le chemin de l’exil, ce n’est pas son problème non plus ; il pense que le président Samba Thiam devrait ramener un trophée de l’ONU ou de je ne sais quoi encore en Mauritanie au risque de voir toutes ses années de lutte et de sacrifice réduites à rien ! Et curieusement notre journaleux « d´investigations » ignore totalement les critères d´attribution des prix aux organisations de défenses des Droits de l’Homme et des personnalités à travers le monde.

 

Mr Ndiaye, si vous êtes un journaliste honnête, je pense que vous devriez adopter une autre attitude, une autre manière d’informer qui laisse paraître le réel désir d’informer les Mauritaniens que nous sommes. Mais là votre torchon pue de contre-vérités, d´amalgames qui trahissent votre amateurisme et votre dessein inavoué…

 

La dénonciation de l’oppression dont les Négro-mauritaniens sont victimes a été faite par les FLAM avant que les langues ne se libèrent aujourd´hui en Mauritanie et ce, dans un contexte de dictature militaire pure et dure. De Hararé, Dakar, Banjul, Genève, Paris, Bruxelles, Oslo, Stockholm, New-York, en passant par Durban, nos voix ont été écoutées et entendues partout. Il suffit de se référer aux articles et archives de la presse internationale de l´époque pour s´en rendre compte (Le monde, Libération, AFP, PANA, Le Figaro, Jeune Afrique, Washington Post, New York Times, The Guardian, Africa International, RFI, BBC, CNN, Voix de l´Amérique, la presse Sénégalaise dans son ensemble, pour ne citer que les plus illustres.), sans parler des rapports périodiques des organisations des Droits humains comme Amnesty International, Human Rights Watch, Agir Ensemble, FIDH pendant ces années de braise. Il faut aussi comprendre que le contexte était différent et nous n´étions pas à cette révolution de la Toile et des réseaux sociaux pour saisir à temps le travail pharaonique des FLAM dans un environnement hostile et difficile.

 

Les FLAM n’ont pas vocation à recevoir des prix destinés aux ONG de défense des droits humains et cela n´a jamais été leur objectif. Au contraire elles ont payé le prix de leur combat par le sang à travers leurs martyrs (Teen Youssouf Gueye, Djiggo Tafsiirou, BA Alassane Oumar, Ba Abdou Ghoudouss, Touré Zakaria et d´autres non moins illustres).

Je pensais que vous saviez au moins que l’ANC de Nelson Mandela était considéré comme une organisation « Terroriste » par les USA pendant toutes les années où Mandela était en prison et n´a jamais obtenu un quelconque prix malgrè le travail colossal de mobilisation de l´opinion internationale de sa direction en exil. Si Mandela a obtenu un prix Nobel de la paix, c’est grâce à l’esprit de pardon et de réconciliation qu’il a adopté en Afrique du Sud après sa libération.

Autre exemple que vous semblez ignorer totalement : le Commandant Messaoud de l’Afghanistan est mort armes à la main contre les Talibans mais n’a jamais reçu un prix de l’ONU. Et à qui a-t-on attribué, cette année un prix de défense des Droits Humains en Afghanistan ? Une fillette de moins de 15 ans qui a défié les Talibans pour ses études scolaires. Comparer le combat de cette fillette de 15 ans parce qu’elle a obtenu un prix de l’ONU et le combat du commandant Messaoud c’est vraiment faire preuve d’une extraordinaire mauvaise foi et d´une ignorance caractérisée. Enfin, puisque vous-êtes un journaliste sportif, vous savez mieux que moi qu´un joueur peut entrer au cours d´un match de football et marquer un but mais cela ne signifie pas que le onze de départ est nul.

 

Il faut savoir aussi, monsieur Ndiaye, que pour bénéficier de ce prix, il faut faire la demande par un dossier ou être parrainé. Cette année il y’avait 150 lauréats mais seulement 4 personnes ont reçu ce prix. Mr le journaleux, on ne donne pas ce prix à des organisations politiques comme les FLAM. Il faut comparer ce qui est comparable. Les FLAM sont un mouvement politique et non une organisation des Droits de l´Homme ; si vous-êtes logique avec vous-même, vous devriez comparer l´IRA avec des organisations soeurs comme EL-HOR et SOS-Esclavage qui pêchent dans les mêmes eaux.

