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Lancement des activités du centre des opérations d’urgence en faveur des mauritaniens à l’étranger
Les activités du centre des opérations d’urgence pour présenter aide et assistance en faveur des mauritaniens à l’étranger ont été officiellement lancées vendredi à Nouakchott, lors d’une cérémonie supervisée par la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères et de la coopération chargée des affaires maghrébines africaines et des mauritaniens de l’étranger, Mme Khadijetou M’Bareck Fall.
Ce centre, dont le siège se trouve au ministère des affaires étrangères et de la coopération, a pour objectif de présenter 24 heures sur 24 un service d’urgence d’aide et d’assistance exclusivement aux mauritaniens de l’extérieur en cas de catastrophes naturelles, de calamités naturelles, de détention ou de prise en otage, de disparition, d’atteintes à leur intégrité physique ou morale, d’évacuation, de sécurisation du passeport, de maladies ou d’atteintes graves, de perte ou de vol d’effets personnels, d’aide financière nécessaire et de décès.
Il sera possible aux mauritaniens de l’extérieur de contacter en permanence le centre pour demander de l’aide en cas d’urgence et ce, directement via certains numéros de téléphone ou à travers une adresse électronique ou encore le remplissage d’un formulaire et son envoi par Internet.
Le centre de concert avec nos missions diplomatiques et consulaires ainsi qu’avec les départements concernés, apportera aide et soutien aux membres de nos colonies établis à l’étranger, en cas d’urgence.
La ministre déléguée a précisé que la création de ce centre vient en application des orientations du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, appelant à rapprocher les services administratifs des citoyens à l’intérieur du pays comme à l’étranger en vue de faciliter leur retour au pays en toute dignité au cas où ils sont victimes de pressions ou comportements qui menacent leur sécurité ou celle de leurs biens.
Au sujet des réalisations accomplies par le département des mauritaniens à l’étranger, la ministre a souligné que la nouvelle structure va renforcer son action en faveur des mauritaniens établis à l’étranger et rappelé la libération des dizaines de ressortissants qui étaient détenus dans plusieurs pays : l’Algérie, la Tunisie, le Niger et la Belgique.
A l’endroit des mauritaniens établis au niveau des pays en situation de conflit comme la côte d’Ivoire, la Libye, la Syrie, la République de Centrafrique, le Congo et tout dernièrement le Yémen et le Cameroun.
Elle a ajouté que son département a rapatrié des dépouilles de mauritaniens décédés dans des pays comme l’Algérie, la Chine, la France, la Guinée Bissau, le Mali, le Canada, le Maroc et la Guinée Equatoriale, en plus d’autres facilités permettant de résoudre les problèmes des expatriés mauritaniens, notamment la perte des titres sécurisés.
Après la cérémonie inaugurale, la délégation ministérielle a visité l’édifice et suivi une présentation sur ses composantes et la nature des prestations offertes par le centre, qui a ouvert des lignes téléphoniques fonctionnelles 24 heures sur 24 pour établir des liaisons directes avec les mauritaniens dont la situation nécessite une assistance urgente.
Ont assisté à l’inauguration, le ministre de la culture et de l’artisanat, porte-parole du gouvernement et le commissaire aux droits de l’Homme et à l’action humanitaire, M.Cheikh Tourad Ould Abdel Maleck ainsi que le secrétaire général et des hauts responsables au ministère des affaires étrangères et de la coopération.
AMI
Cote d’Ivoire : la frontière avec le Burkina fermée après une rébellion militaire
Un mouvement de soldats ivoiriens a entraîné vendredi la fermeture de la frontière avec le Burkina Faso.
Ce mouvement a pris naissance dans la ville de Bouaké avant de se propager à d’autres villes du pays, selon l’agence de presse ivoirienne, citant des sources sécuritaires.
Selon les mêmes sources, des hommes portant des uniformes de l’armée ont dressé des barrages à la frontière avec le Burkina Faso pour empêcher l’entrée et la sortie des véhicules, mettant fin au service des forces chargées du contrôle de la voie.
La frontière avec le Mali reste pour le moment ouverte, mais des militaires ont bouclé la route menant à la ville d’Oudéni demandant des salaires plus élevés.
Jeudi soir des tirs avaient été entendus dans la ville de Bouaké après que des militaires aient pris des armes, et le mouvement de rébellion s’est ensuite élargi aux villes de Daloua et Douakro dans le centre du pays et Korogo au nord.
