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Dialogue politique : Un si long chemin….
Donné pour imminent il y a quelques mois déjà, le lancement des concertations politiques nationales entre la majorité et l’opposition tarde à démarrer. Les vacances estivales y seraient pour quelque chose, semble-t-il. Beaucoup de leaders politiques avaient choisi de fuir Nouakchott et sa fournaise pour humer l’air humide de l’été à l’intérieur du pays et à l’étranger. Une espèce de temps de réflexion pour les uns et les autres avant le moment décisif.
Préparation
Pour en arriver là, une première étape doit être franchie. Il s’agit en premier lieu de mettre en place une commission chargée de préparer le dialogue ou les concertations. Un sacré défi en ce qu’il faut d’abord convenir de sa composition et de sa mission. S’agira-t-il d’une commission interparlementaire pouvoir-opposition, à l’image du cadre de concertation des partis représentés à l’Assemblée nationale mis en place lors de l’apparition de la pandémie COVID ? Ou bien d’un cadre choisi par le gouvernement, en concertation avec les partis politiques et, peut-être, la Société civile ? Dans l’un comme dans l’autre, les négociations risquent fort d’être serrées : aucune chapelle politique n’entend être tenue à l’écart de ladite commission, toutes voudront même la contrôler. S’il tient à des assises inclusives crédibles, le pouvoir devra donc ménager la monture et trouver un consensus, au risque de déplaire à divers de ses soutiens. Pour cela, il doit éviter d’user d’« une certaine » société civile spécialisée à noyer les structures et polluer les débats. Les partis politiques de l’opposition qui avaient choisi de rester en marge des discussions, comme Tawassoul et AJD/MR dont le leader Ibrahima Sarr avait été reçu par le président Ghazwani, doivent y être par contre intégrés : Tawassoul est le leader de l’Opposition démocratique et pèse lourdement dans l’arène politique ; quant à l’AJD/MR, il siège lui aussi à la Chambre des représentants du peuple.
Compétences
Une fois cette étape franchie, il faudra définir les compétences de la commission, arrêter les thématiques dont l’essentiel est déjà consigné dans la feuille de route concoctée par une forte majorité des partis de la majorité et de l’opposition. Mais il faudra tout de même ouvrir cette feuille à d’autres propositions ou contributions d’acteurs n’ayant pas pris part aux premières rencontres : l’enjeu n’est-il pas de rebâtir un pacte républicain ? Les dirigeants du pays, leurs clients et profiteurs ne peuvent continuer à dire : « circulez, y a rien à voir ! ». Tous les acteurs politiques reconnaissent que la Mauritanie est malade de son unité nationale, qu’elle doit cesser d’entretenir le sentiment de nombre de ses citoyens d’être marginalisés, voire carrément étrangers en leur propre pays. Les efforts déployés par le principal parti de la majorité à trouver des voies et moyens de renforcer l’unité nationale et la cohésion sociale ne doivent pas rester improductifs. L’UPR a organisé des séminaires, ateliers pour peaufiner sa contribution aux concertations, le gouvernement doit écouter son soutien principal au Parlement mais les nominations et recrutements que celui-là a jusqu’ici effectués ne vont pas dans ce sens.
Suivi et mise en œuvre
Après cette deuxième étape, les parties doivent établir un chronogramme puis un mécanisme de mise en œuvre des recommandations. Le premier permet de définir le calendrier des travaux et la manière dont ils vont se dérouler. Sur ce point, les acteurs auront à aménager le temps en tenant justement compte de la mise en œuvre des recommandations et, aussi et surtout, des prochaines échéances électorales. Parmi ses probablement nombreux chantiers à lancer, le dialogue devra aboutir à la refondation de certaines structures, notamment la recomposition de la CENI et éventuellement du Conseil Constitutionnel, deux organes essentiels à la bonne tenue des élections. Elle doit également conduire à la modification de l’actuel découpage électoral en vigueur, ce n’est pas rien…
Le mécanisme de suivi et mise en œuvre reste un organisme essentiel. Il faut éviter de sortir de ce dialogue, comme par le passé, avec de belles résolutions uniquement destinées à dormir dans les tiroirs du président de la République et de son gouvernement. On se rappelle ce qu’il advint des résolutions des journées de concertations, lors de la transition 2005-2007 et consorts, dialogues de l’ex-président Ould Abdel Aziz compris. Les partenaires doivent donc se donner les moyens de peser de tout leur poids pour exiger la mise en œuvre effective de leurs recommandations. Faute de quoi, ils donneront raison à ceux croient dur comme fer que le dialogue n’est pas une panacée, seule compte, à leurs yeux, la volonté politique au sommet de l’État. Réelle ou simulée ? De fait, a-t-on jamais vu quelqu’un scier la branche sur laquelle il est assis ? Mais, au final, simuler ne serait-elle pas la plus efficace des scies à cette fin ?
