Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Une loi américaine inquiète le monde musulman

Une loi américaine inquiète le monde musulmanLa ligue mondiale islamique s’est déclarée inquiète de l’adoption par le sénat américain au nom d’une loi appelée « la loi pour la justice contre les parrains du terrorisme » clairement contraire à la charte des nations unies et les principes du droit international.

Selon la ligue cette loi est contraire aux bases des relations internationales basées sur les principes de l’égalité quant à la souveraineté, l’immunité internationale, le respect réciproque et la non imposition des lois intérieures d’un quelconque pays à un autre.

Selon le secrétaire général de l’association, président du conseil d’administration de la ligue mondiale des Oulémas musulmans et vice président de son congrès général, Dr Mohamed El Issy l’adoption d’une telle loi menacera la stabilité du système mondial et hypothèque gravement les relations internationales.

Il a ajouté que cette loi entraînera de graves répercussions économiques mondiales de même que de graves conséquences et créera un précédent dangereux dans les relations internationales.

Il a souhaité, au nom des institutions auxquelles il appartient, que les autorités judiciaires américaines n’approuvent pas cette législation qui ouvrira la voie à d’autres pays pour adopter une telle loi ce qui sera de nature à influer négativement sur les efforts de lutte contre le terrorisme.

Le congrès américain avait adopté récemment une loi autorisant les victimes du 11 septembre à intenter un procès contre l’Arabie Saoudite.

Cette loi sera adressée à la maison blanche pour son approbation par le président Obama, mais la maison blanche y est opposée.

 

 saharamedias

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DÉCÈS DE ME MBAYE JACQUES DIOP

content_imageL’ancien maire de Rufisque Mbaye Jacques Diop est décédé ce dimanche à Dakar. Il avait 80 ans. Ancienne figure du Parti socialiste, il avait quitté la formation socialiste, entre les deux tours de la présidentielle de 2000, pour créer le PPC. Il sera plus tard président de la CRAES. Institution qu’il quittera à la suite d’une brouille avec l’ancien chef de l’État Abdoulaye Wade. Jusqu’à sa mort, il était président des porteurs de pancartes.

La semaine dernière, la nouvelle de sa mort avait été annoncée avant d’être démentie.

 

Auteur: seneweb News – Seneweb.com

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Libre Expression | Education nationale: Raisons du mal et proposition de solutions

Libre Expression | Education nationale: Raisons du mal et proposition de solutionsMamadou Amadou Dia – Les résultats catastrophiques du bac de cette année, s’ils laissent indifférents nos ‘élites’, nos ‘intellectuels’ et nos décideurs politiques, ce n’est pas le cas pour nous autres, marginaux de la société qui, bien que marginalisés et exclus dans l’œuvre de construction nationale pour des raisons de discrimination et de clientélisme, sommes parmi les seuls vrais diplômés soucieux de l’avenir de la jeunesse de notre pays.

Bien entendu, il existe parfaitement les moyens et les solutions pour sauver la jeunesse mauritanienne de l’ignorance et de l’endoctrinement dans lesquels on est entrain de les plonger du fait de l’insouciance et l’amateurisme de tous les gouvernements ringards qui se sont succédé dans notre pays.

Les raisons du mal :

Avant et peu après son indépendance, malgré sa bipolarisation, l’école mauritanienne était forte et a formé de brillants cadres, notamment avec l’appui des enseignants étrangers.

Cela a continué jusqu’à la fin des années 80, et à partir de là, la mentalité ‘commerçante’ du mauritanien a commencé à s’exprimer. En effet, les enfants des riches mauritaniens, gâtés et choyés, ont été la cause de la création des écoles privées en Mauritanie et du délaissement de l’école publique. Il en a résulté que les enseignants ont abandonné l’esprit du sacrifice pour aller à la quête de l’argent dans les écoles privées. Les enseignants ne sont pas les seuls blâmables, vu les maigres salaires qui leur étaient alloués et qui étaient très insuffisants pour une bonne insertion sociale et un meilleur exercice de leur métier.

