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Enrôlement sur les registres de population : Des méthodes peu orthodoxes … pour des besoins électoralistes
Face à la lenteur des retraits des nouvelles pièces d’identité nationale qui s’accumulent au niveau des centres, l’Agence nationale chargée des registres des populations et des titres sécurisés a trouvé un subterfuge peu orthodoxe
Désormais, tout citoyen âgé de moins de 45 ans ne peut plus se faire enrôler s’il ne présente la photocopie des cartes d’identité de ses deux parents. L’objectif est de pousser les 1.935.420 déjà inscrits à retirer leurs pièces… Certainement pour permettre la tenue des élections législatives et communales dans les plus brefs délais. Jusque-là le retard pris dans ces retraits est lié à l’incapacité des Mauritaniens à s’acquitter de la taxe de 1.000 UM requise pour l’obtention de la pièce d’identité.
Plusieurs voix se sont élevées pour demander la gratuité de l’acte, comme ce fut le cas pour les étrangers. Ces derniers ont été soumis à l’entame de l’opération à une dîme de 30.000 UM par tête, avant que la décision ne soit annulée au bout de plusieurs mois. La plupart des Mauritaniens, de faibles revenus, comptaient ainsi sur les campagnes électorales pour obtenir des facilités, étant entendu que plusieurs partis politiques sont prêts, à de pareilles occasions, à payer à la place des électeurs dont le vote leur est assuré.
En exigeant aujourd’hui cette formalité draconienne, il est à craindre que des ralentissements s’en suivent au niveau des centres d’enrôlement, dans une sorte de cercle fermé du “cause à l’effet”. Les jeunes ne pourront pas se faire recenser parce que leurs parents n’ont pas de quoi acheter une carte d’identité et l’Etat ne pourra pas organiser des élections parce que tout le monde ne dispose pas de pièces. L’impression enfin est que l’enrôlement subit les contrecoups d’une improvisation qui l’accompagne depuis sa conception. Aucune norme juridique ne semble sous-tendre son action qui se déroule à vau-l’eau, selon les honneurs de son chef d’orchestre adjoint, un parfait inconnu parmi les PNP, qui a l’honneur de coiffer une superstructure qui n’a de compte à rendre qu’au Président de la République.
Mali: Ansar Dine renonce à cesser les hostilités
Ansar Dine, l’un des groupes islamistes armés occupant le nord du Mali, “décide de retirer l’offre de cessation des hostilités” faite en décembre à Alger, a annoncé son chef, Iyad Ag Ghaly dans un communiqué publié jeudi par l’agence privée mauritanienne Sahara Médias.
“Ansar Dine décide de retirer l’offre de cessation des hostilités concomitamment avec les négociations menées à Ouagadougou” autour du président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur pour l’Afrique de l’Ouest dans la crise malienne, a déclaré Iyad Ag Ghaly dans ce texte.
Le 21 décembre à Alger, Ansar Dine et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, rébellion touareg) s’étaient dits prêts à cesser les hostilités au Mali et à négocier avec les autorités, au lendemain du feu vert du Conseil de sécurité de l’ONU pour l’envoi d’une force internationale pour chasser les jihadistes occupant le nord du pays.
Dans son communiqué, Iyad Ag Ghaly a accusé le gouvernement malien “de mépriser cette offre à laquelle il n’a jamais répondu positivement”, alors que cette proposition a été “arrachée” par des intermédiaires au terme de “rudes négociations”.
Il s’est dit toutefois disponible pour “l’ouverture de nouvelles négociations même si (Ansar Dine) n’a jamais décelé une volonté réciproque chez l’autre partie”, en référence au gouvernement malien.
Selon lui, Bamako “mène une campagne sans précédent” et “recrute des mercenaires” pour écraser les populations du nord du Mali, dans une allusion à l’intervention militaire en préparation.
Le 20 décembre, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution approuvant le déploiement d’une force armée internationale au Mali pour déloger les islamistes armés, sans préciser de calendrier. L’ONU a toutefois indiqué que ce déploiement était programmé par étapes, et a appelé les autorités maliennes au dialogue avec les groupes armés rejetant le terrorisme et la partition du Mali.
