Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Kaaw Touré, porte-parole des FPC : « Je pense sincèrement qu’il n’y a pas de volonté réelle pour régler la crise politique »

altLe Calame : Nouakchott vient d’abriter le 27eSommet de la Ligue des Etats Arabes(LEA). Quels enseignements tirez-vous en ?

Kaaw Touré : Apparemment, la Mauritanie tenait à organiser, coûte que coûte, cet événement pour prouver son arabité ou, du moins, son ancrage au monde arabe. Tant mieux :au-delà de son aspect nationaliste, réactionnaire et sentimental, nous ne pouvons que nous en féliciter, parce que notre pays a bénéficié, à tout le moins, de diverses infrastructures et investissements. Pour le reste, je n’ai pas encore connaissance des résolutions de leur conclave mais j’ai peur que la montagne n’ait accouché que d’une petite souris. Nous pouvons déjà dire que le Sommet s’est terminé en catimini ou, si vous préférez, en queue de… chameau : ce qui devait durer plusieurs jours a été plié en une petite journée. Que s’est-il passé ? Je ne suis pas aux secrets des rois mais les langues se délieront, tôt ou tard, pour nous dévoiler un tant soit peu de ce micmac diplomatique.

–  Pensez-vous que le nouveau président de la LEA, à savoir Mohamed ould Abdel Aziz, pourrait redorer le blason de cette organisation minée, non seulement, par les divisions de ses membres mais, aussi, par les différents conflits qui les minent eux-mêmes ; je pense, en particulier, à la Libye, la Syrie, la Palestine et l’Irak ?

– Certains parlent déjà d’échec du Sommet. Non pas à cause de son organisation par notre pays mais à celle des conflits de leadership qui minent le monde arabe, depuis des décennies. Il ne fallait pas se faire d’illusions ni s’attendre à des miracles. Notre Président ne pouvait rien faire, malgré sa toute sa bonne volonté. Le blason est assez sale et une demi-journée ne pouvait suffire à la grande lessive. Sans risque d’être contredits, nous pouvons dire que c’est un sommet de plus, avec, probablement, les mêmes résolutions qui ne se focaliseront, jamais, sur de véritables solutions. « Les Arabes ne se sont entendus qu’à ne jamais s’entendre » dit bien la boutade populaire.

– Vous vivez loin du pays mais la tension politique qu’il connaît, depuis 2008, ne vous échappe certainement pas. Que pensez-vous des tentatives de l’opposition et du pouvoir à sortir de cette crise ?

– Sincèrement, je pense plutôt qu’il n’existe aucune réelle volonté à régler cette crise politique, sociale et, même, d’existence qui secoue notre pays. Les acteurs politiques doivent pourtant se surpasser, pour outrepasser l’impasse : il y va de la survie de la Nation. Notre amour pour le pays nous commande à plus d’unité, pour un dialogue sincère entre tous les acteurs politiques et activistes de la Société civile. C’était déjà l’esprit du Manifeste du Négro-mauritanien opprimé de 1986 et c’est notre conviction de toujours.

– Les services du ministère de l’Intérieur ont refusé de reconnaître votre parti, les Forces de Progrès et de Changement (FPC) qui a usé de son droit de recours devant la Cour suprême. Quelles conséquences en avez-vous tirées ?

– Nous constatons l’évidente volonté du pouvoir de museler toutes les forces politiques qui s’opposent frontalement au système et qui refusent de diluer leurs revendications sur la question nationale et sociale. Mais nous refusons d’abdiquer.

– Les FPC militent pour une cohabitation respectueuse des   spécificités des différentes composantes ethniques du pays. Depuis plus d’une année, la question de l’unité nationale fait jaser. Chacun en revendique la paternité. Quel contenu donnez-vous, aux FPC, à ce vocable « unité nationale » ?  