Dalay Lam
le calame
Bouleibabs : la Mauritanie doit rester cette terre où les hommes se parlent avec sincérité et sérénité
Bs Bouleiba – Après une brève carrière dans les grands groupes français installés en Mauritanie, j’ai commencé très jeune à servir sous la première République. Feu le Président Moktar et l’ensemble de ses coéquipiers sont des serviteurs de l’Etat au vrai sens du mot.
Croiser ces hommes patriotes, vertueux, travailler sous leurs ordres, est une chance et une expérience qui vous marque à vie. RahmeWeElghouvrane, WeJenetouRidouaneà ceux qui nous ont quittés et longue vie à ceux qui sont encore parmi nous. Le Président de la République Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, sera le Premier de nos Chefs d’Etat à leur rendre un hommage posthume bien mérité.
Cet hommage prononcé lors de la dernière fête de l’indépendance a eu une grande résonnance chez beaucoup de Mauritaniens.
Hier,
« Faisons ensemble la patrie mauritanienne »
Cette mythique phrase du premier discours de Feu le futur Président Moktar Ould Daddah à Atar en 1957, est devenue pour lui et ses coéquipiers une philosophie de pouvoir basée sur la concertation entre mauritaniens et à laquelle ils feront souvent recours.
Feu Me Moktar Ould Daddah a été désigné le 20 mai 1957 comme Premier Ministre puisque le parti dont il est issu, l’UPM, était majoritaire au sein de l’assemblée territoriale. Il aura avec son équipe de pères-bâtisseurs à affronter tous les grands défis qui se posent au pays.
Atar où se trouve installée une grande base française était une ville moderne avec toutes les commodités. Elle était aussi le centre politique où tous les partisde l’époque menaient toutes leurs activités jusqu’à l’indépendance. Apres ce discours mythique, le Premier ministre venait souvent avec son équipe à Atar pour se concerter avec tout le spectre politique sur les défis auxquels été confronté le pays. Il recevait tous les acteurs partisans ou opposants, les cheikhs, les chefs traditionnels et les fonctionnaires toutes catégories confondues.
-Le premier défi : Une idée du partage du pays née dans les années 50 faisait encore son chemin dans l’esprit et les comportements de quelques responsables politiques des Etats voisins.
-Le deuxième défi : Comment réunir tous les mauritaniens dans un grand congrès premier du genre pour définir leur avenir commun et se connaitre -Troisième défi : faire le maximum de consultations surtout au niveau des partis et des régions pour que les mauritaniens viennent unis à la date de l’indépendance.
L’équipe des pères-bâtisseurs grâce à sa foi inébranlable en le destin de son futur pays et consciente des dangers qui guettent l’enfantement difficile du futur Etat, viendra à bout de ces trois grands défis :
-Avant son retour au pouvoir en 1958, le Général De Gaulle avait fait un séjour en Mauritanie au cours duquel, il a rencontré beaucoup de personnalités. Il exprimera ses sentiments plus tard, quand il reviendra aux affaires : « ce peuple fier et qui incarne la dignité personnifiée, est dans son bon droit d’être un Etat souverain dans ses frontières actuelles que nous défendrons ».
-Après les larges consultations entre l’Exécutif, les partis politiques d’opposition et les personnalités indépendantes, il a été décidé de convier tous les mauritaniens à un grand congrès, qui se tiendra le 5 mai 1958 à Aleg.
Le congrès se tiendra dans la maison de feu Marouf Ould Cheikh Abdallahi qui coordonnait le déroulement des activités d’organisation. Tous les mauritaniens dans toute leur diversité seront présents et même des notables du Sahara sous domination espagnole. Pour un coup d’essai, le congrès sera un coup de maitre. Les mauritaniens en sortiront unis, se connaitront mieux les uns les autres et s’entendront sur une plateforme minimale de fondamentaux qui régiront leur future Nation.