Pendant que l’école privée formait des cancres, l’école publique devenue l’école des pauvres n’offrait plus aucun savoir. Le niveau des enseignants aussi était affecté, du fait de la politique d’arabisation dans le pays qui avait discriminé les négromauritaniens, parce qu’à l’époque pour accéder à l’école normale supérieure, les concours se faisaient en langue arabe, même si le candidat devrait a l’issue de sa formation exercer son métier en français.

A la fin des années 90, après la nouvelle réforme de l’éducation de 1999, la pire des reformes que le pays ait connu, l’effondrement du système éducatif s’est accéléré. Les raisons sont multiples. Parmi les plus flagrantes, les recrutements des professeurs se faisaient en masse et n’importe comment.

Il y avait des interventions en faveur de tel ou tel candidat pour qu’il soit admis; des étudiants boursiers en cours de formation, des boutiquiers, et même des malades mentaux étaient tous recrutés, certains pour aller exercer directement, d’autres, après avoir subi une formation dite ‘accélérée’ pendant les vacances scolaires.

Conséquences, il était très fréquent de voir la plupart des enseignants recrutés en abandon de poste, parce qu’ayant d’autres activités, ou bien ne faisant qu’un ou deux mois de présence dans leur établissement, cela en vue d’être a l’abri de suspension, qui, même si elle avait lieu, était toujours levée grâce à la complicité des réseaux mafieux dans les ministères de l’éducation nationale et du budget, qui débloquaient toujours les salaires des concernés en faisant le partage moitié-moitié du montant débloqué. 

 

cridem

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11-Septembre: «Quinze ans après, on comprend moins bien cet évènement»

mediaIl y a quinze ans jour pour jour, les attentats terroristes les plus meurtriers jamais perpétrés frappaient les Etats-Unis, faisant 2 977 morts et plus de 6 000 blessés. Cet événement, essentiel pour appréhender le monde des années 2000, est ici analysé par trois spécialistes. Ils nous expliquent ce que, plus d’une décennie après, il faut savoir sur le 11 septembre 2001 et notre monde d’aujourd’hui. Entretiens.

Alexandra de Hoop Scheffer est politologue, directrice du think tank transatlantique The German Marshall Fund of the United States, spécialiste de la politique étrangère américaine et des relations transatlantiques, co-rédactrice en chef de la revue Politique américaine.

François Jost est professeur en sciences de l’information et de la communication à l’université Sorbonne Nouvelle-Paris 3. Il est notamment auteur de l’article « Les images du 11 septembre sont-elles des images violentes ? » (in La terreur spectacle, éditions de Boeck) et de Pour une éthique des médias : les images sont aussi des actes (qui sortira le 16 septembre aux éditions de l’Aube).

Elisabeth Vallet est directrice scientifique à la chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques et professeure associée au département de géographie de l’université du Québec à Montréal.

RFI: L’histoire du 11-Septembre, c’est aussi l’histoire de chacun. Tout le monde sait où il était ce jour-là et comment il a appris la nouvelle de l’attentat. Pourquoi cet attentat est si emblématique du terrorisme mondialisé ?

Alexandra de Hoop Scheffer : Le terrorisme est par définition mondialisé, transnational et de fait aucune société n’est épargnée. Le 11-Septembre est la manifestation parfaite de la « guerre asymétrique » imposée par un groupe terroriste à la plus grande puissance du monde, les Etats-Unis. Rappelons que le World Trade Center avait déjà été la cible d’une tentative de dynamitage par al-Qaïda en février 1993, et que les Etats-Unis n’en ont pas tiré les leçons. Al-Qaïda émerge à la fin des années 1990 comme la première organisation terroriste à vocation mondiale, et les attentats du 11-Septembre seront la manifestation de cette évolution. C’est l’attaque sur le sol américain, au cœur des institutions et des symboles américains, qui constitue la nouveauté. Et son hypermédiatisation a contribué à ce que tout citoyen du monde se sente concerné et touché.