– Si vous revenez sur l’histoire politique de la Mauritanie, nous pouvons dire que les FPC – ex-FLAM – furent les premières à prendre en charge cette question de la cohabitation ou, en parler plus vivant, du vivre-ensemble, que certains nomment, timidement, « question de l’unité nationale ».Cette revendication nous a valu la répression la plus haineuse, la plus cinglante et la plus sanglante, dans l’histoire politique de la Mauritanie. Nous n’en persévérons pas moins dans la lutte, avec le même engagement et la même détermination, pour une Mauritanie plus juste, égalitaire et non raciale. Hier comme aujourd’hui, nous pensons que la Mauritanie ne peut sortir de l’impasse et entamer la bataille du développement sans résoudre, d’abord, le crucial problème de l’unité nationale, facteur de stabilité de notre pays et de toute la sous-région. Mais l’unité ne peut se réaliser, si tous les Mauritaniens ne se reconnaissent pas dans l’Etat mauritanien. L’unité ne peut se construire, si certaines cultures et langues se sentent exclues. L’unité ne peut se faire, sans une justice impartiale. L’unité ne peut s’accomplir, sans la reconnaissance de la citoyenneté, pleine et entière, de toutes les composantes nationales. Enfin, l’unité ne peut réconcilier les gens, sans un débat ouvert à tous et entre tous, sur la question nationale et sociale, à savoir le problème du racisme d’Etat et de l’esclavage, sous toutes ses formes.

Propos recueillis par Dalay Lam

le calame

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Le grand bide du Sommet de la Ligue arabe à Nouakchott

altLe 25 juillet 2016 à Nouakchott, le sommet de la Ligue arabe aura été un échec complet. Un camouflet pour le président mauritanien Aziz, qui espérait redorer son blason avec cette réunion. En froid avec les Américains qui n’ont pas apprécié de découvrir l’accord secret en 2010 du pouvoir mauritanien avec El Qaida, en conflit ouvert avec le voisin marocain et sans désormais un vrai soutien de la France, le pouvoir mauritanien est désormais très isolé. Seule demeure une relation forte avec l’Algérie, en Etat malgré tout en quasi régence, car confronté à d’insolubles problèmes de succession. Très en en retrait, Alger soutient Nouakchott comme la corde soutient le pendu.

Dans ce contexte difficile, le sommet de la Ligue arabe à Nouakchott, le 25 juillet, a vu se multiplier les couacs en tous genres qui ne rehaussent pas l’image deja plombée du régime mauritanien. Voici quelques uns des principaux impairs qui ont marqué la réunion des chefs d’Etat arabe .

Des postures à contre courant. Le Maroc avait peu apprécié d’être remplacé au pied élevé par la Mauritanie, quand sa diplomatie avait renoncé à accueillir la Ligue arabe à Rabat et estimé que l’heure n’était pas venue de réunir les frères arabes désunis. Or le logo du Sommet de la Ligue arabe tel qu’il est apparu à Nouakchott représentait une carte où le territoire marocain avait été amputé du Sahara occidental.

Ce geste fait pour plaire au puissant voisin algérien se paiera au prix cher. En effet, le retour du Maroc dans l’Union africaine risque de marginaliser davantage le président mauritanien Aziz qui n’a pas participé en juillet au Sommet de Kigali. En clair, la Mauritanie soutient la République sahraouie au moment où une majorité d’Etats africains sont prêts à la sacrifier sur l’autel d’une réconciliation avec le Maroc. Mauvaise pioche!

Etait-il habile, de la part du président Aziz, de froisser encore plus la susceptibilité de Rabat? N’était-il pas judicieux pour la diplomatie mauritanienne de rechercher, comme par le passé, à jouer jeu égal entre Rabat et Alger?

L’absantéisme massif. Six chefs d’État arabes seulement sur vingt deux ont participé au Sommet de Nouakchott. Outre l’absence programmée des chefs d’État du Maghreb, les absences du roi d’Arabie Seoudite et du Général Sissi, le président égyptien, ont été plus significatives. Jusqu’à présent, les Séoudiens et les Egyptiens étaient de fidèles alliés du pouvoir mauritanien.

Des soutiens douteux. Les seuls chefs d’Etat présents au sommet de Nouakchott sont les fort controversés puisqu’il s’agit des présidents largement illégitimes du Yémen, des Comores, du Soudan, de Djibouti. Quant à l’émir du du Qatar, un allié de poids de la Mauritanie sur le plan financier, il aura peu apprécié de ne pas être cité dans le discours d’ouverture du président Aziz. Il n’ a passé que trois heures à Nouakchott et de mauvaise humeur.