-Après des discussions entre l’Exécutif et les partis existants un cadre de concertation sera créé jusqu’à l’indépendance. Une fois l’indépendance acquise l’Exécutif entrera en pourparlers avec tous les partis y compris l’Exécutif de la Nahda qui sortait d’une résidence surveillée. Entre 1960 et 1978 le pays a connu un certain nombre de crises plus ou moins graves. Pour les résoudre la première République a toujours privilégié le recours à la concertation entre les antagonistes. AUJOURDHUI,
Le Président de la République nouvellement élu a commencé très tôt une réelle décrispation de la scène politique, dont nous avions grand besoin. Il a rencontré tout le spectre politique : Chefs de partis, syndicats, société civile, Présidents de conseils régionaux, députés de toutes les wilayas et quelques personnalités indépendantes. Il vient d’appeler tous les acteurs de la vie politique à une concertation nationale sur tous les sujets importants
-Nous venons de réaliser une alternance pacifique au pouvoir, événement qui sous d’autres cieux se fait dans la violence ou dans la rupture de l’ordre constitutionnel.
-Les partis, les syndicats et les associations de la majorité ou de l’opposition continuent leurs activités normalement
-Nos paysans et nos éleveurs sur toute l’étendue de notre immense territoire vaquent à leurs activités sans risque d’être agressés, dépouillés de leurs biens, ou enlevés.
-Nous voyageons en toute sécurité, jour et nuit dans tous coins et recoins de notre pays.
-Nous faisons d’énormes dépenses pour endiguer la terrible pandémie-COVID venue au monde sans crier gare.
-Nous continuons à financer la lutte contre deux autres défis majeurs : la pauvreté et le terrorisme, clés de voûte de notre stratégie de sécurité nationale.
-Nous arrivons à financer l’ensemble des projets retenus dans nos programmes nationaux de développement économique et social. Notre situation économique et financière ne s’est détériorée, elle se tient même assez bien malgré les mauvaises performances du secteur de la pêche qui a toujours été le pilier majeur de notre économie avec son impact bénéfique sur : les emplois, les recettes budgétaires et de devises. Les revenus du secteur de la pêche surtout artisanale irriguent les recoins les plus reculés de notre immense pays. Redynamiser ce secteur vital doit être la priorité des priorités des autorités. Les hausses des prix ont toujours été le ‘’cadeau’’ qu’offrent les importateurs des produits de première nécessité à chaque nouveau gouvernement et à nos populations les plus faibles.
Par expérience, la flambée des prix ne peut être jugulée que par la création d’un organisme régulateur national, exerçant dans les mêmes conditions que les commerçants, comme le faisait l’ancienne SONIMEX, quand elle était bien gérée, ou la reconstitution du « stock national de sécurité alimentaire permanent », que nous avons déjà expérimenté.
Il était logé au CSA pendant quelques années avant de mourir sous les coups de butoirs de nos courageux importateurs de produits de première nécessité. Ce stock national ne rentrait pas dans les opérations normales du CSA. Il n’intervenait que pour réguler les prix des denrées alimentaires de première nécessité.
Si notre situation économique et financière ne s’est pas détériorée c’est parce que notre politique étrangère tous azimuts s’est basée sur le respect, la paix et l’amitié avec tous les peuples. C’est pour cela que les Etats et les institutions internationales nous aident et accèdent à nos quêtes : Dons, financements à taux modérés, remises de dettes, renégociations d’autres. Tous nos frères arabes et en particulier nos frères du Golfe, nos amis traditionnels et alliés, les institutions financières internationales, continentales nous ont tous aidé.
Il y’a déjà quatre siècles, le ministre des finances français le Baron Louis disait : « Faites-moi une bonne politique, je vous ferais de bonnes finances ».
L’équipe chargée de l’économie, de la finance et de la monnaie a une grande maitrise des dossiers nationaux et une grande connaissance des rouages, des règles et des procédures des institutions économiques et financières internationales.
Très vite elle a inventorié l’existant, sérié les priorités et plus difficile refusé les dossiers jugés non prioritaires. Désormais, encenser ou nier une situation financière à un moment donné est devenu un exercice difficile car comme les fake news il peut être démenti tout de suite.
Tous les chiffres nationaux sont accessibles à tout le monde sur les sites des ministères des affaires économiques et de la promotion des secteurs productifs et des finances, de la Banque Centrale, de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International.
