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Les douces « vérités » tardives et troublantes de monsieur Gay El Hadj, ancien adjoint au gouverneur Du Hodh el chargui
Je viens de prendre connaissance de l’intégralité de l’article de monsieur Gay El Hadj relatif aux circonstances de la mort de Ten Youssouf Gueye à Néma le 2 septembre 1988. S’il plaît à Dieu, je reviendrai sur les douces « vérités » bien tardives et combien troublantes de celui qui, sans retenue, se présente aujourd’hui à nous vêtu de ses habits d’indigné. Avec une voix d’un éploré.
Certains lecteurs au fait des choses s’interrogent à juste titre sur les motivations réelles de notre ancien gouverneur adjoint, sorti subitement de 27 ans d’hibernation pour nous exposer, sur un ton dont l’affectation, tellement visible, retire toute crédibilité à ses vérités somnolentes bien tardives.
Avant une réponse exhaustive, exposons les passages suivants de son article. « Ce n’est qu’en avril 2003 que j’ai retrouvé une fonction grâce à l’appui précieux du Général N’Diaga Dieng à l’époque Directeur Général des Douanes, de l’ancien Ministre de l’intérieur Feu Lemrabott Ould Sidi Mahmoud Ould Cheikh Ahmed (Paix à son âme) et de mon ami de toujours l’ambassadeur Hamady Ould Meimou. Quand je me remémore nos conditions de détention j’ai toujours une pensée pour un homme qui été lui aussi un homme de devoir.
Il s’agit du commissaire Mohamed Abdou (Paix à son âme). Durant toute la durée de notre détention il nous a traités avec beaucoup de respect et de dignité. Il a été emporté par la maladie. Il a eu une courte vie (c’était son destin). A chaque fois que je pense à lui ce poème me revient « les montagnes éternelles ne surpassent en rien les roses qui se fanent si vite.
A vrai dire, Boye Alassane Harouna a été injuste avec nous (O toonyii min haa e yeeso Allah). Je dois faire cependant un aveu. Jusqu’à la parution de “J’étais à Oualata” où l’auteur confirme que la tentative du coup d’Etat des officiers négro africain était un fait avéré, j’étais absolument sûr qu’il s’agissait d’un montage un peu comme à la Sékou Touré avec ses éternels complots des Peuls.
Pour moi, les arguments qui étaient donnés à l’époque sur la préparation du coup d’état ne pouvaient convaincre que ceux qui tenaient absolument à être convaincus c’est-à-dire ceux qu’on n’avait pas besoin de convaincre. Avec la confirmation de la véracité de la tentative de coup d’état, n’y a-t-il pas un problème d’une responsabilité écrasante ?
Qui peut contester aujourd’hui que cette tentative à été « une divine surprise » et une aubaine inespérée pour les tenants de la politique chauvine de l’époque en ce qu’elle leur a permis de mettre en œuvre leur programme avec un rythme accéléré à travers la rupture des équilibres certes déjà fragilisés, mais dissuasifs malgré tout (purges dans l’armée, la police, l’administration etc…). »
Les passages ci-dessus contiennent à mon avis quelques indications sur les motivations de monsieur Gay El Hadj :
1) Les conditions privilégiées dans lesquelles il a été réhabilité, selon lui.
2) Quand, comme bien d’autres avant lui, monsieur Gay El Hadj impute la responsabilité ou la cause de l’épuration ethnique et la répression des Négro-mauritaniens dans les années 87, 88, 89, 90 et 1991 aux auteurs du coup d’Etat d’octobre 1987. Que monsieur Gay El Hadj comprenne une fois pour toutes que c’est le racisme d’Etat qui a engendré le manifeste des 19, en 1966, celui du Négro-mauritanien opprimé, en 1986 et le coup d’Etat d’octobre 1987. Autrement dit l’épuration ethnique et les crimes contre l’humanité auraient eu lieu avec ou sans le coup d’Etat d’octobre 1987. Qu’il sache aussi que mes amis et moi, vivants ou morts, revendiquons, et sommes fiers d’avoir tenté le coup d’Etat d’octobre 1987.