Le gouvernement ivoirien a demandé aux militaires de rester calme jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée.
Selon le ministre ivoirien de la défense, ce sont des soldats qui réclament une augmentation de salaires, le paiement d’indemnités et des promotions qui sont à l’origine de l’occupation de la ville de Bouaké vendredi.
Dans un communiqué diffusé par la télévision ivoirienne, le ministre a demandé aux militaires d’observer le calme et de regagner leurs casernes en attendant qu’une solution définitive soit trouvée à toutes les composantes de l’armée ivoirienne.
Le communiqué ajoute que toutes les mesures ont été prises sur le territoire national pour la défense des personnes et des biens, appelant par la même occasion les populations à rester calme.
Selon une source proche du ministère de la défense, une commission de crise a été constituée.
Déjà en novembre 2014, des militaires s’étaient révoltés à Bouaké, puis à Abidjan, avant que le mouvement ne s’élargisse à d’autres villes du pays.
saharamedias
L’Imam de la grande mosquee evoque la loi cadre sur la lutte contre la violence basée sur le genre
L’Imam de la grande mosquee Ahmedou Ould Lemrabott Ould Habib Rahmane a declare que le projet de loi cadre sur « la lutte contre la violence basée sur le genre » soumis au parlement est contraire a la loi islamique .
L’imam a ajoute dans son preche de ce vendredi que ceux qui l’ont approuvé ont commis une violation de la loi islamique.
Ould Lemrabott qui un savant salafiste tres connu a releve plusieurs points dans la nouvelle loi qui violent la Chari3a islamique.
L’Imam se dit safisfait d’avoir entendu que cette loi sera revisee et corrigee.
Source : Mourassiloun.com
Adrar info
Les Nations Unies s’engagent à libérer le blogueur mauritanien Ould M’Kheitir
Pressenza – La Société pour les Peuples Menacés (SPM), qui prend fait et cause pour les communautés autochtones et les minorités afin qu’elles puissent se faire entendre, est tournée vers Zeid Ra’ad Al Hussein, le Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, afin de s’engager, à ses côtés, dans la libération du blogueur Mohamed Cheikh Ould M’Kheitir, condamné à mort en Mauritanie pour apostasie.
Le sort présentement réservé à l’auteur du blasphème contre le Prophète Paix et Salut sur Lui (PSL), dans son propre pays la Mauritanie, ressemble étrangement à celui du blogueur saoudien Raif Badawi, dont le cas a bénéficié d’un vaste élan à l’échelle mondiale, à la différence de l’affaire de Ould M’Kheitir, condamné à mort, qui passe inaperçue.
Agé de 34 ans, Mohamed Ould Cheikh M’Kheitir est accusé d’avoir abandonné l’Islam, en dénonçant dans un article la discrimination et l’injustice sociale qui prévalent dans son pays. Il a été arrêté le 2 Janvier 2014 suite à sa publication en arabe sur facebook de son article intitulé «la religion, la religiosité et les forgerons ».
Jugé en décembre 2014, il a été condamné à mort pour apostasie. La sentence a été confirmée par la Cour d’appel.
Dans son article, le blogueur a critiqué le système rigide des castes de la société mauritanienne et en particulier la marginalisation des forgerons. Discrimination, écrit M’Kheitir, non imposée par Dieu, mais l’homme. Pour M’Kheitir la religion ne peut pas être utilisée pour justifier la discrimination faite par l’homme contre d’autres hommes.
Au cours de ses différents procès, Ould M’Kheitir a catégoriquement démenti avoir porté atteinte à la sacralité du Prophète Mohamed PSL, affirmant avoir seulement attiré l’attention sur la situation sociale en Mauritanie.
M’Kheitir est personnellement issu de cette caste (forgerons) qui s’estime victime de discrimination, mais qui a eu la chance d’avoir un père, devenu préfet. Une situation professionnelle, qui selon Mohamed Cheikh, lui a permis de ne pas vivre les mêmes souffrances et calvaires que les autres membres de son groupe social.
Le père de Ould M’Kheitir a par ailleurs, perdu ses fonctions à la suite de la condamnation de son fils, mais surtout, en raison des nombreuses menaces de mort, obligé de se retirer de la vie publique et de s’entourer de beaucoup de discrétion, avant de fuir en décembre 2016 au Sénégal et de demander l’asile en France.
Le prochain procès de Mohamed Cheikh est prévu le 21 Janvier courant. Une reprise judiciaire qui se prépare au milieu d’une série de manifestations organisées en Mauritanie, demandant l’exécution de Ould M’Kheitir.