Le communiqué d’Iyad Ag Ghaly est publié deux jours après qu’une délégation d’Ansar Dine a remis au président burkinabè à Ouagadougou une “plateforme politique”, selon une source proche du médiateur burkinabè. Le contenu de ce document n’a pas été révélé, pas plus que la composition de la délégation, qui a quitté le jour même (mardi) le Burkina Faso.
Ansar Dine est l’un des groupes islamistes armés dominant le nord du Mali depuis juin, avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), tous prônant l’application de la charia (loi islamique) au nom de laquelle ils commettent diverses exactions dans leurs zones d’influence.
Polémique stérile orchestrée par les services secrets marocains autour de la visite d’Abdallahi Baha
Monsieur Abdallahi Baha, ministre d’Etat dans le gouvernement marocain actuel, vient d’accomplir une visite en Mauritanie, pour assister au deuxième congrès du parti Tawassoul («Frères musulmans » locaux). Au cours de sa visite, le ministre marocain était accompagné de trois responsables de son parti, dont deux femmes.
Le ministre marocain a été salué, à son arrivée à l’aéroport de Nouakchott, par le ministre d’Etat, Monsieur Ahmed Ould Bahya, au nom du gouvernement mauritanien. Une voiture du protocole mauritanien a conduit les deux ministres vers le lieu de résidence de l’hôte marocain. Cette voiture, son chauffeur et un agent du protocole, sont restés à la disposition de l’hôte marocain, jusqu’à son départ de Nouakchott. Il est vrai que contrairement aux autres visiteurs, l’hôte marocain, n’avait exprimé, ni par écrit, ni oralement, son souhait de rendre une visite de courtoisie, aux autorités du pays où il séjournait.
Si l’on ajoute à ce qui précède que l’hôte marocain venait en Mauritanie, pour assister au congrès d’un parti d’opposition sectaire Tawassoul, dont le Président n’a totalisé que 4,76% des voix, lors des dernières élections présidentielles, l’on comprend que la presse marocaine proche des services secrets de ce pays, tel «Es-Sabah», des 27 et 29 Décembre 2012, aurait mieux fait de chercher un alibi plus convainquant pour donner un coup de griffe aux relations fraternelles qu’entretiennent les peuples mauritanien et marocain. Car se déplacer pour assister au congrès d’un parti d’opposition marginal et oublier de saluer les autorités officielles du pays où l’on se rend, relève, de la part de cette délégation marocaine de haut rang, d’un comportement inapproprié et nonchalant, que du reste, seule cette délégation a osé commettre. Les autres visiteurs de marque ont exprimé par écrit ou de vive voix, leur souhait de rendre une visite de courtoisie aux hautes autorités du pays et ont accompli cette formalité de savoir-vivre…
En Mauritanie, nous n’avons pas à nous exprimer sur la manière dont le Maroc frère choisit ses ministres, mais l’interview accordée par le Ministre d’Etat marocain, Monsieur Abdalla Baha, lors de sa visite à Nouakchott, à l’organe officieux de Tawassoul, «Alakhbar», dans laquelle il évoque l’expression «Sahabatou Sayv» (nuage d’été), au sujet des relations mauritano-marocaines actuelles, dénote, encore une fois, d’un comportement inapproprié de la part d’un visiteur de haut rang ; la réserve aurait été mieux appréciée de ce côté-ci des frontières…
Les amalgames d’une certaine presse marocaine, proche des services secrets de ce pays, au sujet de la visite du responsable des relations extérieures de la RASD à Nouakchott, font l’impasse sur l’essentiel, en omettant de rappeler qu’il s’agit d’un émissaire d’un chef d’Etat dont le pays est reconnu par l’Union africaine et qu’il était de surcroît porteur de message. Sur ce dossier épineux du Sahara occidental, il est curieux que certains acteurs régionaux peinent à assimiler la position de la Mauritanie, bâtie sur deux piliers: une stricte neutralité et une volonté sincère d’aider les parties en conflit à trouver un terrain d’entente.