 

Ta prétendue discussion avec Samba Thiam, je n’y crois pas un mot ! Le président Samba Thiam n’est exigeant qu’avec ses militants. Tu ne lui dois rien et il ne te doit rien. Dans toutes ses interviews avec des journalistes de renoms, on ne l’a jamais entendu exiger quoi que ce soit des journalistes encore moins de Mr Ndiaye dont les sorties puériles sur la Toile ne font même plus sourire les Internautes !

 

Dans une autre assertion de notre prétendu journaliste : “Biram Dah Ould Abeid a fait 3 ans de lutte en Mauritanie et ailleurs dans le monde. Il a bien réussi sa communication à 200% et sur le plan national à 100%. Il a obtenu le Prix des Nations Unies pour la cause des Droits de l´Homme de 2013”.

 

Si je comprends bien Mr Ndiaye, Biram devrait plier armes et bagages et aller en vacances dans une île paradisiaque dépenser l’argent du prix qu’il a obtenu. Car le but de sa communication est atteinte à 100% voire 200% : les esclaves sont libres et l’oppression des Hratin est terminée en Mauritanie !

Je ne pense pas que vous rendiez un service à Biram en avançant de telles assertions. Biram réussira son combat et sa communication quand le petit esclave au bas fond du désert mauritanien comprendra non seulement qu’il est victime de l’esclavage, qu’il est opprimé mais aussi et surtout quand il brisera enfin les chaînes de cette oppression à tous les niveaux.

Quant au président Samba Thiam il est conscient que le chemin à parcourir pour arriver à libérer les opprimés, fiers dans leur dignité et optimistes dans leur carrière professionnelle, sera long et très long. Mais après la nuit, le jour viendra incha Allah.

Et la lutte continue !

 

 

Ousmane BA dit Kodda

Membre du bureau local des FLAM section Europe de l’Ouest.

www.flamnet.info

 

 

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L’adieu de Winnie à son “homme”

altSeule, je te revois dans ce township d’Alexandra où, au détour d’une ruelle, j’aperçus ta longue silhouette au milieu d’une bande de jeunes. Seule, je pense à ce jour où tu m’as proposé de devenir ta femme. Seule, je pense à ces petits rares moments d’évasion dont nous pouvions profiter. Seule, je pense à ce jour où tu as rencontré mon père pour demander ma main. Seule, je pense à cette phrase de mon père « Nelson est un garçon charmant, tu peux l’épouser mais le choisir c’est épouser un combat et non un homme ». 

 

J’ai compris aujourd’hui que j’ai épousé le combat, ton combat, le combat de ta bande avec les BUTHELEZI, SISULU Walter, Oliver Tambo et autres. J’ai appris à lutter à vos côtés. J’ai intégré le système très tôt. J’ai, inconsciemment peut-être, décidé de jouer ma partition. J’ai, peut-être pour prouver à tes compagnons que tu avais choisi la femme qu’il fallait, opté pour l’incarnation de l’aile dure. Puis arriva ce jour sombre de ton arrestation. Jour sombre, ai-je dit ! Il l’était pour moi or c’était le jour de gloire puisque tu me disais lors de mes visites bien surveillées à Roben Island que « ta victoire a commencé le jour de ton arrestation ». Plus tard, après plus de quinze années de bagne, tu n’as pas hésité à me dire « Winnie, tu te bats bien pour ma libération mais tu m’abats avec ton comportement. Je suis au courant pour le jeune avocat et je te comprends : la solitude peut être le lit de la débauche pour une femme qui n’a jamais pu savourer son mariage. Je ne t’en voudrai jamais. Je te porte dans ma chair Winnie ». Oui, Nelson, tu avais vu juste. Tu me comprenais seulement la compréhension ne doit pas être une légitimation et c’est ce que je n’ai pas pu comprendre assez tôt d’où mon escapade nocturne le jour de ta sortie de prison devant les caméras du monde entier. A ta libération, j’étais fière de toi, fière de ton endurance, fière de ta victoire et indigne voire indignée d’autant que je ne méritai plus d’être à tes côtés ou de te prendre la main. J’étais une étrangère à tes côtés. Je te sentais plus comme un père. 