 

 

François Jost : C’était bien sûr un attentat qui détruisait quelque chose de symbolique, mais le 11-Septembre était aussi fait pour les images et cela a joué pour sa médiatisation. Les terroristes savaient que cela allait faire une breaking news et interrompre les programmes. Car les deux tours étaient dans le champ de la caméra de CNN. Les terroristes ont joué du dispositif télévisuel américain. Et le problème, c’est que les images du 11-Septembre n’étaient pas horribles. On aurait voulu que ces images soient horribles. Il y a eu presque 3 000 morts. On a oublié ce chiffre, c’est complètement effroyable. Mais on ne peut même pas le voir, car ce sont de belles images, elles sont même dans des génériques d’émissions. C’est cela, le plus horrible, c’est se dire que l’on peut trouver belles des images qui cachent une vérité que je sais horrible. Car il y a quelque chose d’indécent dans cela.

Elisabeth Vallet : Et le 11-Septembre représente certainement un tournant dans la façon de faire un attentat. On savait que Tom Clancy [romancier américain] avait imaginé qu’on pouvait écraser des avions contre des bâtiments aux Etats-Unis, mais je pense que l’on n’avait pas imaginé que cela se produirait réellement. L’aspect spectaculaire et novateur de l’outil, de l’avion utilisé comme arme, a probablement joué. Et sur la question de la « guerre asymétrique », on a beaucoup fait la comparaison avec ce qui s’est passé avec Pearl Harbor. Mais Pearl Harbor, c’était une scène ultra-réaliste de realpolitik, avec deux Etats en cause. Le 11-Septembre, c’était vraiment symptomatique d’une nouvelle ère car les Etats-Unis étaient dans une posture de rivalité avec al-Qaïda, qui n’était pas un Etat. C’était l’avènement de ce que l’on avait vu se construire dans les années 1990, le fait que c’était les individus et les entités non-étatiques qui prévalaient sur la scène internationale.

Et comme ce sont les Etats-Unis qui sont attaqués, cela a remis en question le statut de superpuissance de ce pays sur la scène internationale.

A.H.S. : Les attentats du 11-Septembre ont fait basculer les Etats-Unis dans l’ère « après-après-guerre froide », qui coïncide, il est vrai, avec la remise en question du statut d’hégémon américain sur la scène internationale. Après une décennie post-guerre froide d’hyperpuissance et d’hyperconfiance américaines (1991-2001), la décennie qui suit le 11-Septembre se caractérise par une série de revirements stratégiques et une crise profonde de confiance des Etats-Unis dans leur propre puissance.

E.V. : Peut-être que justement, l’erreur a été d’imaginer un monde unipolaire alors que le monde était beaucoup plus multipolaire, voire apolaire qu’on ne le croit. On a construit, dans les années 1990, un certain nombre de fictions, comme celle d’un monde unipolaire, d’un monde sans frontières ou encore d’un super-gendarme omnipotent, ce qui n’était pas le cas. La superpuissance américaine reste une hyperpuissance, mais le 11-Septembre a invalidé un certain nombre de fictions que l’on avait créées dans les années 1990.

On dit souvent que le 11-Septembre nous a fait entrer dans le XXIe siècle. Est-ce qu’il y a un avant et un après 11-Septembre ? Qu’est-ce qui a définitivement changé avec le 11-Septembre ?

F.J. :
Depuis 2001, certains actes, à la fois dans la réalité et la fiction, sont complètement motivés par ce qui s’est passé le 11-Septembre. La torture, par exemple, à Guantanamo a été justifiée, par les responsables politiques, par le 11-Septembre. Cela se voit aussi dans la fiction, où les personnages ont des comportements parfois plus que limites, mais toujours au nom de ce qu’il y a eu le 11-Septembre. Et donc Barack Obama a dit, il y a quelques mois, que Guantanamo, ce n’était moralement pas bien, mais qu’il ne fallait pas être moralisateur et que, finalement, la situation exigeait ce genre de choses. Dans le débat moral, les choses ont changé. Aujourd’hui, les Américains mettent en avant, encore plus qu’auparavant, une morale utilitariste plus que déontologique.