Il serait malheureux que ces acteurs, incapables de contribuer à mettre fin à une impasse de cette ampleur, se complaisent dans l’irresponsabilité, en dénigrant régulièrement la Mauritanie. Naturellement, la Mauritanie poursuit, dans la sous-région et au-delà, une politique, sans exclusive, que lui dictent sa sécurité, la préservation de ses intérêts vitaux et la concorde sous-régionale.
Source: Noorinfo
Nouadhibou : Limogeage du chef du centre d’enregistrement des étrangers
Selon une source informée, le chef du centre d’enrôlement des étrangers à Nouadhibou, Ahmed Cherif a été limogé et remplacé, jeudi dernier, par Brahim Sougoufara.
Le premier n’a exercé ses fonctions que durant moins de deux semaines, après avoir remplacé l’ancien chef de centre Saad Ould Momma muté au centre d’enrôlement numéro I da la capitale économique.
Selon cette source, Ahmed Chérif a été limogé après l’arrestation d’un homme pour avoir vendu des titres de séjours à des étrangers.
Et cette source d’ajouter qu’Ahmed Chérif a du amené avec lui , à partir de Sebkha, un certain M’Barek Ould Said qui aurait servi d’intermédiaire pour des facilitations d’acquisition de titre de séjours par des étrangers contre le payement de 15 mille ouguiyas et ce après l’annonce par les pouvoirs publics de la gratuité de cette opération. Ce qui, conclut cette source, a été à l’origine de l’augmentation notoire de déplacements de personnes entre la Mauritanie et le Maroc durant les deux dernières semaines.
Source: ANI
Panafricanisme/Justice belge : Qui a tué Patrice Lumumba ?
Le 17 janvier 1961, l’ancien Premier ministre congolais Patrice Lumumba était assassiné. Une mort tragique orchestrée depuis Léopoldville, Bruxelles et Washington. Et sur laquelle la justice belge a récemment décidé d’enquêter.

Le dernier jour de sa vie, le 17 janvier 1961, ses bourreaux sont d’une cruauté indicible. Dans le DC-4 qui l’emmène de Moanda à Élisabethville (Lubumbashi), ses gardes congolais sont imbibés de whisky. Ils le frappent si fort, à coups de pied, à coups de crosse, que le commandant de bord belge leur fait remarquer que des mouvements aussi brusques menacent la sécurité de l’avion. À l’atterrissage, avec ses deux compagnons de supplice (Joseph Okito et Maurice Mpolo), il est encore roué de coups. Un sous-officier belge participe au lynchage. Dans la villa où ils sont gardés avant leur assassinat, plusieurs ministres du gouvernement katangais s’y mettent à leur tour. « Le costume de Moïse Tshombe [président autoproclamé du Katanga, NDLR] était tâché de sang », dira le lendemain son chef de cabinet. À 23 heures, c’est l’exécution. Dans une clairière, un capitaine belge commande le peloton, composé de quatre Congolais. Tshombe est là, avec ses ministres. Et, comme si cela ne suffisait pas, quelques jours après la rafale mortelle, les corps des trois suppliciés sont découpés et dissous dans un fût d’acide sulfurique par deux policiers belges. Le degré zéro de l’humanité.