Les islamistes sont parvenus, dans la foulée de cet élan populaire, à faire sortir des milliers de personnes dans les rues pour exiger l’application immédiate de la peine de mort contre M’Kheitir. Le célèbre poète mauritanien Douh Ould Beyrouck a même annoncé, qu’en cas d’acquittement, il tuera en personne Ould M’Kheitir.
Si la Cour suprême confirmerait le verdict, ce sera la première fois, qu’un cas d’apostasie fasse l’objet d’une exécution dans un pays africain. Ce sera aussi, la première fois en Mauritanie, depuis 30 ans (1987), que la peine capitale est appliquée sur un condamné.
Göttingen 5 Janvier, 2017
Traduit de l’italien par Cridem
LE PATRIMOINE MONDIAL DE L’UNESCO N’EST PAS A L’AVANTAGE DE L’AFRIQUE
Bien souvent, la notion de patrimoine culturel mondial a été détournée de son but officiel, et a été utilisée comme un outil touristique, ou à des fins politiques et économiques.
À l’heure où le tourisme est un phénomène mondial massif, concernant plus d’un milliard de personnes par an et générant annuellement près de 1.500 milliards de dollars de recettes, la notion de «patrimoine mondial», promue par l’Unesco, acquiert une importance centrale. Depuis 1972, l’Unesco, avec la «convention sur la protection du patrimoine culturel et naturel mondial», a créé sa liste du patrimoine mondial, qui recense des sites considérés comme ayant une valeur exceptionnelle.
Si le classement Unesco ne donne pas droit automatiquement à des aides financières pour protéger ces sites, et si l’Unesco reste impuissante devant les destructions et les dégradations de sites classés, comme la destruction des bouddhas de Bâmiyân par les talibans en Afghanistan en 2001 ou celle du temple de Bel à Palmyre en Syrie en août 2015, la liste Unesco du patrimoine mondial n’en est pas moins une réalisation importante de l’Unesco et le patrimoine est le domaine d’activité de cette organisation qui est le plus connu du grand public.
La liste du patrimoine mondial de l’Unesco, créée en 1972, est un objet de prestige et de convoitises pour les États, soucieux de faire valoir leurs sites historiques ou naturels et de les promouvoir sur la scène internationale.
Un patrimoine matériel immatériel et documentaire
À cette liste, qui comporte aujourd’hui plus de 1.000 sites, s’est ajoutée en 2003 la liste du patrimoine immatériel, qui rassemble non pas des sites physiques mais des pratiques, traditions, danses, coutumes et savoir-faire traditionnels, et qui a été conçue en partie pour contrebalancer le flagrant déséquilibre de la liste précédente, laquelle rassemble une majorité écrasante de sites européens tandis que l’Afrique est gravement sous-représentée. Et l’Afrique compte surtout des sites «naturels» tandis que l’Europe regorge de sites classés «culturels» (églises, châteaux…) qui sont déjà bien mis en valeur et n’ont pas forcément besoin d’une protection supplémentaire.
Enfin, l’Unesco a créé, en 1995, un registre appelé «Mémoire du monde» qui recense des éléments importants, et parfois menacés ou fragiles, du patrimoine documentaire de l’humanité, par exemple la tapisserie de Bayeux.
Une source de luttes de pouvoir
Or, ces mécanismes, en apparence consensuels et propres à susciter le sentiment, pour les peuples, d’avoir un patrimoine culturel commun à préserver, entraînent au contraire en bien des cas sinon des conflits, du moins des luttes de pouvoir, des rivalités qui témoignent que les questions de patrimoine sont détournées à des fins économiques, politiques ou géopolitiques.
L’exemple le plus flagrant est le conflit entre la Chine et le Japon généré par la demande d’inscription sur le registre Mémoire du monde, récemment, par le Japon, de 333 lettres de kamikazes japonais de la Seconde Guerre mondiale. Ces lettres d’adieu de combattant adressées à leurs parents avant de se lancer dans leur assaut ultime, reflètent souvent leur fierté de combattre pour ce régime. Or celui-ci était impérialiste, raciste, et allié de l’Allemagne nazie!
Ugaki Matome, kamikaze japonais, avant sa dernière mission.