A.H.S. : Le 11-Septembre a aussi changé l’ordre des priorités au sein des sociétés occidentales : désormais, la menace terroriste sera perçue comme la première des menaces. La nouveauté est donc essentiellement dans la perception de la menace terroriste, non dans son existence, qui était bien antérieure au 11-Septembre, ou sa mise en œuvre concrète.

F.J. : Ce qui est terrible aussi, c’est qu’on a pensé que le 11-Septembre était une sorte de paroxysme. Mais on s’est aperçu qu’on était en fait entrés dans une ère d’attentats. Le 11-Septembre a été une rupture, car on a vu tout d’un coup comment une organisation terroriste venait frapper un pays qu’on pensait à l’abri de toute guerre sur son propre terrain. Cela a été une sorte de traumatisme. Et malheureusement, aujourd’hui, on n’est plus dans ces coupures-là, parce qu’on est rentré dans une quotidienneté de l’attentat. C’est quelque chose qui est assez unique. En France, les 7 et 9 janvier 2015, on a eu quelque chose du même genre avec l’attentat contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher, mais on s’est aperçu que non, il y a eu le 13 novembre, puis le 14 juillet à Nice.

Après les attentats, George W. Bush a, semble-t-il, bénéficié de la part du Congrès d’une forme de liberté pour agir. Est-ce qu’on peut parler alors d’unité nationale ? Qu’est-ce qu’il reste de cette unité dans les Etats-Unis d’aujourd’hui ?

E.V. : La cote de popularité de Bush était au mois d’août précédant les attentats assez médiocre. C’était un président qui manquait de légitimité. Au lendemain du 11-Septembre, les choses ont changé, les taux d’approbation ont été absolument époustouflants. Et même jusqu’au printemps 2003, au moment où Dominique de Villepin a dit que la France ne soutiendrait pas les Etats-Unis, le consensus était très fort. Il y avait des dissensions par rapport à la guerre en Irak, mais on sentait quand même que le soutien au président, le ralliement autour du drapeau, étaient extrêmement forts. Et cela a probablement duré jusqu’à l’ouragan Katrina en 2005, paradoxalement un événement de politique intérieure.

A.H.S. : La formule « Vous êtes avec nous ou contre nous » employée par l’administration Buch ne s’adressait pas seulement aux alliés et aux adversaires des Etats-Unis, mais aussi à tous les Américains. La ferveur patriotique issue du 11-Septembre a étouffé les voix dissidentes dans l’espace médiatique et politique. L’opinion américaine, d’abord très favorable à la politique de George W. Bush, s’est ensuite faite plus critique, face aux revirements en Irak et en Afghanistan, et à la montée de l’antiaméricanisme partout dans le monde. Dès le deuxième mandat de Bush, une majorité d’Américains affirmaient que l’Irak avait été la plus grosse erreur de toute l’histoire des Etats-Unis et plusieurs personnalités politiques américaines se sont exprimées contre les bavures de la politique de Bush. Barack Obama remportera les élections présidentielles de 2008 avec comme thème principal le retrait des troupes américaines d’Irak et le renouveau de leadership américain, en sortant du tout-militaire.

E.V. :
Mais l’élection de Barack Obama a finalement beaucoup divisé les Américains sur le plan identitaire. On a vu l’émergence du Tea Party, de toutes les théories du complot sur le fait que les démocrates voudraient priver les gens de leur droit à porter des armes. Tout ce complotisme, toutes ces peurs montrent à quel point aujourd’hui les Etats-Unis sont extrêmement divisés. Et le discours de Donald Trump contribue à élargir ces lignes de fracture. Aujourd’hui, il ne reste donc plus grand-chose de cette unité, de ce ralliement autour du drapeau. Mais ce ralliement se fait aussi de manière ponctuelle en période de crise. S’il y avait une nouvelle crise, est-ce que cela arriverait de nouveau ? Peut-être. C’est difficile de voir à quel point les mythes fondateurs des Etats-Unis, comme le melting pot ou le rêve américain, ont survécu à ces quinze ans après le 11-Septembre. Parce qu’on a l’impression justement que la crise identitaire américaine est extrêmement profonde.