À l’origine de cette cruauté, la peur qui s’est emparée des Blancs du Congo. Pourquoi ce sous-officier belge frappe-t-il Lumumba, ce 17 janvier 1961 ? Parce qu’il veut « venger » les femmes blanches violées six mois plus tôt à Thysville (aujourd’hui Mbanza-Ngungu), à 150 km au sud-ouest de Léopoldville. Dans le Congo de l’époque vivent plusieurs dizaines de milliers d’Européens, des Belges pour la plupart. Comme l’Algérie, comme l’Afrique du Sud, le Congo est une colonie de peuplement. La presse anglo-saxonne compare volontiers ce pays au régime d’apartheid d’Afrique du Sud. Chez les ultras belges du Katanga, le colonel Massu, le chef des parachutistes français d’Alger, est un héros. « Ce que fut le Congo belge est devenu un chaos », a lancé Baudouin, le roi des Belges, trois semaines après l’indépendance, le 21 juillet 1960. Et pour lui, l’homme du chaos, c’est Lumumba. En septembre, le Parlement belge a voté des fonds secrets pour financer le camp anti-Lumumba. À la tête de l’Opération des Nations unies au Congo (Onuc), l’Américain Andrew Cordier a confié à l’un de ses proches : « Nkrumah est le Mussolini d’Afrique, et Lumumba son petit Hitler. » Et le numéro un des services secrets belges à Léopoldville, le colonel Marlière, qui appelle Lumumba Satan dans ses messages codés, a affirmé : « Cet homme doit être supprimé, c’est une oeuvre de salubrité publique. »
Racisme
Diabolique
Un jour, Lumumba a dit : « Si je meurs demain, ce sera parce qu’un Blanc aura armé un Noir. » C’est après la pénible scène de son arrestation, en décembre 1960, que les Belges et les Américains conçoivent ce plan diabolique : faire éliminer Lumumba par ses frères congolais. À Léopoldville ? Non. Mobutu lui-même est réticent. Il a été très proche du leader du Mouvement national congolais (MNC). Il connaît son charisme au Congo et sur tout le continent – en 1958, lors d’une conférence à Accra, Lumumba a fraternisé avec Nasser, Nkrumah et Sékou Touré. Rusé, Mobutu sait que, s’il porte la responsabilité directe de la mort de Lumumba, il le paiera un jour. Par ailleurs, le 24 novembre, les Nations unies ont reconnu le gouvernement de Kasa-Vubu aux dépens de celui de Lumumba (53 voix contre 24). Pour les Occidentaux, ce n’est pas le moment de mettre un assassinat politique sur le dos de leur ami Kasa-Vubu. Son régime est trop fragile. Reste la solution katangaise. En juillet 1960, la province cuprifère du sud du Congo a proclamé son indépendance. Moïse Tshombe préside, mais les Belges gouvernent. Tshombe a toutes les raisons de vouloir éliminer Lumumba, mais, comme Mobutu, il devine que le prix à payer sera très lourd. D’abord pour sa chère province. Fini l’espoir de la reconnaissance internationale d’un Katanga indépendant. Ensuite pour lui-même. Et il n’a pas tort : dès que le Front de libération nationale (FLN) prendra le pouvoir à Alger, il poursuivra Tshombe de sa haine vengeresse, lui qu’il tient en partie pour responsable de la mort de Lumumba. En juin 1967, le président Boumédiène fera détourner son avion au-dessus des Baléares, et l’enfermera dans un cachot où il mourra deux ans plus tard, officiellement d’une « crise cardiaque ».
En 1960, Tshombe pressent-il tout cela ? Ce qui est sûr, c’est que jusqu’à la mi-janvier 1961, ses tuteurs belges d’Élisabethville et lui-même ont fait savoir à Bruxelles qu’ils ne voulaient pas recevoir le « cadeau empoisonné » Lumumba.
Le 13 janvier 1961, tout s’emballe. Une mutinerie éclate au camp militaire de Thysville, où Lumumba est enfermé depuis six semaines. Du fond de son cachot, le tribun nationaliste a retourné une partie de ses geôliers. Panique chez les Blancs de Léopoldville. Mobutu et Victor Nendaka, le directeur de la Sûreté, un dur, réquisitionnent Kasa-Vubu et s’envolent pour Thysville, où ils rétablissent la situation in extremis, avec des liasses de billets. Mais le chef du camp, le colonel Bobozo, un Ngbandi comme Mobutu, dit à celui-ci : « Si une nouvelle mutinerie éclate, je ne pourrai plus garder Lumumba en prison. »
Aussitôt, le scénario katangais est enclenché. Le 16 janvier au matin, un télex de Bruxelles intime l’ordre à Élisabethville de recevoir le prisonnier. Vu les propos publics des ministres de Tshombe (« S’il vient chez nous, nous le tuerons »), aucun doute n’est permis sur le sort qui attend Lumumba. Ce jour-là, le Premier ministre belge, Gaston Eyskens, et Mobutu décident de sang-froid la mort de Lumumba, avec la bénédiction de Dwight Eisenhower. Un crime d’État et, pour les Congolais, le premier pas d’une longue descente aux enfers.
Christophe Boisbouvier
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