 

Ta décision de partir, de t’éloigner de moi, de divorcer ne m’a point surpris. Je voulais ce divorce. Je n’osais pas prendre l’initiative par peur de te faire souffrir encore. J’ai applaudi lorsque tu as choisi MACHEL. Pleine de grâce, de douceur, dévouée, câline, discrète, profondément amoureuse de toi, fidèle et généreuse avec notre progéniture, j’ai tout de suite compris qu’elle allait t’offrir toute cette affection qui t’a tant manquée. 

 

Mon cher époux, Je ne prie pas pour toi, Dieu a donné des signaux rassurants quant à ta place dans l’au-delà. Je veux ici et pour toujours te dire combien je t’aime. Je n’aurai pas la chance de prononcer un discours devant ces 80 milles personnes réunies à Sowéto pour te rendre hommage. Si cette chance m’était offerte, je t’aurai simplement demandé pardon car tu avais choisi Winnie pour gagner à tous les niveaux. Tu avais choisi Winnie pour réussir ta vie. Malheureusement, la femme que je suis a confondu « la victoire du bonheur » et « le bonheur de la victoire ». Tu as eu le second par ton propre combat et je n’ai pas su t’offrir le premier. Mea culpa, Nelson. Je te demanderai simplement dans les cieux de ne pas penser à ce jour où tu m’as dit « nous ne vieillirons pas ensemble ». 

 

Pense plutôt Nelson à ce jour où tu m’as dit « je veux mourir tout contre toi ». C’est vrai Nelson, le bonheur se conjugue souvent au passé. Bon voyage. Love you, my husband.

 

 

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Quand les Nations-unies nous font honte! Par Ely Moustapha

altPourquoi un prix des droits de l’Homme pour notre ancien esclave Biram?

Franchement pourquoi a-t-on attribué le prix des droits de l’homme des Nations-Unies à un ancien esclave mauritanien, alors que la Mauritanie regorge d’hommes libres et d’affranchis de toute sorte et de toute couleur?

D’ailleurs où est son maître qui lui a donné une telle autorisation d’aller se faire reconnaitre aux Etats-Unis ? Ce prix est nul et non avenu parce que Biram, cet esclave qui s’est émancipé de lui-même, est parti non accompagné de son maître, ni même du bâton avec lequel il doit le redresser en cas d’incartades à l’étranger. Et Dieu sait que les esclaves quand ils vont à l’étranger deviennent irrespectueux envers leurs maitres. Ils les dénoncent, les calomnient, les traitent de tous les maux de la terre, alors qu’ils n’ont rien fait de mal.

En effet, est-ce mal de faire travailler quelqu’un ? Est-ce mal de lui donner à manger quand il a fini de travailler ; est-ce mal de le loger en dehors de chez-soi; est-ce mal de le vendre pour son bien; est-ce mal de le marier de force pour qu’il procréait? Et c’est le maître qui fait tout et c’est l’esclave qui a le prix ? Mais où va ce monde sans maître ?

Vraiment les Nations unies sont en train de donner du sens à ce qui n’en a pas : l’esclavage.

Mais sans l’esclave, comment le maître va-t-il faire pour vivre ? Le maître ne doit-il pas lui aussi bénéficier des droits de l’Homme ? Pourquoi récompenser l’esclave par ce prix et pas lui ? Car sans le maître, y aurait-il des esclaves…à récompenser?

Ainsi, au Conseil de Sécurité il n y a qu’une poignée de maîtres, tout le reste de la planète est esclave. Quel pays du monde esclave en dehors des 5 membres permanents du Conseil de Sécurité a un droit de veto sur ses propres affaires ?

L’Assemblée générale des Nations-Unies n’a aucun pouvoir, c’est l’esclavage de la majorité du monde. Et pourtant les Nations-Unies délivrent un prix des droits de l’Homme…à un ancien esclave. Au lieu de le délivrer à LEUR Assemblée générale. Et Biram, n’est même pas un esclave en exercice (comme nos chefs d’Etat), ni même un nouvel esclave!