Vous pouvez aussi accéder aux opinions des grandes agences internationales de notation sur « le risque Mauritanie ». Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de problèmes et qu’on peut tout se permettre. J’ai juste dit qu’on a amorti les chocs attendus par l’économie du pays, géré au mieux les effets de la crise mondiale, bien maitrisé nos dossiers dans les négociations, et que notre situation économique et financière se porte assez bien, parce que c’est vrai.
De la concertation ou dialogue
Si nous jetons un regard objectif sur tous les défis que se posent au monde : économiques, écologiques, sanitaires et sécuritaires, surtout en Afrique et particulièrement dans notre sous-région, nous devons louer ALLAH pour ce qu’il nous a donné comme PAIX ET UN MINIMUN DE BIEN ETRE. La PAIX est la seule chose que le mauritanien lambda dans tous les coins et recoins du pays loue dans tous les instants de sa vie.
SANS PAIX, il n’y pas de vie pour qui que ce soit ou pour faire quoi que ce soit. Un dicton mauritanien dit à juste titre : « On ne mesure la saveur de la paix que quand on l’a perdue ». Elle est un don D’ALLAH qu’il faut consolider constamment car sans elle rien de solide et pérenne ne peut être accompli. La grande vertu de la concertation ou le dialogue, c’est qu’il consolide la paix, renforce l’unité du pays.
Ce pays a été formaté par la pratique séculaire du rite Malékite-Sunnite, voie par excellence du juste milieu en Islam. Cette pratique est fondée sur la mesure, la tolérance en toutes circonstances, le respect des autres, le respect de la parole donnée, le règlement des problèmes par les voies pacifiques et le consensus. Ce corpus a rythmé toute notre vie de musulmans et est toujours d’actualité.
Je lis dans la presse que les acteurs politiques ne sont pas tous unanimes sur la concertation en gestation. Quel que soit leur bord, les hommes politiques doivent :
-Savoir que la paix des cœurs est une nécessité vitale pour s’entendre quel que soit le sujet abordé, elle évacue les rancœurs et introduit la sérénité et la raison.
-Prendre leurs décisions en fonction de la situation internationale et surtout celle qui prévaut dans leur propre pays.
-Admettre que la politique est l’art du possible et que l’art du possible n’est pas synonyme de compromission mais de raison.
-Respecter « les humanités de la politique » qui doivent normalement épouser nos conventions sociales dans les paroles et les actions
-Être un homme politique, c’est respecter un mandat confié par une partie du peuple pour défendre ses exigences de bien-être et de justice, c’est une noble mission et doit le rester.
-Faire de la politique, c’est aussi laisser de côté son ego et pouvoir à tout moment discuter avec les autres, faire des concessions sur certaines questions et gagner sur d’autres. Il n’y a pas de droits d’auteurs imprescriptibles quand il s’agit de se concerter ou dialoguer sur le destin de sa patrie.
Notre pays est né congénitalement fragile. Toutes les générations ont tenté autant qu’elles peuvent de colmater les lézardes qui lui ont été portées à un moment ou un autre de son histoire. Nous devons éviter tout ce qui est de nature à lui porter d’autres dans cette période de turbulences planétaires de tous ordres.
Je ne suis pas un acteur politique mais j’aime intensément cette terre. Je souhaite voir les efforts de tous les mauritaniens s’additionner et non de se soustraire. Contribuer à faire une Mauritanie unie et en paix est un acte hautement civique et patriotique.
Septembre 2021,
Brahim Salem Ould Elmoctar Ould Sambe “dit Ould Bouleiba”
Mauritanie : le huitième anniversaire des FPC à Nouakchott sous le signe de la longue marche vers la liberté
Le 24 septembre 2013 marque une date importante dans l’évolution politique des Forces de Libération africaine de Mauritanie ( FLAM) qui deviennent des forces du changement ( FPC) avec le retour à Nouakchott deux de ses combattants les plus connus : Samba Thiam et Kaaw Touré.