Des débats écourtés. La réunion qui devait durer deux jours a finalement été terminée au bout de six heures, cérémonies incluses.  Rarement un Sommet ne fut aussi court. Aucun des problèmes importants concernant la sécurité et une Force commune n’a été abordé.

Des conditions d’hébergement spartiates voire indignes. L’intendance n’a pas suivi. Les potentats arabes habitués aux Palaces n’ont guère pu être reçus à Nouakchott dans des conditions qu’ils jugent dignes de leur rang. Les formidables recettes pétrolières et minières de la Mauritanie de 2010 à 2014 n’ont pas été utilisées pour doter la capitltale d’un équipement hôtelier minimum qui soit digne de ce nom.

Du coup, beaucoup de délégations étrangères n’ont passé que la journée à Nouakchott, en préférant se replier sur le Maroc, notamment à Agadir, pour y passer la nuit. Le ministre libanais s’est même ouvertement plaint de cette organisation déficiente. Manifestement, le lait de chamelle pris sous la Rhaima n’était pas la tasse de thé de ces ddiplomates venus du Moyen Orient.

 

Nicolas beau

 

source: le  monde

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L’éditorial du calame : Sommet…

altLe Sommet arabe s’est enfin tenu à Nouakchott. Euréka ! Notre guide éclairé a réussi son pari : recevoir, en grandes pompes, nos « frères » arabes et leur démontrer que nous sommes tout aussi arabes qu’eux, sinon plus. Le vieux complexe de l’arabité des centaines de tribus berbères qui peuplèrent nos contrées a refait surface, encore plus fort. Depuis plus d’un an, radios et télés (aussi bien publiques que privées) n’ont cessé de nous rabâcher les oreilles avec cette arabité dont tout le monde se prévaut désormais. Le temps d’un Sommet. Dont la principale raison était bassement mercantile. La cueillette des fonds a marché à… fond. Surtout pour certains pour qui l’argent a coulé à flots. Certains « bien-nés » ont ainsi tiré leur(s) épingle(s) du jeu et tout raflé sur leur passage.  Qui des lignes blanches, continues ou discontinues, sur les routes nouvellement aménagées, qui la peinture des trottoirs, qui quelques arbustes en bordures de chaussée ou quelques fleurs sur des ronds-points.  Des centaines de millions se sont ainsi évaporés. Comme quoi le Sommet a fait, au moins, quelques heureux. La grande masse, celle dont on fait tout en son nom, pourra tout juste contempler des avenues élargies, les rutilantes voitures de la Gendarmerie, de la Garde ou de la Police qui y ont englouti les ressources qui leur étaient destinées. Ils pourront se dire qu’après tout, ils ont un « bâtisseur » à leur tête. Un homme qui a donné, à « notre » arabité, ses lettres de noblesse. Comme si être arabe était une fin en soi. Il n’y a pourtant pas de quoi être fier. A quoi sert-il d’être arabe, quand vous croupissez dans la misère au moment où vos « frères » planquent des milliards de dollars que les banques occidentales font fructifier ? A quoi sert-il d’être arabe, quand on est incapable de s’entendre ? A quoi sert-il d’être arabe, quand, au moment même où vous prônez l’unité, vous travaillez à semer la haine et la division ? A quoi sert-il d’être arabe, quand on est encore colonisé et incapable de prendre des décisions souveraines ? A quoi sert-il d’être arabe, quand on forme et qu’on arme des terroristes pour tuer ses propres frères arabes ? Dans la hiérarchie des sommets, où se situe donc le sommet arabe ? Il est à craindre, hélas, que ce ne soit pas si loin de celui de la bêtise… Et que celui de Nouakchott ne nous rapproche un peu plus de la Roche Tarpéienne.  

Ahmed Ould Cheikh

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Le sommet de la honte des dirigeants arabes /Par Yahya Ould Amar

altLe dernier sommet de la Ligue arabe s’est tenu le 25 juillet, à Nouakchott, en Mauritanie, en présence de seulement six chefs d’État.

Les dirigeants arabes qui n’ont pas assisté au 27e Sommet de la Ligue arabe, en Mauritanie, parce que l’organisateur est un petit pays pauvre, ont donné à leur peuple et au monde une image désastreuse d’eux-mêmes.