Quelle honte pour l’humanité occidentale qui s’est enrichie et s’est développée sur le commerce triangulaire et l’esclavage moderne des Etats et de leurs ressources.

Avec le prix accordé à Biram, l’occident n’est-il pas en train de racheter ses fautes à travers l’honorifique récompense ?

Un prix par ci, un prix par là pour la bonne conscience du Monde. Mais alors pourquoi Biram ? Pourquoi celui-là alors qu’en Mauritanie, nous avons des esclaves, plus gras et plus gros (ou que nous pouvons gaver à la demande) pour les montrer au reste du monde?

Pourquoi a-t-on choisi Biram, cet esclave-errant, dont les souliers sont usés par les séjours dans les halls des conférences à l’étranger et qui sait trop bien parler, alors que nous avons des esclaves muets, avilis qui méritent ce prix au moins pour améliorer le contenu de leur gamelle.

Vraiment les Nations-unies devraient revoir ce prix conféré à Biram !

Biram nous fait honte avec ce prix. Il fait honte à la Mauritanie. Ce pays, dont les esclaves travaillent nuit et jour pour mériter leur statut, sans chercher aucune distinction, ni récompense. Où l’Etat lui-même laisse faire, parce que l’esclavage, dans toutes ses formes (du politique à l’économique) fait partie du quotidien

Vraiment Biram doit renoncer à ce prix avant qu’il ne soit trop tard. Avant que le monde entier, ne sache qu’en Mauritanie, nous avons des esclaves et des esclavagistes. Que nos gouvernants pratiquent l’esclavage politique puisque le peuple est esclave d’une minorité politico-économique qui détient le pouvoir.

Non, au prix des droits de l’Homme pour Biram! Oui, à l’esclavage qui honore notre pays et fait la fierté de nos maîtres.

Source : http://haut-et-fort.blogspot.com

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Hommage au grand combattant de la liberté, le camarade Samba THIAM des FLAM

altSamba Thiam est le président des Forces de Libération Africaines de Mauritanie (FLAM). Né en 1948 à Sélibaby (Sud de la Mauritanie), inspecteur de l’enseignement de formation et ancien formateur à l’Ecole Normale des Instituteurs (ENI).  Samba Thiam est membre fondateur du MPAM (Mouvement populaire africain de Mauritanie) en 1979 et des FLAM en mars 1983. Il fut arrêté en septembre 1986, après la publication du « Manifeste du Négro-mauritanien Opprimé », jugé et condamné à cinq ans d’emprisonnement ferme, interdiction de séjour, privation de droits civils et politiques  et envoyé au bagne de Walata. 

Comme notre guide Nelson Mandela il peut dire aussi : “Au début, je n’ai pas choisi de placer mon peuple au-dessus de ma famille, mais en essayant de servir mon peuple, j’ai découvert que je ne pouvais plus remplir mes obligations de fils, de frère, de père, de mari “. Le président Thiam a sacrifié sa carrière professionnelle, sa famille et donné sa vie pour la cause. Contrairement à certains il n´a pas attendu que la liberté d´expression soit “tolérée” en Mauritanie pour s´insurger contre les tenants du Système. Après des longues et terribles années dans la prison de Oualata où il a enterré certains de nos compagnons de lutte, décédés suite aux conditions de détention horribles, il rejoint la résistance en exil pour continuer le combat. Connu de tous par son courage, sa témérité, son intégrité morale et honnetêté intellectuelle il fût plébiscité par ses camarades à la tête du mouvement de libération qu´il dirige toujours. Très modeste et humble il confiait un jour à un journaliste : “Je suis un homme de l’ombre, un homme ordinaire, sans vraiment rien de spécial. Le crépitement des Flash,ça n’est pas pour moi. J’aurais aimé,un peu comme Engels, être un second volontaire auprès d’un Marx. C’est pour dire que cette position que j’occupe aujourdh’hui et qui me place sur un piédestal, je ne l’ai pas recherchée ,car en opposition totale avec ma personnalité, au point que des fois je me surprends à me demander ce que je fais là”.