Nous reviendrons de manière approfondie sur tout ce qu’a dit monsieur Gay El Hadj.
Boye Alassane Harouna
ocvidh
L’éditorial du calame : Tam-tam
Hassan II avait le sens de la formule. « Conférences tam-tam » : c’est ainsi qu’il n’hésita pas à qualifier, au plus fort de leur vogue, les conférences nationales, devenues mode en Afrique, au début des années 90, en prélude à une démocratisation forcée et imposée par l’ancienne métropole. Il ne croyait pas si bien dire : toutes finirent en fiasco. En Mauritanie, nous n’avons pas eu notre conférence nationale mais ce qui s‘est déroulé, ce dernier lundi, au Palais des congrès, y ressemble étrangement. Une pièce de mauvais goût, flanquée de troubadours, ça donne quoi, selon vous ? Les « Rencontres consultatives préliminaires au dialogue national inclusif » – ça ne s’invente pas – n’ont été qu’une outrageuse exhibition. En l’absence du FNDU et de la CUPAD, pourtant opposition dite « modérée et participante », et en présence des formations politiques dites de la « Majorité », de quelques dissidents de l’opposition et autres partillons-cartables, la messe ne pouvait être dite. Pour dialoguer, il faut être deux et l’entêtement s’est toujours révélé mauvais conseiller. A quoi serviront des recommandations approuvées par un seul camp ? Où nous mènera cet unilatéralisme ? En quoi de nouvelles élections aideront-elles le pays à sortir de la crise, si l’opposition continue à être exclue du jeu politique ? Ce ne sont pas quelques débauchés, en mal de promotion et juste avides de soupe, qui donneront de la crédibilité à des rencontres sur lesquelles personnne ne pariera un ouguiya.
Pour leur donner un cachet populaire – méthode Kagamé ? – l’UPR, PRDS version Aziz, a battu le rappel de ses troupes. Des cars ont été loués, pour transporter des militants ; une tente dressée, devant le Palais des Congrès, pour les abriter. Des centaines d’entre eux ont même eu droit à des cartons d’invitation, pour meubler la salle et combler le vide – béant – laissé par les boycottistes. Sachant pertinemment que l’opposition n’acceptera jamais de participer à un dialogue sans garanties écrites, le pouvoir s’est pourtant entêté à tenir ces assises, coûte que coûte. Pour un résultat nul. Citoyens et partenaires au développement restent persuadés qu’un dialogue inclusif ne peut se tenir sans la participation de tous.
Un autre tam-tam, autrement plus conséquent et lourd de significations, nous parvient de l’autre côté de l’Océan. Du Guatemala, plus précisément, dont le président de la République dort, depuis quatre jours, en prison, suite à un énorme scandale de corruption. Sous la pression de centaines de milliers de citoyens descendus dans la rue, à l’appel de la Société civile, le Parlement a dû lever l’immunité du chef de l’Etat et le procureur signer son ordre d’écrou, tandis qu’était avancée, dans la hâte, la date de l’élection présidentielle.
C’est un humoriste célèbre, version Dieudonné guatémaltèque, qui se retrouve largement en tête du premier tour organisé dimanche. Les citoyens sud-américains ont donc compris qu’il valait mieux en rire qu’en pleurer. Un fol espoir que les soutiens militaires dudit comique se chargeront, peut-être, de réduire à néant. Mais, tout de même, un sacré tam-tam dont nous ferions bien, Mauritaniens, de méditer le sens. Tant qu’il nous reste une bouche, pour dénoncer ou rire, avant de n’avoir plus que nos yeux, pour pleurer…
Ahmed ould Cheikh
le calame
Coup d’envoi des rencontres consultatives pour un dialogue national inclusif
Le Palais des Congrès de Nouakchott a abrité le coup d’envoi des rencontres consultatives préliminaires à un dialogue national inclusif lundi.