L’attentat du 11-Septembre a rapidement créé une émotion très vive. Dans ce genre d’événements, la compréhension vient beaucoup plus tard. Qu’est-ce qu’on comprend mieux, quinze ans plus tard, de cet événement ?

A.H.S. : Les conséquences géostratégiques et politiques du 11-Septembre, et surtout de la réponse américaine au 11-Septembre, n’ont pas encore été toutes analysées ni prises en compte. Les interventions militaires qui ont suivi le 11-Septembre, au lieu d’exporter de la stabilité, ont au contraire importé l’insécurité et le terrorisme en Europe et dans une moindre mesure aux Etats-Unis. L’effet boomerang de ces interventions se manifeste au travers de la montée en puissance de groupes comme l’Etat islamique et de la crise des réfugiés.

E.V. :
Je pense que finalement, on comprend au contraire moins bien cet événement, quinze ans plus tard. Le 11-Septembre a changé la façon dont les Américains voient la violence et la violence terroriste. Depuis 2001, 400 000 personnes sont mortes par arme à feu aux Etats-Unis. Et les actes terroristes dits islamistes sont relativement mineurs par rapport aux autres actes. Il y a beaucoup d’attentats écologistes aux Etats-Unis par exemple, dont on parle très peu, qui ne font pas de morts mais qui font beaucoup de dégâts. Les attentats d’extrême droite sont d’une rare violence et ne sont d’ailleurs pas tous comptabilisés comme des « attentats terroristes ».

Donc on est tombé dans un registre émotionnel d’appréhension de l’islam et de la violence au nom d’un islam. Ce qui fait qu’on a créé une sorte de loupe pour regarder ces événements, l’étranger ou l’extranéité. Cela a complètement déformé la vision que l’on a de la réalité américaine. J’ai l’impression que le 11-Septembre a changé la lentille que l’on applique pour regarder ces événements. En retour, cette crispation que cela a générée, a affecté la communauté musulmane. On a un certain nombre d’études qui disent que le hijab est beaucoup plus porté aux Etats-Unis depuis le 11-Septembre, non pas de manière revendicative, mais de manière protectrice, parce que nécessairement quand vous êtes mis à l’index et, parfois agressés, au moins verbalement, vous allez vous replier sur votre communauté. C’est vraiment la crispation identitaire, de part et d’autre, qui est la résultante de cela, et donc une plus mauvaise compréhension et un melting pot moins efficace, un rêve américain qui fonctionne moins bien.

Chronologie et chiffres clés
 
RFI

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Ouvrir les yeux, avant les oreilles et la bouche…

En gros, Lehbib, le problème, selon vous, c’est le mensonge prêcheur de haine et l’incapacité du pouvoir à le juguler. Mensonge, donc, de relever qu’en un pays habité par deux-tiers de noirs, plus des trois-quarts des postes de responsabilité sont occupés par des beydhanes ? Mensonge de remarquer que cette situation n’a cessé d’être entretenue, depuis la fondation de la Mauritanie, avec notables violences parfois, en instrumentalisant, notamment, l’identité linguistique hassaniya, majoritaire, pour casser tout espoir de démocratie réelle ? Mensonge de constater combien ce racisme de fait – qui s’évertue, on le comprend, à n’être jamais dit, à se déclarer tout autre – signifie d’entraves au développement d’un pays fort de tant de richesses écologiques et minières, au regard de ses à peine trois millions et demi d’habitants ?