 C’est certainement la désespérance et la révolte qui faisaient dire à Ibrahima Dieng, le personnage principal du ” LE MANDAT “, que “L’honnêteté est un délit”. Une sentence sans appel prononcée par un vieux notable désabusé que ses mésaventures d’inadapté rendent finalement à la lucidité. La société vomie du vieux marabout à sa régle, la fourberie, et ses caïds, des prédateurs aussi féroces que malicieusement imaginatifs. 

 

La tentation est forte de faire le rapprochement entre la société honnie de Dieng avec l’arène politique nationale, un milieu où la duplicité et la versalité sont sanctuarisées, érigées en dogmes. Ce milieu-là n’est pas celui de Samba Thiam, le Président des FLAM. Il s’y sentirait égaré, désorienté. Pourtant, ce ne sont pas les motifs de l’endurcissement qui lui manquent. Sa vie. Une vie de dévot au service d’un idéal incarné par une organisation. Une croix qu’il porte vaillamment depuis ce jour de rencontre décisive qu’il aime rappeler. Parce que le président des FLAM est avant tout un guerrier peulh, qui combat à la traditionnelle. Et le code d’honneur de la bataille, il le connait: ni trahir, ni se rendre.

 

L’ennemi est coriace, sournois, mais l’adversité ne lui fait pas peur. Il faut de l’audace pour décider de défier cette hydre informe, ce Système avec un S grand comme le “ racisme structurel de l’Etat mauritanien ”. Un mal absolu dont un tyran nommé Maaouya a été l’incarnation. Quand il a fallu le combattre il l’a fait sans concession, ni compromission ou compromis.

 

 Cet homme-là a du courage physique et la patience d’un pédagogue. Et cela fait la différence. Ainsi, là où ses adversaires foncent sur le foin, lui prend de la hauteur pour mieux faire partager sa “vision globale” des solutions aux maux qui gangrènent l’unité nationale. Car la vérité est que la Mauritanie ne guérira pas de son instabilité tant qu’elle n’aura pas osé affronter la question lancinante de la cohabitation de ses peuples. Le président des FLAM en est convaincu. Il le dit à haute et intelligible voix. Il le dit avec cette éloquence qui refuse l’emphase et le superflu. Avec l´enfant du Guidimakha comme interlocuteur, c’est la politique qui retrouve ses lettres de noblesse.

 

A ceux qui comparaient les FLAM et l´ANC de l´Afrique du Sud il répondait: “… A y regarder de près, à comparer l’histoire de l’ANC avec celle des Flam (loin d’être finie pour ces dernieres ) rien ne permet de s’opposer à cette similitude. Il a fallu 72 années à L’ANC pour arriver là où il est et nous, nous en sommes seulement à quelques années de lutte. Mais rassurez-vous, nous n’attendrons pas 70 ans pour réaliser notre projet d’établir la justice et l’égalité dans notre pays. Alors pourquoi pas ANC de Mauritanie? L’histoire comparée des deux Organisations, soit dit en passant, serait un thème de recherche, bien venu, pour nos Etudiants!”.

 

Merci monsieur le president et la lute continue!

 

Comité de rédaction de Flamnet

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FLAMNET-RÉTRO: L’unité en question par Hindou Mint Ainina

altL´Unité Nationale. Un rêve, un beau rêve pour tout mauritanien assez conscient pour voir ce qui se passe. Tout citoyen qui aime sa patrie et veut en faire un lieu de tolérance, d´unité dans la diversité, d´acceptation mutuelle. Un citoyen assez ouvert pour voir et surtout concevoir que cette terre qu´on aime et claironne à tort et à travers, la qualifiant de terre de contact et de rencontre entre les peuples-doit rester ce qu´elle était toujours: non sans heurts, mais elle l´était quand même. Une terre de rencontre de civilisations Berbères Sanhaja, Négro-africains du Ghana et du Waalo, et, plus tard, les arabes bédouins, tous-en l´absence d´un pouvoir centralisé- vivaient, chacun dans son domaine, en échangeant leurs cultures et leurs produits.
C´est beau de disserter sur ce sujet, si beau que bien des gens le font au risque de déformer certaines réalités passées et d´autres réalités présentes. On a trop parlé de cette unité. Parfois, on en parle tellement, au point d´oublier que le fait même d´en parler suppose qu´elle n´existe pas, ou au moins qu´elle est à parfaire. On en oublie que, pour unir des choses, il faut d´abord accepter le principe de leur différence et qu´elles soient séparées.