Il est permis de penser que ces dirigeants ne représenteraient leurs pays qu’à la condition qu’ils soient hébergés dans des hôtels 5 étoiles, avec piscine et cuisine de maître.

On est donc loin du sacrifice ultime de leur vie que leurs peuples croient qu’ils feraient sans hésiter pour leurs pays.

Tout le monde sait que la Ligue arabe a toujours été un outil de leadership et de rayonnement pour certains «grands» pays de la région, leur permettant de parler aux noms d’un ensemble de nations sur un espace géographique étendu.

Nul ne doute dans le monde arabe et ailleurs, des divergences des membres de cette Ligue qui n’a jamais, à aucun moment de son histoire, été à la hauteur de l’enjeu du moindre défi auquel la «oumma» (nation) a été confrontée, qu’il s’agisse de menaces, de terrorisme, de règlements de conflits, d’intégration économique, de circulation des biens et des personnes…

Puisque cette Ligue arabe n’a pas de pouvoir supra-étatique, que les divergences entre ses membres et sur son leadership sapent la pertinence de toute décision, seuls quelques pays souscrivant à certaines résolutions les appliquent.

Ce statu-quo d’inaction est entretenu par quelques membres pour plaire aux puissances occidentales afin qu’elles restent les maîtres incontournables du jeu dans la région, excluant de facto tous échanges inter-arabes pouvant créer une zone de prospérité économique viable. Ces mêmes membres n’accepteraient jamais la constitution d’une organisation supranationale pouvant intervenir dans la gestion de leurs pays.

Ainsi la Ligue arabe, depuis sa création, a été maintenue dans un environnement politique fossilisé en dehors des évolutions de l’histoire de notre monde.

Chaque sommet de celle-ci a toujours acté et confirmé son impuissance et donc son inutilité.

Dans ces conditions et à défaut de la mise en place d’une institution de relève, les petits pays ou ceux dont le poids est marginalisé ne doivent plus, sans réelles perspectives sur leurs intérêts, continuer à renforcer les rôles et les influences politique, économique, culturelle et militaire de certains membres.

Pour revenir au dernier sommet et au traitement de mépris réservé à la Mauritanie, les petits pays ou ceux considérés comme tels, peuvent ne plus jouer la solidarité inter-arabe et chercher de nouveaux alliés stratégiques pouvant les aider dans l’obtention de l’assistance technique et financière dont ils ont tant besoin.

Pour être plus clair, personne ne pourrait blâmer après ce sommet de mépris, la Mauritanie si elle rétablirait ses relations diplomatiques avec Israël et qu’elle s’appuierait sur ce nouvel allié pour assurer sa sécurité et sa stabilité.

* Paris, France.

http://kapitalis.com/

le calame

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Alerte!Les policiers arrachent la plaque des FPC

altLe siège des  forces progressistes du changement (FPC), parti fondé sur les cendres des FLAM mais non reconnu par le pouvoir a reçu, ce mardi 26 juillet, vers 14h,  la visite des forces de l’ordre, venues arracher la plaque portant le nom du parti que préside Samba Thiam.

Signalons qu’après son retour d’exil pour mener le combat politique à l’interieur du pays dans la légalité, les ex FLAM ont décidé de muer en un parti politique, dénomé FPC. Les statuts  et règlement intérieur sont déposés, le 18 octobre 2014, sous le numéro 4962. Les responsables du parti attendront huit mois pour se voir notifier le refus du ministère de l’intérieur.

Réagissant au refus, le président  des FPC  déclare, au cours d’un point de presse, la détermination  de sa formation à user de tous moyens légaux  pour entrer dans leur droit que garantit la loi fondamentale du pays. Dans la foulée, la plaque portant le nom du parti est accroché devant le siège. C’est que la police est venue emporter ce mardi.

Saisie, la chambre administrative de la cour suprême  adresse une lettre en date du 3/12/2015 au ministère de l’intérieur. Ce dernier devrait répondre dans un délai n’exécedant pas 30 jours. La Cour suprême attend toujours cette réponse.

La question qu’on se pose aujourd’hui est de savoir, si après IRA, le gouvernement n’est pas  décidé  à  découdre avec les FPC.

 

le calame.

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