La Chine a donc protesté, et, en retour, a demandé, et obtenu, l’inscription sur le registre Mémoire du monde d’une somme de documents sur le massacre de Nankin, perpétré en 1937 par les forces japonaises, et au cours duquel 300.000 Chinois auraient été tués. Ainsi, on voit bien que le registre Mémoire du monde est devenu le théâtre sur lequel s’est déplacé l’affrontement Chine/Japon. La mémoire de la Seconde Guerre mondiale est un sujet sensible pour ces deux pays.
Un tourisme de masse sur les sites classés
Plusieurs cas illustrent le caractère sensible des mécanismes de protection du patrimoine mis en place par l’Unesco. Bien souvent, la notion de patrimoine culturel mondial a été détournée de son but officiel, et a été utilisée comme un outil touristique, ou à des fins politiques et économiques. L’anthropologue David Berliner, étudiant les politiques patrimoniales de l’Unesco à Luang Prabang (Laos), lieu classé au patrimoine mondial, parle d’«unescoïsation» de cette petite ville; il montre qu’une conséquence paradoxale de la protection accordée par l’Unesco est l’intense «mise en tourisme du lieu».
Et cette mise en tourisme s’accompagne d’une sorte de mise en scène de traditions idéalisées et qui ne correspondent pas toujours à la réalité historique. Certains éléments de ce passé sont gommés comme les épisodes de la guerre du Vietnam, ou la période coloniale.
Parfois, comme sur le continent africain, le résultat de l’inscription d’un site sur la liste du patrimoine mondial peut être négatif. Saskia Cousin et J.-L. Martineau ont analysé l’instrumentalisation des coutumes, des traditions et du patrimoine provoquée par l’inscription sur la liste du patrimoine mondial. Dans leur étude sur le «bois sacré» d’Osun Osogbo au Nigeria, inscrit sur la liste du patrimoine mondial depuis 2005, ils montrent l’importance des actions de lobbying, avec des enjeux politiques et économiques.
Dans ce cas précis, le but politique était de donner à la nouvelle capitale de l’État d’Osun une profondeur historique, dont elle manquait, contre la ville rivale d’Ife-Ife, plus ancrée dans l’histoire. L’inscription du bois sacré d’Osun Osogbo est le résultat de près de quinze ans d’efforts de l’État d’Osun pour se construire une légitimité historique et culturelle. Par le biais de la liste du patrimoine mondial, outil de légitimation, la culture peut être manipulée, instrumentalisée à des fins politiques ou économiques.
Des conséquences néfastes pour la population
Les effets du classement de sites sur la prestigieuse liste du patrimoine mondial peuvent avoir des effets négatifs pour une partie de la population. Ainsi, à Panama City le classement sur cette liste en 1997 du quartier historique, le Casco Antiguo, a entraîné la relégation des plus pauvres vers la périphérie, parallèlement à la mise en tourisme de ce quartier central.
Le Casco Antiguo, qui au moment de son classement était un quartier délabré, a fait l’objet d’une transformation en profondeur, qui ont entraîné une brutale éviction des classes populaires; leurs portes et leurs fenêtres ont été murées pour les expulser, tandis que le quartier était restauré et se gentrifiait.
Il est maintenant investi par de riches étrangers qui rachètent les plus belles bâtisses de l’époque coloniale avant de les revendre à la découpe. Le tourisme à Panama City a augmenté de façon exponentielle depuis le classement du site sur la liste de l’Unesco, mais il en résulte une standardisation de l’espace urbain et une polarisation des inégalités.
Ces exemples montrent à quel point les enjeux patrimoniaux sont mêlés à des enjeux économiques, sociaux, politiques, et à des enjeux de domination. En outre, par l’importance du rôle des fonctionnaires et experts occidentaux dans cette action patrimoniale de l’Unesco, on peut aussi reprocher à cette institution d’imposer aux pays du Sud une conception «occidentale» du patrimoine.
Malgré ces limites, on peut saluer l’action de l’Unesco pour préserver et promouvoir le patrimoine mondial. Le déséquilibre qu’on observe sur la liste du patrimoine mondial n’est que le reflet d’une inégalité économique, sociale et culturelle Nord-Sud, qu’il est urgent de combler.
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Par Chloé Maurel, Chercheuse associée à l’Institut d’histoire moderne et contemporaine (CNRS/Ecole Normale Supérieure/Université Paris 1) et à l’IRIS, Centre national de la recherche scientifique (CNRS)
La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.
(Photo : Une mosquée dans la vieille ville de Tombouctou, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. SEBASTIEN RIEUSSEC / AFP)
Source : SlateAfrique