Le fait est que, pour perdurer, ce racisme doit empêcher les masses de comprendre la situation et s’unir. Cela commence par le sabotage, délibéré, orchestré, de l’éducation. Il lui faut contrarier l’éveil des consciences et tout est fait pour annihiler les efforts des plus lucides à mettre en place un minimum de cohérence et de continuité, dans la formation et l’information de notre jeunesse. La promotion de l’incompétence et de la médiocrité n’est pas un accident, c’est une nécessité du racisme de fait. Vous vous contentez d’ouvrir les oreilles, Lehbib, ouvrez un peu les yeux. Si l’oppressé se plaint, parfois, l’oppresseur se contente, aisément, d’agir sans bruit. 

Cela se poursuit par le maintien, en toutes les communautés, de l’esprit de caste. Un ordre encore plus silencieux, peut-être, et d’autant plus efficace qu’il est omniprésent. Dans cette simple mesure, mathématique, où la noblesse maure est numériquement deux fois plus importante que son homologue négro-mauritanienne – c’est sur cette base que s’organisa la tête de l’Etat, en 1960 – cette survivance sert, puissamment, le racisme de fait – tout comme l’inverse – et le mâtine d’une lutte de classes on ne peut plus moderne. Un autre danger, assurément, dont vous ne relevez pas l’acuité.

Car le fait est, Lehbib, qu’un peuple se forme. Lentement, inexorablement, dans l’inconfort des banlieues citadines, les marchés, les taxis tout-droit, les plus que difficiles fin de mois, les soucis quotidiens de la précarité, la survie. Une piétaille multicolore, même si le noir en tient la plus grande part, qui n’aime guère, comme vous, les conflits ; ne s’y résout qu’adossée au mur et encore : tant d’échines ont courbé, depuis tant de siècles !  Parieriez-vous qu’elles y consentent jusqu’à la fin des temps ? L’incapacité du pouvoir que vous dénoncez serait-elle à ne plus savoir comment les y conduire ; monnayer leur silence ? Ou, à défaut, manipuler habilement leur révolte ? Mais je veux vous croire – vous comprendrez bientôt pourquoi – loin de ces sordides et vains calculs.

Fort heureusement, il existe, dans toutes les communautés, une minorité, encore petite mais de moins en moins négligeable, de gens éclairés, souvent de noble extraction mais pas toujours – et cette émergence roturière est, en soi, un signe positif de notre histoire –  qui ont compris où se situent les priorités pour qu’épanouissent, enfin, les riches potentialités de notre Nation. Avec d’incontournables dérangements, certes, mais sans violence, comme vous l’espérez. Islam, dites-vous ? A la bonne heure et, donc, équilibre, partage, justice, vérité, droiture. Je crois cette minorité grandissante intimement pénétrée de ces valeurs fondamentales et prête à sacrifier, dans les faits, un peu des privilèges – outranciers au regard de la misère générale – dont le système l’a pourvue. Certains de ces bons musulmans s’y emploient, déjà.

Si vous devez en être, Lehbib, il va vous falloir chercher, puisque c’est votre métier, comment casser, au quotidien, ce racisme de fait qui nous maintient dans le sous-développement, dilapide nos richesses, s’obstine à nous abêtir. Commenceriez-vous par examiner, avec bienveillance, ma requête à l’encontre de la main de votre charmante fille, rencontrée sur les bancs de l’Université ? Coulibaly fort pauvre, j’espère vous avoir démontré, en ces quelques lignes, un peu de ma valeur réelle et le défi qu’elle vous propose est, certainement, « plus exaltant qu’accablant », tant évidente semble votre tolérance, pour accepter l’inédite publicité de cette demande en mariage… Plus discrète, aurait-elle plus de chance d’aboutir ? De servir votre noble dessein ? Vous l’avez, en tout cas, bien lue : c’est donc que vous avez ouvert les yeux. Gardez-les ainsi : vous entendrez et parlerez beaucoup mieux. Avec la paix,

Mamadou Coulibaly

Etudiant

 

le calame

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