La cérémonie d’ouverture de cette manifestation a été présidée par le premier Ministre, Yahya Ould Hademine.
Prennent part à ces journées des partis politiques, des organisations de la société civile, des centrales syndicales et des personnalités indépendantes.
Dans son allocution d’ouverture, le premier Ministre mauritanien a exposé les vertus «d’un dialogue national inclusif bâti sur un référentiel consensuel et des constantes nationales de nature à préserver le pays des tempêtes violentes qui ont secoué et continuent de secouer ailleurs des États qui paraissent solides et bien structurés ». Il a par la suite invité « les élites politiques, économiques, sociales, culturelles et les centrales syndicales à une concertation sincère dans la perspective d’un partenariat pour gérer les affaires publiques et poser les jalons d’un avenir prospère».
Pour sa part, Boydiel Ould Houmeid, député, président du parti El WIAM et président en exercice de la Convention Unie pour une Alternance Pacifique et Démocratie (CUPAD)-une coalition de l’opposition dite modérée- a présenté le dialogue comme unique voie pour faire face aux défis qui interpellent la Mauritanie. Il cependant demandé un report des débats sur le fond en vue de poursuivre les contacts avec toutes les parties pour arriver « à un dialogue véritablement inclusif ».
Quant au Président de l’Union Pour la République (UPR)-principal parti de la majorité, maître Sidi Mohamed Ould Maham, il a rappelé « les nombreux progrès accomplis par la Mauritanie dans le domaine de la construction de l’Etat de droit, de la promotion des libertés collectives et individuelles (notamment le domaine de la presse) et la sécurisation du territoire national contre les attaques terroristes, sous le règne du président Mohamed Ould Abdel Aziz ».
Il a par la suite exprimé la détermination de la majorité « à créer les conditions d’un dialogue national inclusif et sincère ».
Ces rencontres sont boycottées par le Forum National pour la Démocratie et l’Unité (FNDU), un collectif de 17 partis politiques, plusieurs organisations de la société civile, des centrales syndicales et personnalités indépendantes.
Celui-ci rejette une initiative dont le pouvoir est l’unique acteur « qui connait la motivation, l’agenda et les objectifs ».
En cette journée inaugurale, le Centre International des Conférences de Nouakchott (CICN) a été pris d’assaut par un nombreux public, donnant à l’événement les allures d’un rassemblement de l’UPR.
Ainsi, on s’interroge sur l’intelligence et le sens politique dont devraient faire preuve les organisateurs pour corriger cette image partisane et donner une dimension véritablement nationale à cette nouvelle initiative.
le calame
Dar El Barka : l’AAAID renonce aux 3200 hectares
Des représentants des populations de Dar El Barka (Brakna) ont rencontré mardi 08 Septembre le premier ministre Yahya Oulmd Hademine à Nouakchott au sujet des 3200 hectares de terres louées pour usage agricole à l’autorité arabe pour l’investissement et le développement agricole (AAAID).
Le premier ministre a annoncé aux représentants des populations que « l’AAAID lui a notifié par écrit son renoncement au projet d’exploitation de ces terres ». Ce renoncement résulterait de l’hostilité des habitants de la zone.
Les deux habitants de la commune de Dar El Barka qui avaient été arrêtés et détenus à Aleg le 25 août 2015, ont également été libérés ce mardi.
La délégation reçue par le premier ministre était composée de Kane Tidjane, ancien maire de Dar El Barka, Hamahoulah Dia, Ndiaye Ba, sénateur de Boghé et Dai Oumar.
Pour Sarr Mamadou du Fonadh, la libération des habitants de cette commune arrêtés « pour protestation contre l’accaparement de leurs terres » et le renoncement de l’AAAID à exploiter ces terres sont une demie victoire. Le secrétaire général du Fonadh plaide une large concertation sur la question foncière pour prévenir les conflits et favoriser la cohésion sociale.