Il faut que l´on sente qu´on n´est pas menacé, non seulement dans son appartenance, mais aussi dans sa survie. Et pour avoir cette assurance, il faut que l´on se sente accepté tel qu´on est, avec tout ce qu´on a de différent.

Il ne suffit pas de crier à l´unité nationale pour qu´elle soit, il faut d´abord savoir pourquoi elle “n´a pas été”. Ceux qui croient que dans ce pays il y a eu une unité, au sens le plus élémentaire du terme, entre ses peuples depuis leur existence, doivent se rectifier.

D´ailleurs, comment pouvaient-ils s´unir ? Comment les Noirs, qu´on attaquait il n´y a pas très longtemps encore dans des razzias pour les vendre en esclaves, pouvaient-ils avoir confiance en ces Blancs du désert qui représentaient l´horreur à leurs yeux ? Comment les Berbères-et plus tard, la plupart des Zwayas et Aznagas-pouvaient-ils se fier à ces Arabes conquérants, “pilleurs et sanguinaires”, qui les avaient réduits en hommes de second rang sauf récupération et qui leur avaient même imposé leur langue ? Comment ces groupes aussi différents pouvaient-ils s´unir, étant donné que leur survie même obligeait qu´ils s´opposent ? Ils faisaient beaucoup d´échanges certes, mais ils n´avaient aucune raison de s´unir, car leurs modes de vie étaient relativement différentes.

N´essayons pas, comme se hasardent à le faire bien des gens, de donner à l´islamisation de la région une action unificatrice- bien qu´il soit répandu dans la région, l´Islam n´a pas changé l´état des choses. C´étaient les arabo-berbères musulmans qui razziaient et vendaient les esclaves- c´étaient eux même qui soumettaient des populations musulmanes pour en soutirer un tribut. C´étaient ceux là même qui parlaient au nom de l´Islam qui dominaient au nom de celui-ci. Cela n´est pas un plaidoyer contre l´Islam, ni contre sa capacité à constituer, à un moment de l´histoire- n´importe lequel- un facteur unificateur, ne serait-ce que théoriquement. Mais alors on doit bien se demander de quel Islam s´agit-il ? Le vrai, c´est-á-dire celui qui prône l´égalité des hommes, quelle que soit leur race et leur origine ? Ou bien celui qui, ici, classe les gens en “pseudo-castes” nettement distintes rien que par leur soit-disant naissance ?

Est-ce l´Islam qui recommande la justice sur la base de l´égalité devant Dieu, ou celui qui permet de tenir d´autres musulmans en servitude et de les traiter en hommes inférieurs? Celui qui recommande le droit au savoir ou celui qui permet à une minorité de monopoliser le savoir religieux et de l´utiliser à l´egal des armes-comme moyen de supériorité et de domination? On voudrait bien savoir de quel Islam il s´agit avant de prétendre qu´il a pu être un facteur d´unité dans cette région. Cet espoir d´unité que l´Islam aurait pu faire et n´a pas fait naitre, ce n´est pas l´arabisme borné et l´arabisation forcée qui le feront naitre. Nous avons trop peur de dire certaines choses, à tel point que nous finissons par croire qu´elles n´ont pas existé.

A mon humble avis, ce n´est pas en criant notre arabité sur les toits que nous arriverons à nous convaincre que nous sommes arabes. En fait, ceux parmi nous qui tiennent ce langage donnent l´impression d´un enfant qui arrive tant bien que mal à exprimer ce qu´il croit, mais a besoin de l´approbation de sa mère pour y croire vraiment. Nous paraissons vouloir nous convaincre nous même d´un fait qui a été accompli avant nous. Là , il faut retenir qu´un arabe est, ni plus ni moins, quelqu´un qui parle un langage arabe comme langue maternelle. Il faut aussi préciser que tous ces Arabes d´Afrique ou d´ailleurs, qu´ils soient d´origine egyptienne, turque, persane, bérbere ou autre, se caractérisent uniquement par l´usage de cette langue, qui n´est plus ni moins qu´une langue.