Après 27 ans d’exil aux Etats-Unis, Samba Thiam le chef historique et président des FPC et Kaaw Touré en Suède et porte-parole sont rentrés au bercail. De la lutte armée aux FPC, une nouvelle page de l’histoire s’ouvre pour les deux combattants de la liberté en quête de reconnaissance du nouveau parti toujours diabolisé par le pouvoir en place. Le 24 septembre 2013 est une date importante pour tous les négro-mauritaniens opprimés et qui compte dans l’histoire du mouvement qui n’est pas encore écrite et que les générations à venir sont appelées à faire. Depuis ce retour triomphal à Nouakchott, les FPC se sont bien implantés dans la capitale et dans les régions notamment du Sud où les citoyens ont voté massivement en faveur du candidat de la CVE lors de la dernière présidentielle. L’ancien prisonnier du mouroir de Oualata et le plus jeune prisonnier mauritanien font partie aujourd’hui de l’opposition contre le système, écoutée par la classe politique toutes tendances confondues. Le 24 septembre est donc un anniversaire pas comme les autres. Huit ans déjà, ce n’est pas rien dans la longue marche vers la liberté.
Yaya Cherif Kane- Journaliste Rouen- France.
CONTRIBUTION: IL NOUS FAUT UN VASTE MOUVEMENT D’ENSEMBLE! Par Samba Thiam
On rapporte ces derniers temps que le ministre de l’Urbanisme et de l’habitat ,en application d’un plan nouveau de réorganisation de la ville de Nouakchott, seraitt entrain de démolir des constructions établies sur des espaces squattés . On le dit résolu à mener les choses jusqu’au bout …En a-t-il les moyens, c’est-à- dire le laissera-t-on faire ? On se souvient que le ministre de la santé- Nedhirou – plein d’énergie et de bonne volonté, s’ était essayé à redresser le secteur de la sante…Les lobbies , à l’œuvre , ont eu raison de l’homme au bout du compte .
J’observe que d’autres ministres, isolément, tentent de lutter ,à leur manière , pour redresser les choses mais, à mon avis, c’est peine perdu , hélas ! Parcequ’ils s’y prennent par le mauvais bout et ne comprennent pas que c’est tout l’appareil administratif qui est atteint, miné en entier… Ils ne comprennent pas que , il eùt fallu , pour que tout se redressât en même temps, un vaste mouvement d’ensemble , impulsé d’en haut, car la pagaille est partout installée …Il en va ainsi du secteur de la santé où les médecins entretiennent une confusion entre leurs cliniques privées et le temps de travail dévolu au service public ; confusion également entre métier de pharmacien et celui de commerçant depuis ould Dey ; mentalité d’épicier dirait Gemal . Dans la Fonction publique foisonnent de faux diplômes –chose reconnue de tous – auxquels pourtant aucun ministre n’ose s’attaquer, pour avoir les mains liées ; Ba Coumba en avait fait les frais ,on s’en souvient…
Si nous prenons l’Education nationale –à deux vitesses- les Ecoles publiques sont désertées par les Enseignants du public au profit des Ecoles privées pour de l’argent extra , exactement comme pour le corps médical qui se rue vers les cliniques privées ! Les Examens et Concours sont objets de gestion népotique et clienteliste flagrante connue de tous . IL n’y a plus personne dans les bureaux… pour toute prestations de service de droit , si l’on a encore de la chance à trouver un interlocuteur, il faut ramper à défaut de casquer . 3000 dossiers du foncier dorment dans les tiroirs des juges ,à cause de toutes sortes de trafic au service des domaines et des prefectures . Je n’ai pas évoqué l’Armée dans son ensemble, ni les sociétés comme la Sonelec , la Snde , nos centres d’Etat civil…
Un des signes cliniques des plus visibles et des plus caractéristiques de ce désordre général, partout installé, s’observe dans la circulation . Pas de ronds points , pas de respect de la droite , pas de visite technique et brûler des feux rouges est devenu presque la norme… En pleine circulation vous voyez une montagne avancer vers vous , c’est une Khaima ou une baraque ; vous observez des chargements de fers à construction déborder sur les flancs des voitures, mettant tout le monde en danger , ou des mendiants en plein milieu de chaussée, sans que rien de tout ça ne gêne plus personne…
Si je devais parler au ministre de l’habitat , je lui dirais allez -y molo…Non seulement vous perdez votre temps , mais en plus vous risquez des ennuis…Parceque notre pays on n’aime pas les hommes qui cherchent à bien faire , qui soient consciencieux …Nos lois sont faites pour quelques jours , au plus pour quelques semaines… Chez nous il n’y a pas de suivi , il n’y a pas de contrôle , il n’y a pas de sanctions ! la loi c’est pour les autres , trait de mentalité bedouine…
Comprendre , encore une fois, que pour que les choses se redressent il faut un vaste mouvement d’ensemble , impulsé d’en haut , soutenu par une volonté politique affirmée de changement ; je n’ai pas ,hélas, le sentiment que c’est le cas…Sans cette condition c’est une partie perdue d’avance dirait feu Yehdih !