Rappel : «La Mauritanie et l’autorité arabe pour l’investissement et le développement agricole (AAAID) ont signé, lundi à Nouakchott, une convention au terme de laquelle 3200 hectares de terres agricoles au Brakna seront soumis au bail au profit de l’organisation arabe citée plus haut pour un montant de 500 dollars l’hectare» avait écrit l’AMI (agence mauritanienne d’information) dans une dépêche du 09 avril 2015.
Toujours dans la dépêche de l’AMI, il était : « la convention a été signée, du côté mauritanien par le ministre des finances, M. Moctar Ould Diay et du côté de l’organisation arabe pour l’investissement et le développement agricole par son président, M. Mohamed Ben Abeid El Mezroui. »
(©Cridem / 09 Septembre 2015)
Mauritanie : septembre 86 début de la répression des FLAM à Nouakchott
Les mauritaniens se souviennent encore de ce septembre noir en 86 qui symbolise la répression des militants des FLAM ( Forces de Libération Africaines de Mauritanie) par le régime de Ould Taya pour avoir publié le « Manifeste du négro mauritanien opprimé ».
Les Flamistes dénonçaient la politique d’exclusion des Noirs dans le pays et le caractère raciste de ce régime. Les combattants de la liberté proposaient aussi des solutions à la difficile cohabitation écornée depuis l’indépendance par les différents locataires du palais de Nouakchott. Beaucoup d’entre eux connaîtront les affres des geôles de Oualata et quatre martyrs tomberont sur le champ d’honneur. Les FPC n’oublient pas et nous invitent à commémorer leur mémoire.
Il y’a 29 ans, les FLAM étaient l’épicentre de la politique raciste du régime de Ould Taya quand le mouvement de libération de Mauritanie à peine né publia le « Manifeste du négro mauritanien opprimé ».La suite une répression la plus odieuse contre les militants et notamment les cerveaux qui vont être arrêtés avant d’être transférés à Oualata. Quatre d’entre eux y trouveront la mort sans aucune réaction de l’opinion nationale et internationale. Il s’agit de l’écrivain Tène Youssouph Guèye de l’ancien ministre Tafsir Djigo du lieutenant Abdoul Khoudous Ba et du Maréchal de logis Alassane Oumar. Cette page la plus sombre de l’histoire contemporaine du pays est rappelée aujourd’hui par les FPC ex-FLAM qui entendent alerter l’opinion sur la nécessaire unité nationale et à faire de ce septembre noir un temps fort de réflexion et d’action pour résoudre la cohabitation. Un devoir de mémoire et de justice pour une véritable réconciliation nationale. Le Manifeste de 86 est aujourd’hui d’actualité dans un contexte d’un régime qui suit les traces d’un régime qui n’a apporté que désolation et exclusion au sein de la communauté noire et déporté en 89 plus de 60 000 mauritaniens vers le Sénégal et le Mali. Le régime de Ould Aziz a initié depuis juillet 2009 un génocide biométrique qui continue de « dénégrifier » la Mauritanie. La répression des combattants des droits de l’homme est au cœur de cette politique avec les emprisonnements du président de l’IRA et de son numéro deux et du président de l’Association Kawtal en liberté provisoire pour des raisons de santé. En miroir Ould Aziz nourrit les mêmes méthodes que ses prédécesseurs. Dans ce contexte la Mauritanie déjà affaiblie par des décennies de dictature militaire voit son rôle amoindri de tampon entre le monde arabe et africain. Les FPC le savent aujourd’hui. L’émergence d’une convergence de lutte avec tous les autres mouvements mauritaniens est souhaitable pour résoudre la question nationale.
CHERIF KANE-JOURNALISTE.
CHERIF KANE-JOURNALISTE.