Seulement, dans notre Inconscient collectif nous n´arrivons pas à essuyer la défaite historique devant les conquérants Hassanes. Peut-être aussi ne pardonnons – nous pas les problèmes que la Mauritanie a rencontré pour être reconnue comme Etat Nation Arabe. Cet inconscient nous pousse à faire des actes qui pourraient prouver à nous même et au monde entier que nous sommes arabes. Ici, chacun peut expliquer cela à sa facon.

Dans notre raisonnement simpliste, on ne peut être arabe que d´origine- ce qui en réalité limiterait le nombre d´arabes aujourd´hui au moins leur dixième. Comment arrivons-nous á prouver que nous sommes arabes d´origine? Nous ne tenons en fait de nos appartenance Sanhaja que ce qui prouve que nous étions autre chose que des arabes: les noms de nos tribus et parfois nos familles-essayez seulement d´être assez superficiel pour convaincre les gens de l´origine arabe des Lemtouna,Tendgha ou Techouncha, rien qu´à titre d´exemple.

Ces noms nous rappellent trop la défaite, et à défaut de l´essuyer, nous la renions, et du coup nous nous renions.

Nous ne sommes devenus arabes-peut-être malgré nous- et nous n´avons pas besoin de le crier pour que ca soit vrai. Mais soyons conséquents avec nous même et n´imposons pas notre langue aux autres. Car ces gens que nous voulons assimiler font partie de ce pays et n´en disparaitront que s´il n´existe plus (le cas kurde d´Irak n´est pas enviable). Laissons les choisir eux même d´être avec nous. Précisons leur que pour être ensemble dans ce pays et pour que ce pays continue à exister, il faut qu´ils nous acceptent, mais aussi que nous les acceptions.

Il faut que chacun d´entre nous admette que le fait de reconnaitre la différence de l´autre n´enléve rien à sa légitimité ni à ses droits, pas plus qu´à son appartenance. Il est temps que chacun de nous comprenne que la Mauritanie est difficilement comparable aux pays d´Afrique de l´Ouest,…pas plus qu´aux pays arabes. Admettons ensemble que nous avons des réalités différentes ici, et que nous avons une réalité différente du reste du monde. C´est uniquement comme cela que nous sauverons notre pays, et que nous pourrons avoir une identité, une personnalité, une caractéristique sociale qui nous est propre. Ce qu´il faut faire aujourd´hui, ce n´est pas de vouloir un retour en arriére vers une histoire et une civilisation dont on ne retient que des demi-vérités déformées.

Notre salut ne sera pas non plus dans la course vers un arabisme et une arabisation qui n´a pas encore fait ses preuves dans le monde actuel, et qui pose bien des problèmes pour des arabes bien “plus anciens”que nous- En se fondant dans le monde arabe- avec la passion qui nous est propre- nous perdons notre personnalité mauritanienne, et du coup notre histoire notre identité.

Que ceux qui tentent de nous pousser à cela par les paroles ou les actes sachent qu´en perdant leur personnalité mauritanienne ils seront moins que rien, non seulement aux yeux du monde- qui ne les voit qu´à la loupe-mais à leurs propres yeux. Car ce qui est sûr, c´est qu´un maure (arabe, berbère, arabo-berbère, ce que vous voulez) ne peut se reconnaitre nulle part ailleurs. Cette identité qui fatigue tellement chez nous nous risquons de la perdre, parce qu´au rythme où nous allons nous risquons de perdre la Mauritanie.

Par Hindou Mint Aïnina

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NOTES
: Article publié pour la première fois dans “Mauritanie- Demain” du 13-19 novembre 1991, republié sur FLAMBEAU- Journal des FLAM, numéro 05 du mars 1992.

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