Samba Thiam
22 Septembre 2021
L’Appel de Manifestation du Cadre de Concertation des Rescapés Mauritaniens
Répondant á l appel de protestation du Cadre Concertation des Rescapés Mauritaniens en Europe et aux Etats Unis (CCRM-E/USA) contre la nomination du Général Ely Zaid Ould MBareck au poste de chef de la Task Force conjointe pour Bangui, les membres Muritani Min Njejjttaa (MMN) et ses alliés ont organisé une manifestation au siège des Nations Unies á New York où se déroule la 76 eme Session de l’ Assemblée Générale. Selon des sources concordantes et fiables, le Général Ely Zaid est un bourreau responsable de nombreux actes de torture y compris le meurtre du Lieutenant Yaya Sarre. Par conséquent, les rescapés et les familles des victimes estiment que Général Zaid est moralement et légalement inapte à servir les Nations Unies dont la mission est de promouvoir la paix, la sécurité, les droits de l’homme et l’état de droit. Il est á rappeler que ses actes de tortures s’inscrivent dans le cadre d’ une tentative de génocide planifié par le gouvernement Mauritanien, qui est plus préoccupé par la protection des préparateurs comme l’ atteste la loi d’amnistie n° 93-23 du 14 juin 1993, que de respecter le droit á la justice des victimes. A travers le Général Zaid, notre protestation vise tous ceux qui sont couverts cette loi scélérate. Les rescapés et les victimes des familles ont vécu l’annonce de la nomination du General Zaid comme une onde de choque “qui nous a fait revivre les premières heures de notre souffrance en tant que veuves terrifiées par les exécutions sauvages de nos maris,” a émotionnellement fait remarquer Aissata Niang, Présidente de MMN. Ce sentiment a été renforcé par le poignant témoignage du Lieutenant Mansour Kane, rescapé de torture, qui a vécu dans son âme et sa chair ces traitements inhumains et dégradants.C’ est pourquoi, dès que les victimes ont appris la nouvelle de sa nomination, leur réaction a été immédiate. Elles ont alerté les services compétents au sein de l’ONU dont le bureau du Haut-commissariat aux Droits de l’Homme des Nations Unies à Nouakchott qui a contacté des rescapés pour collecter leurs témoignages. Sur cette base, nous nous attendions au moins, à ce que la nomination soit au moins ajournée dans l’attente d’une enquête de moralité.Quelle ne fut pas notre déception lorsque nous apprîmes la confirmation de sa nomination à travers des images choquantes dans les media. Cela a ravivé la peine des survivants qui font face à des cicatrices psychologiques et physiques indélébiles, comme un couteau double tranchant remué dans une plaie. Alors maintenir sa nomination sans tenir dûment compte de tels témoignages reviendrait purement et simplement à soutenir le bourreau contre ses victimes, et de choisir la politique au détriment des droits de l’homme. Cela va être un mauvais précédent qui sapera inévitablement la foi des gens dans la mission des Nations Unies. Considérant le poids écrasant des témoignages, nous espérons que, comme les affaires précédentes, il est impératif que les services compétents de l’ONU fassent les vérifications nécessaires pour découvrir la vérité. Nous gardons espoir que les mesures appropriées seront prises au nom de la justice. La réalisation d’ une telle justice demande les condition suivantes:1. L’annulation de la nomination du Général Ely Zaid Ould MBareck sur la base des allégations sérieuses de violations des droits contre lui.2. L’ abrogation de la loi d’amnistie n° 93-23 du 14 juin 1993 pour protéger les auteurs de ces graves crimes. Et la création d’une commission d’enquête indépendante pour faire lumière sur les crimes commis durant la période 1986 á 1992.3. L’application totale des accords tripartites relatifs au retour organisé des refugies Mauritaniens signé par le Sénégal, la Mauritanie et le Haut Commissariat des Nations Unies. Enfin nous remercions tous ceux qui ont effectué le déplacement pour soutenir cette demande de justice des victimes qui continue d’ être ignorée par le gouvernement. Nos remerciements particuliers á Elinor Pettay, Black Panther Movement Harlem Chapter et á Dr. Michelle James, John Jay College et Criminal Justice pour leur présence hautement appréciée. New York, le 20 Septembre 2021

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